SALT LAKE CITY (Utah, USA) janvier-février 2010;–             1 mois à Salt Lake City en “14” épisodes.

1 mois à Salt Lake City.


       Nos amis me demandent de relater notre séjour à SLC. Ayant pris quelques notes lors de l’une ou l’autre soirée, je vais les reprendre une à une, les corriger et les agrémenter.
       Passez un agréable moment en notre compagnie

La journée « valises ». (Episode 1)

       Ca y est ! Tout est décidé. Nous partons. Un mois à SLC ; j’avoue craindre la longueur de notre séjour plus que la longueur du trajet. Vais-je m’y ennuyer ? Un mois à deux ménages n’est pas toujours chose aisée. Mais voilà, nous sommes heureux, car nous y allons pour la naissance de notre premier petit-fils.

       Bon, ce n’est pas tout ça, mais il faut préparer les valises et tout un chacun qui me connaît bien sait à quel point je déteste cela : valise, train, avion, bus. Bref tout ce qui porte roulettes et parle de «départ» ne trouve pas grâce à mes yeux. J’ai déjà fait un effort énorme. Les valises sont sorties de leur placard depuis deux jours. Oh ! Elles ne bougent guère de place si ce n’est passer d’un coin à l’autre. Mon mari, lui, sait depuis longtemps déjà qu’il ne faut pas me parler de bagages, que je m’y mettrais bien à un moment ou à un autre, mais que, surtout, au grand surtout, ne pas prononcer le mot « valises ».

       Aujourd’hui, nous sommes la veille du départ. Il faudra que je m’y mette. Oui, oui, mais tantôt. Après le dîner.
Le dîner est fini, la vaisselle faite, le café bu. Les objets qui restent habituellement hors des armoires ont retrouvé leur place dans les placards. Il est inutile de laisser la poussière s’accumuler. De même que je ne nettoie plus la maison avant un long séjour, car, de toute manière, la poussière s’accumule vite et il faut quand même tout nettoyer au retour. Alors tout est rangé mais rien n’est nettoyé.
Ouiiiiiii, je sais…----------------------- va-li-ses !
Il est 17 heures. Je monte ! J’y suis. Je m’y mets. Vêtements de nuit, de sortie, … Bref, une valise. Sans oublier les médicaments. A 50 ans, ils ont remplacé les bonbons. Vieillir, c’est probablement cela. Rires !
Mon mari descend les bagages, trop heureux d’avoir à le faire.

       Nous sommes prêts ! Passeports, tickets d’embarquement, dollars, mouchoirs et trois valises.
J’ai dû insister pour la troisième, mais, après tout, nous pouvons en amener quatre de 23 kg chacune, alors pourquoi écraser toutes les affaires alors que nous avons des tas de cadeaux et qu’au retour ils seront remplacés par d’autres cadeaux ? Je n’en démords pas : une valise-monsieur, une valise-madame et une valise-cadeaux plus la valise de cabine. Et comme les veilles de voyage, il vaut mieux me laisser tranquille…Nous partons donc avec trois valises.



La journée «départ». (Episode 2)

       Tout est bien calculé pour arriver à temps à Lille Europe. C’est mon frère qui nous y amènera. Croisons les doigts, pourvu qu’il n’y ait pas de grève et que le TGV n’ait pas de retard, car nous n’avons qu’une heure et demie de délai à Paris (aéroport Charles de Gaule) pour prendre l’avion.
       Suite à l’attentat manqué de la semaine derniàre, les mesures de sécurité sont renforcées et un employé d’Air France nous a recommandé de prendre le TGV plus tôt, de manière à avoir 3 heures d’écart. Pour nous, c’est OK, mais l’organisme qui nous a vendu les tickets n’en démord pas « Non ! Inutile ! D’ailleurs nous sommes en contact avec Air France, …aucune raison de vous inquiéter…,comprend pas le conseil de l’employé…,avez-vous son nom ?(grrrr, c’est le moment où je sens que je dois avoir des origines de cannibale)…Non ! tant pis…mais de toute manière pas de problème, pas de problème…pas d’inquiétude à avoir…»
Et la phrase qui conclue
       - De toute manière, vous êtes enregistrés pour le vol dès Lille et à partir de là, l’avion est obligé de vous attendre.
Ouais ouais ! Jamais vu d’avion qui attendait, moi ! Mais bon, puisqu’il n’y a rien à faire…

       Nous arriverons donc une bonne heure avant le départ du TGV ; ainsi s’il y a beaucoup de monde, nous aurons le temps de bien nous inscrire sans nous énerver. D’ailleurs nous ne nous énervons pas du tout, puisque nous sommes les premiers.
Cool !, dirait Rose-Marie, ma nièce.
Les pre-miers ! Waah, la détente !

Ouaip la détente ! Trois secondes de détente, en fait ! Le temps de défaire le sourire que nous avions accroché à nos visages.
L!employée, contrariée, nous annonce que leur ordinateur est en panne depuis ce matin :
« Vous n’êtes pas enregistrés, vous devrez donc vous dépêcher à Paris. »
Devant mon regard noir, elle se sent obligée d’ajouter :
       - Mais vous n’avez rien à craindre. Arrivant les derniers, il n’y aura plus personne, vous n’aurez donc pas de file à faire.

Bah tiens ! On m’en dira tant !
J’aime pas les voyages. J’aime pas les voyages ! J’aime pas les voyages !
       - Que marmonnes-tu ?, me demande mon mari.
       - Moi, rien, rien, je dis seulement : «J’adorrrre les voyages ».


J’ignore pourquoi, mais il ne me croit pas.

       Et nous voici au chaud dans la salle d’attente. Pas la peine d’attraper un rhume et les quais de Lille-Europe sont un courant d’air froid permanent. Pourvu que le TGV soit à l’heure ! La semaine dernière, deux grèves ont eu lieu.

Le TGV est annoncé. Le TGV est là. Le TGV part. Tchouc tchouc tchouc!Enfin, vu que c’est un TGV, c’est plutôt Tccccccccccchiiiiiiiiiii que nous entendons.



       Paris-Charles de Gaule, tout le monde descend ! Vous pensez que nous allons descendre. Et « rapidos » même. Les trois grosses valises sur le quai, la valise-cabine à ne pas oublier. Je ne la lâche pas.
Vite, vite, un chariot, les valises sur le chariot…Il faut regarder les panneaux, …les avions…, ceux qui montent…, le terminal…terminal A, non!...E…E…E .. ah par là ! Vite ! Zut un escalator, une barrière qui nous empêche de passer avec les chariots « et potfordik ! …. Pas le temps de se chercher un ascenseur. On prend les valises ; on va les faire monter.
Essayez donc de monter à toute vitesse sur des escalators pleins de monde avec 4 valises. Il faut les poser le petit côté sur les marches, sur et parallélement aux marches.

Ouf ! Nous voici en haut…terminal E... par ici… à droite…tout droit…tout droit…à gauche… à droite!droite ! Air France. Ici ! Les hôtesses sont là. Et, vous me croyez ou pas, mais pas un seul voyageur ! Nous serons les derniers ! Mais qui l’eût cru !
Heureusement, tout le monde nous dirige de suite vers «le » bon bureau d’enregistrement : «Ici », « Ici », « Prenez par là ». Et voilà.

Entretemps, on nous a déjà demandé deux fois, histoire de rien, quelle était la raison de notre voyage aux USA. Sécurité oblige ! Deux cocos qui arrivent comme des fous pour se faire embarquer à la dernière minute, ça a dû leur sembler louche et ce n’est pas notre accent belge qui va les dissuader de penser «danger ».
L’explication de la naissance de notre petit-fils adoucit mes traits et l’interlocuteur, le temps de quelques secondes, devient tout sucre et tout miel.
Non ! Nous ne sommes pas des terroristes.

       - Vous êtes arrivés à temps, dit l’hôtesse, nous allons fermer dans quelques instants.
Moi, pour la seconde fois dans la même journée, je souris aux anges. Je suis là à temps, nous n’allons pas devoir poireauter une journée supplémentaire à Paris et devoir prendre l’avion du lendemain !
Une valise, deux valises, trois valises, un supplément à payer !
Quoi ! Je me réveille soudain. Sur le site, il est bien noté quatre bagages de 23 kg !
       - Non, Madame ! Voyez mon papier officiel, tous les vols enregistrés après le 1er novembre ne peuvent comporter qu’une valise par voyageur. Il vous en coûtera 50$ par bagage supplémentaire.
Sacrénom ! Les voyages sont de réelles « pompes-à-sous ». Je peste. J’espère que mon mari n’ira pas d’un « Je t’avais dit que deux bagages suffisaient ». Mais non, il est, comme moi, trop heureux de pouvoir embarquer. Seulement le marathon n’est pas achevé. Les 50€, ce n’est pas à Air France qu’il faut les régler, mais à Continental Airlines.
       - Au bout de la rangée, tournez à droite. Le comptoir est là. Après, il vous faudra faire vite, je vous conseille de courir.

Comme si l’on faisait autre chose depuis une demi-heure !
Tandis que mon mari parle à l’hôtesse de l’enregistrement, j’ai déjà préparé mes 50$. On gagnera 5 secondes.
       - Pas d’espèces, avec une carte, déclare suave la jeune employée d’AC.
Une minute de perdue.
       - Merci et courez, vous n’avez plus trop de temps, ajoute-t-elle.
Et pour courir, on court. Chariot à bagages devant nous. Heureusement, on nous oriente bien et le trajet est facile…Attention ici on ne descend pas ! Des marches pas possibles avec les bagages:3 fois 24 kg, non ! Sapristi, il doit bien y avoir un ascenseur…là !!!...et il fonctionne (ouf !)…on n’a pas perdu de temps…la course reprend…et soudain, le miracle !
La porte d’embarquement. Ouffffffff ! Nous sommes les derniers, il y a des contrôles de sécurité, il faut encore faire la file. On s’en fout ! On respire. Je me demande pourquoi ils nous ont fait courir comme des fous! Il suffisait de nous dire de ne pas faire de lèche-vitrine. On aurait compris. Seulement, ici, on a suivi un entraînement pour les J.O. !

       Une chance, à l’enregistrement, on nous a changés de place : nous serons deux pour trois sièges. Aaah qu’il est doux de voyager !

       - Avancez, levez les bras. Oui c’est bon, vous pouvez y aller. Vous et vous, par ici, allez-y directement.
Nous entrons sur la passerelle.

       Sièges ligne G. On s’installe : le bic, les mots croisés, les livres.
Clac. Clac. Clac.

       Mesdames et messieurs, attachez vos ceintures. Ladies and gentlemen,
Déjà blasés, nous n’écoutons plus, nous avons déjà commencé à remplir notre première grille de mots croisés.

       L’avion décolle.



La journée «Bonheur». (Episode 3)

       Altitude 1200 mètres. Bienvenue à Salt Lake City !

       Dix grilles de mots croisés plus loin, nous atterrissons, pressés de retrouver le plancher des vaches et une nourriture non aseptisée.
Le personnel de l’aéroport est souriant. « Il en était de même à Houston » dit mon mari, plus voyageur que moi qui n’ai que l’expérience de la côte Est et, là-bas, tu gagnes le gros lot si tu arrives à faire sourire qui que ce soit !

       Qu’importe ! Nos bagages ont bien supporté le voyage et c’est le coeur au ventre que nous avançons vers la sortie. Un grand roux, cheveux à la Jackson, nous attend : le jeune papa ! Jimmy, notre fiston. L’aéroport n’existe plus, on ne voit plus que lui. Et que celui qui ne comprend pas cela me jette la première pierre !

       Direction la sortie. Nous passerons d’abord à la maison pour y déposer les bagages, ensuite direction « ma-ter-ni-té »:. Nous n’attendons que ça !
Oui, mais voilà, comme dans tous les grands jeux télévisés, il y a d’abord des épreuves à passer et la première, nous la devinons de suite lorsque nous voyons la voiture de notre fils. Une petite New Beetle qui, comme le lièvre du Canada, a pris sa couleur blanche d’hiver. Nous regardons la voiture, puis regardons nos trois valises. Qui de nous six restera à l’aéroport   Pas le chauffeur, bien entendu. Je regarde à nouveau les valises, mon mari, l’auto.
       - Ne t’inquiète pas, maman (avec lui, il ne faut jaaaaaaaaaaaa-mais s’inquiéter !), tout rentrera.
C’était ça l’épreuve !

Et elle fut réussie. Le chauffeur derrière le volant, c’est mieux paraît-il, mon mari, la hanche fraîchement opérée, s’installe à l’avant, et bien entendu, bibi, qui partage son siège avec les valises entrées je ne sais par quel tour de magie, à l’arrière.
Et nous voici partis. La route n’est pas bien longue. Une vingtaine de minutes.

Tiens donc, justement, la route, j’ai le temps de la regarder. En fait, complètement coincée entre valise et siège, seul un petit rectangle s’offre à ma vue. Condamnée à fixer cette lucarne, je remarque qu’on ne cesse de croiser des New Beetle. D’ailleurs, cela nous frappera durant tout notre séjour à Salt Lake : jamais vu autant de NB rassemblées en un seul endroit : toutes les couleurs y sont, représentées et on en trouve à tous les coins de rue. Je me remémore les années 70, en Italie, à un rond-point, une ribambelle de toutes petites Fiat!On aurait dit une course de coccinelles ! Ici, ce sont des New Beetles ! Les coccinelles ont grossi.

       La maison qu’occupent mon fils et ma belle-fille est chouette. Elle se trouve dans un des premiers quartiers typiques de Salt Lake. Quartier peu à peu abandonné jusqu’au moment où les gens ont commencé à se rendre compte qu’il avait un cachet et il a recommencé à se repeupler. Le prix des maisons y a flambé comme dans tous les anciens quartiers des villes qui retrouvent peu à peu une seconde vie. L’identité retrouvée.
Le quartier est quadrillé. Joli repère cartésien ! Dans un sens (j’ai oublié lequel), les rues sont numérotées de 1 à 18 ; dans l’autre sens, elles sont «alphabétisées» de A à V. Au plus l’on monte dans l’ordre des numéros, au plus on monte en altitude. Et c’est peu de le dire, il faudra par la suite le faire ! A pattes ! Les enfants habitent la J Street entre la 9ème et la 10ème rue.
Valises déposées, nous filons à la maternité de l’université. Altitude 1400 m.

       Quel plaisir ! Quelle joie ! C’est un bonheur qui nous arrive en pleine figure, en plein ventre, en pleines mains ; tellement grand qu’on ne sait pas ouvrir les bras suffisamment « grands» pour le recevoir, le retenir. Une facette du bonheur dont nous ignorions tout et que nous avalons, sans honte, à en éclater !
Un petit garçon. Andréas. 57 cm et 4,400 kg. Un petit-fils. Un bébé à eux, à nous. Et nous devenons gâteux, comme tous les grands-parents le sont.
Je ne vais pas rentrer dans les détails, disons qu’ils resteront d’ordre privé, mais je tenais quand même à vous en offrir quelques éclats.

       Demain sera un autre jour.



La journée " Découverte de Salt Lake ". (Episode 4)

       Et tous les lendemains, frais et dispo, nous nous éveillions facilement. Le décalage horaire dans le sens Europe-USA n’a jamais posé de problème. Le sens inverse, par contre, je ne vous dis pas ! Solide petit-déjeuner bien calé --- et cela vaut mieux car avec nos lascars le dîner, ce sera à midi ou à 13 heures, à 14 heures ou à 15 heures, ou même encore à 16 heures ! Et je n’exagère même pas ! Je sens que le petit bout leur remettra de temps en temps les aiguilles de l’horloge en place. Hé ! Hé !

       Nous ne bougeons pas chaque jour ; par contre nous prenons la température et l’ambiance de la ville. Rien de tel qu’un séjour prolongé pour s’imprégner de l’atmosphère réelle d’un lieu. Et mon premier trajet à pattes, ce sera pour découvrir la ville " vue de haut " !

       Souvenez-vous : le quartier où résident les enfants est un magnifique plan cartésien : de 1 à 18 dans le sens " vallée montagne " et de A à V dans le sens " parallèle aux montagnes ". Robert, toujours aussi sportif, malgré une jambe un peu fragile, a déjà tout découvert avant moi car tandis que je fais un peu de ménage, il va à " la découverte ".
Et aujourd’hui, il m’emmène à la 13ème !
       - Tu verras le magnifique panorama.
Ca ne m’étonne pas : 100 mètres de dénivelé en quelques rues à peine ! Pour les genoux, monter n’est rien, par contre pour le souffle, c’est une autre histoire ! D’ailleurs je parle peu mais n’en pense pas moins. M’est avis que le mari, il veut devenir veuf en Utah. !
Les maths, encore une fois, servent drôlement : plutôt que de monnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnter de la 9ème à la 13ème puis de tourner à droite en soufflant comme un phoque : je…
Attention……et suivez le guide !
Je suis sur la J, je monte de 9 à 10, je tourne à droite vers la K ; sur la K je monte de la 10 à la 11, je tourne à droite sur la L ; sur la L, je monte de la 11 à la 12, je tourne à droite sur la M et sur la M, je monte de la 12 à la 13 ! Pas compris ? Pas grave, nous sommes arrivés et sans faire un mètre supplémentaire ! Na.

       Et maintenant, balade à une même altitude. Tout est plaisant : les maisons sont quasi toutes individuelles avec une terrasse qui leur donne un petit style colonial. Dans ce quartier, elles sont anciennes et les couleurs gaies ; tout le contraire de bien de villages traversés où les gris, chocolat et beige dominent. Tristounet comme pas possible. Est-ce une certaine austérité qui se traduit au travers des couleurs   Ou l’inverse ?
En tout cas, traverser le quartier de part en part ne me lassera jamais : chaque maison a un petit quelques chose qui la distingue des autres et, comme il y a toujours de l’air, des mobiles musicaux se font entendre un peu partout. Quelques fontaines également et malgré que ce soit l’hiver, l’eau continue de couler.
C’est d’ailleurs une des caractéristiques de Salt Lake City : un air si sec que même par gel intense, l’eau continue de ruisseler dans les rigoles ! Et là-bas, pas de problème d’allergie aux acariens ! Le pied !

       Voilà, voilà, me voici, je reviens les pieds sur terre sur la 13ème à " tourner " autour de la ville. Enfin probablement une rotation d’1º max (tiens les enfants, ça fait combien en radians, 1ºC (*) ?
La vue est splendide.
       - Attends, me dit mon mari, tu verras plus loin.
Et soudain ! A vous couper le souffle ! Nous sommes en altitude, nous avons laissé les maisons du quartier et là où nous sommes, la montagne descend plus brutalement et rien n’obstrue notre vision.
Je suis abasourdie.

       Je retourne dans le passé. Je remonte le temps. Je viens des montagnes et soudain cette vallée : immense, immensément large et démesurément longue. Une plaine entourée de montagnes. Je vois un désert empli d’arbustes de sauge sèche sauf que les petits points du désert sont des immeubles, des maisons et que les arbustes sont des arbres ! Enfin, je dis que ce sont des arbres, car je le sais sinon je donnerais ma main à couper qu’il s’agit d’arbustes. Splendide ! Non ! Le mot ne convient pas.
Ce paysage vous prend aux tripes. Là-bas... au bout…c’est à 40 miles (1 mile = 1.650 km) et on a presque l’impression que c’est tout près. Et là, à droite, un tache bleue…le Grand Lac Salé. Bah oui ! Salt Lake City !
Le Mont Saint Michel, c’est du pipi de chat à côté de ce que je vois, de ce que je ressens. C’est beau, c’est grand, c’est époustouflant. Je n’ai pas envie de partir, plus envie de redescendre. Je reste. Je ne bouge plus. Je veux voir encore et encore ! Voir, regarder, m’émerveiller à en perdre haleine. Ce sera probablement le moment le plus violent de mon séjour en Utah !

       J’ai mal au cœur. Que les hommes sont stupides de se faire la guerre !

       Mais il nous faut redescendre. Et tandis qu’une partie de mon esprit me rappelle de descendre en «escalier» ---histoire de se préserver les genoux, hééé… ---, une autre partie est encore là-haut, dans cet époustouflant paysage. Puis les arbustes redeviennent arbres, les petites taches grises maisons, …Dire qu’ici, c’était le désert. A perte de vue…

Pourquoi est-ce à ce moment-là que je me remémore un moment particulier de l’arrivée des Mormons   Guidés par Brigham Young, ils débouchaient des montagnes et découvraient cette immense plaine désertique. Et alors que leur prophète annonçait : "Ceci est l’endroit. ", dans le groupe, un homme a dit :
       - Cela fait trois mois que je marche, je veux bien encore marcher trois mois pour qu’on ne s’arrête pas dans ce désert !

       Ils s’y sont arrêtés.

(*) ( π/180) rad



La journée «réflexion». (Episode 5)

       C’est décidé. Ce sera pour aujourd’hui. On l’a déjà reporté deux fois alors, quel que soit le temps, ce coup-ci on y va ! On visite le centre des Mormons. J’en rêve.

       Héé ben, heureusement que nous avons dit « quel que soit le temps », car il fait un temps à ne pas mettre un catho, heu pardon, un canard dehors! Rires ! Bref, il fait un temps de chien, un froid de canard et, histoire de préserver encore un peu de temps ses parents, Jimmy nous dépose devant une des entrées du centre mormon. Centre en plein centre ville.

       Car Salt Lake City est «leur» ville --- ils ont même donné le nom biblique de « Jourdain » à un fleuve près de la ville --- dont ils en ont d’ailleurs fait une des plus belles villes des Etats-Unis. A l’heure actuelle, environ 50% de la population est mormone contre plus de 90% dans les villages aux alentours. Dans toute la ville, nous croisons sans cesse des Mormons, reconnaissables immédiatement à leur tenue vestimentaire habillée : costume, cravate…et pardessus ! Nous sommes en janvier et si la température est agréable, certains jours, ici, il peut faire très froid. Même pour les Mormons.
Bon, je fais un peu d’humour mais SLC est une ville où l’on se sent en sécurité comme nulle part ailleurs. Les personnes que l’on croise sont polies, souriantes, gentilles et serviables. Et même si cette manière fait partie de leur prosélytisme, je préfère cela à la vulgarité et au sans-gêne. Mais j’aurais encore bien des occasions d’en parler.
       De toute façon, les croyances fondamentales des Mormons sont celles des chrétiens. Cette Eglise a été fondée en 1830 par Joseph Smith. Les Mormons étaient établis dans l’Ohio et le Missouri ; ils furent chassés et, dirigés par Brigham Young, ils émigrèrent jusqu’en Utah. Ils édifièrent, en plein désert, Salt Lake City.

       Je disais donc que dans le centre, au centre, au milieu (vous suivez toujours ?!) d’un jardin planté d’arbres et de sculptures s’élèvent deux splendides bâtiments : le Temple et le Tabernacle. Nous ne cesserons d’ailleurs jamais de découvrir, dans toute la ville, des statues de pionniers et d’hommes et de femmes dans leur plaisir ou leur labeur journalier : jeune fille dansant avec des enfants, famille, femme s’occupant du jardin, couple, homme travaillant la terre, … Moi qui adore les sculptures, je m’en suis donné à cœur joie !

Elles m’ont bien plus attirée que les peintures qui, elles, font penser à ces petites images religieuses que l’on donnait dans les années 50-60 aux enfants sages. Je les aime aussi, j’ai dû garder ce côté puéril de l’enfance, mais bon, mon enfance est derrière moi et j’attends plus que ce côté «ami-ami». Mais les images religieuses catholiques sont-elles si différentes ?

       Avançons-nous un peu. Quelques minutes suffisent à peine pour que nous soyons accueillis par deux jeunes demoiselles souriantes. Nous nous rendrons rapidement compte qu’elles sont de toutes les nationalités et qu’elles se déplacent toujours en binôme.
Nous avons de la chance, les demoiselles parlent le français. Elles n’ont donc pas à nous envoyer un autre groupe. Durant toute la visite, on ne cesse de rencontrer de ces groupes de deux : toutes les langues y sont représentées. Ces demoiselles viennent de tous les pays du monde. Elles sont toutes en mission, portent un badge sur lequel nous pouvons lire leur nom et y voir le drapeau de leur pays d’origine. Les nôtres sont originaires du Québec et de l’Angleterre.
       Un élément particulier à leur religion : adultes, ils sont envoyés deux ans en mission dans le monde entier. Six mois avant leur départ, ils reçoivent des cours de langue afin qu’ils aient les bases de la langue qu’ils devront pratiquer. Cette parenthèse missionnaire de deux ans leur donne une magnifique ouverture vers la vie extérieure.
Quand le gynécologue qui a accouché notre belle-fille et qui a passé deux ans de mission à la Côte d’Azur a appris que nous parlions le français, il a accouru. Il a gardé les souvenirs des plaisirs et de la joie des Français. Discuter avec lui, comme avec tous les Mormons rencontrés, fut un plaisir.
Au cours de notre séjour, nous en avons ainsi croisé qui étaient allés aux Pays-Bas, en Italie, en Argentine, en Norvège, … Le contact est aisé, très ouvert et très agréable. Comme dit plus haut, un plaisir.

       Je me rends compte qu’il est difficile de tout mettre dans un petit papier. Ce n’était qu’une petite visite, mais il y a tant à dire.

       Et pour la nième fois, revenons à nos hôtesses. Elles répondent à toutes les questions qu’on leur pose. Elles racontent ainsi : l’histoire de l’ange Moroni que l’ on aperçoit tout en haut du Temple. C’est lui qui est apparu plusieurs fois à Joseph Smith. Le Temple où n’entrent que les Mormons.

       - L’intérieur, c’est comme une cathédrale ?
       - Oh non, me répondent-elles. Comme un château. C’est très luxueux, ce sont des salons.
Ah ! J’ignorais.
Dommage qu’aucune photo ne soit disponible. On est toujours tenté par l’interdit.
N’empêche que l’édifice est important, imposant. Par contre s’il m’a fasciné dès mon arrivée dans Salt Lake, je dois reconnaître qu’au bout d’un mois, ce côté sensationnel fatigue. Je m’en suis lassée alors que l’hôtel de ville, majestueux aussi, avec ses vieilles pierres a gardé son aura durant tout le séjour. On se fatigue vite de ces bâtiments, sauf le respect que j’en ai, construits à la Walt Disney.

       Dans le centre, un autre grand bâtiment : le Tabernacle dont l’architecture frappe par sa simplicité peut contenir 8 000 personnes. L’orgue gigantesque (plus de 11 000 tuyaux) est l’ un des plus célèbres au monde ! Il en est de même de sa chorale qui anime les offices. D’ailleurs, nous sommes invités à participer au concert qui aura lieu le dimanche suivant. C’est juré. On ira !

[et c’est ce à quoi on assistera]
Contrairement au Temple, tout le monde est admis dans le Tabernacle. On y donne régulièrement des récitals, des concerts, des conférences.
       En gros, the Church of Jesus-Christ of Latter Day Saints (= l’Eglise de Jésus-Christ et des saints des derniers jours) (LDS Church et non LSD comme je le dis toujours…pas pareil, pas pareil :-) )
est dirigée par un prophète assisté de douze apôtres. L’image est donc celle de l’Eglise primitive créée par le Christ.

Mais poursuivons notre visite.
       - Les divorces, l’homosexualité sont acceptés ? Je suis curieuse, je pose plein de questions. Après tout, c’est le but du jeu.
Elles répondent. Elles sont drillées. Sapristi ! Si tous nos jeunes connaissaient la Bible comme elles connaissent leur religion ! Car, petite parenthèse personnelle, même si j’ai rarement été sage lors des cours de religion, je dois reconnaître que j’ai été formée et que j’en ai quand même une certaine connaissance. Les jeunes, par contre …. ??? Trop de professeurs de religion ont voulu adapter leur cours à un cours de morale: animation, etc. Je déplore le manque de connaissance, le manque de formation. A quoi s’opposer si on n’a rien autour de soi ? Comment se construire ?
Nous avons des amis du même âge que nous qui maintenant nous disent « Mais que vous apporte la religion ? On ne comprend pas. Nous, nous sentons un vide que vous ne semblez pas connaître, mais on n’arrive pas à comprendre.»
Et nous, nous n’arrivons pas à expliquer. Il faudrait repartir à zéro.
Les nuits sont courtes quand on philosophe.
Mais je sens que je vais finir par lasser. Revenons aux règles du jeu.
La question est posée. Quelle sera la réponse ?
       - Les divorces et l’homosexualité, on les accepte, oui, bien sûr, mais on n’ en parle pas.
Chez nous, on dit « accepté mais non toléré ! »
Je continue.
       - Je suis catholique mais je ne suis pas pieds et poings liés avec les directives données par l’Eglise. Ainsi si je ne suis pas d’accord avec le Pape, je ne le suis pas. Nous n’éprouvons aucune difficulté à dire « non». Qu’en est-il pour vous ? Comment réagissez-vous lorsque vous n’êtes pas d’accord avec ce que dit votre Prophète ?
       - Alors nous prions beaucoup. Nous prions jusqu’à ce que nous ayons compris ce que le Prophète a voulu nous dire !
       - Aucune autre alternative ?
       - Non ! Le Prophète sait ce qui est bon pour nous. C’est à nous de prier et de prier et un jour, nous comprendrons.

       Et puis soudain, tout se termine. D’habitude, c’est « N’oubliez pas le guide SVP ! ». Ici, par contre, c’est comme aux Trois Suisses, on nous demande nos coordonnées, ce que l’on désire recevoir, …
       - Une Bible des Mormons !
Mais elles ont compris que nos idées sont solides. Et si elles prennent bien le papier, nous n’aurons certainement pas de démarcheurs.
Ni de Bible !
Je suis déçue de cet arrêt soudain. J’ai encore des tas de questions à poser, moi ! Le soir, en discutant avec mon fils et ma belle-fille, nous apprendrons que chaque groupe ne dispose que d’une demi-heure pour la visite.

       Avant de sortir, nous flânons encore un peu dans les jardins. Et nous papotons. Hors de l’enceinte, nous restons pensifs, mais ma conclusion m’apparaît claire comme de l’eau de roche :
       - J’aime et j’apprécie énormément de choses chez les Mormons :
chacun donne 10% de son salaire à l’Eglise,
les Mormons aident les personnes dans le besoin en contre partie d’une aide en retour ;
au-delà de tout, ils privilégient la famille, le sens du respect, du devoir, toutes ces valeurs qu’on nous a inculquées autrefois et qui disparaissent un peu trop.
Oui, cette structure, cette solidité, oui, j’apprécie, mais…
mais, s’il vous plaît, laissez-moi ma liberté de pensée !

       C’est décidé : je ne deviendrai pas Mormone.





La journée "Bisons futés ". (Episode 6)

        La journée est belle. Cet après-midi, direction le Great Salt Lake ou le Grand Lac Salé.

       Et c’est ainsi que, par une belle journée de janvier, trois Belges, laissant les montagnes Wasatch, quittent SLC pour remonter vers le Nord. Un simple K-Way, voire un pull, suffit.
Je n’avais pas vu d’industries, je pensais qu’il n’y en avait pas. Bon, c’est maintenant chose réglée ! Nous traversons un zoning industriel et bonjour la pollution : raffinage pétrolier, métallurgie, exploitation minière ! Le chemin de fer est la voie de transport par excellence. Zut ! Je croyais qu’ici tout était propre ! Eh bien, pas du tout ! Encore un mythe qui vient d’ éclater. Je me déniaise à la vitesse de l’éclair ! Vous me direz qu’il est plus que temps, que pour un peu on m’aurait enterrée naïve. Ma foi, n’est-ce point le rêve, monsieur Brel, «Etre beau, beau et con à la fois !» ? Argh ! Le pied !

Ainsi, Salt Lake est une ville où, trop souvent, plane un nuage de pollution. SLC est la principale ville industrielle et commerciale de l’Utah.

        Les alentours de la ville ressemblent à ce que nous connaissons par ici : grandes enseignes, parc d’attractions, … et à ce que nous ne connaissons pas par ici : les larges avenues toutes droites ! Mes cheveux se hérissent, lorsque, par ici, ma belle-fille prend le volant … L’ étroitesse des rues n’a rien de commun avec la largeur des routes étasuniennes. Bah je lui pardonne mes frayeurs, elle nous a donné un adorable petit-fils!
Rouler là-bas est un plaisir. La vitesse est réglementée et cela ne pose pas de problème. Les gens sont plus détendus.

       Un exemple de courtoisie appliquée : dans le quartier-feuille quadrillée qu’habitent mes enfants, il est courant de voir 4 panneaux STOP au croisement. Le premier arrivé passe en premier. Essayez un peu cela chez nous ! Ce seraient les auto-tamponneuses ! La ducasse tous les jours.

        Mais poursuivons notre route. Les usines sont derrière nous.

Les rochers deviennent rouges. Nous passons près des carrières. Et, tiens, deux immenses silos de céréales ! Jimmy nous explique : ce sont les réserves des Mormons. En cas de pénurie, tout est prévu. L’organisation est au top. Et en fin d’année, si tout s’est bien passé, le grain est distribué aux indigents.
Autre chose qu’ on ignore des Mormons : quand la catastrophe eut lieu à New-Orleans, ils furent les premiers sur place avec des vivres et de l’aide. J’ai également lu un article sur la tornade qui s’est abattue sur leur ville le 11 août 1999. L’organisation de ce peuple quant à l’aide à apporter, quant au compte-rendu des dégâts et quant à la reconstruction a été exemplaire.

        Un peu plus au Sud d’ici se trouve une des plus grandes mines de Cu au monde.

       Quelques lignes pour Manuella, notre prof de géo bien-aimé e. Elle risque de vouloir mon scalp si je ne lui ramène rien pour agrémenter son cours. Et j’aurai beau lui dire que cela ne se fait plus, elle…. Maman!!
Voici donc sur Google Earth quelques latitudes et longitudes :
*le temple des Mormons et tout le complexe (environ 10 ha) des Mormons (bibliothèques, centre de la généalogie, bureaux, etc.) :
40 degres 46'13.20"N 111 degres 53'31.33" W
*le grand Lac Salé et l’île aux Antilopes où nous nous rendons :
41degres 00 '08.12 " N 112 degres 12 '59.27" W

        Attention ! il ne faut pas confondre le Lac Salé et les plaines salées; c’est sur les plaines salées qu’ont lieu les essais à grandes vitesses des autos-fusées (c’est ainsi que je les appelle). Je pensais que c’était la même chose: eh bien pas du tout! Le lac salé fait la moitié de la Belgique et à certains endroits, on y voit flotter le sel. Il est le deuxième lac le plus salé au monde (teneur en sel six fois celle de la mer). Le premier étant la Mer Morte bien connue de ceux qui souffrent du psoriasis.
Bref, on a affaire à un vrai lac. Et c’ est sur une île de ce lac que nous nous rendons: l’île des Antilopes.

        Les Américains ont construit une route qui permet d’aller sur l’île des Antilopes. Une fois le droit d’entrée payé, on prend le pont-route et on admire.


Attention :voici ce que l’on voit à gauche, au milieu et à droite.


Le temps est superbe et on admire les différentes couleurs du lac
Pour les géologues, l’î le est un paradis : sa crête est constituée d’une roche parmi les plus vieilles accessibles sur Terre.
Prenons à gauche, dit Jim, les bisons seront de ce côté.


( les vaches chez nous et les bisons chez eux)

La route qui contourne ce côté du lac est sinueuse. L’île est un ensemble de petites collines. Où sont les bisons, Jimmy ?
Nous sommes en janvier, nous ne croisons quasi personne, c’est l’avantage, le plaisir. Dis Jimmy, où sont les bisons ?
Le lac est splendide, la végétation riche sert de nourriture aux antilopes et bisons. Mais où sont les bisons ?

Non ! Ça c’ est nous !

Là !!!!!!!!!!! Mauvaises langues ! Mauvaises pensées ! Vous aviez déjà pensé qu’il n’y en avait pas ! Et bien si ! Tout un troupeau ! Je n’en avais jamais vu à l’état sauvage. Splendide ! Splendide.

Non plus ! Mafia belge qui pose. Sourire. Par contre, sur les photos suivantes sauf …les deux à l’avant-plan de la photo de droite …

....

Mais la route s’achève, il ne nous reste qu’à faire demi-tour. Et lors de ce retour, ce sont les troupeaux d’antilopes que nous croisons.
Clic clac clic clic ! Photos !

Attention, ne pas marcher sur les côtés. Respecter la nature. Recommandé sur le dépliant.
Des espaces sont même prévus pour les campeurs. Idéal pour qui aime l’ isolement et les oiseaux.

        Le fiston est heureux. Le connaissant, je suis certaine qu’à un moment il a dû craindre ne pas croiser la moindre bestiole. Ça peut quand même être gentil les enfants n’est-ce pas !

        L’heure passe, il nous faut rentrer.

Nous reprenons le pont et… le soleil se couche. Soudain, en quelques minutes, les couleurs changent du tout au tout. Alchimie.

        Agréable après-midi. J’ai aimé ce que nous avons vu.

       Un jour, j’aimerais marcher sur les plaines salées.





La journée «Neurones». (Episode 7)

    Salt Lake City est la capitale de l’état d’ Utah(*) aux USA ; on y trouve plusieurs universités dont l’importante Université de l’Utah .
C’est dans cette université que Jimmy et Enkeleida font de la recherche en mathématique.

     Alors, après la journée "bisone" et la journée "mormone", aujourd’hui c’est la journée "neurones".

    Tandis que Robert fait les courses, qu’Enka joue à la petite maman, j’accompagne Jimmy à l’université. Il a deux heures et demie de cours de math à donner.
Pour commencer ma journée, je me laisse offrir un café dans le petit bar des étudiants, section géologie. Les murs sont des pans entiers tranchés dans de magnifiques pierres. Aussi diverses qu’originales. J’apprécie cet espace. Jim a tenu à me faire découvrir l’endroit ; je ne le regrette pas.

    Quelques jours plus tard, je ferai la connaissance du magasin de l’Université. L’amabilité et la disponibilité des étudiants qui y travaillent sont exemplaires et il est agréable de jeter un œil sur tout ce qui se vend outre-Atlantique ! Le prix des calculatrices et des PC me laissera baba ! Nous ramènerons un squelette à Emeline. J’espère qu’il est vraiment en plastique et que ce n’est pas le squelette d’un ancien prof ! Quoiqu’il soit vraiment petit… Sourire !

Mais les choses sérieuses commencent. Nous quittons la cafeteria pour rallier le bâtiment des mathématiques. Tranquille. Tout est tranquille. Je n’ai jamais traversé une université belge dans un tel climat de calme. J’ai beau me tourner de tous côtés, ce sont presque des zombies que je croise. Et tous les jours, il en sera de même. Les étudiants traversent le campus de part en part. Généralement, ils sont seuls. Là où chez nous, on ne voit que des groupes, là-bas, ils vont de part et d’autre seuls ou, au maximum à deux. C’est le système qui le veut, puisque les cours sont choisis «à la carte».

    C’est l’heure.
    Deux heures et demie de math, théorie et exercices. Eh bien dis donc, c’est qu’il va vite le fiston ! Par contre, il structure très bien. Heureusement, sinon je resterai en rade… ! Je suis toute fière, car je n’ai aucun mal à suivre. Je vais même au tableau, vous m’en direz tant !
    Le public, une douzaine d’étudiants, est divers. J’en vois un totalement largué, deux autres qui prennent fébrilement note, un autre encore qui pose diverses questions mais je n’aime pas le ton, il y a plus de l’attaque que de la discussion. M’est avis qu’il ne comprend pas grand-chose et qu’il « discute » la théorie. Sinon l’ambiance est calme, on n’entend quasi que la voix de Jimmy. Et vlan, voilà un travail à faire pour le cours suivant! C’est courant ici.
    Tiens l’étudiant de tout à l’heure accapare mon fils….

    Un quart d’heure plus tard… OK j’avais bien repéré le zouave. Il croit savoir ce qu’il ne sait pas.
Le niveau n’est pas celui des universités belges. En fait le niveau des universités américaines varie très fort d’un endroit à un autre. Il vaut mieux se retrouver dans le top 10 ! Certaines ont un niveau excellent, mais il n’en est pas de même partout !

    En repartant, je jette un œil dans le bâtiment des inscriptions. Quel immense hall ! Et face à moi, douze ou treize guichets. Tout est grand. Ici tout est grand. Les rues, les campus, les boutiques, les parkings, tout !
C’est fou comme j’ai envie de m’inscrire pour une petite année à l’Université de l’Utah. Allez, je m’ inscris? Au moins, j’améliorerai mon anglais. Le cours de math ne pose pas de problème pour l’étudier en anglais ; c’est bien la branche la plus facile pour ce jeu de langues.     Voilà donc le quotidien : deux heures et demie de math entre des repas pris à des heures impensables… Même qu’hier soir, Robert crevait de faim ; ça peut être ronchon un mari ! Je l’entends encore :
- Moi, à cette heure-ci, je doooors, alors j ’ai faim! Je me vengerai demain en réveillant avec délices le fiston à 7 heures du matin!!
Faut dire qu’ici, ça ne se couche rarement avant 1, 2 voire 3 heures du matin !! Pffff!

Mais le repas est prêt et après le cerveau, on se remplit l’estomac. Ce midi: pommes de terre, chou-fleur gratiné et filet mignon cuit d'une manière particulière. Je vous livre la recette.
On saupoudre le filet de sel puis de Caraway (une épice indienne) et ensuite on verse dessus quelques cuillers d’huile d’olive. Et au four ! Délicieux ! Normalement, c’est le rôti de porc que l'on cuit ainsi; j’en ferai à mon retour. Ma belle-fille me fait, à chaque fois, découvrir une nouvelle recette.

    L’après-midi sera studieuse …souvenez-vous du devoir ! Somme toute, une journée ordinaire. Nous l’apprécions à sa juste valeur.

    Le bébé est mignon comme tout. Il dort. Il sourit.

    Je viens de réaliser : mon petit-fils est américain (**) !



…………………………………………………………
(*)Le mot «Utah» dérive du mot «Utes» qui sont des Indiens vivant essentiellement dans l’Utah et le Colorado.
(**) Le mot «Amérindiens» couramment utilisé représente les Indiens, premiers occupants de l’Amérique, et leurs descendants.



La journée «Capitole de Capitale». (Episode 8)

     Aujourd’hui, balade à pattes ! Rappelez-vous comme ça descend et comme ç a monte … à moins que ce ne soit le contraire! Finalement tout dépend du côté où l’on attaque la pente. Si vous partez du bas, vous monterez…
-Comment ?
- :-(
-Ah bon ! Vous avez compris. OK, je continue donc mon chemin… quoique je n’aie même pas encore eu l’occasion d’y faire un premier pas que vous m’interrompez déjà…
Oui, ç a va, ç a va, j’ai compris ! Je continue.

    Nous partons donc de la J Street à mi-hauteur entre la 9ème et la 10ème avenue et nous nous mettons à descendre à hauteur de la 7ème sur l’avenue A. Nous ne ne descendons pas plus bas que le «A» ou bien nous tombons dans le canyon ! :-)

    De l’autre côté, le splendide Capitole.
Aux Etats-Unis, il y a un capitole dans la capitale de chaque état et celui de SLC est le second plus beau après celui de Washington ! Seulement voilà : il est de l’autre côté du canyon et notre moyen de locomotion décidé est la-machine-à-pattes.

- Et on y va comment au Capitole ? que je demande d’une petite voix…
- Comme tu veux. On y va ou on n’y va pas. On prend la grand-route ou on descend le canyon ; il y a un petit sentier cimenté qui descend vers le fond et qui traverse le parc du Souvenir. Tu choisis.

Je sens que mon mari a bien envie de descendre ici alors : décidé ! Nous descendrons le canyon et à la moindre alerte des genoux, nous remontons. J’y vais avec précaution, ne brûlant aucune étape. Ce sentier très agréable a été aménagé lors des J.O. de 2002 et est dédié à tous les bénévoles qui ont œuvré pour la bonne marche de ces J.O. Belle reconnaissance ! Je me demande combien d’édiles politiques de combien de pays penseraient à inaugurer un sentier, une route, à renommer un chemin en l’honneur de bénévoles !?!

Relativement court à descendre ce sentier, mais, mazette, qu’est-ce qu’il descend fort! Et, de plus, il nousfaut prendre garde aux plaques de glace et à la neige que l’on retrouve encore partout. Au fur et à mesure de la descente, je réfléchis qu’il nous faudra remonter, mais qu’avant de remonter, il nous faudra, une fois la route du canyon atteinte, monter sur l’autre versant afin d’atteindre le Capitole. Je me demande si je n’ai pas présumé de mes capacités physiques ? Bon, nous verrons bien.

Une fois en bas, une rivière court tout le long du canyon et agrémente de son chant the Canyon road. Pelouse, petits ponts, statues, chapelle, plaques en l’honneur des soldats de l’Utah morts durant les différentes guerres, cloches,… et joggeurs ! Il y en a partout, mais il faut dire qu’un peu plus haut, la route du Canyon est partagée en deux bandes : une bande occupe le tiers de la route pour les voitures et l’autre les 2/3…,réservée aux piétons ! Fantastique ! Et rassurant : on a beau traverser de petits bois, on se sent en sécurité, tout est calme et chacun salue tout le monde.

    Nous voici donc tout en bas. Le Capitole est, lui, tout en haut. Monte ? Monte pas ? Monte ? Monte pas ?
Monte.
Mais ce choix, vous l’aviez certainement deviné …depuis la nuit des temps, le danger attire la femme … Eve déjà!! Et je souris.

..

(photo de Scott Catron from Sandy, Utah, USA)

Des marches, un sentier, un bonjour peu démonstratif à l’Amérindien et avant même de réaliser l’étendue de ce quartier,
nous nous trouvons au pied du Capitole. Je me sens toute petite! En fait, je vois le nombre incalculable de marches qu’il me faut encore gravir pour en visiter l’intérieur. Bon, je laisse partir mon mari en éclaireur :
- Si cela en vaut la peine, tu me fais signe. Je grimperai.

J’ai grimpé !

Et je vous assure que je ne l’ai pas regretté.
De l’extérieur déjà, la vue nous amène très loin : jusqu’au Lac Salé. L’intérieur ensuite. Il est splen-di-de : le hall immense est décoré de sculptures et de peintures racontant l’arrivée des premiers colons. Les murs et colonnes sont de marbre. Nous montons à l’étage pour y admirer the Senate Chamber, the House Chamber, the Supreme Court, la salle dorée des réceptions, the Gouvernor’s Suite et les différents bureaux.
(Cliquer sur le lien ci-dessous pour un voyage panoramique à l’intérieur du Capitole)
Clic!


En voyant ces images, vous avez dû réaliser que la fatigue est oubliée. Enfin… presque. Mais ce qui est certain, c’est que nous ne regrettons pas cet après-midi. Nous ne nous attendions pas à un tel spectacle. Il est dommage que ce quartier passe trop dans l’ombre par rapport au centre mormon et à son Temple.

    C’est l’heure du retour. Ding dong dong ding ding ! A chacune de nos visites, nous entendons différentes cloches de la ville sonner les heures. Les mélodies sont merveilleuses. D’ailleurs durant tout notre séjour, nous ne nous en lasserons jamais : où que nous soyons dans la ville, nous nous arrêterons pour les écouter et, subtil détail, il y a un léger décalage entre elles, ce qui nous permet de profiter de chacune d’elles.

    Allons donc ! Il nous faut retourner. Voyez la carte de l’itinéraire : nous avons pris le chemin noir. Pour retourner, mon mari me propose de prendre la route normale, la blanche !Dites donc, vous avez vu la longueur du trajet ! Je suis courageuse, je veux gagner mon ciel sur terre. Je rigole. En réalité, je n’ai nulle envie d’allonger ma route d’une heure de marche supplémentaire. Alors, c’est tout vu, nous reprenons la route du Canyon…souvenez-vous :descendre marches, descendre canyon, remonter canyon et remonter entre 9 et 10!

    C’est sûr maintenant ! Dans les chaussures, les chaussettes ne résisteront pas !





La journée «Franc-maçonnerie». (Episode 9)

    Quand je vous disais que les chaussettes en prendraient un coup ! Il suffit de voir mes orteils pointer à l’air pour le comprendre. Aussi, avant de repartir pour une nouvelle journée, allons-y pour une heure de raccommodage de chaussettes.

Oui, mais que faire quand on ne trouve de laine à repriser nulle part ?
Eh bien, l’on fouille la boîte à couture de la maison et on fait avec ce qu’on trouve : à savoir de la laine jaune ! Je me promènerai donc avec des chaussettes bleues à orteils jaunes : ça ne suit pas, des chaussettes brunes à orteils jaunes ? Tiens, ça suit ! Chaussettes style Art déco (Bonjour Kate(*) !)

    Mais revenons maintenant les pieds sur terre.

    Avant de poursuivre, je vous indique cette adresse url d’un site écrit par un ancien mormon. Ses dires sur le mormonisme sont extrêmement intéressants et, si vous avez envie d’être sérieux un bon quart d’heure,
cliquez sur le lien, vous ne le regretterez en rien.
Clic!


    Quant à nous, nous partons pour la visite du temple de la franc-maçonnerie. Sa façade m’avait attirée et nous avons tout simplement sonné et demandé si nous pouvions visiter le temple.

    Un sphinx tient le globe terrestre, un sphinx tient le globe qui repré le ciel.
    Le rendez-vous fut pris pour aujourd’hui. Sur place, nous apprenons qu’un car de médecins allemands est attendu. Nous patientons donc dans le Lesser Hall aussi grand que six salons. Les fauteuils sont confortables mais élimés ; les vitrines, décorées de photos et d’objets symboliques, ont vieilli ; de grandes peintures ornent les murs. Tout est ancien et a une présence. Soudain, dans un coin, je vous le donne en mille : un distributeur de cocas ! Comme nous tournons tout autour de la salle, le guide nous suit du regard. Nous montrons le distributeur et vraisemblablement il partage notre «chocking».

Nous regardons notre montre, le temps passe. Finalement, vu la grande quantité de neige tombée ce matin, après vingt minutes d’attente, nous apprenons que le car n’arrivera pas. Nous avons donc droit au guide pour nous «tout seuls». Chouettttttttttttttttte !

L’homme est super gentil, serviable, désireux de raconter et de nous répondre. Vous nous suivez ? OK. Suivons le guide.

    Et nous déchantons à la vitesse de l’éclair : nous ne comprenons strictement rien à ce qu’il raconte. Et il ne comprend pas que nous ne comprenons pas. Son accent est à découper au couteau et son débit hyper-rapide. Bref, c’est galère ! Marshmallow, patate chaude en bouche, marshmallow, marshmallow, oh lala !
Quelle déveine que les enfants n’aient pu nous accompagner ! Au bout d’une heure, ils en auraient certainement eu marre de traduire, mais au moins nous aurions compris quelque chose.

    - Are you mormon ?
    - Yeah !
Ouf ! Jusqu’ici ça va !
    - And your parents ?
    - …
    - Your mother ?
    - Caaatchui
    - ??? cachun ? sorry, would you mind repeating please ?
    - Caaaatchuic
    - ???
Mince, on est propres! Je vois son regard. Il nous prend pour des demeurés, il ne comprend pas…que nous ne comprenons pas. On réessaie.
    - I’m catholic, my husband is catholic, You’re mormon. And your mother ?
Mon dieu , je ne donne pas cher de notre Q.I !
    - caaaatchic
Ah ça y est ! Enfin pas pour moi ! J’ai toujours été sourde aux langues étrangères, ce qui n’est pas le cas de mon mari qui a saisi.
    - Il dit que sa mère est catholique.
    - Ah catholic !
Comme si j’allais changer son accent.
    - Yes !

Bon le contact est passé. Jeee sens que je vais beau-eau-eau-coup m’amuser. En réalité, deux heures à ne quasi rien comprendre. J’interpelle mon mari qui rigole:
    - Robert, travaille un peu ;-) Tu comprends davantage !

    Ah oui, il est vrai que vous ignorez que nous travaillons souvent en binôme! Il a une meilleure oreille que moi et moi j’ai plus de vocabulaire que lui. Ca donne à peu près ceci (visualiser la méthode) :
il comprend, me traduit, je réponds, il répète avec le bon accent.
Et tout va bien !
Enfin ! sauf ici.

    Et la visite commence. Les généralités d’abord. L’histoire, dans cette grande salle. Mais j’ai juré de ne rien vous dévoiler de ce qui a été dit ici : de l’arrivée des premiers mormons, de la grande toile qui orne le mur de la salle d’accueil, de l’insertion des francs-maçons dans la vie sociale de Salt Lake, de leur engagement financier dans un hôpital de la ville, …
Je ne vous dirai rien.

Je n’en ai saisi que les titres !

    Croyez-moi, cela me désole plus que tout. L’homme qui nous guide raconte, raconte, montre et montre encore et encore. Si nous avons bien compris, toute une partie d’un hôpital des enfants de Salt Lake est financée par eux. Ils sont très engagés, se veulent en ouverture vers la ville et organisent régulièrement des spectacles ouverts à tous.

    D’ailleurs la salle où se donnent des spectacles ferait pâlir plus d’une commune. Elle peut contenir huit cents personnes et est chapeautée d’un ciel de petites loupiotes qui est une merveille à lui seul.

Quatre étages avec des salles toutes plus grandes les unes que les autres : la salle de spectacles dont je viens de vous parler,
une salle de réunion pour près de cinq cents personnes et beaucoup d’autres splendides salles encore :

..

la salle gothique,la salle égyptienne,
mais aussi la salle des maures,…,
la salle des femmes agrémentée de miroirs (rires !) qui, grâce à des balcons, peuvent apercevoir leur mari qui se trouvent un étage plus bas... Autant garder un œil sur eux ! Hé hé ! Même ici !

Dans ces différentes salles, on trouve «l’œil» de Dieu (God) et un élément de la décoration que j’ai adoré plus que tout : une volée d’escaliers menant à une salle supérieure : sur chaque marche, on peut y lire une inscription. Voyez.

J’aime cette manière d’à la fois poser le pied sur un élément de vie et d’avoir l’esprit «tiré» vers le haut.

    Il faut aussi savoir que,
pour certaines obédiences,
pour être franc-maçon, il suffit de croire en un être suprême. La religion n’a aucune importance; par contre, pour eux, les athées ne peuvent l’être. J’admire cette recherche spirituelle dans la liberté de conscience personnelle, transcendée par un mouvement de cohésion fraternelle. La puissance qui se dégage de cette cohésion est phénoménale. Veiller surtout à ne pas oublier qu’il n’y a pas qu’«une» franc-maçonnerie mais des franc-maçonneries.
Je ne puis, malgré tout, m’empêcher de poser cette question : à l’heure actuelle, le côté «affaires» ne l’emporte-t-il pas, ici aussi, sur cette recherche d’élévation ? Philippe,un de nos amis, dont le père faisait partie du Probus, déclarait récemment qu’actuellement le monde des affaires prenait plus de place que le monde de la curiosité des arts. L’enrichissement a changé d’orientation. En est-il de même ici ?
Je l’ignore.

    Mais la visite continue.

    Une pause :
clic sur le lien ci-dessous : une visite virtuelle vous attend dans the Salt Lake Masonic Temple. Les photos vous décriront mieux que je ne puis le faire ce que nous avons vu.
Clic!


[ Ne craignez pas de cliquer sur les différentes offres :
> Grand Stair Case
> Great Hall
> Colonial Ante-Room
> Colonial Room
> Egyptian Room
> Auditorium
> Upper Landing
> Gothic Room
> Moorish Room
> Lesser Hall
> Banquet Hall ]

    Nous passons d’étage en étage grâce à un ascenseur, mais une rampe est construite d’un bout à l’autre. A l’extérieur, les deux sphinx montent la garde. Chacun a la patte posée sur un globe : le globe terrestre pour l’un, le ciel pour l’autre.

    Etage supérieur. Mes lèvres ne peuvent retenir un sourire de surprise et de joie : nous sommes dans les vestiaires…Tous les habits servant aux cérémonies sont ici : poussiéreux, sans éclat. J’ai la nette impression de me trouver dans les coulisses d’un théâtre de province. Les habits sont ternes et c’est l’éclat des projecteurs qui les fait prendre vie. Ahurissant ! Je m’attendais à quelque chose de «plus propre», de «plus chatoyant». Tout ce que je vois, des armoires aux costumes, y est vieux et semble grisâtre. Ca sent la poussière. Nous sommes réellement dans une salle-grenier.

Que nous traversons.

Pour arriver dans une autre grande pièce (décidément, ici, rien n’est petit) : deuxième étonnement. Il s’agit d’une salle de répétitions pour musiciens. Les pupitres sont ouverts, les partitions aussi, les instruments sont là. On voit de suite qu’il s’agit d’un endroit où l’on vit, où l’on travaille. Mais, encore une fois, une impression d’un coin de coulisses de théâtre !

Une réflexion toute personnelle : je ne comprends pas que la musique ne soit pas une matière à part entière comme les maths, le français, la géo,…. Avec elle, plus besoin d’esperanto: elle est langage universel, paix, symbiose. Décidément, non ! Je ne comprends pas.
Mais laissons les portées, les arpèges, les cuivres, les clarinettes. Ressortons.

    - Il think you want to see the library ?
    - Oh yes !

    On ne le regrettera jamais. Que de vieux grimoires, de vieilles bannières également, déposées ça et là, un peu branlantes ! Mais des livres, des livres encore des livres. Et quels livres ! Toute l’histoire de la franc-maçonnerie s’y trouve. Elle est d’une richesse incroyable ! Dan Brown (**), pour se documenter pour son livre «Le symbole perdu», y est venu pour travailler. Ce dont nous ne doutons pas une seule seconde, tant elle est complète et très bien fournie.

    Le guide raconte toujours. Il a tant à dire. C’est juré, nous enverrons notre fiston faire le même tour que nous. Il racontera et j’enrichirai alors mes dires.

    Et puisqu’il faut bien terminer un jour, le guide nous demande si nous avons d’autres questions. Il meurt d’envie de nous renseigner, il est aux petits oignons pour les deux malheureux petits Belges un peu balourds que nous sommes.

    - Do you wish to know the other elements ?
    - Oh yes, we have many questions but we will not ask them because we don’t understand the answers.
    Et il sourit. Nous aussi, lui ne doit pas trop nous comprendre, mais nous, nous sommes déçus.

    Jimmy, Enka, il faudra que vous alliez voir ça ! Et vous, si un jour vous allez à SLC, frappez à la porte du temple maçonnique. Vous ne le regretterez pas.


(*) Kate Milie
(**) Dan Brown





La journée «restauration». (Episode 10)

    Nous ne sommes pas rentrés squelettiques des USA car, hormis les heures indues auxquelles nous prenions nos repas, nous mangions bien. Très bien même.
J’ai même découvert quelques nouvelles épices comme le caraway dont je vous ai parlé dans un des chapitres précédents et le poivre au citron qui agrémente les salades.
Il en est bien d’autres et vous en connaissez certainement plus que moi car je cuisine assez «au naturel».

    Seulement les enfants n’ont pas voulu que nous fassions l’impasse des restaurants. C’est ainsi que nous avons dîné (midi) dans un restaurant himalayen, soupé (soir) dans un restaurant italien, un japonais, un turc et, politesse oblige, un américain! Je souris, car il ne s’agit nullement de politesse, mais bien de curiosité.

                * * *

    Enkeleida est à la maternité, elle se repose de la naissance du petit. Il a un jour et nous venons d’arriver, fatigués mais heureux. Jimmy veut fêter cela en nous emmenant dans un bon restaurant japonais où l’on cuisine le poisson cru: tout un spectacle qui peut s’admirer si l’on obtient une place au «bar» de cuisson.
    Pour le parking, aucun problème: nous nous arrêtons face au resto, remettons nos clés à une des personnes devant le resto. Il ira la parquer à un endroit autorisé et reviendra rejoindre sa place au pas de course. Une autre manière de faire du sport. Une autre manière de stationner très agréable pour le client, qui n’a pas à faire 1 km à pied pour retrouver sa voiture.
A la sortie, le coursier ira la rechercher. Et ce qui ne gâte rien, la somme exigée n’est pas très élevée. De plus en plus de restaurants procèdent de la sorte.
    En tout cas, ce restaurant-ci est très prisé et est reconnu pour la fraîcheur de son poissson. Beaucoup de célibataires y passent leurs soirées car, installés au «bar», ils peuvent parler avec le cuistot et lui demander ce qu’ils désirent. Ce dernier se fait un plaisir de les épater avec ses sushis artistiquement présentés, le tout avec un poisson hyperfrais. En fait, si on le veut plus frais que cela, on le mange vivant!
Cette manière de faire crée la convivialité dans une ambiance agréable et détendue.

Clic!

    Nous n’obtenons pas de place au «bar», mais si cela chagrine un peu Jimmy qui désirait nous offrir «la totale», nous, nous sommes heureux de rester à 50 cm du sol. Nous venons de passer près de 12 heures à 9 000 m d’altitude, alors retourner à 1 mètre du sol, sur un tabouret, aussi confortable soit-il, ne nous tente pas davantage. Meuh! le bon plancher des vaches!
    Je ne répéterai rien du nom des plats qui nous ont été servis. Je n’y connaissais rien! Je suis «très» chanson française, cuisine française...et, merci de me le souffler, provinciale. Ce qui n’empêche pas la curiosité et tous les plats sont de petits tableaux. Alignés comme à l'armée, les sushis nous sont servis sur de petits plats par des serveurs extrêmement gentils. Les plats sont jolis comme tout! On mange avec les baguettes ou avec les doigts. Je choisis les doigts car, rien à faire, avec les baguettes, je tricote! Oui, oui, provinciale! Je sais.
    Le poisson est tranché finement ou en morceaux extra-fins, entourés ou pas de riz, assaisonnés ou pas d’épices, en croûte parfois. J’ai beaucoup aimé le saumon, carpaccio miniature. Le reste..., je n’accroche vraiment pas. Ce qui n'est pas le cas des autres convives ni de mon mari. Tous apprécient et s’en délectent.

Edmée (*), une amie, me disait adorer ça plus que tout au monde. Elle raconte: les sushis sont poisson et riz collant présentés ensemble dans de petits rouleaux ou cubes. On y ajoute des algues etc. Et les sashimis sont les tranches de poisson cru, servies avec le riz collant à part, avec des lamelles de gingembre et la fameuse moutarde verte qui fait sauter au plafond, le Wasabi.

    Jolie expérience que ce restaurant japonais dont le type de cuisine extrêmement «branché» est régulièrement présenté à la télévision.

    Ah oui ! Au moment de régler l’addition aux USA, ne jamais oublier d’ajouter les 20 à 25 % de taxes et de service. Il vaut mieux s’en souvenir lorque l’on regarde le prix des menus ; quand on n’y est pas habitué, ce Œ du prix non mentionné rend trompeur le prix affiché.

                * * *

    Les enfants rentrent d’une visite de chez le pédiâtre. Non! Le pédiâtre, ce n’était pas pour le papa! Le repas est prêt.
  - Eteins tout, maman. Nous vous emmenons au resto!

    Et nous voici, entassés à cinq dans la New Beetle. C’est le petiot, installé dans son siège, qui prend le plus de place!
    Et justement, à propos de siège pour enfant : quand Jimmy est allé chercher Enka et Andréas à la maternité, il fallait déjà avoir le siège pour bébé. Quand il y est installé, quelqu’un vient vérifier le tout. Et si ce n’est pas en ordre ou si tu n'as pas de siège, tu n’emportes pas le bébé! C’est clair et net! Aucune dérogation ni compromis à la belge!
Vous voilà prévenus.

    Retour au centre ville.

    Nous stationnons facilement devant le restaurant himalayen et l’accueil reçu est des plus sympathiques.

Clic!

Nous remarquons immédiatement que les enfants sont bien connus et appréciés ; ils expliquent qu’ils y viennent fréquemment lorsqu’ils reçoivent des professeurs étrangers pour des conférences. Les prix ne sont pas élevés et l’on y mange vraiment très bien.
    Toujours perdus dans ces menus dont ne comprenons pas un traitre mot, nous nous laissons guider tout le long du buffet. Et nous avons aimé: les différentes sauces dont les piquantes qui nous feraient presque plonger la langue dans n'importe quoi pourvu que ça rafraîchisse…, les différents légumes, les différents plats. Et ce que j’ai le plus aimé est une boisson à la saveur à nulle autre pareille : elle est à base de yaourth et elle rafraîchit délicieusement la bouche: le lassi

    Le bébé nous accompagne. Il dort durant tout le repas et, comme tous les bébés, attire tous les regards. Le patron est aux petits soins pour la jeune maman. Il explique:
  - Dans mon pays, nous donnons une boisson qui revigore les jeunes mamans. Je vais dire à mon cuisinier de vous en préparer immédiatement.
Aussitôt dit, aussitôt fait! Et le cuisinier, tout fier, ramène un bol contenant un bouillon brûlant à base de jus de légumes et surtout de beurre fondu, le tout aromatisé de caraway. Et il faut boire! Enka est entourée: le patron qui sourit, le cuisinier qui attend le verdict, quelques serveurs qui passent et repassent et nous.
Je souris. Pas facile, facile. Enka ne pourra vraiment pas le terminer. Que faire ?
Aucun problème. On lui ramène un petit thermos de la cuisine. La boisson arrivera à la maison.

    Merveilleux accueil empli d'humanité.
    Ces Népalais ont tout quitté pour venir gagner leur vie ici et ils y sont parvenus. Que Dieu, quelle que soit la manière dont on l'appelle, fasse qu’ils gardent leurs racines !

                * * *

    Le restaurant italien.

    Restaurant classique, chic et qui offre une belle carte.

Clic!

Un grand parking. Une place de choix. Etonnant, le peu de monde...alors que d’habitude, il faut réserver longtemps à l’avance…! C’est que ce soir a lieu la grande finale du super-bowl. Moment sacré entre tous: tout le monde reste chez soi pour suivre la finale à la télé!
    Je n’étais pas très tranquille:c’estle soir, le petit bout qui nous accompagne toujours est fatigué. Je reconnais que, pour moi, quand on a un petiot, rien ne vaut être à la maison. Mais, là aussi, il dormira à poings fermés durant tout le repas. Brave petit bout d’chou!
    J’ai oublié sur quels mets se sont portés nos choix: nous avons tous pris quelque chose de différent, histoire de piquer à gauche et à droite. Tout fut très bon et la soirée agréable. Comme toujours.

                * * *

    Mais aussi le restaurant américain!

    Nous sommes à Moab, nous venons de visiter le parc des Arches. Moab, j’en parlerai dans un prochain épisode. Aujourd’hui, je me réserve aux plaisirs de la bouche.

    Le «manger» à l’américaine, c’est la troisième fois que je le vivais.

    Une première fois à Atlantic City, le Las Vegas de l'Est. Rien n’est cher puisque l’on chouchoute les clients dans l’unique but que ce qui n'est pas dépensé au resto l’est dans les casinos. J’ai vu là-bas un gaspillage comme je n’en ai jamais vu. Des assiettes énormes dont les deux tiers resteront sur les tables. Des assiettes gorgées de desserts divers dans lesquels une seule bouchée a été prélevée. J’ai été écœurée comme jamais. Ecœurée par la nourriture et par le gaspillage. Je déteste cela plus que tout! Trop de gens dans le monde meurent de faim.

    Une seconde fois à Philadelphie. Nous avions fait connaissance à Philadelphie d’un petit, comment dirais-je, d’un petit snack sur un marché. Construit à la place de l’ancienne gare, ce marché accueillait marchands de fruits, de légumes, bouchers, boulangers, amishs (à ne pas confondre avec les mormons) et leurs légumes et, dans ce marché, quelques coins étaient réservés à la restauration.
    Nous avons mangé à l’américaine et je vous assure que nous ne sommes pas prêts de l’oublier: hamburger et frites. Manger proprement fut difficile tant la graisse coulait des oignons emprisonnés dans leshamburgers. Les jeunes aimaient, les amis des enfants aussi, même si tout le monde était bien d’accord pour dire que l’on ne pouvait surtout pas manger ainsi tous les jours! Bah tiens!
En tout cas, mon mari qui fuit le cholestérol comme la peste, fut bien difficile à calmer. Je souris à ce souvenir d’immersion gustative dans ce type d’endroit.

    Et aujourd’hui, Moab. Nous choisissons un restaurant américain. J’ai envie d'un hamburger américain, de frites américaines. J’ai envie aussi de ces rondelles frites que les Américains mangent avec la boisson apéritive.

clic!

  - Que mangent-ils, demandé-je à Jimmy ?
  - Ca, c’est typique à l’Amérique, c’est très bon, ce sont des oignons frits.
J’entends mon mari qui dit :
  - Noooon! Tu ne vas pas prendre cela!
  - Si, si! J’ai envie d’essayer. Zut alors ! Ce n’est pas demain la veille que je reviendrai par ici et, sous le regard réprobateur de Robert, nous commandons une assiette d’oignons frits.
Résultat: bof. Surfait. Même une mouche entendrait les yeux de mon mari dire "Bien fait!".

Tout le reste fut bon. Encore une fois, un plat à ne pas prendre chaque jour, mais être en Amérique et ne jamais manger ce qui leur est typique, non, je ne pouvais pas leur faire cela. Ni me faire cela. Rires!

    Un petit mot sur le personnel: gentil comme partout. C’est une des qualités ici, la gentillesse des gens. Leur ouverture à la discussion, à l’échange. J’adore. Vous leur demandez tout ce que vous voulez, vous craignez d’être indiscrets… Eh bien pas du tout, on vous répond très simplement. Il n’est pas de sujet tabou.
Elle est là, la liberté américaine.

C’est elle aussi qui accepte toutes les idées, du «pour-l'IVG» au «contre-IVG», du «pour-le-port-d'arme» au «contre-le-port-d'arme». L’avis de chacun, ici, n’est pas un problème et l’Europe se laisse encore trop manipuler par le sensationnalisme des reportages télé qui satanisent certaines attitudes, certains mouvements.
Quand je dis à mon fils et à ma belle-fille :
  - Vous avez bien vu ces groupuscules nazis.
Ils me répondent:
  - Ici, ce n’est pas un problème. C’est une minorité et si on monte tout un dossier sur une minorité, c’est uniquement dans le but de créer un reportage-choc. Ne t’inquiète pas, ces mouvements sont parfaitement connus et contrôlés.

    Cette liberté et ce côté «battant» sont deux traits du caractère américain que j’aime par dessus tout.
Je me révolte contre la délation qui fait que si quelqu’un met ses pieds sur les sièges d'un train (compagnie privée), aussitôt deux «GSM» sortent des poches et, à l’arrêt suivant, la police monte dans le train.
A ma révolte, on me répond:
  - Tu dois savoir ce que tu veux. Tu n’aimes pas le saccage, tu n’aimes pas l’indifférence et le manque de prise de responsabilité. Ici, on la prend. La manière est peut-être discutable, mais la pseudo-indifférence est-elle si jolie ? Et vlan! Je dois à nouveau réfléchir.
Mais zut, je n’aime toujours pas la délation!
Par contre j’ai aimé quand, à Paris, Jean-Jacques, un ami de mon mari, a houspillé un jeune de 12 ans qui emm... tout le monde dans les transports en commun. Il fut le seul à avoir osé. Ca, j’ai aimé et, semblant de rien, le Jean-Jacques, eh bien, il m’a donné une leçon que je ne suis pas prête d’oublier.

    Et dire que, dans ce paragraphe, tout a commencé par un hamburger!

                * * *

    C’est la veille du départ. Normalement, nous aurions dû passer les deux derniers jours en compagnie des parents et de la famille d'Enka. Seulement, à Philadelphie, il y avait 53 cm de neige et l’aéroport était fermé. Nous n’aurons donc pas la chance de nous revoir.

    Odisea, Evelina, Joey, Milena, Toshi, Lluk je vous envoie mille baisers d’ici, many kisses from Salt Lake !

Nous devions également passer cette dernière soirée ensemble dans un restaurant libanais . Nous disons aux enfants de remettre cela à plus tard. C’est mal connaître les enfants que de croire, ne fut-ce qu'une seconde, qu’ils nous écouteront!

Ce soir, restaurant libanais.

Clic!

    Allez Andréas, en route! Tu as à peine un mois et ton inconscient a déjà dû sentir les parfums de l’Italie, du Japon, de l’Himalaya, des USA et maintenant ceux de la Turquie. Aucun ne vaut celui de maman, n’est-ce pas mon petit bout! Quant à moi, je sens déjà l'odeur du départ et cette odeur-là, je l’exècre entre toutes!
    Nous poussons la porte: atmosphère particulière. J’adore ces petites lampes qui tamisent l’ambiance, ces couleurs qui donnent de la chaleur. J’aime moins le fait qu’il faille attendre son tour pour avoir une table.
Sur ce point, on ne me changera pas. J’aime le confort du luxe et le luxe du confort. Et attendre une place me dérange toujours énormément. Mais pourquoi m’en faire ? Andréas dort, je n’ai donc qu’à attendre partiemment notre tour.
    En deux temps trois mouvements, la table est dressée. Nous sommes bien placés et nous pourrons apprécier tous les mets qui nous serons servis.

-- Je reviendrai compléter cette page une fois les enfants-là, car j’ai totalement oublié tout ce que nous avons pris---

  - S’il vous plaît, pas de dessert!
Mais vous l’avez deviné. Nous aurons un dessert. Un bbbb-finger. Et ce fut bien un finger. Petit et délicieux.
    Finalement j’aurais bien pris two fingers.

                * * *

    Bon appétit !

(*) Edmée de Xhavée




La journée «soirée basket, soirée américaine ». (Episode 11)

       Ce soir : vraie soirée à l’américaine. Avec son côté familial, son côté consommation, son côté bon-enfant et son côté exagération.

       Dans une rue de SLC, une inscription de Young dit que les gens ont autant besoin d’amusement que de religion. Ce soir, nous rencontrons ce peuple qui travaille beaucoup, vraiment beaucoup, qui gagne de l’argent et qui, avec cet argent, se fait plaisir. Et l’un de ces plaisirs est le match de basket. En avant donc pour une soirée basket.

        Les billets sont réservés et, comme pour chez nous, il faut trouver une place pour stationner. On ne s’inquiète pas, Jimmy connaît la ville et sait où garer la voiture à un endroit pratique. Oui, vraiment pratique, mais fichtrement éloigné du stade ! Il a de grandes jambes le gaillard ! Les miennes le sont un peu moins et, principe de physique oblige, si je veux suivre, je dois, comme d’habitude, les faire tourner plus vite que les siennes. Et comme d’habitude, ces deux-hommes-heureux-de-se-retrouver-à-deux ne m’attendent pas ! J’aime ça mais j’aimerais aussi qu’ils ralentissent un peu.
De toute façon, s’ils exagèrent, je ne vais pas me tuer, je m’arrêterai tout simplement au prochain croisement. Ils viendront m’y rechercher.

       Ils ne viennent pas me rechercher ! Ils rigolent, oui. Je sais où ils vont. Alors maman, débrouille-toi.
Bref, je fais mouliner mes gambettes et je suis.
       Le temple sert de centre de symétrie entre notre parking et le stade...Ouais ouais! Vous me direz qu'un peu de marche ne me fait pas de tort. D'accord mais je dois courir avec mes deux hommes !
Et sachez déjà qu’au retour, distraits, on se trompera de route pour parcourir deux blocs supplémentaires, je vous en dirais tant moi! Ce soir, je rentrerai morte. Riez seulement.



       Un petit détail très amusant… chaque passage pour piétons du centre ville est agrémenté d’un chant d’oiseau différent. Pour les mal-voyants ? Je l’ignore.



       Le match oppose l’équipe locale Utah Jazz à celle de Sacramento. Le nom du stade : Energie Solutions Arena.

http://assets.espn.go.com/photo/2009/0707/travel_e_utah01_576.jpg

Il peut contenir 25 000 personnes.
Et quand je parle du stade, waaah quel stade!! Immense n’est même pas le mot qui convient, c’est immmmmmmmmmense, gi-gan-tes-que, démesuré ! Et je profite au max de cette démesure, car je sais que dans un quart d’heure, je m'y serai complètement habituée. Et pour l’heure, je n’ai absolument pas envie de m’y habituer trop vite, je veux profiter, profiter! Je jette un œil à chaque porte, à chaque trou de souris, je regarde les boutiques, les vendeurs de pizzas, de casquettes, de …, de…, de…, de tout! Sans cesse, nous croisons des hommes qui amènent des colonnes de pizzas!!!
- C’est pour nous tout ça ?!
La question est naïve. Bien sûr que c’est pour nous. D'ailleurs je m’en rendrai compte dans quelques minutes.        

En attendant, après être passés par la sécurité obligatoire, --- montrer son amusement en parlant français nous attire toujours la sympathie et le sourire. Comme les Texans, les gens d’ici sont gentils à souhait--- nous croisons une foule, mais pas de cohue tant il y a de l'espace. La largeur des couloirs est impressionnante. Nous respirons.

Porte J.

Mon dieu (et ce n’est pas une prière au dieu des mormons)...c’est magnifique, c’est haut, grand, les gens en haut ont la grandeur de mouches. Au centre de l’espace un immense (bah oui) écran à 4 faces suspendu au-dessus du terrain à je ne sais quelle hauteur!

Nous sommes une demi-heure à l’avance, mais le spectacle a déjà commencé: pom-pom girls, animations diverses…Il y a un monde fou sur le terrain. La musique va fort (trop pour moi mais voilà ils ne m’ont pas demandé mon avis. Pourtant on ne peut, à moins de hurler que converser avec son voisin). Faut soutenir les Jazz n'est-ce pas !

Côté spectateurs, ce sont des familles entières qui débarquent, du grand-père jusqu’au poupon de moins d’un an : papa, maman, le grand frère, la grande sœur. Quant à la plus grande…, elle est sur le terrain ! L’assistance est familiale. On est loin du hooliganisme de nos stades même s’il y a un service de sécurité omniprésent.

3, 2, 1, zéro! Tout le monde se lève, la main sur le cœ:ur et se tourne vers nous...Non, pas vers nous…Bah ! on aurait dit…que regarde cette foule…qu’y a-t-il au-dessus de nos têtes ? Car c’est vraiment de notre côté que les 25 000 personnes se sont tournées. Trouvé! Un immense drapeau américain est déployé à l’étage supérieur juste au-dessus de nos têtes.
J’ai appris par la même occasion que ce salut au drapeau se faisait au moindre match, même dans le secondaire.

        Et c'est parti pour quatre quarts temps ou deux heures et demie de spectacle(s) non-stop. Même lors des temps morts, les pom-pom girls arrivent pour une danse d'une bonne minute. Ajoutez à cela un speaker, tous les entraîneurs ; dans tout ce monde, il faut presque chercher les joueurs.
       Il me faudrait quatre paire d’yeux, car tandis qu’en bas on discute tactique, sur l’écran, une petite dizaine de caméras dispersées, histoire de ne rien laisser passer question ambiance, montrent là deux enfants qui dansent, là deux jeunes filles, retour sur les joueurs, puis tout un groupe qui chante et ainsi de...
Non, pas vrai! Une montgolfière passe au-dessus de nos têtes (un cylindre de 4m de long sur une hauteur de 2 m) télécommandée et qui lâche des bons d'achat. Fermez la bouche, c’est géant.

Jimmy s’amuse de notre plaisir et comme il veut cette soirée parfaitement à l’américaine, il est allé chercher coca, bière et un truc dont j'oublie toujours le nom : sorte de chips que l'on plonge dans le fromage fondu. Bonsoir (bah oui! nous sommes le soir) les calories. Autour de moi, tout le monde mange et boit : pizzas (tiens, ce sont elles que j'ai dû voir passer tantôt, rire), grande assiette de salade +???+???, cocas, sodas, etc. """

Et le match dans tout cela, je finirais pr’sque par l’oublier, tant il se noie dans cette soirée-spectacle. Le match vaut la peine, le ballon de basket est-il vraiment aussi grand que le nôtre ? Ah oui !!! Ah, pendant un moment, j’ai cru qu’il était plus petit: comment font-ils donc ? Il semble leur coller à la paume. Super leur vitesse, leur adresse et… leur respect vis à vis de l'arbitre ! J’apprécie.

http://www.basketusa.com/wp-content/uploads/2010/04/utah-okc.jpg

        Temps mort: une dizaine de pom-pom girls débarquent dans un couloir du haut, l’encadrent et distribuent…pizzas ? Je ne sais pas, je suis trop loin, mais ce sont des centaines de boîtes qui sont distribuées.
Maintenant, c’est un lâcher de ballons : y sont suspendus, encore et toujours, des bons d'achat. Sponsoring oblige.
Un peu plus tard, des petits ballons de baskets sont lâchés dans le public.
Et maintenant, un chien abandonné sera proposé à l’adoption.
C’est fou ! On ne sait où donner de la tête. Le tout sous une voix de speaker enthousiaste. Tout le monde, lui compris, s’amuse comme de grands enfants. Spectacle familial, je vous l’avais dit. Je confirme.
Sur l'écran, on nous invite à former un numéro de téléphone. Une TV à gagner à la fin du match.
Les joueurs jouent à nouveau. Le match passerait presque inaperçu, mais non, nous nous délectons à voir le jeu qui a lieu entre les animations. Le jeu est grandiose.

C’est l’entracte, nous mangeons un hot-dog ! Il faut une bouche deux fois plus grande que la mienne pour mordre dedans, alors à la guerre comme à la guerre, nous mangeons le plus proprement possible…Heureusement que les serviettes sont fournies !

Nous assistons bien à un match de basket de NBA. Beau match, vraiment beau match.

       L'équipe de SLC gagne le match ! Yeah ! Hourrah!!!!! Et sur l’écran s’affiche le message suivant : (je traduis) allez dans un Mac Do. Comme nous avons gagné, le Mac Do échange votre billet d’entrée contre un Mac Giant.
        C’est la sortie: distribution de pralines à la menthe. Désolée, mais elles sont délicieuses et celles-là, je les mange!

        Retour à pattes avec le fameux détour…Passage par le Mac Do…Nous ramenons les 3 Giants à la maison et nous partageons avec Enka qui a passé la soirée avec le bébé.
Fin de la soirée américaine.

J’ai adoré.

Et demain, nous mangeons du bison ! Yahoooooooo !

A bientôt.


La journée «Parc des Arches,le désert ». (Episode 12)

        Nous sommes dans une des plus belles régions des U.S.A. ; il est temps de visiter quelques parcs.

       Nous avons d’ailleurs appris que Salt Lake City était la ville idéale pour celui qui désire visiter la région. Elle est au centre de tout : les Parcs, le Lac Salé, la Californie, Las Vegas. Et cette ville-là me manque. Allergique à tout casino, jeux de hasard, Robert n’a pas voulu y aller. Moi, j’aurais aimé et, après tout, je n’aurais pas dépensé tous ses sous ! Rires !
Enfin (soupir !), je connais Atlantic City. C’est une première. Et Evian. Mais là, pas pareil, n’est-ce pas Emeline ! Hi hi !

        Le temps de louer une voiture et nous voici partis pour le Parc des Arches.
http://www.nps.gov/arch/index.htm
http://www.discovermoab.com/
Exit l’autoroute, nous prenons le chemin le plus court, histoire d’aller à la rencontre de ce pays.
       D’abord traverser toute la plaine de Salt Lake City, se faufiler entre les montagnes, faire des km et des km de routes sans croiser grand monde mais en longeant, traversant ou coupant de fameux plateaux de pierres. L’un nous étonnera, car il donne l’impression de former les remparts d’une immense ville de 50 km de côté. Il aura même fallu pas mal de temps avant de me rendre compte qu’il s’agissait d’un mur de rochers, tant l’impression de remparts était prenante.

       Nous traversons quelques villages ou quelques hameaux. Ce qui étonne, c’est la couleur des maisons : des gris, des bruns ; leurs couleurs se confondent avec celles du paysage : c’est à vous mettre le moral au trente-sixième dessous.

Dans les pays de pêcheurs, les gens mettent les couleurs de leur bateau sur leurs murs : ça égaie et permet aux pêcheurs qui arrivent de repérer leur maison. Mais dans le désert, je vous défie de trouver un pêcheur. Est-ce pour cela que les maisons sont si tristes ?

       Histoire de faire le plein et de discuter un peu avec les gens, nous nous arrêtons dans un de ces petits villages perdus. Un bled quoi ! On imagine "Psychose" tourné ici. Brr. Nous demandons à la pompiste si elle aime l’endroit où elle habite.
Et contrairement à toute attente, elle adore ! Elle a suivi son mari, originaire du lieu, et pour rien au monde ne voudrait retourner à Salt Lake City, sa ville natale.
        - Il y a beaucoup plus de sécurité pour les enfants ici qu’à Salt Lake ! dit-elle. On y est beaucoup mieux. L’endroit est calme. J’aime beaucoup être ici. Nous sommes en sécurité.

Je me dis qu’il vaut mieux qu’elle ne vienne pas chez nous ! Nous venons de plonger dans l’Amérique profonde. D’autres besoins. Un autre monde.

       Et le voyage reprend. Le temps n’est pas beau : lui aussi a pris la couleur grise des roches et une brume nous recouvrira durant tout le temps du voyage. Un avantage : les petits avions de la police ne sortent pas par ce temps. Je rappelle que les limitations de vitesse sont à respecter scru-pu-leu-se-ment !
Nous avons environ 300 km à parcourir et la route est tantôt droite, tantôt sinueuse découvrant soudain en plein virage là où il n’y a rien une usine ! Une usine et des rochers.
Une chaîne montagneuse ainsi que des croix noires qui ne sont rien d’autre que des poteaux télégraphiques sur route enneigée nous feront une haie durant des km et des km.
En réalité, nous nous déplaçons toujours dans des canyons.

        Et c’est ainsi que, au cœur du plateau du Colorado, nous nous enfonçons peu à peu dans le désert. Mon mari ne reconnaît pas les couleurs de l’été.
Elles se déclinaient dans les rouges, les oranges ; ici ce sont les oranges et les bruns. Janvier n’est pas un bon mois pour la visite des parcs. Car si nous ne rencontrons que très peu de monde, si nous avons le loisir de circuler tranquillement dans ce désert,

d’admirer tranquillement d’anciennes dunes figées, des rochers instables qui défient la pesanteur, des arches qui naissent, cassent et font craindre que le ciel ne nous tombe sur la tête,
il nous manque, par contre, les belles couleurs des grès rouges creusés par l’érosion.

..

C’est gigantesque. Des pierres, des pierres et des pierres encore et encore des pierres. Etre seul au monde au centre d’un désert et hurler à la mort ou rire à la vie. Ou se taire dans le silence. C’est gigantesque !

Nous parcourons ainsi le Parc des Arches. A trois. Clic clac ! Une halte. Clic clac ! Photo. Clic clac ! Grimpette près d’une arche.

...... .. levons la tête

Clic clac ! C’est quoi cet arbre ? Des genévriers. Clic Clac ! Au bord d’un canyon, la très célèbre Delicate Arche, la toute première photo de cet épisode, symbole de l’Utah repris sur les plaques minéralogiques. Clic clac ! Photo. Clic clac ! Plusieurs films célèbres ont été tournés ici ainsi qu’à Moab où nous passerons la nuit.

       Mais avant tout, Jimmy nous entraîne sur le passage des Amérindiens. Des tribus ont vécu près d’ici et ont laissé des pétroglyphes (= dessins gravés sur la pierre). Nous cherchons des dessins gigantesques et, en fait, ils sont tout petits. Il y en a des centaines. Les trouver, les voir, les regarder, puis en trouver d’autres encore a un côté très émouvant.

..

       Et après avoir traversé le Colorado (splash splash), nous arrivons à Moab. J’ai les yeux ébahis : c’est la ville américaine au milieu de nulle part ! Une longue avenue, des bâtiments bas. Rien avant, rien après ! Nous sommes dans un autre temps ; pas étonnant que plusieurs films aient été tournés dans ses rues. En la parcourant, j’ai la nette impression d’avoir plongé dans un "ailleurs". Je suis loin, très loin de ma vie de tous les jours.
http://www.moab-utah.com/ Dans un autre épisode, je vous ai parlé de notre repas américain.
A voir aussi, un joli magasin sur les "native" américains. D’ailleurs, d’ici, ce sont des "bi-sioux" que nous envoyons à nos proches ! Rires !
Mais c’est l’heure d’aller au lit : la chambre à l’hôtel Best Western est superbe. Tiens ! 2 lits !

Robert prend le premier.
        -Je prends l’autre que je dis à Jim.
        -D’accord maman, prends l’autre, je vais dans le van, mais demain vous rentrez à pieds…
Bon, je n’ai pas envie de traverser le désert à pattes, alors je l’envoie dormir avec son papa!

Ça va, ça, ça va, j’ai compris, je vais dormir avec le monsieur qui est mon mari et le petit, il aura un grand lit à lui tout seul ! C’est égoïste, hein des enfants !

       La nuit fut très bonne et le réveil l’est tout autant : Robert a ouvert les rideaux de la chambre d’hôtel…..Il a neigé et il neige encooooore et encoooore…Je ne sais pas si on pourra reprendre la route des montagnes et visiter les parcs suivants, nous verrons après le petit déjeuner…

Emeline,
        J’ai pris la photo de ton papa sous la neige,

je veux prendre celle de Jim sous la douche, mais il ne veut pas! Rire! Et si je m’y risque malgré tout, je risque, moi, d’être complètement trempée alors…?
Bon, je le laisse tranquille, je serai perdante : faut jamais entamer des combats perdus d’avance!
C’était un de ces petits plaisirs familiaux que tu connais bien, n’est-ce pas !

        Finalement, après un solide petit déjeuner à la mode d’ici, (on est bien calés, je peux vous le jurer !) nous reprenons la route. Il neige et on ne voit pas grand-chose.

..

En fait le temps sera tellement exécrable que la route de montagne que nous devions prendre est impraticable.

Le Dead Horse Point qui domine le Colorado, ce ne sera pas pour cette fois. Il y a danger.
Jimmy est déçu, mais cela ne nous fait rien. Nous sommes heureux d’avoir vu le Parc des Arches.
Sur le chemin du retour, nous croisons surtout les gros camions américains qui font le plaisir de mon mari. Il faut dire que ce n’est pas un temps à mettre une coccinelle dehors.

        Retour au bercail où Jimmy est attendu.
        Tomorrow is another day !



Note de dernière minute.

En surfant sur la toile, j’ai eu la chance de tomber sur un des plus beaux jeux de photos qui soient sur le site des arches. Vous y trouverez aussi les photos de "the wave" en Arizona. Vnoa a réalisé des merveilles. Laissez-vous entraîner et, SURTOUT, allez voir les photos de la partie 2. Photos de " the wave" ! ! !
Suivez Vnoa.

Clic!



La journée "Sports d’hiver". Episode 13

        Le séjour touche à sa fin et nous profitons d’un bel après-midi pour nous rendre sur les pistes enneigées de l’Utah: direction Park City. Park City est une station de ski qui doit sa renommée aux Jeux olympiques d’hiver de 2002 de Salt Lake City.

        Pour nous y rendre, nous avons à remonter la route des Mormons et à prendre la direction des montagnes Wasatch. Elles s’étendent sur 200 km, bordent Salt Lake City et forment la bordure occidentale des Rocheuses.

montagnes Wasatch vues du campus de Salt Lake City - http://fr.wikipedia.org/wiki/Montagnes_Wasatch

        Nous avons une pensée émue pour ces hommes, femmes et enfants qui arrivèrent à pied, cheval, roulottes dans ces chemins caillouteux de montagne. J’adore ce nom de "Wasatch", la langue claque comme un fouet quand on prononce le mot et cela m’amuse. En réalité, il vient d’une tribu amérindienne originaire de la région.

        Les paysages sont splendides. A l’instar deJean Ferrat, nous disons "Mon Dieu, que la montagne est belle!". Dans le bas, nous longeons un lac formé par un barrage …
Quand soudain, devant nous, un mur d’un mètre de neige! La route est fermée, nous devons prendre un autre itinéraire avant d’arriver dans ce magnifique village de montagne!

        Je suis dans la Main Street (rue principale) et encore une fois, j’ai la drôle d’impression de remonter le temps. Donnez-moi un cheval, un chapeau de cow-boy, je ferme les yeux pour les rouvrir deux secondes plus tard dans un autre monde: rues étroites, saloon, petites boutiques qui ont gardé le charme d’antan… Le dépaysement est complet. Même les voitures garées de part et d’autre n’arrivent pas à annihiler cette vision. L’histoire d’ici se fond également avec l’exploitation de la mine d’argent découverte en 1860.

        Mais d’abord, la station: c’est la première fois que nous allons aux Sports d’Hiver. Waah, sublime! Nous sommes les pieds dans la neige et devant nous déboulent des dizaines de touristes, skis aux pieds. Nous nous amusons comme des gosses à découvrir ce monde de neige. Après une petite demi-heure de plaisir pur, sachant que nous ne rajeunirons pas, nous décidons d’être plus sages et de prendre un chocolat chaud. Des Canadiens sont nos voisins et la conversation est aisée. Le seul "hic" est la vitesse à laquelle tout le monde déverse son flux de paroles. Et comme il y a tant à dire, à écouter, à échanger, c’est dur-dur. Durant tout notre séjour, nous n’aurons rencontré en tout et pour tout qu’un seul Américain qui se soit exprimé len-te-ment!

        Après l’ambiance du lieu et le chocolat bu, nous reprenons la route du retour.

        Nous avons plus de cinquante ans (cinquante-neuf ans et 335 jours pour mon mari ;-) ) et venons de vivre nos premiers sports d’hiver. Ça valait bien un clin d’œil, non ?




La journée «généalogie». (Episode 14)

        Passer plusieurs jours à Salt Lake et ne pas visiter le centre de généalogie aurait la même signification qu’aller à la côte et ne pas se balader le long de la mer du Nord.

Et comme des ploucs (nous mourrons ainsi alors autant l’accepter une fois pour toutes, ploucs nous sommes nés, ploucs nous mourrons; rires), nous nous sommes d’abord trompés puisque nous pensions que le centre se situait dans le Joseph Smith Memorial Building.
Aucun regret, car cet immeuble, ancien hôtel, est tout simplement splendide! Transformé en bureaux, restaurants, salles diverses, de magnifiques tableaux ornent les murs, la décoration est soignée, l’ambiance feutrée et les personnes que nous rencontrons sont, comme d’habitude, très aimables. Elles nous expliquent que nous nous sommes trompés de bâtiment. En fait, je l’ai plutôt deviné que compris, car je reconnais qu’en réalité je n’ai rien compris du tout. Et pour une fois, mon mari non plus. Ouf! Pas marrant de toujours être la dernière à comprendre!
Bon, à force de moulinets avec les bras, nous voyons quelle direction prendre!
C’est d’ailleurs tout droit!         Je me demande d’ailleurs pourquoi il fallait "mouliner", vu que le "go straight along this road" en pointant le bras droit devant soi aurait largement suffi. Mais allez comprendre les autochtones!

        Et nous voici in the Family History Library (library = bibliothèque; bookstore = librairie).Clic!
De suite nous sommes dirigés vers une Française qui se fit un plaisir de nous expliquer comment procéder: utilisation de l’ordinateur, des bibliothèques, des micro-films. Waah, je ne mourrai pas idiote. Depuis le temps que je désirais "voir" comment on lisait un microfilm dans ce type de centre, c’est chose faite maintenant. On accroche le micro-film sur une bobine et on tourne la manivelle.
L’organisation des bibliothèques est superbe.
Un autre mot concernant les micro-films. Comme nous avions déjà fait des recherches généalogiques, nous avions donc déjà vu les vieux documents poussiéreux des diverses mairies. Quelle surprise de voir sur un écran situé à l’autre bout du monde, les mêmes pages, les mêmes documents que ceux que nous avions tenu en mains quelques années plus tôt! L’avantage du micro-film: on peut agrandir l’image, car la lecture de ces documents est loin d’être commode.
Bref, vous avez compris que nous ne cherchions pas de renseignements sur notre famille, mais que nous cherchions à "voir" comment fonctionnait le centre. Il y a moyen d’y passer des heures! Un étage est réservé à l’Amérique, un autre à l’Europe, au reste du monde.

        Mais pourquoi les Mormons ont-ils eu besoin de faire ces recherches ? Là est la question ?
La réponse est dans leur religion: les ancêtres retrouvés sont baptisés rétro-activement.

        Voici donc un après-midi passé auprès de nos ancêtres les …J’avais envie d’écrire "nos ancêtres les Gaulois". Non, pas eux. Je me demande d’ailleurs de quels Gaulois nous descendons. Pouvoir remonter dans le temps en tant qu’observateur, ça ne devrait pas être si mal que ça?

Enfin, quelques dernières images récapitulent bien Salt Lake sur ce site Clic!

        Notre séjour se termine sur ces quatorze épisodes que vous aurez peut-être eu la curiosité de lire.

        Mais il est encore tant de choses vues, ressenties, avalées consciemment et/ou inconsciemment et qui nous reviendront peu à peu que je terminerai en disant que nous avons aussi aimé:

*le Brigham Young History Park pour sa roue à aubes et ses splendides sculptures,

*la mairie,

*les passages pour piétons annonçant la permission de passer par le chant d’oiseaux tous différents,

*le travail des Mormons qui, après avoir été persécutés et après être arrivés dans l’Utah, drainèrent et donnèrent la vie à 60 000 ha de désert,

*les Américains et leur caractère de combattant,

*les Américains et leur liberté de penser,

*le tout petit Coffee shop du quartier où résident les enfants (toutes les tables occupées par des étudiants et leur ordinateur donnent une atmosphère bon enfant, très calme),

*la gentillesse, l’ouverture et le sens de la famille chez les Mormons,

*les décorations de Noël autour du Temple, la quiétude qui y règne,

*la qualité de vie à Salt Lake pour qui veut y élever ses enfants,

*les peintures, les vitraux, les couleurs, la décoration et les "trompettes" situées à l’avant de l’orgue de la cathédrale Ste Madeleine Clic! et

*la vue splendide de Salt Lake la nuit à partir de la 16 ème Clic!.

        Par contre, nous n’avons pas aimé:

*le grand Coffee shop du centre de SLC, froid, sans vie, ni

*le manque d’humanité dans certaines situations délicates ni

*le manque de liberté de penser de la religion mormonne ni

*la cérémonie religieuse trop froide de la cathédrale Ste Madeleine.


        Nous avons été émus lors de notre visite du grand cimetière de Salt Lake,
du public plus pauvre entrevu à la messe en la cathédrale Ste Madeleine.


        Mais par dessus tout, au-delà de toutes les splendeurs, tous les superlatifs vont à l’immmense bonheur d’avoir vécu avec notre petit-fils Andréas.


        Merci d’être restés avec moi jusqu’à ces derniers mots. Demain, nous retournons vers notre plat pays chargés de …

nos trois valises!



Fin.

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