Approche sociologique
 

des auditions réalisées par

les Commissions parlementaires belges

relatives au Rwanda
 


Table des matières
 

Tables des matières                                            2
Préambule à la présente approche sociologique           3
Chapitre 1 Commission spéciale Rwanda  6
Chapitre 2 Commission d'enquête parlementaire Rwanda  7
Chapitre 3 Synthèse des auditions des Commissions Rwanda  9
Chapitre 4 Synthèse des huis clos des Commissions Rwanda 12
Chapitre 5 Synthèse selon le volume des différents rapports établis par les Commissions Rwanda  14
Chapitre 6 Analyse comparative entre les deux Commissions Rwanda 16
Chapitre 7 Conclusions provisoires  20
Chapitre 8 Constats  22
Chapitre 9 Effets pervers des Commissions Rwanda  23
Chapitre 10 Rappels historiques  24
Postface post mortem              25

 

Préambule à la présente approche sociologique
 

Les différentes caractéristiques de cette approche sont:

1° Répartition professionnelle

de l'équipe pluridisciplinaire qui a participé à la rédaction de cette approche sociologique:

1° 3 coopérants

2° 1 magistrat

3° 1 journaliste

4° 1 psychologue

5° 1 sociologue

6° 1 informaticien

7° 1 statisticien

8° 2 spécialistes en communication

soit 11 personnes réparties en 7 Belges et 4 Rwandais

2° Méthode et plan de travail:

1° inventaire détaillé de tous les comptes rendus analytiques;

2° toutes les statistiques y relatives;

3° analyse critique de celles-ci;

4° commentaires;

5° comparaison des travaux des deux Commissions;

6° analyse critique de celles-ci;

7° conclusions;

3° Objectifs:

1° en temps: version définitive prête pour le 01/12/97;

2° faire parvenir les phases intermédiaires aux membres et conseillers techniques;

liste 1

3° faire parvenir l'avant-dernière version (portant la mention embargo) à:

- certains parents des paracommandos;

- certains membres de la presse;

- certains membres de la Commission Rwanda;

- certains membres de la communauté rwandaise;

liste 2

4° faire parvenir la dernière version une fois libérée et officielle:

- aux parents des paracommandos;

- à la presse;

- à la Commission Rwanda;

- à la communauté rwandaise;

liste 3
 

4° Définition du concept "révisionniste/négationniste":

Ce concept reprend toutes les approches qui "révisionnent", édulcorent, atténuent, justifient voire nient carrément le génocide rwandais.

A titre d'exemple, sans être exhaustif:

1° c'est la faute des tutsis;

2° c'est la faute du FPR qui a déclenché la guerre le 1er octobre 1990;

3° il y a eu deux génocides;

4° il y a toujours eu des luttes tribales par le passé;

5° c'est une guerre civile;

6° ne pas pouvoir voire éviter à tout prix d'employer le terme génocide quand il est question de cette horrible tragédie sur le plan humain;

7° il manque des preuves pour affirmer cela;

8° c'était imprévisible;

9° le FPR savait pertinemment bien quels risques il prenait et a donc consciemment laissé se perpétrer le génocide;

10° tout focaliser sur le massacre des 3.500 opposants politiques;

11° le FPR a fait du génocide son fond de commerce;

et, parmi les deux derniers prétextes, ceux et celles qui utilisent d’une manière hypocrite les arguments et prises de position éculés qui suivent afin de mieux cacher leurs arguments réels (parmi les onze repris ci-dessus) ce qui dévoile par trop clairement leurs honteux jeux de dupes:

12° tous ceux (et celles) qui pendant près de vingt-cinq ans ont appuyé aveuglément (et avec conviction, osons l’affirmer) l’ancien régime en lui permettant toutes ses frasques et qui à présent ne peuvent laisser passer absolument aucun dérapage voire aucune peccadille sans se montrer effrayés voire horrifiés; et qui ne peuvent donc forcément admettre un nouveau pouvoir, une nouvelle organisation qu’ils ne maîtrisent manifestement plus, où donc, primo, ils n’ont plus aucun pouvoir et où,

secundo, d’horribles compromissions risquent d’être découvertes et donc un jour ou l’autre révélées; pour qui donc l’ancien régime n’avait eu que de bons points à son actif et qui ne peuvent en accorder, ne fût-ce qu’un seul, au nouveau régime;

13° et enfin, ceux et celles qui cherchent (et trouvent) tous les prétextes imaginables possibles pour refuser toute aide ou subvention au régime en place, sous quelle forme que ce soit, régime qui doit donc (et ils osent même l’exiger!) d’abord faire ses preuves alors que l’ancien régime a pu pratiquer impunément ses horreurs sans la moindre petite remarque et sans donc que l’aide ne soit menacée,

suspendue voire remise en cause d’une quelconque manière;

Et donc établir la liste détaillée des thèmes rencontrés.

Et enfin, établir la liste des témoins ayant eu de semblables propos en leur associant la liste des thèmes utilisés.

5° Définition du concept "sympathisant aux victimes":

Ce concept reprend toutes les approches qui admettent clairement le génocide rwandais.

A titre d'exemple, sans être exhaustif:

1° admettre que le génocide rwandais a eu lieu;

2° admettre que ce fut planifié de longue date;

3° admettre la conjonction de plusieurs facteurs concomitants;

Et donc établir la liste détaillée des thèmes rencontrés.

Et enfin, établir la liste des témoins ayant eu de semblables propos en leur associant la liste des thèmes utilisés.

6° Manque de respect vis-à-vis des sénateurs:

Il y a eu d'évidentes et de mémorables altercations entre témoins et sénateurs.

A titre d'exemple:

1° les aménités proférées par TWAGIRAMUNGU à l'attention d'Alain DESTEXHE;

2° les termes inélégants émis par Gérard PRUNIER à l'attention de madame Anne-Marie LIZIN;

Et donc établir la liste détaillée des thèmes rencontrés.

Et enfin, établir la liste des témoins ayant eu de semblables propos en leur associant la liste des thèmes utilisés.

7° Etude finale détaillée:

Pouvoir réaliser dans un futur proche une étude approfondie sur base d'un support informatique qui reprenne tous les comptes rendus analytiques des auditions des témoins.

Ceci permettra de faire une analyse du texte complet, de toutes ses corrélations et occurrences.

Il faut pour ce faire obtenir impérativement tous les textes sur support informatique. Mais peut-être est-ce un objectif impossible car ce serait trop présumer de nos moyens et donc trop ambitieux?

8° Remarque liminale:

Il est dommage qu'il y ait souvent des différences importantes entre le texte prononcé réellement par les témoins (et sénateurs) et la version officielle reprise par les comptes rendus analytiques. Ceux-ci ne sont donc pas le reflet fidèle des auditions: ils n'en sont qu'une version sensiblement édulcorée pour plusieurs auditions mémorables.

C'est toute la différence (qui n'en est que plus fondamentale) qui existe entre la version VERBATIM des auditions, qui n'est qu'un document de travail (un brouillon dirions-nous) mais qui comprend tout ce qui s'est dit, et ce intégralement (y compris les mouvements et réactions de la salle) par opposition à la version compte rendu analytique qui est une synthèse dépouillée des scories inélégantes de la vie de tous les jours et qui permet le retour à une certaine décence à maintes occasions. C'est, pour parler simplement, la différence essentielle entre le langage parlé et la langue écrite. Et il a donc fallu faire avec!
 
 


Synoptique

des témoignages auprès de

la Commission parlementaire belge Rwanda
 



I - Commission spéciale Rwanda

19/02/97 1-1 002-009 Famille et apparentés des 10 paras assassinés (1)
  1-2 012-016 Famille et apparentés des victimes civiles belges
    016- C.R.D.D.R .
    -021 C.L.A.D.H.O.
26/02/97 1-3 024-030 Filip REYNTJENS (1)
  1-4 032-037 Madame Alison DESFORGES (1)
    037-043 Wilfried MARTENS
28/02/97 1-5 044- BROUHNS (ONU-B) (1)
    -054 COOLS (ONU-B) (1)
  1-6 057- Colonel FLAMENT (1)
    -061 Lieutenant-Colonel KESTELOOT
    061-063 Lieutenant-Colonel BRIOT (1)
    064-071 Lieutenant-Général CHARLIER (1)
    071-076 Lieutenant-Colonel BRIOT (2)
05/03/97 1-7 078-087 Willy CLAES (1)
  1-8 090-098 Leo DELCROIX (1)
    098-104 Jean-Luc DEHAENE (1)
 07/03/97 1-9 106-113 Colonel MARCHAL (1)
  1-10 116-121 Lieutenant NEES
    122-124 Major PODEVIJN
    124-129 Colonel VINCENT
  1-11    Huis clos
12/03/97 1-12 132-140 Johan SWINNEN (1)
  1-13 142-147 Général-Major VERSCHOORE
    147-154 Lieutenant-Général SCHELLEMANS
14/03/97 1-14 156-158 Willy KUIJPERS
    158-160 Nelly MAES
    161-163 Charles BOUGARD
  1-15 166-168 Capitaine DE CUYPER
    168-178 Colonel MARCHAL (2)
18/03/97 1-16 180-186 Lode WILLEMS
19/03/97 1-17 188-193 Maître Eric GILLET
  1-18    Huis clos
21/03/97 1-19 196-200 Général-Major DELHOTTE
    200-203 Madame Colette BRAECKMAN
  1-20    Huis clos
  1-21 206-211 Major HOCK
    211-221 Johan SWINNEN (2)
24/03/97 1-22 224-238 Lieutenant-Colonel LEROY
26/03/97 1-23 240-246 Jean-Pierre CHRETIEN
  1-24 248-253 DERYCKE
    253-261 Leo DELCROIX (2)
28/03/97 1-25 264-269 Lieutenant-Général CHARLIER (2)
  1-26    Huis clos
16/04/97 1-27 272-278 NDIAYE (ONU)
  1-28 280-289 Colonel ENGELEN
    289-294 Colonel DEWEZ (1)
18/04/97 1-29 296-305 Willy CLAES (2)
21/04/97 1-30 308-318 Lieutenant-Général CHARLIER (3)
  1-31    Huis clos
22/04/97 1-32 320-325 François-Xavier NSANZUWERA
  1-33 328-332 Madame Astri SUHRKE
23/04/97 1-34 334-342 W. JAENEN
  1-35 344-353 Amiral VERHULST
  1-36     Huis clos
25/04/97 1-37 356-366 Général-Major UYTTERHOEVEN
  1-38 368-378 Général-Major ROMAN
29/04/97 1-39    Huis clos
  1-40 380-386 Général de Brigade Léonidas RUSATIRA
  1-41 388-398 Lieutenant-Général BERHIN
    398-404 A. COOLS (ONU-B) (2)

II - Commission d’enquête parlementaire Rwanda
 

06/05/97 1-42 406-412 Auditeur Militaire VAN WINSEN
29/04/97 1-43 414-421  Juge d’instruction Damien VANDERMEERSCH
  1-44   Huis clos
07/05/97 1-45 424-427 Lieutenant LECOMTE
    428-433 Capitaine LEMAIRE
  1-46 436-441 Aumônier militaire Michel QUERTEMONT
  1-47    Huis clos
  1-48 444-453 Major MAGGEN
13/05/97 1-49 456-464 Capitaine MARCHAL
  1-50 467-478 Major CHOFFRAY
    478-488 Capitaine CLAEYS
    488-492 Commandant NOENS
    492-496 Major BODART
14/05/97 1-51 498-508 Filip REYNTJENS (2)
  1-52 510-511 Madame Rika DE BACKER (1)
  1-53    Huis clos
  1-54 514-526 Madame Rika DE BACKER (2)
  1-55    Huis clos
16/05/97 1-56 528-537 Pierre GALAND
  1-57 540-548 Madame Alison DESFORGES (2)
    548-553 Christian TERRAS
28/05/97 1-58 556-565 Père Léopold GREINDL
  1-59    Huis clos
  1-60 568-576 Madame Els DE TEMMERMAN
  1-61    Huis clos
29/05/97 1-62 578-585 Lieutenant-Colonel DE LOECKER
    585-591 Colonel BALIS
  1-63 594-597 Commandant DE TROY
30/05/97 1-64 600-612 Faustin TWAGIRAMUNGU
  1-65    Huis clos
  1-66 614-624 Léon SAUR
  1-67    Huis clos
03/06/97 1-68 626-637 Père Guy THEUNIS
  1-69    Huis clos
  1-70 640-652 André LOUIS
    653-655 Pierre HOUTMANS
06/06/97 1-71 658-670 Capitaine THEUNISSEN (1)
10/06/97 1-72 672-686 Colonel DEWEZ (2)
  1-73 688-706 Colonel MARCHAL (3)
  1-74    Huis clos
11/06/97 1-75 708-719 Gérard PRUNIER
  1-76    Huis clos
13/06/97 1-77 722- Lieutenant-Colonel BRIOT (3)
    -733 Colonel FLAMENT (2)
  1-78 736- Colonel MARCHAL (4)
    -745 Lieutenant-Colonel BRIOT (4)
17/06/97 1-79 748-757 Joseph MATATA
  1-80      Huis clos
  1-81    Huis clos
  1-82 760-765 DEGNI-SEGUI
  1-83     Huis clos
18/06/97 1-84 768-776 Dismas NSENGIYAREMYE
  1-85 778-795 Leo DELCROIX (3)
20/06/97 1-86 798-812 Johan SWINNEN (3)
  1-87    Huis clos
  1-88    Huis clos
24/06/97 1-89 814-815 Maître SCHEERS
  1-90    Huis clos
  1-91 818-832 Willy CLAES (3)
25/06/97 1-92 834-840 BROUHNS (ONU-B) (2)
  1-93 842-858 PONCELET
26/06/97 1-94 860-869 Jean-Luc DEHAENE (2)
27/06/97 1-95 872- Adjudant BOEQUELLOEN
       - Premier Capitaine Chef PIERARD
    -883 Caporal KINKIN
  1-96 886-888 Familles des 10 paras assassinés (2)
30/06/97 1-97 890-899 Paulin MURAYI
  1-98 902- Colonel DEWEZ (3)
    -915 Capitaine THEUNISSEN (2)

                       


III - Synthèse des auditions des Commissions Rwanda

Selon la fréquence d'audition:

(4) Colonel MARCHAL
  Lieutenant-Colonel BRIOT
(3) Johan SWINNEN
  Leo DELCROIX
  Willy CLAES
  Lieutenant-Général CHARLIER
  Colonel DEWEZ
(2) Colonel FLAMENT
  Filip REYNTJENS
  Jean-Luc DEHAENE
  Madame Rika DE BACKER
  Madame Alison DESFORGES
  BROUHNS
  Capitaine THEUNISSEN
  familles des 10 paras assassinés

        

Selon une analyse de fond:

16 témoins ont eu des propos révisionnistes/négationnistes

2 témoins révisionnistes/négationnistes furent entendus par trois fois

et 3 autres témoins par deux fois:

soit donc 5 personnes ayant été auditionnées plusieurs fois

3° pour un total (points 1° et 2°) de 23 auditions révisionnistes/négationnistes

8 témoins ont apporté leur sympathie aux victimes

5° 1 seule personne ayant apporté sa sympathie aux victimes fut entendue deux fois:

soit donc 1 personne ayant été auditionnée plusieurs fois

6° pour un total (points 4° et 5°) de 9 auditions avec une sympathie aux victimes

Selon une analyse de forme:

1° il y a eu 43 jours d'audition;

2° il y a eu 77 témoins et groupes entendus;

3° il y a eu 106 auditions;

soit une moyenne de 2.47 auditions par jour;

soit une moyenne de 1.79 témoins et groupes entendus par jour;

Selon une répartition entre civils et militaires:

1° il y a eu 42 civils et 39 militaires auditionnés;

2° il y a eu 56 auditions de civils et 50 auditions de militaires;

Selon une répartition professionnelle des 16 témoins révisionnistes/négationnistes:

1 avocat belge NL

1 ex-dirigeant d'ONG belge FR

2 ex-ministres belges NL

1 premier ministre belge NL

1 officier belge NL

2 prêtres belges NL

1 professeur d'université belge NL

1 responsable d'ONG belge NL

soit 9 témoins belges néerlandophones

1 témoin belge francophone

1 ex-officier rwandais

2 ex-premiers ministres rwandais

1 responsable politique rwandais

1 responsable d'ONG rwandais

soit 5 témoins rwandais

1 chercheur historien français

soit 1 témoin hors du cadre belgo-rwandais

Selon une répartition professionnelle des 8 témoins sympathisant aux victimes:

1 avocat belge francophone

1 chercheur historien français

1 journaliste belge francophone

1 journaliste français

1 journaliste néerlandais

3 responsables d'ONG francophones

soit 2 témoins français

1 témoin néerlandais

5 témoins belges francophones
 

Remarques relatives à la répartition des témoins:

1° la quasi totalité des témoins belges ayant eu des propos révisionnistes/négationnistes est néerlandophone: sur 10 témoins 9 sont néerlandophones et un seul est francophone (de Bruxelles)

2° la totalité des témoins belges ayant eu de la sympathie envers les victimes est francophones: 5 témoins

Ceci est cohérent, n'est nullement dû au hasard et correspond parfaitement bien à l'impression générale de division nord-sud belge ressentie lors des auditions des divers témoins.

Et en plus du clivage politique, linguistique et donc régional, le clivage est des plus évident au niveau philosophique. Ceci explique donc cela par la simplicité et la logique mêmes.

3° la totalité des témoins rwandais a eu des propos révisionnistes/négationnistes:

5 témoins

4° la quasi totalité des témoins étrangers non rwandais a eu de la sympathie envers les victimes: 3 témoins sur 4

le seul témoin étranger non rwandais (Gérard PRUNIER) avait d'abord eu, jusqu'à la fin de la perpétration du génocide, de la sympathie envers les victimes mais a changé d'opinion et est devenu littéralement hostile, voire haineux vis-à-vis du nouveau régime et est devenu révisionniste/négationniste dans ses dernières déclarations; les aménités à l'égard de madame la Sénatrice Anne-Marie LIZIN n'en sont que des suites et conséquences indirectes mais des plus symptomatiques (et des plus éclairantes voire édifiantes)

6° le rapport entre les auditions des témoins ayant eu des propos révisionnistes/négationnistes et celles des témoins ayant eu de la sympathie envers les victimes est de 16 à 8 soit purement le double: ce n'est pas un hasard, non plus

les seuls témoins (ils sont tout de même au nombre de 8) ayant eu des propos, remarques ou réflexions désagréables voire attentatoires à l'égard des sénateurs (membres des différentes Commissions parlementaires belges relatives au Rwanda), ont à chaque fois d'ailleurs eu droit à un rappel à l'ordre de la part de la présidence; ce sont, comme par hasard, les témoins ayant eu des propos révisionnistes/négationnistes

8° ce sont les mêmes témoins (révisionnistes/négationnistes) qui affichent ouvertement leur antipathie, voire leur aversion, ou mieux encore leur haine, à l'égard soit disant du gouvernement actuel du Rwanda mais visant indirectement (et d'une manière hypocrite) la communauté minoritaire tutsi qui, affirment-ils, gère effectivement le pays à l'encontre de tout soucis et principe fondamentalement démocratique; ce soucis démocratique (le leur, avec leur propre définition) s'appelle en réalité la loi du nombre ou (en version belge) le droit du sol; ce droit est inique, rétrograde, insulte sublime à la logique et à la vraie démocratie

9° plusieurs de ces témoins ont proposé une solution à la belge aux douloureux et épineux problèmes rwandais, à savoir la création d'un hutu-land et d'un tutsi-land afin de régler et prévenir ainsi tout conflit potentiel ultérieur


IV - Synthèse des huis clos des Commissions Rwanda
 

Selon une analyse de forme:

1° 24 huis clos au total

2° 5 ministres entendus non suivis de huis clos

3° 7 huis clos après les auditions de militaires

4° 2 huis clos après les auditions des deux seuls Pères Blancs:

le Père Blanc Guy THEUNIS et le Père Blanc Léopold GREINDL

5° 2 huis clos pour une même audition:

celle de madame Rika DE BACKER

6° 11 huis clos neutres (civils et militaires)

7° 2 personnes suivies de 2 huis clos chacune:

Joseph MATATA et Johan SWINNEN

8° 1 personne avec deux auditions successives suivies chacune de huis clos:

madame Rika DE BACKER
 

Selon une analyse de fond:

1° 5 auditions de révisionnistes/négationnistes ne furent pas suivies de huis clos

2° 8 auditions de révisionnistes/négationnistes furent suivies de huis clos

5 huis clos suivirent les auditions de civils témoignant leur sympathie aux victimes

4° 1 huis clos après l'audition du seul militaire révisionniste/négationniste:

le Colonel VINCENT
 

Remarques relatives à la succession et à la fréquence des huis clos:

1° il y eut 9 témoins révisionnistes/négationnistes et 9 auditions de révisionnistes/négationnistes qui furent effectivement suivies de huis clos; certains témoins continuent à s'exprimer en cachette persuadés d'accroître ainsi et la crédibilité et la puissance de leurs informations; ils continuent à manipuler un principe particulièrement important en vigueur lors du règne de HABYARIMANA: la désinformation par la force et la propagation de la rumeur; ces informations par essence vicieuses, pernicieuses, sournoises, hypocrites, incontrôlables et incontrôlées

2° il y eut bien 5 ministres belges entendus et il y eut bien absence de huis clos après leurs auditions; a fortiori les auditions des 3 ministres belges qui ont eu des propos révisionnistes/négationnistes n'ont pas été suivies de huis clos

3° il y eut 4 huis clos après les 9 auditions de civils témoignant leur sympathie aux victimes soit la moitié (à mettre en relation avec le point 1 développé ci-avant)

4° l'audition du seul militaire ayant eu des propos révisionnistes/négationnistes été suivie de huis clos (répétition du principe énoncé au point 1°)

5° les auditions des deux seuls Pères Blancs qui ont eu des propos révisionnistes/négationnistes ont toutes deux été suivies de huis clos (répétition du principe énoncé au point 1°)

6° la seule femme à avoir proféré des propos révisionnistes/négationnistes fut entendue deux fois successivement et ces deux auditions ont toutes deux été suivies de huis clos (répétition du principe énoncé au point 1); cette femme (madame Rika DE BACKER) s'est toujours affichée ouvertement catholique et flamande; le mouvement qu'elle dirige (pudiquement appelé ONG) s'appelle ACT et ce mouvement fut particulièrement actif dans les camps de réfugiés de GOMA où oeuvrait d'ailleurs sa propre fille (avant le démantèlement de ces camps situés, il y a peu encore, à l'est du Congo, à proximité de la frontière rwandaise)

7° la grande majorité (79%) des auditions des militaires belges se sont produites sans qu'elles ne fussent suivies de huis clos: 26 auditions sans huis clos et 7 auditions avec huis clos

8° ces 7 auditions de militaires belges suivies de huis clos sont exclusivement celles d'officiers supérieurs

9° la seule audition d'un aumônier militaire fut suivie d'un huis clos; ce qui peut être considéré comme normal

10° la seule audition d'un juge d'instruction fut suivie d'un huis clos; ce qui peut être considéré comme normal
 


V - Synthèse selon le volume des différents rapports établis par les Commissions Rwanda
 

1° les rapports les plus courts sont ceux de:

2 pages 1-52 madame Rika DE BACKER
   1-89 maître SCHEERS

ces deux pseudo-rapports sont chacun immédiatement suivis d'un huis clos

soit deux témoins ayant eu des propos révisionnistes/négationnistes

2° les rapports les plus longs sont:

19 pages 1-73 Colonel MARCHAL (4)
18 pages 1-85 DELCROIX (3)
17 pages 1-93 PONCELET (1)
15 pages 1-72 Colonel DEWEZ (3)
  1-86 Johan SWINNEN (3)
  1-91 Willy CLAES (3)
13 pages 1-54 madame Rika DE BACKER (2)
  1-64 Faustin TWAGIRAMUNGU (1)
  1-70 André LOUIS (1)
12 pages 1-68 père Guy THEUNIS (1)
  1-75 Gérard PRUNIER (1)

     

soit 7 témoins sur 11 ayant eu des propos révisionnistes/négationnistes et zéro témoin témoignant leur sympathie aux victimes

3° les témoins étant à l'origine des volumes les plus grands des rapports se rapportant à leurs auditions cumulées sont respectivement:

43 pages Colonel MARCHAL (4)
36 pages Johan SWINNEN (3)
  Leo DELCROIX (3)
35 pages Willy CLAES (3)
28 pages Colonel DEWEZ (3)
25 pages Lieutenant-Général CHARLIER (3)
20 pages Lieutenant-Colonel BRIOT (4)
  Capitaine THEUNISSEN (2)
18 pages Filip REYNTJENS (2)
17 pages Jean-Luc DEHAENE (2)
  PONCELET (1)
15 pages madame Alison DES FORGES (2)
  Lieutenant-Général LEROY (1)
14 pages madame Rika DE BACKER (2)
13 pages TWAGIRAMUNGU (1)
  André LOUIS (1)
12 pages Guy THEUNIS (1)
  Gérard PRUNIER (1)

soit 18 témoins ayant plus de 11 pages d'auditions cumulées
 

Remarques relatives aux volumes des auditions:

Ces témoins peuvent être répartis en:

a) 6 officiers supérieurs neutres

b) 9 témoins civils ayant eu des propos révisionnistes/négationnistes

c) 1 témoin civil témoignant sa sympathie aux victimes

Mais aussi:

4 témoins civils sur les 5 témoins civils qui n'ont été entendus qu'une seule fois (et qui sont dans le classement des plus gros rapports) sont tous (sauf PONCELET) des témoins ayant eu des propos révisionnistes/négationnistes en l'occurrence:

André LOUIS, TWAGIRAMUNGU, le père Guy THEUNIS, et Gérard PRUNIER


VI - Analyse comparative
 

entre les deux Commissions Rwanda
 

Tableau I

Selon la fréquence d'audition: COMMISSIONS                                                    I-II

(4) Colonel MARCHAL              2-2
  Lieutenant-Colonel BRIOT 2-2
(3) Johan SWINNEN  2-1
  Leo DELCROIX   2-1
  Willy CLAES 2-1
  Lieutenant-Général CHARLIER 3---
  Colonel DEWEZ 1-2
(2) Colonel FLAMENT 1-1
  Filip REYNTJENS  1-1
  Jean-Luc DEHAENE  1-1
  Madame Rika DE BACKER    ---2
  Madame Alison DESFORGES      1-1
  BROUHNS  1-1
  Capitaine THEUNISSEN ---2
  familles des 10 paras assassinés    1-1

Soit 39 auditions multiples au total réparties en 20-19

Tableau II

Selon une analyse de forme: COMMISSIONS                                                                   I-II

24 huis clos au total 7-17
5 ministres entendus non suivis de huis clos 4---
7 huis clos après les auditions de militaires 5-3
2 huis clos après les auditions des deux seuls Pères Blancs:

les Pères Blancs Guy THEUNIS et Léopold GREINDL

---2
2 huis clos pour une même audition: 

celle de madame Rika DE BACKER

---2
11 huis clos neutres (civils et militaires) 4-6
2 personnes suivies de 2 huis clos chacune: 

Joseph MATATA et Johan SWINNEN

---2
1 personne avec deux auditions successives

et suivies chacune de huis clos: madame Rika DE BACKER

---1

Soit 53 différentes auditions au total réparties en                                                        20-33
 

Tableau III

Selon la longueur des rapports d'une seule audition COMMISSIONS                      I-II

19 pages 1-73 Colonel MARCHAL (4)  ---X
18 pages 1-85 DELCROIX (3) ---X
17 pages 1-93 PONCELET (1) ---X
15 pages 1-72 Colonel DEWEZ (3)   ---X
  1-86 Johan SWINNEN (3)   ---X
  1-91 Willy CLAES (3)   ---X
13 pages 1-54 madame Rika DE BACKER (2)  ---X
  1-64 Faustin TWAGIRAMUNGU (1)  ---X
12 pages 1-68 père Guy THEUNIS (1)   ---X
  1-75 Gérard PRUNIER (1)  ---X

soit 10 témoins sur 10 ayant eu leur compte rendu analytique lors de la seconde Commission

Tableau IV

Selon la longueur de la somme des rapports COMMISSIONS                                    I-II

43 pages   Colonel MARCHAL (4)  19-24
36 pages   Johan SWINNEN (3)         20-15
    Leo DELCROIX (3)          18-18
35 pages   Willy CLAES (3)    20-15
28 pages   Colonel DEWEZ (3)    21-7
25 pages   Lieutenant-Général CHARLIER (3)   25---
20 pages   Lieutenant-Colonel BRIOT (4) 9-11
    Capitaine THEUNISSEN (2)   ---20
18 pages   Filip REYNTJENS (2)      7-11
17 pages   Jean-Luc DEHAENE (2) 7-10
    PONCELET (1) ---17
15 pages   madame Alison DES FORGES (2)  6-9
    Lieutenant-Général LEROY (1)      15---
14 pages   madame Rika DE BACKER (2)     ---15
13 pages   TWAGIRAMUNGU (1)       ---13
    André LOUIS (1)    ---13
12 pages   Guy THEUNIS (1) ---12
    Gérard PRUNIER (1)  ---12

soit un total de 390 pages réparties en                                                                       167-223

1° où la seconde Commission représente la collecte d'un volume de 57.2% du total

2° où la seconde Commission l'emporte 12 fois sur 18 rapports (dont un ex-aequo) soit 66.7% du total
 

Tableau V

Selon la longueur totale des rapports COMMISSIONS                                     I-II
 

Le total de pages utiles est de 800 pages réparties en                               354-446

soit donc 55.8% en faveur de la seconde Commission

Tableau VI

Selon le nombre de témoins et de groupes COMMISSIONS                                 I-II
 

Le total de témoins et de groupes est de 77 réparties en                            42-35

soit donc 54.05% en faveur de la seconde Commission

Tableau VII

Selon le nombre des huis clos COMMISSIONS                                                   I-II
 

Le total huis clos est de 23 répartis en                                                           7-16

soit donc 70.0% en faveur de la seconde Commission

Tableau VIII

Selon le nombre de jours d'audition (hors huis clos) COMMISSIONS             I-II

Le total de jours d'audition est de 43 répartis en                                            20-23

soit donc 53.5% en faveur de la seconde Commission

Tableau IX

Selon le nombre d'auditions (hors huis clos) COMMISSIONS                         I-II
 

Le total du nombre d'auditions est de 106 répartis en                                 54-52

soit donc 53.5% en faveur de la seconde Commission

Tableau X

Selon la répartition entre civils et militaires COMMISSIONS                           I-II

le total de civils auditionnés est de 42 répartis en 20-22
le total des militaires auditionnés est de 39 répartis en 21-18
le total des auditions de civils est de 56 répartis en  24-32
le total des auditions de militaires est de 50 répartis en 25-25

Conclusion unique concernant l'analyse comparative:

La seconde Commission a, de toute évidence, réalisé une plus grande collecte d'informations mais sans se départir des différentes tendances flagrantes remarquées à chaque chapitre repris et commenté ci-avant.


VII - Conclusions provisoires
 
sous la forme de 12 questions préjudicielles:
 

Comment se peut-il qu'il y ait:

5 auditions multiples de témoins ayant eu des propos révisionnistes/négationnistes pour une seule audition multiple témoignant sa sympathie aux victimes

Comment se peut-il qu'il y ait:

16 témoins ayant eu des propos révisionnistes/négationnistes pour 8 témoignant leur sympathie aux victimes

Comment se peut-il qu'il y ait:

23 auditions de témoins ayant eu des propos révisionnistes/négationnistes pour 9 auditions témoignant leur sympathie aux victimes

Comment se peut-il qu'il y ait:

5 témoins rwandais ayant eu des propos révisionnistes/négationnistes pour zéro témoignant leur sympathie aux victimes

Comment se peut-il qu'il y ait:

9 auditions témoins flamands ayant eu des propos révisionnistes/négationnistes pour 5 témoins francophones témoignant leur sympathie aux victimes

Comment se peut-il qu'il y ait:

2 pères blancs ayant eu des propos révisionnistes/négationnistes pour zéro témoignant leur sympathie aux victimes

Comment se peut-il qu'il y ait:

les comptes rendus analytiques les plus longs appartiennent à 5 témoins ayant eu des propos révisionnistes/négationnistes pour zéro témoin témoignant leur sympathie aux victimes

Comment se peut-il qu'il y ait:

parmi les témoins civils entendus une seule fois et qui ont le volume de compte rendu analytique le plus gros figurent 6 témoins ayant eu des propos révisionnistes/négationnistes pour zéro témoignant leur sympathie aux victimes

Comment se peut-il qu'il y ait:

parmi les témoins civils entendus dont le total des comptes rendus analytiques est le plus grand figurent 9 témoins ayant eu des propos révisionnistes/négationnistes pour un seul témoignant sa sympathie aux victimes

10° Comment se peut-il qu'il y ait:

8 témoins ayant agressé plusieurs sénateurs des différentes commissions d'enquête parlementaires belges relatives au Rwanda sont des témoins ayant eu des propos révisionnistes/négationnistes pour zéro témoignant leur sympathie aux victimes.

Ces divers témoins ayant eu des propos révisionnistes/négationnistes peuvent être harmonieusement répartis en:

3 témoins rwandais

2 témoins prêtres belges

1 femme belge

1 professeur belge

1 professeur français

11° Comment se peut-il:

que ce déséquilibre indiscutable soit à chaque fois et toujours en faveur du même groupe des témoins ayant eu des propos révisionnistes/négationnistes

12° Et, dernière question:

mais quels sont donc ceux ont pu contribuer à une sélection des témoins aussi partisane, aussi scandaleusement déséquilibrée?

Arrêtons l'hypocrisie qui a présidé à cette mascarade depuis le début car
 
 

Un déséquilibre aussi flagrant

et d'une telle constance

ne peut être imputé au hasard.


VIII - Constats
 

1° Nous arrivons donc au terrible et incontournable constat que:

les dés étaient pipés d'avance, cela est à présent des plus évident.
 

2° Il est également permis d'affirmer que:

tant la Commission spéciale Rwanda que la Commission d'enquête parlementaire Rwanda qui lui a succédé ont eu la même attitude incompréhensible et inadmissible, face au génocide rwandais et aux dix paracommandos assassinés.
 

3° Un groupe de personnes manifestement mal intentionnées (ou pour le formuler avec un peu plus d'hypocrisie, ayant des instructions et des objectifs des plus précis) a sélectionné, selon toute vraisemblance, tous les témoins. Ce comité de sélection savait pertinemment bien à l'avance, compte tenu de l'implication de certains acteurs dans le drame rwandais, ce qu'il allait récolter comme données.
 

4° Il est même fort probable que des membres de ce comité de sélection fassent également partie des témoins auditionnés, ce qui serait des plus logique connaissant quant à eux mieux que quiconque, les données du génocide rwandais et désirant occulter toute révélation un tant soit peu révélatrice.
 

5° Ceci a donc permis de ne mouiller (ou si peu) ni l'Eglise catholique belge ni son soutien inconditionnel en l'occurrence la Couronne de Belgique (de l'époque, faut-il insister).
 

6° Les seuls à éventuellement endosser une responsabilité dans ce génocide seront quelques ministres belges (qui furent d'ailleurs amplement auditionnés et ce dans leur propre intérêt).
 

7° Le rapport final de la Commission d'enquête parlementaire belge relative au Rwanda qui sera communiqué sous peu permettra de se rendre compte des formules alambiquées qui seront utilisées afin d'atténuer, voire de mitiger la portée de leurs accusations.
 

Wait and see.


IX - Effets pervers des Commissions Rwanda
 

Plusieurs effets pervers se sont développés avec les différentes auditions réalisées par les Commissions Rwanda.

Nous présentons ici les effets pervers essentiels:

1° l'audition de certains témoins qui ont eu des propos révisionniotes/négationnistes a permis à ceux-ci d'avoir grâce aux Commissions une audience et une publicité jamais atteinte auparavant; les médias dans leur ensemble ont amplement relayé cette audience;

2° les génocidaires qui étaient accueillis par des pays hôtes comme le KENYA, le GABON et l'ITALIE (et plus particulièrement Nairobi et Rome) et qui sentaient la souricière se resserrer autour d'eux, entendant des propos aussi intéressants pour eux, convaincus qu'en Belgique ils pourraient non pas seulement vivre en paix mais pouvoir continuer à mener la vie dure (pour utiliser un euphémisme) aux tutsis, ont pris, et ce depuis juin 1997, la direction de la Belgique où ils furent accueillis les bras ouverts par les filières existantes qui en ont déjà ex-filtrés plusieurs et des plus connus (et qui vivent sur le territoire belge depuis un certain temps déjà).

3° plus nombreux à présent en Belgique (le rassemblement continue avec force et vigueur) et se sentant appuyés financièrement et politiquement, ils ont débuté et ce depuis juin 1997 les agressions verbales (pour l'instant) en direction de tous ceux et celles qui ressemblent de près ou de loin à des tutsis. Les témoignages révélateurs, cohérents, émanant de témoins sérieux sont de plus en plus nombreux. La seule question est:

jusques à quand?

Voila pour les effets pervers (sur le territoire belge) des deux Commissions Rwanda.


X - Rappels historiques

A ce stade est-il encore nécessaire de rappeler que:

avant le génocide de 1994:

1° plus de 85% des prêtres belges au RWANDA étaient flamands?

2° plus de 80% des fonctionnaires de la coopération belge au RWANDA étaient flamands?

3° les dix paracommandos belges assassinés au RWANDA étaient francophones?

après le génocide de 1994:

1° plus de 80% des prêtres belges au RWANDA sont flamands?

2° plus de 85% des fonctionnaires de la coopération belge au RWANDA sont flamands?

3° la répartition du personnel belge de l'ambassade de Belgique à KIGALI est très nettement (plus de 75%) en faveur de la composante flamande?
 

Pour ces deux périodes; il est donc raisonnable d'affirmer qu'il y a eu plus que de la collusion entre le sabre et le goupillon: une très belle, voire effarante complicité.
 

Mais peut-être n'était-ce qu'une conséquence prévisible:
 

le constat que l'église catholique avait une présence particulièrement active au RWANDA dans les différents domaines qui suivent où elle contrôlait parfaitement:

1° plus de 80% du secteur de l'enseignement;

2° plus de 70% du secteur des soins de santé;

3° plus de 50% des terres cultivables par le biais des coopératives interposées.

Le Rwanda a pu bénéficier, grâce à cela, du très fameux et très convoité titre de

la fenêtre de la coopération belge en Afrique.

Et, ultime commentaire désabusé:
 


le RWANDA a été appelé à juste titre, par le passé, par plusieurs, la Flandre méridionale.
 
 

Tout ceci explique sans doute cela.
 

Lao Tseu


 

Postface post mortem
 

Un seul passage des comptes rendus analytiques mérite d’être épinglé. Il se rapporte au retrait de la MINUAR au RWANDA, retrait qui précipita le génocide dans sa phase apocalyptique. Il s’agit du compte rendu analytique du 26 juin 1997 à la page 864.

La question qui suit fut adressée en néerlandais par Vic ANCIAUX (à 11H57 pour être précis) à Jean-Luc DEHAENE:

- En sachant ce que vous savez maintenant, prendriez-vous à nouveau la même décision?

Jean-Luc DEHAENE lui répondit, également en néerlandais:

- Oui, je suis convaincu qu’il s’agissait de la bonne décision.

Un oui aussi corrosif, aussi percutant sonne encore toujours à nos oreilles incrédules et nous sommes plusieurs millions à ne pouvoir jamais oublier ce mot aussi lourd qu’un être humain osa nous asséner publiquement ce jour, le 26 juin 1997 à 11H57 précises.

Cette petite phrase, apparemment anodine, particulièrement courte, incisive, fondamentale voire essentielle, peut en quelque sorte résumer l’intégralité des auditions, Jean-Luc DEHAENE ne manifesta d’ailleurs absolument aucun regret, aucun remords.

Nous rangerons donc cette phrase dans le tiroir aux horreurs de l’humanité car elle appartient au même style de phrases que celle des Rwandais génocidaires qui, aujourd’hui encore, sur le territoire belge, osent regretter ouvertement, voire publiquement ,de ne pas avoir terminé le travail.

Osons les écouter s’exprimer, au sortir d’un culte religieux s’il vous plaît, comme ce fut le cas à la sortie de la messe à la Basilique de Koekelberg le 6 avril 1997, messe donnée en souvenir de la mort d’un des plus illustres responsables du génocide rwandais, le dictateur sanguinaire Juvénal HABYARIMANA qui mena les destinées de son pays pendant plus de vingt années avec l’appui des gouvernements belges successifs, avec l’appui de la Couronne belge (de l'époque) et avec le soutien irréprochable de toute l’Eglise catholique.

Nous nous adressons à présent à vous, monsieur Jean-Luc DEHAENE, et vous êtes le seul représentant de la nation belge à qui nous nous permettrons de nous adresser car vous représentez tous les Belges puisque vous en êtes leur Premier Ministre.

Et nous osons vous dire à présent avec solennité mais avec un immense mépris:

Le million de morts rwandais se retournent tous dans leurs fosses communes,

et ce grâce à vous et aux vôtres, cher monsieur Jean-Luc DEHAENE.

Monsieur Jean-Luc DEHAENE, n’êtes-vous pas honteux? Même pas une once de honte?

Pouvez-vous encore vous regarder dans la glace le matin sans rugir? Sans vomir?

Nos morts n’ont vraiment pas mérité une telle insulte, monsieur Jean-Luc DEHAENE.
 
 
Quelle honte!!!