LES PREMIERS SEIGNEURS D'AUMONT

Les Aumont étaient seigneurs de:
 

Département de l'Oise, arrondissement de Beauvais(premiers biens...)

- Aumont - Méru - Berthecourt, près Noailles - Lardières - Corbeil-le-Cerf - La Neuville d'Aumont - Cramoisy, près Creil - Guiscard - St Amand - etc....

Département de l'Aube - arrondissement de Troie.

- Isle Aumont - Clerey - Chappes, près Bar/Seine - Saint Thibault - St Jean-de-Bonneval - Les loges Margueron près Chaource - Saint Aventin, près Verrières - Renault - Polisy -Virloupprès Bordes Aumont - Villemoyenne - etc....

Département de l'Aisne 

Villequier, (Villequier Aumont) - Coeuvres, (Coeuvres et Valsery) près Soissons - Parfondeval - Abbécourt, près Chauny - Viry Noureuil, idem- Ognes, idem - Marest (Marest-Dampcourt)etc.

Département des Yvelines

Neauphle-le-Chastel (Neaufles) près Gisors

Département du Val d'Oise

Chars, Pontoise

Département de Seine et Marne 

Conches près Lagny sur Marne - etc.....

Département de Indre et Loire

.........

Département de Vienne

Thuré près Chatellerault - Clairvaux - Aubigny - Faye - etc......

Département de Creuse

Dun-le-Palestel près Guéret ( Dun le Palleteau, Haute Marche ? )

Département de l'Indre

Cors près Oulches - Châteauroux - La Châtre - Neuvy-St-Sépulcre - La-Tour-Breuillebault près Thévet-St-Julien - etc......

Département du Cher

Châtelet - Forest-Grailly près St Amand-Montrond - Baugy- Montfaucon, (Villequier) - Etrechy près Sancergues - etc...........

Département de Saône et Loire

Joncy près Guiche - 

Département de Côte d'Or

Nolay près Baune - Rochebaron - Estrabonne - Piennes - Moncy-le-Perreux - Courcelles - Rémangis - Montagu - Moulinot - Thury - Crèvecoeur - Vannes - Villars - Bézé-Joussy - Rochetaillée
 

Bref, on les retrouve en Ile de France, Picardie, Champagne, Bourgogne, Normandie, Touraine, Poitou, Marche et Berry.
 

Romefort appartenant à Jacques d'Aumont (1595)

Titres:

Pairs de France héréditaires

Ducs-pairs héréditaires

Ducs d'Aumont  - de Villequier - de Mazarin - de Piennes - d'Humières - de La Meilleraye - de Mayenne.

Marquis de Nolay - de Clairvaux - d'Isles - de Villequier - de Genlis - de Coeuvres.

Comtes de Châteauroux

Vicomtes de Guerche 

Barons d'Estrabonne, de Chars et de Chappes

Armes de la famille principale, ducs d'Aumont:
 

« d'argent au chevron de gueules accompagné de sept merlettes, quatre en chef et trois en pointe, mal ordonnnées 1 et 2 » 
 

Supports: Deux griffons portant au col une médaille chargée d'une merlette. 

Cimier: Trois casques posés de face, surmontés chacun d'un griffon naissant et d'une couronne de gouverneur de province.

Couronne: de duc

Manteau: de duc et pair

Devise: Uni militat astro 
 
 

Une vieille chronique du Hainaut, les antiquités de la ville de Mons et autres villages de Flandre, l'historique de Cambrai et les archives d'Anchain, nous apprennent que: 


 

".....Malgaire (cité parfois Madelgaire ou Amalgaire) sire ou seigneur d'Aumont, épouse Waudru, (citée aussi Waudrude) comtesse de Hainaut et que dans la terre d'Aumont, au pays de Hainaut, il fonda une abbaye de son nom même." 

Ces données sont également relatées par La Chenaye-Desbois....
 

Il s'agit, bien sûr, de l'abbaye d'Hautmont et il est dit:

 

" En 643, Madelgaire, né en 610 à Strepy-Binche près de Mons, entreprend de faire bâtir un monastère, Altus Mons..."
 

« Malgaire, comte du Hainaut » 
 

Certains auteurs précisent que la maison d'Aumont en Picardie tirait son nom d'une terre sise à trois lieues de Beauvais.

La Neuville d'Aumont prétend avoir donné son nom aux ducs d'Aumont et l'important serait donc de savoir si la Neuville n'existait pas en priorité, Aumont aurait donc été rajouté lors de l'implantation de ces seigneurs en ces lieux. Les historiens parlent d'une formidable forteresse dont il subsisterait des caves, des puits comblés et des traces de fossés. 
 

Parallèlement aux Aumont cités dans ce chapitre, se développe une autre famille dite Osmont, dont nous trouverons l'un des premiers cités en 1066 à la bataille d Hasting, dit neveu de Guillaume le Conquérant dit le Bâtard, duc de Normandie puis roi d'Angleterre.
 

« Les premiers seigneurs Osmont » 
 

1098 

Nous trouvons le premier seigneur d'Aumont, Philippe, "dont il est parlé très honorablement", parmi les chevaliers admis au tournoi d' Anchin. Ce qu'il faut savoir, c'est que tous les chevaliers admis à ce tournoi devaient prouver seize quartiers de noblesse, huit du côté du père et autant du côté de la mère, et que tous ceux qui ont participé à ce tournoi se sont croisés........ 
 

II N. d'Aumont, inconnu
 

III  1150 

Nicolas d'Aumont, alias Osmond, seigneur d'Aumont, demanda à Foulques, abbé de St Jean d'Amiens, douze religieux de l'Ordre des Prémontrés, sous la conduite du prieur promu abbé, pour venir s'établir en l'Abbaye de Ressons qu'il venait de fonder dans le Vexin. Il lui demanda aussi quelques religieuses pour son monastère d'Osmont, lire d'Aumont.

Epouse inconnue. Père probable de Jean d'Aumont, qui suit.
 

IV  1191 Philippe d'Aumont, mentionné dans la charte d'Acre à cette date. Il semble donc qu'il participa au siège de St Jean d'Acre, 3ème croisade. Il pourrait également être le père de Jean d'Aumont....
 

1202  

Nous trouvons Jean, sire d'Aumont, lequel participe en 1202 à la quatrième croisade, aux côtés de Thibaut de Champagne et de Baudouin IX de Flandre, ce dernier étant aussi Baudouin VI de Hainaut, et à ce titre, probablement apparenté à notre sire d'Aumont.

Jean Ier d'Aumont qui suit, probablement son fils, marquera le début de la lignée par l'appellation : Jean d'Aumont, Ier du nom.


 

JEAN Ier D’AUMONT


 

VI

 

Jean I er d’Aumont, né vers 1220, premier du nom, chevalier, sire d’Aumont, de la Neuville d’Aumont, du Mesnil et autres lieux, fit,  conjointement avec Mabille son épouse, plusieurs donations à l’abbaye de Ressons en Vexin, fondée par Nicolas d’Aumont, et, au mois d’avril de l’an 1248, confirma avec elle les bienfaits que son père et son aïeul y avaient faits.

Il participe à la 7ème croisade en 1248 sous St Louis. Ses armes figurent à la salle des Croisades au palais de Versailles

Ils eurent, entre autres enfants:

- Jean II d'Aumont, qui suit

 


JEAN  II  D’AUMONT 


VII

Né vers 1250, décédé en 1300 et inhumé à l’abbaye de Ressons ou l‘épitaphe gravée sur sa pierre tombale (sur laquelle il est représenté aux côtés de son épouse et vêtu en habits de guerre) ne le qualifiait que d’écuyer.

Chevalier, sire d’Aumont et de Parfondeval, il donna en septembre1281, du consentementd’Isabelle, sa femme, à l’abbaye de St Germer, deux muids de blé de rentes à prendre sur les grains de sa terre de Parfondeval.

On peut penser qu’il se remaria avec Agnès, également décédée en 1300, et inhumée auprès de lui.

Ses armes étaient:

« de gueules au chef échiqueté d’argent et de gueules de trois traits  »

Il eut, entre autres enfants: 

Jean III d'Aumont, qui suit

Renault  d'Aumont, verdier de la forêt de Vaslogne en 1325 et 1328 ainsi que celle de Carnelles au bailliage de Senlis en 1330. Sergent d'armes du roi, il donnait le 2/7/1340, quittance d’un emprunt sur ses gages pour son service de guerre «  ès champ lès l’Escluse  » en Artois, scellée de son sceau :

«  le chevron chargé d'une étoile  » 

Il vivait encore en 1347.

Charles d’Aumont, dit Monseigneur d’Aumont, qui prend part à la guerre des Flandres, compagnon du chevalier Guy, sieur du Néry.

Peut-être dans les Ordres. 

-Pierre d'Aumont, non cité par les généalogistes, car s'exile en Écosse après 1314. Il faut bien en parler de ce Pierre, d'autant qu'il fit partie d'un Ordre de chevalerie qui défraya les chroniques et dont on parle encore à ce jour.

Ouvrons donc une parenthèse.

En 1314, Jacques de Molay, le dernier grand maître des Templiers fut condamné au bûcher et l'Ordre du Temple dissous. En ces années là, Pierre d'Aumont était grand maître d'Auvergne.

L'Ordre des Templiers fut supprimé brusquement à cause de sa puissance d'une part et d'autre part parce que le roi de France, Philippe le Bel voulait s'approprier ses trésors. Les Frères qui ne furent pas arrêtés, emprisonnés, cherchèrent refuge dans les pays qui refusèrent de les extrader ou condamner, comme le Portugal et l'Écosse. C'est de ce côté que Pierre d'Aumont s'enfuit, déguisé en maçon et, dira l'Histoire, aida le roi Robert Bruce dans sa lutte contre les Anglais.

"Le siège magistral fut confié à Aumont, alors qu'il était déjà en Écosse, sur l’île de Mull, succédant à Beaujeu, neveu de Molay."

Mais un autre récit nous informe :

" Après la catastrophe (agression de l'Ordre) le grand maître de la province d'Auvergne, Pierre d'Aumont, s'enfuit avec deux commandeurs et cinq chevaliers. Pour n'être point reconnus, ils se déguisèrent en ouvriers maçons et se réfugièrent dans une île écossaise, où ils trouvèrent d'autres Templiers et décidèrent de continuer l'Ordre..."
 

Enfin, troisième variante:

" Le lendemain de l'exécution de Jacques de Molay, le chevalier Aumont et sept Templiers, déguisés en maçons, vinrent recueillir les cendres du bûcher "

Les différents auteurs racontent à leur manière et selon leur philosophie, cet évènement de la chute des Templiers et donnent également les noms successifs des grands maîtres, ainsi nous retrouveront Aumont II, III et IV....

Pour le sérieux de notre saga familiale, nous n'en retiendrons qu'un, Pierre d'Aumont vers 1314, le seul qui puisse être plausible, car si les francs-maçons s'en réfèrent pour la continuation de leur Ordre depuis les Templiers et se veulent leurs successeurs - et c'est vrai que la maçonnerie émergea d'Écosse - même si leurs prétentions sont quelque peu nébuleuses, la saga de ce Pierre d'Aumont est, elle, véritable, puisqu'il paraît aux côtés du roi Bruce.
Nous verrons, avec les derniers Aumont, qu’il en sera reparlé par différents auteurs, car ceux-là aussi seront francs-maçons, et leur crédit sera d’autant plus grand que leur aïeul se trouvait mêlé malgré lui à cet Ordre résurgent.

 


JEAN   III   D’AUMONT 


IX

Jean d'Aumont, troisième du nom, chevalier, sire d'Aumont, de Parfondeval, de la Neuville d'Aumont et autres lieux, aussi cité Omont.

Né vers 1300, décédé en 1358.

Il fit à l’église de la Neuville d’Aumont une donation qui fut confirmée par le roi au mois de mars 1324, et en décembre de la même année, fut chargé avec André de Florence de porter en Allemagne une certaine somme de deniers à Dreux de Roye, chevalier.

L’année suivante, il obtient le quint denier pour quelques héritages sis au bailliage de Crécy en Brie, qu’il avait acquis de Raoul de St Martin, écuyer, et le samedi après la Madeleine de la même année, fut, en sa qualité d’huissier d’armes du roi, chargé de la garde de la reine Blanche de Bourgogne et de sa suite à Château Gaillard, puis au château de Gauray, en Cotentin. Il devait obtenir décharge pour toutes ses dépenses à ce titre par lettres du 14/8/1328.

En 1326 et en 1327, il obtient diverses gratifications en récompense de ses services et en 1328, pour l’indemniser des pertes et dommages causés par la bataille de Cassel.

Cette même année, il fit don de 80 livres à l’abbaye de Marcheroux, à charge que l’on dirait, sa vie durant, une messe toutes les semaines pour lui et les siens

« pour qu’il ne luy mesarriva ny au siens dans les grandes guerres qui menaçoient le royaulme »
En 1328, il participe à la bataille de Bouvines.
Il sera concierge du palais en 1329, huissier d'armes du roi en 1333. Un courrier échangé avec le roi  Philippe VI  parle d'une requête pour accroître le revenu de l'église de la Neuville d'Aumont.
Par un acte de 1330,  Philippe VI  donne à Jean d'Aumont une place vide sise au Grand Pont de Paris, à construire, pour servir de conciergerie.
(rég.JJ66,folio 336 No 816.)
Une rente de six muids de blé dont il jouissait sur la recette de Gonesse lui fut assignée, par lettres du 12 juin 1332, sur le minage de Senlis et le 24 juin 1333 il en donna quittance scellée de son sceau portant les armes de sa maison brisées d’un lambel.
Le 5 février 1333, il obtient l’amortissement d’une rente de 42 livres à lui due par les héritiers de Jacques de Françières et au mois d’août 1337, celui d’une rente qu’il donna à l’abbaye de la Neuville d’Aumont.
En 1334, Philippe VI amortit  "en faveur de l'hôpital fondé par Jean d'Aumont à Ste Geneviève, entre Beaumont en Oise, et Beauvais sur le chemin royal, un revenu de 10 livres que le-dit hôpital pourra acheter ou recevoir en don de Pierre d'Omont, écuyer..."
(rég.JJ66,folio 204 No 363)
En 1337, Philippe VI  à Jean d'Aumont, huissier, (il sera sergent d’armes du roi) « amortit en faveur du curé de la Neuville 40 sols de revenus que le-dit Jean d'Aumont  a acheté au profit du curé et ses successeurs, de Guillaume de Flavacourt,  chevalier et maître d'hôtel du roi »
(rég.JJ66,folio 24 No 30)

En 1337, Philippe VI vidimant ses lettres de février...

En 1339, à Paris, Philippe VI   "donne aux religieuses de Moncel-lez-Pont St Maxence, six muids de blé à la mesure de Paris à percevoir sur le minage de Senlis après le décès de son huissier d'armes d'Omont et de son fils Charlot  qui en jouissent leur vie..."

(rég.JJ66,folio 107 No 139)

Jean III  paraît à l'Ost de Tournai en 1339 sous la canne du Connétable d'Eu.

En 1340 à Vironfosse et Bouvines en la bataille du duc de Normandie avec quatre autres écuyers où il fut fait chevalier le 20 juin suivant.
(Selon nobiliaire du Père Anselme, tome IV page 871)
Il dût décéder quelque temps plus tard, comme l’indique une quittance, donnée par Charles d’Aumont,  et concernant un solde de gages  « dus à son défunt père pour son service de guerre en Hainaut et en Flandre »  le 2/8/1341.
Inhumé à Chars, ainsi que sa femme. Il aurait eut deux épouses, Jeanne Baillif et Agnès de Dreux, qui lui apporta très probablement en dot la terre de Méru, située non loin de sa propre terre la Neuville d'Aumont. Il faut reconnaître que son épouse fut bien choisie, en effet, la dynastie de Dreux débute avec Pierre Ier Mauclerc qui régna sur la Bretagne de 1213 à 1237, beau-frère d'Arthur Plantagenet, fils posthume de Geoffroy Plantagenet et de Constance, fille héritière de Conan IV. Geoffroy était le 4ème fils d'Henri II roi d'Angleterre.
Ils eurent, entre autres enfants:
 
1. Pierre Ier d'Aumont, qui suit.
 
2. Charles d'Aumont, filleul du roi, reçu en considération des services rendus par son père, donation de divers héritages vacants au mois de janvier 1325. Attaché à la suite du connétable d’Eu, il l’accompagne à Tournai en avril 1340, et le 2/8/1341 il donne quittance du solde de gages dû à son défunt père pour son service en Hainaut et en Flandre, le scellant de son sceau portant:
« Un écu au chevron accompagné de merlettes au lambel à cinq pendants,supporté par deux lions et soutenus par un homme sauvage »
Il était concierge au palais royal en 1343 et 1344.
3. Jean d'Aumont, écuyer, attaché à la personne du connétable d’Eu en 1340, il le suit à Tournai. Il sert dans la compagnie de messire Regnault le Vicomte,  capitaine de St Valéry, pour la garde de cette place en juin 1379.
Epouse inconnue, mais il fut le père d'au moins un fils: 
- Jean d'Aumont, écuyer de l'hôtel du roi, fut retenu pour accompagner Charles VI en voyage en Allemagne et fut reçu à Correnzich le 1er octobre 1388.
Complice de mauvais traitements infligés à un capitaine de gens d'armes de son cousin Hutin d'Aumont, il fut compris dans les lettres de rémission accordées à ce dernier pour ces faits.

 


PIERRE   Ier  D’AUMONT


IX

Né vers 1330, décédé le 10/4/1381, inhumé à l'abbaye de Ressons.

Sire d’Aumont, de Berthecourt, de la Neuville d’Aumont, de Lardières, de Corbeil-le-Cerf, Moncy-le-Pereux, de Clérey, de Courcelles, d’autres lieux et probablement Meru dont il sera parlé sous Pierre II. Chevalier, conseiller et chambellan du  roi Jean, puis de Charles V auquel il rendit de grands services. L’élévation de sa maison commença grâce aux signalés services qu’il rendit à ces souverains. Baron de Chars.

Dès 1347, il prend du service et est l’un des quatre chambellans du Dauphin, duc de Normandie.

Il fut envoyé auprès du roi, avec Robert de Saint Venant, le 31/7/1355. Il servit à l’ost de Breteuil sous ce prince avec deux chevaliers et huit écuyers du 5 mars 1355 au 12 octobre 1356.

Capitaine au château de Neaufles le 22/12/1359, avec vingt quatre écuyers et douze arbalétriers, lors des négociations entre le régent, fils de Jean le Bon, alors prisonnier à Londres, et Blanche de Navarre, seconde épouse de Philippe VI de Valois, sœur de Charles le Mauvais. Elle avait reçu dans son douaire, le château de Neaufles, en Vexin normand et y résidera entre 1364-1365 et 1398, date de sa mort.

Ses gages annuels seront de 5.000 écus. Le 2 août précédent, il donnait quittance de viretons et d’arbalètes pour la garde de ce château et la scella de son sceau portant:

«  un écu accompagné de sept merlettes, quatre en chef et trois en pointe, timbré d’un haume cimé d’un vol  »

Il participera au siège de Honfleur sous Louis d’Harcourt, vicomte de Châtellerault, lieutenant du roi en Normandie au mois de septembre 1357.

Pierre de Sacquenville II, seigneur de Sacquenville, maréchal de bataille de Charles le Mauvais participe à la bataille de Cocherel. Fait prisonnier, il aura la tête tranchée par ordre de Charles V.

Il avait épousé Jeanne de Dreux dont il avait deux filles, Isabeau et Marguerite. C'est peut-être la raison pour laquelle le roi Charles V donna, le 13/6/1363, les terres de Sacquenville et Berangeville à Pierre d'Aumont.....mais aussi, en reconnaissance de ses services et pour l’indemniser de ... «  plusieurs griefs et dommages qu’il avoit soufferts par les grandes et excessives rançons qu’il avoit payées pendant les guerres... »

Ces terres n’apparaîtront plus dans les successions connues...

Le 20/7/1364, étant commandant de dix hommes d’armes en garnison au château de Vernonet, il donna quittance de leurs gages et de même, le 26/3/1367, pour ceux des quatre autres hommes d’armes à lui accordés pour la garde de ses châteaux et forteresses. 

En 1365, nous avons mandement des gens des Comptes, du 24 mai, portant injonction aux vicomtes de Caen, Bayeux, Falaise et Vire,
«  de payer par chaque terme au-dit Osmont, chacun la somme de 25 Lt jusqu’au parfait payement de celle de mille frs que le roi, par ses lettres du 16 octobre 1364 lui a donnée pour lui aider à payer sa rançon  »
Il reçu une donation de 400 livres à l’occasion du mariage de son fils le 26/1/1367 et une autre de 300 livres l’année suivante.
Le 8 juin 1357, il avait rendu foi et hommage à l’abbé St Denis pour un fief sis à Chars, en Vexin, qu’il venait d’acquérir de Regnault de Thrye dit Billebaut, sauf l’usufruit de nobles hommes, messires Pierre d’Aumont, chevalier et Philippe d'Aumont, chanoine de Chartres, ses fils.

Le 5/1/1360, il acquit un bois assis entre Chars et Marines, fit un échange avec le seigneur de Groulay le 28/6/1364 et diverses acquisitions à Chars les 11/10/1363 et  6/1/1366. 

En 1371, Pierre d’Aumont fonde l’hôtel-dieu de Chars. Après son décès, cette donation sera confirmée et considérablement augmentée par son fils, Pierre d’Aumont dit Pierre le Hutin.

En 1376, on le retrouve exécuteur testamentaire de Guillaume de Melun, évêque de Sens. Décédé, nous l’avons vu, le 10/4/1381, et inhumé à l’abbaye de Ressons auprès de ses ancêtres, mais le roi Charles lui fit faire ensuite des obsèques en l’église des Célestins à Paris le 4/6/1386.

Pierre d’Aumont est cité parmi les seigneurs consultés par Charles V  le 28/12/1368.
Également cité dans le testament de Charles V, le mois d’octobre 1374 à Melun.Il épousera, avant 1343,  Jeanne du Deluge, fille de Jean du Deluge (Delouge) décédée le 12/9/1364, inhumée à l’abbaye de Ressons, qui fut gouvernante du roi Charles VI.
 
« Roland du Pertuis était en 1553. Le 10 janvier de l’an 1559, il obtint sur la production de plusieurs titres fort anciens, et entre autres d’un acte de dénombrement rendu en 1381 par Jeanne du Deluge, femme de Messire Pierre d’Aumont, chevalier, chambellan du roi etc...une sentence par laquelle le bailli du connétable de Montmorency en sa châtellenie de Méru le confirma dans le droit d’être appelé comme homme noble jugeant aux Assises de cette châtellenie préférablement à un Gui de Carruer....»

 
Elle reçut du roi Charles V  le 13/6/1369, don d’un hanap à pied couvert, en considération des bons services qu’elle rendait à son fils. De plus, elle eut 300 livres pour l’épervier ou lit du Dauphin qui lui appartenait de droit et qu’il voulut racheter. 

Au moins cinq enfants sont nés:

1. Pierre II d'Aumont, dit  le Hutin, qui suit.

2. Philippe d'Aumont, chevalier en 1364. 

Chanoine de l’église de Chartres en 1357, qualifié de Monseigneur et chevalier en 1364. 
Il servait à Mantes avec sept écuyers, sous le sire de Rayneval, le 12/11/134, et avec les mêmes hommes, sous Thibaut de Chantemesle, dans l’étendue des comtés de Mantes et de Meulan, du 19/12/1364 au 22 février suivant.
Le 30/4/1363, il donna une quittance relative à la rançon de son père, scellée de son sceau: 
 
« le chevron chargé d’une étoile au sommet et l’écu timbré d un heaume cimé de deux plumails et supporté par un aigle et un lévrier»
Il en donna une autre pour le même objet le 16/1/1365.

3. N. d'Aumont, épouse du seigneur de Sainte Claire.
4. N. d'Aumont, épouse du seigneur d'Aveny.

5. Péronnelle d'Aumont, épouse de Philippe de Mainbeville, veuve et vivante en 1390. 

6. Marguerite d’Aumont était, en 1340, abbesse du monastère de St Paul les Beauvais.

 


PIERRE   II   D’AUMONT  dit Le Hutin. (le querelleur)


X

Né vers 1350, décédé le 13 mars 1414, ayant testé le 6 mars 1413, inhumé à l'abbaye de Ressons, après avoir porté les armes pendant quarante ans. 

Chevalier, sire d'Aumont, seigneur de Cramoisy, Lardières, Méru et Chars en Oise, ainsi que de Neaufle le Chastel, la Neuville d’Aumont, Corbeil-le-Cerf, Moncy-le-Perreux et autres lieux.
D’abord connu comme le sire de Cramoisy, étant dès 1349 au service du duc de Normandie et guerroyant contre les Anglais.
Conseiller, puis chambellan du roi Charles VI, il reçu le 17/8/1359, don de 4.000 deniers d’or destinés à l’aider à payer sa rançon et à l’indemniser des pertes et dommages par lui subis.
Chevalier dès le 17/12/1365, il fut alors reçu avec son écuyer dans la compagnie d’hommes d’armes de Messire Thibaut de Chantemesle  pour accompagner le duc de Bourgogne. Par lettres du 25/3/1367, le roi Charles V lui assigna 40 francs or par mois tant qu’il servirait en guerre avec sa compagnie de vingt hommes d‘armes.
Le 22/7/1370, il donna quittance à Harfleur de ses gages pour son service dans l’armée de mer et le scella de son sceau portant: 
«  un écu au chevron chargé d’une étoile, timbré d un heaume cimé d’une tête de coq et supporté par une femme et un homme sauvages  »
Le 4 mai de l’année suivante, il délivra une nouvelle quittance pour ses guerres en pays de Caux et, dès lors, était premier chambellan de Monseigneur le Dauphin. Il servit ensuite en Normandie dans la compagnie du sire de la Rivière, premier chambellan du roi sous le gouvernement du duc de Bourgogne, avec ses six chevaliers et vingt trois écuyers, dont la montre fut reçue à Saint Lô le 22/5/1377. Les deux années suivantes, il servit tant en Guyenne sous le duc d'Anjou, qu’en Normandie contre le roi de Navarre et, par lettres du 30/4/1380, fut retenu avec cent hommes d’armes aux gages mensuels de 200 francs. Le 28/7/1381, le roi lui accorda, en considération des grands services qu’il lui avait rendus, une pension de 1.000 francs, qui fut assignée depuis sur le vicomté de Rouen.
 
Il servit également en Flandre en 1382, et le 22/11/1383, fut reçu à Amiens avec un chevalier et dix-neuf écuyers. Gratifié d’une somme de 2.000 francs le 30/10/1385, il donna quittance le 3/2/1386 et la scella de son sceau portant :
« un écu au chevron accompagné de sept merlettes timbré d’un heaume sommé d’une tête d’aigle dans un vol et supporté par deux aigles  » 
(l ‘étoile en brisure ayant disparu)
Le 14 septembre de la même année, il fut reçu à Amiens avec deux chevaliers et neuf écuyers pour l’expédition projetée en Angleterre. Nommé en qualité de chambellan du roi dans l’ordonnance de l’hôtel au mois de janvier 1388, il participa à l’expédition de Gueldre et fut investi du gouvernement de Pontoise. En mars 1391, il obtient des lettres de rémission pour des mauvais traitements infligés à un capitaine de gens d’armes coupable d’excès contre les religieux de Ressons. 

Comme son père, Pierre II d’Aumont s’occupera de l’hôtel-dieu de Chars: 

«  Messire Pierre d’Aumont  dit le Hutin, chevalier, chambellan du roi, par acte passé par-devant Richard de Vaily  et Guillaume le Greffe, notaires au Chastelet de Paris, le 29 mai 1394, a donné et aumosné pour fonder un hospital ou hôtel-dieu en la ville de Chars, pour héberger et vestier les pauvres mendiants et trépassants (voyageurs) les héritages ci-après déclarés, savoir.........  » 
Ce document comporte neuf feuillets.
Note: Il faut savoir que par une ordonnance de Hugues Capet  datant de 1033, quiconque voulait porter le titre de comte, vicomte, baron ou châtelain, devait avoir ville close, abbaye, prieuré, aumônerie ou léproserie.
Garde-oriflamme de France, poste pour lequel il reçoit, le 25 janvier 1405, 1.000frs or sur la recette de Rouen, puis porte-oriflamme, titre qu'il recevra de la main du roi à St Denis, le 6/5/1412. Il semble toutefois qu’il avait été nommé porte-oriflamme par le régent en 1397 déjà. En 1411, il fut l’un des conseillers du roi qui tentèrent la réconciliation des ducs d’Orléans et de Bourgogne et le 6 mai 1412.
La même année, il se trouva au siège de Bourges.
Depuis le 3/1/1398, garde et capitaine du château de Neaufles, aux gages de 300 livres. En 1388, il avait reçu du roi une libéralité de 2.000 livres, ce qui lui permit de construire un château-fort à Méru, terres qui lui venaient probablement de sa grand-mère, Agnès de Dreux. Ce château, ainsi que les terres y attenant passèrent à son fils, Jean IV, puis à Jacques, son petit-fils, puis à son arrière-petit-fils, Ferry, le puîné.
Ce dernier laissa à  Anne d'Aumont, sa fille aînée, en dot, tout le lot, à l'occasion de son mariage, en décembre 1522, avec le puissant seigneur de Fosseuse, le baron Claude de Montmorency, lequel la revendit en 1537, au connétable Anne de Montmorency.
Trois épouses lui sont attribuées:
A. Marguerite de Beauvais, dame de Rémangis, (terre dont il fit foi et hommage, au nom de son épouse en cette année 1367) fille de Colart, chastelain de Beauvais et de Marguerite de Roye.
Marguerite de Beauvais était sœur de Guillaume de Beauvais, grand queux de France en 1387. Ils n’eurent pas d’enfants, d’autant qu’elle mourut le 3/8/1368.
B. Jacqueline de Chastillon, dame de Cramoisy, épousée le 19/12 de la même année, fille de Jean de Chastillon, chevalier, seigneur de Châtillon sur Marne, souverain maître d'hôtel du roi, grand maître de France, et de Jeanne de Sancerre, sa troisième femme.
Cette seconde épouse décéda le 17/11/1390.
Comme enfants, il eurent:
1. Pierre d’Aumont III, seigneur de Cramoisy, conseiller et chambellan du roi, qui servit au siège de Bourges, dans l’armée royale, en 1412. 
En 1409 il sera porte-oriflamme du roi Charles, dignité réservée autrefois aux comtes du Vexin, plus tard, ce sont les connétables qui en auront l’office. Il donne de nouveaux biens à l’hospice de Chars et la mémoire de ce seigneur, de ses prédécesseurs et de ses descendants a été conservée par la mention faite de leurs bienfaits dans les archives de l’hospice de Chars
En premières noces, il épouse Claude de Grancei, fille de Robert, seigneur de Courcelles.
Plusieurs enfants probables, mais rien de confirmé hormis Marguerite qui suit :
a) Marguerite d'Aumont qui épouse le seigneur d'Aigremont. (probablement Renaud de Choiseul, chevalier, sire d’Aigremont, dont l’épouse est demeurée inconnue.)
b) N. d’Aumont, dame de Seans et Montreuil, peut-être fille du second mariage.
c) Pierre d Aumont chevalier, mourut prisonnier des anglais à Châteauneuf-en-Thinières en l’an 1425 et fut inhumé à l Abbaye de Ressons où se voyaient ses armes,  «  le chevron brisé de Châtillon et le chef chargé d’une merlette »
On ignore s’il fut marié et s’il eut une descendance.........
d) Philippe d Aumont, chevalier, dit le Chauve, qui trépassa devant la Crue en Arménie, accompagnant le roi de Chypre dans une expédition contre les Sarrazins, et dont l’épitaphe était à l’abbaye de Ressons aux côtés de celle de messire Pierre d’Aumont, son aîné.
Selon Don Villevieille, il serait décédé en 1471. 
Relevé chez d’Hozier: « Messire Hutin d’Aumont est cité dans l’Histoire particulière du Duc d’Anjou de l’Abbé Le Laboureur, 3/9/1381 »
En secondes noces il épouse Jeanne de Gavre, fille d'Arnould, baron d'Escornaix lequel fût élevé au titre par Louis de Male.
Pierre d'Aumont décède en 1420, sa veuve se  remarie la même année avec Victor de Flandre, fils naturel de Louis de Male, comte de Flandre, dont elle n'eut pas d'enfant.
Aucune certitude de descendance Aumont dans ce mariage. 
2. Jacques d'Aumont, chevalier, conseiller, chambellan du roi, qualifié d’écuyer d’honneur dans une ordonnance de l’hôtel du mois de janvier 1386. Il reçut du roi don d’une somme à prendre sur la régale de Beauvais, qui fut payée le 28/8/1395. Décédé à la bataille de Nicopolis en Hongrie le 25 septembre 1396, probablement sans descendance, car selon de nombreux auteurs, toute la noblesse française engagée dans cette bataille périt, mis à part quelques chefs libérés bien plus tard moyennant d’énormes rançons.

C. Jeanne de Mello, dame de Cléry, épousée le 0/8/1397, décédée le 3/8/1408, inhumée à Ressons.

Elle porta à la maison d'Aumont les terres de St Amand, Palisy, Germiny et Regnoust que son frère lui laissa en partage en 1380. Elle était fille de Guy de Mello, seigneur de Givry et d'Agnès, dame de Cléry et Chezelle. 

Ils acquirent de Pierre de Montagu, seigneur de Malain, et de Jeanne de Chappes, sa femme, la terre et la châtellenie de Chappes, mouvante en fief du bailliage d’Isle. Il obtint du  duc de Bourgogne, le 2/8/1397, en récompense des services rendus à ce prince et au roi, remise des droits de quint et requint dus en suite de cette acquisition. En 1404, il donna aveu et dénombrement de sa terre de Chars, qu’il reconnut tenir en fief de l’abbaye de St Denis. 
De cette troisième union naquirent encore:
3. Jean IV d'Aumont, qui suit.
4. Jeanne d'Aumont, qui épouse par contrat du 16/5/1419, Louis de Mello, chevalier, seigneur de St Prix, de Vitry le Croisé, fils de Jean de Mello,chevalier, chevalier de St Prix et de Marguerite de Lespinasse.
Dès le 28/7/1401, ses parents avaient transigé au sujet de son mariage avec Guillaume du Mello, seigneur d’Espoisses et de Givry.
5. Marie d'Aumont, dite de Bracle, qui épouse en 1421 Arnould de Gavre, chevalier, seigneur d'Escornaix, Dieudonné, Marcourt en Somme, Romagne et Fayet. Décédé en 1463, fils d'Arnaulddécédé le 1/5/1418, et d'Isabeau de Ghistelle. Elle décède la même année. 
Arnauldest l'un des onze enfants repris dans le testament des parents, ouvert le11/5/1416, lequel nous apprend que cette famille de Belgique est immensément riche.
Deux enfants:
a) Arnauld de Gavre, chevalier, seigneur d' Escornaix, de Dieudonné, de Marcourt en Somme, époux de Sébille de Ligne, dame d'Escornaix. Il décède en 1476, dont:
- Jacqueline de Gavre, qui eut pour époux  " le noble et puissant seigneur Jean de Luxembourg seigneur du dit-lieu" décédé au Portugal le 17/4/1486.
Décédée le 16/3/1503,  " douairière de Sotteghem",  sans enfants.
- Arnauld de Schorisse, ( Escornaix ) fils naturel.
b) Jeanne, dame de Bracle, qui épouse Simon de Lalaing, tous deux décédés en 1463. Simon était seigneur de Montigny, de Hantes et autres lieux. Chambellan du duc de Bourgogne, gouverneur de Beaumont, bailli d'Amiens, chevalier de l' Ordre de la Toison d' Or. 

6. Blanche d'Aumont, qui épouse à treize ans, Jacques Le Brun, chevalier, seigneur de Paloiseau.
Le 13/6/1415, il plaidait contre le sire d’Aumont et fut tué à la bataille d’Azincourt le 25 octobre de la même année.
En secondes noces elle épouse Gilles de Gamaches, chevalier, conseiller et chambellan du roi, cinquième fils de Guillaume de Gamaches, chevalier, seigneur de Gamaches et de Marie de Fécamps. Il fut tué à la bataille de Verneuil au mois d'août 1424. Ils eurent au moins un fils:
- Guillaume de Gamaches, chevalier, né vers 1425, qui épouse en 1449 Philiberte Foucault, dame de Sucy, dont:
Jean de Gamaches x Marguerite de St Quintin du Blet, dont:
Hippolyte de Gamaches x le 22/6/1511 Pierre de Loron.....(?)
En troisièmes noces, dès avant 1432, Blanche épouse Pierre du Fay,  chevalier, seigneur de Montechevreuil, dont elle était veuve en 1460.
7. Catherine d' Aumont, mariée au mois de juillet 1405 avec Jacques de Soyrecourt, seigneur de Sains, fils de Charles de Soyrecourt, chevalier, seigneur de Mouy, et  d’Isabeau de Chastillon, sa première femme.
Elle en était veuve le 23/3/1428, date à laquelle elle plaidait contre son beau-frère au sujet de sa dot.

 
8. Jeanne d Aumont, décédée en 1394, abbesse au monastère de St Paul lès Beauvais (fille de ?)
9. Colette d Aumont, décédée en 1405, également abbesse au monastère de St Paul les Beauvais. (fille de ?)

 


JEAN   IV   D' AUMONT  dit le Hutin.


XI

Né vers 1382, décédé le 25/10/1415 à la bataille d Azincourt.

Chevalier, seigneur d'Aumont, de Chappes, de Méru, de Cléry, Lardières, Neaufles le Chastel, de la Neuville d’Aumont, Corbeil-le-Cerf, Moncy-le-Perreux et autres lieux, baron de Chars.

Echanson du roi Charles VI, il servait en 1411 en qualité d’écuyer banneret, avec deux chevaliers et dix-sept écuyers et, l’année suivante, au siège de Bourges sous le duc de Bourgogne  « auquel il était attaché par les grands biens qu’il possédait dans cette province » avec neuf écuyers.
Il fit don à l’hospice de Chars de plusieurs terres et biens.
Le 2/5/1405, alors âgé de 20 ans, il avait épousé, par contrat du 23/5/1405, Yolande de Châteauvillain, seconde fille et héritière de Jean de Châteauvillain, IV ème du nom, sire de Thil et Marigny et de Jeanne de Grancei.
Restée veuve, Yolande se remarie avec Guy de Bar, chevalier, seigneur de Praelles, Mussy-la-Fosse et Chassy.
Ils eurent au moins cinq enfants:

1.Jacques d'Aumont, qui suit.

2.Hutin d’Aumont, mentionné en 1411, ainsi que son frère Jacques d'Aumont au testament de son aïeul Pierre d’Aumont.

3.Guillaume d'Aumont, qui participa activement à la guerre faite par son frère aîné en 1430 à René, roi de Sicile et de Naples, duc  d'Anjou, de Lorraine et de Bar, et fut compris dans les lettres d'abolition obtenues à ce propos par Jacques d’Aumont en janvier 1448.Devenu faible d’esprit et aliéné, il fut mis sous curatelle de son frère aîné par lettres patentes du 5/11/1461. Epouse et enfants inconnus.

4.Bonne d'Aumont, nommée dans plusieurs arrêts du Parlement de Paris, en 1436 puis en 1446 et enfin, en 1458.

5.Jeanne d’Aumont, dame de la Tour, testa le 29 mars 1440, laissant la moitié de ses biens à son frère Jacques d'Aumont.

 


JACQUES    D' AUMONT 


XII
 

Né vers 1407, chevalier, seigneur de Méru, Chappes, Cléry, de la Neuville d’Aumont, de Lardières, de Neaufle-le-Chastel, de Corbeil-le-Cerf, de Moncy-le-Perreux et autres lieux. Conseiller et chambellan de Philippe le Bon, duc de Bourgogne, duquel il reçu le gouvernement de Châtillon sur Seine. 

Les Aumont s’étaient ligués avec le duc de Bourgogne contre le roi de France. Étant barons de Chars, ils se reconnaissaient en même temps vassaux de la reine d'Angleterre qui était dame de Pontoise!

Il obtient de l’archevêque de Rouen l‘administration de l’hôpital de Chars.

En 1430, étant en Champagne l’un des chefs du parti anglo-bourguignon, il fut assiégé dans son château de Chappes par les armées royales commandées par Barbazan et contraint de capituler.

En 1432, il fit une levée de cinq cent hommes d’armes et de traits et les amena au secours des Bourguignons et des Anglais assiégeant Lagny. Il fut pendant dix ans en guerre avec René d Anjou, duc de Lorraine et de Bar, roi de Naples et de Sicile. En 1441, il sollicita son pardon du roi de France qui exigea la remise de sa place de Chassenay, au sujet de laquelle il était en différend d’autre part avec Jeanne de Choiseul, dame d’Anglure.

Ce ne fut toutefois qu’au mois de janvier 1449, et sur l’intervention du duc de Bourgogne qu’il obtint ses lettres de rémission. Mais l’affaire n’était pas terminée pour autant et en 1456, il était encore poursuivi en justice par René d’ Anjou.

Il testa le 29/12/1466 et mourut le 13 janvier de l’année suivante, inhumé à l’abbaye de Ressons auprès de ses ancêtres.

En 1456, il avait épousé Catherine Daure, dame d'Estrabonne, fille aînée de Guillaume d'Estrabonne, chevalier, seigneur d’Estrabonne et Nolay et de Marguerite de Rougemont, dame de Vannoil, de July, d’Aunoy, des Planches et de Toutenant. Elle porta à son époux, Molinot, Conches, Montagu et Nolay. Son père Guillaume édifia le château de Nolay en 1430, et la seigneurie, ainsi que le château, tombèrent ainsi dans l'escarcelle des seigneurs d'Aumont.

Il faut savoir qu'au XIX ème siècle, la commune de Nolay choisit pour blason:

"D'argent au chevron de gueules accompagné de sept merlettes de sable, deux et deux en chef, et un et deux en pointe"

Le 21/10/1456, Catherine, son épouse, confirme le partage fait en son nom par son époux avec Louise d’Estrabonne épouse de Pierre, seigneur de Brion, et restée veuve, en ayant la garde et tutelle de ses enfants mineurs Jean, Blanche  et Ferry d’Aumont donna procuration le 10/4/1467. Elle testa le 26/12/1495, instituant pour héritiers universels ses deux fils et dût mourir peu après.En 1448-1449, Jacques d'Aumont fait un écrit relatif aux abbayes Notre Dame de Nonnains à Troyes.

Quatre enfants sont nés:

1.Jean V d'Aumont, né en 1458, qui suit

2.Ferry d'Aumont, chevalier, seigneur d'Aumont, de Méru, de Chars et d’autres lieux en partage en 1482. Encore mineur lors du décès de son père, il était sous la curatelle de noble homme Hector, bâtard de Rochechouard, seigneur de Vauvry, échanson du roi, qui fit foi et hommage en son nom à l’abbaye St Denis pour la terre et seigneurie de Chars, le 27/12/1469. Il fit partage des biens paternels avec ses frère et sœurs, par acte du 8/8/1482 et obtint dans son lot les seigneuries d’Aumont, de Méru et de Chars. Le 26/10/1496, il vendit à Jean du Verger, président de la Cour des Aides de Normandie, le fief d’Aumont, sis à Courcelles, qu’il fit saisir, ainsi que Courcelles, le 15/3/1498.

Le 30/9/1498, il fit à l’abbaye de St Denis, offre d’hommage pour ses terres et seigneuries de Chars et de Moncy et s’exécuta le dernier février 1499. En 1521, garde de l’oriflamme, baron de Chars, de Méru, il donne des biens à l’hôtel-dieu. Il décède le 23/2/1526, inhumé à l'abbaye de Ressons.

Sur sa tombe on y gravera toutes les terres appartenant à cette époque aux d’Aumont : seigneurs d’Aumont, la Neuville d’Aumont, Berthecourt, Villers-sur-Thères, Amblainville, Enonville, Berville, Boulènes, Agnicourt, Lardières, Corbeilcerf, Andeville, Crèvecoeur, Soubriant, Larcy, Chars, le Bouccaut, Moussy-le-Perreux, Santeuil, Vignacourt, Courcelles-sur-Viône, Jouy-la -Fontaine, le fief de Clercellis à Pontoise, seigneurs chastelains de Méru, pratiquement tous lieux situés en Picardie et en Vexin français.

Il sera le dernier Aumont à s’occuper de l’hôtel-dieu de Chars. Dans le pays on raconte que les statues de Pierre d’Aumont et Jeanne de Ferrières, premiers fondateurs de cette institution, furent arrachées de l’église, traînées avec des cordes et jetées dans un grand trou qui fut comblé lors des travaux de chemin de fer. Elles doivent sans doute encore exister, profondément enfouies. Une tradition veut que ceux qui participèrent à cette profanation « moururent misérablement dans des souffrances aiguës, longtemps après........ » 1793.

Sa veuve fit hommage de la seigneurie de Méru les 15/6/1527 et 2/7/1529. Elle vivait encore en avril 1534.

Il avait épousé Françoise de Ferrières, fille et héritière de Guillaume de Ferrières, seigneur de Ferrières, Thuri, Dangu, et de Jacqueline de Fayet, vicomtesse de Breteuil.

Françoise de Ferrières donne 100 livres à la grande confrérie de Gisors. Son frère, Pierre de Ferrières  avait épousé Anne Basset dont il n'eut qu'une fille décédée en bas âge, en 1507. Françoise héritera donc de tous les biens de son frère à son décès, en 1550 (il sera inhumé avec sa femme à St Jean de Dangu) entrant ainsi en possession de Dangu, Préaux et Crevecoeur, héritage répercuté à ses trois filles:

a) Anne d'Aumont, dame d’Aumont, de Méru, de Thury et de Crèvecoeur, qui épouse le 29 décembre 1522, par contrat, Claude de Montmorency, chevalier, baron de Fosseux, seigneur d'Hauteville, de Lenval, de Baillet sur Esche, de Courcel, de Grigneval, d’Ezanville et autres lieux. Conseiller du roi, maître d’hôtel ordinaire du roi et son lieutenant général de la marine, décédé en octobre 1546. Il était fils de Roland Montmorency, chevalier, baron de Fosseux, conseiller et chambellan du roi Charles VIII, décédé en 1506, qui avait épousé le 14/2/1483, Louise d’Orgemont, dame de Baillet-sur-Esche décédée en 1529.

Il naîtra:

A. Geneviève de Montmorency, qui épousera  Antoine Morlet du Museau 

B. N. de Montmorency Fosseux, qui épousera N. Crocq, seigneur de Valdampierre

C. Pierre de Montmorency  qui épouse Jacqueline d Avaugour. De ce mariage naîtront la majorité des Montmorency contemporains, passant par des alliances prestigieuses. 

D. François de Montmorency, décédé en 1559, qui épousera Jeanne de Montdragon, dont, entre autres enfants: 

- L. de Montmorency, seigneur de Bouteville, né vers 1565, décédé le 20/3/1615, qui épousera le 4/10/1593, C. Luxe comtesse de Luxe, dont, entre autres enfants: 

- François Montmorency, comte de Luxe, décédé le 22/6/1627 à Paris, qui épouse le 17/3/1617, Élisabeth Angélique Vivien, née en 1617 et décédée le 6/8/1696 à Dangu. Ils sont ancêtres de Gaston XIII de Béarn.

b) Louise d'Aumont dame de Chars François de Rouville, le 26/5/1523, décédé vers 1550, chevalier, seigneur de Rouville, fils de Louis de Rouville, chevalier, seigneur de Rouville, décédé en 1525, et de Suzanne de Coesmes.

La baronnie de Chars passera dès lors à la famille de Rouville, par son fils:

Louis de Rouville, baron de Chars, qui paraît en 1521, décédé après 1579, est dit gendre de Ferry d’Aumont

Louis de Rouville, chevalier de l’Ordre, gouverneur de Dieppe en 1548. 

C’est sous ce seigneur qu’en 1545, François Ier  donna, par lettres patentes, le droit de fermer le bourg de murailles et de pont-levis.

-   Louis de Rouville, 7 ème du nom, dit le Huguenot fit transférer l’hôtel-dieu dans un autre endroit......Il ne laissa qu’une fille, Marie de Rouville, et la baronnie de Chars changea de nom par son mariage avec Jacques de La Guesle.

Pour la petite histoire, il faut préciser que Jacques de La Guesle  était procureur au Parlement de Paris. En épousant Marie de Rouville, il devient baron de Chars. On raconte que la veille de l’assassinat du roi Henri III, allant de sa maison de Vaucères à celle de St Cloud, il rencontra Jacques Clément. Celui-ci lui ayant dit avoir des choses importantes à dire au roi, Jacques de La Guesle  le ramènera et l’hébergera chez lui jusqu’au lendemain. C'est lui qui introduit l’assassin chez le roi. Cette triste histoire le poursuivit toute sa vie durant quoiqu’il fut aussi fidèle à Henri IV qu’à Henri III.... 

Louise d Aumont épousera en secondes noces Jacques d'Archiac, chevalier, seigneur d'Availles, veuf en premières noces de Louise de Balzac  et fils d’Odet d’Archiac, chevalier, seigneur d’Availles, de Fousignac, de Mortières et autres lieux, et de Suzanne du Puy 

Son premier époux était grand maître des eaux et forêts de Normandie. Un procès retentissant l'oppose à Claude de Montmorency  qui avait acquit pour 20.000 écus la seigneurie de Méru appartenant aux héritiers de Ferry d'Aumont.

François de Rouville  entame une procédure de retrait lignager et obtient un arrêt du Parlement de Paris le 16/2/1537.  

Cette terre restera à Montmorency, et ce, près de deux siècles. Le prix perçu par le roi sera remboursé après maintes tracasseries aux héritiers, le roi ayant toujours besoin de numéraire pour ses guerres..... 

c) Jeanne d'Aumont, qui épouse Gaspard de Vienne, chevalier, baron de la Roche-Nolay, seigneur de Listenois, fils de Jean de Vienne, chevalier, seigneur de Montbis, d’Arc en Barrois, de Chauderon, de Persan et autres lieux, conseiller et chambellan du roi, sénéchal et maréchal du Bourbonnais, et d’Anne de Vienne, dame de Listenois et Montagu.

Restée veuve, elle convola ensuite avec Philibert Chassagne, chevalier, baron de Sassenage, veuf de Jeanne de Fougères, fils de Louis de Sassenage, chevalier, baron de Sassenage et d’Anne de Montlaur. On raconte que, sur l’instigation de sa seconde épouse, le baron de Sassenage se rendit à la cour où il se signala par tant de prodigalités que sa fortune était fort compromise lorsqu’il mourut en 1556 sans laisser de postérité. Jeanne d’Aumont hérite de Malou qu'elle donne à Didier de Rameru, contesté par François de Montmorency, fils du connétable Anne de Montmorency.

Une parenthèse s'ouvre ici sur un élémentconcernant Dangu. Cette terre vient dans les biens de Ferry d'Aumont par son mariage. On ne lui donne que trois filles. On peut penser que d’autres Aumont traînent encore, cadets de familles ou bâtards, car en 1496 puis en1536, aveux de biens relevant de la seigneurie de Dangu, par Etienne Haumont ........... 

3.Marguerite d'Aumont, dame de Maisières près de Falaise en Normandie. Elle épouse Robert de Bautot  qui en fit hommage le 16/1/1485.

Ce n'est pas la première fois qu'il est fait mention de biens à Maisières, près de Falaise dans cette famille Aumont. Ces terres sont répertoriées, et ce du temps de Guillaume le Conquérant, au sujet de la famille Osmont. Ce qui pourrait nous conforter dans l’idée d’une seule et même famille.

4.Blanche d'Aumont, qui épouse par contrat du 8/3/1477, (confirmé le 6 novembre de l’année suivante) François de Rochechouart, chevalier, seigneur de Chandenier, de la Motte-Beauçay, St Amand, Javarzay et autres lieux, conseiller et premier chambellan du roi Louis XII, sénéchal de Toulouse et Poitou, ambassadeur, gouverneur de la Rochelle et pays d'Aunis, de la Rochelle et de Gênes, né en 1450, décédé en 1530. 

Il est fils de Jean de Rochechouard, né en 1414, décédé en 1484, chevalier, seigneur de Jars conseiller et Chambellan du roi Louis XI, marié en 1448 à Anne de Chaunay, 1420-1477, dame de Chandenier, de la Motte-Beauçay et de Javarzay laquelle mourut à la Motte-Beauçay huit jours après son époux, le 6/12/1530, inhumés en l’église de Javarzay.

Il est petit-fils de Jean de Rochechouart Jars, ca 1390-1437, seigneur de Jars, Charroux, d’Yvoy, du Bourdet, de Malvoisine et de Bréviande, époux de Marguerite Tessonde, née ca en 1390. 

Lui-même fils de Jean II de Rochechouart, baron, seigneur de Gallardon, de la Motte-Bigot, de Tonnay Charentes et Bauçay. Né ca 1354, émancipé en 1373, décédé en 1428 à la journée des Harengs. Baron d’Apremont. 

Époux en première noces de Léonore de Mathefelon, ca 1350-1419.

En secondes noces il épouse Jeanne de La Tour Landry, née vers 1395. 

Lui même fils deLouis de Rochechouart, seigneur de Saint Auvent, de Tonnay Charentes, née près 1336, décédé en 1394, chambellan du roi, et de Marie Vigier.

François de Rochechouart St Amand et Blanche d'Aumont  auront un fils:           

Antoine de Rochechouart St Amand, ca 1490-1544 x Catherine de Faudoas Barbazanné née vers 1517, dont:

Charles de Rochechouard Saint Amandbaron de St Amand, né vers 1530. 

En premières noces, vers 1550, il épouse Françoise de Castelnau  et de Clermont née ca 1530.

En secondes noces, il épouse Claude d’Humières, née vers 1550

En troisièmes noces, il épouse Françoise de Maricourtnée vers 1530, dont:

Marie Claude de Rochechouart de Barbazan  née vers 1555.

Blanche d’Aumont est l’ancêtre de Madeleine Henriette de Rochechouart, 1765-1790, qui épousera Louis Marie Céleste duc d’Aumont.


JEAN   V   D’AUMONT


XIII    

Né en 1458, décédé le 19/2/1523.
 

Chevalier, sire d’Aumont, baron de Conches, d'Estrabonne, Nolay, seigneur de Chappes, de Vannes, de Clérey, du Moulinot, de Montagu, de Germiny, de Lardières, de Saint Amand en Puisaye et autres lieux. Encore mineur lors du décès de son père et placé sous curatelle de noble homme Hector, bâtard de Rochechouard, seigneur de Vauvry, il fit partage des biens de ses parents avec ses frère et soeurs par acte du 8/8/1482, retenant pour sa part les terres sises en Champagne et en Bourgogne, et laissant à son frère la terre d’Aumont, en se réservant toutefois l’usage exclusif de la qualification de sire d’Aumont.  

Les grands services qu’il rendit au roi lui valurent d’être nommé, par lettres patentes du 31/5/1498, lieutenant général au gouvernement de Bourgogne,  en remplacement de Jean d’Amboise, évêque de Langres, charge qu’il cumula en 1514 avec celle de maréchal de cette province.(collection Moreau 809, BN.MSS 162)
 

En 1490, il obtint permission de l’évêque d’Autun d’établir une communauté de prêtres dans l’église de Nolay, et, le 15/12/1504, Jeanne de France, duchesse du Berry, lui donna procuration pour prendre possession et faire en son nom hommage des terres de Guise, de Noyon, de Châtellerault, de Lunel, de Sablé, de Mayenne, de la Ferté-Bernard, qu’elle avait recueilli dans la succession de sa cousine Charlotte d'Armagnac.

Le 11/11/1504, il fit foi et hommage à Jeanne de France, duchesse du Berry, de la baronnie de Châteauroux, qui fut saisie féodalement sur lui en octobre 1508.

Le 24/5/1519, il fit par procureur un nouvel acte d’hommage pour la moitié de la baronnie de Châteauroux et ses dépendances à Marguerite de France  et le 25/9/1520, obtint du roi des lettres de confection du papier terrier de cette terre. Le 26/6/1521, il vendit à François de Rochechouard, seigneur de Chandenier, moyennant 600 livres tournois, une rente de 40 livres qu’il avait droit de percevoir sur la terre de Jars.

Il épouse par contrat du 14/2/1484, Françoise de Maillé de la Tour Landry, dame de Châteauroux, veuve de François Beaujeu-Linières, épousé en 1480, chevalier, seigneur de Linières, de Rezay et de Thévet. Fille de Hardouin VII, chevalier, baron de Maillé, seigneur de Rochecorbon et autres lieux, chambellan du roi Louis XI, sénéchal de Saintonge, panetier de René d'Anjou, roi de Naples et de Sicile et d'Antoinette de Chauvigny. Par sa mère, Françoise héritera d’importantes possessions berrichonnes d’André de Chauvigny, baron de Châteauroux. Elle apporta ainsi à son nouvel époux des droits sur les terres de Châteauroux, la Châtre, d'Argenton, de Cluys, d’Aigurande, de Saint Chartier, de Neuvy St Sépulcre, de Châtelet et bien d’autres, ce qui fut à l’origine de longs différents, d’abord avec la veuve du défunt puis avec les Maillé de la Tour Landry, co-héritiers.
 

Françoise de Maillé fut dame d’honneur de la reine Marie d’Angleterre, épouse du roi Louis XII puis gouvernante des filles de François Ier. Le 7/11/1520, elle reçut de la reine don des profits, rachats et autres devoirs de fiefs qu’elle devait pour la rue d’Indre à Châteauroux à cause du comté de Blois. Veuve dès le 19/2/1523, elle donna procuration à son fils Claude d’Aumont, le 15/12/1523, à l’effet de rendre hommage au roi pour la moitié de la baronnie de Châteauroux. Le 13/12/1530, elle fit partage pour obvier aux procès qui pourraient survenir entres Félix, Pierre et autre Pierre d’Aumont, ses enfants. Elle testa le 2/21535 et fut inhumée auprès de son époux en l’église des Cordeliers de Châteauroux.
 

Quatre enfants au moins sont nés:  

1.Pierre d’Aumont, dit Le Vieux ou l’Aîné, chevalier, seigneur de Conches, de Nolay, de Montagu, de Molinot et autres lieux. Baron de Chars, il est dit chambellan du roi et donne des biens à l’hospice en 1498. 

(Archives de l’hôtel-dieu de Chars)

Il fit les campagnes d'Italie de 1515 et de 1525. Le 7/12/1536, il fit donation à son neveu Félix d’Aumont, baron de Châteauroux, des terres de Nolay, de Moulinot et de Nanteuil, et mourut peu de temps après, puisque son frère Pierre d’Aumont  et Christophe de Rochechouard, tuteur de Félix d’Aumont, cédaient à sa veuve la jouissance des terres et seigneuries de Moulinot et Nolay.  

Il avait épousé en 1526, Anne de La Baume, dame de la Cour d'Arcenai, fille de Marc de La Baume, chevalier, comte de Montrevel, décédé en 1527 et d'Anne de Châteauvillain, sa seconde femme, décédée en 1531, épousée le 25/1/1508.

Marc de La Baume s’était marié une première fois le 10/7/1488 avec Bonne de La Baume, fille de Jean III de La Baume et de Bonne de Neuchâtel  épousée en 1467.
 

Anne de la Baume se remarie en 1537 avec Jean de Hautemer, chevalier, seigneur de Fervaques et du Fournet, décédé en 1544 et dont elle eut trois enfants: Anne, Barbe et Charlotte.

Pas de postérité avec Pierre d’Aumont, et c’est sans doute bien dommage, car elle descendait d’Ambroise de Loré, compagnon d'armes de Jeanne d’Arc. 

2.Claude d'Aumont, chevalier, seigneur d’Estrabonne et autres lieux, né à Châteauroux, décédé le 23/6/1554, épouse par contrat du 7/7/1518, Jeanne de Tucé, fille de Baudouin de Tucé, chevalier, et de Françoise de Léparvier. Il la laissa veuve peu après, et elle convola par contrat du 9/7/1525, avec François de Beaumanoir, chevalier, seigneur de Lavardin. Restée veuve à nouveau, le 18/11/1544, elle mourut le 30/12/1545 et fut inhumée auprès de son second époux en l’abbaye de Champagne au Maine. Son fils, Charles de Beaumanoir, chevalier, baron de Lavardin, transigea le 23/6/1554, avec Pierre d’Aumont et obtint la promesse d’une somme de 7.500 livres tournois contre la renonciation à toutes les prétentions qu’il pourrait avoir à cause de sa mère, dans les successions des défunts Claude d’Aumont et Félix d’Aumont

A ce dernier Pierre d’Aumont, dit l’Aîné, baron de Conches, fit donation entre vifs des terres et seigneuries de Nolay, Moulinot et Nanteuil, par acte du 7/12/1536. 

3.Félix d'Aumont, né en 1503, chevalier, seigneur en partie de Châteauroux, décédé sans alliance, en 1538. Epouse et enfants inconnus, il est dit sans hoirs.

4.Pierre d'Aumont, qui suit.


PIERRE   III   D’AUMONT  dit le Jeune


XIV  

Pierre d’Aumont, 3ème du nom, dit le Jeune, chevalier, sire d’Aumont, baron d'Estrabonne et Châteauroux, seigneur de Vannes, de Cors, Conches, Chappes, Montagu, Moulinot, Nolay, de Clérey, de La Châtre, de Neuvy-Saint-Sépulcre, de Dun-le-Palestel, de Germigny, du Chesne, de Villars et autres lieux. Gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, il semble d’abord avoir été destiné à l’état ecclésiastique car il était déjà protonotaire apostolique lorsque sa mère lui fit collation de la chapelle de Saint Sébastien à Saint Chartier le 18/12/1525.

Le décès de ses frères le contraignit à rentrer dans le siècle.

En avril 1537, conjointement avec ses frères, héritiers chacun pour un tiers de leur mère, il plaidait contre Jacques Hamelin, abbé de Saint Gildas, premier aumônier du roi. Le 28/2/1539, il fit hommage de la baronnie de Châteauroux à la reine de Navarre  et en donna dénombrement le 20 mars de la même année. En procès avec cette souveraine, il fit cependant foi et hommage pour ses terres de Châteauroux, de La châtre, de Nohant, de Neuvy Saint Sépulcre et de Cors le 15/10/1541, mais il ne parvient pas à éviter la saisie de la baronnie de Châteauroux prononcée par une sentence du bailli de Berry, confirmée par un arrêt du Parlement de Paris, le 22/12/1542, et dont il n’obtint la main levée que le 22/5/1543. 

Le 10/9/1554, il fit hommage de la moitié de la baronnie de Châteauroux à Marguerite de France, et le 22 novembre suivant, obtint une sentence du bailli de Berry ordonnant la main levée de la saisie féodale de cette terre effectuée une seconde fois pour défaut de reddition de foi et hommage.

Le 30/7/1547, il obtint permission du roi de faire porter aux gentilshommes de sa suite des armes et arquebuses. Le 23/6/1554, il fit accord avec Charles de Beaumanoir, baron de Lavardin, au sujet des successions des défunts Claude et Félix d’Aumont et, le 27/8/1557, il testa en faveur de son fils Jean d’Aumont.

Gentilhomme ordinaire de la chambre du roi Henri II, il fut fait chevalier de l’Ordre de St Michel en 1561. Le 1er août 1565, il fit donation à son fils Jean d'Aumont des baronnies d’Estrabonne et seigneuries d’Avesnes et de Brésilly, sous réserve de son usufruit, des deux tiers de la baronnie de Conches, des seigneuries de Nanton, Montaigu, Nolay, Moulinot, Mussy-la-Fosse, Decize, de Lhopital, assises au duché de Bourgogne, de la baronnie de Châteauroux et des seigneuries de La Châtre, dont il avait confirmé les privilèges du chapitre le 14/12/1548) de Neuvy-Saint-Sépulcre, de Nohant et de Dun-le-Palestel en Marche.

Encore vivant le 28/10/1566, il mourut peu après et fut inhumé en l’abbaye de Montrolant.

Le 20/12/1527, il épouse par contrat, et avec dispense de deux bans par le grand vicaire de Bourges du 10/1/1528 et dispense du Pape du 4ème degré de parenté le 8 février suivant, Françoise de Béthune de Sully, dame de Cors et Gironde, veuve de Philibert de Saint Romain, chevalier, seigneur de Lurcy et fille de Guyon de Sully, seigneur de Cors, Romefort, et autres lieux, gouverneur de Tarente, au royaume de Naples, et de Jeanne Carbonnel. Il fut assisté au contrat de mariage par sa mère,Françoise de Maillé, et son frère Pierre d'Aumont, contrat qui stipulait que s'il avait plusieurs enfants mâles de son mariage, le second porterait les armes pleines d'Aumont, écartelées de Sully. Si l'aîné décédait sans enfants, le second lui succédant, il porterait les armes pleines d'Aumont, sans être tenu de porter celles de Sully.

En deuxièmes noces, il épouse Antoinette de Miolans, fille de Louis de Miolan, chevalier, baron de Miolan et d’Anjou, comte de Montmajour, seigneur de St Pierre d Albigny, de Caramagne et autres lieux, maréchal de Savoie.

Elle vivait encore en octobre 1564. Sans enfants.
Le corps de ce d'Aumont  et de sa seconde épouse gisent à l'abbaye de Montrolant, de l'Ordre de St Benoît au comté de Bourgogne où ils avaient fait construire un magnifique tombeau pour Guillaume d'Estrabonne, dernier du nom, héritier de Claude de Montagu, issu des premiers ducs de Bourgogne.
Trois enfants au moins sont nés de son premier mariage:

1. Jean VI d’Aumont,  qui suit.

2.Jacqueline d'Aumont, qui épouse par contrat le 26/9/1551 Yves d'Alègre, chevalier, baron, puis, en mars 1576, marquis d' Alègre, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, fils de Gabriel d Alègre, chevalier, baron d'Alègre, seigneur de St Just, conseiller et chambellan du roi, prévôt de Paris, et de Marie d Estouteville, dame de Mainville.

Le 26/9/1567, conjointement avec son époux, elle transige avec son frère Jean d’Aumont, au sujet de la succession de leurs parents,  reçoit la seigneurie de Germigny en Champagne et la somme de 22.000 livres payable en trois ans, dont elle donna quittance le 29/9/1571. Elle vivait séparée de son époux lorsque celui-ci fut assassiné en son château le 13/7/1577.

En fait, et nous le verrons plus loin au cours de ce récit, Yves d Alègre s'enfuit en son château d‘Issoire en Auvergne avec une maîtresse qui n’était autre que Françoise Babou, épouse d’Antoine d’Estrées, la mère de Gabrielle d’Estrées, laquelle était la maîtresse de Henri IV ......

Une petite Marie-Françoise  naîtra de ces amours coupables. Les deux amants seront sauvagement assassinés à coup de couteaux par une douzaine d’hommes et traînés nus dans les rues de la cité d’Issoire.

3.Claude d'Aumont, dont on ne sait rien.

 

 


JEAN VI d 'AUMONT dit le Franc Gaulois.


XV

Né en 1529 à Châteauroux, décédé le 19/8/1595 à Rennes, suite à une blessure reçue au siège du château de Comper, près de la forêt de Brocéliande, en Bretagne. Il avait 73 ans.
Comte de Châteauroux, Baron de Conches, de Montagu, d'Estrabonne et Molinot, seigneur de la Châtre en Berry, Cors, Dun-le-Palteau.

D'après Guigard, (armorial) à son décès il est dit qu’il était âgé de 73 ans mais aussi qu'il était Jean d'Aumont, 3ème du nom ce qui est erroné, au vu de ce qui précède.
Dans "Le dictionnaire des maréchaux de France" il est dit issu d'une famille du Hainaut.

Son blason était:
"D'argent au chevron de gueules, accompagné de 7 merlettes de sable, 4 en chef, 2 et 2,3 en pointe 1 et 2, ces dernières mal ordonnées."

C'est le blason dit de Guernesey.
L'écu entouré du collier de l'ordre de St Michel est frappé au milieu d'un semis de chiffres formé des lettres J.A.
( d'après la collection du baron Jérôme Pichon)
 

C'est lui qui achète à Charles de Gonzague, duc de Mantoue, le marquisat d'Isle, appelé depuis Isle Aumont. Il possédait également au diocèse de Troyes les baronnies de Chappes et de Clérey, les seigneuries de St Thibault, St Jean de Bonneval, les Loges Margueron, St Aventin du canton de Verrières en Aube, Renault, au canton de Fresnoy, Polisy, Virloup, canton de Bordes, et Villemoyenne.
(Nous verrons que la généalogie des Haumont de l’Aube commence à cette époque.......)
 

Le 30/4/1589, chargé par le roi de France, Henry III de quérir et accompagner Henri de Navarre, futur roi de France à Plessis les Tours, en vue de discuter une trêve et faire face ensemble à la Ligue menée par le duc de Guise. Une grande assemblée de nobles, dont le comte d'Auvergne, Monsieur de Liancourt, le duc de Monbazon et, bien sûr, le maréchal d'Aumont assistaient à cette mémorable rencontre.
Catholiques, représentés par le roi, et protestants, représentés par Navarre devaient essayer de s'entendre. En signe d'alliance, Henri III passa l'écharpe blanche des huguenots autour de son cou, au grand scandale de son entourage mais le maréchal d'Aumont approuva ce geste, disant :
"qu'il n'y avait que les bougres (les homosexuels, en jargon de l'époque) qui ne voulaient pas souffrir les huguenots..."

C'est l'époque d'Agrippa d'Aubigné, qui vit dans l'entourage et rapporte les faits, il y aura d'autres narrateurs. Ce d'Aubigné n'est autre que le grand-père de Madame de Maintenon.

Gentilhomme de la chambre du roi, chevalier de l'Ordre du St Esprit. Conseiller du roi en ses conseils, capitaine de cent hommes d'armes de ses ordonnances, gouverneur du Dauphiné, lieutenant général au pays et armée de Bretagne. Il est un des plus prestigieux capitaine de son temps. Il sert le roi dès sa prime jeunesse, il suit le maréchal de Brissac en Italie, où il obtient une compagnie de chevaux légers. Suit le duc de Guise en Italie en 1556, blessé en 1557 à St Quentin et fait prisonnier.
Il sera également présent lors de la journée des barricades en 1588.
Chacun sait que le duc de Guise prétendait au trône de France, alors que le roi Henri III voulait que ce fût le roi de Navarre (protestant) qui lui succède. De là est née la Ligue, par opposition au roi.
Ce dernier dût, en toute extrémité, alors même qu’il avait dû quitter Paris en émeute, faire assassiner le duc de Guise. Quelques gentilshommes proches et fidèles au roi firent partie du complot et participèrent en quelque sorte au traquenard qui devait faire tomber le duc de Guise.

Les gentilshommes qui ont participé à cet assassinat étaient:

François d’O, Rambouillet, Bellegarde, Alphonse d’Ornano, Revol, secrétaire d’Etat, Montholon et...... le maréchal d’Aumont !
Il reconnaît Henri IV dès 1589. Cette même année, il lui porte aide avec douze cent écossais envoyés en renfort par la reine d'Angleterre. Il commande pour le roi les frontières de Champagne, participe au siège de Paris, commande l'aile gauche à Ivry en 1590.
On le retrouve dans l'armée de Bourgogne en 1591, gouverneur du Dauphinois en 1592, armée de Bretagne en 1595, prenant Morlaix, Quimper, ensuite en forêt de Comper où il décède 16 jours après avoir reçu une mousquetade au bras.
Il était devenu très proche d'Henri IV qui lui vouait une sincère affection.
 

La baronnie de Châteauroux fut érigée en comté le 17/10/1575, en sa faveur. Enfin, il fut créé chevalier de l'Ordre du St Esprit à la première création, et il fut dit que le duc d'Aumont était bien celui qui méritait le plus cette dignité.
Considérant tous les dangers auxquels il était, de par ses diverses fonctions exposés, d'Aumont avait fait son testament au château de la Bourdaisière, en Touraine, le 28/5/1593.
Il choisit sa sépulture en l'église des Cordeliers de Châteauroux, et fit des recommandations à ses enfants, dignes d'un père sage autant que d'un bon chrétien, leur recommandant la constance dans la religion catholique, la fidélité au roi. Son fils Antoine d’Aumont fut institué héritier principal, léguant au puîné, Jacques d‘Aumont, tout ce qu'il pouvait lui léguer de droit en meubles et immeubles, ainsi que les baronnies et châtellenies de Chappes et Crey, et tous les immeubles qu'il avait au baillage de Troye, avec les terres de Dun-le-Palteau, de Cors, ainsi que le tiers de tous les meubles et rentes constituées par ces biens, en plus, 20.000 livres, souhaitant substituer ses fils l'un à l'autre, tandis que ses filles devaient se contenter de leur dot.

Enterré, ainsi que souhaité, aux Cordeliers de Châteauroux, où une épitaphe lui survécut:

« Epitaphe du haut et puissant Seigneur et Messire Jean d'Aumont, chevalier des Ordres du Roy, Comte de Châteauroux, et Maréchal de France, 1595.

"L'imager pourroit bien figurer son Image
En ce tableau icy, et rapporter ses traits,
Mais pour représenter ses gestes et hauts faits,
Il faudroit voir, Passant, l'Histoire de cet âge,
Là tu verras d'AUMONT, d'ardeur et de courage
Foudroyer l'Espagnol par belliqueux effets,
Tu verras les Ligueurs furtifs et déffaits,
Embrasser ses genoux, luy venir faire hommage.
Ivry vit sa valeur, Arques son exercice,
Le feu Roy vit à Tours son fidèle service,
La Bourgogne a tremblé sous son juste courroux,
Le Breton à poings liez secondoit coup à coup,
Quand au bras il reçut à Camper un grand coup,
Qui mit son âme au Ciel, son corps à Château-roux.
Celuy qui pour la vie et bien de sa Patrie,
A cent fois exposé et les biens et la vie,
Celuy qui pour la France à sa vie cent fois
Exposé à la mort, sans vie tu le vois;
Son corps repose icy, et sa fameuse gloire
Burinée se voit sur l'Autel de la mémoire."

Jean Lauron.
 

Le 19/2/1550, il avait épousé Antoinette Chabot, fille de Philippe, comte de Charny et Busançois, chevalier de l'Ordre, comte de Brion, gouverneur de Normandie et Bourgogne, amiral de France, et de Françoise de Longwy, dame de Pagny, Brion, Mirebeau, Beaumont, Fontaine-Françoise, Châroste et Château Neuf, descendante de Marie de Bourgogne, (voir chronique V) nièce du roi François Ier, fille de Jean de Longwy, seigneur de Givry et de Madame Jeanne d'Angoulême, soeur naturelle de ce roi - et donc fille naturelle de Charles de Valois -Orléans - comte d'Angoulême, époux de Louise de Savoie, fille de Philippe de Savoie, comte de Bresse et de Marguerite de Bourbon, cadet de maison royale de France.
 

Pour rappel, si Charles d'Orléans n'a pas régné, il est néanmoins le père du roi François Ier qui succédera ainsi à Louis XII.
On se rappellera également que Louis XII, veuf, se remarie avec Marie Tudor et décèdera rapidement en 1515. Son épouse, sera, selon la coutume, veillée jours et nuits par deux suivantes qui auront pour mission de surveiller sa personne et éviter par là qu'un éventuel héritier au trône de France de la main gauche, ne voie le jour et ce, pendant six semaines....Les deux dames promues à cette surveillance sont Mesdames de Nevers et d'Haumont. (Il s’agit ici de Françoise de Maillé, épouse de Jean V d’Aumont)

Mais reprenons.

Charles d’Orléans est fils de Louis de France (1371-1407) et Valentine Visconti. Du parti des Armagnacs, il sera prisonnier à Azincourt et tentera en vain de reconquérir Sforza, le duché de Milan qui appartenait à sa mère. De retour dans son château de Blois, entouré de poètes, dont Villon, il écrira des vers, mais son oeuvre ne sera découverte qu'au XIX ème siècle.
Son épouse lui passait ses incartades avec quelque dédain, allant même jusqu'à garder comme demoiselle d'honneur Jeanne de Polignac dont elle n'ignorait pas qu'elle avait été sa maîtresse et que deux filles étaient nées de cet adultère:
- Jeanne, bâtarde d'Angoulême, comtesse de Bar sur Seine, qui épousa Jean Aubin, sire de Malicorne, puis Jean de Longwy.
- Madeleine, 1490-1543, qui fut abbesse de Jouare.

Une troisième fille, Souveraine, née de Jeanne Comte, qui épousa en 1516, Michel Gaulard, seigneur de Longjumeau, panetier du roi, décédée en 1551.

Antoinette Chabot reçut en dot 48.000 livres, moyennant quoi, elle renonçait en faveur d'Aliénor et François Chabot, ses frère et soeur, à toutes successions paternelles et maternelles.

En deuxièmes noces, (après 1569) il avait épousé Françoise Robertet, fille de Florimont, baron d'Halluye, secrétaire d'Etat, qui fût surintendant des finances, né en 1533, décédé en 1569, premier du nom, et de Jeanne d'Halluye de Pienne.
Françoise Robertet, née en 1519, était veuve de Jean Babou et son mariage avec d’Aumont est un mariage d’amour. Son premier époux était maître de la garde-robe du roi, puis maître de l’artillerie, fonction à lui cédée par Antoine d’Estrée (père de Gabrielle d’Estrée, maîtresse d’Henri IV) puis chevalier de l’Ordre du roi, conseiller d’Etat.
Par son mariage avec Françoise Robertet, Antoine d’Aumont deviendra le grand père de Gabrielle d’Estrées, maîtresse de Henri IV.

Voyons la chronologie de cette petite histoire:
 

Près de Montlouis-sur-Loire et Tours, il demeure le vestige du château de la Bourdaisière construit du temps de Philibert Babou, lequel avait épousé, en 1510, Marie Gaudin, dame de la Bourdaisière, fille de Victor Gaudin notable de Tours et argentier d’Anne de Bretagne, alors épouse de Louis XII roi de France. Fils de Laurent Babou, notaire royal de Bourges, bourgeoisie indépendante, juriste et financière qui fera la noblesse de robe. Philibert devient argentier (trésorier d’épargne) comme successeur de son beau-père (probablement). Les époux côtoieront François Ier et Marie Gaudin, très belle femme, deviendra très vite sa maîtresse. Pluie d’honneurs sur les Babou ! Philibert deviendra chevalier, seigneur de la Bourdaisière, trésorier surintendant des finances, maître d’hôtel du roi. La Bourdaisière deviendra un ravissant château en pierres blanches et superbes fresques. Marie Gaudin aura même d’excellentes relations avec les papes Médicis et elle recevra de Léon X, lors de l’entrevue de Bologne, une magnifique pierre conservée par la famille Sourdis, le diamant Gaudin.

Jean, fils de Philibert Babou et Marie, né en 1511, sera, par faveur royale, échanson du roi, capitaine de la ville et château d’Amboise, gouverneur et bailli de Gien. Il acquiert d’Antoinette d’Amboise le château de Sagonne en Berry et deviendra ainsi baron de Sagonne, maître de la garde robe du roi Henri II. Jean épouse alors une dame d’honneur de Catherine de Médicis, Françoise Robertet, issue du même type de famille (vu précédemment) dont il eut onze enfants, quatre garçons et sept filles, dont Françoise, mère de Gabrielle, mais n’anticipons pas.

Le relâchement des moeurs de cette époque fera appeler les sept soeurs les sept péchés capitaux. Elles seront dites:
«  La race la plus fertile en femmes galantes qui aient jamais été en France  »
Les armes Babou étaient: «  Une main tenant une poignée de vesces  »
Ce mot désignant une légumineuse à bétail, mais également à cette époque les prostituées de bas quartiers.

De la famille d’Estrées, nous trouvons:
 

Antoine d’Estrées, le fils de Jean d’Estrées, né en 1486, grand maître de l’artillerie, issu d’une famille noble du nord de France, terre en Cauchie près d’Arras.
Jean d’Estrée commence sa carrière comme page d’Anne de Bretagne. Ayant eu l’occasion, au cours d’une bataille, de sauver la vie de Jacques de Bourbon bâtard de Vendôme, fils naturel légitimé de Jean II de Bourbon (trisaïeul de Henri IV) et de sa maîtresse Philippote de Gournay, lequel a également une fille, Catherine de Bourbon, laquelle épousera Jean d’Estrées.

De ce couple naîtra Antoine d’Estrée, qui épousera Françoise Babou dont naîtra Gabrielle. Jean est donc cousin germain, par la main gauche,
d‘Antoine de Bourbon, père d’Henri IV, d où, Gabrielle, arrière-petite-fille de Jean Babou, maîtresse de Henri IV et mère des bâtards Vendôme qui en naîtront, est elle-même arrière-petite-fille de Jacques de Bourbon, bâtard de Vendôme ! En 1550, Jean d’Estrées est grand-maître et capitaine général de l’artillerie de France. En 1556 il sera chevalier de l’Ordre du roi.
Son fils Antoine entre au service d’Alençon en qualité de premier gentilhomme de sa chambre, gouverneur des pays et duché d’Evreux, Conches, Breteuil et autres lieux.

Antoine d’Estrées et Françoise Babou auront deux fils et quatre filles. Françoise qui vient de perdre son père et son beau-père largue les amarres et fait son mari cocu avec Louis Beranger, seigneur du Guast, favori du roi, bête noire de la reine de Navarre, Margot. Il sera assassiné.
Antoine sera fait chevalier de l’Ordre du Saint Esprit dès sa création en 1578 (comme d’Aumont)
Après la perte cruelle de son amant, Françoise aura encore une fille avec son mari, mais elle n’oublie pas et cherche à se venger de l’assassin présumé de Béranger, les familles Vitteaux et d’Alègre s’entretuant de gaîté de coeur. (voir ouvrage de Pierre de Vaissière)
Bref, Françoise s’offre ( elle a 41 ans et lui 24) à Yves d’Alègre et ils s’enfuiront en Auvergne sur les terres de l’amant, emmenant la dernière fille du couple. Une petite Marie -Françoise naîtra de ces amours en Auvergne.

Tout ce survol historique pour souligner que Antoine d’Aumont rachète ou hérite de sa femme Françoise Robertet du château de la Bourdaisière. Sa femme étant grand-mère de Gabrielle d’Estrées, il faudra bien admettre que toute la parentèle recevra biens, titres et honneurs du roi.

Rappelons aussi que Yves d’Alègre était l’époux de Jacqueline d’Aumont.......
 

Concernant la famille Robertet, il faut savoir que plusieurs furent secrétaires du roi, ambassadeurs, trésoriers, et ce, depuis Charles VIII jusqu'à Henri III, tous sont plus ou moins bibliophiles, ils se servent de la même marque.
Le 10 février 1521, le secrétaire de François Ier écrit au sénéchal de Carcassonne, au nom du roi, pour lui donner les instructions relatives au remplacement du connétable de Bourbon, occupé à trahir la France au profit de l'empereur Charles Quint. La signature est de Robertet. Il s'agit de Florimont su-cité. Son épouse, Jeanne d'Halluye de Pienne, issue d'une des plus grandes maisons de France est fille d'honneur de la reine Catherine, une référence. Maurice Rat disait d'elle:

« Elle est grande, blonde, bien faite, avec des yeux bruns admirables et de longues jambes de Diane."

Elle était fière, avec une démarche majestueuse qui rappelle la maison d'Halluye dont elle est issue, et de plus vertueuse.
Pour l'époque, c'est une qualité. L'Histoire a retenu son roman d'adolescente.
 

« ...........Elle est bientôt courtisée par François de Montmorency, fils du connétable. Il l'aime à la passion et lui promet mariage. Comme à cette époque, promesse vaut mariage, ils vont vivre cinq ans d'un amour fou, mais caché. Car François n'a pas osé demander l'autorisation de mariage à son père. Il a trop attendu, car soudain, c'est la catastrophe. L’époux de Diane de France, fille bâtarde du roi Henri, est tué d'un coup d'arquebuse au siège d'Hesdin. Le roi veut remarier sa fille et il choisit le fils du connétable, François. Bien entendu, le connétable accepte, qui refuserait de mêler son sang à celui de rois ?
François annonce alors son "mariage". L'affaire sera portée devant un tribunal désigné par le roi, composé du cardinal de Lorraine, l'archevêque de Vienne, les évêques de Soissons et d'Orléans, un conseiller d'Etat et un président au Parlement.
Les deux jeunes gens confirment leurs positions. Le tribunal se sépare sans rien décider. Le connétable fait alors appel au pape lequel stipule qu'il veut bien annuler le mariage clandestin si "la demoiselle de Pienne" veut bien souscrire une renonciation."

Entre temps, François, stimulé par son père, renonce à Jeanne.
Mais le pape est formel, Jeanne doit renoncer aussi. Elle refuse, alors on la jette au fond d'un couvent, chez les Filles-Dieu. Bien sûr, l'opinion publique prend partie pour Jeanne, on la plaint, au point qu'une chanson voit le jour:

" Montmorency, te souvienne

De ta Pienne
Qui ne dort, de nuit, de jour
Ne mets point en oubliance
L'alliance
Qui est faite entre vous deux !"

Elle ne cédera que lorsque François lui enverra par La Porte, gentilhomme de Montmorency, une lettre de rupture tellement froide qu'elle n'espère plus rien désormais.
Moins de trois mois plus tard, François de Montmorency épousera à Villers Côteret Diane de France, duchesse de Châtellerault, et à l'automne de la même année, Jeanne d'Halluye de Pienne épousera Florimont Robertet.

.....Noble André de Noblet, écuyer, seigneur de Periers et de Chennelette, dans la paroisse de Chennelette au diocèse de Macon, eut du maréchal Jean d’Aumont, comte de Châteauroux, qualifié chevalier des Ordres de France, lieutenant général pour le roi en Bourgogne et commandant l’armée de sa majesté dans cette province, une compagnie de cent arquebusiers à cheval, par commission donnée à Moulins le 20 mai 1591......

Mais, poursuivons........
 

Françoise Robertet était donc veuve de Jean Babou, seigneur de la Bourdaisière, grand maître de l'artillerie de France, maître de la Garde Robe et chevalier de l'Ordre du roi.

De ce premier mariage il y eut six enfants:
 

1.René d'Aumont, gentilhomme de la chambre du roi, décédé en 1586, est dit sans alliance, il n'apparaît d'ailleurs pas dans le testament su-cité. Il est enterré aux Augustins à Paris.
Probablement, décédé à 18 ans à Paris, il serait donc né en 1568.
(voir Collection Dupuis pour Charles et René pages 646/648)
 

2.Antoine d'Aumont, marquis de Nolai, comte d'Estrabonne, baron de Chappes, capitaine de cent hommes d'armes, chevalier des Ordres du roi, gouverneur de Boulogne sur Mer et du Boulonnais.
Né en 1562, il décède le 13/4/1635, inhumé dans sa chapelle de l'église des Pénitents de Picpus.

Il avait épousé Catherine Hurault de Cheverny, née en 1583, veuve de Virginal d'Escoubleau, marquis d'Alluye, comte de la Chapelle, fille de Philippe Hurault, comte de Cheverny, chancelier de France et d'Anne de Thou, son épouse. Pour la petite histoire, Philippe Hurault de Cheverny était l’amant de Madame de Sourdis, née Isabeau Babou de la Bourdaisière qui servait de mère à Gabrielle d’Estrées, maîtresse du roi, depuis que sa mère
s’était, on s’en souvient, enfuie en Auvergne avec son jeune amant.

Catherine Hurault de Cheverny décède le 13/4/1615.
 

En secondes noces, il avait épousé Louise Isabelle d'Angennes - Rambouillet, fille de Louis d'Angennes, seigneur de Maintenon et de Françoise de Menou.
Le 3/12/1629, elle avait acquit, de la succession de Charles Marchant, pour 21.000 livres, l'hôtel qui devient l’hôtel d'Aumont. Il était sis au 31 place Royale, actuellement 15, place des Vosges, à Paris.
En 1636, elle acheta également la chapelle St Joseph au couvent du Tiers Ordre de St François à Picpus et y fit construire un caveau ou seront enterrés plusieurs seigneurs et dames de la maison d'Aumont. Elle est dite sans postérité, d'où, elle testa à l'hôtel d'Aumont, le 17/11/1666 en faveur de sa nièce, Louise d'Angennes, mariée depuis 1639 à François Le Conte de Nonant marquis de Fontaine. Leur fils vendit l'hôtel le 8/11/1701 pour 50.000 livres à Louis, duc de Royan. On peut supposer que la chapelle St Joseph est restée dans la famille d'Aumont puisque plusieurs membres y furent enterrés.
 

3.Jacques d'Aumont, qui suit
 

4.Françoise d'Aumont, qui épouse en 1592, René de Rochebaron comte de Brézé, qui a institué Antoine d'Aumont son neveu, son héritier, à charge pour lui de porter les armes et le nom de Rochebaron.

(Ce qui ne pourra se produire, Antoine d'Aumont étant le seul de son nom à continuer la lignée.)
 

5.Marie d'Aumont, célibataire.
 

6.Marguerite d'Aumont, qui épouse François de Chessenlon, vicomte de Rochebaron, d'Auvergne.

 


JACQUES D'AUMONT


 

XVII

    Né vers 1580, il décède le 14 juillet 1614. Baron de Chappes, seigneur de Dun-le-Pelteau et de Cors, maître  de camp d'un régiment sous  le maréchal d’Aumont, son père. 

Il épouse Charlotte Catherine de Villequier de Clairvauxfille unique de René de Villequier, baron de Clairvaux, seigneur d’Eury, chevalier des Ordres du roi, premier gentilhomme de la chambre du roi, gouverneur de Paris, mignon du roi Henri III, et de Françoise de la Marck, sa première femme qu’il tua à Poitiers, de jalousie, dans la maison du roi, au mois de septembre 1577. René de Villequier est le second fils de Baptiste, baron de Villequier et d’Anne de Rocherchouart, petit fils d’Artus de Villequier et de Marie de Montberon.

Lui-même fils d'André seigneur de Villequier, et d'Antoinette de Maignelais. Cette dernière étant apparentée à Agnès Sorel, dame de Beauté (à cause de son château de Beauté sur Marne) qui était la maîtresse de Charles VII. A sa mort, Agnès laissa au roi quatre filles.... et sa cousine Antoinette de Maignelais, fière, impérieuse et arrogante qui deviendra à son tour favorite en titre. André de Villequier sera l'époux que lui destine le roi. Il accepte avec empressement cette honte et cet honneur ! Sa femme n'est-elle pas mentionnée dans les instructions que reçoivent les ambassadeurs étrangers reçus à la cour de France ? 

Charlotte de Villequier est l'unique héritière de la maison de Berry. En premières noces elle avait épousé François d'O, chevalier, seigneur d'O, Flines, Fresnes, Maillebois-Bléney, Ste Colombe, Bazement, Moranvilliers......C'est lui qui fit bâtir le magnifique château d'O à Fresnes en Vexin. Maître de la garde-robe du roi en 1571, premier gentilhomme de la chambre du roi Henri III, lieutenant général de Normandie, conseiller d'Etat, gouverneur de l'Ile de France, capitaine de compagnie, gouverneur de Caen, chevalier de ses Ordres, surintendant des finances et favori du roi Henri III. Sans enfant de cette union.

Six enfants sont nés:
 

1.César d'Aumont, né vers 1604, décédé le 20/4/1661, inhumé à Picpus.

Marquis de Clairvaux, Chappes, vicomte de Guerches, gouverneur de Touraine, dit le Marquis d'Aumont

Il avait épousé Renée aux Epaules, dite de Laval, fille de René aux Epaules, marquis de Nesle, et de Marguerite de Montluc de Balagny, dont il n'eut pas d'enfant.

De son second mariage, avec Marie Amelot, décédée le mois d'octobre1675, fille de Jacques, seigneur de Carnetin, conseiller et président des requêtes au palais, sept enfants sont nés:


 

a. Jean-Jacques d'Aumont, marquis de Clairvaux, décédé le 10/4/1657 à l'âge de 21ans, sans alliance.  

b. Anne d'Aumont, religieuse.  

c. Anne d'Aumont dit la Jeune, qui épouse Gilles Fouquet (1637-1692) seigneur de Mézières, premier écuyer de la grande écurie du roi, frère de l'intendant Fouquet.

Elle est citée, d'après d'Hozier, comme étant la marquise de Clairvaux.  

d. Marie d'Aumont, religieuse.  

e. Elisabeth d'Aumont, décédée sans alliance le 1/12/1668.  

f. Charlotte d'Aumont.  

g. Radegonde d'Aumont.

2.Antoine d'Aumont, qui suit.

3.Roger d'Aumont, évêque d'Avranches en 1644, abbé d'Uzerches et de Longuilliers, puis abbé de St Aubin-des-Bois, au diocèse de St Brieuc, décédé à Paris le 25/3/1653, âgé de 48 ans, enterré à Picpus. En 1642, il était à Tarascon.

4.Charles, marquis d'Aumont, né en 1606, lieutenant général des armées du roi en Allemagne, mort à Spire de la blessure qu'il reçu au siège de Laudau le 5/10/1644, âgé de 38 ans, il sera enterré à Picpus.

Il avait épousé Marguerite (Anne) Hurault de Chiverny, fille d'Henry, comte de Chiverny, gouverneur du Pays Chartrain et de Marie Gaillard, son épouse. 

Marguerite était veuve d'Erasme de Daillon, comte de Briançon. Sans hoirs.

Son blason :

" De gueules au sautoir d'or "

Blason attribué au marquis d'Aumont, sans autres indications qu'IsleAdam, Champagne, territoire qui appartient bien à cette famille.

« Guillaume Belot, Ier du nom, écuyer, sieur de Moulins et en partie de Clos, de Laleu et de La Mothe, conseiller du roi, commissaire ordinaire des guerres, fit hommage le 28 octobre 1652 du lieu nommé le Guai-Fagot et autrement le Guai-Chevalier, situé dans les paroisses de Contreset de Fresnes, à Dame Anne Hurault de Chiverny, veuve de Messire Charles dAumont  »  

5.Jacques Emmanuel d'Aumont.

Né en 1610, il décède en 1643. Seigneur d'Aubigny et Faye.

En 1632, il avait épousé Suzanne de Saint Aubin, dame d'Aubigny et Faye, fille de Daniel de Saint Aubin et de Louise d'Héricourt, dont une fille:

- Anne Elisabeth d'Aumont, décédée le 9/6/1665, qui avait épousé Erard du Châtelet, marquis de Thons, maréchal de Lorraine, dont elle devient la seconde épouse.   

6.Anne d'Aumont, dite de Chappes.

Née vers 1601, elle décède le 18/10/1642.

Elle épouse Antoine Potier, seigneur de Sceaux, secrétaire d'Etat. 

En secondes noces, elle épouse Charles de Lannoy, (1624) fils de Christophe de Lannoy, seigneur de Laboissière, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, gouverneur des ville et citadelle d'Amiens puis de Montreuil, et de Charlotte de Villiers St Pol, gouvernante d'Elisabeth de France, puis première dame d'honneur de la reine Anne d'Autriche.

Charles de Lannoy, comte, conseiller d'Etat, premier maître d'hôtel du roi, fait chevalier des Ordres du roi en 1632 et décédé en 1649.

Une fille:

- Anne Elisabeth, comtesse de Lannoy née en 1626, qui épouse Henri-Roger de Plessis de la Roche Guyon, seigneur deLiancourt.

En secondes noces, elle épouse Charles de Lorraine, prince d'Harcourt.

 

 

Chronique I Les descendants d’Anne Aumont 

 
 
« Marie Secondat, au nom et ayant pouvoir dudit sieur d’Harambure, son mari, donna aveu et son dénombrement le 8 décembre 1595 à Jacques d’Aumont, seigneur de Cors, à cause des château et châtellenie de Romefort assis dans la paroisse de Ciron et qu’elle possédait dans la mouvance de ladite châtellenie de Cors » 


ANTOINE   D'AUMONT


XVII
 
Duc d'Aumont, de Rochebaron, Villequier, baron d'Estrabonne, marquis d'Isle, de Nolay, de Chappes .
Enfant d'honneur de  Louis XIII, enseigne en 1617 au régiment de Chappes. ( son frère )
Il participe aux sièges  de Montauban  et Royan en 1621 et 1622, commande sa propre compagnie de chevaux légers en 1625, de 1627 à 1629 et figure dans toutes les campagnes contre les réformés.
En 1632 il est capitaine à la 3ème compagnie française des gardes du roi, chevalier de ses Ordres en 1633. Gouverneur de Boulogne en  1635, de  Monthulin et  Etaples, du pays boulonnais. Maréchal de camp en 1638, de 1639 à 1641, il commande un régiment d'infanterie de son nom et participe aux campagnes de la guerre de 30 ans. Conseiller d'Etat en 1642, lieutenant général en 1645, maréchal de France le 2 Janvier 1651 pour avoir décidé de la bataille de Réthel, sur Turenne.
Gouverneur et lieutenant de la ville, prévôté, vicomté de Paris en 1662. Duc et pair de France en 1665.
(Dans les archives BN. "Les cinq cent de Colbert" on cite des lettres écrites par lui à Colbert, concernant l'attentat contre le duc de Créquy et d'autres, relatives à la guerre navale contre l'Angleterre.)
 

Ses batailles: Siège de Montauban en 1621, Isle de Rhé en 1627
                     Siège de la Rochelle en 1628, prise de Courtrai
                     Prise  de  Mardijck, Dunkerke, Lens  et  Condé

Il participe aux batailles de Réthel et Flandres.
Par  lettres  patentes du mois de novembre 1661, le marquisat d'Isles fut érigé en duché-pairie pour lui et ses descendants mâles. Il est reçu au  Parlement en qualité de pair de France le 1er décembre 1665.
(Pair, dignité liée à la possession d'un fief et pouvoir d'y rendre justice, les fils en héritent par droit de survivance)
 

Le 14/2/1652, il lève un régiment de cavalerie de son nom, qui fut incorporé en 1654 dans le régiment devenu cuirassier du roi. Il était propriétaire et armateur d'une frégate nommée  "La Louise d'Aumont"

Il  reprendra du service au début de la guerre de dévolution, mais ne sert pas en 1668.
Ses  contemporains  l'avaient surnommé  " Tarquin le Superbe ". Son portrait peint existe à l'hôtel de ville de Boulogne, mais il existe aussi de lui de nombreux autres portraits gravés par Daret Moncornet, Larmesin, Aubry et j'en passe assurément.

L'hôtel d'Aumont subsiste dans la haute ville de Boulogne-sur-Mer, au bout de la rue d'Aumont.
On peut encore voir à la  cathédrale de  Boulogne, une plaque surmontée du blason  du duc d'Aumont, attestant qu'il offrit en 1666, les marbres et albâtres du jubé.
Son blason:

" D'argent au chevron de gueules, accompagné de 7 merlettes de même, quatre en chef et trois en pointe, mal ordonnées, 1 et 2."

Support: deux griffons portant au col une médaille chargée d'une merlette.
Cimier: trois casques de face, surmontés chacun d'un griffon naissant et d'une couronne de gouverneur de province.
Devise: " Uni militat astro "

Né en 1602, et décédé le 11 janvier  1669, d 'une  apoplexie, inhumé à St Gervais de Paris.
Le 14/3/1629, il avait épousé Catherine Scarron, dame de Vaures, née en 1615, décédée le  26/11/1691, fille  de  Jean Baptiste Michel Antoine Scarron, conseiller du roi, conseiller en la 3ème Chambre des  enquêtes du  Parlement de  Paris, contrôleur des Ponts et Chaussées, trésorier général de France, oncle du poète Scarron. Il décède le jour de Pâques en 1655, son épouse était Catherine Thadei.

Chronique II  " Françoise d'Aubigné"
 

Six enfants sont nés

1.Louis Marie Victoire d'Aumont, né le 9/12/1632, qui suit.
 

2.Anne Elisabeth d'Aumont, née le 9/11/1633, décédée le 27/2 en 1716 en son château de Dormans en Champagne.
Elle fut dame d'honneur de Madame Christine de France duchesse de Savoie, et avait épousé le 12/7/1661, Charles, comte de Broglie, comte de Santana, marquis de Dormans, (sur la Marne)  grand bailli du Hainaut, gouverneur d'Avesnes, lieutenant général des armées du roi. Gouverneur des villes de Belfort, de La Bassée et d'Avesnes, doyen des lieutenants généraux. Né en 1617, il décède le 17/5 en 1702. Fils de Amédéo Broglia, comte, né vers 1560, décédé après 1626, et de Angelica Tana, 1581-1635. (Ils eurent quinze enfants, Charles sera le dernier..)

Amédéo est fils de Bernardo Broglia, signore di Santana E Cortadone, né ca 1530, décédé en 1588, qui avait épousé, en 1557, Francesca Peletta, née vers 1530, dont il eut treize enfants.

Bernardo est fils de Pietro Broglia, né vers 1480, décédé entre 1539-1550 et de Anna Nicola Bertone, épousée en 1521, dont il eut trois enfants. En premières noces il avait épousé Gabriella Renzo.

Lui même fils de Domenico Broglia et Bartolomea Villa.
 

Une fille unique, Anne Catherine  de  Broglie, née en 1663, qui décèdera à  Paris le 4/12/1701, inhumée à Dormans. En 1682, elle avait épousé Procope Hyacinthe Joseph, prince de Ligne et du St Empire, marquis de Moy, baron de la Fauche et de Vieges, seigneur de Tugny, châtelain de Montcornet, né le 25/12/1659, frappé de mort subite à Paris en 1723 et  inhumé à  Dormans. Il avait  été institué héritier universel par Henri de Lorraine, 2ème du nom, comte de Chaligny, marquis de  Moy, son grand  oncle, mort en 1670, à  charge et conditions de porter les noms, armes et livrées de Lorraine et de Moy. Il fut  capitaine de cavalerie au régiment de Tilladet, puis capitaine-lieutenant de la compagnie des  gendarmes écossais, brigadier des armées du roi, en 1690 à la bataille de Fleurus et retiré du service en 1692.
Le prince de Ligne et Anne Catherine de  Broglie eurent huit enfants, dont un seul héritier, Claude Lamoral Hyacinthe, prince de Ligne, né le 20/1/1690, décédé sans hoirs à Paris le 30/8 en 1755, époux de Henriette  Eugénie de Béthisy de Mezières, dame du palais de la reine d'Espagne.
 

3.Charles d'Aumont, né le 13/11/1634, mort en janvier 1695, abbé d'Uzerches, de Barzelles, de Beaulieu et de Longvillers, dans le Lot.
   Son portrait a été peint par Jacques Lenfant d'Abbeville.
 

4.Catherine Marie d'Aumont, religieuse en l'abbaye aux Bois à Paris, abbesse du Pré au Mans en 1677, décédée en mai 1708.
 

5.Antoine d'Aumont, baptisé le 27/2/1638, décédé jeune.
 

6.Armand Jean d'Aumont, baptisé en avril 1640, décédé jeune.


LOUIS  MARIE  VICTOIRE  D'AUMONT 


 

XVIII        

Duc d'Aumont, de Rochebaron, comte de Brezé, baron de Chappes, Estrabonne, Convez, Molinot, Joncy, Rochetaillé et Nolai, marquis d'Isles, seigneur de Lis, de Mothe, La Forest, Grailly et La Tour Brillebault, pair de France.

Colonel de  cavalerie le  26/11/1644, il lève  un  régiment  de cavalerie de son nom en 1646, régiment licencié en 1661. Capitaine des gardes du corps du roi en 1651, maréchal de camp par brevet  le  14/7/1652, avec  la mention  " services  très distingués ". Maître  de  camp, lieutenant  au  régiment  des cuirassiers du roi le  2/12/1665 jusqu'en  1668, rétablissant le régiment  de  son nom le  7/1/1668. Brigadier de cavalerie  par brevet le 5/1/1667

 

Premier  gentilhomme  de la  chambre du roi le  14/3/1669, par suite de la démission du duc de Mortemart, charge qu'il achète  800.000 livres.

Gouverneur de Boulogne et du pays boulonnais. Nouveau régiment de cavalerie de son nom le 10/12/1673, il s’en démit en  1677 et  suit le  roi  dans toutes ses campagnes. Il lève un nouveau régiment de cavalerie le 20/8/1688, s'en défait en janvier 1692.

Après son décès, son coeur fut mis au  jubé de la cathédrale de Boulogne, jubé que son père et lui avaient fait construire.

Nombreux portraits, entre autre à l'hôtel de ville de Boulogne. 

Le duc d'Aumont reçut à Boulogne, le 23 décembre 1688, la reine d'Angleterre  et  le duc de Galles, et ce,  avec le plus grand faste.

De même, il fut envoyé, comme premier gentilhomme, complimenter à l'hôtel des ambassadeurs, lord  Portland, envoyé de Guillaume d'Orange.

Comme son père, il fut armateur. Un navire à été retenu, le vaisseau "La Dauphine" dont il fit l'état des munitions embarquées. Selon une lettre de juillet 1672, le rôle des matelots embarqués au Havre. (Mélanges Colbert)

Numismate, membre honoraire de l'Académie des Inscriptions, il s'était également fait une réputation comme antiquaire.

Le  bon goût  paraît  avoir  été  un privilège  de  la maison d'Aumont.     

Né  le  9/12/1632 à Saint Gervais, Paris, il meurt subitement à Paris le  19/3/1704.

En premières noces, le 21/11/1660, il avait épousé  Madeleine Fare  le  Tellier  née en  1645, qui décède le  22/6/1668, (son portrait est à Versailles) fille de Michel le Tellier, marquis de Barbezieux, seigneur de Chaville et Louvois, décédé à Paris le 30/10/1685, chancelier de France, commandeur des Ordres du roi,  secrétaire  et  ministre  d'Etat à la guerre,  puis  chancelier, et  d'Elisabeth Turpin de Vauvredon, épousée le 12/2/1629, décédée à Paris le  28/11/1698  à 91 ans. Madeleine  était  la soeur  du marquis François Michel Le Tellier de Louvois, secrétaire d'Etat, né en 1641 + en 1691  et de Charles Maurice Le Tellier, archevêque - duc de Reims et pair de France,1646-1668.

Michel Le Tellier était fils de Michel II Le Tellier et de Claude Chauvelin épousée le 4/7/1599.

Lui-même fils de Michel Ier Le Tellier, décédé en 1608 et de Perette Loquet, décédée en 1593. 

En secondes noces, le 28/11/1669, il épouse Françoise Angélique de la Mothe-Houdancourt, dame de Fayel, née de Toucy en 1650, décédée le  5/4/1711, inhumée aux Feuillants, (portrait à Chantilly) fille aînée de Philippe de la Mothe-Houdancourt, duc de Cardone, pair et maréchal de France, décédé en 1657, et de Louise de Prie, marquise de Toucy, gouvernante des Enfants de France, décédée en 1709. Soeur de Charlotte Eléonore Madeleine de la Mothe-Houdancourt, mariée le 14/3/1671 avec Louis Levis pair de France, gouverneur du Limousin, décédé en 1717, duchesse de Ventadour, décédée en 1744, dont une fille, Anne de Levis Ventadour 1673-1727. Et de Marie Isabelle Angélique de la Mothe-Houdancourt, duchesse de la Ferté Senneterre, décédée en 1726.

« Elle était dévote, outrée, joueuse démesurée. Impérieuse et méchante, difficile à vivre » 

Elle recevait du roi 10.000 livres de pension, et c'était la meilleure amie de Madame d'Argenson, amie du  duc  d'Orléans.

Il vendit l'hôtel d'Aumont sis à St Germain en Laye en 1709 au sieur Dumoutier.

Le duc d'Aumont crut que sa femme avait un amant, laquelle se retira dans un couvent. L’Histoire a retenu qu'il devait s'agir de Gabriel de Cassagnet, chevalier de Tilladet, reçu chevalier de Malte en 1647, lieutenant général, gouverneur d'Aire, décédé le 11/7/1702. 

Outre un fils et une fille naturels connus, six enfants sont nés de ces deux alliances: 

1.Marie Elisabeth Magdeleine Fare d'Aumont, née en 1662, qui  épouse le 14/10/1677, Jacques  Louis de  Béringhen, dit le  Marquis, chevalier, marquis  de  Châteauneuf, en Bretagne, comte de Plessis-Bertrand, seigneur d'Arminvilliers et de Grez, premier écuyer du roi, chevalier de ses ordres.

Gouverneur  de  la  citadelle et  du  Fort  de St Jean de   Marseille, président  du  conseil  du  dedans  du royaume  pendant la minorité du roi, directeur général des ponts et chaussées de France.

Il décède le 1/5/1723. Elle décède le 18/10/1728, inhumée aux Feuillans de la rue St Honoré.

D'après deux blasons accolés, ils ont au moins une fille, Anne Benigne Fare Thérèse de Beringhen, marquise de Vassé par son mariage avec  Emmanuel  Armand, marquis de Vassé, brigadier du roi, dont elle resta veuve en 1710. Elle décède le  26/9/1749, à 67 ans, donc née  vers 1682.

Son blason:  

"D'or à 3 fasces d'azur (Vassé) accolé à Beringhen, écartelé  aux 1  et 4, d'argent  à  3  pals de  gueules, au  chef  d'azur  chargé  de  2  quinte-feuilles  d'argent, au chevron  de gueules de 7 merlettes de sable, 2, 2, et 3 en pointe, posées 1,2."(Aumont)

(Catalogue de la marquise de Vassé) 

Non confirmé, un fils, Henri Camille, marquis de Beringhen  né le 1/8/1693, décédé le 22/2/1770, premier écuyer du roi le  7/2/1724, chevalier  de  ses  Ordres, gouverneur  des   châteaux  de  Muette  et  Madrid  en  1734, même blason de Béringhen , bibliophile  averti  et  grand amateur d'art.

On  disait  de  la  marquise  de  Béringhen, soeur du  duc d'Aumont, qu'elle était  basse, fausse, intrigante et très  laide quoique merveilleusement parée, plus d'esprit encore que son frère, avec lequel elle était très liée. Son mari, par  contre, était  homme d'honneur, de fort peu d'esprit mais aimé et estimé de la cour et du roi. 

2.Anne Charlotte Fare d'Aumont, née en 1664, décédée à Paris le 15/4/1724, qui  épouse le  4/2/1683, François  Joseph,  marquis de Créquy, lieutenant général des armées du roi, colonel au régiment royal, décédé de ses blessures reçues au combat de Luzzara le 15/8/1702.

On disait de la marquise de  Créquy  que les relations qu’elle  entretenait   avec son oncle Charles Maurice  Le Tellier, archevêque de  Reims, n'étaient pas sans scandale. Il l'aurait enrichie et on le soupçonnait de l'avoir aimée autrement qu'en oncle.  Après son décès, l'abbé d'Estrées lui succédera parfaitement. Au  décès de ce  dernier, en  mars 1718, la marquise, de mondaine qu'elle fut, devint la plus retirée et la plus modeste des femmes.....

Du  marquis  de Créquy  il fut dit  qu'il avait été fort galant et universellement  regretté  pour sa valeur et sa  capacité dans le métier de la guerre. 

3.Louis François d'Aumont, marquis de Villequier, né en 1666, décédé en 1667. 

4.Louis d'Aumont, né le 19/6/1667, qui suit. 

5.N. d'Aumont, décédé jeune, au mois de septembre 1669. 

6.Louis François d'Aumont, seul enfant du 2ème mariage.

Né le 30/3/1671, décédé à Paris le 6/11/1751, d'indigestion. Il aurait laissé 45.000 livres de rentes à son neveu....Marquis de Chappes, duc d'Aumont et d'Humières. Premier  gentilhomme  de  la chambre du roi et lieutenant général de ses armées. A la mort de son frère, il fut  gouverneur de Boulogne et du   Boulonnais, du fort de Monthulin, d'Estaples et de La Tour  d'Or.

Mousquetaire en 1688, sous le  nom  qui  était le sien à ce moment, marquis de Chappes. Devenu, par son  mariage en  1690,  marquis  d'Humières et gouverneur de Compiègne, brigadier d'infanterie du roi le 3  janvier 1696, maréchal de camp le 4 février 1702, et colonel  d'un régiment  d'infanterie de son nom du 12 mars 1689 au 9  février 1702, lieutenant - colonel le  31/10/1704. Lieutenant général le 26/10/1704. Son portrait est également à l'hôtel de ville de Boulogne. Il se fit confirmer dans un privilège l'extraction  exclusive du  charbon de terre pour les mines ouvertes et à ouvrir dans le boulonnais. Il  participera  aux  sièges  de Philisbourg,  Mannheim, Franckendael, ainsi  qu'au  siège  des ville et château de Campredon.

Il fera  l'armée des Flandres,  sera à  Fleurus, au  siège de Mons, se  bat à Leuze en  1691, combat à Steenkerke, participe au bombardement de  Charleroi en  1692, siège de Huy, bataille de Neerwinde,  nouveau siège de  Charleroi en 1693, armée des Flandres en 1694, bombardement de Bruxelles en 1695. Il sera brigadier  le 3/1/1696, participe au siège d'Ath et à sa  prise.  Maréchal  de  camp le  29/1/1702,  sert  sous  le maréchal de Catinat en Allemagne.

Nous le retrouvons  aux  sièges de  Brissack et  Landau, à la bataille de  Spire en  1703, à  Hoechstet  en  1704, il sera lieutenant général la même année, le 26 octobre.

Le 26/11/1723, il sera gouverneur de Boulogne, par succession de son frère décédé.

Le 15/5/1690, il avait épousé Anne Louise Julie  de Crevant d'Humières, fille héritière de Louis de Crevant d'Humières duc, maréchal de France, gouverneur de Lille, remplacé dans cette fonction le 21/4/1672  par d'Artagnan, capitaine des  Mousquetaires du roi.

Grand maître de l'artillerie de France, décédé le  30/8/1694, et de Louise Antoinette de la  Châtre, décédée le  2/12/1723, mariage accepté à la seule condition de prendre le nom et les  armes  d'Humières. Sa femme avait 5 ans de plus que lui, née en 1665, décédée à Paris le 19/11/1748, la tête  fort affaiblie. Elle était parente au 6ème degré de Messieurs de Puylaurens de La Clavière.

 

Deux enfants: 

      - Louise  Françoise  d'Aumont de  Crevant d'Humières née en 1692, décédée le 9/9/1742. Elle avait épousé le 2/3/1710, Louis  Antoine  Armand de Louvigny, duc de Guiche, de  Grammont, pair de France le 6/4/1713, né le 20/3/1688, décédé  à Paris le 16/5/1741.

Colonel du  régiment des  gardes  françaises, chevalier des  Ordres du roi, reçu à  Versailles le  16/5/1728, lieutenant général des armées du roi en 1734, gouverneur et lieutenant général pour le roi en son  royaume de Navarre  et province de Béarn, prince souverain de Bidache etc.. Fils d'Antoine et  Marie Christine de Noailles. Ils auront quatre enfants, dont deux filles, l'aînée, Marie Victoire, fut mariée à 16 ans avec  son cousin, Antoine Antonin, âgé de 17 ans, fils du frère cadet de son père, dans un but de transmission de noms, biens  et titres. 

      - Louis d'Aumont de Crevant d'Humières (1704-1708)                                

7.Louis, légitimé d'Aumont, connu sous le nom de sieur de Joncy, chevalier de l'ordre militaire de St Louis, capitaine  de  cavalerie, gouverneur des pages de la petite écurie du roi.

Il demeure à Versailles, commence à servir en 1690 à l’âge de quatorze ans dans l’ancien régiment de Villequier, cavalerie. Il se trouvera au siège de Mons, de Namur, à l’affaire de Leuze, aux batailles de Steinkerke et de Nerwinde, aux sièges de Charleroi et de Dixmude.

En l’an 1701, il était capitaine réformé, mais il réintègre néanmoins le régiment de Béringhem où il fut fait major. Il fut également présent à l’affaire de Nimègue et au bombardement de Bruxelles.

Blessé à la bataille d’Hochstet et à celle de Ramilli où il donna la preuve de son courage et de son expérience.

C’est en considération de ses services que Sa Majesté, par lettres patentes en forme de charte, données à Versailles au mois de décembre 1733 et registrées à la Chambre des Comptes, l’a anobli avec la postérité mâle et femelle née et à naître en légitime mariage en lui permettant de porter les armes et le nom d’Aumont, suivant le règlement du juge d’armes de France et le consentement écrit du duc d’Aumont. 

* Les garçons de familles de grande noblesse ne portaient pas le  nom  de  famille  original  jusqu'au décès du  père, de l'héritier premier-né. Il est donc plus  que  probable que certaines branches nées  Aumont ont pu ainsi nous échapper. Ainsi, ce duc d'Aumont  marquis de Chappes, pour ensuite prendre le nom d'Humières, alors plus important, et hériter finalement du duché d'Aumont par succession de son frère aîné, décédé sans enfant mâle, pour assurer le nom.  

Ses armoiries étaient:   

" D'argent à  un  chevron  de  gueules chargé à la  pointe  d'un  bâton d'or   raccourci  et  posé  en barre, le  chevron  accompagné de  sept  merlettes de gueules posées en chef, 2 et 2, en pointe 1 et 2." 

Décédé le 9/5/1747 à 72 ans, épouse inconnue, mais il eut deux enfants: 

- Clotilde  d'Aumont  de  Joncy, qui épouse en 1729, François Henrion, trésorier au bureau des  Finances de Dijon, gouverneur des  pages de la chambre du roi. Plusieurs enfants.  

- Louis d'Aumont de Joncy, né en 1716, décédé en 1748 sans alliance. Lieutenant d'infanterie, régiment de Bretagne en  1740, campagne en  Bavière, aide major de son régiment en 1745, capitaine en 1746, aide major de son régiment  par brevet du  21/10/1744. En 1740 il avait  revendu la  terre de Joncy, située dans le canton de Guiches, arrondissement de Charolles en  Saône et Loire à  Octa Cottin de la  Barre, conseiller au parlement de Bourgogne. 

Le duc d'Aumont eut également une fille, Marie Anne Harmande Carton, de Marie Thérèse Lenoir, comédienne, épouse de Florent Carton, dit Dancourt, laquelle épousa le 4 novembre 1702 Jean Louis Guillaume de  Fontaine, elle fut également la maîtresse de Samuel Bernard et la mère de Madame Dupin.

 


LOUIS  D'AUMONT    


 

XVIII bis                                                       

 

Duc  d'Aumont, de  Rochebaron, marquis de Villequier, pair de France. Premier  gentilhomme de la chambre du roi en 1683, voyagea en Italie, fut reçu avec honneur à Gênes le 23/11/1683 et  mousquetaire  la même  année. Capitaine au régiment de Royal Roussillon, cavalerie de son nom le 20/9/1688, maître de camp du régiment de cavalerie de son nom le 17/3/1690.

Ambassadeur  extraordinaire en Angleterre en 1712, gouverneur de Boulogne et Tour d'Or Monthulin, Estaples. 

Blessé à  Neerwinde le  29/7/1693, il fut  encore  blessé  et estropié  près de  Bruxelles en  1695 ayant eu la main gauche percée le 30 août, en chargeant un corps de cavalerie au delà de la Méhaigne. Brigadier de Cavalerie le 3/1/1696, chevalier de St Louis en 1697, il fut nommé maréchal des camps et armée du roi le 4/2/1702, il se démit à ce moment de son régiment et ne servit plus. Duc et pair le 13/7/1704. 

Le 11/5/1705, le duc avait relevé le fief du Lys, paroisse de Chissez, en Maconnais qui lui venait des Rochebaron. (Ce fief fut revendu par son épouse pour 22.000 livres le 22/4/1717 à Georges Giraud, écuyer, baron de Montbellet, conseiller à la cour de Lyon.) Reçu chevalier des Ordres du roi à Versailles le 2/12/1712, ambassadeur extraordinaire près la cour de St James, il arriva en Angleterre en 1712. A son retour, il affectait les manières anglaises mais fut chaleureusement reçu par le roi. D'après St Simon, il fût accusé d'avoir lui-même incendié l'hôtel de l'ambassade pour couvrir une contrebande.

(Lequel hôtel brûla avec tous ses meubles, et le duc ne s'en montra aucunement contrarié...)

Il obtient du Régent en 1715, pour son fils, la survivance de ses charges de premier gentilhomme du roi, de gouverneur de Boulogne et pays boulonnais.  

Lors de la conspiration de Cellamare, le duc d'Aumont eut bien peur d'être arrêté comme l'avait été le Prince de Cellamare au couvent des Carmes.

Après qu'on l'eut rassuré, il se montra avec beaucoup de hardiesse tout le jour dans le carrosse du duc de Maine, pour rassurer aussi ses amis (journal de Régence, en date du 23/12/1718). « Le duc était prodigue et galant.....Il tomba en apoplexie chez la comédienne Dangeville qui était sa maîtresse, et qui le renvoya dans un fiacre avec un chirurgien à l'hôtel d'Aumont, ou la duchesse ne voulut pas le voir parce qu'il avait avec lui son fils le duc de Villequier, qu'elle n'aimait point...." (Marais, II, 441-442, le 8/4/1723). 

Son portrait se trouve également à l'hôtel de ville de Boulogne.

Né le 19/7/1667, décédé le 6/4/1723, d'indigestion de poissons.

(Version officielle, il créait de ce fait un précédent...) 

Déjà en 1717, il était l'ami en titre de Madame de Ruppelmonde, née Marguerite d'Alègre. En 1723 Mademoiselle de Clermont prendra la relève, sans doute parmi bien d'autres inconnues.

Le 17/12/1690, il avait épousé Olympe de Brouilly, dame de Piennes, née en 1661, décédée à Passy, de la petite vérole, le 21/10/1723.

Elle était la soeur aînée de la comtesse de Châtillon, dame d'atours de Mesdames Royales, fille héritière d'Antoine de Brouilly, marquis de Piennes, près de Montdidier en Picardie, chevalier des Ordres du roi en 1661, gouverneur de la  ville et citadelle de Pignerol, décédé à Paris le 1/11/1676, et de Françoise Godet des Marais, épousée en 1661. Elle fut finalement la principale héritière de son père le duc de Piennes et se maria par amour. Il semble que le duc d'Aumont mit des années avant de consentir à ce mariage. Olympe de Brouilly était séparée de biens de son mari le duc d'Aumont.

Deux enfants sont nés: 

1.Louis Marie d'Aumont, né le 26/9/1691 à Saint Gervais, Paris, qui suit. 

2.N. d'Aumont, né le 9/12/1692, décédé le 5/10/1702.


LOUIS MARIE D'AUMONT  


 

XIX

     

Duc d'Aumont de Rochebaron, marquis de Villequier.

Pair de France, par la démission de son père. Premier gentilhomme de la chambre du roi, brigadier de ses armées, maître de camp, mousquetaire en 1708, colonel d'un régiment de cavalerie de son nom depuis le 3/2/1706, vendu en 1709 à Monsieur Le Tellier, mousquetaire, colonel de régiment de cavalerie d'Anlezy le 30/3/1709, cédé en 1713 à Louis Charles, marquis de Gouffier. Depuis 1710, maître de camp du régiment Royal Champagne, cavalerie, qu'il tiendra jusqu'à sa mort. 

Gouverneur des ville et citadelle de Boulogne et du Boulonnais, gouvernement qui passera à son oncle le duc d'Humières à sa mort. Brigadier le 1/2/1719.

Chevalier de St Louis par faveur, dit-on, car il n'y avait pas droit.

Il aura la même réputation de galanterie que  ses prédécesseurs. 

Né à Paris le 26/9/1691, il décède le 5/11/1723 de la petite vérole, inhumé à Guiscard.

La chronique mondaine dit de lui "qu'il était très bien fait, avec un beau visage et fort bien avec les dames"

 

Le 9/7/1708 il avait épousé Catherine de Guiscard, née le 12/1/1688, décédée à Auteuil le 9/9/1723, fille héritière de Louis, comte de Bourlie (par décès de son frère, Louis Auguste à Vienne, le 24/12/1692, décédé sans hoirs), et la plus riche héritière de France, origine le Quercy. Son père était comte de Neuvy, marquis de Guiscard Magny en Picardie et seigneur de Guiary en Noyonnais, de Fourrimoy.

Lieutenant général des armées du roi, reçu chevalier de ses Ordres le 1/12/1696, gouverneur de Namur puis Sedan, né le 27/9/1651, décédé le 6/12/1720, marié à  Angélique Elisabeth de Langlée, dame de l'Espichelière,  Maine, décédée à Paris le 29/9/1752, fille de Claude de Langlée, maréchal général des logis des camps et armées du roi, et de Catherine Roze de Cartabalan. Elisabeth de Langlée offrira à son gendre, pour sa première présence au Parlement, un habit de drap d'or à 200 livres l'aune)

Toujours d'après les chroniques et mémoires de ce temps, Mademoiselle de Guiscard avait longtemps été convoitée par Madame de Montespan pour le duc de Mortemart.

Trois fils sont nés:

 

1.Louis Marie Victor Augustin d'Aumont, qui suit.

 

2.Marie  Louise  Hippolyte  d'Aumont, marquis de Chappes, né  le 17/8/1711 et décédé le 2/8/1720.

 

3.Nicolas Olympe  Augustin  d'Aumont, chevalier, né le 17/6/1715 à Saint Roch, Paris,décédé le 28/11/1724. Chevalier non profès de l'Ordre de St Jean de Jérusalem. 

Madame  de  Maintenon écrivit à Madame des Ursins le 25 avril:

(recueil Geffroy, II, 162)  

"........ La fille de monsieur de Guiscard, par la mort de son oncle, Monsieur de Langlée, se trouve un parti de deux millions bien faite et bien élevée; mais elle a pour oncle Monsieur l'abbé de la Bourlie, qui est un endroit si triste, que plusieurs seigneurs n'ont pas voulu passer dessus...."


LOUIS MARIE VICTOR AUGUSTIN D'AUMONT


 

Duc d'Aumont et Rochebaron, marquis de Villequier, pair de France en 1736, marquis de Villequier, d'Isles, de Nolay et Guiscard, comte de Berzé, baron de Chappes, de Rochetaillée, Joncy, Estrabonne, Couvez, Molinot, de Lis, La Mothe sous Sigi.

Premier gentilhomme de la Chambre du roi en 1723, par la mort de son père. Il obtient la survivance de la charge pour son second fils, le duc de Villequier. Mousquetaire en 1726, il lève une compagnie de cavalerie au régiment de Ruffée le 2/2/1727 et obtient un régiment de cavalerie de son nom le 14/8/1728 jusqu'au 28/7/1743.

Maître de camp du régiment Royal Pologne, d'un régiment de cavalerie  de son nom, brigadier  des  armées du roi en 1740, chevalier de St Louis en novembre 1740, maréchal des camps et armées du roi en 1743, nommé pour servir les Flandres sous les ordres du maréchal de Noailles.

En 1744, choisi pour être un des aides de camp du roi, chevalier du St Esprit en 1745, sert à Fontenoy comme aide de camp de S.M., lieutenant général des armées du roi en 1748, pourvu du gouvernement des ville et château de Compiègne et des chasses en dépendant par la démission du duc d'Humières, son parent, par agrément royal du 20 juin 1748 duquel il se démit le 15/9/1766 en faveur du vicomte de Laval.

Gouverneur de la ville et cidadelle de Boulogne, dont on  dit:

       " qu'il ne veut que ses créatures à Boulogne "

Succédant au duc d'Humières, gouverneur de Compiègne et des ville et citadelle de Montreuil sur mer, à la mort du chevalier de St André, en 1761, gouverneur et grand bailli de Chauny en Picardie, gouverneur du pays boulonnais, d'Etaples et Monthulin.

Il semble que cette famille soit des plus riches, car en plus de tous ces titres, un arrêt du Conseil d'Etat du 6 juin 1741 permit au duc et à la duchesse d'Aumont d'exploiter les mines de charbon du Boulonnais. En 1784, le privilège des ces mêmes mines appartenait au duc de Villequier, fils puîné, par arrêts du Conseil les 14 mars et 31 juillet. 

Né le 28/8/1709, il décède à Paris le 13 ou 14/4/1782.

Il demeure à Paris, hôtel de la rue Beaune, paroisse St Sulpice et son blason est identique à celui de son père.  Le  23/4/1727.

Il épouse  Victoire Félicité de  Durfort Duras, née en 1706, décédée le 16/10/1753, fille aînée de Jean Baptiste de Durfort, duc de Durfort et maréchal de Duras, pair et maréchal de France, marquis de Blanquefort, comte de Rauzan, marquis de Pujol, cavalier des ordres du roi, commandant de Guyenne, gouverneur des la Franche Comté et du château Trompette à Bordeaux, décédé à Paris le 8/7/1770 et Angélique Victoire de Bournonville, dame d'honneur de Mesdames de France, décédée à Paris le  30/9/1764, mariée le 31 janvier 1706. La duchesse d'Aumont fut, en novembre 1736, légataire universelle de sa grand-tante, Jeanne d'Albert de Luynes, comtesse de Verrues, par substitution avec sa fille. Les duchesses d'Aumont et de Duras furent les amies intimes de Madame de Pompadour.

 

Victoire Félicité avait épousé le 10/4/1720 (et sera veuve le 13/11/1721) Henri Jacques Stuart, duc de Fitz-James, né le 15/11/1702, pair de France, fils de Jacques Fitz-James duc de Berwick et de Fitz-James, né le 21/8/1670, décédé le 12/6/1734, (lequel était fils naturel du duc d'York, futur roi Jacques II d'Angleterre et d'Arabella, dite Arabella Churchill, sa maîtresse, fille du duc de Marlborough) et de Anne Bulkeley, sa seconde femme épousée le 18/4/1700.

 

Le blason de Victoire Félicité d'Aumont était: 

"D'argent au chevron de gueules, accompagné de 7 merlettes de sable, 2, 2 et 3 en pointe 1 et 2 (Aumont) accolé, écartelé aux  1 et 4 d'argent à la bande de gueule (Durfort) aux  2 et 3 de gueules au lion d'argent" (Duras)

Quatre enfants: 

1.Louis  d'Aumont, marquis de  Villequier né le 3/4/1729 et décédé le 1/1/1731. 

2.Jeanne  Louise  Constance  d'Aumont, née le  11/2/1731 à Saint Sulpice, Paris, qui décède à   Versailles le 1/10/1816, sans enfants de son union le 13/1/1747 avec Gabriel  Louis  François de Neufville,  marquis, puis duc de Villeroy en 1766. Pair de France le 29 janvier  1767, marquis de  Neufville et Alincourt, comte de Sault, né le 8/10/1731 et mort le 28/4/1794  sur l'échafaud à la Révolution, dernier mâle de son nom.

Capitaine des gardes  du  corps de sa  majesté, 2ème compagnie française en 1758, lieutenant  général  des  armées en  1781, chevalier de ses ordres, gouverneur de  Lyon et des  provinces  lyonnaises, Forez et Beaujolais. Villeroy avait comme maîtresse une personne nommée Le Marquis.

La marquise de Villeroy, comme ses ancêtres, avait un goût prononcé  pour les gens de scène, s 'occupant de théâtre, cultivant la littérature.

Elle  fournissait  des  morceaux plutôt piquants aux  journeaux  royalistes de l' époque dans les premières années de la Révolution. 

Elle fit imprimer l'histoire de la Grèce, qu'elle avait traduite de l'anglais, ainsi que  quelques  manuscrits. Elle  passait pour un personnage original.

Les chroniques nous informent: 

"En 1793, la duchesse de Villeroi vivait à Bruxelles où elle venait  d'ouvrir une petite pension  bourgeoise, logeant et hébergeant quatre ou cinq de ses vieux amis, on y trouvait à un prix fort  modique, bonne chambre, bonne table et par dessus le marché,une conversation des salons de Paris.."

Elles nous rapportent également que cette dame de Villeroy  divertissait. Elle était brûlante,  brillante,  sémillante et bonne enfant.

Elle  s'enticha de magnétisme et fut une des adeptes de Mesmer. On  trouve son portrait, sous le nom de  Cléonice, dans la galerie  des dames  françaises  pour  servir de suite à la galerie des Etats Généraux.  (1790)  Elle émigra jusque Turin. A ce moment, l 'hôtel de Villeroy était situé rue de l'Université 141, sur l'emplacement du Pré aux Clercs tandis que le marquis d'Aumont résidait rue de Grenelle St Germain au no 99.          

 

3.Louis Marie Guy Jacques d'Aumont né en 1732, qui suit. 

4.Louis Marie Alexandre Céleste d’Aumont, né le 24/8/1736 qui suit (bis)


LOUIS MARIE GUY JACQUES D'AUMONT 

XVI    

 

Né le 5/8/1732, décédé le 1/9/1799 en son château de Guiscard près de Noyon, Aisne.

Marquis de Villequier puis duc de Mazarin, de la Meilleraye et de Mayenne en 1747, par son mariage. Il possède Convez, Molinot, La Mothe.

Appelé  "Le petit Mazarin". Duc de Piennes en 1781.

Duc d'Aumont à la mort de son père, pair de France, secrétaire du roi, maison, couronne de France et de ses Finances, au Grand Collège le 3/11/1751 en remplacement de feu Michel Nicolas  Marquette de Flavigny, il fut remplacé en cette qualité le 25/3/1758 par L.M. de Poulpry. Colonel de régiment du marquis Talaru en 1748, (cavalerie des troupes boulonaises)  à la tête du premier bataillon de son régiment dans l'armée du maréchal de Contades. Volontaire au siège de Maestricht la même année.

Chevalier de St Louis en 1758. Aide maréchal-général des logis surnuméraires de l'armée  d'Allemagne par ordre du  1/3/1757. Colonel du régiment d'infanterie Aumont-Mazarin, le 15/1/1758. Chevalier de St Louis cette même année. Il fit en 1762 la campagne d'Espagne où il servit au siège d'Almereida.

Maréchal des camps et armées du roi le  21/12/1762, et depuis général d'armée de la République française. La correspondance secrète de Louis XVI à la date du 27 mars 1789 nous apprend qu’il ne se trouve plus que deux pairs aux assemblées, le duc de Gesvres et le duc d’Aumont, ci-devant duc de Mazarin.

 

Blason: 

" Ecartelé au  1 et  4  de  gueules  à la  croix  fleurdelysée d'or  cantonnée de  12 billettes de  même. (Villequier)  Au 2 et 3  d'azur à la hache consulaire d'or, environnée d'un fasceau de même, liée d'argent, à la fasce  brochante de gueules, chargée de 3 étoiles d'or, (Mazarin) et  sur le tout, d'Aumont »

 

A  la  mort  de  son  père, il  fit  vendre  ses  magnifiques  collections, vécu en original, s'occupant de franc-maçonnerie comme d'ailleurs, sa soeur, la duchesse de  Villeroy, frondant ouvertement la cour. Contrairement à son frère, il ne resta pas royaliste, et on peut supposer que la Loge maçonnique qu’il fréquentait n’était pas de la même obédience que Le Rite Ecossais Rectifié, qui fut, elle, déiste et royaliste. Devenu Jacques Aumont, l'un des quatre commandants de la garde nationale de Paris, protecteur de l'abbé Maury. Grand  partisan  du duc d'Orléans, il devint en 1789, chef de la 6ème division,  commandant ces deux bataillons dont il remis le commandement à La Fayette. Il ne gardait donc que le commandement de la 1ère division formée de deux bataillons comprenant tout l’ouest des rues de Montmartre et de la Monnaie, le nord de la Seine depuis le Pont Neuf jusqu’aux Bonshommes. En juillet 1789, il avait loué une petite maison à Viroflay près de Versailles et y réunissait tous les soirs les principaux acteurs des trois ordres, y arrêtant tout ce qui serait discuté aux différentes Chambres le lendemain, formant ainsi le Club Breton, donnant naissance au Club des Jacobins. Il ne voulu plus être que le citoyen Jacques Aumont, grotesque mais brave homme, qui sut se rendre populaire et le rester. Il commanda, à la grande surprise  des  révolutionnaires  eux-mêmes, l'avant-garde  de l'armée parisienne qui alla chercher le roi à Versailles le 5 octobre 1789. Promu lieutenant-général le 20 mai 1791, il fut maltraité à l'hôtel de ville et  failli même  être pendu lors de la  fuite du roi, étant responsable à la tête du bataillon national  de  garde auprès du roi. Ce qui ne l'empêcha pas d'être nommé maréchal de camp, près la 2ème division, puis commandant de Narbonne, mais, semble-t-il, sans aucune qualité militaire. Commandant la 1ère division militaire de Lille, il subit un échec pitoyable devant Mons  pour tomber à peu près dans la nullité absolue. Arrêté durant la Terreur, et écroué sous la désignation de « Guy, laboureur à Aumont » (près Senlis, Oise, domaine de ses ancêtres) il fut l'un des premiers à être remis en liberté en Août 1794. Il se retira alors en son château de Guiscard sans être plus inquiété, alors même que Vadier, du comité de la Sûreté Nationale, avait annoncé à la Convention que le Duc d’Aumont et le Duc de Valentinois avaient été mis en liberté par erreur.

Il est probable qu’il s’agissait d’un essai de main mise sur des biens qui étaient importants, lui assurant des revenus plus que substantiels, tels le duché d’ Aumont, Rethelois-Mazarin ainsi que la principauté de Château Porcin qui le faisait propriétaire d’une bonne partie de la Champagne.

Lors de sa mort, en 1799, il fut mis dans un cercueil de plomb et déposé dans une des galeries du château, où il resta jusqu'en août 1801 ! Il fut alors inhumé avec l'autorisation du préfet de l'Oise, par les soins de sa fille, sous le choeur de l'église de Guiscard.

Mais il faut ajouter que les mémoires du temps parlent plus abondamment des amours du duc d’Aumont que de ses faits d’armes. Nous trouvons ainsi Mademoiselle Allard,danseuse d Opéra dont il fut éperdument amoureux et qu’il entretient fort longtemps. Un rival lui cassa la tête alors qu’il se trouvait chez elle, elle dû quitter Paris. Mais il la repris. En 1766, il sera cette fois amoureux de la demoiselle Adélaïde, des ballets de l’Opéra ou elle était figurante. Le 7/11/1766, les rapports de police nous apprennent que:

«  ...monsieur le duc de Mazarin (Aumont) a quitté la demoiselle Adélaïde s’étant aperçu que le sieur Vestris était toujours dessus.... »

 Et que depuis trois jours,  « monsieur de Mazarin  (Aumont) faisait des passades chez La Gourdan et s’était décidé à retirer la demoiselle Philippine de chez cette dame...... »

 

Par contrat du 10/11/1747 et religieux  du 2/12/1747, il avait épousé Louise Jeanne de Durfort Duras, sa cousine, née le 1/9/1735 à Paris, y décédée le 17/3/1781, inhumée à Chilly, duchesse de Mazarin de la Meilleraye et de Mayenne, dame de Belfont, princesse de château Porcin, âgée de 12 ans. Présentée à la cour, elle prit le tabouret le 16/12 /1747, nommée dame pour accompagner Madame, elle donna sa démission pour cette charge en faveur de sa belle-soeur, la duchesse de Villequier. Unique enfant du premier mariage d'Emmanuel Félicité de Durfort, duc de Duras, pair et maréchal de France, décédé le 6/9/1789, sa première épouse, mariage contracté le 1/5/1733, Charlotte Antoinette de la Porte Mazarini, duchesse de Mazarin, de la Meilleraye, décédée le 6/9/1735, en couche. Elle était l’unique héritière d'Hortense Mancini, nièce du cardinal Mazarin, d'où l'immense fortune.

Les chroniques racontent que Madame Adélaïde se faisait lire par la duchesse d'Aumont, de la littérature légère.....La duchesse avait une bibliothèque importante dont le catalogue comportait pas moins de 48 pages, publié en 1782.

Elle avait vendu le 26/5/1780, à la comtesse Jules de Polignac, le duché de Meilleraye.

A son décès il fut dit: "La duchesse de Mazarin, célèbre pour ses galanteries, est à la mort, elle n'est que dans sa 42ème année, mais en bonne conscience, elle en a vécu 84".

Elle avait congédié le curé de sa paroisse. Le vicaire de Chilly  (la duchesse vivait en son château de Chilly, près de Paris) dit qu'elle avait été une Madeleine pécheresse et malheureusement pas de Madeleine repentante. Le château de Chilly provenait des d’Effiat.

La duchesse de Mazarin  et le duc d’Aumont furent séparés quant aux biens propres, et le duc se vit ainsi interdit de la gestion et administration  des seigneuries de Chilly, Longjumeau, Massy et dépendances.

Elle légua cent mille écus à Radix de Ste Foy, qu'elle entretenait, dit certain auteur, et lui avait donné pouvoir d’effectuer la vente du duché de Meilleraye au comte d’Artois.

Un curieux rapport de police du  19/2/1768  nous informe  que:

 

"la duchesse de Mazarin vient de donner  congé à  monsieur de Pelletier de  Morfontaine  qui la sert depuis des années, pour  le remplacer par monsieur de Sainte Foy, trésorier de la marine qui entretient un commerce clandestin avec la demoiselle Beuvarnier, la vache à lait du sieur du Barry, la future comtesse du Barry".

 

La duchesse d’Aumont Mazarin possédait, entre autres propriétés, un hôtel au  63 de la cité Vaneau qui devint en 1787 l’hôtel de Rohan Rochefort. Charles V, né le 29 août 1729, prince de Rohan Rochefort l’avait, soit acquit, soit hérité de la duchesse.... sa parente ?

Car il existe un mémoire du prince contre la duchesse de Mazarin et autres héritiers de la duchesse de Tallard qui l’avait fait son légataire universel.....

Mais la duchesse eut tant d’amants, et fit tant de donations, procurations, testaments, qu’elle laissa bien des procès derrière elle...

     

Ouvrons une parenthèse.

 

Claude Pierre Maximilien de Radix de Sainte Foy, du nom du domaine de Planit situé sur la commune de Sainte Foy les Lyon était l'un des six enfants de Claude Mathieu Radix, sgr de Chevillon et de la Ferté Loupière, payeur des rentes des l'Hôtel de ville et d'Elisabeth Geneviève Denis épousée le 15/3/1727. Né le 13/6/1736 à Paris St Merry, décédé à Bourbonne les Bains le 23/6/1810. Attaché d'ambassade à Vienne en 1759, trésorier général de la marine de 1764 à 1771, ministre plénipotentiaire auprès du duc des Deux Ponts en 1774, intendant des finances et domaines du comte d'Artois de 1776 à 1779, accusé de détournement en 1782, il sera à Londres en 1783 pour rentrer en France l'année suivante, ayant obtenu de Louis XVI des lettres d'extinction, il retourne chez le duc d'Artois, ministre des Deux Ponts en 1785, agent et conseiller secret de Louis XVI jusqu'en 1792, il sera incarcéré de 1793 à 1794, libéré, il deviendra l'ami, le confident, l'homme à tout faire de Talleyrand. Il perdit son immense fortune, amateur d'art au goût fort sûr, propriétaire du château de Neuilly de 1766 à 1792, ainsi que l'hôtel de Sainte Foy à Paris, somptueuse demeure qu'il avait fait construire en s'inspirant du Trianon. Il ne s'est jamais marié, ayant de nombreuses maîtresses, dont une seule attitrée depuis au moins 1768, Jeanne Louise duchesse d’Aumont-Mazarin, s’occupant également de gérer ses affaires. Il eut une fille, Anne Radix de Saint Foy, dite Mademoiselle de Neuilly, élevée comme une princesse dans ce château dont elle prendra le nom, jusqu à ses douze ans, pour poursuivre ensuite son  éducation  à Londre, et enfin revenir en France  parfaire son instruction au couvent des Filles de la Conception. Elle avait été baptisée le 4/3/1773, déclarée fille de Claude de Sainte Foy et de Marie Jeanne Louise de Bruxière sa mère, demeurant rue François, parrain, Pierre Goy, marraine, Anne Dehay, femme Risimont. Toutefois, personne n'a pu prouver l'existence de la mère et l'on soupçonna la maîtresse en titre de ce moment, laquelle n'était autre que la duchesse d'Aumont, née Jeanne Louise de Durfort, aucune des autres maîtresses de Sainte Foy ne pouvant être impliquées dans cette naissance, selon contrôles et recensements soigneusement effectués par la police de l’époque. 

D'après diverses sources, Jeanne Louise de Durfort aurait légué une fortune, soit 150.000 £ non pas à Claude Radix, mais  par cette façon détournée, à sa fille Anne. De nombreux procès seront d'ailleurs intentés par la principauté de Monaco en vue de récupérer cette immense fortune, en vain. ( ? )

Anne Radix de Sainte Foy épousera le 7/6/1796 à Gouy le Cathelet, Jean Baptiste de Pinteville de Cernon, député de la noblesse du baillage de Chalons/Saône, né le 15/7/1756 à Coudray sur Seine, décédé à Toul le 22/7/1837, dont un fils, Pedre de Pinteville, baron de Cernon (1798-1896)  garde du Corps, colonel de gendarmerie qui épousera Laurence Xavière Joséphine Villedieu de Torcy, dont descendances dans les familles Pinteville de Cernon, le Couteulx, d'Arbois de Jubainville et de Roton.

 

Fermons la parenthèse.

 

Jean Frédéric Phélypeaux, comte de Maurepas fut également un de ses amants de la Duchesse. Il fut l'auteur de mémoires écrites durant son exil à Bourges, ministre de Louis XV et Louis XVI, il raconte en quatre tomes la vie à la Cour à son époque. Ses contemporains n'ont guère été complaisants avec cet auteur, car une note manuscrite figurant en première page de son premier tome dit ceci:

 

                  De l'esprit, des talents, hélas !

                  Pourquoi faut-il que Maurepas

                  De l'homme n'ait que la figure ?

                  D'Aumont, si tu n'est pas cocu

                  Rens en grâce à la nature

                  C'est elle qui n'a pas voulu !

 

Monsieur de  Maurepas  passait pour  impuissant, ce qui donna lieu à ce couplet  relatant ses amours  avec la femme du  duc d'Aumont. La duchesse d’ Aumont  était en procès constant avec le duc de Wurtemberg-Montbéliard, et bien d autres.

Louis Marie Guy d'Aumont se remariera pendant la Révolution avec la citoyenne Marie Louise Klein, veuve de Joseph Monet. Il en aurait eu une fille naturelle, Angélique Louise Dorothée Monet, née à Paris le 2/6/1782, y décédée en 1815, laissant postérité, ayant épousé à Guiscard, le 6/7/1798, Jean Guillaume Yrieix Soubeyran, né à Vienne, Ysère le 27/2/1765, décédé à Guiscard en 1830.

En 1791, Louis Marie Guy d'Aumont avait constitué une rente viagère au mari de sa maîtresse, Joseph Monet.

Lors du retour des Bourbons, Marie Louise Klein repris le titre de duchesse d'Aumont et fut, de 1807 à 1824, propriétaire de l'hôtel Botherel-Quintin, sis à Paris, rue des Petites Ecuries no 44.

De son mariage avec Louise Jeanne Durfort, une fille:

 

- Louise Félicité Victoire D'Aumont  duchesse de Mazarin, de la Meilleraye et de Mayenne, née à Paris le 22/10/1759, décédée le 13/12/1826 à Paris, épouse le 9/4/1772, le comte d'Agénois, fils du duc d'Aiguillon, puis le 15/7/1777, Honoré IV par le décès de son père.

Charles-Maurice de Goyon de Grimaldi, duc de Valentinois, pair de France puis prince de Monaco, en 1795.

Né le 17/5/1758, maître de camp, lieutenant en second du régiment Royal Cravattes, mort à Paris, noyé dans la seine le 16/2/1819. Ils étaient divorcés depuis le 22/6/1793, et Louise Félicité se remaria civilement, quatre fois, dont le  6/2/1801 avec  René François  Tirand des Arcis, né à Durtal,en Anjou, le 29/12/1767 et décédé le 16/2/1807 dont elle divorça le 19/10/1803, en fait il se tua d'un coup de pistolet, de chagrin, dit-on.

Remariée à N.Maine, son notaire, qui devint ainsi l'un de ses nombreux époux, ensuite un ancien procureur au châtelet de Paris et un maître clerc.

Des archives il ressort qu'elle donna de nombreuses procurations, dont à Philippe César Dupenty, toutefois, en 1789, elle révoqua toutes les procurations qu'elle avait faites.

Dans tout l'éclat de sa beauté, elle a fait faire sa statue en Vénus nue. Par la suite des bouleversements bien connus dus à la République, cette statue fut retrouvée sous le vestibule de l'hôtel qu'occupait le ministre de la police, quai Malaquais. 

Elle eut deux fils de son mariage avec le prince de Monaco, Honoré V et Florestan Ier, qui ont tous deux régné sur la principauté.

Il est dit que " les nombreux actes de bienfaisance de sa fille, la princesse de Monaco, les malheurs de la Révolution, et les gens d'affaires, amenèrent sa ruine".

Elle abandonna Chilly en 1805 et se retira à Paris. Sa sépulture est l'une des plus remarquable du Père Lachaise.

Une fille naturelle est née entre deux alliances:

      - Amélie  Célestine  Elodore  d'Aumont, née  le  28/3/1794 adoptée par sa mère en 1795, qui épouse en 1814, Louis Pierre Musnier de Mauroy, fait baron en 1817, chef de bataillon en 1834, lieutenant colonel en 1836, colonel en 1840, officier de la Légion d'honneur, né à Coulommiers le 31/3/1788, décédé à Paris le 31/3/1851, dont elle eut trois enfants:

      - Louis

      - Gabriel

      - Victor, né en 1820

Louis Pierre était  le seul enfant de Augustin Musnier de Mauroy et de Marie Françoise Legras de Vaubercey.

D'après certains chroniqueurs de l'époque, Amélie Célestine serait la fille de Monseigneur de Malvin de Montazet, archevêque de Lyon.

 

D'autres enfants naturels sont nés de Louise Félicité Victoire d'Aumont, entre autres Jeanne Marie Pétronille d'Aumont, décédée en 1842, mariée le 15/3/1794, à Auguste Pierre Charles Bizot du Coudray, né à Essertennes,  Haute Saône le 22/6/1751, chevalier de l'empire par lettre patentes du 20/8/1809, de donataire, colonel, maréchal de camp honoraire en 1815, décédé le 10/3/1827, dont une fille, épouse de Monsieur Colle, capitaine d'artillerie.

 


LOUIS ALEXANDRE CELESTE D'AUMONT 


 XVI bis         

 

Marquis, puis duc de Villequier et d'Aumont en 1799 à la mort de son frère.

Colonel  des  troupes  Boulonnaises de Royal Pologne en 1754, de cavalerie le19/3/1760.

Chevalier, marquis de Piennes au baillage de Montdidier. Pair de France, crée duc de Villequier le 3/1/1759 pour épouser Mademoiselle de Montmirail.  Brigadier de cavalerie le 25/7/1762. Premier gentilhomme de la chambre du roi, le 12/4 en 1762, en survivance, de même que le gouvernement des ville et château de Compiègne. Capitaine des Chasses en 1765, charge dont son père avait également été pourvu. Gouverneur de Boulogne et du Boulonnais, en survivance, 1770. Maître de camp du régiment de Royal Pologne. Cavalerie  en 1760, brigadier de cavalerie le 21/12/1762, chevalier de St Louis en février 1763. Maréchal des camps et armées du roi, le 1/3/1770, fit les campagnes de l'indépendance de l'Amérique où il gagna le grade de lieutenant général le 1/6/1777. Grand chambellan de France au lit de justice le 8/5/1788. Elu député de la noblesse du baillage de Boulogne/Mer aux Etats Généraux de 1789, pair de France en 1814.

Il achète la terre et le marquisat de Genlis en Picardie pour un million six cent mille livres qui deviendront duché de Villequier, situé en Vermandois, à 40 kms de Laon, intendance de Soissons, baillage de Chauny, dioscèse de Noyon, en Aisne, aujourd'hui. Ces biens comprenaient un beau et grand château, le bourg de Genlis, les villages d'Abbécourt, Viry, Noureuil, Ognes, Nuret, Hameaude Quasnet, Hathiermont, Dampcourt, les seigneuries de la Mothe,Viry, le Moulin Chevreux Coquerel en Berne et dépendances avec la haute justice. Il achète également les seigneuries de Condren et Frières en Vermandois, Coeuvres en Soissons.

Propriétaire à Beaulieu, Faverolles (Montdidier) en Somme, Vaux sous Mondion près de Breteuil en Oise.Jussy et Flavy près de St Quentin, Aisnes.

Toutes ses terres lui ont été saisies à la Révolution, mais la plupart furent rendues à ses deux filles et la terre de Guyencourt y fut adjointe en 1819, ou il y avait, disent les chroniques, de beaux étangs miroirs .

Le  duc d'Aumont possédait le château de Roissy St Antoine, était seigneur de St Pierre à Villers Cotterets. Malgré tous ces titres, ou peut-être à cause d'eux, on peut lire dans  "Le Livre Rouge" pages 6-7 :

 

"Monsieur d'Aumont Villequier était sans doute, nous osons l'avancer, l'être le plus corrompu, le plus bête, le plus plat, le plus composant de la séquelle qui obsédait le pauvre Louis XV et c'est pour récompenser les services et l'ennui dont il fatiguait ce roi pusillanime, que Sa Majesté le gratifia d'une pension de 60.000 livres....." 

 

(Le château de la Mercredière en Loire Inférieure, celui de Sémur près de Vibray et Condrecieux en Sarthe, le château de Livry, ainsi que celui de Guiscard en Oise, le château-Porcin sans oublier ceux de Chilly-Mazarin, de Montjean, en Seine  et Oise, et, au risque de se répéter, le château de Boulogne sur Mer appartenaient également à cette famille.)

Né le 14/8/1736 à Paris, décédé le 15/8/1814 en son château de Villequier-Aumont en Aisne. Il demeure à Paris, au Louvre, paroisse de St Germain l'Auxerrois.

 

Louis Alexandre Céleste d'Aumont, marquis puis duc de Villequier, demeurait souvent en son château de Villequier-Aumont, Aisne qu’il avait acheté pour un million six cent mille livres la terre et marquisat de Genlis, en Picardie (de la très fameuse Madame de Genlis) acquisition qui avait été projetée par Madame du Barry et qui lui échappa donc.

Le tout rapportant 56.000 livres de rentes. Il fit partie du Comité des Rapports de l'Assemblée Nationale et donna sa démission le 12/12/1789.

Dénoncé comme ayant facilité la fuite du roi, en sa qualité de gentilhomme, il émigra.
En 1791, le roi craignant d'exposer la personne de ses fidèles serviteurs, ordonna à Messieurs de Duras et de Villequier (Aumont) de s'éloigner. La séparation de ce dernier, qui lui donnait depuis si longtemps des marques d'attachement et de fidélité lui fut extrêmement sensible.

D'Aumont, était porté sur la liste des émigrés du 22 septembre 1792, comme propriétaire à Beaulieu, Piennes, Faverolles, district de Montdidier en Somme, Welles, Vaux sous Mondion, district de Beaulieu en Oise, Jussy et Flavy, district de St Quentin, en Aisnes.

Il émigra donc aux Pays-Bas et fut chargé du service de table de Louis XVIII à Blankenbourg, habita de longues années à Altona, près de Hambourg, jusqu'en 1814, très exactement.

Il avait failli se remarier à Mitau, en 1799 avec Mademoiselle de Choisy, mais St Priest laissa entendre au roi que la demoiselle Henriette de Choisy étant l'amie des filles du vieux duc d'Aumont, cette union était pour le moins inopportune et inégale. Les demoiselles d'Aumont pleurèrent beaucoup lorsque le roi défendit à leur père de conclure ce mariage...

( Souvenirs de la baronne de Montet.)

Il rentra en France en 1814 et hérita des fort beaux débris de la fortune de son frère, pour mourir deux mois après.

Les demoiselles d'Aumont avaient suivi leur père émigré, et se retrouvèrent dont avec lui  en 1800, à Brünn, en Moravie, et le marquis de Bombelles qui ne tarit pas d'éloges sur leur bonne éducation.

En 1803, la terre de Villequier fut rendue à Mesdemoiselles d'Aumont par le premier Consul Bonaparte, qui se trouvait à Gand et ou il avait d'ailleurs été accueilli assez froidement. Voulant gagner la population, très religieuse, par des prévenances envers l'évêque, oncle des demoiselles de Villequier, il leur remis, officiellement la belle terre de Villequier avec des revenus considérables. Dans ses souvenirs, Madame de Rémusat, qui en parle, et qui avait contribué à cette restitution par pression sur le consul et même sa femme, leur en parlant par la suite, au nom d'une certaine reconnaissance, Bonaparte lui aurait répondu:

 

" Ah...la reconnaissance...c'est un mot tout poétique, vide de sens dans les temps de révolution et ce que je viens de faire n'empêcherait point vos deux amies de se réjouir si quelque émissaire royal pouvait, dans cette tournée, venir à bout de m'assassiner.."

 

 

Le 25/1/1759, d’Aumont épouse Félicité Louise Le Tellier de Courtanvaux, appelée Mademoiselle de Montmirail, dame d'honneur de Mesdames Royales, née le 23/9/1736, décédée le 14/6/1768, sa parente et fille de François Michel César Le Tellier, marquis de Montmirail puis Courtanvaux, chevalier, seigneur  comte de Tonnerre, baron d'Ancy-le-Franc, de Cruzy et La Ferté-Gaucher, capitaine colonel des Cent Suisses de la garde ordinaire du roi, colonel lieutenant de régiment Royal, décédé le 7/7/1781, et de Louise Antonine de Gontaut de Biron, décédée le 11/6 en 1737. Félicité Louise accompagne Madame par démission de sa belle soeur, la duchesse de Mazarin pour être ensuite dame d'honneur de Mesdames, en survivance de la maréchale de Duras, en 1752.

En secondes noces, le 19/8/1771, il épouse Antoinette Marguerite Henriette Mazade de St Bresson, née le 26/2/1756, décédée à Paris en 1822, fille unique et héritière d'Henri Guillaume, écuyer, marquis de St Brisson, trésorier général des Etats du Languedoc en 1754, conseiller-secrétaire du roi, en juin 1757, financier, seigneur d'Athis-sur-Orge, Arvancourt, Brétigny et autres lieux décédé à Paris le 3/3/1777, et de Marie Antoinette de la Roche.

Le contrat de mariage est daté du 9 novembre 1782 (?) et stipule qu'ils ont l'agrément de toute la famille royale, à savoir:

Louis XV, roi de France et Navarre, le prince Louis Auguste, dauphin, Marie Antoinette d'Autriche, dauphine, le prince Louis Stanislas, comte de Provence, la princesse Marie Louise de Savoie, Charles Philippe, comte d'artois, Marie Adélaïde Xavière et Elisabeth Marie Hélène, Mesdames royales, Sophie Philippine de France, en présence et à l'agrément du consentement des autres seigneurs et  dames de la cour et de leurs parents et amis.

   

 Chaussinand-Nogaret  "Les financiers de Languedoc au XVIII siècle."

 

Mariage célébré par l'archevêque de Narbonne.

Sans doute faut-il ajouter qu’à la mort de son époux, Antoinette Marguerite Mazade de St Bresson se remarie avec François Alexis, marquis de Gourgue, né en 1748, maître des requêtes du Conseil d’Etat, gentilhomme de la Chambre du Roi, décédé à Paris le 31 mai 1818. Elle sera inhumée auprès de lui, dans l’église d’Athis, canton de Longjumeau en Seine et Oise.

 

Madame de Mazade était la soeur du capitaine de La Roche, concierge de la ménagerie de Versailles.

 

" Le capitaine La Roche, bien galonné et aussi chargé de bagues et de diamants qu'un financier, était l'être le plus sale que l'on pu rencontrer, et jamais sanglier dans sa bouge ne laissa d'odeurs aussi fétides. C'était à qui agacerait le capitaine. Je dois dire à l'honneur de Louis XV, que toutes les plaisanteries étaient suspendues quand le duc de Villequier, premier gentilhomme de la chambre était présent, le duc étant parent avec monsieur de La Roche, par son mariage avec mademoiselle Mazade."

(D'Hézecques,souvenirs d'un page de la Chambre,op.250-251)

 

Enfants nés de la première union:

 

1.Victoire Félicité Françoise d'Aumont, née à Paris le 29/1/1760, décédée le 12/1/9/1765

 

2.Louis Marie Céleste d'Aumont, qui suit.

 

3.Fille, née le 3/5/1765, décédée le 29/5/1766.

 

Louise Antoinette qui serait née en 1769, probablement d'Antoinette Mazade, et décédée ?

 

Du second lit:

     

4.Constance Antoinette Aglaë d'Aumont, née le 21/12/1773 à Paris, présentée à la cour impériale en 1811 en même temps que sa soeur, décédée le 24/3/1847, épouse le 7 messidor an XII (25/6/1805) le même jour que sa soeur, Alexandre Louis Joseph, comte de Sainte Adelgonde, né le 6/6 en 1760 à Lille, enseigne aux Gardes Française en 1780, sous lieutenant au même régiment en 1785, capitaine de Cavalerie à la suite du régiment, maître de camp général dragons, réformé, puis sous lieutenant à la gendarmerie le 12/5/1780, émigré.

Maréchal de camp le 17/8/1814, lieutenant général le 31/10 en 1815, pair de France le 5/11/1827, membre du Conseil Général de l'Aisne, chevalier de l'Ordre Royal Militaire de St Louis, décédé le 17/5/1844, étant lieutenant général en retraite inhumé à Villequier Aumont dans la chapelle construite par ses soins.

Deux enfants sont nés:

 

- Edmond Albert né en 1806, comte de  Ste Adelgonde, décédé le 23/4/1848 d'un accident de chasse, son beau frère, le prince Etienne de Beauvau lui ayant tiré dessus...En 1833, il avaitépousé sa cousine germaine, Alice  Félicie  Victurnienne de Rochechouart de Mortemart.

 

- Joséphine Henriette Valérie de Ste Adelgonde, née au château  de  Villequier  le  26/12/1807,  décédée  le  6/2/1886, qui épouse Gaston Charles  Balthazar  Constant St Adelgonde, son   cousin  né à  Paris le 12.5.1806, chef du nom en 1853, ancien  page du roi Charles X, sous lieutenant au 4ème régiment des chasseurs à cheval.

Démissionnaire en 1830 et décédé au  château de  Villequier  Aumont le  12/8/1876, fils de  Charles et  Louise Constance  d'Aumont. 

Deux enfants sont nés:

                              - Casimir

                              - Maximilien

 

5.Jeanne Louise Constance Guillemette Henriette d'Aumont, née  le 10/9/1775, à St Denis  d'Athis, Seine et  Oise, décédée  à Paris le  25/9/1852, épouse  le  25/7/1805  Charles  Séraphin Joseph  de  Ste  Adelgonde, né le 28/10/1765 à Lille, frère du précédent, décédé au          château de Villequier  Aumont  (Aisne) le 4/11/1822, ancien officier de l'armée de  Condé, chevalier de St Louis en 1797, maréchal  de camp le  25/2/1815, inspecteur des  gardes  nationales , député  de  l'Aisne de 1815 à 1822, chevalier de St Louis.   

Dont trois enfants:

                 

- Gaston Charles Balthazar  Constant, né le  12/5/1806, qui épouse sa cousine, Joséphine Henriette de  Ste  Adelgonde.

- Anatole François Marie Arthur, né le  21/9/1808, époux de Hélène de Raincourt

- Edouard Louis Maximin, né le 17/10/1809, décédé le  21/10   en 1855 en son           château d'Outrelaise en Calvados époux de  Marie  Joséphine  Alexandrine  Berthe  de  Polignac, dame d'Outrelaise.

 

6.Louise Henriette Victoire d'Aumont, née le 8/12/1776, décédée à Paris le 25/9/1822, dite sans alliance.

 

7.Emmanuel Louis Thérèse d'Aumont de Villequier, né le 15/1/1780.

 


LOUIS MARIE CELESTE D'AUMONT

XVII      

 

Duc de Piennes, par brevet en 1780, marquis d'Aumont puis duc d'Aumont et Villequier par le décès de son père.

Pair de France, titre qu'il prit dès la mort de son oncle Jacques d’Aumont en 1799, son père conservant le titre de Villequier jusqu'en 1815, titre qu'il repris donc à ce moment.

De plus, il releva, en 1799, à la mort de son oncle Jacques, le titre de duc seigneur, dès 1780, de Dommiens, en Soissonnais, représenté en 1789 à l'assemblée de la noblesse du bailliage de Soissons comme seigneur du marquisat de Coeuvres, et à celle du bailliage de Villers Cotterets, comme seigneur de St Pierre, fief sis à Mortefontaine, il y fut élu député suppléant de la noblesse de la ville de Paris.

Sous Lieutenant en 1774 au régiment du roi, qu'il étonnait par ses fantaisies. Capitaine des dragons en 1777, colonel des troupes boulonnaises.

Premier gentilhomme de la chambre du roi  Louis XVI, en survivance de son père, le 29/12/1785.

Gouverneur d'Etaples en 1786. Colonel en second du régiment de Durfort, Dragons en 1787. En Espagne en 1793, commanda en 1796 le régiment des volontaires d'Espagne, en garnison à Madrid. Maréchal de camp en 1800, en service dans l'armée Royal Suédois en 1805 à Stockholm, Suède. Il prend le commandement du Royal Suédois constitué de français émigrés. Nommé en 1810 chevalier de l'Ordre Militaire de l'Epée. Lieutenant général d'armée en 1815, commandant le 14ème division militaire. Chevalier du St Esprit, pair de France en 1817, la même année, Grand Croix de l'ordre de St Hubert de Lorraine et Bar, gouverneur de la 8ème division militaire en 17/2/1819, chevalier des Ordres du roi le 30 septembre 1820, officier de la Légion d'Honneur le 19/8/1823 et président à vie de la Société des Amis des Arts.

Né à Paris le 7/9/1762, décédé le 9/7/1831 en son château de Roissy St Antoine.

                 

En 1781, il épouse Madeleine Mélanie Henriette Charlotte de Rochechouart de la branche de Fandoas, née le 14/10/1765, qui décède le 20/4/1790, très regrettée, à la suite d'une maladie de poitrine et de longs chagrins. Soeur de la comtesse de Chinon, devenue successivement duchesse de Fronsac puis duchesse de Richelieu, et de la princesse de Carency, elle était l'aînée des trois filles (dotées chacune d'un million de livres) d'Emery Louis Roger de Rochechouart, chevalier, marquis de Faudoas appelé comte de  Rochechouart, maréchal  des camps et armées du roi, député de la noblesse de la ville de Paris aux Etats Généraux de 1789, ( était le frère de la duchesse du Châtelet) décédé en son hôtel Rochechouart, rue de Grenelle, le 7 juillet 1791, et de Marie Mélanie Henriette de Barberie de Courteilles.

 

La marquise d'Aumont sera présentée à la cour le 19/8/1781. Duchesse de Piennes, elle avait pris à la cour  le 20/12/1786, le tabouret. (le droit de s'asseoir en présence du roi, il fallait être duc ou duchesse)

 

"..elle était aimable,charmante,douce aux yeux si tristes...

(Arnaud,Madame Adélaïde, P.254) 

 «  ……..son  mari  la  rendit  aussi malheureuse que possible, amant avoué et déclaré de  madame de Reuilly  (Rully )….» 

"Monsieur de Piennes rendait sa femme très malheureuse. Elle l'aimait et se mourrait de chagrin. Il possédait les plus beaux chevaux de Paris, mais jamais elle ne pouvait s'en servir....."

(La Tour du Pin, mémoire d'une femme de cinquante ans, I, p.154 - 155.)

 

A sa mort, ses parents, sa soeur Richelieu et sa grand mère, la marquise de Courteilles, allèrent de douleur, se confiner dans le château de Courteilles en Normandie y finir leur vie.

 

En mars 1792, d' Aumont épouse Françoise Fortunée Pauline de Chauvigny de Blot, née en 1761 au château du Vivier, paroisse de St Gal, diocèse de Clermont en Auvergne, décédée à Paris, le 27/8/1829, comtesse de Rully, par son premier mariage avec Antoine Charles Gabriel de Bernard de Montessus, comte de Rully, né en 1755, assassiné par la population en 1790 à Bastia, Corse, lors d'une révolte de son régiment de Maine. Elle était cependant la maîtresse de  d ‘Aumont depuis de nombreuses années.

Elle était dame de compagnie de la duchesse d'Angoulême, Marie Thérèse de Bourbon, dite Madame Royale, fille de Louis XVI.

Attachée à la personne de  Madame Adélaïde de France en 1776, puis à la duchesse d'Orléans, née Penthièvre, alors duchesse de Chartres qu'elle accompagna en Italie avec Madame Genlis, en 1778. Fille de Louis de Chauvigny de Blot, chevalier, seigneur du Vivier, seigneur de Salpleyne, de Blot, de Darrot, appelé le comte du Vivier, et de Marguerite de Champs, mariés le 22/9 en 1760. On dit d'elle qu'elle fut l'auteur de deux romans, était jolie, fine, affectée de sensibilité. Ethérée, elle avait désespéré le marquis de Schomberg de ses rigueurs.

(Mémoires de Mme de Genlis, II, 179)

Elle était chanoinesse du châpitre noble de St Louis de Metz.

Dès 1817, la duchesse d'Aumont quitte le domicile conjugal, le duc d'Aumont ayant une nouvelle maîtresse depuis 1816, la baronne de Marguerittes....

La duchesse avait créé en 1816  "L'association de bienfaisance des dames françaises", secourant avec les curés, les pauvres du faubourg St Antoine. Aidée de Salgues, publiciste, qu'elle fit son rédacteur en chef du journal  "Le Bon Français", elle envoya bon nombre de circulaires philanthropiques, politiques et religieux dont elle en fit même signer quelques unes à son mari. De plus elle chantait et improvisait agréablement de la guitare, sa conversation avait du charme.

 

En troisième noces, en 1830, il épouse Eugénie Louise de Frontelaye, décédée à Paris le 16/3/1844, duchesse douairière d'Aumont. Elle était veuve, avec postérité, de Esprit Joseph Amédée de Teissier, baron de Marguerittes, intendant en chef de l'armée navale de l'Océan, chevalier de St Louis, de la légion d'honneur, franc-maçon, etc.. Elle était née aux Antilles.

Le duc d'Aumont reçu, le 16/4/1823, de par le décès de son propriétaire, le château de Montjean, à Wissous, canton de Longjumeau en Seine et Oise. Le marquis des Marguerittes devint à ce moment intendant du château et y vécu avec sa femme, mal supportée par la duchesse d'Aumont. Ainsi, à ce moment, le duc d'Aumont demeurait à Montjean, et son épouse à St Antoine.

C'est à cette adresse, chez le duc d'Aumont, que Dupuis-Delcourt fit la première expérience de sa "Nautique aérienne", au mois de juin 1824.

Montjean devint la propriété de monsieur Darblay, député.

Deux enfants sont nés du premier mariage:

 

1.Louis Mélanie Antoine Ernest  d'Aumont, né à  Paris le  25/10 en 1782, tué à  l'armée du Caucase, en Arménie, en juin 1805, étant capitaine d'infanterie au service de Russie.

Montant d'assaut d'une bicoque au moyen d'une échelle, une pierre lancée du haut de la muraille lui cassa la tête.

La Tour du Pin dit de lui   "...il avait un charmant visage et fort spirituel...."

Elevé à l'Institution de la Jeune Noblesse, rue de Berry.

 

Son ancien percepteur Villenave écrit à son sujet dans ses souvenirs, p.197: 

".....Pendant la révolution, le duc de Richelieu avait fait venir et entrer au service de l'Empire Russe, le jeune Ernest d'Aumont.

Il fit la guerre contre les Perses, et,  jeune, emporté par une audace chevaleresque sans réflexion, il voulut, contre la représentation de ses chefs, monter à un assaut meurtrier où il trouva la fin de sa carrière. C’ était un jeune homme aimable et brillant qui promettait beaucoup et que j'ai sincèrement regretté....."

     

2.Adolphe Henry Emery d'Aumont, qui suit.

 

 Louis Marie Céleste d’Aumont était également  un  bibliophile très connu, sans toutefois atteindre la notoriété de son parent. Il passera surtout à la postérité grâce à ses  « Calèches à la Daumont", en usage à la Restauration. Il s'agissait d'un attelage composé de quatre chevaux attelés sans volée et conduits par deux postillons.

A la demi-Daumont, se dit du même type d'attelage, mais 2 chevaux et un seul postillon.

     

Si Jacques Aumont, son oncle gardait le roi prisonnier lors de la Révolution et avait manqué, nous l'avons vu, perdre la vie, Louis Marie, pour sa part était royaliste ce qui semble curieux étant donné que d’aucuns prétendent que la franc maçonnerie était l’instigatrice de la Révolution … Il  fut blessé de deux coups de feu à la défense du Château des Tuileries le 28/2/1791, dans l'appartement même du roi.

Il fut sur la liste des émigrés 6 juillet 1793 comme marquis de Piennes et seigneur de Coeuvres, district de Soissons. Ses terres de Villequier furent vendues nationalement en 1793 mais il en fut indemnisé en 1825, passa en Espagne où il commanda comme colonel le régiment des volontaires d'Espagne, jouissant de la plus grande faveur, pour passer ensuite en Suède où il vécut toutes sortes d'aventures, se lia avec Fersen bien connu des historiens, il fit la campagne de Poméranie en 1805 et 1806.Combat les Russes dans l'île d'Aland en 1808.

Il rejoindra enfin la cour du roi à Hartwell, d'où il correspondait avec Fouché, ministre de la police de Bonaparte. Plus tard, lorsque Louis XVIII s'informe auprès de Savary, successeur de Fouché de la manière dont le gouvernement impérial était si bien informé de ses faits et gestes à Hartwell, celà donne à peu près le dialogue suivant:

 

" Le duc d'Aumont est à vous, n'est-ce pas ?

- C'est un secret d'Etat que je ne puis révéler sans un ordre formel de Votre Majesté.

- Parlez franchement. J'en sais sur ce sujet presqu 'autant que vous.

- Puisque Votre Majesté paraît si bien informée, je ne vous nierai pas que le duc d'Aumont nous écrivait environ deux fois par mois.

- Et pour celà vous lui donniez ?

- Autant qu'il m'en souvienne, c'était 24.000 frs par an.

- 24.000frs. Voyez, Monsieur le duc, combien il faut se méfier des hommes....il m'a toujours dit 12.000frs. C'était probablement pour ne pas me  

  payer mes droits d'auteur…… car les lettres que vous receviez, c'est moi qui les rédigeais..."

(Castanié,"Les indiscrétions d'un préfet de police de Napoléon "...)

 

En 1815, Fouché dit d'un ton moqueur au duc d'Aumont qui avait ainsi servi la police impériale:

 

" Monsieur le duc, je ne suis donc plus de vos amis ?

Que voulez-vous ? Nous vivons dans des temps meilleurs, il n'est donc plus nécessaire à la police de payer de hauts personnages pour surveiller le roi Hartwell....

Le duc ne dit mot et s'éloigna."  

 

Dans ses mémoires, Madame de La Ferronays le dépeint à partir de ce moment:

     

" Devenu, après d'étonnantes campagnes, presque un homme de guerre, il incarnait le gentilhomme d'autrefois. Léger, spirituel, aventureux, insouciant, il avait jadis donné à Versailles le ton à la cour. On n'y voulait que son tailleur et son bijoutier. Ses chevaux ne logeaient que dans de l'acajou et mangeaient dans du marbre. Lié d'une chaude amitié avec le prince de Galles, il était comme lui criblé de dettes. Piennes prétendait que les dettes étaient une habitude à prendre. Une superbe balafre témoignait de sa vaillance en Espagne. Esprit inaltérable bonne humeur, art de se tirer de tout par un bon mot...."

 

Nommé commissaire royal en Normandie au début des Cent Jours, il maintient jusqu'à la dernière heure l'autorité royale en cette province.

(V.Levalley:" Le duc d'Aumont et les Cent Jours de Normandie, d'après des documents inédits" Paris 1887,in-8o)

 

En mars 1815, le roi, en quittant les Tuileries chargea le duc d'Aumont d'une mission extraordinaire près du gouvernement britanique pour faire adopter à celui-ci la formation d'un groupe de volontaires augmenté de 12.000 suédois que l'on jetterait dans l'île de Wight, prêts à débarquer, soit en Bretagne, soit en Normandie. Le duc d'Aumont, commissaire extraordinaire du roi et son lieutenant général, s'embarqua en effet à Portsmouth avec quelques officiers revenus de Gand .Il débarqua, sous le feu de l'artillerie à Arromanches qu'il enleva l'épée à la main, marcha sur Bayeux, prit d'assaut Avranches, sans grand combat et entra, quelques jours plus tard, en triomphe à Caen. Le 30 juillet 1815, le vicomte d'Houdetot écrivait à monsieur de Barant à Caen:

" Le duc d'Aumont est adoré de la population, bon et bien intentionné....

     

On fit alors ces vers sur Napoléon Ier:

 

      " Il eut pu servir les Bourbons

     Sous le duque d'Aumont ......"

 

D'Aumont redevint premier gentilhomme de la chambre du roi Louis XVIII, remplacé dans ces fonctions en 1829 par le duc Charles de Damas, puis chevalier des Ordres du roi en octobre 1820, écuyer Cavalcadour, etc...etc....Très lié avec le dernier prince de Condé, présidant souvent à ses chasses, d' Aumont quoique ayant dévoré son héritage, ne se refusant aucun plaisir.

S'occupant, de part sa charge de premier gentilhomme de la Chambre, de l'intendance de l'Opéra Comique, il défraya la chronique par ses excentricités, ses procès et ses scandales.

Aussi, en 1820, paru un bouquet de 450 alexandrins sous le titre:

" Epître à monseigneur le duc d'Aumont "  (Paris,Setier, in-8o, 24 pages)

 

Ecrit par un invalide qui mit ainsi en vers, toute la vie de son patron, oeuvre dédiée à Mademoiselle Marie Augustine Eugénie Noémi de Marguerittes, enfant, dont, suivant l'auteur, le duc était le sage mentor. Pour rappel, elle était fille unique d'Esprit Joseph de Tessier, baron des Marguerittes dont l'épouse était, depuis tant d'années, la maîtresse de d' Aumont.

Noémi épousa John Lees Armit originaire de Dublin, Irlande, dont elle eut une fille, Frances Elisabeth Armit, mariée à son cousin germain, Edouard Louis Marie de Tessier, baron des Marguerittes.

 

Ouvrons une parenthèse.

Il sera, nous l’avons vu, franc-maçon, et participa très probablement à la création du Rite Ecossais Rectifié tel que connu après la Révolution. Pour parvenir à démarrer de nouvelles Loges,  l’empereur étant hostile à une restructuration de ces chevaleries de noblesse car royalistes, on passa par l’Ordre de St Hubert, qui fut un ordre militaire et bienfaisant. En 1816, Jean Baptiste Bercaire de la Morre fut le premier grand maître par interim, et le 17 avril de la même année, le duc d’Aumont, pair de France et premier gentilhomme de la Chambre du roi fut élu Grand Maître à titre définitif. En fait, cet ordre de chevalerie était prêt depuis de nombreuses années mais le contexte politique et les évènements que l‘on connaît en ont occulté la création effective.  Le duc d’ Aumont était l’homme de la situation, et il est dit que tout reposait sur sa personne, sa lignée, ancienne, était bien sûr prise en considération. En réalité, Willermoz, conseiller régional et franc-maçon, en est l’instigateur. Navigant dans toutes les eaux politiques, tant novatrices que conservatrices du moment il lui était aisé de cogiter de nouvelles structures qui puissent convenir à tous. Codifiant  des degrés  -  la majorité des obédiences en comportent 33  -  il nomme son 4ème degré Notuma faisant ainsi référence non seulement à un contemporain, mais aussi à Pierre d’Aumont dont nous avons parlé en 1316......Il serait fastidieux d’énumérer les articles des Règles et Statuts de cet Ordre qui seront signés par d’Aumont:

 

«  Nous, Louis Marie Céleste, duc d’Aumont, pair de France, premier gentilhomme de la Chambre du Roi, lieutenant général de ses armées, commandant de la XIV ème division militaire etc.... Grand Maître de l’Ordre de St Hubert, sur le rapport et  après la délibération du Conseil Châpitral, avons adapté, approuvé et confirmé les présents statuts et décidé qu’ ils seraient observés avec la plus scrupuleuse exactitude, sans qu’ aucune dérogation ne puisse être faite, sauf les changements, innovations et exceptions que nous jugerions nécessaires au bien et à l‘ intérêt général de l’ Ordre.

A cette fin, aux présents, signés de notre main, avons fait apposer le scel de nos armes, ce 17 avril 1816 » Le duc d’ Aumont.

 

Il ne semble pas que les  cerveaux  bien pensants, Willermoz et d’Aumont, aient  nécessairement voulu faire croire à une ressurgeance templière du fait de ces deux Aumont que cinq cent ans séparent, cela serait un peu fumeux pour un pair de France, mais certains historiens franc-maçons n’en ont pas écarté l’ idée à priori. En cause, les Compagnons du Devoir, que chacun connaît.

Maçons, tailleurs de pierres, ils existaient déjà à l’époque des Templiers qui les utilisaient pour toutes les grandes constructions et il y en eut ...Bien entendu, ces gens possédaient leurs petits secrets, et de nos jours encore, ils sont opérationnels. Lors de la disparition de l’Ordre des Templiers, ils furent bien obligés de se suffire à eux mêmes et s’organisèrent en confréries. Leurs statuts et règles anciens nous sont connus, et ils semble bien que les franc-maçons en aient repris l’essentiel. Il y a donc bien une continuité raisonnablement acceptable  vue sous cet angle uniquement. Mais en 1816, personne n’était si tatillon et l’idée de Willermoz permit de recruter un maximum de frères.

Lorsque Willermoz devra codifier son rituel maçonnique du 4ème degré, celui de St André, il l orientera vers les valeurs chevaleresques, et le mot du grade sera  Notuma-Aumont, pour continuer à égarer les indésirables.

Ajoutons que d’Aumont fut pressenti comme dignitaire «  Du Suprême Conseil de L’Ecossisme »  en difficulté. Il faut spécifier également, et ceci, tant pour éclairer les néophytes que pour cerner la personnalité du duc d’Aumont, que le Rite Ecossais Rectifié, dont le rituel de 1782 est toujours en vigueur de nos jours, se distingue par son caractère chrétien très affirmé tout au long du rituel. Composé de trois grades bleus, Apprentis, Compagnons et Maîtres, les trois hauts grades surtout, Maître écossais de St André, (équivalent au 18ème degré dans les autres obédiences) Ecuyer novice, (équivalent au 30ème) et enfin,Chevalier bienfaisant de la Cité Sainte, (équivalent au 33ème et dernier degré) font ressortir ce caractère christique.

Ce duc d’Aumont fut donc franc-maçon de nombreuses années, et bien avant la Révolution.

Il est probable que des situations cocasses, sinon dangereuses ont pu se présenter aux deux hommes – oncle et neveu - ennemis  en politique, comme en franc-maçonnerie puisqu’ils ne seront pas de même bord, une seule nous est connue: Louis d’Aumont défendant le roi à Versailles, tandis que Jacques d’Aumont et son bataillon venaient prendre livraison du roi pour le conduire en détention à Paris. Serait-ce sciemment que Jacques d’Aumont passa la main  -si on peut dire- justement à ce moment à La Fayette qui se chargea dès lors de cette mission ?

Et qui peut nous dire si ces deux là n’ont pas justement souhaité cette situation afin qu il n’y ai pas de perdant. En effet, celui qui se retrouverait, en finale dans le camp du vainqueur pourrait toujours obtenir la clémence pour la brebis égarée .......  

Fermons la parenthèse.

 

 


ADOLPHE HENRY EMERY D'AUMONT                           


XX

 

Duc de Villequier en 1814, duc d'Aumont en 1831.

Né le 11/4/1785, décédé à Nantes le 14/12/1848.

Pair de France, ne se présente pas au Parlement, pas plus qu'il ne se présenta pour le serment à la Monarchie de Juillet.

Appelé "Zozime" du vivant de son père, il n'a jamais beaucoup fait parler de lui.

 

La Tour du Pin dit de lui, op.cit.I.154-155:

"....Il était albinos, ses sourcils et ses cils étaient comme de la soie blanche, ses yeux, bleus clairs et rouges, pareils à ceux d'un lapin angora. Il ne pouvait supporter la lumière et on lui mettait une petite visière de taffetas vert, qu'il n'a cessé de porter depuis son enfance...."

       

Le 25/8/1808, il épouse Martine Marie de Chertemps du Seuil, née à Paris le 8/8/1786, y décédée le 17/3/1858, héritière de cette famille de Champagne et de la terre de Semur près de Vibraye, Sarthe, en Maine, fille de Pierre Charles de Chertemps, comte, puis marquis du Seuil, baron de Charon, ancien lieutenant colonel, chevalier de St Louis et Adeline Gallet de Montdragon, décédée, veuve, à Paris, le 30/6/1821.

Deux enfants:

 

1.Louis Marie Joseph d' Aumont, né le 19/10/1809, qui suit.

 

2.Ambroisine Marie Mélanie d' Aumont, née le 13/10/1810, décédée le 13/10/1885 au château de La Mercredière, en Loire, laissant cinq filles de son mariage le 13/11/1835 avec  Edmond Charles  Andronic Poullain de la Vincendière, né à Nantes le 12/3/1811, ancien page de Madame  la  Dauphine, ancien vice président du  Comité Royaliste de Loire Inférieure, décédé le 15/11/1893 au châteaux de Vaux, fils  d'Andronic François  et de Clémentine  Eléonore Burot de L'Isle.

 

Cinq filles: - 

- Bathilde, épouse Charles Le Maignan de l'Ecorse, dont:

                  - Charles, né le 12/5/1863, époux de Marie Anne Libault de La  Chevasnerie,          

                    dont Simone, née en 1896, qui épouse Arthur Gazet          du Chatelier, dont

                    Monique, née en 1921 qui épouse Marc du   Boisgueheneuc, dont Xavier, né

                     en 1947.

- N. x De Couëssin de Boisriou

- N. x Boux de Casson

- N. x de St Méloir.

- N.

 


LOUIS MARIE JOSEPH D'AUMONT 


 

 

Marquis d'Aumont, duc de Villequier en 1831, duc d'Aumont en 1849.

Né à Paris le 19/10/1809, décédé sans alliance et le dernier de sa race, en sa résidence du Caire, Egypte, le 5/3/1888, inhumé au château de Semur.

Il réside auprès de sa mère à Nantes, jusqu'à son décès, puis, après plusieurs voyages en Egypte et au Caire, y prit sa résidence, passant les mois d'été à Semur en Sarthe, qu'il légua d'ailleurs à Monsieur Gavillet, son compagnon de voyage. Ce dernier était homme très aimable, fonda le journal   l'Egyptien  et vivait dans sa propriété de l'île de Rhodes près du Caire. Il rendit le château en 1913 aux héritiers de la maison d'Aumont, qui vendirent Semur peu avant la guerre, à Monsieur le comte de Reverseaux, inspecteur des finances.

Les notices généalogiques de Woëlmon d'où sont tirés une partie des renseignements cités, précisent encore :

 

"Un diplomate qui avait bien connu d'Aumont au Caire en 1880 disait de lui que c'était un petit vieux, sec, d'allure distinguée. On le voyait peu, vivant à l'écart, n'ayant, sans doute qu'une fortune assez modeste. Les méchantes langues prétendaient que Paris lui était interdit pour des raisons ou la politique n'avait rien à voir....

Un grand jeune homme d'environ 35 ans, qu'il disait être son fils naturel vivait avec lui, étant reçu dans la Société du Caire qui n'était  d'ailleurs pas très  difficile, s'occupant d'affaires financières dans lesquelles il réalisait de gros bénéfices......."

 

L'auteur ajoute: " Et voilà comment finit un grand nom....."

Mais quelle saga !

     

Sachant déjà que les rois de France  avaient pouvoir de guérir les écrouelles par simple  imposition des mains, voici qu'on apprend que le peuple attribuait aux  d‘Aumont la vertu de guérir les scrofules !

 

On trouvera également, à leur sujet, les reflets de leurs richesses…..

« Le duc d'Aumont est le plus riche seigneur de France, un collectionneur et un grand bibliophile très apprécié de son temps. Il avait une bibliothèque importante dont la majorité des livres étaient reliés par Padeloup et marqués à son chiffre. Malheureusement éparpillés à son décès, quoiqu'une grande partie soit à la Bibliothèque Nationale de Paris…… »

De même, son hôtel renfermait des objets d'art et un ameublement d'une richesse incroyable, dans ce qu'il y avait de plus élégant, délicat et exquis dans les deux derniers siècles, comprenant entre autres, des chef-d'oeuvres du sculpteur Gonthière, lequel était d’ailleurs sponsorisé par le duc d'Aumont.

(Catalogue Julliot et Paillet, 1732)

 

Le catalogue avec les prix et le nom des acquéreurs de la vente de tous les objets précieux, la première en date des ventes publique, fut publié par Charles Davillier:

 

"Le cabinet du duc d'Aumont et les amateurs de son temps."

 (Paris, Aulbry, 1870, in-8o)

 

Le duc d'Aumont résidait à Paris en son hôtel, rue de Baune, faubourg St Martin, paroisse St Martin.

 

 Charles Sellier,  "L'hôtel d'Aumont"

(Paris, 1903, in 4o, planche: «Monographie de la maison no 7 de la rue de Jouy, dans le quartier de la Mortellerie")

 

 

Les Aumont ne se sont pas privé de parsemer leurs parcours d'enfants naturels, qui, s'ils n'étaient élevés obligatoirement par leur père en recevait le nom, ce dernier étant obligé de les reconnaître, jusqu'à l'édit royal de Henry IV qui visait à supprimer cette pratique afin de protéger la noblesse.

L'histoire de France défile sous nos yeux, grâce à cette saga d’Aumont qui ont acquit la noblesse par le métier des armes.

Bien d'autres découvertes sont encore à venir qui permettront sans doute de compléter toutes les branches  parallèles, telles celles de Thuin, St Jean Gheest, de l'Aube, du Quercy et j'en passe, dont l'origine est encore bien nébuleuse.

Mais déjà se dessine à l'horizon l'une ou l'autre lignée dite de la main gauche, telle, mais il faut le prouver, celle de l'Aube...jusqu'à Guernesey, ou naquit, du temps d’Antoine d’Aumont,  une petite Guillemette Aumont. Et Antoine fut bien en ces lieux et à cette époque……..

Ce ne fut donc pas une perte de temps ni une prétention mal placée qui furent à l'origine de cette étude, mais une nécessité de "cadrage" de tous les endroits qui ont vu passer des Aumont. Et là où l'on ne trouve qu'un seul individu de ce patronyme, peut subsister un doute de bâtardise. Comme ces chevaliers voyageaient beaucoup, ils étaient bien obligés d'abandonner leur progéniture, ne leur laissant que le nom...et une bourse. (Il faut l'espérer)

Bien sûr, certains, et probablement les plus nombreux, peuvent êtres issus de n'importe qui, adoptant le nom du territoire qu'ils quittent, pour trouver fortune ailleurs, et l'on sait que les Altis Mons sont légion en Gaule. Toutefois, il ne faut pas oublier que les seigneurs de cette époque révolue établissaient leurs demeures sur des monticules qu'ils érigeaient eux-mêmes. Nous rencontrerons ce cas dans cette saga familiale. De même, des pistes Aumont nous ont emporté sur des voies de garage, du fait que leur possesseur s'octroyait le nom Aumont pour simplement occuper un lieu ou château de ce nom, ce sera le cas des Galabert d'Aumont et des Danzel d'Aumont, les de Pousargues d'Aumont, familles de noblesse également, mais pas Aumont, il en sera un peu parlé, pour faire bonne mesure et éviter que d'autres tombent dans le piège. 

     

Mais combien de familles peuvent se targuer d'avoir traversé les siècles et assuré une continuité de plus de mille ans, si pas plus !

Le premier ancêtre retrouvé sera Philippe Aumont qui participe au tournoi d'Anchin, en 1098, tournoi pour lequel, nous l'avons vu, il fallait prouver seize quartiers de noblesse et  qui avait pour  but un engagement à la croisade. Tous les seigneurs qui étaient présents sont partis.

(Annales du Hainaut, le Jardinet)

Ceci nous amène à un ancêtre né vers 920 et retrouver ses quartiers de noblesse ferait faire un bond de plus de cent ans dans le passé.

Trois cent ans nous séparent alors de Malgaire, comte du Hainaut, né en 610 à Strepy, près de Binche, qui, s'il n'est pas l'ancêtre le plus lointain, y est familialement rattaché par alliance avec les  seigneurs de  Rethel et Famars, les  Aymon, que chacun connaît pour en avoir ouï la légende.

Mais ceci est une autre histoire ....

 

Bien des questions se  posent à  présent  et la tentation est grande  d'essayer  de  rattacher tous les  Altus  Mons en les soupçonnant d'être issus de la même souche ! 

Les Aumont du Nord de la France proviennent du Hainaut, cela est acquis. Ils ont essaimés les divers départements se situant dans la partie dite  "Gaule "  ainsi que deux souches importantes situées en Belgique même.

De nombreux  Haumont  ont peuplé ces mêmes contrées, mais très probablement  issus de la  lignée que nous venons de voir, car nous en perdons, qui  nous sont  inconnus, tels les enfants de Jean Ier, Jean II, Jean III, Pierre Ier, Pierre II Pierre III qui s’était marié en Belgique et  tous les enfants de Jean IV, d'ailleurs, ainsi que les enfants  naturels, dont  très  peu nous sont connus.

Et, bien sûr, les descendants totalement ignorés de Malgaire et son épouse Waudru, des Aymon.........

 

Une transhumance sporadique liée aux évènements tels que guerres, famines, épidémies, permet, éventuellement de les suivre à la trace.

Ce travail est plus qu'une thèse, qui voudrait parvenir à démontrer que tous les Aumont, quelque soit l'orthographe du nom, proviennent de la même souche et les faits énumérés au fil des pages le confirmeront, peut-être.

Cette aventure se poursuit avec quelques chroniques relatives à cette famille Aumont dont la généalogie vient d'être faite. Une chronique particulière relatera des faits d'autant plus étonnants que deux familles, Aumont et Haumont issus de St Jean Gheest, dont on penserait qu'elles ne sont pas alliées se trouveront mélangées, confrontées dans un suspense digne d'un roman de Sherlock Holmes.

 

Isolés dans cette saga quelques Aumont dont l'origine reste à trouver, mais soupçonnés d'êtres issus de la souche principale, les d’Aumont suivants se prétendaient d'une branche cadette et déjà éloignée des ducs d'Aumont. Dans les mémoires de la baronne d'Oberkirch on peut lire:

"Ils ne portent pas de titres et l'on assure qu'ils pourraient bien en venir de la main gauche...."

 

I. A

Jean Aumont, sieur du Coudray, conseiller du roi et présidial du grenier à sel d’Argentan fut anobli en même temps que son frère Charles d’Aumont, sieur du Sacy, conseiller et avocat au même siège et autorisé à faire précéder son patronyme de la particule de  par lettres données au mois de mars 1653 et enregistrées au greffe des expéditions de la chancellerie de France le 28 avril suivant.

Il épouse Anne Dufour, décédée avant novembre 1656 et eut au moins deux fils:

- Louis d Aumont, qui suit  III A,  né dans les années1610/1620

 

- François d’Aumont, écuyer, seigneur de la Bourdonnière, curé de Brevaux en 1656, confirmé dans sa  noblesse en même  temps que son frère au mois de septembre 1672.

 

b) Claude d Aumont qui suit en II A.

 

II A

Claude d’Aumont, écuyer, capitaine à la légion de Champagne, directeur des approvisionnements  et fortifications de Belfort, puis directeur des fortifications de Franche Comté, chevalier de l’Ordre Royal et Militaire de St Louis, taxé à 500 livres pour confirmation de la noblesse. Il acquitta cette somme le 20/10/1730.

Il épousa Anne MICHEL, qui lui donna au moins:

- Claude Antoine Louis d Aumont, qui suit

- N. d Aumont, dit d’Aumont le Cadet reçu ingénieur en 1743 et tué au siège de Mons le   

  8/7/1746, ayant sa résidence habituelle à Bitche

- Félicité d Aumont, qui épousa Denis Bizot, auditeur de la Chambre de Comptes de Dôle

  dont elle aura deux fils, tous deux officiers du génie et qui prirent leur retraite sous la   

  Restauration  avec le grade de maréchal de camp.

- Guillaume Aumont, qui suit en II B, troisième fils probable, déjà décédé en 1656, si tel est le cas, et dont certains auteurs affirment qu’il avait la noblesse en 1653 .... il apparaît (?) en 1678 comme parrain..........

 

III  A

Louis d’Aumont, écuyer, seigneur de Saint Brix servait en  l’armée de Catalogne où il se distinguait déjà, bien avant que son père obtienne ses lettres de noblesse. Cet anoblissement s’étant trouvé révoqué par l’édit d’août 1664, il obtient, conjointement avec son frère François, de nouvelles lettres d’anoblissement en septembre 1672, lettres enregistrées à la Chambre des Comptes le 8/3/1673 et en la Cour des Aides de Rouen le 14 du même mois. Taxé à 800 livres pour confirmation de noblesse au rôle du 22/1/1696, il eut quittance de cette somme le 6/3/1697.

Gendarme dans la garde écossaise du roi dès mai 1666, il obtient un certificat de service le 16/6/1669. Il servit au ban en 1674 et obtient décharge le 4 avril 1675.

Par contrat de mariage du 16/11/1656 il épousa Agnès de Douet, veuve de Louis Barbot, sieur du Pin et fille de Pierre du Douet, huissier du roi en sa cour du Parlement de Paris et d’Agnès Cassel, dont il eut, entre autres enfants:

- Marie d Aumont qui apparaît  en 1679 comme marraine de François Gille Aumont, fils de Thomas Aumont et Marie Lefrère.

 

IV.

Claude Antoine Louis d’Aumont, né à Belfort et baptisé le 29/12/1714, ayant pour parrain    Antoine Pierre, comte de Grammont, colonel de la légion de cavalerie de La Ferronays, et pour marraine Mademoiselle Thérèse Carnot, épouse du noble N. de la Collonge, commissaire des armées du roi en Alsace.

Il sera ingénieur en 1734, capitaine de génie en 1747, recevra la croix de chevalier de l’Ordre Royal et Militaire de St Louis en 1746.  Ingénieur en chef en 1753, il sera l’année suivante ingénieur en chef des fortifications de la ville et du château de Bitche. Il était  ingénieur à Thionville lorsqu’ il  fut promu lieutenant colonel le 28/4/1763, pour passer ensuite directeur des fortifications du Hainaut.

Il sera colonel le 4/3/1767 et recevra le brevet de brigadier d’infanterie le 16 juillet suivant, chargé des opérations en Corse. Maréchal de camps et armées du roi le 1/3/1780, commandeur de l’Ordre Royal et Militaire de St Louis  le 25/8 de la même année.

Mis à la retraite le 1/4/1791 avec une pension de 10.000 livres, réduite ensuite à 3.000, ayant participé à 8 campagnes, 7 tranchées (ou sièges). Il résulte de son dossier qu’il se trouvait dans une grande gêne matérielle. Selon Woëlmont de Brumagne,  il aurait été promu lieutenant général des armées du roi le 12/7/47//1792 et cessé d’être porté sur les cadres la même année.

C’était un homme de beaucoup d’esprit et d’instruction, de la meilleure compagnie......

Il décède à Metz le 25/2/1797 ayant eu au moins  3 enfants  de son mariage avec Catherine Volckringer, probablement fille de Denis Volckringer, conseiller du roi et son lieutenant général de police à Thionville.

 

- Suzanne d ‘Aumont, baptisée à St Dagobert à Longwy le 14/5/1753

- Denis d’Aumont, qui suit

- Jean Armand d’Aumont, baptisé en l’église St Maximilien de Thionville le 2/11/1761

 

V  A

Denis d Aumont, écuyer, né le 28/7/1754, baptisé à l’église paroissiale de Bitche, parrain Denis Volckringer, marraine, dame Félicité Bizot.

Gentilhomme élevé à la maison et collège royal de St Louis de Metz  le 6/6//1763. Lieutenant en second à l’école de Mézière en 1773. Ingénieur en 1776.  En 1782 il participe aux sièges de Minorque et Gibraltar où il se distingue pour sa bravoure. Blessé aux genoux il ne fut plus apte au service. A la retraite avec le grade de capitaine le 21/5/1792, affecté aux travaux publics  en 1794. Sous l’empire il sera inspecteur aux vivres, il participera avec la grande armée aux campagnes de 1806, sera en Espagne en 1807, en Allemagne en 1807. Dans le besoin, en mauvaise santé, il parle de sa nombreuse famille, en sollicitant un travail, il sera garde magasinier à Mayence en 1812, et semble avoir quitté l’armée cette même année. Il était fort pauvre.

Le 4/3/1793 il avait épousé  Françoise Joséphine Barbe Pacquin, née le 15/8/1775, décédée à Choisy le Roi le 12/7/1860, fille unique de Claude Etienne Pacquin, seigneur de Wauslemont près de Metz, chevalier de St Louis, ancien officier au régiment de Picardie et au corps de génie, puis colonel chef de brigade, décédé le 18/3/1799, fils d'un secrétaire du roi, protestant converti, et de Marie Ursule Joseph  de Colomé, mariés à Wissembourg.

Six enfants nés de ce mariage, dont entre autres:

- Jean Baptiste Alexandre Alfred, dit le comte d'Aumont, né à Paris le 28/12/1806, ancien page des rois Louis XVIII et Charles X, (1849) décédé le 31/12/1895  à Levallois-Perret.

Il sera: Sous-lieutenant au 10ème régiment de Ligne le 17/8/17/1825

           Garde de corps le 9/10/1825

           Ecuyer au manège civil de Versailles le 29/6/1828

           Réintègre l’armée le 8/2/1831, sous-lieutenant le 16/6/1831

           4ème cuirassier  où il fera toute sa carrière.

           Lieutenant le 31/12/1835

           Capitaine le 6/8/1843

           Chef d’escadrons le 1/5/1854

           Chevalier de la légion d’honneur le 12/3/1856

Pour prendre sa retraite le 10/1/1863

Il avait épousé à Béthune le 19/6/1849, Cécile Joséphine de Fussey, née le 11/11/1828, fille cadette de Charles François Just, marquis de Fussey et d’Albertine Alexandrine Josèphe de Beaulaincourt de Marles. Elle décèdera à Levallois-Perret le 1/3/1922  

Au moins quatre enfants

     

      - Jeanne Marie d’Aumont, née en 1850, décédée en 1851

      - Marie Suzanne d’Aumont, née le 15 juillet 1853, encore vivante en 1927

      - Paul d’Aumont, né en mars 1856, n'a pas vécu

      - Blanche Eva d’Aumont, née le 4 décembre 1858 et décédée le 5/3/1927 à Levallois-

        Perret

        (archives de la famille de Beaulaincourt)

 

Un jugement de 11 mars 1874 rectifia l’orthographe  de son patronyme Daumont en d’Aumont et corrigea les noms et prénoms de sa mère: Anne Marie Josephe Henriette au lieu de Françoise Joséphine Barbe et Vauzlemont au lieu de Vauglemont.

Famille en quenouille.

 

II B

Guillaume Aumont, né vers 1610 x Françoise Sedonne

Deux enfants:

- Marguerite Aumont, née vers 1643, décédée le 12/5/1708 x Pierre Bourdon le 28/2/1672 et décédé avant 1708

- Thomas Aumont, décédé avant 1710, épouse le 28/10/1670 Marie Lefrère, née vers 1650 et  décédée le 18/5/1710

Cinq enfants: -Marie Catherine Aumont, née le 11/5/1678, parrain Guillaume Aumont

 -François Gille Aumont, né le 26/4/1679, marraine, Marie d’Aumont, fille 

  de Louis  d’Aumont, écuyer, seigneur de St Brix et de dame Agnès de

   Douet.

                      - Jean Aumont né le 14/12/1681

                      - Jeanne Nicole Aumont, née le 9/2/1686

                      - Marie Françoise Aumont, née le 9/2/1686

Famille éteinte également.

 

Sur Argentan, mais encore inconnus, difficile à relier:

A.

Louis Aumont, né vers 1674 décède le ./2/1710 à Argentan. Il épouse, le 29/11/1703,  Magdeleine Boulard dont il aura deux enfants:

    - Jean Aumont, né le 1/2/1705

    - Thomas Aumont, né le 13/2/1708

 


CHRONIQUE   I


Les descendants d'ANNE AUMONT
 

Les aventures des descendants d'Anne Aumont m'ont parues dignes d'être relatées.
En premier pour les alliances qui parsèment le trajet d'Anne et ses descendants, ensuite parce qu'il ne faut pas écarter les vilains  petits  canards, ils  font  partie de la saga de cette famille enfin reconstituée.

Anne d'Aumont  est fille de Jacques d'Aumont et Catherine de Villequier. Lors de son mariage avec Antoine Potier, seigneur de Sceaux, Anne hérite du Petit Villequier.
Veuve très tôt, elle épouse, en 1624, Charles Lannoy, fils du comte Christophe de Lannoy, gouverneur des ville et citadelle d'Amiens, et de Charlotte de Villiers St Pol, première dame d'honneur de la reine Anne d'Autriche (sous Louis XIII)

En 1626, Charles  hérite de ses parents. Son  frère  Emmanuel ayant  été  tué  au  service  de l 'empereur, il est l'unique héritier. A ce moment, il est chevalier,       seigneur de la Boissière et de Brunoy, gouverneur des ville et citadelle de Montreuil sur Mer.

Une fille, Anne Elisabeth de Lannoy leur est née en 1626, elle épousera Henry du  Plessis de la  Roche-Guyon, dont une fille,  Jeanne Charlotte.
Le milieu du Petit Villequier était ultra catholique.
Au point que le comte Christophe de Lannoy prendra parti pour la Ligue de Guise et les Jésuites, contre  le roi de France, Henri III puis Henri IV de Navarre, il risque gros, ce faisant. Anne  d'Aumont  décède le  18  octobre  1642, sa  fille Anne Elisabeth est  unique  héritière. Henry du  Plessis n'est pas en reste  puisqu'il est  fils  unique de  Roger  du  Plessis seigneur de Liancourt, comte de La Roche Guyon, chambellan du  roi, et de Jeanne de Schomberg.
Leur contrat de mariage, daté du 24 novembre 1643, est revêtu des  signatures de  Louis  XIV, alors âgé de cinq ans, d'Anne d'Autriche,régente, de Gaston d'Orléans, oncle de Louis XIV.

Ils iront habiter  l'hôtel de  Liancourt, superbe résidence du Faubourg St Germain.
Le concierge - tapissier  chargé de la  surveillance générale de la maison  n'est  autre que  Jean  Poquelin, père de  Jean Baptiste Poquelin dit Molière
(pour certains auteurs, ce serait l'oncle de Molière....)

Henri de Plessis, maître de camp  d'un  régiment de cavalerie rejoint l'armée des Flandres  -c'est la guerre de trente ans-  et sera tué en 1646 au siège de  Mardijck. C'est à ce moment que sa femme, Anne Elisabeth accouche de Jeanne Charlotte.

Anne  Elisabeth n'était  pas, et  n'avait  jamais été fidèle. Son amant était  François  René  du  Bec  Crespin, marquis de Vardes,  comte  de  Moret, dont  la   liaison  fut  tellement tumultueuse qu'un roman en fut publié.
 

Devenue veuve, Anne Elisabeth, faillit bien être enlevée par son amant, mais son père  et son  beau  père, de connivence, l'enfermèrent à la citadelle de  Montreuil  sur Mer, pour la marier à Charles de Lorraine, prince  d'Harcourt, fils  du  duc  d'Elboeuf  et de Catherine  Henriette de  Bourbon Vendôme, fille illégitime de France, née  des  amours de Henri IV et de la belle Gabrielle d'Estrée.  "Son mari était laid, contrefait, malade, bossu, vaniteux, gueux".

 Leur contrat de mariage, daté du 5 mars 1648, avait les mêmes témoins que précédemment. Ils  habitent  l'hôtel  des Marais.
 Les beaux parents Liancourt  détiennent la tutelle de  Jeanne Charlotte, car Anne Elisabeth ne s'assagit pas.

 Elle  fréquentait  bien la  marquise  de  Sévigné, mais était toujours  la maîtresse de Vardes, aussi les scènes conjugales  avec le prince d'Harcourt défrayèrent-elles les chroniques.

Elle eut un fils, surnommé le Trembleur, car il trembla dès sa naissance et toute sa vie. Etre reçu dans l'ordre de Malte ne l'empêcha  pas de  passer  par la  bastille, puis il fut enfermé  à l'abbaye de St Médard-les-Soissons, car il était l'amant d'une blanchisseuse, fait  jugé  indigne par  sa  famille, étant, ne l'oublions pas, héritier bâtard du roi Henry IV par sa grand-mère.

Une fille naquit  également  de cette union obligée d'Anne et de Charles de Lorraine, Anne Elisabeth.
La princesse d'Harcourt, Anne Elisabeth, décèdera le 3 octobre1654, à 28 ans, laissant à ses deux filles, nées, l'une de Plessis et l'autre d'Harcourt, ainsi qu'à son  fils, Charles  d'Harcourt  dit le Trembleur, le  Petit  Villequier, les  terres de Réglisse, la Boissière, Morgueville, Montdidier, le  château de  Brunoy et l'hôtel de la rue Vaugirard, en argent, 374.800 livres pour son fils, et de 120.674 livres pour chacune de ses filles.

Le prince d'Harcourt se remarie en  1656 avec Isabelle de laTour  d'Auvergne, fille aînée  de  Frédéric  Maurice, duc  de Bouillon, et d'Eléonore de Bergh, nièce de Turenne.

Anne Elisabeth d'Harcourt, petite  fille de  Henry IV  par sa grand mère, épousera le prince de Vendémont, bâtard de Charles IV, duc de Lorraine et de Béatrice de Cussance.

Jeanne Charlotte, née de Plessis, épousera en 1658, à quatorze ans, le  prince de  Marcillac, fils  aîné  de  Monsieur de la Rochefoucault.

 

 


  CHRONIQUE II  

Françoise d'Aubigné
 

Antoine d'Aumont, marquis de Villequier, né en 1600, décède le 20/11/1691 d'une apoplexie. Nous avons vu qu'il avait épousé Catherine Scarron de Vaure, fille de Michel Antoine Scarron, conseiller du roi, contrôleur des ponts et chaussées, trésorier général de France.

Cette famille est intéressante à plus d'un titre, c'est le cas de le dire.
 

Michel Antoine Scarron achète en 1619 l'hôtel qui avait connu plusieurs propriétaires puisqu'il existait déjà en 1423, situé au numéro 7 de le rue Jouy. Une autre maison touchant l'hôtel par le fond, est acquise, pour tout abattre en 1644 et reconstruire selon les plans de Le Vau, tel qu'on peut le voir de nos jours.

Pour certains historiens, Mazarin serait né dans cette maison.

Les travaux se terminent en 1648, Antoine d'Aumont, Catherine et les enfants vont habiter l'hôtel.

Michel Scarron décède en 1655 et d'Aumont s'empresse de racheter la maison qu'il agrandit grâce à l'acquisition de quatre maisons voisines.

François Mansart sera chargé des travaux aussi bien dans le logis principal que dans les maisons récemment achetées qui deviennent le Petit Hôtel d'Aumont. Un vaste jardin à la française est ensuite créé, doté d'une fontaine et d'une orangerie qui relie le bâtiment principal et le Petit Hôtel d'Aumont.

Quand le maréchal décède, en 1669, sa veuve, Catherine Scarron malgré son âge, entretient Monsieur de Marsan (Monsieur de Lorraine, décédé le 13/11/1708) qu'elle songe à épouser et veut lui donner tout ses biens, au grand mécontentement de son fils Louis Victor qui la fait enfermer dans un couvent par ordre du roi, et bien garder...

Une petite querelle de famille qui finit plutôt mal pour ce pauvre Louis Victor, car on racontait que de rage, sa mère enterra beaucoup d'argent qu'elle avait, en un lieu qu'elle pensait sûr et en effet, le duc, son fils eut beau chercher, il ne retrouva pas ce pactole....

D'après   "l'Avertissement du Parfumeur français "  c'est elle qui inventa  " la poudre à la maréchale ".

Louis Victor Marie d'Aumont n'eut pas tellement de chance d'ailleurs car outre le fait qu'il avait perdu de l'argent, il portait aussi des cornes.....Très souvent requis au service du roi à Versailles, très souvent absent donc, il laissait à son épouse née de Toussée,  (Toucé) fille du maréchal de la Motte, une liberté dont elle profitait en menant une vie galante hors du commun, d'ailleurs commencée bien avant son mariage.

L'Histoire a retenu, parmi ses amants, le duc de Caderousse qui dut passer la journée dans une armoire, le duc d'Aumont étant rentré impromptu à la maison.

Le marquis de Biran fut assidu également et lorsque ses amants ordinaires n'étaient pas libres, la duchesse d'Aumont se rabattait sur ses deux directeurs de conscience et même dit-on, sur Charles Le Tellier, archevêque de Reims, frère du ministre Louvois. Il rentrait le soir par le Petit Hôtel d'Aumont, traversait l'orangerie et gagnait les appartements de notre duchesse.

Une chanson est restée:
 
 

"Seras-tu toujours éprise

De toutes sortes de gens ?

A ton âge, est-on de mise ?

D'Aumont, quitte tes galants.

- Je ne saurais.

Quitte au moins les gens d'Eglise.

- J'en mourrais."
 
 

Le duc fut un grand collectionneur de meubles, d'objets d'art et pièces rares. Après son décès, en 1704, dû à une apoplexie, il fallu plusieurs mois pour tout vendre publiquement.

Son fils, Louis, troisième Aumont à demeurer dans ce très bel hôtel, meurt lui aussi d'une attaque à 56 ans. Mais il créait un précédent, cette crise le prit alors qu'il était chez sa maîtresse, la comédienne Dangeville, qui, nous l'avons vu, le renvoya à demi mort chez lui, dans un fiacre.

Son fils Louis Marie décède sept mois après de la petite vérole, nous sommes en 1723. C'est son petit-fils qui vendra, en 1756, l'hôtel d'Aumont que sa famille avait occupé exactement durant cent ans. De nombreux propriétaires suivront, pour être enfin racheté par la ville de Paris en 1938 et qui en entreprend la restauration, hôtel classé.

Toute cette petite histoire pour nous mener à une alliance familiale qu'on ne peut ignorer.

Michel Antoine Scarron avait un frère, dont j'ignore le nom, mais qui était conseiller au parlement de Paris, lequel avait au moins un fils qui n'est autre que Paul Scarron, né en 1610 et décédé en 1660, créateur du mode burlesque, auteur du romantisme comique, lequel avait épousé Françoise d'Aubigné, née en 1635, décédée en 1719, petite-fille d'Agrippa d'Aubigné, écrivain français né près de Pons en 1552, compagnon d'armes d'Henry IV. (manifestation du baroque littéraire)

Françoise d'Aubigné épouse Paul Scarron en 1652 et devient de ce fait, cousine par alliance de Catherine Scarron et son mari d'Aumont.

De nombreux auteurs, dont Castelot, parlent de l'amitié entre Françoise Scarron et Madame d'Aumont, " laquelle était sa cousine par alliance".
On sait ainsi que le maréchal d'Aumont fréquentait assidûment le salon des Scarron et Castelot semble même vouloir prétendre que le maréchal faisait la cour à Françoise  ........
 

Madame d'Aumont possédait un appartement au couvent des hospitalières, qu'elle prêtera à Françoise lors du décès de son mari en 1660. Veuve, elle sera pensionnée par Anne d'Autriche puis passera gouvernante des enfants de Madame de Montespan et du roi Louis XIV. Anoblie en 1680 sous le nom de Madame de Maintenon, puis dame d'atours de la Dauphine, pour enfin épouser secrètement le roi Louis XIV, entre 1683 et 1686. Elle fonde l'école de St Cyr destinée aux jeunes filles nobles, mais pauvres et s'y retirera en 1715, après la mort du roi Soleil.
 

Il faut supposer que toute la famille se serre les coudes et que Françoise d'Aubigné, dont l'ascension est quand même assez étonnante, a été aidée et recommandée par tous ses "parents" déjà en place à la Cour de Versailles, les d'Aumont, lesquels pouvaient espérer un juste retour des faveurs faites.

Cessons donc, Messieurs les historiens, de nous poser des questions sur cette ascension fulgurante d'une petite huguenote, née à la prison de Niort où son père était retenu prisonnier pour intelligence avec l'Angleterre. La clé de cette réussite est peut-être tout simplement à rechercher dans cette Saga familiale des Aumont.......

Epître à Sarrazin, par le poète Scarron.
 

Un pauvret

Très maigret

Au col tors,

Dont le corps

Tout tordu,

Tout bossu,

Suranné,

Décharné,

Fut réduit,

Jour et nuit,

A souffrir

Sans guérir

Des tourments

Véhéments.


CHRONIQUE  III  


Et puisque nous sommes au siècle de lumière sous le roi Louis XIV, il faut connaître un  épisode qui se situe exactement dans le cadre de la famille royale.

 

Le roi Louis  XIV et Madame de  Montespan eurent six enfants, bâtards royaux, non reconnus par leur mère qui était toujours l'épouse de Louis Henri Pardaillan de Gondrin, marquis de Montespan. Ce mariage eut lieu en 1663, à noter que la marquise s'appelait  alors Françoise de  Rochechouart - Mortemart, née le 5/10/1640 au château de Lussac, en Poitou, et qui décèdera le 27/5/1707.

 

Deux  enfants  étaient  nés de cette union, une fille décédée jeune et un fils, Louis Antoine, marquis, puis  duc  d'Antin, surintendant des bâtiments après le décès de Mansart.

 

Le fils du  duc  d'Antin, dit le marquis  de  Gondrin, épouse Sophie Victoire de Noailles, fille d'Anne Jules, duc de Noailles et maréchal : le frère de Sophie est cardinal. Le marquis de Gondrin décède en 1712 et la marquise se remarie onze ans plus tard avec l'oncle de son mari, Louis Alexandre de Bourbon, comte de Toulouse, né à Versailles le 6/6/1678, de Madame de Montespan, légitimé par le roi son père, le 22/11/1681, amiral de France en 1683, colonel en 1684, gouverneur de Guyenne en 1689, de Bretagne en 1695, duc de Penthièvre en 1695, maréchal de camp en 1696. Lieutenant général des armées du roi en 1697, duc et pair de Danville en 1694, de Rambouillet en 1706 ainsi que de Château-Villain.

Grand veneur de France, il épouse donc en février 1723, Marie Sophie Victoire de Noailles, 1688-1766, veuve du marquis de Gondrin....  ( dont elle  avait un fils, monsieur  d'Epernon, qui épousera Mademoiselle de Montmorency).

 

Un fils va naître de cette alliance, Louis Jean Marie Penthièvre, né le 16/11/1725 à Rambouillet, baptisé en 1732 et décédé en 1793. Il sera amiral de France par droit de survivance, grand veneur, gouverneur de Bretagne, colonel de deux régiments portant son nom, il sera héritier des enfants de son oncle, Bourbon du Maine, lesquels décèdent tous sans alliances ou sans enfants.    

Il épouse Marie Thérèse d'Este Modène 1726-1768

dont:

     

- Louis Alexandre, prince de Lamballe 1747-1768, qui épouse Marie de Savoie Carignan (1749-1792)

 

- Louise Marie Adélaïde de Bourbon  (1753-1821) qui épouse Louis-Philippe Joseph,duc d'Orléans  (1747-1793) dit Philippe Egalité.

Leur fils, Louis Philippe (1773-1850) sera roi des français de 1830 à 1848 et épousera Marie Amélie, fille de Ferdinand 1er, roi des Deux Siciles, leurs descendants font la souche de l'actuel comte de Paris.

 

Louis Alexandre de Bourbon, s'il est devenu un mari et un père exemplaire, n'en eut pas moins, avant son mariage, deux fils naturels:

 

- Louis Alexandre de Sainte Foy (Foix) né en 1720 et décédé jeune

- Philippe Auguste, comte de Sainte Foix, dit le chevalier d'Arcq, né à Paris le  20/7/1721 et décédé en 1795.

Sur son extrait de naissance, il  est  stipulé fils de  Louis Alexandre de Sainte Foix,  alias Louis-Alexandre de Bourbon-Toulouse, duc, officier de marine,  et de..    Madeleine d'Aumont.

 

"Ce n'était un  secret  pour personne à la cour et il est plus que certain que  Louis  Alexandre  et  Madeleine  d'Aumont se connaissaient depuis longtemps, d'autant que le mari étant officier de marine, se trouvait être sous les ordres de Louis Alexandre de Bourbon, à moins qu'il n'existe pas et que le nom de Sainte Foix ait été créé pour cette circonstance."

     

De même, impossible, actuellement,  de savoir qui était cette Madeleine d'Aumont. Toujours est-il que le chevalier d'Arcq embrasse la carrière des armes puisqu'on le retrouve à  Fontenay en 1745, Lawfeld en 1748, il sera  capitaine  au régiment  des  Royal Cravates. Il reçoit de Louis XIV ses lettres de noblesse et quitte l'armée en 1748. On le retrouve premier fauconnier du comte de Provence, disgracié et exilé à Montauban entre 1785 et1789.

Il avait épousé en 1772, Anne Marie Richard, 1750-1801 et décèdera à Paris le 5/2/1795 (17 pluv.an III)

Le chevalier d'Arcq ne sera pas reconnu par son illustre père, toutefois il reçoit honneur et noblesse, il  sera  même  reçu dans l'Ordre de Malte, milieu cependant très fermé.

Brillant littérateur et auteur fécond:

 

                                      - Les lettres d'Osman en 1753

                                      - Le palais du silence en 1754

                                      - Mes loisirs en 1756

                                      - Histoire générale des guerres en 1756-1757

     

Ses enfants, s'il en eut, sont donc descendants du roi Louis XIV et de Françoise-Athénaïs de Rochechouard Mortemart, marquise, dite Madame de Montespan. 1641-1707

 


CHRONIQUE  IV

 

 Un peu d'histoire, pour prouver que des Aumont sont aussi descendants de rois.....

 

Jean le Bon, roi de France, eut comme quatrième fils, Philippe le Hardi, frère du roi Charles, qui devint gouverneur de Bourgogne en 1363 et reçu le duché en apanage en 1364.

 

En 1369, il épouse Marguerite de Flandre, veuve de Philippe de Rouvres, fille de Louis de Male dont le décès, en 1384, le fait hériter de la Flandre, des comtés  d'Artois et Nevers, ainsi que des seigneuries de Salins, Malines et Anvers.

 

Il faut noter qu’à cette époque, l'épouse de Pierre d'Aumont, veuve, se remarie avec Victor de Flandre, fils naturel de Louis de Male. Ils deviennent donc de ce fait neveux et nièces par alliance du fils du roi Jean le Bon, Philippe le Hardi.

 

Son fils, Jean II sans Peur (1371-1419) duc de Bourgogne en 1404 meurt assassiné. Son petit fils, Philippe III le Bon, né le 30/6/1396 à Dijon, décédé le 15 juin 1467 en son hôtel à Bruges.

Trois mariages:

 

- Michèle de Valois, épousée en juin 1409, née en 1395, décédée en 1422

- Bonne d’Artois, épousée le 30/11/1424, née ca 1397, décédée en 1424

- Isabelle de Aviz du Portugal, épousée le 7/1/1430 à Bruges, décédée en 1472. Duchesse de Bourgogne de 1397 à 1471, dont: Antoine 1430-1432, Josse 1432-1432, Charles le Téméraire 1433-1477.

 

Par ces mariages et de nombreux achats, il accroît son patrimoine par les comtés de Namur, de Hollande, de Frise et de Zélande, par les duchés de  Brabant, Limbourg, Lothier et Luxembourg.

Outre ses trois femmes, on lui connaît 33 maîtresses, et pas des moindres, et 26 enfants illégitimes, tous reconnus…..

- Jeanne de Presles, ca 1400, ca 1440, dont Antoine

- Catherine Tiesferies, dont Baudouin

   etc..etc...

 

Une seule d’entre ces femmes nous intéresse, il s’agit de Jeanne de Castellana (de Chastellain) dite de Bosquiel, damoiselle de Quéry la Motte, fille de Louis de Presle, seigneur de Lizy.

Elle épousera, en 1442, Etienne de Bours, dit Maillon ou Maillotin, gouverneur de Gorgue, Dunkerke, qui décèdera en 1450, elle décède le 14/7/1462.

 

Toutefois, de sa liaison avec Philippe le Bon, il naît une fille, Marie de Bourgogne, qui sera, comme la coutume l’exige, enlevée à sa mère et élevée avec ses nombreux frères et soeurs à la cour de Philippe le Bon.

 

Il en résulte que Marie de Bourgogne, quoique bâtarde, épousera le 30/9/1447, Pierre de Bauffrémont, comte de Charny, décédé en 1473, chevalier de la Toison d'or, veuf de Jeanne de Montaigu, chambellan du duc de Bourgogne

dont:

- Jeanne de Bauffrémont x Philippe de Longwy

  dont:

 

   - Christophe de Longwy

    - Jean de Longwy x Jeanne d Angoulême, décédée en 1538,

      dont:   - Jacqueline, décédée en 1561

                 - Françoise, décédée en 1547 x Philippe Chabot, comte de Busançois, comte  

                    de Charny, ca 1494-1543, amiral de France,

      dont: 1. Léonor, ca 1526-1597

               2. Françoise

               3. Antoinette Chabot x Jean VI d’Aumont

               4. Anne

               5. François

 

Philippe, comte de Charny, époux de Françoise de Longwy descendante de  Marie de Bourgogne et Pierre de Bauffrémont, est également comte de Busançois et amiral de France et l’une de ses filles, Antoinette Chabot, va épouser Jean VI d'Aumont, maréchal de France et de nombreux descendants vont illustrer cette famille déjà célèbre à plus d'un titre.

 


CHRONIQUE  V 


Les descendants de  LOUISE  FELICITE   D'AUMONT.

    

 

Née en 1759, fille de Louis Marie Guy d'Aumont et de Louise Jeanne de Durfort Duras, elle épouse en 1777, Honoré IV Grimaldi, prince de Monaco.

 

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En 1297, Lanfranco, alias François Grimaldi,(1267-1314) seigneur de Cagnes, amiral de France, prend Monaco et gouverne sous le nom de Rainier Ier.

 

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La lignée mâle des  Grimaldi  s'arrête en  1731 par le  décès d'Antoine Ier de Grimaldi, prince de Monaco.(1667-1731)

 

Sa fille, Louise Hippolyte Grimaldi, épouse en 1715, Jacques François de Goyon Matignon, comte de Thorigny,  qui prend, en 1731, les armes et le nom des Grimaldi, règnant  jusqu'en 1751.

Deux fils sont nés de cette union:

 

- Joseph,1767-1816, époux de  Thérèse de  Choiseul  Stainville qui sera guillotinée en 1814* dont deux filles, Honorine et Athénaïs.

 

- Honoré IV de Grimaldi, né le 17/5/1758, épouse Louise  Félicité Aumont. Il sera prince en 1814, pair de France, il  délèguera ses pouvoirs à son fils aîné en 1815 et se noie  dans  la Seine à Paris le 16/2/1819. Il était épileptique.

Deux fils naîtront de cette alliance qui ne dure pas puisque le 22 juin 1793, Louise Félicité d'Aumont obtient le divorce, sauvant peut-être ainsi sa tête.....

       

1.Gabriel  Honoré V, né le 14/5/1778, prince  de  Monaco en 1819,  décède sans hoirs le 2/10/1841 à Paris, d'une maladie de gosier, célibataire. Toutefois, il  reconnut  un fils né de  Félicité  Pronault de Gamaches, Oscar Louis Gabriel  Grimaldi, marquis de Baux, né  15, rue  Bonaparte à Paris, le 8/6/1814, décédé  le  14/7/1894      

Il avait hérité des objets personnels de son père.

 

2.Tancrède Florestan 1er  né le 10/10/1785, succède à son frère en 1841, il délègue ses pouvoirs à son fils, le prince Charles III en 1848 et décède à Paris le 20/6/1856.

Il avait épousé Caroline, fille de Charles Thomas Gilbert  de Lametz, née à Coulommiers (S.M.) le 18/7/1793, elle  décèdera le 20/11/1879. Ils ont deux enfants:

 

- Florestine Gabrielle Antoinette de Monaco, née à Fontenay aux Roses le 22/10/1833, décédée le 24/4/1897. Elle épouse le 16/2/1863, le comte Frédéric Guillaume, comte de Wurtenberg, duc d'Urach (1810-1869)

Ce dernier avait été marié avec  Théodeline  de Beauharnais -Luchtenberg, princesse, fille du vicomte Eugène de Beauharnais, duc de Luchtenberg vice-roi d'Italie, fils adoptif de Napoléon et de Joséphine de Beauharnais.  

 

- Charles III, prince de Monaco, né le 8/12/1818, décédé en 1889 prince en 1856, supprime tous les impôts grâce aux jeux du Casino.

Il avait épousé la comtesse Antoinette Ghislaine  de Mérode Westerloo (1818-1864), fille de Werner, comte de Mérode. 

dont:

                                       

Albert 1er, 1848-1922, prince  de  Monaco en  1889, qui avait épousé en premières noces, Marie Victoire, (1850-1922) fille de William, duc d'Hamilton et Brandon, dont  Louis II.

En secondes noces, Albert épouse Marie Alice (1858-1925) fille de Michel Heine, épouse divorcée d'Armand, duc de Richelieu.

  

* La République supprime la principauté de Monaco et emprisonne toute la famille  d’Honoré III.

Les Grimaldi récupèrent la principauté dès 1815, souveraineté confirmée en 1919 par le traité de Versailles.

  

Louis II, son fils, né en 1870, décédé en 1949, épouse  le 25 juillet 1946, Ghislaine Dommanget, née en 1900, divorcée d'André Brûle, actrice. Ils n'ont pas d'enfants.      

 

Charlotte Grimaldi, née en 1898, fille de Louis II et Julienne Louvet (1867-1930) est reconnue par son père, confirmée par Albert Ier le 15 novembre 1911, comme apte à succéder au trône.*

Elle devient  Mademoiselle de  Valentinois, princesse en 1918 reconnue ainsi par tous les monégasques. Elle épouse le comte Pierre de Polignac  (1895-1964)  en 1920 pour divorcer en 1933.

 

Rainier III Grimaldi, prince de Monaco, né le 31/5/1923, règne depuis 1949 et représente la troisième lignée de Grimaldi, successeur du nom par les femmes.

Le 19 avril 1956, il épouse Grâce Patricia Kelly, née le 12/11  1929 et décédée le 14 septembre 1982, dont il aura trois enfants. 

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Le mariage du 15 juillet 1777 unissant Honoré Grimaldi et Louise Félicité Victoire d'Aumont sera le grand évènement du siècle et devait redorer le blason de la maison princière de Monaco au niveau des titres et des biens. En effet, la duchesse de Mazarin (par sa mère) est héritière d'un duché pairie transmissible par les femmes, mais aussi de biens immenses laissés par le cardinal à sa nièce Hortense Mancini !

C'était une des plus riches alliance qu'il était possible de contracter à cette époque, la fortune d'Aumont père était, elle aussi, très importante. Las, les évènements précurseurs de le République faussent les cartes et les époux se séparent. Il est vrai que Louise Félicité, qui gère ses biens immenses n'est pas très douée, et elle passe la majeure partie de son temps à régler des différents qui tournent en procès. L'aîné des deux fils vivra désormais avec son père, le plus jeune avec sa mère. Honoré  IV, considéré comme un prince étranger se voit saisir tous ses biens, à commencer par ses immeubles de Paris. Le prince de Condé rassemble les émigrés sous son commandement, et Joseph, influencé par Louise Félicité, le rejoint. Monaco, occupé, pillé, sera désormais un chef lieu de canton français, sous le nom de Fort Hercule. Du simple fait du choix de Joseph d'émigrer, ses parents tombent sous la loi des suspects qui assimile les parents d'émigrés à des coupables.

De sorte que la duchesse d'Aumont Mazarin sera conduite, avec son plus jeune fils âgé de huit ans, à la prison établie au couvent des anglais, tous ses biens sont mis sous séquestre.

Les membres de la famille survivent comme ils peuvent, même en récupérant une partie de leurs biens qui n'avaient pas été vendus, c'est la misère. Honoré V gouvernera Monaco de Paris, ce qui ne plait guère aux monégasques. Lors de son décès, le 2/10/1841, son frère Florestan Ier lui succède et reprend une principauté en grand péril. Il semble que ce prince ait été considéré comme un original. Il aimait les lettres et les arts et se serait même produit sur des scènes parisiennes entre 1798 et 1802. En 1806 il prendra les armes et se battra sporadiquement jusqu'en 1814. En 1815, il fera la connaissance de Caroline Gibert, elle a 21 ans, de condition modeste, née à Coulommiers, fille de Charles Gibert et d'Henriette le Gras de Vaubercy.

Dès qu'ils seront mariés, elle portera le pantalon dans le ménage, (au sens figuré, s'entend) et c'est elle qui s'acharnera à vouloir rendre à son mari la fortune, que, selon elle, les évènements lui avaient volé. Entre autre, elle mènera de nombreux procès, en reprendra d'anciens, pour essayer de récupérer la fortune de la duchesse de Mazarin décédée en 1819. Charles III, fils de Florestan et Caroline règnera à son tour sur Monaco, mais le 2 février 1861, il perdra, par traité avec Napoléon, les neuf dixième de son territoire .Entre temps, la gestion de Caroline avait rétabli la fortune personnelle des Grimaldi, Napoléon avait payé les territoires cédés quatre millions, et Charles venait d'épouser Antoinette de Mérode et sa dot confortable. Dès ce moment se dessine le Monaco actuel avec son casino qui rapportera tant d'argent dans la caisse de l'état que les indigènes ne paient pas d'impôt ! Tous les grands de l'époque se devaient de fréquenter le Rocher, le casino, et cet engouement n'est pas terminé.....

 

Ce petit survol historique l'est.

Peut-être n'eut-il sa place dans cette saga que pour démontrer que des familles se trouvent marquées au cours de générations successives par les mêmes tendances, les mêmes sens artistiques, les mêmes ardeurs.

 

Les titres portés par Rainier III  Grimaldi, prince de Monaco confirment les alliances de la famille princière de Monaco et nous apporte ainsi la preuve  que c'est Florestan, né en 1785, fils de Louise Félicité d'Aumont, qui assure la succession des Grimaldi.

Il fut donc prince de Monaco en 1819, grand père d'Albert.

 

Si vous rencontrez  Rainier III, Son  Altesse  Sérénissime **prince de Monaco, duc de Valentinois, marquis des Baux, comte de Carlades, baron de Buis, seigneur de St Rémy, sire de Matignon, comte de Thorigny, baron de St Lô, de la Luthumière et Hambye, duc d'Estouville, duc de Mazarin et Mayenne **, prince du Château Porcin**, comte de Ferrette, de Belfort, de Thann et Rosemont, baron d'Altkirich, seigneur d'Isengheim, marquis de Chilly**, comte de Longjumeau, baron de Massy, marquis de Guiscard,** et qu'il serait assurément fastidieux d'énumérer tous ces titres, dites lui simplement :

         " bonjour cousin "....... 

 

 * Albert Ier a modifié les règles de succession au trône, afin qu'elle devienne princesse héritière, car un traité de 1818 stipulait, entre autre, que la succession à la couronne  "par effet de mariage, adoption ou autre, ne peut être dévolue qu'à une personne monégasque ou française agréée par le gouvernement français" ceci, afin d'éviter l'accession d'une maison étrangère.

** Ces titres proviennent de Louise Félicité d'Aumont, par sa arrière-grand-mère, Catherine de Guiscard.

Les héraldistes contestent au prince de Monaco le droit à tous ces titres dont la majeure partie vient des femmes.