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elisabethville
capitale du Katanga


     la capitale
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     le cadre de vie
     - zamani (il y a longtemps)
     les grandes réalisations
     Lubumbashi
 

armoiries eville

Oui, Aloubè est  franchement chauvin !
                           Comment peut-il décrire cette "perle" de l'Afrique centrale de l'époque ?  Élisabethville
       présente, en effet, un visage souriant à tous les visiteurs. Ceux-ci sont unanimes pour vanter
  
    ses charmes indolents sous un soleil généreux, sa  végétation luxuriante et toujours verte, le choix
       (le parti pris) d'une urbanisation toute en étendue plutôt qu'en hauteur, les couleurs éclatantes des
       façades de ses rutilantes avenues bordées d'essences exotiques des plus décoratives. Lorsque les
       flamboyants éclatent de couleur rouge vif, sur un fond de ciel bleu que découpe une végétation généreuse noyée de soleil, comment ne pas tomber immédiatement amoureux de cette coquine ? Et comment ne pas être frappé par les stupéfiants jacarandas aux grappes mauves, abondantes et lourdes, jetant une ombre mauve et rafraîchissante sur le sol ? Cette fameuse ombre que les peintres n'arrivent pas à imiter (sinon les meilleurs impressionnistes).
Comment ne pas se sentir dans un jardin d'Eden ? La toile ci-dessous reflète à merveille cette ambiance.
Si le Kivu (Bukavu) est le "top" du climat au Congo, Élisabethville est, sans conteste, celui du "bien-vivre".

Élisabethville ne connaît pas le stress. Ses habitants cultivent amoureusement l'art de se laisser vivre
et de respecter l'entourage. Ici, pas de disparité marquante, pas de bruyantes démonstration de force
ou de pouvoir. S'il est un endroit de la nature qu'Aloubè ait adoré, c'est bien celui-là ! 
cadre de vie 

 

Géographie d'Élisabethville (Lubumbashi)

Situation et accès:
1 230 m d’altitude. A 114 km de Jadotville, 306 km de Kolwezi,
616 km de Kamina, 2 916 km de Léopoldville.
Chef-lieu de la Province du Katanga. La ville est située à 11° 39' 58" de latitude sud et 27° 28' 35" de longitude est.
   .
Population en 1959 : 14.000 Européens, 1000.000 africains. Centre universitaire pour l'année académique 1958-1959. Deuxième ville du Congo, derrière Léopoldville et devant Jadotville. La création de la ville est due au représentant du CSK (Comité Spécial du Katanga) Robert Wangermée au début de 1910. Le nom de la ville devait commémorer le souvenir du voyage au Katanga, en 1909, de S.A.R. le prince Albert et fut créée non loin de la mine de l'Étoile. Les pouvoirs administratifs et politiques furent remis le 1er septembre 1910 au  Gouvernement Belge.

Liaisons de chemin de fer avec la côte atlantique par l'Angola, l'Océan Indien, par le Mozambique et l'Afrique du Sud, par la Rhodésie. Liaisons aériennes internes au Congo - externes avec l'Europe et l'Afrique du Sud. Par la route on atteint toutes les villes importantes d'Afrique.

angle des avenues Royale et de Tabora - éclairage matinal. Le ciel et les tons du jacaranda sont admirablement rendus. Le sol est bien mauve. - peintre: Marcel Pire
 


 
Une vue presque identique à la peinture ci-dessus. Cliquez pour dimension optimale. Même ambiance !
Elle fait partie de la collection de photos "Le Katanga de notre grand'père, n°2"  image 53/69 Palais de Justice
du site recommandé :
http://www.inchi-yetu.be/home1280.html /Divers/Vieilles photos du Katanga

Ville née de la mine.
Étroitement lié au sort du cuivre
et de son exploitation par l'UMHK (Union Minière du Haut Katanga), le site du bassin de la rivière Lubumbashi (1.222 m d'altitude) est choisi par les pionniers pour sa position en plaine de savane, océan d'herbes coupantes poussiéreuses d'où émergent des termitières géantes (sorte de tumuli pouvant atteindre 15 m de haut)  coiffées d'arbres tortueux. Le besoin d'une ville s'est fait sentir lorsque la région fut envahie par des centaines de prospecteurs provenant essentiellement de l'Afrique du Sud et de Rhodésie. Ces personnages "frustres" ne donnaient pas un caractère suffisamment policé pour être accepté par les autorités coloniales de l'époque. Il convenait de convertir ce "far west" en puissance en un territoire qui réponde mieux à la morale et politique coloniale, tout en sauvegardant notre caractère national belge, et la langue française mise à mal par une anglicisation naissante. Un lieu de convergence fut choisi, non loin des mines que l'on venait d'ouvrir et du tracé de la future ligne de chemin de fer. A l'origine, la capitale du Katanga devait idéalement se situer à la division de la voie de chemin de fer, avec la branche vers Lobito. Le Comité Spécial du Katanga (CSK) demande au Gouverneur Wangermée de choisir un lieu pour la capitale du Katanga.

Anecdote
Les employés de l'Union Minière ont toujours gardé l'appellation de la ville telle qu'elle fut attribuée à l'origine, lors de la création de la mine, c'est-à-dire Lubumbashi et non Elisabethville. Cette distinction faisait également remarquer les enfants des "miniers" des autres. Ils ne prétendaient pas dire Elisabethville mais s'obstinaient à lui substituer Lubumbashi pour ce qui concerne le quartier UM initial. (par Georges Dehasse, fils d'un agent UMHK)

brousse  

La rivière Lubumbashi (1,2 m³/ sec) a creusé une petite vallée douce, peu profonde et boisée, constituant certainement un élément positif dans le choix du site. La Kimilolo (6,95 m³/sec), la Kafubu (3 m³/sec), la Karavia (0,4 m³/sec) et la Kapemba (0,3 m³/sec) sont des rivières proches (débits relevés en saison sèche).

Le sol est constitué, en grande partie, d'une terre ocre rouge qui forme la
latérite (hydroxyde de fer + alumine). Le climat continental est relativement sain et comporte deux grandes saisons dénommées "saison sèche"  et  "saison des pluies" (36 jours de pluie par an) coupée en deux par un court interlude sec (début 2e quinzaine d'octobre à mi-janvier  - février à fin avril). Les vents sont constants mais sans force (sauf en cas d'orage et de tornade). 

La température moyenne avoisine les 21°C toute l'année, avec un maximum de 32°C et un minimum de 6°C (rarement -1° C). Les petites périodes froides se produisent en fin de nuit de saison sèche. Invariablement, le soleil parcourt le ciel pendant 12 heures. Le jour tombe brutalement, en 1/4 d'heure, à 18 heures.

vue aérienne couleur place Gare  

< Place de la Gare vue du ciel en 1960
  On remarquera, dans l'angle inférieur droit, le siège de la BCK,
  au début de l'avenue de Saïo.
  A droite du massif d'arbres (supérieur gauche), la Poste en blanc.
  Au centre, en haut de l'image, émerge le nouveau complexe de l'Hôtel de Ville.

Devant le Palais de Justice, la statue de la Reine Élisabeth de Belgique >
qui a prêté son nom à la ville.

  statue elisabeth
 

Origines de la ville.
Lors de sa fondation, la ville reçut officiellement le nom d'Elisabethville, référence à la reine des Belges Elisabeth, épouse du roi Albert Ier. Ce nom subsistera jusqu'au 2 mai 1966, date à laquelle le Président Mobutu "zaîrianisera" tous les noms étrangers. Elle prit alors le nom de la rivière qui la borde : Lubumbashi, et, d'Evillois deviennent de ce fait des Lushois (prononcez "louchois"). Lubumbashi est formé de deux autres noms : Lubu et Mbashi. Lubu est une variante du nom "luba", la rivière, (ba-luba, ceux qui habitent le long de la rivière) et Mbashi de "basa" qui veut dire "jumeaux". Donc, une localité près d'un cours d'eau créé par re-naissance d'ancêtres. Compliqué ? Lisez l'explication magnifique donnée par Frans Bontinck dans le périodique Kisugulu n° 84 du 2e trimestre 2003.

L'existence du Katanga, et de ses richesses minières, a été révélée par le géologue Jules Cornet au cours de l'expédition Bia-Franqui de 1891. Il procéda à des études géologiques approfondies. Celles-ci ont eu un impact pratique dans la prospection des sites découverts par une convention conclue le 8 décembre 1900, entre le Comité Spécial du Katanga et Mr Robert Williams de la Tanganyika Concessions Limited et collaborateur de Mr Cecil Rhodes.
En 1909
, au cours de la prospection de sites cuprifères au Katanga, les deux britanniques
Horner et le Major Sharp s'établissent près de la rivière Lubumbashi et donnent ce nom au site minier qu'ils fondent après celui de l'Étoile (situé à 15 km de là). Ils y construisent la première habitation de la future capitale du Katanga (voir photo ci-dessous). Cette prospection émane de Mr Charles Grey, célèbre en Afrique pour avoir créé les Grey Scouts dans la révolte des Matabele en 1896, époque de Baden-Powell, pour les scouts ! Grey avait dirigé, pour la Tanganyika Concessions Limited Company, la première expédition au Congo qui découvrit, au départ de Bulawayo, les gisements de Rhodésie du Nord et ceux du Katanga. Cette société fusionna, le 3 décembre 1901, avec l'UMHK et ses agents devinrent des employés de la société anglo-belge au départ, la majorité du capital restant aux mains des Belges.

Vu l'importance minier du site, la ville aurait du être construite près de Kambove sur la demande du
Commandant Tonneau, son rapport fut envoyé et accepté. Entre-temps, la Belgique reprenant le Congo (1908), le commandant Tonneau fut remplacé par le Colonel Robert Wangermée. Celui-ci opta finalement pour le site de la Lubumbashi.  Un "contentieux" existe depuis toujours entre les anciens employés de l'Union Minière et les habitants non mineurs de la capitale du Katanga. Lubumbashi minier existe aux yeux des agents de l'U.M. antérieurement à Elisabethville qui est, pour eux, un village  limitrophe. Pour les agents U.M., l'usine et ses habitations pour Blancs et Congolais se trouvent à Lubumbashi et non à E'ville. En 1927, Lubumbashi (centre minier) avait déjà ses rues et avenues (avenues des Eucalyptus, des Cascades, du Parc, du Canal, du Cuivre, du Cobalt, de l'Étoile, de la Ruashi, deux hôpitaux, une plaine de sports, deux camps pour travailleurs. Pendant ce temps, Elisabethville était occupée à s'urbaniser en construisant ses rues, mais 50% de ses parcelles étaient encore à vendre (Etat Belge ).- Précision apportée par Georges Dehasse.

Début 1910
,
Robert Wangermée, premier gouverneur du Katanga, crée donc Elisabethville, à la croisée de mines, le long de la ligne de chemin de fer, frontière politique et centre administratif, dont le plan est dû à l'ingénieur suisse Itten. Son plan en quadrillage parfait coincé entre la ligne de chemin de fer (est), réserve foncière du CSK (nord) implantation de la mine (ouest) et rivière Lubumbashi (ouest) est calqué sur l'urbanisation des principales villes sud-africaines et rhodésiennes (comme Bulawayo) et américaine de Kalamazoo (également registre dont les pages sont quadrillées en rectangles). Elisabethville est sise, à l'origine, sur 450 hectares. Ses parcelles rectangulaires mesurent environ 240 x 120 mètres, comprenant 16 parcelles à bâtir égales de 30 x 55 m, séparées par une voirie de 30 m bordée d'arbres. La ville suit un axe longitudinal quasi parfait, Nord-Sud, sur la rive gauche de la Lubumbashi. plan Ces dimensions correspondent à l'idée déjà bien introduite d'une ville souriante et verte comme l'avait imaginée Georges Moulaert pour Léopoldville. Chaque parcelle répond à un style  et aux conditions de vie sous les tropiques, avec le soucis d'hygiène et de "privacy" caractérisé par une ruelle sanitaire à l'arrière de la propriété (héritage sud-africain). Il n'y a pas d'hiérarchie dans le système parcellaire ou du quadrillage des rues.
Chaque achat de parcelle mise en vente par le CSK est soumis à l'obligation de construire dans un délai de trois mois, après introduction d'une demande de permis de construire (à partir de juillet 1911) se référant à un plan de lotissement et à un règlement strict. Ceci n'a pas empêché la subsistance de maisonnettes en pisé pendant un certain temps. Mais, très rapidement, la construction en matériaux durs et nobles (briques, tuiles, menuiserie...) enlève le caractère précaire de cet ancien campement de toiles et de baraques hétéroclites. Une zone verte non aedificandi est prévue devant chaque construction, derrière l'alignement à rue, pour conserver l' aspect "boisé" qu'a le site de la ville à sa naissance. Ces caractéristiques urbanistiques n'enlèvent rien à l'incontestable "charme" de la ville, que du contraire ! Le terrain connaît alors une hausse de prix sans égal. En effet, le mètre carré à 2,50 fr de 1910 en vaut déjà 35 en 1919 ! Ces prix déterminent alors une sélection socio-économique, délogeant les aventuriers sans ressources au profit d'une classe de commerçants et d'agents coloniaux bien rétribués des diverses grandes sociétés installées. On voit alors la naissance de quartiers spécifiques qui jusque là n'existaient pas. La mine de l'UMHK crée son quartier, le commerce le sien, les militaires ne sont pas de reste, ainsi que le BCK... Ces quartiers, existant encore au moment de l'Indépendance, déterminent plus que toute autre prédestination urbanistique, un caractère spécifique à chaque ville coloniale. Le centre névralgique de la ville que Wangermée voulait installer Place de l'Étoile, se fixe définitivement, par ses habitants, Place de la Poste.

En cette même année, le train venant d'Afrique du Sud arrivait à Elisabethville.
De ces premiers trains débarquèrent de bien étranges têtes ! Il semblait que tous les ratés et les propre à rien d'Afrique se fussent donné le mot. Grand rendez-vous au Katanga. Mais, ils n'étaient pas les seuls ! Arrivèrent nombre de soi-disant commerçants, tenanciers de bar et leur acolytes qui, sans désemparer, montèrent boutiques sous tentes, de vulgaires bâches ou dans des huttes en pisé. Une ville champignon avait poussé, du jour au lendemain, peuplée d'un monde interlope hantant ses innombrables bouges ! [...]
Pendant ce temps, à Lubumbashi, du coeur même de la brousse vierge, un nouveau monde émerge. Surgissent du sol, chaudières, centrale thermique, fours et trémies, sous la protection d'une imposante cheminée... -
En prospection au Katanga il y a cinquante ans - Major R. R. Sharp.

En ses premiers temps, Elisabethville n'est encore qu'un campement de tentes et baraques aux toits de paille. En une dizaine d'années, elle se transforme en ville champignon, comme aux USA (voir photos au Cadre de vie ). Les premiers commerçants s'installent (Glasstone), suivis de près par les premières installations publiques (Poste, Gare, Château d'eau, Palais de Justice...) et les premiers édifices religieux et scolaires (Cathédrale en 1930 - Collège Saint-François de Sales depuis 1912, Institut Marie-José).
Une ville est née.

  la chronologie de la naissance à l'Indépendance : http://users.skynet.be/fa331911/divers/evilehis.htm
lire la belle histoire de sa naissance :  http://sohier.free.fr/terre.htm
Un personnage très important d'Elisabethville, Mgr de Hemptinne : http://www.dehemptinne.net/documents/felix.htm

premiere construction

  La première construction d'Elisabethville (site minier de Lubumbashi - 1909)
servant de bureau et d'habitation à MM. le Major Sharp et Horner

Ces deux personnes sont les premières à avoir prospecté les sites cuprifères
du Katanga, et plus particulièrement, Kambove et Lubumbashi.

 
premières villas   Premières villas (1910)  
construites sur pilotis pour empêcher l'attaque du bois par les insectes et la vermine. Le principe de la grande barza est encore de mise. Le toit en tôle ondulée apparaît, ainsi que les châssis de fenêtre.

 

 Le Mess de l'Étoile (1910)
  est provisoire et construit en pisé, toit de paille,.les ouvertures sont minimales. Les bicyclettes sont un luxe !

 

  mess Etoile 1908
 
rue royale

1915

glasstone
Rue Royale   Le pionnier des magasins, Glasstone

Ces photos anciennes ont paru dans le livre UMHK 1906-1956 - Un grand merci et bravo aux photographes ! Quelqu'un les connaît-il ?

Les populations
Autochtones
.
Les données manquent pour tracer une histoire de peuplement digne de confiance, cependant, la tradition orale peut être prise en considération et acceptée comme véridique. La population est d'ethnie Luba (ba-luba), pêcheurs et agriculteurs principalement. La tradition attribue cependant l'origine du peuplement aux pygmoïdes Tumandwa, hommes à peau rougeâtre, aux cheveux bouclés roux. Ils sont ensuite éliminés par d'autres pygmoïdes, les Batwa, à la peau plus sombre et aux cheveux plus crépus, eux-mêmes chassés par les Bantus. Parmi ceux-ci, les Bakunda (chef : Kunda Kasanga) se mélangent aux Batwa pour former les Bazimba. Ceux-ci émigrent dans toutes les directions (on prétend jusque Madagascar). Les terres sont alors occupées par les Bahemba.

mwata yamvo  

Les figures marquantes des Balubas sont les rois Nkongolo, Kalala Ilunga (16e siècle) et les successeurs Kasongo Nyembo et Kabongo, frères et empereurs déjà soumis aux réalités du tribu à payer à l'esclavage du 19e siècle. Le dernier de la lignée des chefs est le "Mwata Yamvo", empereur Lunda, plus par tradition que par pouvoir. les ethnies

Le Mwata Yamvo au milieu de ses femmes - 1928

 
 
cité indigène  

La population autochtone progresse. 1940 à 1950, elle passe de 27.000 à 90.000 âmes et, en 1960, elle atteint près de  200.000 personnes (2.000.000  en 2000). Le déficit en logements est préoccupant, la  construction ne satisfait pas la demande. Il y a donc surpopulation constante.

La Cité indigène 1950      plan     Avenue du Lomami 1918

  av Lomami

Allochtones européennes.
La population européenne compte 1.400 âmes en 1920 pour atteindre, en croissance constante, 4.200 en 1930. La crise met un frein brutal. La population chute à 2.900 personnes pendant 6 ans, pour remonter régulièrement jusqu'à 6.000 à la fin de la dernière guerre. Après celle-ci, une  progression fulgurante lui fait atteindre près de 15.000 personnes en 1960, à la veille de l'Indépendance du Congo.

On dénombre également des populations juive (originaire de la méditerranée), portugaise (originaire de l'Angola), indienne et sud-africaine (originaire des colonies anglaises), arabisée (reliquat des commerçants arabes ou des négriers), toutes implantées déjà au tout début de l'existence de la ville.
La communauté juive d'Elisabethville est très active et croît rapidement. Une synagogue est construite en 1930. Décédé en 2003, nous retenons tout spécialement la popularité et le respect que témoignent au Grand Rabbin Levy toutes les personnes qui l'ont approché un jour.
Hommage au Grand Rabbin Levy par sa fille Malca : http://www.grand-rabbin-moise-levy.org
site des juifs au Congo : http://moise.sefarad.org/ouvrages/congo/  
patronymes juifs au Congo : http://www.sefarad.org/publication/echos/023/patro.html
juifs de Rhodes : http://www.sefarad.org/publication/lm/031/menache01.html
Communauté juive noire ! : http://www.mindspring.com/~jaypsand/music.htm


La langue usuelle est le français après l'avoir disputé à l'anglais au temps des premiers prospecteurs d'Afrique du Sud et de Rhodésie. Ceci est probablement dû aux ingénieurs des mines principalement d'origine francophone, puis, plus particulièrement des cadres et mineurs du Borinage et des industries lourdes liégeoises. Le bilinguisme belge constitutionnel, confidentiel à ses débuts, progresse vers la fin de la colonisation. Les autochtones comprennent mal les complexités linguistiques belgo - belges et une deuxième langue rapportée sur le tard. Remarque moins futile qu'il n'y paraît : le cours d'histoire parle, devant des écoliers africains, de "nos ancêtres les Gaulois" dans la bouche d'un enseignant missionnaire flamand ! Les flamands seront malicieusement surnommés
"bazègezège" par leurs employés africains. (Zegezege, déformation du néerlandais Zeg, zeg - Dites, dis).

Le cadre de vie.
L'urbanisation ne sert aucune logique, le quadrillage des rues mis a part. Les bâtiments publics sont répartis dans tous les coins de la ville, sans cohésion apparente. Ceci confère un charmant désordre que personne ne semble regretter réellement. Tous les styles se marient avec le même bonheur. Les essences d'arbres sont plantées uniformément dans les rues.
La "verdurisation"
(totale au début) fait rapidement place au défrichage et au replantage des arbres. Aujourd'hui, la recherche de bois de chauffage a massacré nombre de belles avenues arborées. (voir aujourd'hui la place de la Poste, le Monument aux Morts...)

Élisabethville ya zamani (Élisabethville d'il y a longtemps)
Ces émouvantes photos datant de 1908-1912 sont dues à plusieurs  photographes dont les oeuvres sont amoureusement rassemblées dans un site chaudement recommandé :
http://www.inchi-yetu.be/home1280.html  rubrique Panorama du Katanga sous le titre Lubumbashi. (Merci à Jean et Ben).

premiere implantation    

premiere eglise

première implantation

premières habitations

première église

coiffeur   av sankuru  

rue et place royale

coiffeur

avenue du Sankuru

Rue et Place Royale

environs lubum parc maison fonctionnaire

Environs de la Lubumbashi

Parc

Maison de fonctionnaire ?

bureaux umhk cercle albert et elisabeth place royale

Bureaux de l'Union Minière

Cercle Albert et Elisabeth

Place Royale

palais gouverneur sankuru moero elakat

Palais du Gouverneur

angle Sankuru-Moëro

Boucherie Elakat

Commentaires sur les photos ci-dessus
première implantation : aucune amorce de rue, aucun déboisement, aucune délimitation quelconque.
premières habitations : une rue est très clairement dessinée, le déboisement a commencé, les cases rondes en pisé sont identiques à celles des indigènes.
première église : apport européen dans la construction de la maison : les fenêtres.
coiffeur : la pancarte annonce "barber shop" ce qui démontre la présence anglaise dans les lieux. Le vélo marque un début d'échanges commerciaux.
avenue du Sankuru : habitations européennes en préfabriqué. Cette voie part de la Poste vers les futurs clinique et Institut Marie-José.
Place et rue Royale : à gauche, la future PEK et le Palais de Justice, à droite, le futur Hôtel de Ville de 1961.
Environs de la rivière Lubumbashi : vallée en pente douce. La Lubumbashi servira à alimenter l'UMHK en eau.
Parc : difficile de le situer. S'agit-il du Parc Heenen ou du Parc de la Ville ?
Maison de fonctionnaire : à voir le style, il s'agit d'un fonctionnaire de haut rang.
Bureaux de l'Union Minière : déjà le souci de l'ordre. Première "grosse" institution.
Cercle Albert et Elisabeth : le lieu de rassemblement de tout le gotha d'Elisabethville.
Place Royale : comparez avec celle du dessus.
Palais du Gouverneur : première version. Le mur d'enceinte est le définitif. Remarquez la "planton" de faction près de sa guérite.
Angle des avenues de Sankuru et Moëro : apparition de l'automobile.
Elakat : la boucherie est une activité attendue dans la brousse du début. L'électricité est installée.

Élisabethville en 1958

av Kambove

Flamboyants
au centre de l'image, la nouvelle église du Collège
avenue de Kambove (1959)
Jacarandas

la peinture du bas des troncs se veut
une protection du bois et un repère de
circulation comblant la déficience
d'éclairage nocturne des premiers temps

Photos de Nadine Watteyne - Un grand merci !

jacarandas couleurs
 

A mesure de l'avancement de la ville, des essences importées garnissent les rues et allées, telles que le jacaranda, acacia et flamboyant. Les particuliers optent volontiers pour la pousse rapide des bougainvillées, des haies d'euphorbe au latex dangereux pour les yeux, l'ombre et le parfum des eucalyptus, au manguier généreux. Toutes les variétés colorées de cannas, lauriers, lantanas, roses, agapanthes ont donné, au fil du temps, un cachet à la ville très apprécié des habitants et qui surprend le visiteur.


bougainvillées

agapanthes            

frangipanniers
fleurs en grappe du bougainvillée     agapanthe                                 canna rouge frangipanier
acacia jacaranda flamboyant
acacia jacaranda flamboyant

Les photographies sont éditées par myriamdormal@yahoo.fr   -  un grand akisanti (merci).

L'eau et l'électricité sont gérées et distribuées respectivement par la Régidéso (qui reprend un distributeur privé en 1945) et la Sogélec (Société générale d'Électricité). Elles méritent un grand coup de chapeau pour suivre un développement urbain éclatant dans toutes les directions à la fois et dont l'UMHK exige énormément de ressources pour ses activités.
Les voiries sont rapidement asphaltée sur une largeur de 8 mètres, terminée par un caniveau ouvert (égout) qui sera fermé et recouvert dans les années 50. Un large trottoir en latérite ou dolomie agrémente chaque parcelle d'une trentaine de mètres de large et soixante de profondeur. Le premier signal lumineux d' E'ville n'est placé qu'en 1958  ! La circulation automobile y est fluide et courtoise sous les allées de jacarandas ou de flamboyants.
Le réseau des routes
est très actif. La ville située sur un axe de communication Nord-Sud, relie
Sakania (frontière Rhodésienne) à Bukama. La piste du début s'agrandit. Son tracé devient rectiligne sur une dizaine de kilomètres, au départ du centre de la ville (à la belge) devant la cathédrale, imposante bâtisse de brique de terre cuite nue flanquée d'un clocher en campanile surmonté d'un toit de tuiles romaines. Cet endroit est géographiquement le centre de la ville, tandis que la Place de la Poste en devient le centre attractif.

Habitations modernes européennes

villa1 villa2 villa3
type balnéaire belge type colonial avec barzas (1950) style art déco (1940)
villa4 villa5 villa6
type chalet moderne des années 50 de l'architecte Strebelle
 

Élisabethville entretient soigneusement un certain art de vivre.
La maison coloniale
est implantée au centre de la parcelle. Elle occupe un seul niveau de 120 m² en moyenne (garage compris). Le toit est à double (parfois quadruple) pente, en paille aux premières années, en tôle ondulée ensuite et en tuile romaine vers 1950.
Les façades du temps des pionniers sont constituées de pisé, rapidement remplacé par la brique apparente. Finalement, les murs en crépi de ciment sont peints de couleur blanche ou pastel quand ils ne sont pas simplement chaulés.
Les jardins généralement engazonnés de "chiendent", (herbe tenace et résistante à la sécheresse) sont fleuris toute l'année et bordés de haies de bougainvillées ou d'euphorbes. Lorsque l'eau parvint à tous, le bruit des gicleurs d'arrosage sert de fond sonore.
Le confort moderne atteint rapidement le standard américain de l'époque. Il n'est pas rare de rencontrer tout l'équipent ménager importé directement des États-Unis. On connaît ainsi, la cuisinière électrique "
General Electric", le réfrigérateur "Kelvinator" ou "Frigidaire", les cameras, enregistreurs... plus rapidement que la Belgique. 

Les belles photos d'Elisabethville...

album

Pour clore, quoi de mieux qu'un des très beaux écrits sur la ville natale d'un poète katangais ? André M. Kabamba.

Images d'Elisabethville

J'ai emporté de ma ville natale
       Elisabethville
ses cartes de visite pittoresques.
       Sur mon socle mental
elles reposent à jamais.

Ville géométrique, Elisabethville
        est un dépliant en quatre,
A la jonction du quartier commercial
        et du quartier résidentiel
au carrefour de la société blanche
        et de la communauté noire
Le canal Lubumbashi croise le fer avec l'avenue de l'Étoile
        un repère historique des lions.

Les eaux de la Lubumbashi coulent décidément
        et précipitamment vers la fin du monde.
Descendant des campagnes perchées sur des monts verdoyants
        Karavia se noie dans Lubumbashi
après avoir sur son passage pris en otage Kasapa aux eaux boueuses.

Lubumbashi chargée de Karavia et Kasapa
        nettoie, rince et évacue la ville industrielle et ingénieuse
de se déchets ménagers et graisseux
        avant de se laver elle-même dans la mystérieuse Kafubu
        en compagnie de Katuba qui l'a juste rejointe non loin de l'embouchure.
 


A travers un paysage sauvage et hostile, monts et plaines
         Kafubu comme un caméléon porte des noms locaux différents
sans doute des identités multiples en amont où elle s'échappe
          en débandade marécageuse des massifs de Kipushi
et en aval où elle plante son arc de triomphe de gigantisme
           successivement sous les noms de Lualaba et du Fleuve Congo
avant de signer, grosse des eaux du Congo
           son arrêt de mort à la porte de l'Atlantique.

Ville au comble de l'orgueil se mesurant
moins par son terril de scories vieux de cinquante ans sonnés
que par sa cheminée haute de cent cinquante mètres tapants
ses asphaltes couvrant des milliers de kilomètres comptants.

Sans désemparer, Elisabethville revendique
dans le respect des traditions ancestrales, le statut de notable
et arrive en second comme Capitale du cuivre
          bien que fille aînée de l'industrie minière.

A l'allumage des lampions de son cinquantenaire,
la ville de Van Malleghem venait de s'arroger le statut urbain accompli
à la volonté ferme de se développer rationnellement.
Comme une forteresse, elle assigne son centre stratégique
        à la zone de résidence européenne.
L'avant-garde est occupé par l'aéroport de la Luano.
        Kenya et Katuba, résidence de main d'oeuvre africaine
occupent l'arrière-garde tandis que dans les ailes
        s'épanouissent l'outre-Lubwe, la résidence industrielle
et le camp d'ouvriers UMHK d'une part et d'autre part,
        la mine de l'Étoile, la Ruashi, le futur Bel Air et le camp militaire.

        Elisabethville pouvait faire étalage
d'un aérodrome et hippodrome
        du Parc Heenen jardin de rendez-vous zoologique et d'un musée
d'un cadre d'accueil, le cercle Albert, et d'un palais de justice
        de Lido pour le bain public et d'un champ de tir
d'une foire permanente à la place du cinquantenaire
et de meilleures références d'enseignement laïc et confessionnel.

Les visiteurs débarquant de l'aéroport de la Luano pouvaient admirer
son four Walter Jacquet, un joyau industriel rare et historique,
         la malachite vert bleu de la mine de l'Étoile introuvable ailleurs
des macadams qui pavent les rues de l'ancienne ville
         des croisettes qui tiennent dans un même emballage
                 l'histoire de l'industrie ancestrale et celle de l'industrie moderne.

Munama, 1963 - Le Passé Revit - ACAUS Ltd. - p.33 et 34

Les grandes réalisations à la veille de l'Indépendance.
Le Bassin de la Ville et le stade de la Victoire (angle avenues Churchill, Saïo, Droogmans)
Le jardin zoologique (bas de l'avenue de l'Étoile, partie du parc Heenen)
Le Lido (en face des chutes de la Lubumbashi et avenue Gouverneur Heenen))
Le Musée.(angle boulevard Elisabeth, face à l'avenue Cassart)
Le Golf (route du Golf, prolongement Ouest du boulevard Elisabeth)
La Luano ( aéroport )

luano couleurs

Deux vues de l'aéroport
international de la Luano
( Élisabethville )

 

< 1997                                                               1958 >

Le Théâtre

 

1962
Le Théâtre de la Ville

Oeuvre de l'architecte
Claude STREBELLE,
ce magnifique complexe a été construit
par des ouvriers spécialisés belges aidés
par la main d'œuvre
locale.
Il a été inauguré  le 04 août 1956
avec la pièce "Lotus et Bulldozer'
présentée par le Théâtre National de Belgique.

Il est aujourd'hui le Palais et la
résidence du Président de la RDC

L'Hôtel de Ville

1961
Hôtel de Ville
La construction de cet élégant édifice a débuté en 1960
pour être achevée lors de l'Exposition Internationale de 1961.

 

Élisabethville en 2002 (Lubumbashi)

Extrait du site http://www.congo2000.com/geographie/Lubumbashi.htm

Aujourd’hui, Lubumbashi est l’une des villes les plus modernes d’Afrique centrale, une opulente cité de près de 600 000 habitants bâtie dans la savane autour de la petite rivière dont elle porte le nom. Ses larges avenues ombragées sont bordées d’élégantes villas blotties au milieu de magnifiques jardins. Le centre commercial s'articule autour  des avenues Kasaï et Mwepu, du boulevard Lumumba et du rond-point de la Révolution. C’est une ruche bourdonnante d’activité, un périmètre élégant, attrayant de jour comme de nuit.

Lubumbashi est une véritable métropole urbaine avec ses places, son stade olympique où le football est roi et son jardin zoologique où, à défaut de visiter les parcs nationaux, le voyageur pressé peut admirer quelques beaux spécimens. Tous les cultes religieux coexistent de la belle mosquée blanche bâtie à mi-chemin entre le centre et le stade olympique, jusqu’à la cathédrale Saint Pierre-et-Paul en plein quartier résidentiel, en passant par la synagogue (une des rares d’Afrique noire) construite en 1929, au croisement des avenues Mobutu et Lumumba.

Lubumbashi est aussi une grande métropole artistique et culturelle, une ville de peintre et des sculpteurs dont les œuvres décorent tous les monuments officiels de la République.  Le visiteur de passage a la possibilité d'enrichir sa collection de belles pièces.  Il rendra visite aux frères Tchenge pour assister, s'il le désire, au travail de sculpture sur bois et cuivre.  Les ateliers de ces artistes de talent proposent de magnifiques tableaux en cuivre représentant les scènes de la vie, des portraits ou des paysages.  Les jeunes qui se sentent une vocation artistiques doivent y être regroupes pour acquérir une solide formation.  
C'est au 52 de l'avenue de la Rébellion qu'habite le Maître Kalumba, premier prix d'arts plastiques au festival des Arts Nègres à Dakar.
Des peintres sur toile comme Pili-Pili, Mwenze et tant d'autres méritent aussi une visite. La grande métropole du Katanga s'enorgueillit également d'un élégant théâtre qu'abrite le Bâtiment du 30 Juin et d'un intéressant Musée National en cours de restauration.

Avec ses facultés et ses écoles techniques, l’ Université de Lubumbashi forme les cadres supérieurs et les techniciens dont a besoin la puissante industrie du Katanga. Mais c’est aussi un campus remuant, bouillonnant de jeunesse et d’idées, qui donne parfois du fil à retordre aux autorités, mais qui témoigne que le pays a su prendre une sérieuse option en faveur de l’avenir.

Les environs de Lubumbashi offrent de nombreuses possibilités de promenades et d’excursions. Il faut visiter les villages où les forgerons traditionnels exercent leur art à partir du cuivre.  Il faut prendre la route qui longe les grosses fermes modernes, traverse des rivières, longe des cascades et les chutes rapides du Lualaba. L’amateur de sport n’a que l’embarras du choix : sports équestres  (le Cercle hippique de "l’ Éperon", à quelques kilomètres de Lubumbashi, près du village de Kabubamash, possède une quarantaine de chevaux), sports nautiques (dans le beau cadre du lac Municipal), golf, (dans la périphérie de la ville), tennis... Et si l'on préfère la chasse ou les plaisirs de l'aviation légère, l'infrastructure existe. Enfin, le parc national des Kundelungus est à 180 kilomètres. Il offre la possibilité de découvrir un riche échantillonnage d’animaux sauvages à proximité d’une grande agglomération urbaine. Chance que beaucoup d’hommes d’affaires de passage à Lubumbashi n’hésitent pas à saisir.

vers centre  

place de la Poste

 

place Tshombe

vers le centre ville
vues récentes de IN&BE - 55/80

 

place de la Poste
vues aériennes récentes de IN&BE - 42/61

 

place Tshombe
album d'Eddy MATHIEU - 3/34

photos extraites du site recommandé : http://www.inchi-yetu.be/home1280.htm Lubumbashi / la ville - Akisanti sana bandukus !

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