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Le Grand Atelier

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Haine Saint-Pierre - Goldschmid

Une grande surface, un grand magasin, un grand garage et un magasin de bricolage, un tertre vert surmonté d'une petite cheminée d'usine, c'est tout ce qui reste de ce que la région du Centre nommait fiérement "Le Grand Atelier".
Il s'agissait là de l'officieuse Société Anonyme des Forges, Usines et Fonderie de Haine-Saint-Pierre. On la connaissait aussi sous le vocable de "Goldschmid" qui était le nom de deux de ses plus prestidieux directeurs.
Les Forges, Usines et Fonderies (FUF) sont connues sous ce nom depuis le 26 juillet 1838, date de leur création officielle.

Elles remplacaient les ateliers des frères Parmentier. Ces derniers manquant de moyens financiers, ne constituaient Pas une affaire florissante, mais jouissaient néanmoins d'une excellente réputation.

Marc Parmentier, premier directeur.

Lors de la création de la nouvelle société, Marc Parmentier fit un important apport en bâtiment et en outils (fonderie, fours à coke...). Après Marc Parmentier, plusieurs directeurs firent se développer l'entreprise. Les premiers directeurs semblent avoir été, tout comme M. Parmentier, des gens qui mettaient la main à la pâte avant d'être de grands administrateurs. Mais, les Goldschmid furent sûrement ceux sous lesquels l'entreprise connaîtra sa plus grande notoriété, à un tel point que leur nom va déteindre sur l'usine que l'on continuait à nommer "Le Grand Atelier" mais qui s'appela jusqu'à la fin "Goldschmid". C'est sous l'impulsion de Louis Goldschmid, qu'en 1895 d'importants investissements furent faits, afin de construire des séries importantes de locomotives. Les Ateliers Goldschmid ne fourniront pas seulement l'Etat Belge mais exporteront aussi en Chine, en Egypte, dans les Balkans, en Argentine.
Pendant le premier conflit mondial, les ateliers ne travaillèrent pas pour les occupants. En 1818, après le retrait germanique, Georges Goldschmid reprit possession des ateliers partiellement pillés par l'ennemi.
Mais, grâce au matériel de haute qualité fourni par la FUF, les ateliers de Haine-St-Pierre reprendront très vite le marché chinois que les américains avaient conquis pendant la guerre.
En 1921, Georges Goldschmid fera édifier une vaste usine destinée à la fabrication de wagons à marchandises.
Au XIX siècle, les "études de marché" n'existaient pas ou très peu. Les grandes occasions de présenter et faire valoir ses produits étaient les expositions internationales et universelles. Ces dernières furent nombreuses et la FUF s'y forgea une belle renommée. Cela lui permit également de contribuer à augmenter la bonne réputation du matériel roulant belge. Outre par les nombreuses entreprises belges, les produits de la FUF furent aussi très appréciés à travers le monde.

Le nombre des ouvriers spécialisés augmenta aussi au fil des ans. En 1843, la FUF employait 165 ouvriers spécialisés. Après la première guerre mondiale, ce nombre était passé à 1500.

Si lors de la première guerre, les usines fermèrent et reprirent de plus belle après l'Armistice, il n'en fut pas de même lors du second conflit mondial. Les nazis connaissaient très bien la qualité des produits de la FUF. Il n'est donc pas étonnant qu'ils passèrent de nombreuses commandes.

Un peu après la libération, la FUF continua à travailler mais pour d'autres maîtres. On acheva les commandes en cours, mais l'Etat n'acheta plus de locomotives à vapeur. C'est ainsi que commença une période critique pour l'entreprise.

La 1000e locomotive de la société FUF
Document Cercle Henri Guillemin

Après la guerre, l'Allemagne, soutenue et renflouée par les Alliés, repartait à zéro. Les usines allemandes s'équipaient de machines modernes et adoptèrent les méthodes de travail "à l'américaine". On ne peut pas dire que ce fut le cas de notre côté.

Une période de prostérité se fit quand même connaître jusqu'en 1951, mais 10 ans plus tard, le 31 juillet 1961, c'était la fermeture.


De nombreuses locomotives témoignent passivement de leur grandeur passée !

Une vielle locomotive industrielle numérotée MF32 est abritée au musée de Treignes

Elle a été fabriquée en 1904 par la FUF et porte le No 792-1904. Sa configuration est 020. Sa masse à vide était de 20 tonnes et de 25 tonnes en ordre de marche. Elle développait une puissance de 55cv pour un effort au crochet de 3000kgf. La chaudière avait un timbre de 11kg/cm2 et contenait 111 tubes à fumées de 40/45 mm de diamètre.
Cette petite loco a une longueur de 7,32 m. Le diamètre des cylindres est de 315 mm pour une course de 400 mm. Initialement sa charge de charbon était de 400 kg, elle fut portée ensuite à 800 kg. La chaudière pouvait contenir 1800 litres d'eau. Les soutes pouvaient contenir 1800 litres d'eau.

Elle a commencé son service le 25 février 1905 aux Charbonnage de Monceau-Fontaine, site du Rivage de la Sambre à Marchienne-au-Pont pour la manoeuvre de wagon de charbon. Elle termina son service en 1969.

Une autre se trouve à Maldegem :

Cette locomotive de type 030 a été construite en 1923. Elle porte le No de construction 1405.
Elle est la propriété du Stoomlocomotieven de Maldegem et attend sa restauration.

Photo © Stoomlocomotieven

D'autres roulent encore !!

Même si les machines à vapeur se font de plus en plus rares, certaines de ces vieilles dames roulent encore aujourd'hui !

Une loco provenant des ateliers de Haine-St-Pierre (La 130T No 1316 de 1920) roule encore, aujourd'hui, en baie de Somme.

Plaque constructeur de la 130T
Photo © Frédéric Delaitre

Photo © #169 ; 2002 Frédéric Delaitre – reproduite avec la permission de l’auteur

Cette photo a été prise en août 2002 en gare de Saint-Valery-sur-Somme.
La loco est en tête du train de 15h15 en partance pour Noyelles.

 

Exemples de locomotives fabriquées par la FUF :

Les locomotives Garratt :

Photo © Colin Churcher

La locomotive No2068 construite en 1952 fonctionna sur le réseau du Monzanbique jusqu'au début des années 1990. On peut admirer d'autres exemples à l'adresse : http://users.powernet.co.uk/hamilton/pics6.html

Liens :

http://www.rail.lu/hainesaintpierre.html
http://www.chemin-fer-baie-somme.asso.fr/preservation/index.htm

Références :

CE SUDPRESSE - Lundi 02 Juin 2003 - Article de Mr Renato Andreolli
"Nos industries au passé" Cercle Henri Guillemin.
Pages ferroviaires de Frédéric Delaitre