L'écoute pour une communication et une relation de pleine conscience

Une séance de musicothérapie réceptive

Cette technique met en jeu des affects des images et des émotions. Ce kit de base se retrouve également chez le petit enfant. Il correspond à certaines zones du cerveau. La musicothérapie réceptive individuelle met en jeu trois protagonistes: La musique comme émetteur, le patient comme récepteur et le thérapeute en tant qu'accompagnateur.

Selon le modèle de Jacques Jost

Si on travaille suivant le modèle défini par J.Jost, on aura... . 

a. Un premier extrait qui reflète la difficulté du sujet. Par exemple une musique militaire pour les rituels obsessionnels. 

b. Le deuxième extrait va neutraliser les effets du premier car la musique choisie sera d’une nature plus neutre. 

c. Le troisième morceau portera sur l’ouverture souhaitée par le sujet. Certains thérapeutes font le choix de se passer du deuxième extrait. 

On laissera impérativment à la fin de la séance un temps de parole de 15 minutes afin d’échanger avec le patient des appréciations sur les trois musiques proposées.

Variante

a. Passer un extrait d’environ 3 minutes dont l’objectif sera de décharger les tensions. La musique écoutée sera généralement mal supportée par l’auditeur. (Musique de forte intensité, présentant des fréquences aigues et une forme cahotique). 

b. Impérativement, on intercalera ici une phase de verbalisation qui aura pour but de faire émerger ce qui ne va pas. 

c. En vue de restaurer un état de bien-être, on fera passer une musique de détente d’une durée d’environ cinq minutes qui a pour but de permettre à l’auditeur de se sentir mieux. (Musique présentant un schéma souple, coulé). 

d. On place ensuite une musique de relaxation d’une durée de 10 à 12 minutes. (Musique présentant des mouvements amples et espacés). 

e. Enfin, on achève la séance par une musique d’éveil d’environ 3 minutes. (Même profil qu’en c mais avec invitation à faire remonter la vigilance).

Si l'objectif est de relaxer

a. Une musique apaisante. 

b. Une musique de détente. 

c. Une musique de relaxation. 

d. Une musique d’éveil.

Musicothérapie réceptive de groupe

Elle est conseillée pour de petits groupes de 5 à 8 personnes. Comme elle combine les effets de la dynamique de groupe, elle convient parfaitement aux personnes souffrant de troubles de la communication ou d’insertion sociale. La technique de base consiste à ce que chacun des participants apporte deux extraits d’environ trois minutes. Ces extraits seront de caractère opposés (ex. La ville et la campagne). La pratique m’a quand même démontré que pour éviter les banalités, il valait mieux préciser dans la consigne que ces morceaux représentaient des états émotifs opposés mêmes s’ils ne concernent pas l’auditeur personnellement. Après l’écoute des deux extraits l’un à la suite de l’autre et sans échange verbal, chacun des participants pourra alors exprimer son ressenti (positif ou négatif) par rapport aux deux extraits. L’animateur synthétisera chacune des interventions puis livrera une synthèse globale de tous les commentaires. Ce n’est qu’après cette étape que le participants auteur du choix des deux extraits pourra exprimer lui aussi ses impressions par rapport aux musiques entendues mais aussi par rapport aux réactions des autres participants. On devine aisément le phénomène de dynamique de groupe ainsi mis en jeu et le regard jeté sur l’autre et les autres au travers du médiateur musical. Cette technique permet au thérapeute d’identifier le comportement de chacun des participants ainsi que certains problèmes. Les membres du groupe pourront aussi expérimenter les pouvoirs émotionnels de la musique et les échanges verbaux qu’elle suscite. Après quelques écoutes (il faut éviter de tirer ce type de séance en longueur), l’animateur prendra soin de proposer l’écoute d’une musique positive pour clôturer cette activité. En dehors de la verbalisation, d’autres supports peuvent être utilisés et seront parfois plus révélateurs: Le dessin surtout s’il est commenté et donne lieu à des échanges. L’expression corporelle qui met elle aussi en jeu une certaine dynamique de groupe et de communication non-verbale cette fois-ci.  

Les grandes catégories de musiques ?

1. Les musiques apaisantes ne sont pas forcément calmes. Leur objectif est de permettre au sujet de décharger ses émotions et ses tensions.

2. Les musiques de détente sont calmes, sécurisantes. Elles devraient normalement comporter peu de connotations émotionelles et aider l’auditeur à lâcher prise.

3. Les musiques de relaxation ne doivent comporter aucune variation sonore de timbre et d’intensité. Elles utiliseront de préférence les basses fréquences. Normalement elles doivent réduire l’état de vigilance de l’auditeur.

4. La musique d’éveil doit permettre à l’auditeur de retrouver son état de vigilance normal. Elle sera plutôt gaie, enjouée et progressivement dynamique.

5. Les musiques régressives sont peu structurées et rechercées. Leur profil rythmique est large, lent, simple.

6. Les musiques enveloppantes ont pour but de sécuriser, bercer, apaiser. Elles comportent une mélodie. Leur finalité symbolique est de contenir le manque, de tisser des liens face à l’objet conflictuel ("L’angoisse est un manque de liens face à l’objet" S. Freud).

7. Les musiques fortes induisent une sensation de puissance, d’énergie, de force, ... . Elles sont très utiles pour ramener les potentiels d’un patient.

8. Les musiques déstructurantes sont employées pour rappeler l’angoisse. Elles peuvent ainsi faire glisser des éléments inconscients vers le préconscient. Leur rôle est de faire "éclater" les difficultés afin de mieux réunifier la personnalité. Cette technique n’est pas sans danger et demande une certaine expérience. Ces extraits doivent impérativement être suivis d’une musique restructurante qui aura pour fonction d’apaiser et de détendre.