Avertissement

Bien que j'aie continué à faire périodiquement dans ce pays des séjours de plusieurs mois (et je m'y trouvais encore d'octobre 2005 à janvier 2006, en pleine période d'élection du Président Evo Morales), la plupart de ces pages ont été rédigées entre 1995 et 2002, et n'ont pas été réécrites. Elles n'ont d'autre prétention que de rendre un peu l'atmosphère, telle qu'un visiteur qui ne s'attardait que chez des amis, dans des villes de province, pouvait la percevoir avant la "Guerre du gaz" en octobre 2003...

Pourquoi la Bolivie...

J'ai la chance d'avoir des amis boliviens depuis longtemps, et d'y avoir fait plusieurs séjours, de plusieurs mois. J'ai pu entrevoir de l'intérieur un pays d'une diversité fascinante, avec une histoire et des situations souvent tragiques, dont la complexité amène à réévaluer bien des points de vue.

Les voyages dans des régions quasi inconnues en Europe n'ont pas encore épuisé ma curiosité, et je chercherais volontiers des compagnons pour parcourir certaines provinces (voir: Parcs Nationaux de forêt). Mais, depuis, tentant un jour d'en écrire un récit, je me suis rendu compte que j'étais encore plus intéressé à proposer un autre style de voyage...

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Généralités.

vue de la route des YungasLa Bolivie n'est pas seulement peu connue et peu fréquentée; le peu qu'on en connaît ne se rapporte qu'à quelques sites et localités de l'"altiplano".
Ce très haut plateau, paysage unique et désolé d'une quasi plaine aride, comprise le plus souvent entre 3700 et 4100 mètres d'altitude, et les hautes montagnes qui la bordent, constituent moins de la moitié de ce territoire de plus d'un million de kilomètres carrés.
Une majorité de la population habite des villes de très haute altitude (et il y a des exploitations minières jusqu'à plus de 5000 mètres), et cette zone géographique correspond d'assez près à cette partie du pays (alors appelée Collasuyo) qui faisait partie de l'ancien empire Inca. La langue de l'empire Inca était le Quechua, mais une grande partie des indiens de l'altiplano sont de race, et de langue, Aymara. Avant l'indépendance (1825) le pays s'appelait le Haut Pérou.

La transition géographique et climatique est brutale entre ce haut pays et les provinces de l'Est et du Nord-Est: Oriente, Beni et Pando, malgré l'importance des vallées intermédiaires de la Cordillère Orientale. Le contraste ethnique est aussi très sensible.
Les zones d'altitude intermédiaire sont relativement peu habitées.
Deux villes de moyenne importance seulement se situent un peu moins haut (entre 2000 et 3000 mètres): Cochabamba, et Sucre, la capitale historique (à 2700 mètres).
Le beau et célèbre lac Titicaca, le plus haut du monde, se situe à plus de 3700 mètres; et ne cherchez pas un vol long-courrier sans escale au départ de La Paz: à plus de 4000 mètres, aucune sorte d'avion ne peut décoller à pleine charge.

Climats.

Au dessus de 2500 mètres, à des latitudes de 15 à 18 degrés Sud, le climat ressemble un peu à ce qu'il serait au Nord de la Méditerranée, 2500 mètres plus bas (et déphasé de six mois), avec donc des saisons marquées. Le gel peut être sévère pendant l'hiver austral.

A moins de 1000 mètres, dant tout l'Est et le Nord, le climat est franchement tropical. La saison des pluies dure pratiquement de novembre à mars, avec toutes ses caractères classiques: températures de 25 à 36° (et davantage dans l"enfer vert" du Chaco), pluies intermittentes mais parfois torrentielles, et leurs conséquences: routes défoncées, des glissements de terrains pouvant paralyser n'importe quel transport terrestre, des dégats aux ponts, des bourbiers si gras et profonds que même une Jeep aie besoin du treuil et du câble pour s'en extirper, des rivières trop capricieuses (au voisinage des montagnes) pour pouvoir y naviguer. Il m'est arrivé de descendre en rappel pour approcher d'une cascade parce que le volume du torrent en interdisait l'accès par son lit.

Mais c'est à cette saison que la nature est la plus belle, et c'est dans ce décor fantastique que l'on a tourné des films extraordinaires, comme Aguirre ou la Colère de Dieu, Mission, et bien d'autres sur le mythe de l'Eldorado ou sur la grande forêt. Cela vaut bien la peine de se mouiller un peu... J'y ai chaque fois voyagé entre décembre et avril. (Quelques photos).

Population.

La population du haut plateau est d'origine plus qu'à moitié indienne, de race Aymara en majorité.
Les régions de basse altitude étaient, il y a seulement deux à trois siècles, très forestières et beaucoup moins peuplées. Les indiens y provenaient des mêmes groupes ethniques que ceux du Brésil ou du Paraguay, parlant souvent des langues du groupe Guaraní (Guarayos, Chiriguanos, ...; voir languages of Bolivia).

Ensuite, une population d'origine plus européenne, mais encore bien moins nombreuse que dans le haut pays, a développé dans la plaine autour de Santa Cruz une agriculture variée. Cette population d'agriculteurs se nomment les Cambas, et se distingue expressément des "Collas" de l'altiplano. On remarque aussi quelques patronymes germaniques, mais ils remontent le plus souvent à une immigration du début du siècle ou même antérieure.

Mais depuis une vingtaine d'années, Santa Cruz connait un afflux d'immigrants de toutes origines, collas, brésiliens, asiatiques,... et la population de la ville a plus que décuplé. Son activité commerciale en fait pratiquement la capitale économique de la Bolivie, alors qu'elle était une petite ville de province, et très isolée du fait de la distance des océans et des communications pénibles.

Même là où la présence indienne est la plus faible et la plus occultée, le métissage est en quelque sorte dans les esprits. Les immigrants d'origines les plus variées, japonais, coréens, arabes, passent inaperçus et perdent rapidement le contrôle de leurs enfants qui se fondent dans la masse. Ce pays a une capacité d'intégration étonnante qui contraste bien avec notre vieille Europe.

OruroIl n'en reste pas moins que la Bolivie est un pays fort pauvre. Le pays a toujours souffert de son isolement géographique, et encore plus depuis la guerre de 1879 par laquelle le Chili lui a pris tout son littoral, riche en nitratre et en cuivre.

Il souffre en outre de la baisse du cours des métaux (principalement de l'étain) depuis des décades. Beaucoup de villes de l'altiplano sont essentiellement minières (Potosí, Oruro, Llallagua,...) et connaissent un chomage massif. La situation s'était particulièrement aggravée à l'époque des dictatures militaires de Banzer et de García Mesa (jusqu'en 1982). (Poèmes de L. Alarcón).

Quelques-uns de ces anciens mineurs indiens sont descendus (et descendent encore) dans les plaines tropicales pour tenter de se reconvertir à l'agriculture. Ces "Collas" sont alors parfois appelés par un bel euphémisme "relocalizados", et se retrouvent pris entre marteau et enclume dans le tortueux problème de la Coca, qui résulte largement de la crise chronique du développement.

De toute manière, la vie des petits paysans reste très primitive.

Enfin, depuis 1999, le pays se trouve un des plus touchés par les suites de la crise asiatique et brésilienne, dont, à la différence de ces derniers pays, il n'arrive pas à se relever (voir situation politique). Car cette crise a coïncidé avec la plus mauvaise année agricole de mémoire d'homme, et avec des mesures d'assainissement du crédit prises au plus mauvais moment. Il en résulte une situation d'illiquidité généralisée où l'on assiste des transactions inattendues frisant le troc le plus archaïque: il arrive que celui qui cherche à vendre un immeuble ou un terrain voie se présenter un amateur disant qu'il n'a pas d'argent, mais qu'il a, par exemple, un camion à vendre...

Robert Goedertier

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