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katanga
la plus riche des provinces du Congo

    aperçu géographique
    
- sites touristiques
     les lubas
     les minerais
    
- le cuivre, d'abord.
     
- l'Union Minière
     - la bombe atomique 
   
     - Kipushi                                                                                   Shaba, nom actuel du Katanga qui signifie "cuivre" en kiswahili
katanga

 

 

L'emblème : la croisette.
Le symbole par excellence du Katanga est le cuivre. Sa représentation la plus ancienne est la croisette de ce métal. C'est une monnaie d'échange à peine moins précieuse que l'ivoire. La fonte du cuivre était réservée à une secte masculine appelée "les mangeurs de cuivre". Elle avait ses rites et ses secrets. La production de cuivre était saisonnière (saison sèche pour la récolte de la malachite puis, en octobre, fonte dans un four en terre). La quantité de cuivre extrait de cette façon est estimée à +/- 15 tonnes par an. La coulée était faite dans un moule de sable en forme de croix de Saint-André. Puis, on l'étirait en fil de cuivre de différentes épaisseurs.

Un site qui en parle très bien : http://lubumbashi.free.fr/savoir/savoir10.htm

 
armoiries eville  

20.12.1954 - Armoiries d'Élisabethville
"D'argent au chevron de gueules, chargé d'une lettre majuscule romaine E sommée d'une couronne royale, le tout d'argent et accompagné de 3 croisettes monétaires katangaises de gueules.Devise : Ex imis ad culmina (des profondeurs vers les sommets), de gueules sur un listel d'argent.

Les croisettes évoquent le cuivre ainsi que le chevron rouge (la coulée) E couronné en hommage à la Reine Élisabeth de Belgique.

(
Patrick PIERLOZ auteur d'une remarquable étude sur l'héraldique congolaise - Merci pour son aide )

Les expéditions au Katanga.
L' Association Internationale du Congo signe le 5 et 14 février avec la France et le Portugal l'acte reconnaissant la souveraineté de Léopold II sur le Congo. Dans ce document, le Katanga n'est pas exclu, car les deux pays n'ont pas ressorti des revendications du côté du Katanga. Voulant faire reconnaître par l'empire allemand les frontières australes, Léopold II fait joindre au document une déclaration de neutralité du nouvel état et en fixe les limites en prenant, dans chacune des trois conventions précédentes, les territoires les plus étendus possible. Il y inclut donc le Katanga. Le roi des Belges prend à son service de nombreux non belges. Tous ces aventuriers et autres voyageurs viendront dans cette région pour y acheter de l'or, de l'ivoire et du cuivre dont l'importance de la production avait traversé les océans.

Le cuivre du Katanga fait à nouveau parler de lui au milieu du XIX° siècle grâce aux voyageurs arabisés, arabes et autres trafiquants de l'Afrique Orientale habitués à venir dans le pays lunda s'approvisionner en cuivre qu'ils revendaient sur les côtes de l'Atlantique. Dans l'historiographie coloniale belge, c'est Jules Cornet qui a fait les premières études géologiques et qui doit avoir dit que le Katanga était un scandale géologique... Il faudra attendre l'expédition menée par George Grey, frère du ministre anglais des Affaires Étrangères. Cette expédition envoyée par Robert William, associée au colonial Cecil Rhodes, fait des découvertes intéressantes sur la frontière entre la Rhodésie et le Congo. Elle s'aventure même au-delà de la frontière, c'est-à-dire au Katanga, du côté de Kipushi, à 30 km à l'Ouest de Lubumbashi. Les prospections sont fort concluantes et dépassent leur attente.

Alors que la toute première implantation d'un poste belge au Congo s'est faite le 12 avril 1879 à Karema, sur la rive orientale du lac Tanganika, la première implantation belge solide et durable au Katanga s'est effectuée en mai 1883 par le lieutenant Storms à Pala sur la rive occidentale du lac Tanganika, non loin de la ville d'Albertville. C'est depuis cette station de Pala que s'organise, avec l'aide de Storms, une expédition européenne qui pénétrera dans le Katanga minier et atteindra Bunkeya le 20 janvier 1884 le village du potentat M'Siri.

carte

decouvreurs katanga

La Compagnie du Katanga.
  Organise 4 expéditions contre M'Siri au Katanga en 1891-1892.
  La première est dirigée par Paul le Marinel
  la deuxième par Alexandre Delcomune (bas à droite)
  la troisième par William Stairs, accompagné du capitaine Bodson
  la quatrième par Lucien Bia et Émile Francqui (bas à gauche),
  avec l'aide du géologue Jules Cornet (centre en haut).
  Ce dernier est le véritable responsable de la découverte géologique et minière exceptionnelle du Katanga.


Description géographique du pays
Le plateau du Katanga
est formé par la lente érosion d'un socle en dépression créée par un ancien lac. Il ne subsiste qu'une plaine marécageuse d'où se détachent les lagunes de l'
Upemba traversées par les fleuves Lualaba qui devient Congo à partir de Stanleyville (Kisangani) et la Lufira, tous deux prenant naissance à 200 km à l'Ouest d'Élisabethville (Lubumbashi). Pays de savane arbustive aux clairières parsemées de termitières, ses hauts plateaux conviennent particulièrement bien à l'élevage. Son éloignement de l'équateur (6° à 13° de latitude Sud) est la cause de saisons nettement marquées appelées "saison sèche" (avril à octobre) et "saison des pluies".
Les paysages sont d'une grande douceur.


496.865 km² - La surface territoriale du Katanga est presque équivalente à celle de la France
(540.000 km²).

Découverte par Franqui en 1892, la source du Lualaba jaillit à 1.740 m d'altitude près du village de Mufosi proche de la frontière rhodésienne . De l'autre côté de la frontière part le Zambèze. Quant à la Lofoï, elle prend sa source à 150 km au nord-est de Jadotville (Likasi) et a comme particularité de posséder, à la descente des Kundelungu, une chute de plus de 380 m de haut, deuxième chute du monde en hauteur.

Le Katanga ne manque pas de sites à visiter. katanga
Parmi ceux-ci, citons :

- la chute de la Lofoï, en premier lieu,

lofoi  

Chutes de la Lofoï  
C’est la province du Katanga qui a l’honneur d’abriter la plus haute chute d’Afrique, celle de la Lofoï, qui tombe d’une pente de 384 mètres de hauteur ! au saut de Kaloba en jaillissant du plateau des Kundelungu, sur la route Élisabethville-Sampwe. Tout aussi belles sont les chutes de la Lufira, qui produit de l’électricité alimentant Likasi, et celles de la Kilubi et de la Kakule près de Lubudi. 

- la chute de Kiubo, pour sa beauté

kiubo  

Les chutes de Kiubo (320 km d'E'ville) situées sur la Lufira, elles sont considérées parmi les plus belles du Congo. Elles débutent par une suite de cascades dans le massif des Kundelungu. D'une hauteur de 60 m, la chute tombe sur du schiste.

La Lufira atteint jusque 100 m de large. Le volume d'eau déversé est tel qu'il provoque un   grondement audible à plusieurs kilomètres. Le coucher de soleil sur les chutes est très   spectaculaire.  150 km en amont, le barrage Cornet tente de régulariser le cours de la Lufira

- les chutes sur le fleuve Luapula (dites chutes Johnston) pour le cadre,

Luapula  

Chutes du Luapula (chutes Johnston)
proches de Kasenga (pêcherie et poissonneries importantes), elles se situent sur le Luapula qui forme une frontière naturelle entre le Katanga et la Rhodésie du Nord, entre les lacs Moero et Bengwelo. Le fleuve, très sinueux, est large de 300 m et profond de 3 à 4 mètres. Le voyage en bateau est magnifique. Les chutes de 5 à 8 m de hauteur sont accompagnées de rapides nombreux sur une distance de 5 kilomètres.

- les chutes (rapides) Giraud
  
  Au nord-est de Sakania, sur le fleuve Luapula, les rapides se trouvent à 370 km d'E'ville. Ceux-ci sont répartis sur une vaste étendue et bouillonnent de rochers
     en rochers au milieu d'une forêt dense et difficile d'accès. La visite oblige à de nombreux passages à gué, le véhicule noyé jusqu'aux essieux.

-
les falaises des Kundelungu, pour la majesté du paysage,

kundelungu  

Le massif des Kundelungu, à l'Est, culmine à 1700 m, soit 500 m de plus que l'altitude moyenne du Katanga (1.200 m) dans un dessin presque horizontal dominant la plaine de la Lufira en Ouest et la dépression du lac Moero (Mweru)   en Est.


Le Parc National des Kundelungu, créé en 1970, s'étend sur 210.000 ha et contient de nombreux singes, lions, léopards, guépards, antilopes et zèbres dans une végétation de steppes herbeuses.

 

 - le parc national de l'Upemba, pour sa réserve animalière,

upemba  

Créé en 1939, il couvre 1.200.000 ha. Lacs couverts de papyrus. Nombreux oiseaux aquatiques. Considéré comme l'un des plus giboyeux d'Afrique, il est réputé  pour ses immenses troupeaux de zèbres, ses antilopes noires. 

Un site merveilleux pour les photos :
 
  http://likasi.free.fr/Patpo/Lusinga/Upemba.htm

- le village historique de Bunkeya, au N-E et à 75 Km de Jadotville,

bunkeya  

Ancienne capitale de M'Siri, tyran cruel et sanguinaire qui régna sur le Katanga. Le village de 20.000 habitants, à l'époque, fut le théâtre d'une tragédie, en 1891, lorsque le capitaine belge Bodson paya de sa vie la fin du potentat. Il repose d'ailleurs à proximité.

Avec l'aimable autorisation de son auteur : Patrick POOLS
 
  http://katebe.free.fr/

- la route des crêtes de Kapona, entre Albertville et Baudouinville,
- les Portes d'Enfer à Kongolo et les sources thermales,
- le gouffre et les chutes de la Luembe,
- le lac Boya près de Kabongo...
- les chutes de Nzilo, avec les gorges et les rapides sur la rivière Lualaba, près de Kolwezi,
- la faille des Monts Koni et la toute proche chute Cornet à Mwadingusha, à l'Est de Jadotville,
et tant d'autres....

le grand problème des parcs nationaux : http://www.congonline.com/geo/braconna.htm

Le sous-sol recèle en grande quantité et à fleur de terre, cuivre, étain, fer, charbon, cobalt, manganèse, zinc, radium, or, diamant... Les gisements de minerais sont dus à des accidents géologiques, le cuivre se concentrant dans une fosse du sud et centre du Katanga, tandis que l'or et l'étain sont localisés plus au sud et dans le nord de la Rhodésie (Zambie actuelle).  Congo

saison seche   feu de brousse   jeune termitere
Route de brousse du plateau katangais.
La latérite (terre de couleur rouge) produit
une poussière qui  colore la végétation
environnante -
saison sèche
  Feu de brousse
Ne disposant pas d'engrais, le paysan brûle régulièrement la brousse pour un apport supplémentaire de minéraux
  Termitière en cours de formation
Ce tumulus peut former une pyramide de
     plusieurs mètres de haut 

        
saison des pluies

Les Lubas

Selon la tradition, leur empire est fondé en 1585 par Kalala Ilunga qui crée une puissante fédération militaire qui s’étend d’ouest en est du fleuve Zaïre au lac Tanganyika et atteint le Shaba méridional. À la fin du 17e siècle, l'un de ses successeurs, Kumwinbu Ngombe, étend le territoire jusqu'au lac Tanganyika. L'histoire du royaume se caractérise par d'intenses querelles de pouvoir et des luttes fratricides. Au 19e siècle, il devient la proie de ses voisins (Tshokwe, Tetela, Bayeke). Autre version : l’empire des Baluba date probablement des débuts du 16e siècle lorsque des groupes Songe, conduits par un héros semi mythique, Kongolo, parviennent dans la région du Katanga central. A la fin du 16e siècle, Kongolo est tué par Ilunga Mbidi, fils de l’une de ses soeurs et d’un chasseur. Des luttes fratricides marquent les débuts du royaume Luba jusqu’à son apogée située à la fin du 17e siècle sous le règne de Kumwimbu Ngombe qui étend les frontières de son royaume jusqu’à la rive occidentale du lac Tanganyika.

chaise luba

 

D’origine divine, le roi exerce son pouvoir de façon absolue et possède des pouvoirs surnaturels. Les chefs du lignage royal, garants de la continuité du pouvoir, possèdent des sceptres, des haches, des lits, des appuie – nuques et des tabourets sculptés de têtes féminines. Ce tabouret permet au roi de ne pas "toucher" le sol car il est soutenu par une femme. La femme est un thème privilégié puisque Vilye est le premier esprit féminin, fondatrice du clan et garante de la lignée et de la fertilité ; mais aussi le devin utilise le mboko, figure féminine assise ou accroupie qu’il secoue dans un bol ; le sorcier utilise aussi la fille de l’esprit ou kabila…. L’art luba a une grande influence sur ses voisins. 
chaise caryatide luba

Groupe ethnique de plus de 7 millions de personnes du sud de la République démocratique du Congo et du Congo méridional, les Luba représentent la plus grande ethnie du Congo, avec 18% de sa population. A l’origine de la colonisation, ils habitent la savane qui succède à la forêt équatoriale, dans une large zone allant de l'extrême sud de la province du Kivu méridional, jusqu'au sud du Kasaï oriental, en passant par le nord et le sud Katanga. Ils vivent de la chasse, de la cueillette, d'une petite agriculture de clairière (manioc, maïs) et de la pêche dans le Congo et la Lualaba (cours supérieur du Congo, jusqu'à Kisangani). Le terme Baluba s'applique à de nombreuses tribus qui, en dépit de différentes origines, ont en commun de parler des langues bantoues (notamment le tshiluba) et une même organisation de type féodal. Leurs relations avec l'Égypte antique sont prouvées par la découverte d'une statuette égyptienne de basse époque en pays basongo. 

sorcier

 

Au cours du 16e et du 17e siècle, certaines chefferies sont regroupées en royaumes. Le plus étendu est fondé par Kongolo, chef Basongo, vers 1585. Les grands souverains Baluba prétendent descendre de lui et possèdent de ce fait un caractère sacré. Au 17e siècle, l'unité du royaume Baluba s'effondre ; des royaumes rivaux se succèdent et des rivalités tribales se perpétuent de nos jours opposant régulièrement les Baluba aux autres peuples du sud du Katanga. Les Baluba sont en général patrilinéaires bien que les Baluba-Hemba aient tendance à être matrilinéaires. Ils pratiquent une religion animiste et le culte des morts. Les rites funéraires revêtent une importance particulière car les défunts constituent le monde des esprits, qu'il convient d'apaiser par des danses sacrées.  Les formations étatiques sont très nombreuses avant la colonisation. Ces royaumes possèdent des caractéristiques communes : la succession au trône se fait en descendance matrilinéaire et donne lieu à une élection ou une compétition des concurrents qui dégénèrent parfois en querelles fratricides. Certains écrits d'européens révèlent le faste de la cour des souverains et la rigueur du cérémonial.

sorcier luba en divination

De tels royaumes fondent leur richesse sur un commerce très actif. Dans les régions forestières, les fleuves permettent des échanges par relais: les produits de la côte passent de main en main et remontent sur des centaines, voire des milliers de kilomètres; ceux de l'intérieur effectuent le chemin inverse. À partir du 16e siècle, les produits importés d'Europe et surtout d'Amérique sont implantés à l'intérieur du continent : la culture du manioc, du tabac, du maïs se développe dans une grande partie de l'Afrique centrale. Dans les zones de savane, le commerce se fait par caravanes, avec l'ouest puis avec l'est du continent. À partir du 16e siècle, la traite des esclaves ravage l'ensemble du pays, entraînant des razzias meurtrières, des guerres incessantes entre tribus et entre royaumes, et finalement la dislocation de ces systèmes étatiques. Après 1860, la traite atlantique disparaît mais elle est relayée par la traite orientale et australe, sous l'impulsion des Swahilis. Cette traite arabe, qui perdure jusqu'à la fin du 19e siècle, provoque des migrations de populations (Lubas) qui expliquent la présence de minorités musulmanes dans l'est du pays.

Au 19e siècle, de nouveaux royaumes se constituent sous la houlette des «princes marchands». Msiri, originaire du Tanganyika, s'enrichit dans le commerce de l'ivoire, du cuivre et des esclaves, au Katanga, vers 1850. Puis il entreprend de se tailler un véritable empire, nommé le Garangaze. Vers 1880, son pouvoir s'étend sur tout le sud de la République démocratique du Congo actuelle.

Marchand originaire de Zanzibar, Tippo-Tip connaît un itinéraire semblable, à l'ouest du lac Tanganyika, dans les années 1860. Son État devient solide et prospère grâce au commerce mais aussi à la création de grandes plantations et d'un réseau routier menant vers la côte. D'autres États se constituent à la même époque : le royaume zande, fondé à la fin du 18e siècle ou au début du 19e sur le plateau de l'Oubangui et jusqu'à l'Uélé ; le royaume mangbetu, fondé par Nabiembali en 1815, dans la pointe nord-est de la République démocratique du Congo actuelle.

Le royaume de Msiri représente un curieux épisode dans l’histoire de l’actuel Katanga. Né vers 1830, Msiri appartient à la grande tribu des Wa Nyamwezi, dans l’ouest du Tanganyika, qui a acquis une place prépondérante dans le commerce avec les Arabes de la côte est. Fils d’un chef de caravane qui a senti l’importance économique d’une région où se trouvent en abondance l’ivoire, le cuivre et les esclaves, Msiri obtient de son père, vers 1858, l’autorisation de rester avec quelques dizaines de guerriers Nyamwezi qui seront appelés Bayeke (chasseurs d’éléphants) dans ce qui deviendra le Katanga. Il s’impose alors aux chefs du voisinage grâce aux fusils de ses guerriers Bayeke et devient bientôt suffisamment fort pour battre le Kazembe et ainsi le couper du Mwata Yavo. Vers 1869, Main apprend la mort de son père. Il refuse de lui succéder et se proclame mwami (roi) du Garengaze. Il installe à Bunkeya sa capitale. Fondé par un caravanier parfaitement informé des courants commerciaux, le royaume de Msiri se développe rapidement. Il met en place des fondeurs Bayeke qui introduisent la fabrication des fils de cuivre au lieu des lingots. Le Kazembe lui barrant la route du lac Nyassa, Msiri fait passer ses caravanes d’esclaves, d’ivoire et de cuivre par le lac Tanganyika au niveau d’Ujiji, et surtout il ouvre une importante route commerciale vers l’Angola. Mais ce puissant empire d’une aristocratie militaire étrangère, s’effrite rapidement et la décadence est déjà sensible lorsque Msiri sera tué, le 20 décembre 1891, par le capitaine belge Bodson (voir plus loin).

femme au pot

amulette

soko muntu (chimpanze)

repose nuque

femme au pot

amulette

soko muntu (chimpanzé)

repose nuque

L'art des Baluba possède une nette unité et leurs œuvres comptent parmi les plus belles d'Afrique noire. Destinées aux chefs et au culte des morts, ce sont surtout des bâtons de commandement, des statues d'ancêtres, des sièges à cariatides, des figures portant des coupes et des masques. Avec des décors curvilignes finement ciselés dans l'ébène, ceux-ci ont des formes fluides et allongées mais conservent cependant un certain réalisme.

Si le bilan politique de l’histoire du royaume Luba est relativement modeste, l’extension de la langue et des coutumes Luba constitue un élément remarquable au Sud Katanga.

une histoire de minerais 

Un site sur les minerais au Congo : http://euromin.w3sites.net//Nouveau_site/gisements/congo/GISCONf.htm

Les forgerons du Katanga
ou les "Mangeurs de Cuivre"

croisette et malachite

Dès la fin de la récolte du sorgho, les femmes vont à la recherche de la malachite effleurant le sol, tandis que les hommes creusent des puits. Les fours remplis de malachite (carbonate de cuivre hydraté - aspect de brocoli vert foncé) et de makala (charbon de bois) sont allumés par les "mangeurs de cuivre". Le cuivre en fusion est coulé dans un moule à même le sol, en forme de "croisette" qui, en refroidissant, prend une couleur ambrée. Cette croisette servant de monnaie devient le symbole incontesté du Katanga et orne les billets de banque émis pendant la Sécession Katangaise. Elle a une grande diffusion et nul doute que les premiers européens à les voir peuvent supputer les richesses minérales du Katanga. Ces forgerons peuvent procéder à des alliages avec l'étain et tréfiler le métal.
Ils sont entourés d'un respect craintif. 

Malachite et croisette
(poids : 400 gr - bras de 12 à 14 cm de long)

La ruée vers... le cuivre !

congo precolonial

M'Siri, grand chef africain de la région du Tanganika fait un jour partie d'une expédition qui retourne sur les traces des lingots de cuivre découverts peu de temps avant l'arrivée des européens dans une région appelée Katanga, du nom du roi des mines. Le chef Katanga autorise fort inconsciemment  M'Siri à s'établir à Lutipule, embryon d'un futur empire. Par sa bravoure, M'Siri obtient la fille de Katanga en mariage. Peu de temps après, décède Katanga. M'Siri, accusé de sa mort, ne doit son salut qu'à l'intervention du roi Panda qui l'accueille comme un fils et le nomme son successeur. Ses victoires sur les Baluba le font régner sur un empire bientôt appelé Katanga par les blancs.

Le Marinel, officier belge commandant l'expédition de l'État Indépendant du Congo, arrive à Bunkeya, capitale de M'Siri le 18-04-1891, et se fait détruire par ruse son dépôt de munitions. Celui-ci devient sénile, sanguinaire et pervers. C'est la terreur ! Les mines sont désertées, les chefs se dérobent. Le Marinel est rejoint, le 14-12-1891 par le capitaine Stairs, canadien d'origine. M'Siri le rencontre et prend la fuite à cause de ses actes.
Il est rattrapé, se défend et est abattu par le capitaine belge
Bodson, abattu à son tour le 20-12-1891 par un fils de M'Siri. L'anarchie prend fin, le calme revient et le fils se soumet à l'État.

Une version orientée sur l'assassinat de M'siri :
http://www.katanga.org/msiri.htm

Avancée dans le territoire de la Rhodésie, le sud du Katanga (Shaba) excite, dès sa découverte, la convoitise de ses colonies voisines. La découverte d'objets très anciens dont on ignore l'origine permet de penser que les gisements aurifères sont connus, si pas exploités depuis longtemps. La demande en cuivre se fait de plus en plus pressante. Les colons miniers n'attendent pas la notification officielle des frontières pour entreprendre une exploitation chaotique et multinationale. Sans possibilité de contrôle des frontières, Léopold II crée, par une habile manœuvre, une société d'exploitation qui délivre contre finances des concessions et des droits à termes. C'est la Compagnie du Katanga. L'argent récolté sert au financement d'expéditions géographiques et géologiques menées par des  ingénieurs dont le nom reste célèbre au Katanga devenue province du Congo, tel que : Jules Cornet, Lucien Bia, Émile Franqui. Une carte précise des gisements leur est due.

cie katanga  

 En 1900, la création du Comité Spécial du Katanga (CSK) société de droit privé, prend la relève afin de contrer les visées étrangères. Ne pouvant s'emparer du gâteau, on achète en masse des actions du CSK. Le rail arrive au Katanga. La dépendance de la partie anglophone de l'Afrique (Rhodésie, Afrique du Sud) pour l'acheminement des minerais conduit à la création d'une deuxième ligne de chemin de fer rejoignant la côte atlantique par la voie la plus directe, en passant par l'Angola (Benguela) ouverte au début des années 30, ainsi qu'une troisième ligne vers le fleuve Congo, à Port Franqui.
<
titre                                                     arrivée du rail en 1910 >

 
 

Union Minière du Haut Katanga

On ne peut dissocier l'histoire du Katanga de celle de l'Union Minière. La configuration géographique de toute la partie sud du Katanga est le résultat des recherches géologiques entreprises par des ingénieurs émissaires de Léopold II, dès l'instant où le Katanga a commencer à faire parler de lui. Le cuivre est la première découverte minière. On avait, en effet, relevé l'existence de carrières et de fours utilisés par les "mangeurs de cuivre". Mais, très rapidement, les géologues découvrent quantité de minerais différents qui justifient une surveillance du territoire et l'implantation de postes pour surveiller les intrusions aux frontières. Les rhodésiens découvrent avec dépit que la mine de Kipushi n'est éloignée que de 500 m de leur frontière !

A l'initiative de Jean Jadot, sont notamment créées l' UMHK (Union  Minière du haut Katanga) pour les usines et le B.C.K. (chemin de fer du Bas Congo - Katanga) pour le transport des minerais, enfin, la Forminère (Société Internationale Forestière et Minière du Congo), sociétés ayant chacune comme support financier une banque belge.

etoile 1910  

Mine de l'Étoile - 1910

La première mine de cuivre du Katanga est créée en 1910 à l'Étoile (emblème du drapeau du Congo), à 15 Km à l'Est de la future ville d' Élisabethville, située dans l'extrême sud du territoire congolais, proche de la ligne de chemin de fer anglais en cours de construction qui doit joindre Cape Town au Caire. La mine de l'Étoile fermera en 1925.

 
vue aérienne terril UM  

Elle est bientôt suivie d'une usine de transformation située dans un léger creux du plateau d'Élisabethville, au Sud-ouest de la ville et proche de la rivière Lubumbashi pour ses besoins en eau. C'est là désormais que le cuivre sera traité. L'usine est flanquée de son hiératique symbole, celui de la ville, la plus haute cheminée de l'époque en Afrique (près de 75 m). En 1913, Jadotville (Likasi) ouvre une mine de cuivre ainsi que Kipushi (1925) et Kolwezi (zinc). En 1960, l'UMHK produit plus de 300.000 tonnes de cuivre et 505.000 en 1986 sous la Gécamines (Générale des Carrières et des Mines). 

Vue du site -  Élisabethville - 1950 (à comparer avec les 3 photos de la cheminée !)

 

 
siege UM  

Le siège de l'UMHK

Élisabethville

Mess de l'Union Minière

mess UM

Une histoire de cheminée ! Élisabethville, UMHK.

cheminee um 1910   cheminee um 1912   cheminee um 1917

Construction de la base en 1910

 

Montage des ateliers en 1912

 

Site en 1917

Ces photos anciennes ont paru dans le livre UMHK 1906-1956 - Un grand merci et bravo aux photographes ! Quelqu'un les connaît-il ?

un site qui en parle bien : http://euromin.w3sites.net/photosdeliens/congo.html
tout sur les mines de l'UMHK : http://euromin.w3sites.net/Nouveau_site/gisements/congo/GISCONf.htm
de beaux minerais : http://membres.lycos.fr/dreessen/art/UMHK.htm (site des Expatriés de Lubumbashi)
Kolwezi et la mine : http://www.bondy.ird.fr/pleins_textes/pleins_textes_4/sci_hum/23506.pdf

 
barrage Le Marinel  

L'approvisionnement en énergie devient un problème. La construction de barrage hydroélectriques est décidée, les cours d'eau ne manquent pas. Construites après la dernière guerre, les centrales électriques portent le nom de trois grands  pionniers, Delcommune, Bia, Le Marinel.

 

  < Barrage Delcommune                                           coulée de cuivre >

  coulee cuivre

Quelques mines exploitées au Katanga à l'époque de la colonie.

etoile 1910   

 

   Mine de l'Étoile en 1910
   Exploitation terminée en 1926

kipushi 1944   

 

   Mine de Kipushi
  
Prince Léopold en 1944

panda 1938   

 

   Mine de Jadotville en 1940
  
Panda en 1938

musonoi 1950   

 

   Mine de Musonoi en 1950

kambove 1943   

 

 

   Mine de Kambove en 1940

kolwezi 1950   

 

   Mine de Kolwezi
   Ruwe en 1950

Le personnel ouvrier est recruté dans la population autochtone, puis, viennent des étrangers de toutes part, principalement des sud-africains. Au moment du grand krach boursier, les mines emploient près de 20.000 personnes (cadre et personnel confondus). Tous ces ouvriers devant être logés non loin de leur lieu de travail, Élisabethville prospère rapidement.

L'
UMHK devient bientôt une sorte d'"État dans l'État", possédant, outre ses usines, ses cités indigènes et européennes, ses hôpitaux, ses centres de formation... assurant une autonomie et un approvisionnement que l'État endetté ne peut se permettre.

L'œuvre sociale est considérable et c'est la première grande société à faire participer des travailleurs congolais à des conseils d'entreprise et de quartier. C'est elle également qui octroie les premières rentes de retraite, ouvre les premières écoles privées pour les enfants du personnel, finance des bourses pour des études supérieures et universitaires.

Cette magnanimité fait en sorte que ses travailleurs indigènes, privilégiés par rapport à l'ensemble de la société congolaise indigène, ne suivent pas les mouvements de grève nés un peu partout dans le pays au moment de l'Indépendance. L'"UM" continue de produire, l'Indépendance ne la concerne pas !

La bombe atomique au Katanga
Très tôt, on découvre de l'uranium à
Shinkolobwe (1915) et son extraction régulière débute dès 1921. A partir de 1944, lorsque l'uranium deviendra un métal stratégique, plusieurs dizaines de milliers de tonnes d'uranium métal seront extraites de cette mine, célèbre d'une part par la richesse de son minerai à haute teneur, d'autre part par la quantité d'espèces nouvelles, souvent en remarquables cristaux, qui y seront rencontrées.

minerai uranium  

Sans constituer un titre de gloire, sous la présidence d'Edgar Sengier, 1.000 tonnes de minerai d'uranium (dont le Katanga est riche) ont été achetées à l'UMHK par les américains (1940) pour la confection des bombes atomiques d'Hiroshima et de Nagasaki. Ceci explique la relative facilité avec laquelle la Belgique a pu se relever des conséquences de la guerre, n'ayant contracté aucune dette importante à l'égard des grandes puissances financières.

minerai d'uranium

Kipushi, la ville soeur.

kipushi

 

Il y a de trop nombreux liens entre la métropole du Katanga et sa petite soeur Kipushi. Cette pure création de l'UMHK est sise à une trentaine de kilomètres de site de Lubumbashi, à la bordure même de la frontière rhodésienne (500 m) Entièrement dédiée à l'extraction des minerais (cuivre, cobalt, entre autres), elle connaît une expansion encore plus rapide que sa grande soeur.

Deux ndukus d'Aloubè sont originaires de Kipushi (Georges Dehasse et Jacques de Kegel) et en parlent avec une telle tendresse dans la voix que le site de Georges vaut plus qu'une visite d'amitié. Il détaille cette ville agréable, encore plus calme que la métropole. Il est très explicite en ce qui concerne les activités de l'UMHK.
A voir absolument !

Police, téléphone et Poste de Kipushi - Avec l'aimable autorisation de Jacques De Kegel - Merci.

www.kipushi-mpl.com 

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