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gramophone

le parler

famille bantoue

L'écriture n'étant pas le mode traditionnel de communication de la race bantoue, c'est la parole qui prend toute son importance dans la transmission des usages et coutumes. Le langage les transmet de génération en génération avec les "griots", ces raconteurs de la tradition. Ce sont de véritables "bibliothèques" vivantes.

Parmi toutes les langues de l'Afrique centrale, deux ont une importance capitale au Congo : le lingala, langue de la métropole qui fut adoptée pour fédérer tous les soldats de la Force Publique, et le kiswahili, langue de l'Est et du Katanga, la province cuprifère et économiquement la plus forte. Ces deux idiomes, ainsi que dans une moindre mesure le tshiluba et le kikongo, forment l'ossature linguistique du Congo. Ces langues font partie de la classification des langues "bantoues".

Pour la carte des langues au Congo.

Lingala 

 

L’une des plus importante parmi les quelques 360 langues bantoues utilisées en Afrique centrale et méridionale, le lingala est aujourd’hui parlé par des dizaines de millions de locuteurs dans la vaste région constituée par le bassin du Congo.
Le lingala n’est pas à l’origine la langue maternelle d’une ethnie mais une langue véhiculaire issue d’un brassage entre plusieurs langues bantoues et employée par les commerçants et les riverains du fleuve Congo. C’est en suivant cette voie de communication essentielle pour l’économie de la région que la langue s’est répandue, des deux rives du fleuve jusqu’aux grandes villes, Kisangani puis Kinshasa. Les premiers Européens arrivés dans cette région à la suite de l’exploration de Stanley, de 1874 à 1878, ont probablement contribué à cette expansion : la modernisation des moyens de communications fluviaux a favorisé le commerce et les déplacements des " gens du fleuve " et par conséquent les contacts entre les différentes langues bantoues de la région.
Devenu langue de l’armée et de l’administration centrale, et langue maternelle depuis qu’il s’est répandu sur un grand territoire, le lingala - langue du pouvoir central - est largement employé dans les médias et les discours officiels. La chanson congolaise moderne, extrêmement créative et populaire, contribue aussi à faire du lingala une lange vivante, en évolution constante. C’est l’une des quatre langues nationales du Congo-Kinshasa (48 millions d’habitants), également parlée au Congo Brazzaville et en Centrafrique. Cette langue est entendue en Europe (France et Belgique) où résident de nombreux congolais.
Le lingala est une langue à tons, particularité intéressante dans son apprentissage. Son orthographe est aisée puisqu’il s’écrit phonétiquement en caractères latins.

Éléments de base : 
 http://www.atma.net/lang-african/lang.html

Lingala en ligne :
http://lingalaenligne.ifrance.com/lingalaenligne/

Premier article des droits de l'Homme traduit :
Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droit.
Ils sont doués de raison et de conscience et ils doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.


Bato nyonso na mbotama bazali nzomi pe bakokani na limemya pe makoki.
Bazali na mayele pe base, geli kofanda na bondeko okati na bango.

 

Kiswahili

 

Le swahili (nom local : kiSwahili) est une langue agglutinante appartenant au groupe des langues bantoues. Importante langue de communication dans toute l'Afrique orientale et centre orientale, le swahili est langue officielle en Tanzanie, langue nationale au Kenya et langue véhiculaire en Ouganda, République démocratique du Congo, Rwanda, Burundi, Mozambique, Malawi et en Zambie. Le swahili dispose d'une littérature écrite depuis plusieurs siècles (à l'origine en caractère arabes, depuis la fin du 19e siècle en caractères latins). De nombreux auteurs contemporains écrivent en swahili issu d'un mélange entre les langues locales et la langue arabe, ce qui explique sans doute, le fait que des variantes de la langue swahili existent en fonction des pays. Le swahili est la plus importante langue bantoue et celle comptant le plus grande nombre de locuteurs (langue maternelle et langue seconde) de l'Afrique noire. En effet, on estime que de 40 à 50 millions de locuteurs pratiquent le swahili, avec généralement des différences locales importantes. 
Le swahili, en tant que langue normalisée (ou standard), a été fixé en 1930 par le Comité sur la langue territoriale et il était basé sur le dialecte côtier de Zanzibar, le kiunguja, une variante linguistique. En d'autres formes, mentionnons, entre autres, le kingwana (les Congos Brazzaville et Kinshasa). C'est au cours du 19e siècle que le kiunguja a supplanté toutes les autres variétés du swahili.
Le swahili pénétra le continent tout au long des pistes marchandes et esclavagistes. La colonisation européenne favorisa encore son extension. C'est également la langue africaine la plus enseignée dans le monde. À l'exception de l'île de Zanzibar, le swahili langue seconde, plus précisément véhiculaire, est parlé en Ouganda, au Kenya, en Tanzanie, à l'île de Zanzibar et aux Comores, sans oublier le Rwanda et le Burundi, la Somalie, la Zambie et l'Afrique du Sud. 
Si le swahili a connu une grande extension à l'intérieur du continent africain, retenons que c'est dû principalement à quatre facteurs essentiels: 1) la traite des esclaves menées par les Arabes, suivie de l'islamisation des populations locales, 2) la colonisation européenne, surtout allemande et britannique, suivie de la christianisation des populations locales, 3) la mainmise indienne sur l'essentiel du commerce local, 4) la politique linguistique des États indépendants (Tanzanie et Kenya) de la région, qui ont voulu se doter d'une langue africaine concurrentielle avec l'anglais. 

NOTE IMPORTANTE : ce site fait partout référence à la variété de kiswahili dénommée kingwana.
Cette dénomination étant presque inconnue, on fera donc (erronément) référence au kiswahili.

Les deux chansons suivantes sont extraites du site Mwana Simba de Abdillahi Didier Cornice - Avec les plus vifs remerciements de son nduku Aloube.

Un accueil en chanson : Djambo !
(Bonjour - mp3) http://mwanasimba.online.fr/MUSIC/jambo.mp3

Jambo, Jambo Bwana, Salut, Salut Monsieur,
Habari gani, Comment ça va,
Mzuri sana. Très bien.
 
Wageni, mwakaribishwa, Étrangers, vous êtes les bienvenus,
Kenya yetu Hakuna Matata. Dans notre Kenya y'a pas de problème.
 
Kenya nchi nzuri, Le Kenya est un beau pays,
Hakuna Matata. Y'a pas de problème.
 
Nchi ya maajabu, Un pays merveilleux,
Hakuna Matata. Y'a pas de problème.
 
Nchi yenye amani, Un pays en paix,
Hakuna Matata. Y'a pas de problème.
 
Hakuna Matata, Y'a pas de problème,
Hakuna Matata. Y'a pas de problème.
 
Watu wote, Tous les gens,
Hakuna Matata, Y'a pas de problème,
Wakaribishwa, Sont les bienvenus,
Hakuna Matata. Y'a pas de problème.
 
Hakuna Matata, Y'a pas de problème,
Hakuna Matata. (mpaka mwisho) Y'a pas de problème. (jusqu'à la fin)

Une belle chanson swahili : Malaïka (Mon ange - par Harry Bellafonte et Myriam Makeba - mp3. http://mwanasimba.online.fr/MUSIC/malaika[1].mp3
Tout sur Malaïka : http://www.yale.edu/swahili/songs/malaika.htm  site en anglais.

Malaika, nakupenda Malaika. (bis) Mon ange, je t'aime Mon ange. (bis)
Nami nifanyeje, kijana mwenzio. Et moi, ton jeune amour, que puis-je faire.
Nashindwa na mali sina, we, ningekuoa Malaika.(bis) Si ce n'était le manque de fortune, oui, je t'épouserais Mon ange.(bis)
   
Pesa zasumbua roho yangu (bis) L'argent ronge mon âme (bis)
Nami nifanyeje, kijana mwenzio, Et moi, ton jeune amour, que puis-je faire,
Ningekuoa Malaika. Je t'épouserais Mon ange.
Nashindwa na mali sina, we, ningekuoa Malaika. Si ce n'était le manque de fortune, oui, je t'épouserais Mon ange.
   
Kidege, hukuwaza kidege.(bis) Petit oiseau, je rêve de toi, petit oiseau.(bis)
Nami nifanyeje, kijana mwenzio, Et moi, ton jeune amour, que puis-je faire,
Nashindwa na mali sina, we, ningekuoa Malaika.(bis) Si ce n'était le manque de fortune, oui, je t'épouserais Mon ange.(bis)

NOTE : une écoute attentive vous permettra d'observer que les chanteurs chantent en phonétique des versions légèrement différentes des paroles originales - auteur : le Kenyan True Shaman.

Premier article des droits de l'Homme traduit en kiswahili.
Watu wote wamezaliwa huru, hadhi na haki zao ni sawa.
Wote wamejaliwa akili na dhamiri, hivyo yapasa watendeane kindugu

Enjeu d'unification africaine :
http://www.malilink.net/archive2001-2/0085.html

Rudiments :

http://le-village.ifrance.com/karibu/langue2.htm - http://frederic.gillet.free.fr/swahili.html

Statistiques concernant les langues parlées au Congo :
 http://www.teluq.uquebec.ca/diverscite/SecArtic/Arts/98/jjnkongolo/01_tabl.htm

la nature
La nature, dans sa virginité africaine, nous permet d'entendre des sons difficiles à rencontrer dans nos contrées industrialisées. La situation géographique est également un facteur permettant aux phénomènes naturels d'avoir une ampleur à nulle autre pareille (un orage africain en est le plus sonore exemple) tandis que les cris d'animaux "sauvages" ne se trouvent plus que dans l'immensité de paysages encore peuplés d'animaux en liberté. L'imaginaire populaire se crée encore quelques frayeurs aux barrissements de l'éléphant, aux rires lugubres de la hyène, aux sourds rugissement du lion et aux hurlements des gorilles. Quelques échantillons sonores, pour le plaisir...

lion
éléphant
hyène
chimpanzé
hippopotame
crocodile
gorille
vautour
buffle
lynx
léopard
rhinocéros
zèbre
moustique
gnou
springbok
phacochère
serval
 

les chants

La musique chorale congolaise.
Si la musique reste l’une de meilleures façons d’extérioriser les états d’âmes, le chant a, mieux que le parlando, la particularité d’être plus proche du langage humain. Si chanter est un désir naturel personnel, chanter en choeur est un désir naturel pour tout groupe. C’est un art populaire, unificateur, mobilisateur et rassembleur, naturellement incontournable.

Au Congo, le chant occupe une place de choix dans les rites, les cérémonies, les fêtes, les deuils, les cultes, les mythes ainsi que dans la célébration d’événements. On reconnaît au peuple congolais sa promptitude ainsi que sa remarquable spontanéité au chant. Il n’est donc pas étonnant de retrouver des milliers de chorales. Le chant choral religieux au Congo a pris forme avec l’arrivée des missionnaires. Ainsi les conceptions occidentales ont pris racines et leurs traces sont loin d’être effacées. Jusqu’au début des années 80, le chant choral a presque totalement été d’inspiration religieuse. Les choeurs à voix égales et les choeurs mixtes sont les plus populaires.

A l’heure actuelle des groupes en général mixte, interprètent des chants populaires, d’adoration, de louange et d’animation en se faisant généralement accompagner d’orchestres de variété. Ils évoluent très souvent en opposition à des soli vocaux et sont communément appelés « groupes d’adoration ». Il convient de ne pas oublier l’apport du mouvement choral à la musique du Congo. La plupart des grands chanteurs et musiciens d’aujourd’hui en sont issus.

en lingala :
http://content.emusic.com/demo/272198/Shanachie_Records_Compilations-Secret_Museum_Of_Mankind_Vol__3-14-Congo__Nalimbisi_Yo-Demo.mp3
en swahili : 
http://content.emusic.com/demo/  -  

la musique
Tout comme la parole, la musique a une importance primordiale en Afrique. L'oreille congolaise est très sensible aux moindres nuances du chant. D'instinct, un groupe de chanteurs passera en polyphonie spontanée. Toutes les peuplades inventent leur style basé sur une mélopée monotonique  répétée à l'envi. Autre caractéristique : le répons. Un chanteur lance le motif qui est inlassablement repris par l'ensemble. Cette caractéristique se retrouve dans le "solo" instrumental moderne. très prisé du congolais.
Il convient de garder en mémoire que l'Afrique se retrouvait dans la seule activité artistique permise à l'époque de l'esclavage aux USA : la musique, sous forme chantée d'abord (les chants gospel et negro-spiritual) et ensuite sous forme de jazz (aux instruments rudimentaires) forme de musique qui connaît, depuis, le succès que l'on sait.

On ne peut parler de musique sans évoquer le succès phénoménal de la musique congolaise (devenue zaïroise), et principalement de la Rumba Congolaise.

  La chanson "Indépendance Cha Cha"
du site des Expatriés de Lubumbashi

LA RUMBA CONGOLAISE.

Les textes suivants sont le condensé de divers articles parus sur Internet et concernant la musique congolaise.

La danse congolaise par excellence. La rumba congolaise est une danse lascive qui est exécutée par deux danseurs enlacés. Elle suggère une véritable scène d'amour. La rumba revenue de Cuba, renvoie désormais, spontanément, à musique congolaise. D’ailleurs, en dépit de l'engouement qu'ils ont pour les rythmes de l'étranger, les congolais préfèrent, malgré tout, la rumba, danse congolaise par excellence, tant sa gestuelle est intrinsèquement traditionnelle. La rumba congolaise, l'un des styles musicaux les plus féconds d'Afrique, le plus populaire depuis ces cinquante dernières années, a connu les dénominations les plus diverses : jazz africain, jazz congolais, soukous ... Ensorcelante, elle synthétise de nombreuses expressions musicales nègres.

L’origine. La tradition congolaise la fait prendre forme à partir d'inspirations des ensembles cubains en visite au Congo juste avant la seconde guerre mondiale. Avec la maringa apparaît une danse dans laquelle l'unité d'interprétation est le couple, même si la plupart du temps les partenaires dansent encore séparément au son d'instruments locaux. L’instrumentation à l’européenne tentées jusque-là ayant échoué, les musiciens apprennent au contact de leurs collègues européens. La guitare est la première à être adoptée dans le sud du Congo où l'on utilise traditionnellement des instruments à cordes. Elle supplante vite l'omniprésent likembe qui ne suffit plus à exprimer les harmonies complexes voulues par cette musique nouvelle. En 1946, la guitare atteint Léopoldville. La rumba a d'abord été jouée par des groupes associant la sanza "likembe", une guitare acoustique et souvent une bouteille en guise de percussion. Cet événement se combine à la vogue de la musique afro-cubaine, au rejet des modèles coloniaux et aux débuts d'une industrie du disque.

Essor. Le premier musicien congolais célèbre est un guitariste chanteur : Antoine Kalosoyi. Il opère la fusion acoustique entre rythme traditionnel zebola, rumba cubaine et style "matiniqué". La célébrité nationale viendra avec la sortie de Marie Louise en 1948. Les compagnies de disques aux mains de négociants grecs soutiennent les chanteurs à succès. L'une de ces entreprises pionnières est la maison Ngoma, fondée en 1948 par Jeronimidis. Viendront ensuite Optika en 1950 et Esengo en 1957. La rumba congolaise s'impose par la vente des disques et sa diffusion par la radio. Avec la création du jazz africain (1953), du O.K. Jazz (1956), toujours vivant, et l'adoption progressive de paroles en lingala plutôt qu'en espagnol, la musique entièrement congolaise prend son essor. Malgré ce que laissent croire ses titres, le jazz est d'importance mineure à Léopoldville, surtout à partir de 1955, mais occupe une place beaucoup plus centrale à Elisabethville, où la chanson en kiswahili et en tshiluba fait florès jusqu'au lendemain de l'indépendance, époque à laquelle l'exemple de Léopoldville et les paroles en lingala se généralisent. Cette évolution n'est certes pas sans rapport avec la suprématie politique de Léopoldville sur Elisabethville (fin de la sécession du Katanga en 1963), mais l'utilisation de la guitare électrique et la diffusion du poste de radio à transistors après 1960 contribuent aussi au succès des ensembles de Léopoldville.

Caractéristiques. Même si les danses en vogue et les variantes de style se succèdent presque d'année en année et, jusqu'en 1960, subissent l'influence des modes européennes, la tradition lyrique congolaise suit son cours sans interruption. La création de textes de chansons très élaborés ou de ballades complexes, véhiculant souvent un commentaire social acéré, et le retour d'influence des danses traditionnelles ont eu une importance marquante. La rumba conserve sa structure de base, à savoir une introduction, précédée d'un court prélude instrumental présentant le motif principal, le développement du thème chanté avec ses refrains par un duo ou un trio et une improvisation instrumentale qui donne lieu au développement rythmique et mélodique. Les morceaux monotoniques, sont généralement du type responsoriaux et se déroulent sur deux moments. Le début du morceau est invariablement mélodique et entonné sur un tempo lent. Le second moment est quant à lui très rythmique et ponctué par des onomatopées incitant à la danse. Cette séquence rythmico-chorégraphique est amenée par les jeux syncopés et caractéristiques de la caisse claire de la batterie et des rifts de guitares dont seuls les guitaristes congolais ont le secret. l'attrait irrésistible de la guitare a détourné la majorité des musiciens congolais de la pratique des autres instruments. Elle occupe une place centrale dans la rumba, aidée en cela par la virtuosité des guitaristes tels que Elenga Zacharie, Nico KassandaFranco et Déchaud Mwanga Charles. Ce dernier est le père appelé "Mi composée". Elle consiste ici à remplacer la quatrième corde (Ré) par une chanterelle (corde la plus fine) accordée en Ré. Le résultat donne un son original à mi-chemin entre l'orgue et le marimba. La rumba ne s'embarrasse pas d'artifices harmoniques cérébraux et élitistes, musique tropicale  particulièrement conviviale. On ne saurait lui dénier le don de toucher tout de suite le corps et de le mettre en transe, en extase.

Conclusion. Aucune évolution comparable ne s'étant produite dans les régions voisines, la musique congolaise balaie toute la scène, non seulement en Afrique centrale mais aussi sur une partie de la côte est et, au sud, jusqu'au Zimbabwe, bien que les paroles lingala n'y soient pas partout comprises. Métropole, Léopoldville a développé une activité musicale intense à partir des années 30-40. Cette décennie est marquée par les "troubadours congolais" que sont  Baudoin Mavula, Wendo Sor, Camille Makoko, Tékélé Monkango…Cependant, les thèmes changent. Les premiers couplets chantant des déceptions amoureuses ou des évocations nostalgiques de la simplicité de la vie rurale sont complétés par des chansons politiques célébrant l'indépendance, le pays et ses héros. Après 1960, le commentaire social prend plus d'importance et va bientôt devenir acerbe et sans détour. Ces paroles sont pour beaucoup dans la célébrité de grandes vedettes comme Franco. D’autres grands noms appartiennent déjà à la légende : Wendo, Grand Kallé, Docteur Nico, Verckys, Seigneur Rochereau.

LES GRANDS NOMS.

African Jazz - 1953
Joseph Kabasélé (1930-1982), (Grand Kallé), électrifie la rumba zaïroise avec Nico Kassanda (Docteur Nico), le plus grand guitariste de l'époque. L'African Jazz servira de modèle aux orchestres de danse sur presque tout le continent. Sa chanson "Indépendance Cha Cha", composée en 1960 devient un hymne à la liberté pour bon nombre de pays africains fraîchement indépendants. Les années cinquante voient l'épanouissement de cette musique. Un multitude de groupes lancent chacun leur style et leur danse dans les ngandas, lieux de rencontre, de plaisir et de musique.

 

OK Jazz - 1956
Franco
(François Luambo Makiadi), guitariste chanteur crée le OK Jazz et devient célèbre en imposant la rumba et le soukous. Au cours des années 1960, il est influencé par les rythmes jazz, antillais et latins ; il mélange la rythmique zaïroise aux rythmes afro-cubains et gratte sa guitare électrique à la façon hawaïenne. Son immense oeuvre musicale couvre plus d'une centaine d'albums. Aux côtés de Rochereau, son principal rival, il règnera en maître sur la rumba congolaise durant plusieurs décennies. Les thèmes abordés sont extrêmement variés : chansons d'amour, observations philosophiques sur la morale, l'argent et la corruption, la santé... - voir le site http://www.congonline.com/Musiciens/franco.htm

 

African Fiesta - 1963, suite de African Jazz - Afrisa International - 1970
Rochereau de Pascal Tabu Ley
(né en 1940), le surnom vient du fait qu'il fut le seul élève de sa classe à nommer le défenseur de la ville française de Belfort : le colonel Denfert-Rochereau. Après un passage dans l'African Jazz, il crée en 1963 l'African Fiesta, qui deviendra dans les années 1970 le plus célèbre groupe zaïrois sous le nom d'Afrisa international.C'est l'époque où Franco et Rochereau rivalisent de talent dans leurs clubs respectifs et optent pour la rumba odemba ou soukous, mettant en exergue le sebene, une longue exécution instrumentale qui suit le couplet introductif. Le titre de sa première composition, Besame Muchacha, qui date de 1956, témoigne des préférences de l'époque lorsque les Congolais s'enthousiasmaient pour la musique afro-cubaine.

A la fin des années 1960, Tabu Ley est l'objet de véritables hommages nationaux et au début des années 1970, ses disques se vendent à plus d'un million d'exemplaires. En 1970, à l'apogée de sa carrière, Rochereau passe à Paris, à l'Olympia. Il joue avec d'autres musiciens zaïrois célèbres. On le voit ainsi avec Franco en un adieu mémorable au Grand Kallé. Tabu Ley Rochereau, qui a plus de 2000 chansons à son actif et s'exprime en lingala, est devenu à la fois le patriarche de la musique zaïroise et une figure populaire respectée et écoutée. Il a introduit un nouveau style inspiré du twist puis du rock : pour la première fois la batterie fait son apparition dans un orchestre africain avec son groupe Afrisa International.

 

LA RUMBA ZAÏROISE.

Ce qui fait le prestige de cette musique, c'est la la fascinante fluidité des guitares qui prennent le premier plan, notamment grâce à l'usage typique du "mi-solo" ( un second soliste qui fait office en même temps de rythmicien et de soliste d'appoint) et dans les grandes occasions jusqu'à vingt musiciens et chanteurs !

La dynastie Zaïko Langa Langa.

A la fin des années 1960, l'apparition de Zaïko Langa Langa annonce l'émergence d'une nouvelle génération de musiciens zaïrois venus concurrencer les aînés comme Franco ou Rochereau. Le groupe, porté au départ par la voix de Papa Wemba, devient bientôt l'un des plus populaires du pays, puis de la diaspora en Europe et constitue le passage obligé de nombreux artistes. Le soukous, apparu dès le milieu des années 1960, a vite imposé une identité propre, parallèle à la rumba. Le groupe Zaïko Langa Langa a fini par incarner cette musique moderne zaïroise qui cherchait à marquer sa différence avec les orchestres établis. Leur musique voulait choquer - d'où les attributs de "tout choc" ou d'"anti-choc". Zaïko Langa Langa a développé toute une série de danses à la mode : Cavacha, Choquez-Retardé, Disco, Sonzo-Ma, Tara, Volant, Wachawacha, Wondo Stock. Le groupe Viva La Musica, qui en est issu, a également crée des succès : Eza-Eza, Griffe Dindon, Kuku-Dindon, Kurunyenge, Nyekese, Machota.
Après le départ de Papa Wemba, qui crée sa propre formation, Viva La Musica, en 1976, Zaïko Langa Langa continue à aligner les succès mais le groupe se scindera pour donner naissance à de nouvelles formations. On voit ainsi apparaître : Grand Zaïko Wawa, Choc Stars, Anti Choc Stars, Langa Langa Stars, Zaïko Langa Langa Familia Dei, Zaïko Loningisa qui devient ensuite Basilique Loningisa, Viva La Musica, Victoria Eleison.
Zaïko Langa Langa reste l'un des précurseurs du soukous moderne et a largement contribué à la formidable expansion de ce rythme binaire, repris par l'Afrique tout entière.

Papa Wemba : le "Pape de la SAPE".

Papa Wemba est le premier à quitter la formation originale de Zaïko Langa Langa. Après être resté quatre ans dans ce groupe, il lance sa propre formation, Viva La Musica, en 1976 et devient une véritable star sur les deux rives du fleuve Congo. Il s'est sacré "roi du rumba rock" car sa musique est rebelle. En outre, il est l'idole de ces dandys provocateurs que l'on appelle les sapeurs (Société des Ambianceurs et des Personnes Élégantes), véritable mouvement repris par la communauté des Zaïrois et des congolais en exil. Il n'est donc pas seulement - grâce aux inoubliables aigus de sa voix - l'un des chanteurs  les plus connus mais il représente aussi pour la jeunesse de Kinshasa l'idole d'un mouvement qui lie indissociablement musique et habillement.
Ayant réussi à se libérer de la dépendance des producteurs et à devenir son propre maître, il est un modèle pour tous ceux qui recherchent l'autonomie de l'activité musicale.Côté musique, Papa Wemba marie assez judicieusement le rythme ancestral, le lokolé, une percussion propre au pays Kasaï, et l'enregistrement digital. Pas de place pour les cuivres, mais une rythmique efficace, soutenue par la batterie et trois guitares électriques sur lesquelles il pose une voix haut perchée légèrement éraillée, parfois d'une grande mélancolie. Un rythme plus saccadé que celui de la rumba traditionnelle, qui suscite ses propres danses, telle la "danse des griffes".

Le Kwassa-Kwassa : Kanda Bongo Man & Pépé Kallé.

Deux autres "guitarbands" sont devenus célèbres en passant par Paris : celui de Kanda Bongo Man et Empire Bakuba de Pépé Kallé. Kanda Bongo Man, né en 1958, a adapté sa formation aux normes de coûts européens et a débuté à Paris avec quatre ou cinq musiciens. Il sort ses premiers 45 tours à Kinshasa dans les années 70. Accompagné d'un guitariste inventif, Diblo Dibala, dont le style tranche avec celui de la rumba classique, il se produit sur les scènes des pays voisins, du Congo à l'Angola. Il perce difficilement dans son propre pays, où quelques groupes, véritables institutions locales, monopolisent l'espace musical. Il choisit finalement de s'exiler à Paris, où il arrive en 1979.Après l'album Iyolé (1981), Kanda Bongo Man devient peu à peu l'un des artistes africains les plus connus, avec son soukous endiablé. Dans les années 1980, toutes les discothèques de l'Afrique de l'Ouest, grandes consommatrices de musique zaïroise, se convertissent au Kwassa-Kwassa, la danse de Kanda Bongo Man, style plus rapide et plus tapageur que la rumba classique.

Empire Bakuba

Pépé Kallé, né en 1951, et son groupe Empire Bakuba eurent beaucoup de succès avec leur Kwassa-Kwassa à la fin des années quatre-vingt. En 1987, Empire Bakuba est sacré quatrième orchestre du continent africain par Radio France Internationale et, en 1989, il reçut les "maracas d'or" de la chanson africaine et antillaise. Il crée au passage (comme tous les orchestres dignes de ce nom) sa propre danse, le Makassy calculé. Le chansonnier de la rumba est particulièrement truculent, comme on peut s'en rendre compte dans ses nombreux tubes bilingues lingala / français. Le congolais Zao illustre bien la satire sociale. Son hymne antimilitariste humoristique Ancien Combattant (1983) qui met en scène un ancien tirailleur a été l'un des plus grands hits de la musique africaine. Cette chanson fait désormais partie du répertoire de la musique populaire en RdC.

Koffi Olomide et son Tcha-Tcho.

Le Tcha-Tcho représente une mode qui propage l'hédonisme, créé par le chanteur compositeur zaïrois Koffi Olomide. Tcha-Tcho serait synonyme de plaisir, ambiance, être à la fois dans le vent et débrouillard. Avec le Tcha-Tcho, Koffi Olomide - qui vient également de Viva La Musica - a créé le pendant du "SAPE" de Papa Wemba. Pour ses enregistrements, il choisit les meilleurs musiciens et chanteurs ou chanteuses. C'est ainsi que Rigo Star - un guitariste très demandé dans les sessions parisiennes et qui avait déjà joué avec Papa Wemba, Sam Mangwana et Kanda Bongo Man - participe à ses albums. Les femmes l'apprécient tout particulièrement, peut-on lire partout.

La rumba au féminin...
Jusqu'à la fin des années '60 où apparaissent des chanteuses menant une carrière solo, la rumba zaïroise est une affaire d'hommes. Dans la composition des orchestres, les femmes restent à l'arrière plan ou n'ont que des rôles de choristes ou de danseuses (les Rocherettes de Rochereau, à l'image des Claudettes). Dans les paroles des chansons, les femmes sont objet de convoitise et partagent avec l'argent la vedette des thèmes. Souvent mise sur un piédestal et adulée, la femme est parfois objet de critiques pour son infidélité, sa cupidité... Il faut attendre des chanteuses comme
Abeti au Zaïre, pour avoir le point de vue des femmes. Sa voix chaude et ses concerts à Paris (1972 à l'Olympia) et à New York (1974 au Carnegie Hall) lui ont conféré une audience internationale.

Abeti et ses Tigresses offrent un soukous particulièrement rythmé : rumba binaire irréprochable mêlée aux rythmes traditionnels d'Afrique centrale. Le public de Kinshasa apprécie par-dessus tout la chaude ambiance de ses shows. Des groupes masculins font alors appel à des vedettes féminines de la chanson ou bien des chanteuses devenues célèbres font appel aux meilleurs musiciens. Sur les traces des pionnières, suivent M'Pongo Love puis Tshala Muana et tout récemment M'Bilia Bel. Ces chanteuses se maintiennent le plus souvent dans le style de la rumba classique et chantent des chansons plutôt en défense des femmes qu'animées par un féminisme offensif.

Tshala Muana née à Lubumbashi, dans la province de Shaba, devient célèbre avec la vogue du Mutuashi, une danse de la province du Kasaï occidental, que les autochtones dansent à toutes les fêtes.

M'Bilia Bel est d'abord danseuse et choriste pour Abeti. Rochereau la fait ensuite entrer dans ses Rocherettes. En quelques années, elle devient chanteuse solo et alterne avec Rochereau ou bien se produit seule avec le groupe Afrisa International auquel elle apporte un nouvel élan, ce qui permet à ce dernier de concurrencer son principal rival Franco.

M'Pongo Love, née en 1956 à Kinshasa, est également très célèbre en RdC aujourd'hui. Avant de débuter sa carrière musicale en 1976, elle est secrétaire dans une compagnie automobile. Elle meurt le 15 janvier 1990 des suites d'une longue maladie.

CRISE D’IDENTITÉ OU DÉBUT DE DÉCLIN ?

Des chansons qui caressent dans le sens du poil.
Célèbres sur tout le continent africain et même au-delà, certaines stars de la musique congolaise ont trouvé la recette pour vendre leurs titres : se faire payer pour chanter les louanges de telle ou telle personnalité ou les litanies de noms plus obscurs. Stars adulées de la chanson ou musiciens débutants, tous se sont mis au rythme de ces chansons qui vantent les grosses fortunes congolaises ou d’ailleurs… La liste est aussi interminable que surréalistes les surnoms dont les affublent ces musiciens.Le phénomène s’appelle Ko bwaka libanga, ce qui en lingala signifie curieusement "jeter la pierre" à un bienfaiteur que le musicien caresse dans le sens du poil en lui jetant plutôt des fleurs ! La pratique n’est pas nouvelle, mais elle a pris de l’ampleur depuis une dizaine d’années, avec la nouvelle vague des stars de la musique tels Papa Wemba, Koffi Olomide, Werrason, J. B. Mpiana ou King Emeneya.

"Autrefois, les pionniers de la rumba congolaise citaient aussi dans leurs chansons des noms de personnes ou de lieux de rencontre célèbres. Mais ils le faisaient avec tact et modération, rappelle Jamais Kolonga, un vieil amateur de la musique des années 50. Ce n’était qu’une façon de remercier un mécène qui ne forçait jamais la main au musicien. A l’époque, la concurrence musicale était basée sur le talent et la culture générale, regrette ce vieux de la vieille. A chaque époque ses mœurs et ses fantaisies. Aujourd’hui, les musiciens qui ne vivent pas toujours de leurs oeuvres, chantent les louanges de leurs mécènes "ceux qui font que nous existons", comme ils aiment à le répéter. Cela va du diamantaire, désireux de voir célébrer sa fortune, à l’homme politique glouton en mal de pouvoir en passant par la femme d’affaires qui cherche à charmer des musiciens ou des débrouillards de tous bords vivant en Europe…

Kongolo, l’un des bouillants fils de l’ancien président Mobutu, a été maintes fois chanté. Des dizaines, voire plus d’une centaine de noms peuvent être cités dans une même chanson. Le record revient à J. B. Mpiana qui, dans son titre Lauréats de l’an 2000, a aligné près de 200 noms ! "Ce sont des Congolais vivant en Europe. Ils nous gratifient de nombreux dons en habits, en voitures de luxe…", précise Roger Ngandu, l’attaché de presse du musicien. Selon les témoignages, chaque nom cité dans un titre rapporterait de 200 à 300 dollars (ou euros). "Une chanson dédiée exclusivement à une personne, un diamantaire ou un homme politique puissant, peut rapporter une jolie fortune, 1000 dollars voire plus à son auteur compositeur", révèle un musicien de Papa Wemba. Lister le plus de personnes possible est donc une opération hautement rentable. Lors de l’enregistrement de son dernier album Tout le monde à la queue leu leu, le studio parisien de la star congolaise Werrason a été envahi par de nombreux Congolais. Chacun voulait placer son nom. "Cela a créé un embouteillage et a beaucoup indisposé les techniciens", ont rapporté des chroniqueurs de la musique congolaise à Paris. L’artiste lui-même travaille sous pression pour contenter tous ceux qui veulent entendre citer leur nom. En Europe, des musiciens ont ainsi eu des démêlés avec certains de leurs compatriotes déçus de n’avoir pas retrouvé leurs noms dans un album alors qu’ils avaient payé !
On comprend dès lors l’engouement que suscite la sortie de tout nouveau disque. Les uns, simples fans, se l’arrachent pour vibrer à son rythme ; les autres pour vérifier que leur nom a bien été repris… Mais ces litanies finissent par étouffer la musique jugée monotone et trop bruyante par la critique.

extraits de textes remaniés de Tshiseke Tshienda B et Godefroid Bwiti Lumisa.

panorama de la musique moderne du Congo (texte)
http://www.multimania.com/discographies/la_rumba_zairoise.htm  

musique traditionnelle africaine
(site en anglais)
http://www.eyeneer.com/World/Af/index.html

échantillons de musique contemporaine du Congo
(Media Player)

http://www.motherlandrhythmart.com

la "Katangaise" - hymne patriotique créé lors de la sécession (MP3)
http://kolwezikat.free.fr/katangaise.htm

les instruments de musique traditionnels

La musique traditionnelle congolaise a une fonction sociale bien précise et est habituellement jouée par les griots, poètes musiciens dépositaires de la tradition orale, qui, souvent, sont aussi les historiens et les généalogistes du village. Des chants rythmés accompagnent ainsi toutes les tâches (pêche, plantation, canotage ou concassage du manioc). Le rythme tend en fait à être plus important que la mélodie. C’est avec les matériaux dont ils disposent que les musiciens traditionnels fabriquent leurs instruments : tiges de millet ou bambou pour les tambours, les instruments à cordes et les flûtes ; défenses d’animaux, gourdes, coquillages ou encore métal ou bois pour les cors.

likembe

Likembe
Les likembe (sanzi) sont des petites boîtes que l’on tient à la main, et dont on gratte les petites dents en métal avec les pouces. Instrument favori, constitué d'une caisse de résonance creuse en bois ou en écorce de fruit sec (calebasse),il est ouvert sur un côté.

Des lamelles de métal de longueur et d'épaisseur différentes, pour constituer les fréquences souhaitées, sont posées côte à côte et maintenues en contact étroit avec la caisse de résonance.Des grelots de métal entourent parfois les lamelles, donnant ainsi un don grésillant lorsqu'on en joue. Le joueur (solitaire, dans la majeure partie du temps) "pince" les lamelle du bout de l'ongle de ses pouces.

Les lamelles, disposées selon la convenance particulière du joueur, ne répondent à aucune logique de progression dans une gamme chromatique quelconque. C'est donc un instrument personnel qu'il est inutile de prêter. L'instrument favori des zamu sert à l'accompagnement d'une mélopée chantée par le joueur.


site anglais : http://www.artmetal.com/project/Features/Africa/44.htm 
son :
likembe.html

balafon

Balafon   http://www.masabo.com/balafon.html 

Sorte de xylophone dont la résonance naturelle des lamelles de bois percutées par des bâtons aux bouts enduits de résine dure est amplifiée par des calebasses. Le son produit est "velouté". Instrument à l'origine destiné à un exécutant debout (il se pend au cou), il est composé d'un châssis en bois, de lamelles et de calebasses.

Le balafon utilise une gamme pentatonique.

grelots

Grelots
Il en existe une grande variété. Certains sont attachés aux chevilles par des lanières et servent à rythmer les pas des danseurs
(les danseurs Tutsi).

harpe

Harpe 
Composé d'une caisse de résonance en bois qui repose sur le sol, d'un tablier en ivoire taillé et sculpté dans une défense d'éléphant, et de cordes constituées de fibres végétales. Le musicien, en position assise, pose la caisse de résonance sur le sol et pince les cordes comme pour une harpe.
(photo Don Cole - Musée UCLA de l'histoire de la Culture)

tambours

Tambours (Djembe, Tam-Tam...)
Instrument de percussion constitué d'un corps cylindrique en bois et dont une extrémité est recouverte d'une peau tendue d'animal. Le cerclage de cette peau à son socle peut être garni de décorations (franges en cuir, cerclage de bois...) Cet instrument est joué en le frappant d'un ou plusieurs "marteaux" manipulés par plusieurs exécutants, alternativement, tour à tour ou en cascade.
Les tambourinaires du Burundi ont acquis une réputation internationale. Sa variante en bois, le tam-tam, est constitué d'un cylindre beaucoup plus important en taille et posé horizontalement sur deux supports aux extrémités. Une fente permet l'amplification d'un son sourd. Son langage codé (aigu/grave) permet de communiquer au loin à travers forêts et montagnes. Ce type de transmission d'informations en est devenu le symbole archétype.

corne Corne
d'origine animale (ici, en ivoire). Instrument à vent soufflé par la bouche.
(photo Don Cole - Musée UCLA de l'histoire de la Culture)
 

La danse

Bien que non "congolaise", la représentation de la danse de l'Afrique centrale ne peut être mieux défendue que par les voisins proches et mondialement connus, les Intore du Burundi

Universellement connus pour la beauté et l'élégance féline de leurs danses, les Intore ont leur équivalent dans l'art de la percussion : les Tambours Royaux du Burundi .

Pour tambouriner, les musiciens utilisent deux baguettes mesurant 30 à 40 centimètres. Les tambours sont disposés en arc de cercle au nombre de 12 à 25 suivant l’ordre d'importance de l'évènement. Au centre, un tambour est réservé au chef de danse. Parfois deux, trois ou même quatre tambours évoluent au même rythme de base alors que d’autres évoluent avec la cadence et les changements de rythme imposés par les gestes du danseur.

Leur jeu relève d’un rythme à la fois sonore et gestuel qui fascine par mélange subtil de gravités sourdes et de fantaisies endiablées. Cette musique exprime une allégresse populaire plus profonde que le folklore simpliste auquel la réduit la culture étrangère. Il est important de signaler que pour accompagner d’autres types de danses, on n'utilise qu’un seul tambour.

Avec les guerriers « Intore » du Burundi, la grâce prend des allures masculines. Élégance et charme sont de la partie. La danse des guerriers s'exécute par groupes de 30 à 50 personnes disposées sur trois ou quatre lignes horizontales. Au coup de sifflet du meneur, les danseurs entament les premiers mouvements avec nonchalance : calmement tout le corps est sollicité. Seuls les bruits du sifflet et des grelots attachés aux chevilles marquent la cadence.

Soudain, comme une seule personne, les danseurs martèlent le sol selon un rythme donné par le meneur. Ils changent de pied à un moment précis, toujours guidés par le sifflet. Et le piétinement, au fur et à mesure, devient rapide, le son des grelots s'amplifie jusqu'à ce que, brusquement, tous s'arrêtent, en même temps que le sifflet. Instant très impressionnant qui arrache toujours des ovations.

Peu de manifestations liant
la danse et la percussion
ont un impact aussi puissant
que celui des groupes Intore.

C'est un spectacle
INOUBLIABLE.

la danse comme "locomotive" en Afrique : http://www.unesco.org/courier/2000_10/fr/signe.htm

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