ECHECS ET CAUCHEMAR ou CE QUE REVELE UN ORDINATEUR
Albert FRANK
Il n’est pas rare que les ordinateurs révèlent, à l’analyse, une idée à laquelle pratiquement aucun joueur n’aurait pensé. L’exemple présenté ici a été joué en septembre 2001. Les ELO respectifs des blancs et des noirs sont 2520 et 2120.
Blancs (au trait) : Rb1, Dh5, Td1, Th2, Cg6, a2, b3, e4, h4
Noirs : Rg7, Df6, Tf7, Fd7, Cg8, a7, b5, d3, d4, d6, h6
Les blancs ont joué Tg1, et les noirs ont abandonné : Ils ont la qualité en moins, leurs pions passés d3 et d4 ne sont pas soutenus, la position blanche SEMBLE ne présenter aucune faiblesse sérieuse, et le roi noir est en triste posture.
Qu’en « pense » le programme FRITZ 6 ? Il donne instantanément un avantage décisif pour les noirs ! En effet, la dame blanche est perdue ! :
1…Df1 +!! 2. Txf1 Txf1 + 3. Rb2 Cf6! et les noirs gagnent.
Cette continuation, bien entendu, ne présente aucun calcul compliqué et sera trouvée par n’importe quel bon programme d’échecs – mais un homme, dans le contexte de la position, n’y pensera presque jamais.