III. Le Dimanche
IV. La fête de Pâques et
le cycle pascal
VII. Les fêtes et solennités
du Seigneur
VIII. Les fêtes des saints
et de la Vierge Marie
Nous célébrons la Liturgie des Heures au long
du jour
Nous célébrons de façon particulière un jour
de la semaine: le dimanche
Nous célébrons les fêtes et solennités au long
de l’année dont la plus grande est la solennité de PAQUES
La Liturgie est ainsi liée
avec le temps et ses rythmes
Elle nous fait découvrir, dès la première page,
l’importance
du jour
et de la semaine
Lire Gn 1, 1
à 2, 3.
La Bible nous apprend que Dieu est à l’origine
du temps et de ses rythmes: c’est lui qui a séparé la lumière des ténèbres,
créant ainsi les jours et les nuits (Gn 1, 4-5)
Ensuite, il a créé les “luminaires au firmament
du ciel pour séparer le jour de la nuit et servir de signe tant pour les
fêtes que pour les jours et les années" (Gn 1,
14)
Et la création du ciel et de la terre, et de
l’homme est présentée symboliquement dans le cadre d’une semaine:
Six jours où Dieu a créé le monde et un septième, béni et sanctifié par
Dieu, car il avait chômé après tout son ouvrage de création (Gn 2,
1-3). Ainsi sera le sabbat
(Ex 20, 8-11)
Lire Gn 1, 1 à 3, 3
La Bible, c’est aussi le récit de l’intervention
de Dieu dans l’histoire d’un peuple, le peuple hébreu qu’il a choisi afin
de le libérer du péché et de le ramener vers lui.
Au livre de l’Exode, nous voyons la célébration
de la PAQUE.
Elle célèbre la libération du peuple de Dieu
de l’Égypte. (Ex 12,14 et 42).
Lire tout le chapitre 12.
C’est
une célébration annuelle ; elle rend présente à chaque génération la
libération d’Egypte. Ainsi la liturgie actualise et rend présente l’action
de Dieu dans l’histoire pour libérer son peuple.
Dès l’Ancien Testament, le temps liturgique
est donc en relation avec l’action de Dieu dans l’histoire humaine.
“Quand vint la plénitude du
temps, Dieu a envoyé son Fils, afin que nous soyons des fils et des
héritiers de par Dieu” (Gal 4, 4). Ce Fils, Jésus, a réalisé la libération,
le Salut par sa Passion, sa Mort et sa Résurrection. C’est le mystère
pascal. C’est par la Liturgie de l’Église que nous y avons part.
Lire Constitution sur la liturgie du Concile Vatican II (SC 5
et 6)
Par la Liturgie, le Christ est présent. La Liturgie
est un AUJOURD’HUI car c’est la rencontre avec Dieu
“Le
salut est maintenant plus près de nous qu’au temps où nous avons cru… le
jour est arrivé” (Rm 13, 11-12).
Lire Constitution sur la liturgie du Concile
Vatican II (SC 7)
La Pâque de Jésus s’accomplit aujourd’hui pour
chacun de nous. Elle fait entrer l’humanité dans un temps nouveau. Le passé
est rendu présent, ainsi que le futur ou le devenir.
“Voici
que je fais l’univers nouveau” (Ap 21, 5)
“Il
n’y a auprès de Dieu qu’un “aujourd’hui” divin qui est bien différent
de cet “aujourd’hui” que nous concevons à la façon des hommes. Quand nous
disons “maintenant”, ce “maintenant” s’écoule aussitôt; il tombe déjà dans
le passé, tellement notre instant présent et l’aujourd’hui de la terre sont
fugitifs. Mais auprès de Dieu, il y a un “aujourd’hui” qui ne passe pas,
qui signifie une présence sans fin, un présent qui dure toujours. Nous ne
saurions le comprendre.
Par
les saints mystères (c’est-à-dire la liturgie et au plus haut point l’Eucharistie),
Dieu nous attire dans sa vie à lui et c’est ainsi que vivant encore sur
la terre, nous nous tenons déjà dans l’éternel aujourd’hui de Dieu, pour
prendre part à l’action de la vie céleste”…
Odon Casel
(grand théologien de
la liturgie)
1886-1948
(dans LMD 65)
“Dans le christianisme,
le temps a une importance fondamentale. C’est dans sa dimension que
le monde a été créé, c’est en lui que se déroule l’histoire du salut qui
a son apogée dans la “plénitude du temps” de l’Incarnation, et atteint sa
fin dans le Retour glorieux du Fils de Dieu, à la fin des temps. En Jésus-Christ
Verbe incarné, le temps devient une dimension de Dieu qui est en
lui-même éternel. Avec la venue du Christ commence les “derniers jours”
(cf. He 1, 2), la “dernière heure” (1 Jn 2, 18), avec elle commence le temps de l’Église
qui durera jusqu'à la Parousie.
… Chaque année, chaque
jour, chaque moment est inclus dans l'Incarnation et la Résurrection du
Christ pour se retrouver ainsi dans la Plénitude du temps. C'est pourquoi
l'Église, elle aussi, vit et célèbre la liturgie dans l'espace d'une année.
L’année solaire est ainsi imprégnée par l’année liturgique qui reproduit
en un sens tout le mystère de l’Incarnation et de la Rédemption en commençant
par le premier dimanche de l’Avent pour se terminer par la solennité du
Christ-Roi, Seigneur de l’univers et de l’histoire. Chaque dimanche rappelle
le jour de la Résurrection du Seigneur.”
Jean-Paul II Lettre apostolique tertio millenario adveniente (10 nov. 1994)
Elle déploie au long de l'année le mystère du
Christ et de notre Salut.
"L’Église,
chaque semaine, au jour qu’elle
a appelé le Jour du Seigneur, fait
mémoire de la Résurrection du Seigneur qu’elle célèbre encore une fois
par an en même temps que sa bienheureuse Passion par la grande Solennité
de Pâques. Elle déploie tout le mystère du Christ pendant le cycle
de l’année, de l’Incarnation et la Nativité jusqu’à l’Ascension, jusqu’à
la Pentecôte et jusqu’à l’attente de la bienheureuse espérance et de l’avènement
du Seigneur.”
Constitution sur la liturgie
du
Concile Vatican II (SC 1O2)
Lire aussi SC 103 et 1O4
— Noter dans quel ordre le Concile énumère les célébrations
de l’année
— Comment voyons-nous évoqués dans ce passage
le passé
le présent
l’avenir
rendus présents dans la liturgie?
— Saint Benoît parle-t-il de l‘année liturgique?
(cette question sera reprise dans les pages suivantes)
“Dans
son ensemble et sa totalité, l’année liturgique est bien l’image
de l’éternelle et divine économie du salut et elle contient tout le mystère
du Christ. Mais à l’intérieur du grand cycle et au cours de son rythme,
le mystère se conforme à l’œil de l’homme qui n’est pas encore capable,
comme il le sera au ciel, d’embrasser d’un seul regard la totalité. Et de
même que l’année contient une présence divine, ainsi chacun des jours du
cycle ramène et fait revivre l’événement sauveur qui autrefois lui a conféré
sa sainteté particulière (…)
Ce
qui donne au mystère cette signification particulière, ce n’est jamais la
seule pensée humaine, mais toujours la présence divine.”
Odon Casel
Les célébrations chrétiennes sont liées aux
fêtes juives, non pas directement, mais plutôt parce que Jésus a vécu ces
fêtes; sa Vie et spécialement sa Mort et sa Résurrection ont eu lieu dans
le cadre des fêtes juives et de la Pâque juive.
Dès le Nouveau Testament, après la Résurrection
de Jésus, nous voyons la célébration du dimanche, le “premier jour
de la semaine”, le lendemain du sabbat. Le dimanche célébre, chaque semaine,
la Résurrection de Jésus.
Au siècle suivant, un dimanche de l’année
est solennisé: celui qui est le plus proche de la date de la Pâque juive,
afin de célébrer la Passion et la Résurrection de Jésus au jour anniversaire.
C’est la Solennité de Pâques, la Fête des fêtes. Le centre, en est
la Veillée pascale, la nuit de Pâques.
A partir du 3e siècle, la fête de Pâques
est prolongée durant cinquante jours de façon festive: c’est la Cinquantaine
pascale ou Pentecôte, sans que le 50e jour soit déjà spécialement
marqué.
De même, Pâques se déploie sur 3 jours pour
célébrer de façon plus différenciée la Passion et la Résurrection de Jésus:
du vendredi au dimanche (sans que soit marqué de façon spéciale le jeudi).
Le 4e siècle connaît, tout à la
fois, le développement et l’organisation de la liturgie et de la vie de
l’Église:
Le Carême apparaît (déjà un peu au 3e siècle) et s’organise
surtout comme le temps de préparation au Baptême: c’est le temps du catéchuménat,
puis le temps de pénitence des baptisés.
Le jour de la Pentecôte se différencie
des 50 jours de Pâques.
puis apparaît l’Ascension, aux 40 jours.
Noël et le temps de
Noël apparaissent également, puis l’Avent se développe peu à
peu.
A ces temps forts de l’année liturgique qui
célèbrent le Mystère du Christ et notre Salut, il faut ajouter les Célébrations
des Saints, en premier lieu celles des Martyrs, et celles de
Marie, la Mère de Jésus. C’est le “Sanctoral”.
1er s.
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Célébration de Pâques chaque
semaine: le Dimanche, “Jour du Seigneur”
2e s.
*
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Pâques
Solennisation d’un dimanche pour célébrer Pâques
3e s.
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Pâques
La Cinquantaine pascale ou
Pentecôte
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4e s.
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Carême Pâques Pentecôte Avent Noël+Épiphanie
La célébration du dimanche remonte au jour de
la Résurrection de Jésus: les quatre évangélistes précisent que c’est le
premier jour de la semaine, le premier après le sabbat que
Jésus, ressuscité, s’est manifesté à ses disciples:
Mt 28, 1
Mc 16, 1
Lc 24, 1
Jn 20, 1
Ce même jour, les disciples
d’Emmaüs reconnaissent Jésus à la fraction du pain (expression qui
désigne primitivement l’Eucharistie) (Lc 24, 35).
Le soir de ce jour également, Jésus transmet
à ses Apôtres l’Esprit et le pouvoir de remettre les péchés, et il les envoie
en mission (Jn 20, 21).
Plusieurs autres textes du Nouveau Testament
montrent encore l’importance du dimanche et nous devinons que sa célébration
est rapidement hebdomadaire:
Jn 20, 26: “Huit jours après”,
donc le dimanche qui suit sa Résurrection, Jésus se manifesta encore à ses
disciples réunis
Ac 20, 7-12: Les disciples de
Jésus sont assemblés, avec S. Paul, le “premier jour de la semaine”
pour “rompre le pain” et écouter la parole de Paul. Ainsi,
la célébration du dimanche avec le rassemblement des chrétiens pour l’Eucharistie
et l’écoute de la Parole, afin de faire mémoire de la Résurrection du Christ
est une constante de l’Église depuis l'origine:
La Lettre de Pline le jeune à l’empereur Trajan
(début du 2e siècle) témoigne de cette fête du Jour du Seigneur en parlant des chrétiens
qui “ont coutume de se réunir à jour fixe, avant l’aurore, pour chanter
entre eux un hymne au Christ comme à un dieu”
Voici le témoignage de S. Justin:
“Le
jour qui est appelé le jour du soleil, tous les nôtres qui habitent les
villes ou les campagnes s’assemblent en un même lieu. On lit les mémoires
des Apôtres ou les écrits des prophètes… Nous nous assemblons tous le jour
du soleil, parce que c’est le premier jour, où Dieu, tirant la matière des
ténèbres, créa le monde et que, ce même jour, Jésus-Christ, notre Sauveur,
ressuscita des morts.”
“Ordonne
et persuade au peuple d’être fidèle à prendre part à l’assemblée du dimanche.
Que personne n’y manque, que chacun soit fidèle à se réunir afin que personne
ne diminue l’Église en n'y venant pas et diminue ainsi d'un membre le Corps
du Christ."Didascalie des Apôtres (3e siècle)
C’est aussi ce que dit la Constitution sur la
Liturgie (Vatican II):
“L’Église
célèbre le mystère pascal en vertu d'une tradition apostolique qui remonte
au jour même de la Résurrection du Christ, chaque huitième jour, qui est
nommé à bon droit le jour du Seigneur, ou dimanche. Ce jour-là,
en effet, les fidèles doivent se rassembler pour que, entendant la
Parole de Dieu et participant à l'Eucharistie, ils se souviennent
de la Passion, de la Résurrection et de la Gloire du Seigneur
Jésus, et rendent gloire à Dieu ‘qui les a régénérés pour une vivante espérance
par la résurrection de Jésus-Christ d'entre les morts.’”(I P 1, 3).
Aussi le jour du Seigneur est-il le jour de fête primordial… jour
de joie et de cessation du travail.… Il est le fondement et le
noyau de toute l’année liturgique.”
Lire Constitution
sur la liturgie du Concile Vatican II (SC 106)
Au début, les Juifs devenus chrétiens ont d’abord
continué à célébrer le sabbat et le culte juif et à fréquenter le temple
et les synagogues (Ac 13, 14). Ensuite, le “premier jour de la semaine”
va prendre la place de la célébration du sabbat comme jour consacré à Dieu,
jour de joie et de cessation du travail, mais il reste toujours le jour
de la Résurrection du Christ:
“Ceux qui vivaient
selon l’ancien ordre des choses, sont venus à la nouvelle espérance: n’observant
plus le sabbat, mais le dimanche, jour où notre vie s’est levée par le Christ
et par sa mort.” St Ignace d’Antioche
Le “Jour du Seigneur”, cette expression
apparaît en Ap 1, 10; le mot grec employé donnera le mot latin dominicus
dies, ou dominica et en français, dimanche (alors que les langues
germaniques ont gardé l’expression “jour du Soleil”).
Le mot Seigneur désigne le Christ Jésus ressuscité
et non d’abord Dieu Créateur et Père, car Jésus est Seigneur par
sa résurrection (Ac 2, 36).
Aux trois premiers siècles, ce jour n’était
pas chômé (les juifs avaient le sabbat, le monde païen avait d’autres jours).
Ce n’est qu’après l’édit de Constantin (4e siècle) que ce jour devint
chômé; il est alors le jour de l’assemblée liturgique et jour de repos.
Les Pères de l’Église ont employé cette expression
pour souligner la nouveauté du monde dans lequel est entré le Christ par
sa résurrection et dans laquelle il nous fait entrer; quant au 7e jour, il achève la
création.
Elle comporte:
— Le rassemblement des chrétiens, c’est
ainsi que se constitue l’Église. Le mot Église désigne le rassemblement
de la communauté chrétienne “convoquée par Dieu et par les ministres de
son salut” pour célébrer la liturgie.
— L’écoute de la Parole de Dieu et l’Eucharistie.
Le lien de l’Eucharistie avec le dimanche est affirmé de façon massive par
la tradition de l’Église. (Lc 24; Ac 20).
— La vigile du dimanche a été célébrée
dans l’Antiquité chrétienne, surtout en Orient. La prière dans la nuit a
une dimension pascale.
— La Liturgie des Heures commence le
samedi soir par les “premières vêpres” qui constituent l’entrée dans
le dimanche
—
Les Sacrements (Baptême, Confirmation, Ordination) sont souvent célébrés
le dimanche dans l’assemblée chrétienne.
L’atmosphère pascale doit marquer le dimanche.
C’est un jour de joie, c’est le jour où l’Église prend conscience de la
Présence du Christ Ressuscité.
C’est pourquoi les pères de l’Église (spécialement
S. Basile) recommandaient de ne pas jeûner ce jour-là et de prier
debout, non à genoux.
“L’usage de ne pas plier
le genou pendant le ‘jour du Seigneur’ est un symbole de la Résurrection
par laquelle nous avons été libérés, grâce au Christ, du péché et de la
mort; la “Mort” a été mise à mort par le Christ”. S.
IrÉnÉe (2e siècle)
“Nous nous tenons debout
quand nous prions le jour consacré à la Résurrection, parce que ce
jour-là paraît être en quelque sorte l’image du siècle à venir. (…) Chaque
fois que nous fléchissons les genoux et que nous nous redressons, nous montrons
en acte que le péché nous a jetés à terre et que l’amour de notre Créateur
pour les hommes nous rappelés au ciel” S.
Basile (4e siècle)
—— Saint Benoît parle-t-il
du dimanche?
—— Qu’en dit-il?
—— Dans la vie monastique,
qu’est-ce qui distingue
le dimanche
des autres jours?
—— Retrouver le sens
du dimanche
dans les textes de
la liturgie du dimanche:
dans la prière eucharistique,
dans les hymnes,
dans le choix des psaumes.
“Le dimanche étant la
Pâque hebdomadaire où est rappelé et rendu présent le jour où le Christ
est ressuscité d’entre les morts, c’est aussi le jour qui révèle le sens
du temps. Il n’y a pas de relation avec les cycles cosmiques selon lesquels
la religion naturelle et la culture humaine tendent à rythmer le temps,
cédant éventuellement au mythe de l’éternel retour. Le dimanche chrétien
est bien autre chose! Jaillissant de la Résurrection, il traverse le temps
de l’homme, les mois, les années, les siècles comme une flèche qui le pénètre
en les tournant vers le but de la seconde venue du Christ. Le dimanche préfigure
le jour final, celui de la Parousie, déjà anticipé en quelque sorte par
la gloire du Christ dans l’événement de la Résurrection. (…) La sanctification
du dimanche est un témoignage significatif que les chrétiens sont appelés
à donner pour que les temps de l’homme soient toujours soutenus par l’espérance.”
Jean-Paul II, Lettre
apostolique Dies Domini 1998
Dans sa liturgie, l’Église célèbre le Mystère
pascal:
“Jamais l’Église n'omit de
se réunir pour célébrer le Mystère pascal en lisant dans les Écritures
ce qui concernait Jésus (Lc 24, 27), en célébrant l’Eucharistie dans
laquelle est rendue présente la victoire et le triomphe de sa mort, et en
rendant grâces “à Dieu pour son don ineffable” (II Cor. ))9, 15) dans le Christ Jésus, pour la
louange de sa gloire (Eph. 1, 12) par la vertu de l’Esprit-Saint”
Constitution
sur la liturgie du Concile Vatican II (SC 6)
Dès le début de l’Église, le dimanche
fut, nous l’avons dit, la célébration hebdomadaire de la Résurrection du
Christ; puis un dimanche devint, dès le 2e siècle, la célébration solennelle
et annuelle de Pâques (cf. ci-dessus, c. II).
Le cœur de la solennité de Pâques, et donc le
cœur de l’année liturgique, est la Veillée pascale. Mais la célébration
de Pâques s’étend sur trois jours: du vendredi au dimanche
et commence par la célébration de la Cène, le jeudi soir, en suivant
de près les événements rapportés par les évangélistes: c’est le Triduum
pascal
Le Temps pascal prolonge la célébration
festive durant cinquante jours.
Le Carême prépare la solennité pascale
et y achemine catéchumènes et chrétiens dans la pénitence
et l’approfondissement de la foi.
“La veillée pascale, en la
nuit sainte où le Seigneur est ressuscité, est considérée comme la “mère
de toutes les saintes veillées” (S. Augustin). L’Église y attend la Résurrection
du Christ en veillant, et la célèbre dans les Sacrements.
“La Célébration doit
se faire entièrement de nuit.” Normes
universelles de l’année liturgique n° 22
“Depuis les temps les plus
reculés, cette nuit est une “veille en l’honneur du Seigneur” (Ex 12,
42). Elle est ordonnée de telle façon que selon la recommandation de l’Évangile
(Lc 12, 35) les fidèles, tenant en main leurs flambeaux allumés soient
semblables à des hommes qui attendent leur maître, afin qu’à son retour,
il les trouve en train de veiller et les fasse asseoir à sa table.” Missel romain
C’est une veillée nocturne comme la Pâque juive,
nuit de veille qui commémorait pour toutes les générations la nuit où Yahvé
avait veillé pour délivrer Israël et le mener à la liberté.
C’est dans la nuit de notre péché et
de notre esclavage que Dieu intervient encore aujourd’hui
La solennité de Pâques fut d’abord marquée par
le jeûne pascal qui s’achevait dans une veillée nocturne comportant des
Lectures de l’Ancien et du Nouveau Testament et l’Eucharistie.
Ainsi, à l'origine, la célébration de Pâques
ne comportait que cette veillée: elle était marquée par le jeûne
que vient rompre la fête, le matin à l’aube, heure de la Résurrection. Ce
jeûne est un jeûne d’attente:
Déjà au 3e siècle, puis au 4e, le Baptême
est célébré la nuit de Pâques, durant cette veillée.
Au cours des siècles, il y eut une certaine
perte du sens de la veillée nocturne de Pâques, au point d’en venir à la
célébrer le samedi matin! Elle fut remise en valeur comme célébration
de nuit en 1951 et 1955 et retrouva sa place et son sens à la réforme
de Vatican II, avec toute la réforme liturgique.
Sa structure et ses symboles
Après la Liturgie de la Lumière - rite
d’ouverture -, la veillée pascale comprend 3 parties:
1. Liturgie de la Parole
(développée)
2. Liturgie du Baptême
(et Confirmation)
3. Liturgie de l’Eucharistie
Les grands symboles de la liturgie
y sont présents:
La lumière (qui jaillit dans
la nuit)
L’eau (pour le Baptême)
L’huile (pour la Confirmation
si elle a lieu)
Le pain et le vin pour l’Eucharistie
La Bénédiction du Feu Nouveau est une amplification de l’usage juif de la Bénédiction de la lampe,
usage solennisé pour les fêtes. Le Feu Nouveau est la première lumière qui
jaillit dans la nuit. Il dit la Nouveauté apportée par le Christ Ressuscité.
Sa flamme se prolonge dans celle du cierge pascal et dans les cierges
des fidèles.
Le cierge pascal symbolise le Christ,
“Lumière du monde”, qui brille dans notre nuit, et les cierges tenus par
chaque fidèle symbolisent la lumière que tous reçoivent.
L’annonce de la Pâque (ou Exultet)
est une proclamation lyrique de la Solennité. Le texte est riche et évoque
nombre de passages bibliques. C’est un poème d’action de grâce dont le chant
perce la nuit comme la lumière.
“Nuit où le ciel s’unit
à la terre
où l’homme rencontre
Dieu…
Sois heureuse, notre
terre
irradiée de tant de
feux
car il t’a prise dans
sa clarté
et son règne a chassé
la nuit.
Réjouis-toi, mère Église,
toute parée de sa splendeur
entends vibrer en ce
lieu
l’acclamation de tout
un peuple…
— Chant
de l’Exultet —
Elle est la dernière catéchèse de ceux qui vont
être baptisés, et comporte des textes bibliques majeurs, sur l’Histoire
du Salut réalisé à Pâques: la Pâque du Christ annoncée dans la Pâque juive;
la création du monde par “Dieu qui vit que cela était bon”; le sacrifice
d’Isaac par Abraham; le Passage de la Mer Rouge et la Sortie d’Égypte; l’Alliance
entre Dieu et son peuple. L’Église relit des textes de l'Ancien Testament
à la lumière du Christ Ressuscité, de même que Jésus a ouvert l'esprit de
ses disciples à l'intelligence des Écritures (Lc 24, 27, et 44-45).
L’œuvre du Christ est une Création Nouvelle et une Alliance Nouvelle.
La lecture de la Lettre aux Romains montre
comment le Baptême fait entrer dans une vie nouvelle avec le Christ.
L’Alléluia de Pâques retentit
après cette lecture (voir plus loin)
—— Voir comment les
psaumes et les prières qui les suivent
mettent en relief le
sens pascal
des textes de l’Ancien
Testament
—— Quelle est la progression
de l’ensemble
de la Liturgie de la
Parole ?
La veillée pascale s’est organisée en fonction
de la célébration du Baptême. Il est bon qu’elle comporte aujourd’hui la
célébration du Baptême pour ceux qui ont suivi le chemin du Catéchuménat,
au cours duquel ont eu lieu les étapes préparatoires à ce sacrement.
La confirmation suit normalement le Baptême
(elle peut être célébrée plus tard pour des raisons pastorales). Avec l’Eucharistie,
ces trois sacrements constituent l’Initiation chrétienne.
Tous les fidèles s’unissent à la célébration
du Baptême, de façon particulière, grâce au renouvellement de leur
propre Baptême, dans le rite de la rénovation de la profession
de foi baptismale suivi de l’aspersion avec l’eau nouvellement bénite
par le célébrant. Le sens baptismal de cette veillée est donc pour tous.
Le sommet de la veillée est l’Eucharistie, présence
du Christ Ressuscité à son Église comme au repas d’Emmaüs (évangile qui
est lu le soir de Pâques).
Autour de la veillée pascale, se sont développés
les trois jours (du jeudi soir au dimanche soir). Le triduum pascal
a ses racines dans la pratique des pèlerins de Jérusalem qui désiraient
suivre pas à pas les événements rapportés dans les Évangiles.
Nous avons ainsi une célébration pascale en
plusieurs jours.
Cependant, c’est l’unité et la totalité du mystère
pascal qui est célébré.
L’expression “trois jours”, ou “troisième
jour” fait partie de la proclamation de la foi: c’est le noyau central
du “Credo”: “Il est ressuscité, le troisième jour, selon les Écritures”
(cf. I Cor. 15, 4 et Ac 10, 40).
La messe du Jeudi Saint
C’est la première célébration du triduum pascal.
Elle a lieu le soir, en mémoire de la Cène (repas du soir) où Jésus institua
l’Eucharistie.
“La nuit où il était livré,
il institua le sacrifice eucharistique de son Corps et de son Sang pour
perpétuer le Sacrifice de la Croix au long des siècles, jusqu’à ce qu’il
vienne, et en outre pour confier à l’Église, son épouse bien-aimée le mémorial
de sa Mort et de sa Résurrection: sacrement de l’amour, signe de l’unité,
lien de la charité, banquet pascal dans lequel le Christ est mangé, l’âme
est comblée de grâce, et le gage de la gloire future nous est donné.” Constitution sur la Liturgie (SC
47)
Le lavement des pieds
A ce repas, S. Jean dit que Jésus a lavé
les pieds de ses disciples (Jn 13) et leur a laissé le grand
commandement de l’amour au moment où lui-même manifestait cet amour par
le don de sa vie pour les siens. Le rite du lavement des pieds
au cours de cette célébration rappelle le geste de Jésus.
“Soudain Jésus brûle
d’amour:
il se lève de table
et commence à réaliser
les mystères,
à parachever la Pâque
véritable”
Saint Ephrem,
Théologien et poète
(4e siècle)
Le “reposoir”
A l’Eucharistie du Jeudi-Saint, sont consacrées
des hosties pour la communion du Vendredi-Saint. Elles sont conservées dans
un lieu de l’église où il est possible de prier. L’histoire de la liturgie
a vu se développer-là une adoration de l’Eucharistie. Ce temps de prière
est aussi destiné à suivre et accompagner Jésus à Gethsémani, et à veiller
avec lui, sans être une reconstitution historique des événements de la Passion.
La matinée et l’après-midi du Jeudi-Saint ne
font pas partie du Triduum pascal qui ne commence qu’avec la messe du soir.
La matinée comporte cependant une célébration importante: la “messe chrismale”.
La messe chrismale
C’est la messe au cours de laquelle l’évêque
consacre le Chrême (pour la Confirmation, l’Ordre, la consécration des églises)
et bénit les autres huiles: l’huile des catéchumènes, l’huile des malades;
le saint-chrême et l’huile des catéchumènes serviront pour le baptême et
la confirmation conférés aux catéchumènes dans la nuit de Pâques.
Pour des raisons pratiques, la célébration de
la messe chrismale peut avoir lieu, le mercredi ou le mardi de la semaine
sainte.
Cette célébration a une dimension sacerdotale:
“La messe chrismale est l’une
des principales manifestations du sacerdoce de l’évêque et le signe de l’union
étroit des prêtres avec lui” Missel
romain.
Les prêtres du diocèse y sont tous invités.
Les fidèles le sont aussi. Et c’est le sacerdoce de tout le peuple de Dieu
qu’exprime l’antienne d’ouverture du Missel romain:
A celui qui nous aime,
Jésus-Christ
qui a fait de nous
le royaume
et les prêtres de son
Dieu et Père,
A lui gloire et puissance,
pour les siècles des siècles
Antienne
d’ouverture de la messe chrismale
(Ap 1, 6)
L’unique prêtre est Jésus-Christ qui s’offre à Dieu son Père sur la Croix pour le salut du monde et confie
à son Église l’Eucharistie. C’est ce que nous célébrons le soir du Jeudi-Saint.
Le vendredi-Saint commémore la Passion du Seigneur.
A Jérusalem, au 4e siècle, la liturgie itinérante, dont nous avons parlé,
suivait le chemin qu’a suivi Jésus jusqu’au Golgotha. La célébration
comporte une liturgie de la Parole avec la lecture de la Passion selon
Saint Jean, suivie d’une Prière universelle très développée.
Son texte est ancien; cette prière universelle était restée la seule utilisée
jusqu’à la réforme de Vatican II, la prière universelle ayant pratiquement
disparu des célébrations.
Vient ensuite la Vénération de la Croix
après sa présentation par le prêtre: elle est vénérée solennellement par
l’assemblée, par un geste (prostration ou agenouillement) et un instant
de silence, puis chacun vient ensuite la baiser ou la vénérer par un autre
geste.
Il n’y a pas de célébration de l’Eucharistie,
ce jour-là, mais une communion au pain consacré la veille: ce jour
de jeûne est aussi jour de jeûne par rapport à la célébration des
sacrements.
Cette liturgie austère et grave est cependant
déjà marquée par la Résurrection, comme le chante en particulier une antienne:
“Ta Croix, Seigneur,
nous l’adorons
et ta sainte Résurrection,
nous la chantons:
c’est par le bois de
la Croix
que la joie est venue
sur le monde.”
Le Samedi Saint prolonge le Vendredi Saint dans
le jeûne et le “silence du tombeau”.
La liturgie ne comporte que la Liturgie des
Heures; pas de célébration des sacrements. C’est l’attente de la Veillée
pascale.
Les derniers rites de préparation au Baptême
peuvent avoir lieu.
L’Église veille ce samedi avec Marie dont la
place, dans la liturgie de ces jours, est très discrète.
—— chercher dans la
liturgie de ces jours
(lectures, chants,
prières):
des aspects humains
des aspects spirituels
des aspects théologiques.
Si le sommet de la célébration pascale est la
veillée de la nuit de Pâques, la journée du dimanche célèbre encore
la Résurrection du Christ et par une messe comportant d’autres lectures
que celles de la nuit, et par la Liturgie des Heures .
L’Alléluia qui a jailli dans
la nuit est repris le jour et durant les cinquante jours de Pâques.
Dès le 3e siècle — peut-être plus tôt
— le jour de Pâques se prolonge en une Cinquantaine ou Pentecôte: ces cinquante
jours sont comme un seul jour de fête et de joie:
“Voici le jour que
le Seigneur a fait
Jour de fête et de joie”
Ps 117
“C’est le temps où le Seigneur
ressuscité se manifesta fréquemment aux disciples, le temps où la grâce
du Saint-Esprit leur fut communiquée, et qui laissa entrevoir à leur espérance
le retour du Seigneur” TertullieN
(vers 200)
Durant la Cinquantaine pascale, comme le dimanche,
on ne jeûne pas
on prie debout
et non à genoux
le chant de l’Alléluia
retentit.
“Voici que nous chantons
l’Alléluia:
il est doux, il est
joyeux,
il déborde de grâce
et de tendresse”
S.
Augustin
Et S. Augustin continue en disant que ce chant
de l’Alléluia est le chant de l’éternité, que nous chanterons sans nous
lasser.
La Pentecôte
Les cinquante jours restent indifférenciés aux
trois premiers siècles. Ce n’est qu’à partir du 4e siècle que le cinquantième
jour est plus spécialement marqué par la célébration de la venue de l’Esprit-Saint
et le début de la prédication évangélique, le jour de la Pentecôte juive,
selon le récit des Actes des Apôtres.
L’octave de Pâques (ou les huit jours qui suivent
Pâques, jusqu’au dimanche suivant inclus) a également un relief particulier.
Ces jours ont été organisés au 4e siècle pour la catéchèse “mystagogique” des
baptisés de Pâques, c’est-à-dire la catéchèse après le baptême qui explique
les rites sacramentels après qu’ils ont été vécus. Nous avons des textes
des catéchèses baptismales des Pères de l’Église: S. Cyrille de Jérusalem,
S. Augustin, ainsi que Théodore de Mopsueste. Les lectures évangéliques
de ces jours sont les récits des apparitions de Jésus Ressuscité que les
Pères commentaient aussi:
“Vous avez été conduits près
de la sainte piscine du divin baptême, comme le Christ de sa croix au tombeau
tout proche. Et chacun fut interrogé: croyait-il au nom du Père, du Fils
et du Saint-Esprit? Et vous avez professé la profession salvatrice, par
trois fois vous vous êtes plongés dans l’eau et vous avez émergé symbolisant
ainsi le triduum du Christ au tombeau. Quand vous étiez immergés, vous étiez
dans la nuit et vous n’avez plus rien vu, tandis qu’en sortant de l’eau,
vous vous trouviez comme en plein jour. C’est dans le même acte que vous
mouriez et que vous naissiez.” S.
Cyrille de Jérusalem
L’Ascension
L’Ascension se différencie comme la Pentecôte
à partir du 4e siècle, au quarantième jour après Pâques, selon le récit des Actes des
Apôtres pour célébrer la montée de Jésus au ciel.
Ce jour célèbre surtout la gloire du Christ
Ressuscité à laquelle l’humanité est appelée à participer.
“Dieu qui élève le Christ au-dessus de tout,
ouvre-nous à la joie et à l’action de grâce, car l’Ascension de ton Fils
est déjà notre victoire: nous sommes les membres de son Corps, il nous a
précédés dans la gloire auprès de toi et c’est là que nous vivons en espérance”
Prière d’ouverture de la messe de l’Ascension
La prière de ces jours est un appel intense
à l’Esprit-Saint:
“Vous allez recevoir une force,
celle de l’Esprit-Saint qui viendra sur vous. Alors, vous serez mes témoins…”
(Ac 1, 8)
avait dit Jésus à ses disciples.
La diversification de ces liturgies d’après
les récits des Actes des Apôtres nous aide à mieux y entrer; cependant,
il ne faut pas oublier que ce temps de Pâques célèbre le Mystère de Pâques
dans sa totalité: Passion et Mort—Résurrection et Exaltation de Jésus.—
Don de l’Esprit — Mission universelle de l’Église dans l’Attente du Retour
du Christ. De plus, toute célébration liturgique est toujours célébration
du Mystère pascal.
— A partir de textes
liturgiques
(lectures bibliques,
prières, hymnes, préfaces des messes)
voir ce qui est dit
du temps de Pâques:
quelle est notre foi
— notre espérance — nos demandes
— S. Benoît parle-t-il
de la Solennité de Pâques? du temps pascal?
— Qu’en dit-il? Comment
sont-ils caractérisés?
Au temps pascal, sans en faire partie, se rattachent
les solennités de la Sainte Trinité, du Corps et du Sang du Christ:
chacune de ces solennités est riche de sens (cf. ci-dessous le c. 5).
Le carême est le temps de préparation à Pâques
Durant les trois premiers siècles, cette
préparation comprenait seulement un jeûne de deux jours, le vendredi
et le samedi précédant Pâques: c’est l’origine de la Semaine Sainte.
Ensuite, le jeûne s’est encore développé: d’abord
trois semaines, puis quarante jours sans compter les dimanches qui
ne sont pas des jours de jeûne.
Les jeûnes étaient destinés à préparer
— Les Catéchumènes au Baptême dans la
nuit de Pâques
— Les Pénitents à la Réconciliation (au
temps de la Pénitence publique)
— Tous les Fidèles à la célébration de
Pâques, par un temps de pénitence, en union avec les catégories précédentes.
Puis, ce temps s’est enrichi liturgiquement:
d’abord marqué par le jeûne, il devint un temps liturgique avec des lectures
bibliques et des textes de prières qui lui sont propres.
C’est en fonction du jeûne et de l’aspect pénitentiel
de ce temps que les textes liturgiques ont été choisis et composés.
L’imitation du jeûne de Jésus au désert
durant quarante jours donne aussi le sens de ce temps liturgique.
Les textes insistent sur ce qui doit accompagner
la pratique:
— la prière et l’aumône (Mt 6)
— La lecture et la méditation de la Parole
de Dieu
— se détourner du péché
— Aimer Dieu et le prochain en
faisant “l’aumône”
“Quel est le jêune
qui me plaît? (dit Dieu)
N’est-ce pas faire
tomber les chaînes injustes,
rendre la liberté aux
opprimés?
N’est-ce pas partager
ton pain avec celui qui a faim,
recueillir chez toi
le malheureux sans abri,
ne pas te dérober à
ton semblable?
Is 58, 9
“Laissez-vous réconcilier
avec Dieu”
II Cor. 5,
20
Le mercredi des Cendres ouvre le temps du Carême
par l’imposition des cendres, geste pénitentiel lié au jeûne, geste courant
dans la Bible et très parlant.
Le nombre 40 a donné son nom au Carême. Le symbolisme
de ce nombre se trouve dans l’Ancien et le Nouveau Testament:
Ainsi, les Hébreux ont séjourné 40 ans au désert
avant l’entrée en Terre Promise: c’est un temps d’épreuve et de grâce, un
temps de foi, où on ne s’appuie que sur Dieu (Dt 8, 2-6).
Moïse et Élie ont
rencontré Dieu pendant 40 jours: tandis que ce fut 40 jours et 40 nuits
pour Moïse; ce fut après 40 jours et 40 nuits de marche pour Élie (Ex
24, 18; I R 19, 18).
Pour Jésus, c’est le temps de sa tentation
au désert et de son combat spirituel dans le jeûne (Mt 4, 2). La
mention de 40 jours et de 40 nuits est symbolique et rappelle les événements
de l’Ancien Testament. Le désert est le lieu du choix définitif pour Dieu.
Le temps du Carême est aussi le temps
de la tentation et du combat:
“Le serpent est au bord de
la route, guettant ceux qui passent: il suit des yeux ceux qui sont en train
de se sauver et cherche à les dévorer. Garde ton âme pour qu’il ne puisse
la saisir” S. Cyrille de Jérusalem
Le temps de la tentation et du combat spirituel
est aussi celui de tout chrétien.
Le premier dimanche du Carême nous fait lire
le récit de la tentation de Jésus au désert.
Dès le 4e siècle, les baptêmes étaient
célébrés dans la nuit de Pâques, comme ils le sont aujourd’hui et le Carême
fut, dès le début, le temps de préparation au Baptême. Le jeûne est
une des composantes essentielles du catéchuménat, grand élément du combat
spirituel. Toute la communauté chrétienne le vit avec eux.
Le temps du Carême s’est ensuite organisé en
fonction des diverses étapes du catéchuménat.
C’est le temps de la prière pour les
catéchumènes (des “scrutins” et de la transmission du “Notre Père”).
Et le temps de leur catéchèse, avec la
transmission du “Credo”. Certaines lectures bibliques sont particulièrement
adaptées à cette catéchèse, comme l’évangile de la Samaritaine, celui de
l’aveugle de naissance et celui de la résurrection de Lazare (Jn 4; 9; 11).
La dernière semaine avant Pâques ou “Semaine
Sainte”, ou encore “Grande Semaine” (pour les Orientaux), nous fait suivre
de plus près Jésus qui va subir la Passion et la Mort.
Elle s’ouvre par le Dimanche des Rameaux
et de la Passion. La procession des Rameaux vient d’un usage antique
de Jérusalem: elle célèbre l’entrée de Jésus à Jérusalem, et elle acclame
le Messie.
Le récit de la Passion est le second aspect
de cette célébration. Il y a un aspect déjà pascal dans cette célébration.
Il ne s’agit pas de mimer un événement historique
mais, comme en toute célébration liturgique, de marcher aujourd’hui à
la suite de Jésus et de l’acclamer comme Sauveur du monde en sa Pâque.
Le Carême proprement dit se
termine avec le Triduum pascal, c’est-à-dire le jeudi-saint avant la
Célébration de la Cène.
La messe chrismale, dont nous avons déjà parlé,
a lieu juste avant le Triduum pascal et réunit les prêtres autour de l’évêque.
La célébration de la Réconciliation se situe
bien en cette fin du carême: soit en une célébration communautaire, soit
en une célébration individuelle.
A Rome, vers les 6e et 7e siècles, avait lieu
avant la fête de Pâques la Réconciliation des Pénitents. La “Pénitence
publique”, n’existe plus; mais la démarche de pénitence et de réconciliation
de tous les chrétiens doit garder un sens communautaire et ecclésial.
—— A partir de textes
liturgiques
(lectures, prières,
hymnes)
retrouver les grands
thèmes du Carême.
—— S. Benoît parle-t-il
du Carême?
Qu’en dit-il?
—— Comment vivons-nous
notre propre baptême
en ce temps liturgique?
Contrairement au Dimanche et à Pâques
dont l’origine remonte au jour même de la Résurrection du Christ, les deux
fêtes de Noël et de l’Épiphanie n’apparaissent qu’au 4e siècle qui, après
la paix de l’Église, voit un grand développement de la vie de l’Église et
de sa liturgie.
Il s’agit de christianiser des célébrations
païennes du Soleil au moment du solstice et de les remplacer par celles
du Christ, “Soleil de Justice” (Mal 4, 2) et “Lumière du monde” (Jn
2 et 8; Is 9).
A l’origine le 25 décembre à Rome et
le 6 janvier en Orient sont équivalents. Puis Rome et l’Orient adopteront
chacun les deux dates en les différenciant.
Noël à Rome célèbre le Christ-Soleil,
le “Soleil invaincu” (“Sol invictus”): c’est une fête de gloire et en même
temps la naissance du Christ selon la chair, son Incarnation et sa venue
dans notre monde (c’est le sens du mot latin “Adventus”).
En effet “Adventus” (Avent) “Natale” (Nativité)
et le mot grec “Epiphania” (Épiphanie) désignent à peu près la même réalité:
la Manifestation.
“La grâce de Dieu s’est manifestée
(mot grec: Epiphania) pour le salut de tous les hommes. C’est elle qui nous
apprend à rejeter le péché… pour vivre dans le monde présent en, hommes
raisonnables… et pour attendre le bonheur que nous espérons avoir quand
se manifestera la gloire de Jésus-Christ, notre grand Dieu et notre Sauveur”
Tite 2, 11-13 (Lecture de la nuit de Noël)
Les deux manifestations du Christ sont: sa venue
en notre monde (sa naissance en notre humanité), et sa manifestation dans
la gloire, que nous attendons; ce dernier thème sera très présent dans la
liturgie de l’Avent.
Le 6 janvier en Orient célèbre la même réalité.
Cette date sera plus tard adoptée à Rome pour célébrer la manifestation
de Jésus aux Mages et par eux au monde. L’Orient adoptera également la célébration
du 25 décembre.
L’insistance sur l’enfance et la naissance
de Jésus est plus tardive. S. François d’Assise y a été sensible, et
a réalisé une crèche. Cet aspect devint traditionnel à partir de
cette époque (13e siècle).
La célébration de Noël est centrée sur la naissance
de Jésus. Cette naissance est orientée vers le mystère de Pâques
toujours présent dans la liturgie. Nous y trouvons déjà les grands thèmes
de Pâques: Jésus vient nous sauver pour que nous vivions d’une vie nouvelle
et devenions “participants de la nature divine”.
—— Initialement, à Rome, était célébrée
une messe par le Pape avec la lecture du Prologue de l’Évangile de S. Jean
qui affirme la divinité du Verbe qui vient en notre chair.
—— A Bethléem une messe se célébrait
la nuit à la grotte de la Nativité avec la lecture du récit de la
nativité de Jésus (Lc 2, 1-14). Cet usage fut adopté à Rome et par
tous.
Cette célébration nocturne a une dimension pascale:
c’est la venue de la lumière dans les ténèbres de l’humanité.
Is 9 est un texte messianique
qui décrit le salut comme une lumière. C’est le chant de Noël car il parle
de la naissance d’un enfant; et le chant de la Paix car cet enfant apportera
la Paix.
—— Une troisième messe peut être célébrée
à l’aurore avec des textes propres
—— Enfin, une messe (récente) est propre à la
veille au soir.
Le “Gloire à Dieu” (Gloria) est l’une des plus anciennes hymnes chrétiennes. On le chante à la messe des dimanches et solennités; mais primitivement, il n’était chanté qu’à Noël, puis à Pâques (primitivement aussi chanté à Laudes, puis à la messe). C’est le chant de Noël car il commence par le chant des anges, à la naissance de Jésus, dans le récit de S. Luc (2, 14). Ce message des anges est tourné vers Dieu et vers les hommes:
“Gloire
à Dieu au plus haut des cieux,
et paix sur la terre aux hommes qu’il
aime”
L’Épiphanie célèbre la manifestation aux mages,
de la venue de Jésus; ceux-ci s’étant rendus à Bethléem (Mt. 2, 1-12).
Au-delà de ces hommes venus de loin, l’Épiphanie célèbre l’universalité
du salut.
Aujourd’hui, tu as
dévoilé dans le Christ
le mystère de notre
salut
pour que tous les peuples
en soient illuminés”
Préface
de la messe
Dans la liturgie de
Noël:
comment les textes
parlent-ils
—— de la lumière et
des ténèbres?
—— du thème de la paix
et de la joie?
Dans la liturgie de
l’Épiphanie:
—— comment les textes
parlent-ils
de la manifestation
du Salut à tous les peuples?
Le Baptême du Christ dans le Jourdain est encore
une manifestation du salut donné aux hommes: le Christ est déclaré
Fils; il est l’Agneau de Dieu qui efface le péché du monde.
Cette fête est orientée vers Pâques et le baptême
des chrétiens.
La 3e manifestation, le miracle
de l’eau changée en vin, à Cana, est elle aussi orientée vers Pâques. Elle
a sa place dans la liturgie. L’évangile en est proclamé, dans la liturgie
actuelle, le 2e dimanche du temps ordinaire de l’année C.
Les trois manifestations sont présentes dans
la liturgie de l’Épiphanie et du Baptême du Christ. L’antienne latine de
“Magnificat” pour la fête de l’Épiphanie les cite toutes les trois.
—— Le 8e jour après Noël, on célèbre
Marie, la Mère de Dieu. C’est la plus ancienne célébration de Marie,
dans le cadre de Noël.(Cf. ci-dessous, le c. sur les fêtes mariales)
—— Le temps de Noël se termine par la Fête du
Baptême du Seigneur, nous l’avons dit.
—— Enfin, sans appartenir liturgiquement au
temps de Noël, la fête de la Présentation de Jésus au Temple, 40
jours après Noël, s’y rattache par le sens. Elle est aussi orientée vers
Pâques, comme le Baptême du Seigneur.
C’est le temps de préparation à Noël et Épiphanie.
Il dure environ 4 semaines.
Le mot Avent est la traduction du mot latin
“adventus” manifestation, ou avènement (cf. ci-dessus, c. II). Il pourrait
désigner la célébration de Noël et de l’Épiphanie également, mais son sens
s’est réduit au temps qui prépare à ces fêtes. C’est un temps où la liturgie
est très riche et dense.
L’Avent se présente comme un temps d’attente.
L’attente caractérise l’histoire du peuple d’Israël
dans l’Ancien Testament, en relation avec les promesses de Dieu.
Les promesses de Dieu caractérisent la liturgie
de l’Avent qui fait lire beaucoup de textes de l’Ancien Testament (spécialement
le Livre d’Isaïe). Israël est tout entier tourné vers la venue du Messie,
qui est la venue de Dieu dans le pardon et le renouvellement.
L’attente de l’Église. Nous savons que le
Messie est venu, il ne s‘agit pas de revivre l’attente d’Israël, mais le
chrétien est tendu vers la plénitude du Règne de Dieu, vers l’heure où il
rencontrera Dieu personnellement et cette heure où le monde entier sera
renouvelé et s’épanouira en Royaume de Dieu.
C’est dans l’Eucharistie que nous rencontrons
aujourd’hui le Seigneur
“Quand nous mangeons
ce pain
et buvons à cette coupe,
nous célébrons le mystère
de la foi:
Nous rappelons ta mort,
Seigneur Ressuscité,
et nous attendons que
tu viennes.”
Chant
de l’anamnèse de la Messe
Nous avons dans ce temps de l’Avent les trois
dimensions de la Liturgie: le passé, le présent, l’avenir
ou “à venir”, et les trois se réalisent aujourd’hui.
—— A partir des textes
liturgiques de l’Avent,
retrouver ces trois
dimensions du temps:
passé, présent, avenir
—— Quelle est notre
attente?
—— Noter le mot “aujourd’hui”
dans les textes
de la liturgie de Noël
(“hodie” en latin)
On peut remarquer que les textes liturgiques
et bibliques du temps de l’Avent, dont un certain nombre sont marqués par
l’attente de la venue du Seigneur, trouvent un écho dans ceux de la fin
de l’année liturgique.
Temps de conversion. L’Avent est lié à
l’attente: nous sommes invités à être vigilants car “nous ne savons
ni le jour ni l’heure” (Mt 8, 5-11).
Les répons
de l’Avent montrent bien cette exigence de conversion:
Rejetez le péché et les passions
d’ici-bas pour vivre dans le monde présent en hommes raisonnables, justes
et religieux, et pour atteindre le bonheur que nous espérons (cf. Tite
2, 11-13)
Exigence rappelée encore dans la nuit de Noël
par la lecture de ces mêmes versets, à la messe.
La dernière partie de l’Avent est plus directement
orientée vers Noël: les lectures rappellent les événements précédant immédiatement
la naissance de Jésus dans S. Matthieu et S. Luc.
La Liturgie des Heures est alors très dense.
Les antiennes du “Magnificat” (Cantique de Marie), dites “Antiennes O”
sont toutes un intense appel à la venue du Christ. Elles sont inspirées
de nombreux thèmes bibliques importants.
Tandis que dans la première partie de l’Avent,
la figure de Jean-Baptiste est présente, par sa prédication et son
annonce de celui qui vient après lui; dans la seconde, le même Jean-Baptiste,
en raison de sa naissance, est présenté comme le Précurseur de Jésus.
Ensuite, au temps de Noël, nous l’avons dit, il est présent à la fête du
Baptême du Seigneur.
Marie, la Mère de Jésus,
est présente, surtout la dernière semaine de l’Avent
“Marie et Jean Baptiste tous
deux en référence totale à l’Autre, le Christ, s’oubliant dans une humilité
et totale transparence comme “Ami de l’Époux” et “Servante du Seigneur”
Paul Evdokimov
Nous avons vu que le cycle de Pâques (Carême
et Temps Pascal) est un temps de 13 semaines et le cycle de Noël, un temps
de 6 semaines environ. Les 34 ou 33 autres semaines constituent ce qu’on
appelle le Temps ordinaire ou “Pendant l’année” (en latin, “per annum”).
Il commence après la fête du Baptême du Seigneur et se voit interrompu par
le Carême; il continue aussitôt après la Pentecôte jusqu’à l’Avent. Le temps
liturgique cependant n’est jamais “ordinaire” au sens courant du terme.
En effet,
“La liturgie est le sommet
auquel tend l’action de l’Église et en même temps la source d’où découle
toute sa vertu” Constitution sur
la liturgie du Concile Vatican II (SC 10)
“Tous les jours,
la liturgie édifie les membres de l’Église pour en faire un temple
saint dans le Seigneur, une habitation de Dieu dans l’Esprit… C’est d’une
façon étonnante qu’elle fortifie leurs énergies pour leur faire proclamer
le Christ, et ainsi elle montre l’Église à ceux qui sont dehors…” Constitution sur la liturgie du Concile Vatican II (SC 2)
La liturgie est “épiphanie”
de l’Église
“Pour l’accomplissement d’une
si grande oeuvre, le Christ est toujours là auprès de son Église… il s’associe
toujours l’Église…” Constitution
sur la liturgie du Concile Vatican II (SC 7)
“Les actions liturgiques qui
sont célébrées au long de l’année et des jours célèbrent le mystère du Christ”
Constitution sur la liturgie du Concile
Vatican II (SC 6)
Le Dimanche est la célébration chrétienne la
plus ancienne et le “jour de fête primordial” (SC 106).
Ceci est vrai de chaque dimanche.
— Certains dimanches appartiennent à un temps
liturgique particulier: dimanches de l’Avent, du Temps pascal, etc.
— Les autres sont dits du “temps ordinaire”.
Les lectures des messes sont des lectures continues (ou semi-continues car
les passages sont choisis dans l’ordre, mais les livres bibliques ne sont
pas lus tout à fait en entier). Ceci est vrai des lectures évangéliques
et de celles du Nouveau Testament. Les lectures de l’Ancien Testament sont
choisies en fonction de la lecture évangélique.
La Liturgie des Heures marque beaucoup le
caractère pascal de chaque dimanche
Les fêtes du Seigneur sont d’origines diverses.
La fête de la Présentation du Seigneur, le 2
février, commémore la venue de Jésus au temple de Jérusalem, comme le rapporte
S. Luc (Lc 2, 22-40). Cette fête est importante en Orient, à Jérusalem,
où elle a son origine, dès le 4e siècle, et où elle est nommée “Fête de la Rencontre”.
La liturgie comporte une procession avec des
cierges pour célébrer le Christ, “Lumières des nations”, selon les parole
de Syméon.
La solennité de l’Annonciation du Seigneur
(25 mars) commémore l’annonce de l’ange à Marie, et la conception de Jésus
en elle; le “fiat” de Marie qui répond à l’ange, envoyé du Père, et celui
que Jésus adresse à son Père, en entrant dans le monde (cf. He 10),
se font écho. Ce jour est, de façon indissociable, une fête de Marie et
une fête du Seigneur.
Les trois solennités qui suivent le temps pascal
sont des célébrations relativement récentes et limitées à l’Église d’Occident.
Leur célébration ne s’intègre pas comme les autres dans la suite organique
des dimanches de ce temps, n’état pas liées à un dimanche ou à une semaine
fixe. Elles tranchent cependant avec le Temps ordinaire où l’on ne célèbre
pas un aspect particulier du mystère du Christ, mais où l’on commémore plutôt
le mystère même du Christ dans sa
plénitude, particulièrement le dimanche. (Normes universelles de l’année
liturgique, n° 43).
Cette solennité termine l’année liturgique comme
un couronnement dans une vision globale et universelle. Cette fête, récente
(20e siècle), a varié quant à la date de sa célébration et à son contenu.
Célébration de gloire, elle nous montre aussi l’humilité du Christ, sa royauté
affirmée dans sa Passion et sa proximité de pasteur de ses brebis
Trois fêtes importantes en Orient et en Occident:
La Transfiguration du Seigneur, le 6 août. A
l’origine c’est la date anniversaire de la Dédicace de la basilique du Mont
Thabor, lieu de la Transfiguration du Seigneur Jésus. Cet événement de la
vie du Seigneur a une grande importance, surtout en Orient: il exprime la
théologie de la divinisation de l’homme.
La Croix glorieuse, le14 septembre, commémore
la découverte de la Croix du Christ à Jérusalem et la Dédicace de la basilique
de la Résurrection, bâtie, au 4e siècle, sur le lieu de la crucifixion de Jésus. C’est
une grande fête, en Occident comme en Orient, en l’honneur de la Croix du
christ.
La Dédicace des églises est la liturgie qui
consacre une maison-église comme lieu de la prière et de la célébration
Eucharistique tout spécialement, et comme lieu de l’assemblée liturgique.
Rappelons que le mot “Église” (“ecclesia”) signifie en premier lieu l’Assemblée
liturgique). La Dédicace est donc une célébration de l’Église, Épouse
du Christ, Temple de l'Esprit, dont les chrétiens sont les “Pierres vivantes”,
bien plus importantes que les pierres matérielles.
“Tu veux habiter cette
maison de prière
afin que ta grâce,
toujours offerte,
fasse de nous un Temple
de l’Esprit,
resplendissant de ta
sainteté;
de jour en jour, tu
sanctifies l’Épouse du Christ,
l’Église,
dont nos églises sont
ici-bas l’image
jusqu’au jour où elle
entrera dans la gloire du ciel.
PrÉface
de la DÉdicace des Églises
Chaque église célèbre chaque année l’anniversaire
de sa propre Dédicace.
On célèbre aussi la Dédicace de la basilique
de Rome, Saint Jean de Latran (9 novembre).
D’autres fêtes de la Dédicace sont à l’origine
de quelques célébrations (cf. ci-dessus, la Transfiguration du Seigneur).
—— D’après les textes
liturgiques de l’une de ces fêtes,
chercher quels en sont
les thèmes?
—— Que nous disent-ils
du Christ?
—— Ces célébrations
contribuent-elles
à faire du dimanche
et de Pâques
les célébrations les
plus importantes?
—— Qu’est-ce que ces
textes liturgiques
nous disent de la vie
du chrétien?
Le judaïsme contemporain de Jésus honorait les
“justes”, mais c’est autour des tombes des martyrs qu’est né le culte
des saints dans le christianisme. C’est d’abord une forme du culte des défunts.
La mort des martyrs prend un sens aux yeux des
chrétiens qui relisent dans leur mort la Passion du Christ. Ainsi, en est-il,
par exemple dans les Actes des Apôtres: l’accusation portée contre
Étienne et ses paroles au moment de mourir ressemblent à celles de Jésus
lui-même; et il tient ses yeux fixés sur Jésus “debout à la droite de Dieu”
(Ac 6, 11-14 et 7, 55-60).
Le livre de l’Apocalypse nous montre le triomphe
des élus dans le ciel:
“Ceux qui viennent de la grande
épreuve ont lavé leurs robes et les ont blanchies dans le sang de l’Agneau”
(Ap 7, 14).
Mais au centre de cette vision, il y a celui
qui siège sur le trône, et l’Agneau.
Parmi les martyrs, les Apôtres ont droit
à une place et une vénération particulière, S. Pierre et S. Paul
en premier lieu.
Également Jean-Baptiste, le plus grand
des enfants nés de la femme.
Au 2e siècle, nous avons un beau
témoignage des chrétiens à propos de Polycarpe, évêque de Smyrne
et disciple de S. Jean, martyrisé en 155:
“Nous avons recueilli ses ossements
plus rares et plus précieux que les pierres de grand prix. Nous les avons
déposés au lieu qui convenait. Que le Seigneur nous donne de nous retrouver
là quand nous pourrons, dans la joie et l’allégresse, célébrer le jour anniversaire
de son martyr, fêter la mémoire de ceux qui sont partis et préparer ceux
qui devront suivre.”
La prière d’ouverture de la messe de la fête
de ce saint exprime en condensé ce qu’est le culte des martyrs:
“Accorde-nous à sa
prière, de prendre part comme lui, à la coupe du Christ, pour
ressusciter à la vie éternelle.”
— Le saint est un intercesseur: il prie
pour ceux qui sont sur la terre
— Il est un modèle. Ce qu’il faut imiter
en lui, c’est sa participation à la coupe du Christ, c’est-à-dire à sa Passion
et à sa mort afin de ressusciter aussi avec le Christ. Le martyr a participé
au mystère pascal du Christ, et c’est cela que la communauté chrétienne
célèbre.
Le culte auprès de la tombe du martyr comportait
certainement des lectures bibliques et la célébration de l’Eucharistie,
au jour anniversaire de sa mort et sur sa tombe.
En définitive, en célébrant la fête des martyrs,
c’est Dieu seul que l’on prie, et c’est le Christ, en son mystère pascal,
que l’on célèbre.
Nous avons bien d‘autres témoignages par rapport
aux martyrs.
Le culte des saints s’est ensuite étendu aux
“confesseurs de la foi”, c’est-à-dire à ceux qui avaient confessé leur foi
dans la persécution sans avoir à verser leur sang.
Les évêques, en ce cas, étaient spécialement
honorés par les fidèles de leur Église.
— Les ascètes et les vierges sont
honorés comme les martyrs et les confesseurs: la vie ascétique est perçue
par beaucoup dans les premiers siècles comme un martyre qui dure la vie
entière
“Mortifiez et crucifiez votre
corps, vous recevrez la couronne du martyre” S. Jean Chrysostome
Il s’agit d’une participation au mystère de
mort et de résurrection du Christ
S. Martin, évêque de Tours (4e siècle) est vénéré
comme moine et comme évêque et évangélisateur. Sa sainteté est considérée
comme égale à celle d’un martyr.
Au long des siècles, le nombre des saints
et les formes de sainteté, honorés dans la liturgie, se sont beaucoup plus
étendus.
“Tu es glorifié dans
l’assemblée des saints:
lorsque tu couronnes
leurs mérites,
tu couronnes tes propres
dons.
Dans leur vie, tu nous
procures un modèle,
dans la communion avec
eux, une famille
et dans leur intercession,
un appui
afin que, soutenus
par cette foule immense de témoins,
nous courions jusqu’au
bout
l’épreuve qui nous
est proposée
et recevions avec eux
l’impérissable couronne
de gloire
par le Christ, Notre
Seigneur
prÉface
des saints
L’année liturgique et le calendrier ont connu
des surcharges par l’augmentation des célébrations de saints. Le concile,
Vatican II (1962-1965), ainsi que des réformes qui l’avaient précédé ont
redonné un équilibre à l’année liturgique
— en privilégiant le dimanche
comme “jour de fête primordial”
— en privilégiant les célébrations
du Seigneur: tout d’abord, la fête de Pâques et la veillée
pascale.
Pour conserver la richesse du Sanctoral (célébrations
des saints) sans lourdeur, l’actuel calendrier liturgique des saints
comporte:
— quelques Solennités et
Fêtes des plus grands saints de l’Église universelle (en premier lieu,
les Apôtres)
— des Mémoires de saints
de l’Église universelle
— des Mémoires facultatives
— des célébrations locales
de saints d’Églises locales (diocèses, nation, paroisses, familles religieuses)
Lire la Consitution sur l’Église: Lumen gentium (LG 49-50)
Les fêtes de la Vierge Marie apparaissent dans
le calendrier liturgique à partir du 4e siècle, et surtout après le
5e siècle et le concile
d’Éphèse (431) qui a défini Marie comme Mère de Dieu.
C’est dans la liturgie de Noël et du temps de
Noël, depuis la dernière semaine de l’Avent (liturgies apparues également
vers le 4e siècle) que Marie est surtout présente. Comme le disait
Paul VI (Le culte marial), le culte de Marie a comme “point de
référence indispensable, le Christ” dans son mystère de l’Incarnation.
Marie est également associée à la vie de l’Église et à sa naissance
à la Pentecôte (Jean-Paul II: Redemptoris Mater).
La solennité de la Mère de Dieu (1er janvier), le 8e jour après Noël (jour
octave), exprime la référence indispensable d’une fête de Marie au mystère
du Christ: la liturgie qui est encore celle de Noël, regarde cependant Marie,
sa mère. C’est, nous l’avons dit, la plus ancienne fête mariale; orientée
aussi, à certaines époques, vers la circoncision de Jésus.
Sur l’Annonciation (25 mars), fête du
Seigneur et indissociablement de Marie, cf. ci-dessus, le c. VII. La date
de la fête est liée à celle de Noël.
L’Assomption (15 août), cette fête est
très ancienne. Pourtant, sa véritable portée théologique n’a été définie
que récemment par le dogme de l’Assomption (1950): Marie est “dans la gloire
de son Fils”
L’Immaculée Conception (8 décembre),
fête de Marie “comblée de grâce” depuis le premier instant de sa conception
pour être “une demeure digne de son Fils”. Le dogme ne fut défini
de façon précise qu’en 1854.
La Nativité de Marie (8 septembre) revêt
une grande importance dans les liturgies orientales. Elle est en lien avec
l’Immaculée Conception.
La Visitation (31 mai). L’Évangile met
l’accent sur la Présence du Christ en Marie qui suscite la joie et
l’action de grâces avec le “Magnificat”.
D’autres fêtes et mémoires existent encore (dévotions;
pèlerinages; familles religieuse)
Fêter Marie, c’est fêter le Christ
et reconnaître la place de sa Mère dans le plan de Dieu; c’est aussi reconnaître
le rôle de celle-ci dans l’Église dont elle est la figure et l’image, “signe
d’espérance pour le peuple de Dieu en marche” ConsTitution sur l’Église:
Lumen gentium (LG 68).
Lire le c. VIII de la Consitution sur l’Église: Lumen gentium, spécialement le n°
66.
Sur l’Année Liturgique
— Martimort,
L’Église en prière, Desclée, éd. 1984, t. IV, p. 13-163.
— Sous la direction de J. Gelineau, Dans vos assemblées
(t. I, p. 102-122; cf. la Bibliographie et la p. 122)
A. Adam,
La Liturgie aujourd’hui, Brépols, p. 262-300.
— A. Nocent, Célébrer Jésus-Christ (L’année
Liturgique, ed. J. P. Delarge (épuisé) 7 vol.
— Jours du Seigneur Publications de Saint
André - Brépols (7 vol.) Commentaires des textes liturgiques
— J. DaniÉlou, Bible et Liturgie,
Cerf 1951.
— Revue Célébrer (CNPL, Cerf) n° 178-181
— Revue La Maison-Dieu 65 (1961); 147-148
(1981)
Sur le dimanche
— Le Jour du Seigneur éd. Robert Laffont,
1948
— Enzo
Bianchi, Le Jour du Seigneur,
Mame.
— Jean-Paul
II, Dies Domini 1998
Sur le cycle de Pâques
— La Maison-Dieu 67-68 (1961); voir aussi
n° 26; 37; 41; 45
Sur les Saints et la Vierge
Marie
— Revue Liturgie (CFC), n° 81, 82, 88
— Paul
VI, Le culte marial.