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"...la dipanda cha-cha"
Il est difficile de clore l'histoire de la colonie
belge à la date du 29 juin 1960.
Trop de choses rattachent le Congo aux coloniaux. certains y sont nés, s'y
sont mariés, y ont eu des enfants.
Tous, cependant, ont en leur coeur le souvenir d'un pays magnifique, aux
possibilités énormes, promis à un avenir des plus glorieux.
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La décolonisation.
Au milieu des années 50, un grand
mouvement de décolonisation de l'Afrique s'annonce. Les puissances
coloniales mettront plusieurs années pour le terminer (la France, 6 ans
; la Grande-Bretagne, 10 ans ; le Portugal, 20 ans).
Les prémices de l'Indépendance du Congo.
La politique s'adresse à la
population autochtone dans les premières années après 1950. Les
mouvements politiques créés représentent l'idéologie partagée par une
ethnie. Ce fait est immédiatement exploité par des conseillers
belges
(pour la plupart écartés de la vie politique de la métropole) qui
prétendent soutenir les causes congolaises (sans y adhérer) et
"offrent" leurs services aux futurs dirigeants congolais,
partisans du proverbe "au royaume des aveugles, les borgnes sont rois".
Jean BOLIKANGO
déclarait en effet clairement son opposition à "l'introduction des
partis politiques belges au Congo", estimant que les jeunes gens qui
fréquentent des socialistes, des sociaux-chrétiens et des libéraux",
"manquent de sincérité, de franchise quand ils discutent entre eux". Il
s'agissait là pour lui d'"un état d'esprit
dangereux" (LABRIQUE
1957, pp. 181-187).
Décolonisation de l'Afrique
française -
anglaise -
portugaise -
belge
année de décolonisation |
Prémices de l'Indépendance, point de
vue Congolais :
http://www.congo2000.com/indep.html
Poussée par les nations "bien
intentionnées", la Belgique anticipe le mouvement général de décolonisation,
en accéléré, précipitant un processus imposé et immature par des réunions,
colloques, "tables rondes" de toutes sortes.
Comment en est-on arrivé là ?
16 juin 1957,
un arbitrage malheureux lors d’un match de football
opposant Blancs et Noirs provoque des bagarres au cours desquelles les
voitures des Européens sont lapidées. C’est la première fois que l’on
assiste à des heurts entre les deux communautés.
1959, une année charnière.
4 janvier,
l’interdiction d’une réunion de l’ABAKO
entraîne, à Léopoldville, trois journées d’incendies et de pillages, au
cours desquelles on dénombre 42 morts et 250 blessés.
De violentes émeutes ensanglantent Léopoldville. Pendant ces trois jours, le
pillage, l'incendie et le meurtre règnent en maître sur la capitale. Une
nouvelle période s'ouvre dans l'histoire du Congo.
Relation des faits dans le journal Le Soir :
http://lefildutemps.tiscali.be/biblio/cassette3/article_soir/20010905174149
Dans ses Mémoires, Moïse Tshombe analyse et décrit la suite des
évènements :
Malgré sa soudaineté, elles ne constituaient pas un
phénomène absolument inattendu. Trop d'intrigues et d'impatiences
bouillonnaient depuis l'Exposition de Bruxelles (1958) et les discours
du général De Gaulle. Chacun sentait la crise, sans prévoir pourtant qu'elle
éclaterait si vite. Le gouvernement lui-même flairait une fermentation
inhabituelle. Il annonçait officieusement des réformes pour la seconde
quinzaine de janvier, précédées d'une déclaration solennelle. Ces bruits
entretenaient parfois la nervosité. Ils hâtèrent probablement l'explosion.
Dès cette période, en effet, Patrice Lumumba concurrençait Kasavubu. A la
tête de son MNC, il menait une vive propagande et grignotait certains
quartiers tenus par l'Abako (parti de Tshombe). Cet agitateur né
fréquentait les Belges depuis très longtemps. Il connaissait assez leur
psychologie pour savoir que la violence les intimiderait et qu'elle
amollirait aussi la future déclaration gouvernementale. Or, il avait besoin
de ces deux réactions: elles lui permettraient simultanément d'offrir son
entremise à la métropole, de supplanter Kasavubu auprès de l'Administration
et des masses fanatisées.
Jusqu'en juin 1960, le développement de la situation suivit point par point
cet ingénieux calcul.
Très ébranlés par l'émeute, le souverain belge et ses ministres placent
l'accession du Congo à l'indépendance en fin de siècle, événement au terme
d'une préparation assez longue qu'ils jugent nécessaire.
13 janvier,
dans sa déclaration diffusée
simultanément au Congo et en Belgique, le roi Baudouin déclare :
« Notre ferme résolution est aujourd’hui de conduire sans atermoiements
funestes, mais sans précipitation inconsidérée, les populations congolaises
à l’indépendance dans la prospérité et la paix.»
Lumumba se rend en métropole disputer à Kasavubu la sympathie des
Belges. Il apprécie l'importance de l'anticolonialisme littéraire de la
gauche et s'apprête à introduire les conflits politiques de la métropole au
Congo dans la ferme intention d'en profiter. Jusqu'en 1960, la gauche
européenne le forme par des conseillers, lui insuffle les idées, lui procure
de l'argent (en mémoire, l' université "internationale" de Moscou porte son
nom).
17 mars, trois des leaders
politiques, Kasa Vubu, Thomas
Kanza, Nzeza sont écartés et
exilés en Belgique. Leur impact dans l’opinion publique belge est important.
Cet éloignement, plus que leur activité de terrain, sert finalement leur
cause. Les journalistes rencontrent ces hommes et découvrent à travers eux
les problèmes politiques du Congo.
7 avril
- Congrès de 8 partis politiques congolais à Luluabourg. L’effacement forcé
des responsables de l’ABAKO met en vedette la personnalité de Lumumba.
23-29 octobre,
les troubles de Stanleyville à l’occasion du Congrès du MNC de Patrice
Lumumba, les manifestations anti-européennes qui se déroulent dans
l’ensemble du Congo ne retardent pas pour autant les élections prévues pour
décembre.
20 décembre,
élections. Sur 1 870 000 votants, 1 300 000 ont voté pour des candidats
locaux sans lien avec les grands partis.
27 janvier 1960,
les représentants de groupes politiques congolais sont conviés à la "Table
Ronde" de Bruxelles, pour initier le
protocole de la décolonisation et la mise en place d'un gouvernement
congolais. Sous diverses pressions, internes comme externes,
l'indépendance est promptement avancée au 30 juin 1960.
Une hâte que ne comprennent pas ceux qui sont "sur le terrain" et dont
s'étonnent les congolais eux-mêmes. Cette anticipation n'est pas le seul
fait de la volonté des congolais. Elle est soutenue par des belges mal
informés des capacités réelle du pays à l'autonomie. C'est l'époque du
médiatique Patrice Lumumba sorti hâtivement de prison sous la pression de
certains participants et venu participer aux discussions de la Table Ronde,
les poignets garnis de pansements.
Pour égayer les soirées des participants congolais,
l'orchestre africain invité à Bruxelles (African Jazz - Grand Kalle) lance
le devenu célèbre "Indépendance tcha tcha"
en un curieux mélange de langues qui traduit bien l'étonnement, la surprise
du moment.
Indépendance cha
cha to zui e
O Kimpuanza cha cha tubakidi
O Table Ronde cha cha ba gagner O
O Dipanda cha cha to zui e |
L 'Indépendance nous l'avons eue
L' Indépendance nous l'avons eue
C'est à la Table Ronde qu'elle a été gagnée
l'Indépendance nous l'avons eue |
sécession
30 juin 1960 -
Indépendance du Congo.
Joseph Kasavubu est nommé Président de la
République (en conclusion plutôt nébuleuse) et
Patrice Lumumba, Premier Ministre.
La passation des pouvoirs aurait du intervenir en douceur. Ce ne fut pas
le cas.
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30 juin 1960 - Déclaration du
discours d'Indépendance. Patrice Lumumba s'adresse à la nation congolaise.
Le Roi Baudouin "encaisse" un discours imprévu et enflammé déniant tout
apport positif des belges et boutant le feu aux évènements qui s'en
suivront.
Commentaires sur le discours de
Lumumba ? Voir :
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Drapeau du Congo Indépendant
à partir de 1963 |
Les suites de
l'Indépendance.
05 juillet 1960 - L'armée se révolte. Pourquoi ?
Victor Lundula
est nommé par Lumumba à la tête de la Force Publique, limogeant ipso facto le
général (belge) Janssens. Le sergent-major
Joseph Désiré Mobutu
est promu colonel le 08 juillet 1960 et devient chef d'État-major, sans autre
forme de préparation. Les militaires belges sont congédiés, remplacés par des
officiers congolais promus par la simple volonté de politiciens soucieux de se
ménager leur appui, ce qui illustre trop souvent le cas de politiciens trop peu
sûrs de rester en place de manière démocratique !
Face à une débâcle prévisible qu'ils n'ont plus le pouvoir de contrôler,
les militaires belges se ménagent une porte de sortie sécurisante : ils rentrent
en Belgique ou passent à l'étranger. La nouvelle armée congolaise est privée
d'encadrement efficace. Ne percevant plus la solde régulière et pillant les
lieux que les européens ont désertés, la Force Publique ne veut pas être le
dindon de la farce et se sert. Elle devient rapidement une bande de pillards
ivres et drogués qui s'en prend violemment à ceux qui lui résistent, n'hésitant
pas à tuer. Tout ce qui représente une quelconque valeur est emporté, les villas
sont saccagées ou occupées de force. Les coloniaux connaissent alors les pires
sévices induits par des discours racistes que l'on réentendra plus tard au Kivu.
Des massacres entre ethnies ont lieu. Les vieilles rancœurs
raciales, incontrôlées, ressurgissent. C'est la guerre civile. Devant un
tel chaos, les civils européens s'en vont, hormis certains chefs d'entreprises.
C'est le retour en catastrophe en Belgique. Chacun se souvient encore des
descentes d'avions en provenance du Congo en 1960, femmes portant enfant dans
les bras comme unique et précieux bagage, jeunesse encore hébétée, hommes en
bras de chemise, n'ayant pas pu trouver le sommeil.... Que les renforts
Croix-Rouge présents à ces atterrissages soient chaleureusement remerciés pour
leur réconfort et leur aide dans ces pénibles moments. Soudain, la Belgique
retrouve un consensus ! Quant au Congo, ...c'est le commencement de la fin.
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30 juin 1960 - Fêtes de l'Indépendance.
Dans les rues bondées de Léopoldville, un spectateur congolais vient
de s'emparer du sabre du roi Baudouin.
Symbole fort : la Belgique vient de perdre son autorité.
Ce document fait partie des archives
mondiales de la grande agence de Presse Magnum. |
Un homme attend son heure...
14 septembre 1960 - Joseph Désiré Mobutu,
soutenu par les autorités débordées et sa popularité de journaliste,
devient le secret espoir de redressement. Par un coup d'état
militaire, il neutralise les institutions politiques, place Lumumba en
résidence surveillée et prend le contrôle de la situation, aidé par les
soldats qu'il connaît bien et qui viennent enfin de toucher leur solde.
27 novembre 1960 - Lumumba "s'échappe" (évasion prétexte) pour
Stanleyville, son fief.
01 décembre 1960 - Lumumba est rattrapé par l'Armée
Nationale Congolaise (ANC) de Mobutu et est
emprisonné.
14 décembre 1960 - Résolution des Nations Unies sur la
décolonisation :
http://www.un.org/french/aboutun/abc/1514.htm
17 janvier 1961 - Transfert de Lumumba (et de Maurice Mpolo, Joseph
Okita) pour Élisabethville où il est exécuté (voir plus loin).
Les acteurs du drame congolais à
l'heure de l'Indépendance.
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Joseph
Kasavubu
né en 1917, il étudie au séminaire la
prêtrise.
En tant que clerc administratif, il devient vite président du parti
de l'ABAKO.
Emprisonné pour incitation à émeute, il participe à la Table Ronde.
Premier Président de la République, il entre en lutte pour le
pouvoir avec patrice Lumumba.
Est déposé par coup d'État de Mobutu en 1965. |
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Patrice
Lumumba
né le 2 juillet 1925 à Sankuru
(Kasaï), indéniablement l'homme le plus réactif à l'Indépendance
avec son discours haineux envers le Roi Baudouin.
Études chez les missionnaires, puis journaliste au ton enflammé.
Il revendique déjà l'indépendance du Congo en 1957.
Président du MNC (Mouvement National Congolais), parti le plus
puissant.
Élu 1er Ministre à l'Indépendance. Décédé tragiquement le 17 janvier
1961. |
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Joseph Désiré
Mobutu
né le 14 octobre 1930 au nord de
Lisala, Sergent-major journaliste à la Force Publique.
Rejoint Lumumba au MNC et devient son secrétaire.
Chef des armées au 30.06.1960, est promu colonel.
Dépose Lumumba le 14 septembre 1960.
Coup d'État en 1965 - Président de la République.
Il est chassé du pouvoir par Kabila en mai 1997et décède en exil au
Maroc, le 7 septembre 1997. |
Que pense le congolais de l'époque ?
Ignorant les circonvolutions du
parler politique, le congolais imagine dans la "dipanda" - que les
candidats font miroiter - un mode de vie (européen) sans en comprendre ses
composantes. On le lui surine d'ailleurs à longueur de meetings politiques
(la palabre !).Chacun croit pouvoir remplacer, du jour au lendemain, le
patron blanc à la tête de son entreprise. Celui-ci est chassé, parfois
sous la menace de mort. L'activité s'arrête brusquement. Là où elle existe
encore, on puise dans la caisse.
Le point de vue de Philippe Kanza, fondateur du journal Congo
Nous étions particulièrement satisfaits du fait que enfin, on avait fixé
une date pour l'Indépendance mais nous avions quand même des appréhensions
pour cette Indépendance. La masse ne suivait pas du tout. Ne comprenait
d'abord rien du tout à tout ce slogan d'Indépendance, elle n'y comprenait
rien du tout. Elle ne savait pas ce que c'était, l'Indépendance, sauf que,
comme toujours, les opportunistes leur disaient: 'A l'Indépendance, vous
aurez tout. Vous aurez l'argent, vous aurez des voitures, vous aurez des
maisons gratuitement.' En conséquence, pour la masse, c'était ça
l'Indépendance: on n'a plus besoin de travailler parce que tout va tomber
du ciel. Bon, et nous qui réfléchissions dans le sens contraire, nous
étions désarmés parce que la Belgique a laissé tomber.
Effrayés par cet irréalisme (surréalisme !), des belges tentent
d'expliquer aux congolais le mécanisme progressif de cette auto prise en
charge. Pour les coloniaux, l'imminence de la catastrophe ne laisse
aucun doute.
Beaucoup de congolais avides de changement sont cependant conscients
que le pays ne peut poursuivre son essor sans une aide intermédiaire.
Après l'euphorie de l'Indépendance, peu de patrons retrouvent leur
entreprise dans l'espoir de reprendre une activité morte entre-temps.
(Un exemple : dix ans après l'Indépendance, le port de Matadi ne travaille
plus qu'au vingtième de sa capacité de 1960 !)
L'entretien de l'infrastructure routière est abandonné, les mesures
sanitaires inexistantes. Les maladies endémiques reviennent au galop.
Pendant ce temps, un parlementaire congolais perçoit trois fois les
émoluments de son homologue belge, sans parler des revenus occultes qui
fleurissent spontanément.
Le peuple congolais "encaisse" sans broncher.
Le
camouflet.
Répondant à l'allocution du Roi
Baudouin, le discours inaugural d'Indépendance du premier ministre
Patrice Lumumba
n'est pas de son cru. C'est l'œuvre d'un "conseiller" peu soucieux du
climat serein nécessaire entre deux populations prêtes à mettre en commun
leur passé pour fonder un nouvel état plein d'avenir. C'est, au contraire,
un appel à la violence, trop facilement réussi.
textes
des discours
Le discours de Lumumba est
dicté par une haine anticoloniale primaire.
Il porte une grande part des responsabilités dans les massacres qui vont
suivre.
Il s'emploie à faire "payer la note" à la colonisation, sans
cependant en relever l'apport positif de principes humanitaires,
sanitaires, sociaux, économiques, la mise en valeur et la conservation du
patrimoine folklorique et artistique, le maintient de la paix et
l'acheminement du Congo dans le giron des nations prometteuses. S'ils
comprennent la fougue d'une jeune politique congolaise, les coloniaux
rejettent violemment la négation de leur travail.
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Les "évènements".
Pour les minimiser, sont alors appelés "évènements",
les massacres et les déprédations commis par une soldatesque ivre d'alcool
de chanvre, livrée à la merci du premier "prometteur de beaux
jours". L'anarchie dévastatrice prend le dessus sur la raison. Devant les
actes de barbarie (sur lesquels il est inutile de s'appesantir),
certains militaires belges ne peuvent justifier leur absence auprès
des civils alors en danger, quelle qu'en soit la raison : hiérarchie
muette, peur d'agir sous prétexte d'ingérence, lâcheté ...
Témoignage du papa d'Aloube confirmé par un
rapport du Cdt Collet
(texte transmis aimablement par un ami) -
évènements à Elisabethville du 09-10-11 juillet 1960.
...Je suis arrivé à l'Athénée au moment où le Cdt Weber partait
en jeep voir son peloton à la poudrière de Kibembe...J'ai téléphoné au QG
pour vérifier si l'OSO de permanence était là mais on ne m'a pas répondu.
J'ai ensuite téléphoné au Camp Major Massart où j'ai eu le Major
Crèvecoeur à qui j'ai demandé s'il n'avait pas de nouvelles du commandant
de Groupement, du chef d'État-Major et des autres OSO au QG : il n'en
avait pas plus que moi.
Je suis alors revenu au QG avec le Cdt Weber qui avait mis
deux métropolitains à ma disposition et qui est reparti de suite à son PC.
J'ai retrouvé au CCO le Commandant de Groupement et le Cdt
Sarlet qui se débattaient avec les téléphones. Vers 24:00 h., le colonel
Dubois ou Peffer (je ne saurais plus dire) a accepté de prendre la
permanence et j'ai pu rentrer dormir jusque 06:00 heures.
Durant toute la journée du lundi 11 (juillet), la
situation s'est stabilisée au QG avec un personnel réduit à 1/3 de son
effectif normal et une permanence a pu être assurée durant la nuit de
lundi à mardi, avec un OSO qui a pris la moitié de la nuit et moi l'autre
moitié.
Tous ces évènements ne sont pas à l'honneur du QG ;
cette fuite générale vers la Rhodésie sous la conduite du Chef
d'État-Major découle du fait de la désorganisation interne du QG et de son
effondrement moral. Le gros reproche que je puis formuler est que les
principaux responsables du QG ne se sont jamais intéressés à la relève des
gens en service, à la répartition du travail et à la permanence
opérationnelle au CCO. Les bureaux, S1, S4 et D Gn n'avaient rien à faire
: certains, comme dit plus haut, se rendaient utiles mais la plupart
passaient leur temps à se lamenter au mess et à se miner le moral. Les
chefs tolérèrent que les OSO du Camp Massart, en civil, restent vautrés
dans des fauteuils au Secrétariat, REFUSANT leur aide pour les plus
minimes missions de liaison.
Dès le dimanche matin, cela sentait la capitulation, dans le
désordre le plus complet.
COLLET - Cdt S3, 1er Gpt.
Les paras belges massacrés il y a peu au Rwanda par impéritie et confusion
des politiciens ou des chefs timorés sont un cruel bégaiement de l'Histoire.
Les massacres du Congo soulèveront pour toujours les
remarques suivantes :
- les atrocités commises entre congolais ont trouvé peu
d'écho auprès des politiciens occidentaux. Qui les défend ? (voir
Rwanda) ;
- ceux qui ont précipité leur indépendance se sont-ils jamais
soucié des congolais en danger par la suite ?
- les victimes ont été évacuées par les paras belges, malgré
l'opinion internationale d'ingérence. Qui aurait pu les aider ? (P-H.
Spaak à l'ONU en 1960) ;
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Le "coup tordu" de Mobutu.
Nouvellement promu colonel et chef d'État-Major,
Joseph Désiré Mobutu
(ainsi baptisé par les Mompè), substitue le pouvoir aux hommes politiques
occupés à s'entre-déchirer tandis que le pays stagne en se précipitant
vers la ruine. Il est la force. Les sains principes de démocratie n'auront
pas fait long feu devant la tragique utilisation brutale de la force pour
asseoir le pouvoir.
Fin stratège mettant à profit ses dons de la parole et de l'écriture
acquises par le journalisme, il sait que le seul pouvoir respecté et
craint est celui de l'armée. Il le prend par un coup d'État, renvoie à
plus tard l'organisation d'élections, écarte habilement le Président
Kasavubu de
toute réelle autorité, révoque les ministres et emprisonne Lumumba. En
cela, il ne fait que reprendre ce que les belges avaient déjà amorcé deux
ans auparavant à l'égard de cet agitateur dangereux qui, maintenant, a un
pouvoir réel en mains.
D'abord, on y met les formes : la prison. Même enfermé, Lumumba est
dangereux. Une méthode plus radicale s'impose alors. Peu avant son
coup d'État, Mobutu a soin de s'occuper de la "disparition" d'un
Patrice Lumumba très habile manipulateur. Conscient de son impunité et
bénéficiant d'un accord plus que favorable de la part des grandes
puissances, Mobutu met en scène une évasion rocambolesque de Lumumba
cherchant à gagner son fief de Stanleyville (Kisangani). Il l'arrête et
l'inculpe d'évasion.
Transféré par
Joseph Kasavubu au Katanga, ce "cadeau"
empoisonne Moïse Tshombe,
Président de la jeune sécession
katangaise, l'obligeant à prendre seul la décision que l'on connaît
alors que sa disparition politique (physique ?) a fait l'objet d'un
consensus national à peine voilé et international certainement intéressé.
Lumumba est exécuté (ainsi que deux "comparses") non loin de sa
descente d'avion à la
Luano (aéroport
d'Élisabethville). Quarante ans après, sa mort fait toujours l'objet
d'âpres discussions pour savoir qui en est le véritable responsable.
Hypocrisie ! La Belgique pouvait-elle raisonnablement et ouvertement
intervenir dans cette embrouille à l'africaine sans mettre encore plus en
péril ses ressortissants au Congo ?
Mise à jour du 6 février 2002.
La Commission Lumumba demandée par
une fraction de la gent politique belge a remis son rapport en date du
5 février 2002. Il ressort que la Belgique n'est pas responsable du
décès de Patrice Lumumba mais que les acteurs politiques (et la Cour)
de l'époque avaient probablement eu une responsabilité morale par
manque d'intervention dans un problème diplomatique connu.
Le rapport sur site :
http://www.africanfront.com/lumumbacommission.php
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Exit Patrice
Lumumba !
Livré aux katangais par un complot
tramé par ses adversaires politiques,
Lumumba est déjà condamné à disparaître
lorsqu'il est brutalement descendu d'avion
à la Luano. Il sera exécuté peu après la prise
de ces clichés (17 janvier 1961). |
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La sécession katangaise
prive Léopoldville de ses principales rentrées monétaires. Appel est donc
fait aux troupes de l'ONU pour arrêter toutes les sécessions, le Kasaï
ayant, à son tour, proclamé son indépendance. Quelques mois suffiront. Et
pour être certain que
Tshombe ne revienne sur la scène politique
avec de nouvelles idées de sécession, il est appelé à devenir premier
ministre du Congo, démis, puis est exilé et meurt au Maroc dans des
circonstances pour le moins troubles.
La sécession katangaise serait un des éléments clés qui
auraient permis aux gouvernements belges et congolais de discréditer Lumumba
en le privant des ressources de cette province. C'est, du moins, une analyse qui
ressort de la Commission d'enquête sur la mort de Lumumba. En voici de très
larges extraits significatifs :
Les réactions des
deux parties aux événements qui ont suivi les discours d’indépendance sont, sans
nul doute, fortement influencées par une méfiance réciproque. On assiste à une
rupture fondamentale entre Lumumba et le gouvernement belge. D'autres
gouvernements ainsi que de nombreuses composantes de la société belge et de la
société congolaise s'emploient, de manière coordonnée ou non, à éliminer
politiquement Lumumba. Les réactions de l'opinion publique aux événements de
juillet 1960 n'ont fait que conforter le gouvernement belge dans son action, en
particulier en ce qui concerne l'intervention militaire qui, d'un point de vue
humanitaire, était indéniablement une nécessité et n'a, par conséquent, pas été
qualifiée d'agression par les Nations unies. En effet, certains groupes
financiers belges possédaient des intérêts considérables au Congo. L'attention
du pouvoir exécutif a fréquemment été attirée sur ce point.
Entre le 10 et le 14 juillet, c'est-à-dire entre le début de l'intervention
militaire belge et la rupture des relations diplomatiques, les deux parties se
lancent des accusations de plus en plus virulentes, accusations qui débouchent
sur une rupture totale
Le soutien
apporté par la Belgique au Katanga et au gouvernement de Tshombe constituera un
élément important dans le cadre de la lutte contre le gouvernement Lumumba. Ce
n'est pas tant la sécession en soi qui constitue un objectif à cet égard que la
restructuration confédérale du Congo, par laquelle le gouvernement belge espère
enlever à Lumumba et à son mouvement unitaire, le MNC, le fondement de leur
pouvoir et la base économique de celui-ci. Le soutien apporté par la Belgique à
la sécession du Sud-Kasaï et les projets visant à créer un Congo fédéral ou
confédéral s'inscrivent également dans ce cadre. La politique belge se traduit
par l'envoi, à Elisabethville, d’une mission technique belge. Cette mission a
joué un rôle important dans la mise en place, au Katanga, de structures
étatiques dans les domaines légal et militaire ainsi que dans le domaine de
l'information et du renseignement.
La politique du secrétaire général des Nations Unies, Hammarskjöld, qui fait
pénétrer les troupes onusiennes au Katanga à partir du 12 août, mais laisse
provisoirement en place le gouvernement Tshombe, précipitera la chute de
Lumumba.
Les actions soutenues par le gouvernement belge ne constituent qu'une partie de
l'" opposition belge " au gouvernement Lumumba. La sécession katangaise aurait
été impossible sans le soutien de l'Union Minière, qui a fourni les moyens
financiers nécessaires à la sécession katangaise en payant des impôts au seul
gouvernement de Tshombe. Nous constatons que la Forminière a agi au Sud-Kasaï de
manière similaire à l'Union Minière au Katanga. Par suite de la perte des
recettes fiscales du Katanga et du Sud-Kasaï, le gouvernement Lumumba ne dispose
quasiment plus de moyens financiers. Les intérêts du Katanga et de l'Union
Minière se mêlaient d'ailleurs à plus d'un égard : la société minière gérait des
écoles et des hôpitaux ainsi que des ponts et des routes, situés sur le
territoire de ses concessions. L'Union Minière a par ailleurs tenté de créer des
groupes militaires et paramilitaires afin de défendre ses intérêts dans la lutte
armée contre les partisans armés de Lumumba.
L'action belge se situe dans un ensemble plus vaste de forces d'opposition.
Ainsi, la rupture entre Lumumba et le secrétaire général des Nations Unies
Hammarskjöld joue également un rôle crucial dans la chute du Premier ministre
congolais, d'une part, parce qu'elle incite Lumumba à rechercher (ouvertement)
le soutien de l'Union soviétique et, d'autre part, parce qu'elle incite les
États-Unis à organiser (en coulisse) une opposition active contre Lumumba (avec
l'élaboration des premiers projets d'élimination physique). Les États-Unis
craignent en effet une désintégration de la force des Nations unies,
désintégration qui ouvrirait la porte à l'Union soviétique. Sous cet angle, la
pression des diplomates américains et onusiens constitue dès lors un facteur
important dans la destitution de Lumumba.
La crise congolaise était d'ailleurs également une crise interne d'un pays
immense, présentant une grande diversité dans tous les domaines, dans lequel les
forces centrifuges gagnaient du terrain par suite de la disparition de
l'administration coloniale et en raison de l'absence de partis nationaux forts,
d'une administration solide et d'une armée disciplinée.
Il ressort de ce qui précède qu'il faut admettre diverses responsabilités aussi
bien nationales qu'étrangères dans la destitution du Premier ministre Lumumba le
5 septembre 1960.
À partir du 5 septembre 1960 s'ouvrit une période de troubles institutionnels.
Lumumba ne voulut pas céder et le nouveau Premier ministre, Joseph Ileo, ne
parvint pas à consolider son pouvoir. Le colonel Mobutu neutralisa les deux
parties et mit en place son collège de commissaires généraux. Cette action
surprend le gouvernement belge. Mobutu n'était pas encore, à l'époque, un
personnage incarnant une force politique et ne pouvait donc pas encore compter
sur le soutien unanime de l'armée. Un modus vivendi fut finalement trouvé à
Léopoldville entre ces pouvoirs rivaux : Kasavubu, Bomboko et Mobutu s'unirent
dans leur lutte contre Lumumba. Le gouvernement belge a d'emblée soutenu
Kasavubu et Ileo vigoureusement et sans équivoque, même si les relations
diplomatiques avec le Congo étaient toujours rompues. Il mit ses canaux
diplomatiques à la disposition de Kasavubu, prodigua des conseils d'ordre
politique et juridique, insista pour la nomination de ses ministres, poussa Iléo
à agir et finança même l'impression en Belgique du moniteur congolais contenant
les arrêtés de destitution de Lumumba.
Durant cette période, le gouvernement belge se montra tout particulièrement
soucieux des agissements de Lumumba. Après avoir accordé son soutien à son
éviction comme Premier ministre, il voulut éviter son retour au pouvoir,
éventualité qui était bien réelle. La première mesure en ce sens, et la plus
importante, sur laquelle le gouvernement belge insista fortement, fut
l'arrestation de Lumumba (" mettre hors d'état de nuire ", selon les propres
termes du ministre Wigny).
Bien que Lumumba ait été arrêté en vertu d'un mandat d'amener datant de
Septembre 1960 fondé sur des chefs d'accusation précis, dans aucun des nombreux
télex échangés après la destitution de Lumumba, au cours de sa mise en résidence
surveillée dans sa demeure de fonction, lors de sa fuite ou lors de son
incarcération au camp militaire de Thysville et finalement lors de son transfert
au Katanga, les instances gouvernementales belges n'ont jamais insisté pour
qu'il y ait un procès. On observera également qu'ayant séjourné au Katanga, de
juillet à août 1960, en qualité de chef de la Mission technique belge, le
ministre d'Aspremont Lynden aurait dû pouvoir se faire personnellement une idée
de l'état d'esprit des dirigeants katangais et du risque que l'on faisait courir
à Lumumba en le transférant au Katanga. Aucun signe de réprobation ou de
préoccupation concernant la possibilité d'une élimination physique de Lumumba
n'a été donné, que ce soit au major Weber, au président Tshombe ou aux autorités
congolaises de Léopoldville. Aucun élément indiquant que le gouvernement ou les
ministres compétents ont été informés de cette lettre n'a été trouvé.
Après l'arrivée de Lumumba au Katanga, qui a surpris les conseillers belges,
ceux-ci adoptent une attitude très attentiste. Rien n'indique qu'ils aient été
associés au processus décisionnel - qui a finalement débouché sur l'exécution -
ou qu'ils aient été consultés à ce sujet. Rien n'indique non plus qu'une action
ait été entreprise afin d'empêcher l'exécution, intervenue moins de cinq heures
après son arrivée. Des ministres katangais ont assisté à l'exécution, qui a été
opérée par des gendarmes et des policiers katangais en présence d'un commissaire
de police et de trois officiers de nationalité belge, qui étaient toutefois
placés sous l'autorité, le commandement et le contrôle des autorités
katangaises.
25 novembre 1965 - Coup d'État et prise de pouvoir absolu de Mobutu.
Destitution de Kasavubu. (Celui-ci décédera le 23 mars 1969)
Mobutu s'empare de tous les pouvoirs.
Les mains libres, Mobutu s'entoure de "conseillers" qu'il sait à la
solde des puissances étrangères et payent (grassement) sa "bienveillante
sollicitude". Plutôt traiter avec un dirigeant fort que de soutenir un
interlocuteur faible. Mobutu souffle habilement le chaud et le froid quand il
n'obtient pas ce qu'il veut des USA en sollicitant et autorisant la coopération
active de pays communistes. Ainsi, entre autres,
Gbadolite
- ville privée de Mobutu - sera construite par les Chinois. A la suite
d'un différend suscitant de grandes craintes auprès d'une administration
américaine obstinément acharnée contre l'expansion communiste, Mobutu obtiendra,
sans peine, le soutient inconditionnel et très généreux des USA.
Les Allemands n'ont-ils pas pensé aussi établir un centre spatial sur l'Équateur
? Que peut-on également penser du décès énigmatique, pour ne pas dire
mystérieux, du très populaire et athlétique jeune animateur de la télévision
française, Philippe de Dieuleveult, dans une "expédition" aux chutes d'Inga,
lorsque l'on sait que celles-ci représentent un potentiel énergétique faramineux
? Et que dire de la mainmise autorisée des Libanais sur l'industrie diamantaire
du Kasaï ?
Enfin, pour un fils de militaire tel qu'Aloubè, il est facile de suivre au cours
du temps quels ont été les instructeurs militaires de l'ANC (Armée Nationale
Congolaise) en voyant défiler les troupes (particulièrement lorsqu'un Israël
très relax en a été chargée !)
Au nom de l'authenticité !
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Cette habileté (en lingala,
mayele) sert encore Mobutu durant des années pour
"faire passer" la crise de plus en plus profonde dans laquelle
sombre le Congo. Il le bluffe dans un programme d"authenticité"
et de "zaïrianisation" ! Son nom change en
Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu wa Zabanga
(facile pour signer !).
Le Congo entre alors dans l'époque
ZAÏRE. |
Inconditionnellement soutenu par
les puissantes multinationales, Mobutu ne cesse de spolier "son" peuple.
Au terme d'un règne extraordinairement long (surtout pour un politicien en
Afrique !) la maladie gagne lentement un Président - Maréchal qui commence
à présenter les signes évidents de son déclin, tant politique que physique
(les deux sont intimement liés dans la nouvelle culture africaine).
Une coalition de forces militaires d'envahisseurs, soutenant un programme
politique hétéroclite plus que nébuleux s'en prend alors facilement au
semblant de cohésion jusqu'alors maintenue dictatorialement de force au
Congo (Zaïre). En effet, Mobutu est rapidement "lâché" par ses protecteurs
qui entreprennent la séduction, par le même jeu de convoitises et de
flatteries, de l'homme fort du moment.
C'est l'attaque militaire menée par un ancien politicien natif du
Katanga et réfugié dans un pays voisin qui mettra fin à la vacillante
autorité de Mobutu. Parti se faire soigner en Europe, il est renversé après
une guérilla qui mènera un certain
Laurent Désiré Kabila
au pouvoir à Kinshasa.
Le Président Maréchal Mobutu décède le 7 août 1997 au Maroc, d'un
cancer.
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L'intermède Kabila Sr.
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Jeunes rebelles "kadogos".
Kabila s'est appuyé sur une
jeunesse désoeuvrée et provenant de l'extérieur du Zaïre pour envahir la
Région des Lacs et entamer sa marche sur la capitale.
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Entrée des troupes de Kabila à
Kinshasa
Ayant fait une incursion prolongée dans le Kivu, les troupes de Laurent
Désiré Kabila composées de jeunes soldats formés dans les pays limitrophes,
ne connaissent pas le pays de leurs parents (opposant au régime de Mobutu)
et sont accueillis en libérateurs. |
Les évènements se précipitent.
Laurent Désiré Kabila
n'est pas crédible et manque de soutien de la part de l'internationale des
profiteurs. Après tout, qu'il se débrouille ! (article 15, à Kin !)
De plus, il ne fait rien pour améliorer une situation devenue intolérable au fil
du temps, sous le règne Mobutu. Le peuple se rendra vite compte qu'il n'a rien
gagné au change. La suite logique ne provoquera aucune réaction de sa part.
Un assassinat de palais perpétré par un de ses propres gardes du corps met
fin à un règne bref qui n'aura fait que précipiter, en accélérant, le pays et
les congolais dans la misère. Il ne marquera son passage que dans la suppression
pure et simple de la zaïrianisation et le retour à une terminologie ancienne,
oubliée depuis plus de trente ans. En adéquation avec la tradition séculaire
africaine des lignées de chefs ou pour ne pas violer celle-ci et heurter
violemment le peuple congolais, les dirigeants de la politique congolaise dans
l'embarras élisent son fils à la présidence de la nation.
Peut-on espérer ?
Kabila bis
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Succédant à son père, le colonel
Joseph Kabila est désigné comme
quatrième président de la République démocratique du Congo. Il n'a pas connu
la Colonie, n'a pas vécu au Congo et ne parle pratiquement que l'anglais et
le swahili (originaire du Zimbabwe). Ses efforts pour entreprendre le
redressement du pays méritent les encouragements de la communauté
internationale. Pourra-t-il cependant éviter les mêmes pièges que ceux
tendus à ses prédécesseurs ? On ne peut que lui souhaiter de réussir. |
La population congolaise est
fatiguée.
Fatigué de subir les contrecoups d'une guerre des chefs, le peuple congolais ne
croit plus en grand chose et vit à l'heure du fatalisme et de la débrouille.
Lorsqu'une "révolution de palais" a lieu, il manifeste peu son opinion,
convaincu que rien ne peut changer. Cette opinion est partagée, à l'époque de
l'élection du fils Kabila, par Casimir Malanda
qui exprimait de manière peu réaliste la venue au pouvoir de Joseph Kabila :
Méfiance populaire
A la cité, la population exige des éclaircissements sur le
rôle joué pendant la crise par toutes les figures clés du régime de
Laurent-Désiré Kabila [...] En fait, faute d’informations officielles sur le
complot qui a conduit au meurtre, on entend lancer des accusations contre
presque tous les grands de l’entourage de Mzee (Kabila). La population les
suspecte presque tous d’être impliqués d’une façon ou d’une autre dans
l’assassinat, soit directement, soit par incompétence, soit par négligence
coupable …
Beaucoup craignent que Joseph Kabila soit actuellement le
prisonnier de ces mêmes personnages. Personne n’explique à Kinshasa la
précipitation avec laquelle Joseph a été envoyé en France et aux États-Unis, à
un moment où il n’a pas encore choisi ses propres collaborateurs et alors n’a
pas pu se familiariser avec les dossiers les plus importants. Est-ce une
tentative de manipulation ? En tout cas, la manœuvre ne semble pas avoir réussi.
Joseph Kabila est sorti grandi de cette tournée périlleuse et il garde toutes
les cartes pour maîtriser la situation nationale.
La population jugera le nouveau président sur ses actes.
L’échéance la plus attendue est celle de la nomination de ses plus proches
collaborateurs. Si ce choix est adéquat et correspond aux aspiration des masses,
Joseph Kabila pourra stabiliser son pouvoir; s’il maintient l’ancien noyau
autour de Mzee ou s’il fait rentrer en force de grands mobutistes, on lui donne
peu de chance de réussir.
Cette analyse simpliste reflète
également le manque de réalisme politique en ignorant (sous-estimant ?) les
acteurs réels de la politique congolaise.
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