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LE PINOT BLANC, LA VEDETTE DU VIGNOBLE ?




Deux variétés se partagent ce cépage : la première qui porte le nom générique est d'origine bourguignonne et a été introduite au XVIème siècle; la seconde, l'Auxerrois, semble d'origine lorraine. Par tradition, les deux variétés sont confondues et donne naissance à un vin souple et fruité.

Il est assez difficile d'exprimer par des mots la multiplicité des aspects que peut rendre ce cépage à travers le vignoble et ce, pour plusieurs raisons.

Très largement cultivé du nord au sud du terroir alsacien par chaque vigneron, il ne possède pas à proprement parler, une empreinte olfactive, gustative et organoleptique variétale stricte et incisive. Il ne possède pas non plus la particularité d'exprimer avec précision les micro-variations des sols nourriciers. C'est peut être pour cette raison que
ce cépage n'a pas été introduit dans un classement en Grand Cru. En effet, sans connaître d'avance l'aire de délimitation des parcelles qui ont engendré les cuvées, il semble hasardeux, même pour le plus expert des dégustateurs, de deviner à l'aveugle le type de sol qui a enfanté le produit. Cela ne signifie nullement que ce cépage ne répond pas aux aléas des compositions structurelles et chimiques des sols, mais il semble davantage redevable (qualitativement parlant) de la rigueur dans la conduite de sa culture et de sa vinification ainsi que, dans une moindre mesure, des circonstances climatiques du millésime.

L'excellence du pinot blanc réside certainement dans l'effective réalité d'être cet enfant choyé du pays. Il est vrai qu'il a probablement trouvé ici une terre d'élection. Par  son accommodement à s'exprimer de manière équilibrée et fruitée, par sa résistance et sa précocité, il permet d'abreuver, au fil des ans, des tablées  par sa facilité à s'intégrer à tous les plats cuisinés. De plus, il a la part belle de figurer en grande proportion dans les crémants, qui ont de plus en plus de suffrages : l'an 2000 oblige ! Bien conduit, il semble même que planté sur certains arpents du vignoble, il exprime un caractère affirmé et complexe avec une certaine rigueur et identité ! C'est dans la poche de Colmar et plus au Sud que certains vignerons ont développé des pinots plus rigoureux dans la  structure, dans l'ampleur de sa sève et avec des connotations un peu minérales ! Pour preuve le pinot "H" (comprenez Hengst, un grand cru) de Josmeyer, le pinot "K" (comprenez Kirchberg de Ribeauvillé, un autre grand cru) de Kientzler, sans oublier la vinosité inhabituelle du pinot de Marcel Deiss ou la minéralité et la droiture du pinot de Boxler en 1998.