Château de Durbuy

 

Gérard de Luxembourg, alias Gérard de Durbuy, son histoire.

 

On sait que Gérard, comte de Durbuy, seigneur de Roussy né le 23/11/1223 occupait Durbuy, bien défendu par un château féodal dont on suppose la construction au Xième siècle déjà, qu’il décéda le 28/2/1303, qu’il  possédait aussi Chéoux. De plus, en 1284 il reçut Melin comme seigneurie particulière du duc Jean Ier.
Gérard de Durbuy, tout comme Jean l’Aveugle (fils de Jean VI), né le 10/8/1296, comte de Luxembourg, de Laroche, marquis d’Arlon et roi de Bohême*  après lui, fortifia la petite ville de Durbuy laquelle devint une seigneurie Hautaine dominant Wéris, Grandmesnil, la Sarte, terres affranchies entre 1275 et 1314, cédées en engagère dès 1342 et ce, jusqu’en 1795.

*L’une de ses 4 sœurs épousera Charles, roi de Hongrie, une autre, Charles le Bel, roi de France.

Il est fils cadet de Waleran IV duc de Limbourg dit Waleran d’Arlon, sire de Monschau
et de Ermesinde de Namur - Luxembourg  née en 1186 décédée le 3/3/1247 ou le 17/2/1247, épousée le 10/6/1214 (seconde épouse)
veuve de Thibaut Ier comte de Bar + 19/2/1214  (et du Luxembourg par son mariage)

Ermesinde comtesse de Luxembourg, marquise d’Arlon, était la fille unique de Henri l’Aveugle comte de Luxembourg et Namur et d’Agnès de Gueldre - Wassemberg. De son premier mariage elle garde le Luxembourg, et veuve une seconde fois, elle l’administrera seule durant 21 ans.
petite-fille de Godefroid  Ier de Namur et de Ermesinde de Luxembourg
petite-fille du côté maternel de Henri II de Wassemberg et de Laurette de Haute Lorraine

Deux filles et deux fils sont nés du comte de Bar et Ermesinde de Namur - Luxembourg:

- Renaud comte de Bar

- Elisabeth du Bar  née en 1200 + 8/8/1262
   x Walram V le Long de Limbourg, ci-dessous

- Marguerite de Bar
   x Hugues III de Vandémont en 1231
   xx Henri de Dampierre en 1245

- N. de Bar
                                
Waléran IV de Limbourg 1180-1226 comte de Luxembourg en 1214 (participe à la 3ème croisade) son blason apparaît en 1214, c’est le même que celui de son père mais le lion est couronné. Seigneur de Montjoie. Tente, durant de nombreuses années de récupérer le comté de Namur au nom de sa 2ème épouse, Ermesinde. Il succède à son père en 1221 - d'après la chronique d‘Albéric de Trois Fontaines -. Il participe à la croisade prêchée par le pape Honorius III de 1224 et décède à Crémone, en rentrant….
fils de Henri III de Limbourg (lequel participe à la 3ème croisade et à la bataille de Bouvines en 1214)
+ en 1221, son blason est daté de 1208, les burelles apparaîtront, non pas comme des brisures, cadets ou bâtards, mais spécifiques aux descendants d’Ermesindeépouse de Waléran IV.

et de Sophie de Sarrebruck

petit-fils de Henri II de Limbourg né en 1110 + 8/1167 à Rome
et de Mathilde de Saffenberg épousée en 1136 (xx Laurette de Haute Lorraine en 1150)

arrière-petit-fils de Walram III de Limbourg 1080-13/8/1139
et de Judith (Jutta) de Gueldre - Wassemberg née vers 1090 + 1/7/1161

                                              

    De Limbourg                                De Gueldre                               De Wassemberg

veuf de Cunégonde de Basse Lorraine + 1214
fille de Ferry Ier de Basse Lorraine et de Ludmilla de Pologne
dont il avait eu :

1 Henri IV de Limbourg
   x Irmengarde de Berg en 1220

2 Sophie de Limbourg + 1226/1227
   x comte Frédéric II d’Altena en 1217, + en 1226  

3 Mathilde de Limbourg + après 1/4/1234
   x Guillaume III de Julich en 1215,  + Damiette 1218

4 Walram V le Long de Limbourg seigneur de Poilvache  + 1242
    x Elisabeth de Bar en 1237, née en 1200 + 8/8/1262
        fille de Thibaut Ier comte de Bar et de Ermesinde de Namur, sa belle mère

De son mariage avec Ermesinde de Luxembourg, trois enfants :

1 Henri de Luxembourg dit Henri le Blond, comte de Luxembourg et Limbourg
   né en 1217
   x Marguerite dame de Ligny en 1240
      fille d’Henri II de Bar, comte de Bar

   Il faut savoir que parmi ses descendants on trouve :

   - Henri VII de Limbourg, comte de Luxembourg, roi des Romains, empereur du
      St Empire Romain Germanique
       x Marguerite  de Brabant, fille de Jean Ier du  Brabant
           dont : - Marie de Luxembourg x Charles Martel
                     - Béatrice de Luxembourg x Charles II roi de Hongrie
                     - Jean Ier l’Aveugle roi de Bohême

2 Gérard de Luxembourg comte de Luxembourg dit de Durbuy, qui suit


Sceau de Gérard de Durbuy
Illustration de la Revue    « Terre de Durbuy »

3 Catherine de Luxembourg + 1255
    x Mathieu de Lorraine en 1225 + 1251

Gérard de Durbuy alias Gérard de Luxembourg alias Gérard de Limbourg
Né le 23/11/1223 + le 28/2/1304, il aurait donc près de 80 ans à son décès. Seigneur de Durbuy, Roussy et Villance.
Le 12/6/1289 il atteste encore à l’occasion du mariage de sa fille Marguerite avec  Jean III de Ghistelles.
Et voilà qu’en 1309 on le donne pour résidant à Chéoux !
  


Gérard de Durbuy, comte de Luxembourg

«  burelé d’argent et d’azur, au lion de gueules brochant, couronné d’or au  
    lambel de même »

alias
«  burelé d’argent et d’azur, au lion de gueules couronné d’or au lambel
    à 5 pendants d’or brochant »

Gérard III de Luxembourg dit le comte de Durbuy
x Mathilde de Clèves en 1253 + avant 1304
   fille de Thierry de Clèves 1214-1245
   et de Elisabeth de Brabant + 1273

dont descendance : famille dite de Durbuy… **

1 Ermengarde de Durbuy, l’aînée, née vers 1260, décédée après 1308
   x Gerhard V de Blankenheim né vers 1250 + après le 18/7/1309
      « d’or au lion de sable au lambel à 5 pendants de gueules brochant »

      fils de Frédéric de Blankenheim
      et de Mechtilde de Blieskastel
      dont deux filles :

      - Catherine de Blankenheim
         x Arnold Ier de Raadt + 1330

      - Mathilde de Blankenheim
         x Thierry IV de Walcourt ça 1270 + 1317
            fils de Thierry III de Walcourt ça 1230 + 1276
            et de Joie de Condé
            petit-fils de Gilles de Walcourt seigneur du lieu, de Rochefort, Château-
            Thierry
            et de Helwide de Faing dame de Château Thierry née vers 1205 + après 1268
            arrière-petit-fils de Thierry II de Walcourt ça 1180-1237
            et de Béatrix de Looz fille de Louis Ier de Looz et Agnès de Metz dame de
            Longwy
                     dont :

- Thierry V de Walcourt, seigneur de Rochefort, Clermont et Haneffe, voué
    de Dinant né vers 1310

x Agnès de Haneffe
   fille de Jean de Haneffe seigneur de Warfusée né ça 1285 + 18/2/1328
   et de Aélide d’Ochain née vers 1290 + après 1348
   dont :

- Jean Ier de Walcourt
   x Isabelle de Looz héritière de Agimont (Aigremont)
      fille de Jean IV de Looz + 1374
     et de Jeanne de Gavre dame de Hérinnes
     suivre de Looz

2 Catherine de Durbuy-Luxembourg née vers 1254 + 26/9/1326 ou le 12/10/1328  
   x Albert de Voorne le 30/12/1280 comte de Seeland, sire de Voorne + 12/1287
      « de gueules au léopard lionné d’or, armé et lampassé d’azur »

      fils de Hendrik  de Voorne + 1259
      et Catherine de Cysoing
   xx Wolfart Ier de Borsselen décédé en 1289
        dont, du premier lit : 


      - Hendrik de Voorne + après 1327 x Aleidis de Cuyck
      - Gérard de Voorne  + 1337 x Heilwig de Borsselen + 1328
                                                     xx Elisabeth de Clèves * + 21/11/1382
                                                          fille de Dietrich de Clèves + 25/7/1346
                                                          et de Marguerite e Gueldre + 4/7/1331
         * Margareta de Clèves, sa sœur, épousera Adolphe II de la Marck + 1347

3 Mathilde de Durbuy-Luxembourg née vers 1257
   x Baudouin III de Henin sire de Fontaine l’Evêque et Sébourg, seigneur de la
      Marche + 1295
      « d’azur à cinq billettes d’argent posées en sautoir »     (blason le plus simple)

      fils de Baudouin II de Henin + après 1274 chevalier, sire de Fontaine l’Evêque   
      et Sébourg
      et de Isabelle de Hainaut dit/ou Mahaut de Bousie
      petit-fils de Baudouin Ier de Henin seigneur de Henin en 1229, Cuincy en 1230,
      chevalier
      et de Mahaut de Fontaine l’Evêque
      arrière-petit-fils de Baudouin II de Cuinchy
      et de Marie de Henin + avant 1229
      dont :

      - Marie de Mortagne et Boulogne + 1355
         x Jean de Berlaer

      - Baudouin IV de Henin
         x Aliénor d’Apremont décédée en 1350
             fille de Geoffroy III d’Apremont

              
                     Apremont              
        « de gueules à la croix d’argent »

             et de Isabelle de Quiévrain *
             dont : - Isabeau de Henin + 1349
                          x Robert de Condé + 21/4/1359 seigneur de Strepy et Héry, sire de
                             Morialmé  époux en secondes noces de Marie de Ghistelles avant 11/1358, +
                             avant  12/3/1381
                             fille de Jean IV de Ghistelles
                             et de Marie de Luxembourg
                             suivre   Les seigneurs Apremont

* Marie de Quiévrain, sa sœur x Guillaume IV de Dampierre, seigneur de
St Dizier, Eurville, Humécourt et Aurainville + après 1314

4 Agnès de Durbuy née vers 1258

5 Pentecôte (Yvette) de Durbuy née vers 1259
   x William de Tournai  ** le 1/1/1299, seigneur de Rumes 1268-1302
       « de gueules à la tour d’argent d’où sort un lion de sable » (dit de Lorraine)

       fils de Arnould de Tournai  seigneur de Mortagne, châtelain de Tournai né en
       1220 + en 1280 
       et de Yolande de Coucy
       xx Isabelle d’Oudenarde ci-dessous
       xxx Elisabeth de Sloten
       xxxx Isabelle de Wilde d’Espel

** Issu de la lignée de :

Evrard Radulphe de Tournai
x Richilde de Hainaut
   dont :
    a Yolande de Tournai née vers 1137 + après 1168
       x Roger de Wavrin né vers 1115 + 1166 chevalier seigneur de Wavrin, sénéchal des Flandres   
    b Evrard Radulphe de Tournai seigneur de Mortagne, burgrave de Tournai né vers 1135 + 
        7/3/1190 
         x Mathilde de Béthune née vers 1130
             fille de Guillaume de Béthune
             et de Clémence d’Oisy
        xx Gertrude de Montaigu vers 1160
             dont :
             - Baudouin de Tournai  etc….

 
6 Isabelle de Durbuy dame de Roussy née vers 1264    
   x Henri VII de Grandpré, seigneur de Livry né en 1265 + avant 1287 
      fils de Henri VI de Grandpré comte de Grandpré, seigneur de Livry
      (qui dû très certainement avoir participé à la croisade des Albigeois du fait qu’il
      avait épousé  la  fille d’Amaury de Montfort, fils de Simon de Montfort, chef de la
      croisade des Albigeois
suivre La croisade des Albigeois   
   
      et de Isabeau de Brienne dame de Rameru, épousée en 1237, + 4/9/1274
      veuf de Laure de Montfort épousée en 1267
      fille de Amaury de Montfort né en 1195

       dont : 
     

  1. Gérard de Grandpré, chevalier, seigneur de Houffalize et Roussy   

+ 29/12/1356

     
    Henri de Grandpré
« burelé d’or et de gueules »

          x Béatrice de Luxembourg, dame de Houffalize 1289-1310 épousée avant le
             1/12/1321
              fille de Henri bâtard de Luxembourg + 1288
              et de Isabelle de Houffalize
          xx Isabelle d’Oudenarde le 1/12/1321
               fille de Arnould d’Oudenarde, chevalier, pair de Flandre
               et de Isabelle de Hainaut  épousée le 23/6/1274 à Sébourg
               veuve, elle xx William de Tournai seigneur de Rumes 1268
               fils de Arnould de Tournai 1220-1280 et de Yolande de Coucy
               suivre Grandpré

7 Marguerite de Durbuy-Luxembourg née vers 1261, alias Marguerite de
   Luxembourg alias  Marguerite des Prés 
   x Jean III de  Ghistelles selon un acte du 12/6/1289 chevalier, 
      seigneur d’Ingelmunster


                   
                            de Ghistelles
         « de gueules à un chevron d’hermines »

       fils de Jean II de Ghistelles , seigneur de Ghistelles et Formeselle né
       vers 1250 + 9/8/1281
       et de Isabeau de la Woestine + après 1308
       dont :

    - Jean IV de  Ghistelles + 1346 à Crécy
       x Maria de Haveskerque 
           fille de Pierre de Haveskerque
           et de Marie de Straeten
      xx Marie de Luxembourg + 1337
            fille de Walram de Luxembourg, comte
            et de Jeanne de Beauvoir née en 1250 
            dont deux enfants :
      xxx Yolande de Borles

« Gérars de Luxembourgh sire de Durbuy et Mehaus, sa feme, dame de cel meismes liu, faisons savoir  ke comme ensi soit ke nous païens ahieretée no chière fille Margherite pour le mariage kele fait avoce mon seingneur Jehan de Ghistel, seingneur de Ghistele, de Formeseles et de La Wastine….

Stirum Limbourg 1868
 

8 Marie de Durbuy dite Marie de Bouchout née vers 1266                                               
   x Jean de Trazegines  - son ancêtre, Othon II de Trazegnies,  participe à la 3ème  croisade -

                            
                                          
                                               De Trazegnies
              «  bandé d’or et de gueules à la bordure engrêlée de gueules »

 

                    C’est Othon VII  de Trazegnies qui ajoutera le lion en 1374

                « bandé d’or et d’azur de 6 pièces à une ombre de lion brochant sur             
                                     le tout, à la bordure engrelée de gueules »

           dont : - Marie de Trazegnies

             Et, sans garantie aucune, mais suggéré par un auteur de la région…..


9 Gérard de Durbuy alias Gérard de Luxembourg attesté vivant à Chéoux en    
   1304 et 1309 - à cette date, Gérard de Luxembourg est bien décédé au vu du
    partage de son héritage -
    né à partir de 1244, il aurait pu participer à la guerre de la Vache, 1265-1278, en    
    tant que seigneur de Chéoux….probablement  fils naturel - Gérard de
    Luxembourg se marant à 30 ans -
    Peut- être d’autres enfants naturels encore inconnus à ce jour …..

Et si on laissait parler les blasons : Comparaison.

L’évenualité d’un fils naturel qui hérite d’une partie de Chéoux, - mais je pense aussi à Poilvache qui fut un temps dans l’escarcelle de Catherine,  sœur de Gérard de Luxembourg - probablement possession de Gérard de Luxembourg alias Durbuy, est plausible, non seulement à la lecture des documents ci-dessous, mais aussi par les blasons.

 

                                                                             

Blason original Chéoux                                                        Wassemberg blason d’origine
« Coupé, en chef, d’or à 3 quintefeuilles mal                       « d’or, à 3 quintefeuilles de gueules »
   ordonnées de gueules, et en pointe, d’argent,                
   au lion léopardé ( ?) de sable, colleté de gueules.

 

 


                                                                         

Blason des comtes de Limbourg                                               Blason de Gueldre - Wassemberg.
« d’argent au lion de gueules, la queue                « d’azur au lion couronné d’or armé la queue fourchue, armé et couronné d’or »                                           et lampassé de gueules »

 

                                                                                                                     
                                                                                                                                       

        Gueldre Luxembourg                                  Gérard de Luxembourg -Durbuy
                                                                            « burelé d’argent et d’azur, au lion de             
                                                                               gueules brochant, couronné d’or au  
                                                                               lambel de même »

 

On pourrait dire que Gérard de Durbuy, fils naturel, a choisi le blason de son arrière - arrière-grand-père Waléran I er de Limbourg, associé à celui de son arrière – arrière-grand-mère Judith de Gueldre-Wassemberg, sinon, les grands parents maternels, Henri l’Aveugle comte de Luxembourg et Agnès de Gueldre - Wassemberg !
Suivre Limbourg et Wassemberg.

Sur un ancien document dont on se base pour reconstituer la généalogie des Chéoux, on trouve : 

Indications tirées de Lefort et complétées par les régistres paroissiaux de Rendeux St Lambert

«  En 1304 vivait à Chéoux Gérard comte de Luxembourg et en 1309 résidait aussi à Chéoux Gérard comte de Durbuy  »
Ajouté en note en bas de page : Il n’a pu être établi que ces deux comtes étaient parmi les ancêtres des seigneurs de Chéoux…….

(mais les deux personnages cités étaient une seule et même personne…et on sait que Gérard de Durbuy résidant bien en son château de Durbuy, mais qu‘il avait des biens à Chéoux….. comme d’ailleurs des biens situés à Durbuy étaient dans l’escarcelle de la famille de Chéoux.

** Dans son livre sur l’histoire locale de Chéoux, Jean Collet précise que "Melchior de Chéoux serait un lointain descendant de Gérard de Durbuy qui avait des biens à Chéoux……. "

Férot était le siège d’un vicomté, géré par un seigneur qui devait rendre des comptes au comte de Luxembourg. Il était de coutume, à cette époque, pour le possesseur d‘un comté et qui avait de grand fiefs à gérer, d’y asseoir l’un de ses bâtards préférablement à un gendre ou un étranger. On pourrait donc penser que ce Gérard de Durbuy, enfant naturel désigné sous ce vocable, occupait bien ce poste de gestion d’autant que l’on retrouve  la famille de Chéoux en possession de biens à Durbuy et portant le titre de vicomtes de Férot, titre que Bernard de Chéoux transmettra d’ailleurs à l’une de ses filles et ce titre passera dans l’escarcelle de la famille de Guillaume de My.

Notons aussi, et c’est important, que les Chéoux refusaient de comparaître devant la haute cour de Marcour dont dépendait leur seigneurie, en invoquant leur noblesse qui appelait l’intervention exclusive de la Cour de Luxembourg.

On sait qu’il y avait des fondées à Férot en 1380 déjà, et, cent ans plus tard, Jehan le Marchan et Lambert de Lardenois s’occuperont de ces forges, étant proches collaborateurs, si pas de cousinage, avec le seigneur de Durbuy, à ce moment, Evrard de la Marck qui prendra l’engagère sur la terre de Durbuy en 1471.
Au nouveau fourneau, en 1527, nous trouverons Thomas le Bâstard (de Lardenois),  fils de Lambert su-nommé, dont la fille épousera Henri de Harre, seigneur engagiste pour cette même forge et dont la propre fille épousera Thiry Bernard de Chéoux, fils de Bernard de Chéoux qui céda le vicomté à Guillaume de My !

La possibilité que les gendres de Gérard de Durbuy, qui semble, en première lecture, n’avoir eu que des filles, puissent être issus ou engendreraient un Chéoux est exclue du simple fait que ces Chéoux sont déjà cités, au plus tôt, en 1275. On sait que Bernard de Chéoux hérite de biens sur Chéoux, Durbuy et même Laroche, ce qui n’est pas le cas pour les gendres de Gérard de Durbuy, aucun n’est cité comme seigneur ou possesseur de ces lieux……
 
Gérard de Luxembourg, comte de Durbuy est cadet de famille, son frère Henri V le Blond est comte de Luxembourg, et quand on sait que Durbuy est la plus petite ville de Belgique ……. à moins de retrouver toutes les possessions de Gérard de Durbuy, ou son testament. On voit également qu’il avait à cœur de marier ses filles avec les seigneurs du cru… pour étendre son pouvoir ?
Nous verrons plus loin ce qu’en disent nos chroniqueurs.

Les gendres de Gérard de Durbuy vont se disputer l’héritage. Gérard de Grandpré, son petit-fils, fils de Henri de Grandpré et de Isabelle de Durbuy, renoncera à ses prétentions sur la succession  moyennant 100 livres de terre petits tournois, assignés sur le moulin d’Aumas, la terre de Roussy avec son château, châtellenie et toutes les dépendances que Henri VI, fils bâtard de Henry le Blondel déjà décédé, lui abandonne en 1304.
Les seigneurs de Grandpré peuvent être prétentieux, ils ont raté de peu l’héritage fabuleux du duché de Luxembourg, Henri II de Grandpré, leur ancêtre, avait épousé Lutgarde de Luxembourg, sœur de Conrad II de Luxembourg décédé sans hoirs……

Gérard V de Blankenheim époux de Ermengarde, fille aînée de Gérard de Durbuy, va, lui aussi réclamer, en 1306, une part de la succession puis renoncer moyennant 100 livres de terre petits tournois et 2.000 livres de monnaie.

Gérard de Durbuy, en tant que second fils de Waléran de Limbourg et de Ermesinde de Luxembourg n’était pas destiné à avoir de grands biens  ni de nombreux fiefs. Ermesinde veillait à ne pas morceler son territoire et dans ce but associa très tôt son fils aîné Henri, comte de Luxembourg, dit le Blondel à la gestion du patrimoine familial.

Gérard reçoit donc le fief de Durbuy, dit-on,  et sa sœur Catherine les terres de Poilvache et Marville. Curieusement, en 1243, c’est encore Henri le Blondel qui gère les terres de Durbuy et qui portait le titre de seigneur de Durbuy.
Il semble que les deux frères en faisaient voir de toutes les couleurs aux moines de  l’abbaye de Stavelot-Malmédy  au point que le légat pontifical Hugues de Sainte Sabine dû intervenir.

Le 23/6/1247 Henri cède à Gérard les terres et châtellenie de Durbuy avec juridiction sur tous les hommes qui s‘y trouvent, ainsi que ceux qui demeurent sur les terres de l’abbaye situées de Durbuy à Havelange, puis Liège, en passant par Huy, bref, tout le long de la Meuse. Henri lui donnera également les terres de Villance et de Famenne, de Dalheim et de Filsdorf. En contrepartie, Gérard renonce à toutes prétentions quand aux héritages paternels et maternels et devient seigneur de Durbuy.

On trouve Gérard de Durbuy fort occupé de politique, tant extérieure à son comté de Durbuy, - mais quoiqu’on dise, Durbuy n‘était pas un comté- qu’intérieure. On le retrouve très souvent aux côtés de son frère, en tant que témoin, arbitre ou garant. C’est sans doute pour cette raison qu’il sera toujours désigné comme Gérard de Luxembourg préférablement à Gérard de Durbuy. Il semble que le seul désaccord des deux frères l’ait été au sujet du marquisat de Namur, échut à Guy de Dampierre. Henri règle ce différent par le biais de liens matrimoniaux que Gérard n’approuve pas, car il doit renoncer (le 29/5/1265) définitivement à ses prétentions sur le Namurois.
C’est en 1270 que Gérard va se trouver impliqué, cette fois, dans la fameuse « guerre de la vache » qui l’oppose, lui, son frère et le comte de Flandre, à Jean d’Enghien, évêque de Liège.

Ses états vont se trouver souvent envahis par l’armée liégeoise de l’évêque, Henri le Blondel le vengera en brûlant une partie de Ciney. Le roi de France va devoir intervenir pour calmer les esprits.
D’après Wampach dans son histoire du Luxembourg, la guerre dite de la vache a bien existé mais aucune vache n’est à l’origine du conflit. Il s’agissait seulement de contestations territoriales entre Jean de Beaufort  vassal de l’évêque, qui inféode sa terre et son château  au comte de Namur  (lequel sera soutenu dans sa défense par le comte de Flandre) ce qui n’est pas du goût de l’évêque, décidément bien batailleur, qui relance alors l’offensive.
Il est probable*, sinon certain, qu’une vache fut volée, et le voleur pendu hors de sa juridiction, mais cela ne fut pas la cause première de la bagarre.
* J’ai lu le compte rendu de cette guerre de la vache aux archives de Bruxelles, section Manuscrits, transcrite par un moine de l’abbaye de Dinant….

Gérard interviendra à nouveau dans un conflit qui mettra face à face, cette fois, l’archevêque de Cologne, Siegfried de Westerburg  et le duc de Limbourg, et peu après il interviendra encore  dans la guerre de succession du Limbourg……il est lui-même sur la liste des héritiers potentiels. Cinq ans d’hostilités avec, d’un côté le duc de Brabant et ses alliés, et de l’autre, l’archevêque de Cologne ! La très fameuse bataille de Woeringen marquera la fin de la tranche d’histoire du Limbourg puisqu’il sera rattaché au Brabant. Gérard qui, en tant qu’héritier, occupait une place non négligeable dans cette course, abandonne ses prétentions et se range du côté de Jean Ier duc de Brabant (Mathilde, sa femme, était apparentée au duc de Brabant…)  d’autant que ce dernier promet, le 20/10/1283, à Gérard de Durbuy, un revenu annuel de 300 livrées de terre, et le 24/1/1285 ce dernier renonce au Limbourg et transporte ses droits à Henri de Hesse, au nom du duc de Brabant. En échange il recevra Mélin près de Jodoigne, avec tous les biens et juridictions y afférant.
Henri de Luxembourg dit le Blondel part en Syrie en 1270, il sera de retour le 27/6/1271.… Il n’est pas écrit que Gérard de Durbuy l’accompage…..

Par contre, il est certain qu’il participe à la croisade d’Aragon de 1285 puisque nous avons deux documents qui l’attestent.
Aucune trace de sa présence à l’expédition vers l’Aragon en 1276, laquelle campagne  fut un fiasco, ni à Bordeaux, lors du Jugement de Dieu en 1283, mais cela ne veut pas dire qu’il n’y était pas.

« Il est, en effet, très difficile de retrouver les participants de ces batailles à cause de l’époque et de l’éloignement, peu de chroniqueurs ont  envie d’ entreprendre un tel voyage, et, d’autre part, les chroniqueurs qui sont sur place ne font pas la différence entre Flamands, Allemands, Hesbignons, Brabançons, pour eux, Jean Ier duc de Brabant n’est qu’un petit seigneur local par rapport aux forces en place, roi d’Angleterre, roi de France, roi de Castille, roi d’Aragon et papauté »
Informations de Sergio Boffa.

Donc, quelque temps plus tard, Gérard de Durbuy accompagne Jean Ier duc de Brabant dans un voyage en Aragon (voir récit général de cette chevauchée) moyennant 1166 livres, 13 sous, 4 deniers tournois, ce qui représente une avance sur le total des 3.500 livres promis. Il s’engage à accompagner le roi Philippe III de France sous la bannière de Jean de Brabant, accompagné de quatre seigneurs de ses états.
Il est peu probable qu’un Chéoux l’accompagne, étant donné que ces derniers ne sont pas sur sa juridiction mais dépendent des seigneurs de Laroche, mais pas exclu non plus.
En fait, les expéditions ibériques durèrent de 1276 à 1285. La première tentative, de juillet à novembre 1276, avorta, parce que mal préparée. En effet, l’armée manque rapidement de vivres et se replie sans livrer bataille.
La deuxième expédition finira bien mal également, (voir ce récit) le duc de Brabant échappera de peu à la mort, étant atteint, comme la plupart des hommes, du mal qui décime les survivants


 

Entre ces deux expéditions,  le 1er juin 1283, eut lieu le jugement de Dieu de Bordeaux. Pierre III d’Aragon s’empare du pouvoir en Sicile. Philippe III réagit directement et envoie un contingent sous les ordres de Pierre d’Alençon et Robert d’Artois pour régler la situation et empêcher cette main mise aragonaise. Toutefois, et pour éviter une tuerie générale, il est décidé que seuls cent  chevaliers de part et d’autre combattront, la Sicile reviendra au parti vainqueur. Outre des chevaliers Français, on trouve trois hesbignons et un brabançon, le duc de Brabant sera présent également, accompagné de dix de ses hommes.

Tous se retrouvent donc à Bordeaux. Ces hommes étaient de grande renommée et semblaient des géants, ils étaient choisis pour leur force. Ce sont : Guillaume Maclair de Hemricourt, le sire de Haneffe, Wautier de Momale, Franck le bastard de Wezemael, fils d’Arnould II de Wezemael, châtelain de Namur. Nul doute qu’ils étaient eux-mêmes accompagnés d’écuyers et de serveurs divers.

Mais Pierre III refusa la bataille et s’en retourna sans coup férir en Aragon.

Jean Ier du Brabant augmente encore les biens qu’il cède à Gérard, 200 livres de Louvain à prélever sur la recette de Tirlemont et le 5/6/1288 il sera sur le champs de bataille de Woeringen, bataille capitale pour le duché de Brabant qui prend ainsi possession du duché de Limbourg.
Cette bataille sera longuement contée par Jean Van Heelu, chevalier teutonique, commandeur de la commanderie de Bekkevoort et témoin oculaire qui en écrira la chronique à la demande du duc de Brabant.
Les auteurs pensent que Gérard de Durbuy n’y était pas présent, puisqu’il  avait lui-même des droits sur cette succession Limbourgeoise, mais il n’était pas l’ennemi du duc de Brabant, au contraire il semble qu’ils s’entendaient fort bien …….

Si Gérard de Durbuy s’active à l’extérieur de Durbuy, il suit un politique de gérance intérieure assez chaotique.  Sous prétexte de sauvegarde et protection de bois et terres appartenant aux abbayes de la région, il cause de nombreux dommages dans ces bois et tente de se les approprier. Des experts sont désignés, il est dans son tort mais il s’approprie les bois, fermes et autres biens appartenant au monastère du Val Saint Lambert. Liège et Cologne tentent d’intervenir et l’affaire arrive finalement entre les mains du pape Nicolas IV ! Une bulle du 15/5/1292 désignera des juges afin de régler le conflit, ils attendent Gérard à Reims. C’est seulement quatre ans plus tard que cette affaire se règlera. Gérard de Durbuy reconnaît ses torts et, bon prince, donnera ces biens à l’abbaye…

Comme si cela  coulait de source, Gérard de Durbuy aura aussi des démêlés avec l’évêque de Liège, Jean IV de Dampierre, touchant cette fois le village de Paille, que l’évêque a acheté à Gérard, mais celui-ci ne le lui cède toujours pas. Une bataille aura même lieu vers 1280 à Mont Saint Rahy. Jean Ier de Brabant devra intervenir, Gérard cèdera finalement le village, mais il en coûtera 800 livres tournois de plus à l’évêque.

Gérard de Durbuy, quoique ayant cédé la dîme de Borlon au chapitre de la collégiale de Liège, était plutôt contre le clergé en général puisqu’on le voit réussir à prendre possession d’une partie des bois de Villers appartenant  cette fois à l’abbaye de Nivelles.

Il est vrai que la seigneurie de Durbuy, comme bien d’autres sans doute, était entourée de seigneuries foncières, que le seigneur le plus puissant, ici Gérard de Durbuy, essayait de rassembler sous sa férule. Il semble que Gérard y soit parvenu puisque Durbuy, tout en étant la plus petite ville d’Europe, fut très tôt affranchie, connue sous le vocable de « Terre de Durbuy » et que les expansions anciennes représentent pratiquement son territoire actuel.

Gérard de Durbuy se préoccupe également de ses sujets, il affranchit la ville de Nassogne le 29 janvier 1275, (c’est donc que Durbuy l’était déjà à cette date) y supprime certaines corvées et redevances … en fait, assez curieusement, il y instaure des coutumes assez semblables à celles qui avaient été créées en Bigorre en 1097.

En plus de s’occuper du bien être des localités dépendant de sa seigneurie, Gérard de Durbuy  se montrait, parait-il, généreux envers les seigneurs de ses terres qui lui rendaient hommage, tels, Jacques d’Orchimont, Gérard d’Hollenfels, Robert d’Usdange, Simon de Kayl, Guillaume de Mortagne.
Nous avons vu que Chéoux-Rendeux ne fait pas partie de ces terres…..

Outre ses mains mises sur des biens du clergé, Gérard de Durbuy acquiert légalement des biens à Ocquier, Jenneret, Arras, Bande, Oneux et probablement bien d’autres. Il  échangera Villance et Transinne contre mille livrées de terres situées dans le Hainaut avec  Jean de Hainaut.

Et voilà qu’il décide de frapper monnaie. Si sa terre était une terre franche, il en avait parfaitement le droit, néanmoins il accepte, le 12/11/1298 d’interrompre ce trafic et même de retirer les pièces en circulation.
Gérard de Durbuy est, dit-on, décédé avant l’année 1304 car c’est à ce moment que l’on voit s’élever les premiers conflits autour de son héritage, qui devait quand même être important.
Alors, qui est Gérard de Durbuy cité en 1309 ? Erreur d’un premier auteur retransmise d’écrit en écrit ?

Nous ignorons toujours, à ce stade, si Gérard de Durbuy avait un fils, si celui-ci l’accompagnait lors de ses expéditions en Aragon et s’installa là bas pour donner naissance à une branche Chéoux dont les descendants portent encore le nom à ce jour, mais il semble que le petit village de Chéous dans les Pyrénées existait déjà, attesté en 1256 grâce à un écrit d’abbaye, dès lors l’hypothèse d’un Chéoux fils naturel de Gérard de Durbuy, transfuge de surcroît, s’écroule bel et bien.

*Résumé sur Gérard de Durbuy au départ de l’article de Nicolas Contor dans le Bulletin Trimestriel de « La Terre de Durbuy » d’après des faits relatés par Wampach, A. De Leuze, Jean Ninane, F. Pirotte, Vannérus.

Augmenté, quant aux campagnes vers l’Aragon, de notes d’après l’article de Sergio Boffa, sur les « Soutiens militaires de Jean Ier duc de Brabant à Philippe III roi de France durant les expéditions ibériques de 1276 et 1285 »

Et quelques livres vus aux archives de la Bibliothèque Nationale de Bruxelles.