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Les
particularités de la colonie belge
Pour ceux qui ne connaissent pas la Belgique, un site qui
résume rapidement son histoire :
http://belgique.gov.be/abtb/history/fr_303001.htm
Naissance d'une colonie.
A l'inverse des Britanniques,
les
Belges n'ont aucune tradition coloniale.
Il est assez logique que, dans ce cas, l'Administration belge ait calqué ce
qui existait. Entourés de colonies anglaises, les officiels du
Congo en adoptent la tenue (shorts, casque, bottes de cuir, couleur kaki), celle des
troupes des Indes. L'installation du campement (devenant rapidement un
poste, puis une ville) répond aux mêmes besoins. Un système de communication
primitif est mis en place à coup de relais systématiquement gardés par une
milice. Il ne faut pas interrompre la chaîne. Celle-ci aboutit à la mer pour
évacuer les ressources et créer des échanges commerciaux. Le premier, Stanley comprend
immédiatement l'importance de rejoindre l'océan depuis
le fleuve, cette majestueuse voie de communication naturelle avec l'intérieur.
Les chutes d'Inga interrompent, en effet, le cours navigable à hauteur du
Stanley Pool, face à Léopoldville. Une ligne de chemin de fer devient urgente.
Il persuade le roi des Belges : "Sans chemin de fer, le Congo ne vaut pas un
penny !" .Un Comité du Chemin de Fer au Congo est mis sur chantier. Des
fonds sont récoltés avec difficulté. La colonie peut naître...
Un site sur le service postal au Congo :
http://users.skynet.be/chst/serpost.htm
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Anecdotes
Les Belges avaient déjà tenté de coloniser :
- Manhattan avec l'expédition de Peter Stuyvesant comprenant
Wallons et Flamands, au 17e siècle.
Un site pour en parler :
http://users.skynet.be/newyorkfoundation/FR/les_origines_de_new_york.html#Résumé
- Santo Tomas au Guatemala en y déportant
majoritairement des repris de justice.
Le district de Santo Tomas, soit 405.000
hectares obtenus en concession par la Compagnie belge de colonisation,
situé dans la toute jeune république du Guatemala. Succédant en 1841 à une
société anglaise, la Compagnie envoie une commission d'exploration sur le
terrain la même année ; puis, les premiers colons, pour la plupart sans
formation, s'y installent en mars 1843. Mal organisée, insuffisamment
ravitaillée, victime de dissensions internes, la colonie périclite très vite ; dès 1847, le
gouvernement belge envoie un navire pour rapatrier ses derniers ressortissants
qui le désirent et en 1855, le Guatemala retire à la Compagnie belge les droits que
celle-ci avait acquis.
- les États américains du Wisconsin, Illinois, Pennsylvanie et
Louisiane où une forte colonie belge existe encore aujourd'hui.
Comment le
Ruanda-Urundi allemand passe-t-il sous mandat colonial belge ?
Les Européens voulaient éviter de
porter la guerre dans leurs colonies …mais cela ne fut pas le cas au Rwanda
Urundi. Le 15 août 1914, les troupes allemandes basées au Rwanda Urundi
coupent la ligne télégraphique qui longe le lac Tanganyika et bombardent les
villes riveraines du lac Tanganyika. Le 22 août, un navire allemand ouvre le
feu sur le port de Lukuga. Suite à cette agression, le ministre des Colonies
Renkin adresse un télégramme aux Gouverneurs du Congo et Vice-gouverneur du
Katanga ordonnant des mesures militaires pour défendre le territoire...
Le 18 avril 1916, l’offensive belge se déclenche sur l’ordre du Général
Tombeur. Les forces d’attaque comprennent deux groupes: ceux des colonels
Molitor (nord), et Olsen (sud). Le premier jour, la brigade Olsen occupe
l’île de Gombo (sud du lac Kivu). Le lendemain, Shyangugu (Rwanda) tombe. La
brigade Molitor effectue un mouvement tournant vers l’Ouganda et marche sur
Kigali qui tombe le 6 mai 1916.Les forces allemandes du Burundi commandées
par le capitaine Von Languenn opposent une vigoureuse résistance, mais ne
peuvent tenir devant la supériorité numérique belge. Le 19 mai 1916, le
major Muller occupe Nyanza. Le 6 juin, Usumbura tombe sous les forces belges
commandées par le Colonel Thomas. Kitega est prise le 17 juin. Le Rwanda et
le Burundi sont déjà occupés. Il reste alors les campagnes du Tanganyika
(actuelle Tanzanie). La brigade Molitor s’empare de Biharamuro, puis de
Mwanza. Le colonel Moulaert occupe Karema. La marche sur Tabora commence
alors par trois colonnes. Le 29 juillet, Kigoma et Ujiji sont occupées.
Après plusieurs jours de combats acharnés, Tabora tombe le 19 septembre
1916.
Les forces anglaises et belges se coalisent pour occuper tout le Tanganyika
à partir duquel le Général allemand Von Lettow-Vorbeck, tout en opposant une
résistance extraordinaire, se rend après l’armistice du 11 novembre 1918.
Suite au Traité de Versailles, l’Allemagne perd ses colonies au profit des
pays vainqueurs. La Société des Nations attribuera à la Belgique un mandat
sur le Rwanda Urundi. |
1884 - La découverte du Congo n'apporte pas encore de
résultats financiers.
Criblé de dettes, Léopold II craint le désintéressement des Belges pour cette
terre inexploitée. Ses biens propres ont été investis dans le chemin
de fer. Il fait donc
appel aux capitaux et crée un pôle d'intérêt à coups de "publicité" pour son
Congo. Parallèlement, il y envoie de plus en plus de spécialistes
(principalement des ingénieurs et des agronomes) pour établir une carte des
ressources exploitables. Ces missions sont défendues par des noyaux militaires
qui doivent permettre d'effectuer les relevés en toute sécurité. Ils
rencontrent souvent l'opposition des marchands et trafiquants arabes.
L'ivoire.
Première ressource importante (85% de la production mondiale), elle entraîne
rapidement une destruction massive des éléphants. Après l'Indépendance du Congo
et malgré une protection
devenue nécessaire, le braconnage sévit encore à l'heure actuelle.
L'ivoire est travaillé en objets dont la forme rappelle, dans le cas de grandes
pièces, celle de la défense de l'animal.
L'éléphant actuel n'a plus le temps de laisser pousser ses défenses comme
celles de la photo ci-dessous. La chasse aux trafiquants se poursuit sans
relâche. L'ivoire confisqué est brûlé.
A l'époque coloniale, le cadeau souvenir ramené en Belgique
comportait souvent une broche en ivoire, ou une garniture de bureau, parfois un jeu d'échec dont
les pièces blanches en ivoire contrastaient avec les noires en bois d'ébène.
Un site complet sur ce pachyderme :
http://elephants.free.fr/
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défenses d'un adulte âgé
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caravane
transportant l'ivoire vers 1910 |
destruction de défenses prises aux
braconniers |
ivoire sur le marché asiatique |
Le caoutchouc
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prend la relève de l'ivoire et devient une matière fort recherchée en cette fin de siècle. Léopold II investit dans les plantations d'arbres à latex, aux tiges rampantes. Sa politique de "rentabilité" est mise en pratique par de jeunes cadres
inexpérimentés - dont Stanley se plaint régulièrement dans son courrier - aidés par une administration docile trop peu regardante en ce qui concerne les méthodes de "recrutement" des travailleurs noirs mais très pointilleuse
sur les quotas de production imposés. La chute du cours du caoutchouc soulève une virulente
campagne contre les traitements indignes infligés aux travailleurs africains. Les partisans de Léopold II soutiennent
qu'elle est plus inspirée par la jalousie des autres puissances coloniales que par la réalité. Les anglais s'acharnent sur
la personne du roi des Belges. L'écrivain américain Mark Twain fait partie des
accusateurs, le
critiquant sans retenue. En 1927, André Gide et le cinéaste
Marc Allégret
effectuent un Voyage au Congo
dont Gide tirera un pamphlet violent
sur le colonialisme (français essentiellement).
L'ère du caoutchouc liane prit fin au début du 20e siècle. Mais, le
Congo n'est pas avare en ressources.
Récolte du latex. |
L'inhumaine pratique de la "main coupée" d'origine islamique et l'application de la
"chicotte" (fimbo
- fouet fait d'une queue d'hippopotame) sont pratiquées par
des contremaîtres qui les empruntent aux esclavagistes. En effet, le caractère odieux
de ces traitements est à imputer à d'anciens
trafiquants arabes calquant leur conduite sur celle des marchands d'esclaves dont ils
connaissent la redoutable efficacité. Il n'en demeure pas moins cependant que nombre
de patrons n'ont pas eu le contrôle ou la volonté nécessaires pour
mettre rapidement fin à cette barbarie. Force est de constater qu'on
l'attribue facilement à l'administration belge. Celle-ci témoigne cependant
(même photographiquement)
de faits accomplis sous l'esclavage arabe et dans des endroits où l'implantation
coloniale n'était pas encore réalisée.
Une autre thèse difficile à accepter : certaines tribus africaines punissent le
vol par l'ablation d'une main (voir islam) ou le supplice du pal pour le vol de
bétail (Burundi).
La méconnaissance ou l'oubli partial de ces faits ont bénéficié aux détracteurs (surtout anglais) de
la colonie belge. Les estimations dressées par ceux-ci ne sont basées sur aucune
source digne de foi. La pratique barbare est complètement abolie (1908) lorsque les
Zanzibarites sont définitivement expulsés du Congo, les mêmes que Stanley avait
recrutés pour ses premières expéditions..
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Une violente campagne
de dénigrement contre Léopold II est
menée par les Anglais au
début du 20e siècle. Des pamphlets, des caricatures peu élogieuses sur la
personne du roi circulent un peu partout en Europe. Des personnalités du monde
de la plume prennent la défense de l'africain opprimé (Mark Twain, Conan Doyle, André Gide). Certains
rapports - confidentiels - atteignent les autorités
politiques de Bruxelles. Les financiers anglais se réjouissent de cette campagne
contre le Congo et surtout du monopole du commerce congolais de Léopold II car
ils ont perdu une zone d'achat fructueuse pour l'ivoire et ensuite le
caoutchouc. Anvers surpasse Londres. Pressé par une opinion de plus en plus défavorable,
Léopold II met, un peu tard (1905), son énergie à corriger le traitement indigne des
travailleurs ainsi que les injustices concernant leurs rémunérations. Pas moins
de 25
décrets sont promulgués après un rapport de juristes internationaux envoyés au Congo sous la
direction de Edmond Janssens, avocat général à la Cour de Cassation.
Extrait du très intéressant livre de Hilde Heiniken
"Congo Belge - portrait d'une société coloniale", p.82
La Grande-Bretagne avait assurément des
projets d'annexion concernant certaines parties du Congo : le Katanga et les
provinces orientales. Dans le secteur oriental, Londres voulait construire un
chemin de fer reliant Le Caire au Cap qui soit situé exclusivement en territoire
anglais. La Grande-Bretagne profita des scandales du caoutchouc avec l'aide
complaisante de ses missionnaires. A l'époque victorienne, Londres utilisa à
plusieurs reprises, pour mener à bien une politique déterminée, des agents qui
se faisaient passer pour des missionnaires anglicans. Il est très possible que
certains collaborateurs politiques aient été envoyés au Congo déguisés en
missionnaires [...] La Grande-Bretagne ne reconnut la Colonie Belge qu'en 1913,
quand Londres souhaita avoir la Belgique à ses côtés face à la menace de guerre
qui allait déchirer toute l'Europe.
La lutte contre les esclavagistes
fait nonobstant rage. Parmi les noms que la Belgique honore, des militaires
comme le sergent
De Bruyne, le lieutenant Lippens, le
baron Dhanis... font désormais partie de l'imagerie populaire et des livres d'histoire dans les écoles de Belgique.
Ce dernier, officier, s'engage au service de l'Association internationale
africaine en 1884. En 1886, il installe un camp retranché à Basoko et assure la
sécurité de la navigation sur le Haut-Congo. Commissaire de district en 1891, il
explore le Kwango méridional et oriental puis rejoint, à Lusambo, Paul Le
Marinel qui prépare une expédition vers le Katanga, une entreprise qui dégénère
en affrontement avec les Arabes. Après les assassinats successifs d'Hodister, du
lieutenant Lippens et du sergent De Bruyne, il bat les Arabes à Chigi et met les
esclavagistes en fuite à Rumaliza en janvier 1894. Il revient au Congo en 1896
comme vice-gouverneur général et commandant de la Province orientale. Son
expédition dans l'enclave de Lado est ravagée par la faim avant d'être anéantie
par la rébellion. Il ne peut la reprendre qu'en décembre 1898. La pacification
du pays lui prend deux ans.
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Le Baron Francis Dhanis
tel que l'imagerie populaire le représente, au milieu de ses hommes, combattant les
esclavagistes, principalement Tippo-Tip
... tel que la cruelle réalité de la
photographie nous le présente. C'est le barbu... à dos d'âne.
exploit
de Dhanis |
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La ligne de chemin de fer Matadi - Léopoldville est ouverte en
juillet 1893 - La gare de Matadi est inaugurée en juillet 1898.
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Le chemin de fer au
Congo, est né le 11 octobre 1889 sous la conduite d'Albert Thys.
Il engage de nombreux ingénieurs et plus de deux mille travailleurs de tous
bords, y compris chinois (voir les USA). Après de nombreux déboires
financiers, une édification pénible et chère en vies humaines, le rail
autorise l'échange régulier entre la mer et l'intérieur du pays. Le bateau
prend le relais du rail, dans les deux sens.
caravane en 1889 - avant la
construction de la voie ferrée.(archives Musée de Tervueren). |
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Les liaisons
aériennes.
Un pays aussi vaste, disposant de nombreux fleuves navigables, se devait de
faciliter l'acheminement du courrier par hydravion. C'est le premier moyen
utilisé avant l'établissement durable de pistes d'atterrissage.
Inauguration de la ligne Roi Albert -
Gombe, le 29 juin 1920. |
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Des postes comptoirs
sont installés le long du fleuve Congo. Le commerce de l'ivoire, du
caoutchouc, du bois exotique s'effectue par transport sur le dos des
marchandises du plus près de leur lieu de production jusqu'aux comptoirs le
long du fleuve. Celles-ci sont acheminées par steamboats jusqu'à
Léopoldville. Le train prend la relève jusqu'à Matadi
et, de là, le bateau pour Anvers.
Entrepôts et débarcadère sur le fleuve
Congo - 1908 |
18 octobre 1908 - L'annexion de l'État Indépendant du Congo à la
Belgique force Léopold II à l'ouvrir à la colonisation.
Le Congo compte alors près de
3.000 européens. Il prend
son essor en devenant Congo Belge.
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Les productions des
mines du Katanga nécessitent un transport par rail jusqu'à la mer. La
ligne venant d'Afrique du Sud rencontrera celle du Mozambique avant
d'atteindre Élisabethville. Un troisième débouché existera ensuite avec la
ligne vers Lobito, en Angola.
1912
- Gare d'Élisabethville.
Le rail est
essentiel pour l'acheminement du cuivre vers les ports sud-africains.
Service postal au Congo :
http://users.skynet.be/chst/serpost.htm
Cachets et marques
postales au Congo :
http://users.skynet.be/chst/cachetposte.htm |
Les missionnaires.
Les ordres religieux seront dans les premiers
à pénétrer à l'intérieur du Congo, car ils "se doivent" d'évangéliser
et éduquer les masses africaines réputées incultes. Ils s'y mettent
donc "
ad majorem Dei gloriam
", bouleversant les coutumes séculaires de l'Afrique noire.
Les missions de toutes confessions poussent comme des champignons. Outre Livingstone, pasteur
anglican évoqué plus haut, il se trouve
également des américains, allemands, français, pour
"concurrencer" les missionnaires belges. Des missions
s'installent au plus profond du territoire. Elles rapportent en Belgique l'état
sanitaire et civil des populations. Elles éduquent enfin.
L'enfant congolais est scolarisé si les parents ne s'y opposent
pas fermement. Ensuite, s'il est doué, il est
poussé vers le petit séminaire (Kisantu).
Rien d'étonnant si les premiers adultes évangélisés aient été "portés" vers la prêtrise ou le noviciat.
Le premier prêtre congolais est ordonné en 1917... 40 ans avant le premier
universitaire (Thomas Kanza - 1956)
L'œuvre missionnaire est énorme au regard
des problèmes rencontrés.
Il convient d'adapter l'acquis social et scolaire de l'Europe. Les erreurs commises les font mal comprendre des indigènes. Ils
déploient néanmoins toute
leur énergie et leur foi à aider la population, apprenant leurs
langues (premiers dictionnaires), inculquant
les élémentaires mesures d'hygiène et de prophylaxie,
améliorant les techniques agricoles et d'élevage. Ils enseignent,
soignent les enfants et canalisent l'ardeur combative des jeunes
adultes.
Leur profonde expérience du Congo a, pour beaucoup, contribué à la
compréhension des autochtones. Tout en regrettant certains choix, force est de
reconnaître que le travail (qu'ils continuent d'ailleurs) accompli par les missionnaires
est prodigieux au regard de la pauvreté de moyens matériels dont ils disposent.
Ils ont donné aux noirs la première image
du blanc.
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Les expatriés devenus colons.
Ils sont la base même de l'essor du pays. Aux premiers temps de la
colonie, ce sont souvent des personnes considérées en métropole
comme "têtes brûlées" ou inconscients . Il faut en effet
être fou pour se risquer sa vie dans ces "contrées de
sauvages", au milieu des "bêtes féroces", parmi les "cannibales"
(sic, à l'époque). Ils ne manquent donc pas de courage !
Pionniers dans tous les domaines, ils tracent les routes, créent des
postes, établissent des liaisons, combattent les maladies et
travaillent dur pour mériter les fruits de leur
travail, leur réussite étant à la mesure de leurs ambitions. Le gouvernement belge exige d'eux une
"caution financière et morale". Majoritairement honnêtes et pleins de
bonne volonté, travailleurs infatigables, doué de créativité,
à l'esprit d'initiative et aux qualités incontestables de meneurs
d'hommes, ils créent la base de l'État et le cadre de vie de leurs
successeurs,
transforment des pistes en routes praticables, implantent des relais sanitaires et postaux. C'est
un travail démesuré qui est entrepris avec foi dans l'avenir.
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Les premiers ouvrent des plantations (hévéa,
café, coton, tabac, fruits) Succèdent des
agriculteurs et des éleveurs d'un cheptel à protéger
des
prédateurs. Le fermier / guide / accompagnateur de chasse privée est
né.
Le film Out of Africa "romantise" ce constat.
Riche en minerais recherchés, le
Katanga,
à l'image de la ruée vers l'or aux États- Unis, attire d'emblée des aventuriers
limitrophes n'entrant pas dans l'orthodoxie belge. La loi du plus fort devenant
la règle, il faut recourir aux services d'hommes de poigne tels que
Robert
Wangermée (premier gouverneur du Katanga) pour les faire rentrer dans les rangs.
Première
guerre mondiale.
Les
premiers colons défrichent la brousse et commencent à
construire des villes.Une des premières maisons de colons au
Katanga. |
katanga
La
cohabitation.
Au départ, la présence des européens ne
soulève pas de problèmes. Jovial et hospitalier, le congolais entretient une relation courtoise avec l'européen
si celui-ci le respecte. Cependant, l'appât du gain rapide modifie les
relations et il n'en sera pas toujours ainsi.
La
Territoriale, pilier de l'Administration.
Chargé
par la Colonie d'un travail ingrat, difficile, voire
dangereux, l'Agent territorial ( AT- uniforme et casque colonial
blancs ) opère le trait d'union entre les résidents et le pouvoir.
Il est formé à Anvers par l'École Coloniale fondée
en 1920 par le commandant
Lemaire. Elle leur enseigne, dans un
cycle de quatre années d'études, le droit, l'économie, la comptabilité, la
botanique et l'agronomie tropicales, les connaissances techniques, économiques, sanitaires nécessaires
et même les principaux dialectes rencontrés. Les élèves apprenaient
également à aménager un potager, dresser tente et abris, passer les rivières et
fleuves, construire et entretenir routes et ponts. Le sport de l'après-midi
entretenait la forme. Un diplôme consacrait la réussite des examens en fin de
cycle.
Anecdote . Le symbole
de l'AT est son casque colonial surmonté de sa "plaque à poule" (on la
voit sur la photo, contre la jugulaire de cuir). Cet écusson emblème est ainsi
familièrement affublée de ce sobriquet parce que l'AT qui visite un village se
voit immédiatement doter d'une poule en guise de cadeau de bienvenue. Ce poulet
lui est immédiatement subtilisé par un pichi
(cuisinier) trop heureux de ne pas devoir se mettre en chasse pour trouver une
nourriture.
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Homme de terrain (sans jeu de mot), il se doit posséder de grandes qualités morales et
un sens du devoir à toute épreuve.
Sa mission consiste à administrer le territoire dont
il rend régulièrement compte à ses supérieurs. Ses activités
touchent aux
domaines de la santé, justice, police, et administration.
Il accomplit sa tâche, comme tous les agents
de l'état, par terme de trois
ans à l'issue duquel il obtient
un congé de six mois.
Un "Territorial"
examine (ou vaccine) un indigène. (archives Musée de Tervueren). |
Les célibataires sont souvent envoyés en brousse. Jeunes,
ambitieux et fougueux, ils briguent la promotion.
Il n'est donc pas souhaitable de contester les valeurs établies ou les
ordres venus d'en haut. Les services bien rendus font grimper dans la hiérarchie. Aussi, un séjour prolongé inconfortable en brousse donne souvent lieu à un
retour..."arrosé" à la civilisation.
L'absence de compagn(i)e les porte parfois à accepter de jeunes femmes
offertes en cadeau de bienvenue par un chef indigène.
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La
division territoriale et administrative du pays.
Le Congo Belge est divisé en 6 provinces - Le Ruanda-Urundi étant
sous tutelle.
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Province de Léopoldville - Léopoldville
District
du Moyen-Congo - Léopoldville
District du Bas-Congo - Boma
District du Lac Léopold II - Inongo
District du Kwango - Kikwit
Province de l'Équateur - Coquilhatville
District du Congo-Ubangi - Lisala
District de l'Équateur -
Coquilhatville
District de Tshuapa - Boende
Province Orientale - Stanleyville
District de Stanleyville -
Stanleyville
District du Bas-Uele - Buta
District du Haut-Uele - Paulis
District de l'Ituri - Bunia |
Province du Kivu - Bukavu
District du Kivu Nord - Goma
District du Kivu Sud - Bukavu
District du Maniéma - Kindu
Province du Katanga -
Élisabethville
District du Haut Katanga -
Élisabethville
District du Lualaba - Jadotville
District du Haut Lomami - Kamina
District du Tanganika - Albertville
Province du Kasaï - Luluabourg
District du Kasaï - Luebo
District du Sankuru - Lusambo
District de Kabinda - Kabinda
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Monsieur
Guido Bosteels a gentiment fait remarquer que les données ci-dessus
sont périmées. Correction a été apportée à la Province Orientale. Qu'il en
soit remercié.
Un "expert" en la matière pourrait-il aider Aloubè à corriger les
éventuels manquements ou erreurs ? Merci. |
carte du
Congo
Du
village au centre extra-coutumier.
La création rapide de villes de type occidental éveille la
curiosité des indigènes. Un grand nombre d'entre eux
s'installent en périphérie. Il faut donc pourvoir aux nécessités
générées par l'urbanisation rapide :
logements groupés, hôpitaux, magasins, écoles, travail. Ainsi naît
le
centre extra coutumier
("le
belge" en langage
colonial), quadrillé de larges avenues bordées d'arbres, aux
parcelles régulières comprenant une maison à trois pièces en matériau
durable, pourvue de l'électricité et de l'eau, avec
raccordement à l'égout public. Enfin,
dispensaire et marché, église ou temple, bar - discothèque et bâtiment
administratif complètent l'urbanisation.
C'est là que les salariés indigènes logent,
se rendant à leur travail à pied ou à bicyclette. Plus tard, des
lignes d'autobus le relieront au quartier européen. A la même
époque, nombre de quartiers ouvriers en Belgique ne disposent pas des mêmes
commodités.
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Très tôt cependant, l'éloignement du lieu de travail et de la
famille, le peu d'isolement pendant les moments libres, déplacent les
maisons du centre extra coutumier vers la propriété de l'employeur. Il ne
reste bientôt plus au "belge" que les gens de passage, les nouveaux venus en
quête de travail ou l'extension de la famille ne trouvant pas asile chez le
patron.
Types
de maisons construites pour les Congolais |
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La "ménagère".
A l'origine, les chefs indigènes,
soucieux de s'attirer les bonnes grâces des coloniaux célibataires, offrent des
jeunes filles à leur hôtes.
Celles-ci, coupées de
leurs racines, font partie de l'intimité de ces jeunes hommes,
entretiennent leur "ménage".
Fréquemment, la ménagère devient une concubine donnant
naissance à des enfants mulâtres.
Certains européens, dans ce cas, font face à
leur responsabilité et les adoptent, régularisant la place de la maman. Il faut, certes, leur reconnaître un courage certain pour braver l'opprobre d'une
partie "bien pensante" de la société.
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La
Force publique ( la F.P. )
Les guerres entre ethnies, le contrôle des aventuriers et le
maintien de l'ordre
nécessitent une "Force publique", armée
coloniale encadrée par des belges. Les
premiers engagés indigènes parlant le
lingala, cet idiome s'impose naturellement au sein de l'armée.
Le
recrutement concerne d'abord les désœuvrés qui créent des problèmes en ville.
Ensuite, les "agents territoriaux" dressent des listes d'enrôlement, les chefs coutumiers n'ayant
bientôt plus de
bons à riens, de fortes têtes ou de rivaux à proposer au recrutement.
Le soldat congolais a un uniforme kaki, composé d'un fez en feutre,
de bandes molletières, d'un short puis d'un pantalon. Il porte également,
en campagne, une toile de tente roulée et en bandoulière (comme
le soldat russe). Les chaussures sont une torture pour des
pieds nus à la plante cornée. Il faut du temps pour s'y habituer (avec la guerre
40-45).
Après 1950, il possède l'équipement
du soldat moderne.
Après un service de 7 ans, l'armée le rend à la vie
civile avec une qualification professionnelle en vue de sa réinsertion. Durant son service, sa famille le suit et loge
au camp militaire. Les enfants sont
scolarisés et encadrés dans des mouvements de jeunesse ou des
clubs sportifs. Des européennes bénévoles (femmes de militaires) instruisent les épouses en hygiène,
couture, alimentation... sur le modèle des dames patronnesses belges.
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Lors des conflits mondiaux, la Colonie engage ces soldats dans
des campagnes dont ils ne saisissent pas la nécessité. Cependant,
les faits de guerre sont fièrement ancrés dans la mémoire
des "basukumbata" (anciens combattants). C'est ainsi
que les
colonies allemandes du Ruanda-Urundi passent, le 20 juillet
1922, sous juridiction belge par décision de la SDN, hors du statut
de colonie.
Fête nationale au
Cinquantenaire.
Un
détachement de la Force Publique défile sous les arcades du
Cinquantenaire à l'occasion de la fête nationale dans les
années '50 |
Après la deuxième guerre mondiale, la Colonie crée les
bases militaires de Kitona
(bordure d'Atlantique) et, consciente
de sa prépondérance dans un conflit moderne, la base
d'aviation de Kamina
(Katanga) où sont formés les
aviateurs et les paras tant métropolitains
que locaux. L'incompréhension caractérielle entre les
fils d'Afrique et les " bulayas"
(belges de la métropole) stimule l'émulation ou engendre
parfois de sévères confrontations, les coloniaux compensant le
caractère guerrier des para commando par leur connaissance parfaite
du terrain.
Parallèlement, la Colonie instaure à Luluabourg
(Kasaï) l'École
des pupilles africains, cadre des futurs officiers. Celle-ci prévoit la première promotion d'officiers congolais aux
environs de 1964.
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La défense des
cités est confiée à la police (uniformes bleu nuit, fez rouge) encadrée de manière similaire aux
soldats mais sous l'autorité de la police (uniforme gris perle
pour les européens et bleu nuit pour les africains).
La juridiction de la gendarmerie étant strictement limitée aux
villes, ses effectifs sont sensiblement plus réduits que ceux de la F.P.
Son statut, sensiblement différent, n'en fait pas, et de loin,
un corps de seconde importance.
Première force de police
au Katanga - Élisabethville vers 1912 |
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Les
boys.
Question de vocabulaire...
Issu
du vocabulaire anglais,
boy, ce terme
générique pour tout employé de maison ne devrait porter aucune
connotation raciste puisqu'il signifie autant que "garçon" dans un restaurant, "porteur" dans une gare
ou "infirmier" dans un hôpital. C'est le terme admis
pour parler du personnel de service. Lorsque l'on s'adresse à un "boy", on
l'appelle par son prénom, tout simplement. Le tutoiement utilisé alors ne fait
que répondre à la coutume congolaise qui ne connaît pas le vouvoiement.
Les
boys sont rétribués et bénéficient de lois sociales, à l'instar de leurs homologues
de la métropole. Ils sont protégés par les mêmes lois, sont défendus en justice
et ne manquent pas de faire valoir leurs droits le cas échéant. Ils répondent
cependant d'un tribunal qui leur est propre, celui du droit coutumier. Le
législateur belge ne pouvait pas contourner "la coutume" sous peine de devoir
faire face à de profondes et graves réprobations de la part des indigènes.
Ainsi, certaines coutumes propres (question mariage, par exemple) prenaient le
pas sur les lois belges dès lors qu'elles ne compromettaient pas l'exercice de
la justice.
Un néologisme typiquement belge est issu du mot boy :
"boyesse",
femme du boy.
L'épineux et très controversé sujet de
la
"chicotte".
Dans l'arsenal des punitions corporelles (l'internement en prison n'avait
aucun sens pour un africain) infligées par un tribunal coutumier aux voleurs,
contrevenants aux usages, assassins ou criminels, seul le fouet est
resté quelque temps de vigueur à la colonie sous l'appellation de "chicotte". Il s'agit
d'une queue d'hippopotame utilisée en nerf de boeuf sur les
fesses du condamné allongé au sol, membres étirés. Le nombre de coups
était réglementé (maximum 8) et administré par un commis congolais surveillé pour préserver
au maximum une certaine retenue et la plus grande similitude avec la coutume.
Que les juristes aient immédiatement retiré de la coutume cette punition aurait été
considéré, aux yeux des congolais, comme un signe de faiblesse de
la part de l'autorité coloniale. Aussi, l'administration de cette punition
coutumière était-elle rare, réglementée et proportionnée à la gravité des délits.
Le côté "sadique" décrié par certains n'a de valeur que pour ceux
qui se complaisent de cette punition. (Que pensent les profs
anglais qui distribuaient, il y a peu, force coups de baguettes sur les
postérieurs des cancres ?) Les sadiques ont toujours existé et ne se trouvent pas forcément tous dans
les rangs des coloniaux !
La chicotte, rapidement abolie en régime civil, est demeurée en usage chez les
militaires - restreinte et surveillée - jusqu'à la fin de 1955. C'est
cependant la première punition corporelle à être remise en application après
l'Indépendance par Mobutu. Il n'a donc pas eu à "copier" une
quelconque exaction coloniale, mais bien à remettre en usage une coutume ancestrale.
Question de justice.
Il convient également de casser le cou à une croyance qui veut que le congolais
soit soumis à l'arbitraire du blanc. Le Tribunal accepte toute plainte émanant
du plaignant, juge selon la loi belge tout écart de conduite ou comportement
incorrect de la part de n'importe quel citoyen, colonial comme colonisé. Lorsque
le litige concerne deux congolais, les décisions du tribunal coutumier font
autorité.
Aloubè a trop entendu de vantardises de la part de "nouveaux coloniaux" pour
savoir que le proverbe se vérifie à tous les coups :
" A beau mentir qui vient de loin". Ces vantardises ne sont d'ailleurs
jamais proférées sciemment devant un colonial.
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Question d'envie...
Disposant d'une main d'œuvre plus aisée qu'en métropole, les coloniaux suscitent
souvent la jalousie.
En effet, les "bien pensant" de la métropole conçoivent
sans acrimonie la domesticité dans leur bourgeoisie mais supportent mal
de cet avantage chez les coloniaux.
Les boys entourent maman, tandis
qu'Aloubè se fait chouchouter. - Inongo 1948 |
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Question boulot...
Contrairement à ce que certains ont pu croire, le boy
n'est pas recruté de force, sans quoi il ne resterait pas chez son patron !
Il se présente de son plein gré (avec
recommandation quand il en possède), considère
la composition de famille (beaucoup d'enfants sont craints),
jauge le travail, les conditions financières d'embauche, le confort
et la disponibilité de son logement. Si l'emploi lui convient, il
présente son "book"
(livret des références d'emploi). Un contrat tacite ne le lie en rien à son
patron. Il le quitte quand les conditions ou les dispositions personnelles ne
lui conviennent plus. Une complicité s'établit très souvent entre lui et la
famille de son patron, à tel point qu'il n'est pas rare de constater des
services de plus de 30 années chez le même patron. Certains boys parlent parfois
parfaitement le wallon ou le dialecte local du terroir de leur patron.
Quelquefois, un patron use de phrases sibyllines (...a de sérieuses dispositions
pour l'aviation...) plus pour le jeu de mots que pour signaler un réel problème dans le
"buku"
(book, carnet de service) qui "suit" le boy toute sa vie. Ce livret peut
paraître une contrainte imposée de manière léonine ou paternaliste par le blanc.
On peut également le considérer, à l'inverse, comme un diplôme ou un brevet de
compétence, selon l'aptitude ou non à la fonction revendiquée.
documents souvenirs
Le
fallacieux
postulat de l'africain voleur
a pour explication le fait qu'il
est tenté de s'approprier les denrées qui lui manquent. Pourquoi ne
pas s'enquérir de ce dont il a besoin pour son ménage ? Le vol n'a
pas de raison s'il obtient ce dont il a besoin. Les vrais coloniaux le savent et placent leur(s) employé(s)
dans une situation pour le moins favorable et digne. Enfin, dans une société
africaine manquant même de l'essentiel, la notion de propriété n'a pas le même
sens que dans les pays qui ne connaissent même plus le mot entraide par
surabondance de biens.
Question qualification...
Si la situation de brousse
permet financièrement d'engager plusieurs boys, il en va tout
autrement en ville où certains se font payer à la mesure de leur
talent. C'est "la course à la perle rare" qui fait qu'on
se les débauche sans vergogne ou qu'on se les recommande sous le
manteau.
Le boy de maison aide aux tâches domestiques, le
pichi est cuisinier, le
lavadère blanchisseur-repaseur, le
mokè nounou pour les jeunes
enfants, le
zamu
baby-sitter, veilleur de nuit ou gardien de la maison, jardinier...
autant de fonctions que chacun revendique orgueilleusement lorsque l'expérience en
fait un champion dans sa catégorie. Il convient donc de respecter
les prérogatives et de ménager les susceptibilités (ne pas
demander au pichi le travail du lavadère). Des cuisinières novices croient pouvoir critiquer un pichi
qu'un bon restaurant apprécierait en qualité de chef.
Grâce aux boys, les enfants blancs apprécient la finesse
d'esprit, la joie de vivre, la spontanéité, la drôlerie, l'ingéniosité,
la patience... tant de qualités qui honorent le congolais.
Aloubè
les remercie tous et garde un souvenir ému de tous les boys que ses parents ont eus un jour
à leur service.
Anecdote
authentique.
Le boy
d'un couple Liégeois était resté si longtemps à leur service qu'il parlait
couramment le wallon Lîdgwè (de Liège).
Quand ceux-ci
sont rentrés définitivement en Europe, ce boy a été engagé au "Café des
Sports", à côté de la Poste à E'ville.
Ceux qui
connaissaient son histoire amenaient d'office les nouveaux liégeois d' E'ville
à le rencontrer "fortuitement", sans dévoiler la surprise.
Les habitués
s'adressaient alors au garçon de café congolais en liégeois :
-
Dis m'fi, as veyou l'torè ?
(Dis donc, as-tu déjà
vu le Torè ? - célèbre statue liégeoise du Taureau) et le garçon de répondre
:
"Nenni, mais dji vôreu bin l'veye !"
(Non, mais je voudrais
bien le voir)
Ensuite, on
passait la commande en wallon, le plus naturellement du monde, au grand
ébahissement du nouveau. |
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Les
grandes entreprises.
Dans le domaine des ressources locales.
I.N.E.A.C.
(Institut National pour l'Étude Agronomique au Congo), fondé en
1933, chargé de la formation complémentaire ou des recherches
en agronomie, fermage, arboriculture... ce dont elle
s'acquitte avec honneur, malgré un personnel réduit.
Stage terminé, les agents
indigènes retournent au village, chargés d'inculquer de
nouvelles pratiques aux autochtones. Succès mitigé, l'africain ne voit pas la nécessité d'une production
supérieure à celle de ses besoins.
Dans un autre esprit, les colons forment également des contremaîtres en
plantation ou élevage. La compétence du personnel est à l'image de celle du
patron. Il n'est pas rare de compter de très bons mécaniciens, chauffeurs,
comptables ou secrétaires.
Dans le domaine des arts et des lettres, les organes de presse ont formé leurs
premiers journalistes. C'est parmi ceux-ci que le Congo Indépendant puisera
souvent ses personnalités les plus connues. Musiciens et peintres ne tardent pas
à faire parler d'eux
les arts
Les missions ont également contribué à la
reconnaissance et la diffusion des travaux du bois, des peaux et des tissus, du
raffia, des écorces...
COTONCO
(3e producteur mondial) emploie, peu avant 1960, près de
3/4 de million de travailleurs.
COMPAGNIE DU KASAÏ
(huile de palme) exemple de réalisation d'œuvres
sociales pour les indigènes.
ELAKAT
(viande de boucherie) étudie le cheptel et les
possibilités de croisement de races résistantes aux maladies et au climat.
CSK
(Comité Spécial
du Katanga) chargé à l'origine par l'État belge de la concession
du Katanga, il étend ses activités dans les domaines les plus
divers (force motrice, eau, transport de force, cadastre, gestion
des ressources...). Véritable état dans l'État, ses prérogatives
dépassent les limites de la province.
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Domestication
des éléphants à la station de Gangala na Bodjo.
A l'instar
des Anglais aux Indes, les colons belges
ont tenté de se servir es éléphants
africains comme bêtes de somme pour le transport des espèces en
forêt équatoriale. Le résultat n'a pas été à la hauteur des
espérances et ce fut un échec. Une tentative de domestication du zèbre en bête de
selle a également échoué. |
Dans le domaine du transport
Le chemin de fer en développement incessant donne lieu à la
création de sociétés comme le BCK
( Bas-Congo au Katanga ), (Chemins de fer
du Congo supérieur au grands Lacs),
(Chemins de fer du Katanga, pour l'acheminement des minerais), Léopoldville - Katanga - Dilolo, transport des minerais),
KDL (Katanga - Dilolo - Léopoldville) absorbant le BCK en 1958.
Le fleuve et la route sont exploités par l'OTRACO (Office d'exploitation des Transports Coloniaux),
les liaisons aériennes
régulières avec la métropole sont assurées par la
SABENA
les liaisons maritimes, par la
AMI (agence maritime internationale) et la
CMB (Compagnie
Maritime Belge).
Quant à
l'industrie des minerais,les principales sociétés dirigées depuis la Belgique et liées aux banques :
Forminière
(diamants du Kasaï),
(or),
(soutenues par la banque de Bruxelles),
UMHK (Union minière du Haut Katanga, soutenue par la Société Générale), cette dernière est développée dans le chapitre "histoire
du Katanga". Elle produit, outre le cuivre, du
cobalt, de l'argent, du zinc, dus métaux rares (cadmium,
palladium, uranium), de l'or et du platine. Ce véritable
scandale
géologique qu'est le Katanga fournit plus du tiers du produit
national brut.
La reconnaissance de sa colonie par
la Belgique.
Une naissance difficile.
A l'origine de son existence, le Congo n'était intéressant que
pour le roi des Belges, Léopold II. Quelles que soient les raisons
de cet intérêt, - et, à en croire la littérature critique de
l'époque émanant d'écrivains étrangers ou de pamphlétaires
anglophones - le roi connut, au sein même du gouvernement belge, une
époque de difficultés (pour ne pas dire de conflits ouverts) à faire
admettre l'idée d'une colonie.
Contre vents et marées, Léopold II maintint son idée. Il dut même
puiser dans sa cassette personnelle pour entretenir le travail
engagé, les expéditions et l'intérêt auprès de la finance et des
grands industriels belges (ou étrangers).
A mesure que le Congo se dévoilait et qu'il devenait producteur de
richesses (prometteuses), l'intérêt porté à ce territoire encore
domaine réservé du Roi ne fit que croître. Quand il s'avéra que les
critiques sur la manière dont celui-ci obtenait ses profits, les
investissements avaient atteint une telle ampleur qu'il devint
impossible de les soutenir par les seuls fonds royaux. Le Roi fit
"don" du Congo à la Belgique, à charge de celle-ci de faire
fructifier les investissements et d'en injecter de nouveaux en
intéressant les Banques et les grands industriels.
L'idée fut heureuse et le Congo obtint rapidement l'essor que ses
voisins lui enviaient. Cette situation perdura tout le temps que la
colonie dura.
Une colonie est, par essence, peuplée. Pourquoi les Belges et les
Congolais (citoyens belges d'adoption) n'auraient-ils pas droit à la
reconnaissance de leur travail par la Belgique ? Qui mieux qu'une
personne royale aurait pu être meilleur représentant de son pays
envers cette colonie ?
Ainsi, régulièrement et de manière fort protocolaire, la dynastie
belge honora-t-elle le Congo et ses habitants par des visites. Elle
était accompagnée du Ministre des Colonies de l'époque et parcourait
un voyage "triomphal" dans les principaux centres urbains du Congo.
La liesse était générale, principalement auprès de la population
indigène. Les villes étaient abondamment fleuries, la population
ayant obtenu congé pour la circonstance.
Entre autres visites royales : 1925 - Prince Léopold --1928 - Albert
et Elisabeth -- 1947 - Régent Charles -- 1956 et 1960 - Baudouin.
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Ainsi, lors de son voyage
de 1956, le roi Baudouin fut-il auréolé du surnom, dans la plus
pure tradition congolaise, de Bwana Kitoko. Sa jeunesse et sa
fière allure dans un uniforme de couleur ivoire y étaient-elle
pour autant que son sourire et sa jovialité auprès des congolais.
Le roi eut l'occasion de visiter, comme chacun de ses
prédécesseurs, toutes les grandes réalisations du pays. Il logeait
à la résidence officielle des gouverneurs de province. résidence
Visite Royale en 1956
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Quelques billets de
banque.
Il est évident que plus personne ne garde ces
billets dans son portefeuille. Quelques collectionneurs sur le Web permettent de
retrouver ces images qui nous ont été si familières.
En voici quelques coupures (non à dimensions exactes) datant de l'époque après
la guerre et avant l'Indépendance.
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