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Les particularités de la colonie belge

   
    le Congo colonie belge
    - les missionnaires
    - les colons
    - la Territoriale
    - le centre extra coutumier
    - la Force Publique
    - la main d'œuvre des boys
    - les grandes entreprises 
    - reconnaissance par la Belgique 
    - billets
                                                       parution  1930 - Une vision aujourd'hui très controversée du colonial !

 
    

    

Pour ceux qui ne connaissent pas la Belgique, un site qui résume rapidement son histoire : http://belgique.gov.be/abtb/history/fr_303001.htm

Naissance d'une colonie.

A l'inverse des Britanniques, les Belges n'ont aucune tradition coloniale.
Il est assez logique que, dans ce cas, l'Administration belge ait calqué ce qui existait. Entourés de colonies anglaises, les officiels du Congo en adoptent la tenue (shorts, casque, bottes de cuir, couleur kaki), celle des troupes des Indes. L'installation du campement (devenant rapidement un poste, puis une ville) répond aux mêmes besoins. Un système de communication primitif est mis en place à coup de relais systématiquement gardés par une milice. Il ne faut pas interrompre la chaîne. Celle-ci aboutit à la mer pour évacuer les ressources et créer des échanges commerciaux. Le premier, Stanley comprend immédiatement l'importance de rejoindre l'océan depuis le fleuve, cette majestueuse voie de communication naturelle avec l'intérieur. Les chutes d'Inga interrompent, en effet, le cours navigable à hauteur du Stanley Pool, face à Léopoldville. Une ligne de chemin de fer devient urgente. Il persuade le roi des Belges : "Sans chemin de fer, le Congo ne vaut pas un penny !" .Un Comité du Chemin de Fer au Congo est mis sur chantier. Des fonds sont récoltés avec difficulté. La colonie peut naître...

Un site sur le service postal au Congo : http://users.skynet.be/chst/serpost.htm

Anecdotes

Les Belges  avaient déjà tenté de coloniser :
  - Manhattan avec l'expédition de Peter Stuyvesant comprenant Wallons et Flamands, au 17e siècle.
Un site pour en parler : http://users.skynet.be/newyorkfoundation/FR/les_origines_de_new_york.html#Résumé
  - Santo Tomas au Guatemala en y déportant majoritairement des repris de justice.
Le district de Santo Tomas, soit 405.000 hectares obtenus en concession par la Compagnie belge de colonisation, situé dans la toute jeune république du Guatemala. Succédant en 1841 à une société anglaise, la Compagnie envoie une commission d'exploration sur le terrain la même année ; puis, les premiers colons, pour la plupart sans formation, s'y installent en mars 1843. Mal organisée, insuffisamment ravitaillée, victime de dissensions internes, la colonie périclite très vite ; dès 1847, le gouvernement belge envoie un navire pour rapatrier ses derniers ressortissants qui le désirent et en 1855, le Guatemala retire à la Compagnie belge les droits que celle-ci avait acquis.
  - les États américains du Wisconsin, Illinois, Pennsylvanie et Louisiane où une forte colonie belge existe encore aujourd'hui.

Comment le Ruanda-Urundi allemand passe-t-il sous mandat colonial belge ?
Les Européens voulaient éviter de porter la guerre dans leurs colonies …mais cela ne fut pas le cas au Rwanda Urundi. Le 15 août 1914, les troupes allemandes basées au Rwanda Urundi coupent la ligne télégraphique qui longe le lac Tanganyika et bombardent les villes riveraines du lac Tanganyika. Le 22 août, un navire allemand ouvre le feu sur le port de Lukuga. Suite à cette agression, le ministre des Colonies Renkin adresse un télégramme aux Gouverneurs du Congo et Vice-gouverneur du Katanga ordonnant des mesures militaires pour défendre le territoire...
Le 18 avril 1916, l’offensive belge se déclenche sur l’ordre du Général Tombeur. Les forces d’attaque comprennent deux groupes: ceux des colonels Molitor (nord), et Olsen (sud). Le premier jour, la brigade Olsen occupe l’île de Gombo (sud du lac Kivu). Le lendemain, Shyangugu (Rwanda) tombe. La brigade Molitor effectue un mouvement tournant vers l’Ouganda et marche sur Kigali qui tombe le 6 mai 1916.Les forces allemandes du Burundi commandées par le capitaine Von Languenn opposent une vigoureuse résistance, mais ne peuvent tenir devant la supériorité numérique belge. Le 19 mai 1916, le major Muller occupe Nyanza. Le 6 juin, Usumbura tombe sous les forces belges commandées par le Colonel Thomas. Kitega est prise le 17 juin. Le Rwanda et le Burundi sont déjà occupés. Il reste alors les campagnes du Tanganyika (actuelle Tanzanie). La brigade Molitor s’empare de Biharamuro, puis de Mwanza. Le colonel Moulaert occupe Karema. La marche sur Tabora commence alors par trois colonnes. Le 29 juillet, Kigoma et Ujiji sont occupées. Après plusieurs jours de combats acharnés, Tabora tombe le 19 septembre 1916.
Les forces anglaises et belges se coalisent pour occuper tout le Tanganyika à partir duquel le Général allemand Von Lettow-Vorbeck, tout en opposant une résistance extraordinaire, se rend après l’armistice du 11 novembre 1918.
Suite au Traité de Versailles, l’Allemagne perd ses colonies au profit des pays vainqueurs. La Société des Nations attribuera à la Belgique un mandat sur le Rwanda Urundi.

1884 - La découverte du Congo n'apporte pas encore de résultats financiers.
Criblé de dettes, Léopold II craint le désintéressement des Belges pour cette terre inexploitée. Ses biens propres ont été investis dans le chemin de fer. Il fait donc appel aux capitaux et crée un pôle d'intérêt à coups de "publicité" pour son Congo. Parallèlement, il y envoie de plus en plus de spécialistes (principalement des ingénieurs et des agronomes) pour établir une carte des ressources exploitables. Ces missions sont défendues par des noyaux militaires qui doivent permettre d'effectuer les relevés en toute sécurité. Ils rencontrent souvent l'opposition des marchands et trafiquants arabes.

L'ivoire.
Première ressource importante (85% de la production mondiale), elle entraîne rapidement une destruction massive des éléphants. Après l'Indépendance du Congo et malgré une protection devenue nécessaire, le braconnage sévit encore à l'heure actuelle. L'ivoire est travaillé en objets dont la forme rappelle, dans le cas de grandes pièces, celle de la défense de l'animal. L'éléphant actuel n'a plus le temps de laisser pousser ses défenses comme celles de la photo ci-dessous. La chasse aux trafiquants se poursuit sans relâche. L'ivoire confisqué est brûlé. A l'époque coloniale, le cadeau souvenir ramené en Belgique comportait souvent une broche en ivoire, ou une garniture de bureau, parfois un jeu d'échec dont les pièces blanches en ivoire contrastaient avec les noires en bois d'ébène.

Un site complet sur ce pachyderme : http://elephants.free.fr/

 elephant portage ivoire eville brulage ivoire ivoire travaille

  défenses d'un adulte âgé 
 

      caravane transportant l'ivoire vers 1910

destruction de défenses prises aux braconniers

ivoire sur le marché asiatique

Le caoutchouc

 

prend la relève de l'ivoire et devient une matière fort recherchée en cette fin de siècle. Léopold II investit dans les plantations d'arbres à latex, aux tiges rampantes. Sa politique de "rentabilité" est mise en pratique par de jeunes cadres inexpérimentés - dont Stanley se plaint régulièrement dans son courrier - aidés par une administration docile trop peu regardante en ce qui concerne les méthodes de "recrutement" des travailleurs noirs mais très pointilleuse sur les quotas de production  imposés.  La chute du cours du caoutchouc soulève une virulente campagne contre les traitements indignes infligés aux travailleurs africains. Les partisans de Léopold II soutiennent qu'elle est plus inspirée par la jalousie des  autres puissances coloniales que par la réalité. Les anglais s'acharnent sur la personne du roi des Belges. L'écrivain américain Mark Twain fait partie des   accusateurs, le critiquant sans retenue. En 1927, André Gide et le cinéaste Marc Allégret effectuent un Voyage au Congo dont Gide tirera un pamphlet violent sur le colonialisme (français essentiellement). L'ère du caoutchouc liane prit fin au début du 20e siècle. Mais, le Congo n'est pas avare en ressources.  
Récolte du latex. 

L'inhumaine pratique de la "main coupée" d'origine islamique  et l'application de la "chicotte" (fimbo - fouet fait d'une queue d'hippopotame) sont pratiquées par des contremaîtres qui les empruntent aux esclavagistes. En effet, le caractère odieux de ces traitements est à imputer à d'anciens trafiquants arabes calquant leur conduite sur celle des marchands d'esclaves dont ils connaissent la redoutable efficacité. Il n'en demeure pas moins cependant que nombre de patrons n'ont pas eu le contrôle ou la volonté nécessaires pour mettre rapidement fin à cette barbarie. Force est de constater qu'on l'attribue facilement à l'administration belge. Celle-ci témoigne cependant (même photographiquement) de faits accomplis sous l'esclavage arabe et dans des endroits où l'implantation coloniale n'était pas encore réalisée. Une autre thèse difficile à accepter : certaines tribus africaines punissent le vol par l'ablation d'une main (voir islam) ou le supplice du pal pour le vol de bétail (Burundi). La méconnaissance ou l'oubli partial de ces faits ont bénéficié aux détracteurs (surtout anglais) de la colonie belge. Les estimations dressées par ceux-ci ne sont basées sur aucune source digne de foi. La pratique barbare est complètement abolie (1908) lorsque les Zanzibarites sont définitivement expulsés du Congo, les mêmes que Stanley avait recrutés pour ses premières expéditions..

Une violente campagne de dénigrement contre Léopold II est menée par les Anglais au début du 20e siècle. Des pamphlets, des caricatures peu élogieuses sur la personne du roi circulent un peu partout en Europe. Des personnalités du monde de la plume prennent la défense de l'africain opprimé (Mark Twain, Conan Doyle, André Gide). Certains rapports - confidentiels - atteignent les autorités politiques de Bruxelles. Les financiers anglais se réjouissent de cette campagne contre le Congo et surtout du monopole du commerce congolais de Léopold II car ils ont perdu une zone d'achat fructueuse pour l'ivoire et ensuite le caoutchouc. Anvers surpasse Londres. Pressé par une opinion de plus en plus défavorable, Léopold II met, un peu tard (1905), son énergie à corriger le traitement indigne des travailleurs ainsi que les injustices concernant leurs rémunérations. Pas moins de 25 décrets sont promulgués après un rapport de juristes internationaux envoyés au Congo sous la direction de Edmond Janssens, avocat général à la Cour de Cassation.
Extrait du très intéressant livre de
Hilde Heiniken "Congo Belge - portrait d'une société coloniale", p.82
La Grande-Bretagne avait assurément des projets d'annexion concernant certaines parties du Congo : le Katanga et les provinces orientales. Dans le secteur oriental, Londres voulait construire un chemin de fer reliant Le Caire au Cap qui soit situé exclusivement en territoire anglais. La Grande-Bretagne profita des scandales du caoutchouc avec l'aide complaisante de ses missionnaires. A l'époque victorienne, Londres utilisa à plusieurs reprises, pour mener à bien une politique déterminée, des agents qui se faisaient passer pour des missionnaires anglicans. Il est très possible que certains collaborateurs politiques aient été envoyés au Congo déguisés en missionnaires [...] La Grande-Bretagne ne reconnut la Colonie Belge qu'en 1913, quand Londres souhaita avoir la Belgique à ses côtés face à la menace de guerre qui allait déchirer toute l'Europe.

La lutte contre les esclavagistes fait nonobstant rage. Parmi les  noms que la Belgique honore, des militaires comme le sergent De Bruyne, le lieutenant Lippens, le baron Dhanis... font désormais partie de l'imagerie populaire et des livres d'histoire dans les écoles de Belgique. Ce dernier, officier, s'engage au service de l'Association internationale africaine en 1884. En 1886, il installe un camp retranché à Basoko et assure la sécurité de la navigation sur le Haut-Congo. Commissaire de district en 1891, il explore le Kwango méridional et oriental puis rejoint, à Lusambo, Paul Le Marinel qui prépare une expédition vers le Katanga, une entreprise qui dégénère en affrontement avec les Arabes. Après les assassinats successifs d'Hodister, du lieutenant Lippens et du sergent De Bruyne, il bat les Arabes à Chigi et met les esclavagistes en fuite à Rumaliza en janvier 1894. Il revient au Congo en 1896 comme vice-gouverneur général et commandant de la Province orientale. Son expédition dans l'enclave de Lado est ravagée par la faim avant d'être anéantie par la rébellion. Il ne peut la reprendre qu'en décembre 1898. La pacification du pays lui prend deux ans.

 

Le Baron Francis Dhanis
 
tel que l'imagerie populaire le représente, au milieu de ses hommes, combattant les
 esclavagistes, principalement Tippo-Tip
 ... tel que la cruelle réalité de la photographie nous le présente. C'est le barbu... à dos d'âne.

exploit de Dhanis

 

La ligne de chemin de fer Matadi - Léopoldville est ouverte en juillet 1893 - La gare de Matadi est inaugurée en juillet 1898.

 

Le chemin de fer au Congo, est né le 11 octobre 1889 sous la conduite d'Albert Thys. Il engage de nombreux ingénieurs et plus de deux mille travailleurs de tous bords, y compris chinois (voir les USA). Après de nombreux déboires financiers, une édification pénible et chère en vies humaines, le rail autorise l'échange régulier entre la mer et l'intérieur du pays. Le bateau prend le relais du rail, dans les deux sens.

caravane en 1889 - avant la construction de la voie ferrée.(archives Musée de Tervueren).

 

hydravion

  Les liaisons aériennes.
Un pays aussi vaste, disposant de nombreux fleuves navigables, se devait de faciliter l'acheminement du courrier par hydravion. C'est le premier moyen utilisé avant l'établissement durable de pistes d'atterrissage.

Inauguration de la ligne Roi Albert - Gombe, le 29 juin 1920.

 
 

Des postes comptoirs sont installés le long du fleuve Congo. Le commerce de l'ivoire, du caoutchouc, du bois exotique s'effectue par transport sur le dos des marchandises du plus près de leur lieu de production jusqu'aux comptoirs le long du fleuve. Celles-ci sont acheminées par steamboats jusqu'à Léopoldville. Le train prend la relève jusqu'à Matadi et, de là, le bateau pour Anvers.

Entrepôts et débarcadère sur le fleuve Congo - 1908

18 octobre 1908 - L'annexion de l'État Indépendant du Congo à la Belgique force Léopold II à l'ouvrir à la colonisation.
Le Congo compte alors près de
3.000 européens. Il prend son essor en devenant Congo Belge.

gare Eville 1912  

Les productions des mines du Katanga nécessitent un transport par rail jusqu'à la mer. La ligne venant d'Afrique du Sud rencontrera celle du Mozambique avant d'atteindre Élisabethville. Un troisième débouché existera ensuite avec la ligne vers Lobito, en Angola.

1912 - Gare d'Élisabethville.
Le rail est essentiel pour l'acheminement du cuivre vers les ports sud-africains.

Service postal au Congo : http://users.skynet.be/chst/serpost.htm
Cachets et marques postales au Congo : http://users.skynet.be/chst/cachetposte.htm

Les missionnaires.
Les ordres religieux seront dans les premiers à pénétrer à l'intérieur du Congo, car ils "se doivent" d'évangéliser et éduquer les masses africaines réputées incultes. Ils s'y mettent donc " ad majorem Dei gloriam ", bouleversant les coutumes séculaires de l'Afrique noire. Les missions de toutes confessions poussent comme des champignons. Outre Livingstone, pasteur anglican évoqué plus haut, il se trouve également des américains, allemands, français, pour "concurrencer" les missionnaires belges. Des missions s'installent au plus profond du territoire. Elles rapportent en Belgique l'état sanitaire et civil des populations. Elles éduquent enfin. L'enfant congolais est scolarisé si les parents ne s'y opposent pas fermement. Ensuite, s'il est doué, il est poussé vers le petit séminaire (Kisantu). Rien d'étonnant si les premiers adultes évangélisés aient été "portés" vers la prêtrise ou le noviciat. 
Le premier prêtre congolais est ordonné en 1917... 40 ans avant le premier universitaire (
Thomas Kanza - 1956)

L'œuvre missionnaire est énorme au regard des problèmes rencontrés.
Il convient d'adapter l'acquis social et scolaire de l'Europe. Les erreurs commises les font mal comprendre des indigènes. Ils déploient néanmoins toute leur énergie et leur foi à aider la population, apprenant leurs langues (premiers dictionnaires), inculquant les élémentaires mesures d'hygiène et de prophylaxie, améliorant les techniques agricoles et d'élevage. Ils enseignent, soignent les enfants et canalisent l'ardeur combative des jeunes adultes. Leur profonde expérience du Congo a, pour beaucoup, contribué à la compréhension des autochtones. Tout en regrettant certains choix, force est de reconnaître que le travail (qu'ils continuent d'ailleurs) accompli par les missionnaires est prodigieux au regard de la pauvreté de moyens matériels dont ils disposent.
Ils ont donné aux noirs la première image du blanc.

Les expatriés devenus colons.
Ils sont la base même de l'essor du pays. Aux premiers temps de la colonie, ce sont souvent des personnes considérées en métropole comme "têtes brûlées" ou inconscients . Il faut en effet être fou pour se risquer sa vie dans ces "contrées de sauvages", au milieu des "bêtes féroces", parmi les "cannibales" (sic, à l'époque). Ils ne manquent donc pas de courage !

Pionniers dans tous les domaines, ils tracent les routes, créent des postes, établissent des liaisons, combattent les maladies et travaillent dur pour mériter les fruits de leur travail, leur réussite étant à la mesure de leurs ambitions. Le gouvernement belge exige d'eux une "caution financière et morale". Majoritairement honnêtes et pleins de bonne volonté,  travailleurs infatigables, doué de créativité, à l'esprit d'initiative et aux qualités incontestables de meneurs d'hommes, ils créent la base de l'État et le cadre de vie de leurs successeurs, transforment des pistes en routes praticables, implantent des relais sanitaires et postaux. C'est un travail démesuré qui est entrepris avec foi dans l'avenir.

premières villa colons  

Les premiers ouvrent des plantations (hévéa, café, coton, tabac, fruits) Succèdent des agriculteurs et des éleveurs d'un cheptel à protéger des  prédateurs. Le fermier / guide / accompagnateur de chasse privée est né.  Le film Out of Africa "romantise" ce constat.

Riche en minerais recherchés, le
Katanga, à l'image de la ruée vers l'or aux États- Unis, attire d'emblée des aventuriers limitrophes n'entrant pas dans l'orthodoxie belge. La loi du plus fort devenant la règle, il faut recourir aux services d'hommes de poigne tels que Robert Wangermée (premier gouverneur du Katanga) pour les faire rentrer dans les rangs.

Première guerre mondiale.
Les premiers colons défrichent la brousse et commencent à construire des villes.Une des premières maisons de colons au Katanga.

Plus sur le Katanga ?

katanga

La cohabitation.
Au départ, la présence des européens ne soulève pas de problèmes. Jovial et hospitalier, le congolais entretient une relation courtoise avec l'européen si celui-ci le respecte. Cependant, l'appât du gain rapide modifie les relations et il n'en sera pas toujours ainsi.

La Territoriale, pilier de l'Administration.
Chargé par la Colonie d'un travail ingrat, difficile, voire dangereux, l'Agent territorial ( AT- uniforme et casque colonial blancs ) opère le trait d'union entre les résidents et le pouvoir. Il est formé à Anvers par l'
École Coloniale fondée en 1920 par le commandant Lemaire. Elle leur enseigne, dans un cycle de quatre années d'études, le droit, l'économie, la comptabilité, la botanique et l'agronomie tropicales,  les connaissances techniques, économiques, sanitaires nécessaires et même les principaux dialectes rencontrés. Les élèves apprenaient également à aménager un potager, dresser tente et abris, passer les rivières et fleuves, construire et entretenir routes et ponts. Le sport de l'après-midi entretenait la forme. Un diplôme consacrait la réussite des examens en fin de cycle.

Anecdote . Le symbole de l'AT est son casque colonial surmonté de sa "plaque à poule" (on la voit sur la photo, contre la jugulaire de cuir). Cet écusson emblème est ainsi familièrement affublée de ce sobriquet parce que l'AT qui visite un village se voit immédiatement doter d'une poule en guise de cadeau de bienvenue. Ce poulet lui est immédiatement subtilisé par un pichi (cuisinier) trop heureux de ne pas devoir se mettre en chasse pour trouver une nourriture.

 

Homme de terrain (sans jeu de mot), il se doit posséder de grandes qualités morales et un sens du devoir à toute épreuve. Sa mission consiste à administrer le territoire dont il rend régulièrement compte à ses supérieurs. Ses activités touchent aux domaines de la santé, justice, police, et administration. Il accomplit sa tâche, comme tous les agents de l'état, par terme de trois ans à l'issue duquel il obtient un congé de six mois.

Un "Territorial" examine (ou vaccine) un indigène. (archives Musée de Tervueren).

Les célibataires sont souvent envoyés en brousse. Jeunes, ambitieux et fougueux, ils briguent la promotion. Il n'est donc pas souhaitable de contester les valeurs établies ou les ordres venus d'en haut. Les services bien rendus font grimper dans la hiérarchie. Aussi, un séjour prolongé inconfortable en brousse donne souvent lieu à un retour..."arrosé" à la civilisation. L'absence de compagn(i)e les porte parfois à accepter de jeunes femmes offertes en cadeau de bienvenue par un chef indigène.

 


La division territoriale et administrative du pays.

Le Congo Belge est divisé en 6 provinces - Le Ruanda-Urundi étant sous tutelle.
 


Province de Léopoldville - Léopoldville

     
District du Moyen-Congo - Léopoldville
      District du Bas-Congo - Boma
      District du Lac Léopold II - Inongo
      District du Kwango - Kikwit
  
Province de l'Équateur - Coquilhatville
     
District du Congo-Ubangi - Lisala
      District de l'Équateur - Coquilhatville
      District de Tshuapa - Boende
  
Province Orientale - Stanleyville
     
District de Stanleyville - Stanleyville
      District du Bas-Uele - Buta
     District du Haut-Uele - Paulis
      District de l'Ituri - Bunia

Province du Kivu - Bukavu
     
District du Kivu Nord - Goma
      District du Kivu Sud - Bukavu
      District du Maniéma - Kindu
  
Province du Katanga - Élisabethville
      District du Haut Katanga - Élisabethville
      District du Lualaba - Jadotville
      District du Haut Lomami - Kamina
      District du Tanganika - Albertville
  
Province du Kasaï - Luluabourg
     
District du Kasaï - Luebo
      District du Sankuru - Lusambo
      District de Kabinda - Kabinda

Monsieur Guido Bosteels a gentiment fait remarquer que les données ci-dessus sont périmées. Correction a été apportée à la Province Orientale. Qu'il en soit remercié.
Un "expert" en la matière pourrait-il aider Aloubè à corriger les éventuels manquements ou erreurs ? Merci.

carte du Congo

Du village au centre extra-coutumier.
La création rapide de villes de type occidental éveille la curiosité des indigènes. Un grand nombre d'entre eux s'installent en périphérie. Il faut donc pourvoir aux nécessités générées par l'urbanisation rapide : logements groupés, hôpitaux, magasins, écoles, travail. Ainsi naît le centre extra coutumier ("le belge" en langage colonial), quadrillé de larges avenues bordées d'arbres, aux parcelles régulières comprenant une maison à trois pièces en matériau durable, pourvue de l'électricité et de l'eau, avec raccordement à l'égout public. Enfin, dispensaire et marché, église ou temple, bar - discothèque et bâtiment administratif complètent l'urbanisation. C'est là que les salariés indigènes logent, se rendant à leur travail à pied ou à bicyclette. Plus tard, des lignes d'autobus le relieront au quartier européen. A la même époque, nombre de quartiers ouvriers en Belgique ne disposent pas des mêmes commodités.

maison indigène 1  

Très tôt cependant, l'éloignement du lieu de travail et de la famille, le peu d'isolement pendant les moments libres, déplacent les maisons du centre extra coutumier vers la propriété de l'employeur. Il ne reste bientôt plus au "belge" que les gens de passage, les nouveaux venus en quête de travail ou l'extension de la famille ne trouvant pas asile chez le patron.

Types de maisons construites pour les Congolais

  maison indigène 2

La "ménagère".
A l'origine, les chefs indigènes, soucieux de s'attirer les bonnes grâces des coloniaux célibataires, offrent des jeunes filles à leur hôtes. Celles-ci, coupées de leurs racines, font partie de l'intimité de ces jeunes hommes, entretiennent leur "ménage". Fréquemment, la ménagère devient une concubine donnant naissance à des enfants mulâtres. Certains européens, dans ce cas, font face à leur responsabilité et les adoptent, régularisant la place de la maman. Il faut, certes, leur reconnaître un courage certain pour braver l'opprobre d'une partie "bien pensante" de la société.

La Force publique ( la F.P. )
Les guerres entre ethnies, le contrôle des aventuriers et le maintien de l'ordre nécessitent une "Force publique", armée coloniale encadrée par des belges. Les premiers engagés indigènes parlant le lingala, cet idiome s'impose naturellement au sein de l'armée. 

Le recrutement concerne d'abord les désœuvrés qui créent des problèmes en ville. Ensuite, les "agents territoriaux" dressent des listes d'enrôlement, les chefs coutumiers n'ayant bientôt plus de bons à riens, de fortes têtes ou de rivaux à proposer au recrutement. Le soldat congolais a un uniforme kaki, composé d'un fez en feutre, de bandes molletières, d'un short puis d'un pantalon. Il porte également, en campagne, une toile de tente roulée et en bandoulière (comme le soldat russe). Les chaussures sont une torture pour des pieds nus à la plante cornée. Il faut du temps pour s'y habituer (avec la guerre 40-45). Après 1950, il possède l'équipement du soldat moderne.

Après un service de 7 ans, l'armée le rend à la vie civile avec une qualification professionnelle en vue de sa réinsertion. Durant son service, sa famille le suit et loge au camp militaire. Les enfants sont scolarisés et encadrés dans des mouvements de jeunesse ou des clubs sportifs. Des européennes bénévoles (femmes de militaires) instruisent les épouses en hygiène, couture, alimentation... sur le modèle des dames patronnesses belges. 

défilé FP cinquantenaire  

Lors des conflits mondiaux, la Colonie engage ces soldats dans des campagnes dont ils ne saisissent pas la nécessité. Cependant, les faits de guerre sont fièrement ancrés dans la mémoire des "basukumbata" (anciens combattants). C'est ainsi que les colonies allemandes du Ruanda-Urundi passent, le 20 juillet 1922, sous juridiction belge par décision de la SDN, hors du statut de colonie.

 

Fête nationale au Cinquantenaire.
Un détachement de la Force Publique défile sous les arcades du Cinquantenaire à l'occasion de la fête nationale dans les années '50

Après la deuxième guerre mondiale,  la Colonie crée les bases militaires de Kitona (bordure d'Atlantique) et, consciente de sa prépondérance dans un conflit moderne, la base d'aviation de Kamina (Katanga) où sont formés les aviateurs et les paras tant métropolitains que locaux. L'incompréhension caractérielle entre les fils d'Afrique et les " bulayas" (belges de la métropole) stimule l'émulation ou engendre parfois de sévères confrontations, les coloniaux compensant le caractère guerrier des para commando par leur connaissance parfaite du terrain. Parallèlement, la Colonie instaure à Luluabourg (Kasaï) l'École des pupilles africains, cadre des futurs officiers. Celle-ci prévoit la première promotion d'officiers congolais aux environs de 1964.

police eville 1910   La défense des cités est confiée à la police (uniformes bleu nuit, fez rouge) encadrée de manière similaire aux soldats mais sous l'autorité de la police (uniforme gris  perle pour les européens et bleu nuit pour les africains). La juridiction de la gendarmerie étant strictement limitée aux villes, ses effectifs sont sensiblement plus réduits que ceux de la F.P. Son statut, sensiblement différent, n'en fait pas, et de loin, un corps de seconde importance.

Première force de police au Katanga - Élisabethville vers 1912

 

Les boys.
Question de vocabulaire...

Issu du vocabulaire anglais,
boy, ce terme générique pour tout employé de maison ne devrait porter aucune connotation raciste puisqu'il signifie autant que "garçon" dans un restaurant, "porteur" dans une gare ou "infirmier" dans un hôpital. C'est le terme admis pour parler du personnel de service. Lorsque l'on s'adresse à un "boy", on l'appelle par son prénom, tout simplement. Le tutoiement utilisé alors ne fait que répondre à la coutume congolaise qui ne connaît pas le vouvoiement. Les boys sont rétribués et bénéficient de lois sociales, à l'instar de leurs homologues de la métropole. Ils sont protégés par les mêmes lois, sont défendus en justice et ne manquent pas de faire valoir leurs droits le cas échéant. Ils répondent cependant d'un tribunal qui leur est propre, celui du droit coutumier. Le législateur belge ne pouvait pas contourner "la coutume" sous peine de devoir faire face à de profondes et graves réprobations de la part des indigènes. Ainsi, certaines coutumes propres (question mariage, par exemple) prenaient le pas sur les lois belges dès lors qu'elles ne compromettaient pas l'exercice de la justice.
Un néologisme typiquement belge est issu du mot boy :
"boyesse", femme du boy.

L'épineux et très controversé sujet de la "chicotte".
Dans l'arsenal des punitions corporelles (l'internement en prison n'avait aucun sens pour un africain) infligées par un tribunal coutumier aux voleurs, contrevenants aux usages, assassins ou criminels, seul le fouet est resté quelque temps de vigueur à la colonie sous l'appellation de "chicotte". Il s'agit d'une queue d'hippopotame utilisée en nerf de boeuf sur les fesses du condamné allongé au sol, membres étirés. Le nombre de coups était réglementé (maximum 8) et administré par un commis congolais surveillé pour préserver au maximum une certaine retenue et la plus grande similitude avec la coutume.
Que les juristes aient immédiatement retiré de la coutume cette punition aurait été considéré, aux yeux des congolais, comme un signe de faiblesse de la part de l'autorité coloniale. Aussi, l'administration de cette punition coutumière était-elle rare, réglementée et proportionnée à la gravité des délits.  Le côté "sadique" décrié par certains n'a de valeur que pour ceux qui se complaisent de cette punition. (Que pensent les profs anglais qui distribuaient, il y a peu, force coups de baguettes sur les postérieurs des cancres ?) Les sadiques ont toujours existé et ne se trouvent pas forcément tous dans les rangs des coloniaux !
La chicotte, rapidement abolie en régime civil, est demeurée en usage chez les militaires - restreinte et surveillée - jusqu'à la fin de 1955.  C'est cependant la première punition corporelle à être remise en application après l'Indépendance par Mobutu. Il n'a donc pas eu à "copier" une quelconque exaction coloniale, mais bien à remettre en usage une coutume ancestrale.

Question de justice.
Il convient également de casser le cou à une croyance qui veut que le congolais soit soumis à l'arbitraire du blanc. Le Tribunal accepte toute plainte émanant du plaignant, juge selon la loi belge tout écart de conduite ou comportement incorrect de la part de n'importe quel citoyen, colonial comme colonisé. Lorsque le litige concerne deux congolais, les décisions du tribunal coutumier font autorité. Aloubè a trop entendu de vantardises de la part de "nouveaux coloniaux" pour savoir que le proverbe se vérifie à tous les coups : " A beau mentir qui vient de loin". Ces vantardises ne sont d'ailleurs jamais proférées sciemment devant un colonial.

 

Question d'envie...
Disposant d'une main d'œuvre plus aisée qu'en métropole, les coloniaux suscitent souvent la jalousie. En effet, les "bien pensant" de la métropole conçoivent sans acrimonie la domesticité dans leur bourgeoisie mais supportent mal de cet avantage chez les coloniaux.

 

Les boys entourent maman, tandis qu'Aloubè se fait chouchouter. - Inongo 1948

 

Question boulot...
Contrairement à ce que certains ont pu croire, le boy n'est pas recruté de force, sans quoi il ne resterait pas chez son patron ! Il se présente de son plein gré (avec recommandation quand il en possède), considère la composition de famille (beaucoup d'enfants sont craints), jauge le travail, les conditions financières d'embauche, le confort et la disponibilité de son logement. Si l'emploi lui convient, il présente son "
book" (livret des références d'emploi). Un contrat tacite ne le lie en rien à son patron. Il le quitte quand les conditions ou les dispositions personnelles ne lui conviennent plus. Une complicité s'établit très souvent entre lui et la famille de son patron, à tel point qu'il n'est pas rare de constater des services de plus de 30 années chez le même patron. Certains boys parlent parfois parfaitement le wallon ou le dialecte local du terroir de leur patron.
Quelquefois, un patron use de phrases sibyllines (...a de sérieuses dispositions pour l'aviation...) plus pour le jeu de mots que pour signaler un réel problème dans le "
buku" (book, carnet de service) qui "suit" le boy toute sa vie. Ce livret peut paraître une contrainte imposée de manière léonine ou paternaliste par le blanc. On peut également le considérer, à l'inverse, comme un diplôme ou un brevet de compétence, selon l'aptitude ou non à la fonction revendiquée. documents souvenirs

Le fallacieux
postulat de l'africain voleur a pour explication le fait qu'il est tenté de s'approprier les denrées qui lui manquent. Pourquoi ne pas s'enquérir de ce dont il a besoin pour son ménage ? Le vol n'a pas de raison s'il obtient ce dont il a besoin. Les vrais coloniaux le savent et placent leur(s) employé(s) dans une situation pour le moins favorable et digne. Enfin, dans une société africaine manquant même de l'essentiel, la notion de propriété n'a pas le même sens que dans les pays qui ne connaissent même plus le mot entraide par surabondance de biens.

Question qualification...
Si la situation de brousse permet financièrement d'engager plusieurs boys, il en va tout autrement en ville où certains se font payer à la mesure de leur talent. C'est "la course à la perle rare" qui fait qu'on se les débauche sans vergogne ou qu'on se les recommande sous le manteau.
Le boy de maison aide aux tâches domestiques, le
pichi est cuisinier, le lavadère blanchisseur-repaseur, le mokè nounou pour les jeunes enfants, le zamu
baby-sitter, veilleur de nuit ou gardien de la maison, jardinier... autant de fonctions que chacun revendique orgueilleusement lorsque l'expérience en fait un champion dans sa catégorie. Il convient donc de respecter les prérogatives et de ménager les susceptibilités (ne pas demander au pichi le travail du lavadère). Des cuisinières novices croient pouvoir critiquer un pichi qu'un  bon restaurant apprécierait en qualité de chef.
Grâce aux boys, les enfants blancs apprécient la finesse d'esprit, la joie de vivre, la spontanéité, la drôlerie, l'ingéniosité, la patience... tant de qualités qui honorent le congolais. 
Aloubè les remercie tous et garde un souvenir ému de tous les boys que ses parents ont eus un jour à leur service.

     Anecdote authentique.
           
Le boy d'un couple Liégeois était resté si longtemps à leur service qu'il parlait couramment le wallon Lîdgwè (de Liège).
            Quand ceux-ci sont rentrés définitivement en Europe, ce boy a été engagé au "Café des Sports", à côté de la Poste à E'ville.
            Ceux qui connaissaient son histoire amenaient d'office les nouveaux liégeois d' E'ville à le rencontrer "fortuitement", sans dévoiler la surprise.
            Les habitués s'adressaient alors au garçon de café congolais en liégeois :
              
- Dis m'fi, as veyou l'torè ?  (Dis donc, as-tu déjà vu le Torè ? - célèbre statue liégeoise du Taureau) et le garçon de répondre :
               
"Nenni, mais dji vôreu bin l'veye !"  (Non, mais je voudrais bien le voir)
            Ensuite, on passait la commande en wallon, le plus naturellement du monde, au grand ébahissement du nouveau.

Les grandes entreprises.
Dans le domaine des ressources locales.
I.N.E.A.C.
(Institut National pour l'Étude Agronomique au Congo), fondé en 1933, chargé de la formation complémentaire ou des recherches en agronomie, fermage, arboriculture...  ce dont elle s'acquitte avec honneur, malgré un personnel réduit. Stage terminé, les agents indigènes retournent au village, chargés d'inculquer de nouvelles pratiques aux autochtones. Succès mitigé, l'africain ne voit pas la nécessité d'une production supérieure à celle de ses besoins.

Dans un autre esprit, les colons forment également des contremaîtres en plantation ou élevage. La compétence du personnel est à l'image de celle du patron. Il n'est pas rare de compter de très bons mécaniciens, chauffeurs, comptables ou secrétaires.
Dans le domaine des arts et des lettres, les organes de presse ont formé leurs premiers journalistes. C'est parmi ceux-ci que le Congo Indépendant puisera souvent ses personnalités les plus connues. Musiciens et peintres ne tardent pas à faire parler d'eux
les arts Les missions ont également contribué à la reconnaissance et la diffusion des travaux du bois, des peaux et des tissus, du raffia, des écorces...

COTONCO (3e producteur mondial) emploie, peu avant 1960, près de 3/4 de million de travailleurs.
COMPAGNIE DU KASAÏ (huile de palme) exemple de réalisation d'œuvres sociales pour les indigènes. 
ELAKAT (viande de boucherie) étudie le cheptel et les possibilités de croisement de races résistantes aux maladies et au climat.
CSK (Comité Spécial du Katanga) chargé à l'origine par l'État belge de la concession du Katanga, il étend ses activités dans les domaines les plus divers (force motrice, eau, transport de force, cadastre, gestion des ressources...). Véritable état dans l'État, ses prérogatives dépassent les limites de la province.

dressége éléphants    
         

Domestication des éléphants à la station de Gangala na Bodjo.
A l'instar des Anglais aux Indes, les colons belges ont tenté de se servir es éléphants africains comme bêtes de somme pour le transport des espèces en forêt équatoriale. Le résultat n'a pas été à la hauteur des espérances et ce fut un échec. Une tentative de domestication du zèbre en bête de selle a également échoué.

Dans le domaine du transport
Le chemin de fer en développement incessant donne lieu à la création de sociétés comme le 
BCK ( Bas-Congo au Katanga ), (Chemins de fer du Congo supérieur au grands Lacs), (Chemins de fer du Katanga, pour l'acheminement des minerais), Léopoldville - Katanga - Dilolo, transport des minerais), KDL (Katanga - Dilolo - Léopoldville) absorbant le BCK en 1958.
Le fleuve et la route sont exploités par l'
OTRACO (Office d'exploitation des Transports Coloniaux), 
les liaisons aériennes régulières avec la métropole sont assurées par la
SABENA  
les liaisons maritimes, par la
AMI (agence maritime internationale) et la CMB (Compagnie Maritime Belge).

Quant à l'industrie des minerais,les principales sociétés dirigées depuis la Belgique et liées aux banques :  
Forminière (diamants du Kasaï), (or), (soutenues par la banque de Bruxelles),  
UMHK (Union minière du Haut Katanga, soutenue par la Société Générale), cette dernière est développée dans le chapitre "histoire du Katanga". Elle produit, outre le cuivre, du cobalt, de l'argent, du zinc, dus métaux rares (cadmium, palladium, uranium), de l'or et du platine. Ce véritable scandale géologique qu'est le Katanga fournit plus du tiers du produit national brut.

La reconnaissance de sa colonie par la Belgique.
Une naissance difficile.
A l'origine de son existence, le Congo n'était intéressant que pour le roi des Belges, Léopold II. Quelles que soient les raisons de cet intérêt, - et, à en croire la littérature critique de l'époque émanant d'écrivains étrangers ou de pamphlétaires anglophones - le roi connut, au sein même du gouvernement belge, une époque de difficultés (pour ne pas dire de conflits ouverts) à faire admettre l'idée d'une colonie.
Contre vents et marées, Léopold II maintint son idée. Il dut même puiser dans sa cassette personnelle pour entretenir le travail engagé, les expéditions et l'intérêt auprès de la finance et des grands industriels belges (ou étrangers).
A mesure que le Congo se dévoilait et qu'il devenait producteur de richesses (prometteuses), l'intérêt porté à ce territoire encore domaine réservé du Roi ne fit que croître. Quand il s'avéra que les critiques sur la manière dont celui-ci obtenait ses profits, les investissements avaient atteint une telle ampleur qu'il devint impossible de les soutenir par les seuls fonds royaux. Le Roi fit "don" du Congo à la Belgique, à charge de celle-ci de faire fructifier les investissements et d'en injecter de nouveaux en intéressant les Banques et les grands industriels.
L'idée fut heureuse et le Congo obtint rapidement l'essor que ses voisins lui enviaient. Cette situation perdura tout le temps que la colonie dura.
Une colonie est, par essence, peuplée. Pourquoi les Belges et les Congolais (citoyens belges d'adoption) n'auraient-ils pas droit à la reconnaissance de leur travail par la Belgique ? Qui mieux qu'une personne royale aurait pu être meilleur représentant de son pays envers cette colonie ?
Ainsi, régulièrement et de manière fort protocolaire, la dynastie belge honora-t-elle le Congo et ses habitants par des visites. Elle était accompagnée du Ministre des Colonies de l'époque et parcourait un voyage "triomphal" dans les principaux centres urbains du Congo. La liesse était générale, principalement auprès de la population indigène. Les villes étaient abondamment fleuries, la population ayant obtenu congé pour la circonstance.
Entre autres visites royales : 1925 - Prince Léopold --1928 - Albert et Elisabeth -- 1947 - Régent Charles -- 1956 et 1960 - Baudouin.

 

Ainsi, lors de son voyage de 1956, le roi Baudouin fut-il auréolé du surnom, dans la plus pure tradition congolaise, de Bwana Kitoko. Sa jeunesse et sa fière allure dans un uniforme de couleur ivoire y étaient-elle pour autant que son sourire et sa jovialité auprès des congolais.
Le roi eut l'occasion de visiter, comme chacun de ses prédécesseurs, toutes les grandes réalisations du pays. Il logeait à la résidence officielle des gouverneurs de province.
résidence


Visite Royale en 1956

Quelques billets de banque.
Il est évident que plus personne ne garde ces billets dans son portefeuille. Quelques collectionneurs sur le Web permettent de retrouver ces images qui nous ont été si familières.
En voici quelques coupures (non à dimensions exactes) datant de l'époque après la guerre et avant l'Indépendance.

1949
1953
1955
1956
1959
 
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