RÉFLEXIONS SUR NOTRE ( ??? ) SOCIETE

    

                                                                               Albert FRANK

 

 

 

 LA COMPETENCE

      

Rappelons d'abord le "Principe de Peter" : " Dans beaucoup d'organisations, chacun est promu jusqu'à atteindre son niveau d'incompétence". C'est bien connu, et pas tellement spécial. Mais il y a pire : le mot compétent, qui signifie littéralement " qui est capable de, qui a la capacité de traiter un problème..." est  utilisé dans le langage courant actuel pour désigner " celui qui s'occupe de" !!  Idéalement, ce serait parfait : celui qui, éventuellement par ses connaissances, est capable de traiter un problème, s'en occupe .

En pratique, on admet qu'il en est ainsi ! Celui qui s'occupe d'un problème est  présumé être capable de s'en occuper. Plus aucune distinction n'est faite entre les capacités et le titre . D'où par exemple l'abominable utilisation du terme " autorité compétente ". 

Pensons par exemple ( il y en a tellement ) aux compétences pédagogiques des autorités "compétentes" en matière d'enseignement !...

 

LA VOIE HIERARCHIQUE

 

Dans son remarquable ouvrage " Soumission à l'autorité" ( dont une petite partie a été reprise dans le film " I comme Icare " , Stanley MILGRAM montre jusqu'où la soumission aveugle à l'autorité peut mener . Les constatations faites par l'équipe de Stanley Milgram dépassèrent les prévisions les plus pessimistes.  " Le chef a dit"... " Le ministre a dit" justifient n'importe quoi, souvent absolument n'importe quoi ( demandez à Hitler et surtout aux sous-fifres ! ) .

Et où en sommes-nous? Pour la majorité de nos actions ( par exemple dans le fonctionnement d'une entreprise ou administration ) , toute action ou décision doit être soumise au supérieur hiérarchique, qui lui même demandera à son supérieur hiérarchique ... pour finalement aboutir à ... l'autorité compétente !

 

LE POUVOIR

 

Quoiqu'on puisse en penser, les ministres ont, dans les gouvernements européens (et autres?) beaucoup de pouvoir. Un conseil des ministres peut prendre des décisions affectant la vie de tous les jours. Et ceci simplement parce que ces ministres sont presque en haut de la chaîne des "supérieurs hiérarchiques". Je pense qu'une amélioration peut être obtenue en imposant à quelqu'un, pour être "ministrable", d'avoir au moins un Q.I. - disons de 120. Et également d'avoir des "connaissances" dans le domaine concerné. Au pire, cela ne changerait rien, mais pourquoi ne pas essayer? Idéalement, ces gens devraient aussi passer un examen d'honnêteté, mais cela ne semble pas réalisable. Cette proposition n'implique nullement que chacun doive se promener avec son Q.I. affiché sur sa tête. On saurait simplement que ceux qui sont ministres ont un Q.I. relativement élevé et des capacités dans le domaine dont ils s'occupent.

 

L'HABITUDE

 

Désignez une ineptie que vous constatez, peu importe laquelle . Quelle réponse vous fera -t-on très souvent? :"  On a toujours fait comme cela " - Et tout se trouve ainsi justifié. Encore mieux, on vous répondra : " on a toujours fait comme cela, demandez au chef... "

Que faire pour en sortir???   Je ne sais pas, et c'est sans gaieté que j'écris ces quelques lignes...

 

PEUT - ETRE

 

Une " obligation de penser" , de ne pas obéir stupidement " parce que c'est le chef, parce qu'il sait, parce que l'on a toujours fait comme cela, parce que je ne veux pas prendre de responsabilité, parce que si je ne le fais pas un autre le fera " ... mais le chemin à faire est tellement grand, tellement long...