Silenrieux d'après le livre de

Jean-Philippe Body

son histoire, sa géographie, son économie

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Le blason de la communauté de Silenrieux ; il a été représenté en 1624 sur un calice et en 1871 sur l’autel principal de l’église

 

La structure de l'ouvrage.

1. Géographie    2. Politique, justice et armée  cliquez ici   3. Economie et finance cliquez ici   4. Aspects socio-culturels cliquez ici    5. Religion cliquez ici 

 

 la première partie étudie tous les aspects liés à la géographie (superficie, relief, sol, sous-sol, climat, hydrographie, population et toponymie)

population     toponymie     hydrographie     hygiène     energie     territoire     relief     sol     sous sol     climat    urbanisme et quartier 

Cette partie va vous permettre de mieux connaître la situation de Silenrieux ; l’origine du nom et du lieu ainsi que le territoire avec son relief, son sol et sous-sol, son climat, sa végétation, sa faune et son hydrographie ; l’évolution de sa population avec une présentation de 2 personnes célèbres ; la description et l’évolution de son habitat à travers les différents quartiers ; l’évolution de l’éclairage et du chauffage ; les mesures d’hygiène ; les différents noms de lieu-dit.

Ce dernier chapitre sur la toponymie est primordial pour comprendre et localiser les différents endroits cités dans cet ouvrage. Il est donc conseillé de commencer par sa lecture.

Chapitre 1 : ORIGINE DU NOM DE SILENRIEUX 

Les plus anciennes appellations connues sont :

Sileno rivo ou Silleni rivus dans le pagus Lomacensis en 868-69, Silenti rivo en 1197, Sillenrimis en 1202, Sillenriu en 1276, Sileriu en 1387, Selenrieu en 1391, Silentirivo en 1445, Silenrieu en 1456, Silenrive en 1497, Silentirivo en 1518, Silenrive et Salentirivo en 1558.

 Plusieurs hypothèses ont été émises sur l’origine du mot « Silenrieux ». Elles séparent les deux termes suivants « Silen » et « Rieux ».

« Rieux » vient du latin « rivus » et signifie ruisseau ou rivière. Il a été probablement adjoint au mot « Silen » à l’époque romane.

Quant à l’origine du mot « Silen », plusieurs idées ont été proposées :

1. Le dieu « Silenius » : celui-ci était le génie phrygien des sources, symbole des eaux et fils de Pan ; il avait le don de la sagesse ; il était aussi le père de Bacchus, dieu du vin.

C’était un vieillard jouisseur, toujours ivre, au nez camus et proéminent, chantant et riant.

Dans ce cas, Silenrieux voudrait dire « le ruisseau du dieu Silenius » et aurait une origine entièrement romaine.

2. Le mot « sigolenus » est une romanisation du mot latin « sigila ». Ce terme nous renvoie à une petite figure ou statuette d’argile.

Dans ce cas, Silenrieux voudrait dire « le ruisseau d’une statuette d’argile » et aurait aussi une origine entièrement romaine.

3. La silène, fleur que l’on trouve dans notre région, est bien présente à Silenrieux, mais pas plus qu’autre part.

Dans ce cas, Silenrieux voudrait dire « le ruisseau entouré de silènes » d’origine également romaine.

4. Les termes pré-celtiques « sil »et « ana » (source : Claude Hennuy).

« sil » renseigne un site encaissé dans un passage étroit entre sommets et vallons sur et au bas des pentes. 

« Ana » est une finale « –ane » typiquement hydronymique qui a donné des noms de rivières (breuvanne, liane, lasne, etc..). Elle signifie un endroit où il y a des ruisseaux.

Dans ce cas, Silenrieux est un composé roman, constitué d’un terme pré-celtique « sil-an(i)a », oro-hydronyme, auquel s’est adjoint, à l’époque romane, le latin rivus, d’où S’lin-rî en wallon et Silenrieux en français.

 

Cette dernière explication me semble la plus probable et donne à Silenrieux une signification descriptive qui correspond à la topographie et l’hydrographie des lieux :

 

« Un ruisseau ou des ruisseaux et une vallée resserrée et étroite ».

  

Chapitre 2 : ORIGINE DU LIEU DU VILLAGE

 L’origine de l’emplacement du village semble être lié à des caractéristiques topographiques. Tout d’abord, l’accès de la vallée de l’Eau d’Heure est rendu aisé par 2 vallons perpendiculaires venant de gauche et de droite.

Ensuite, le lieu répond parfaitement à l’établissement d’un passage à gué sur l’Eau d’Heure. Finalement, le gué ainsi qu’un chemin descendant par les 2 vallons a favorisé la naissance d’un site habité.

 

 

Silenrieux se trouve dans la vallée de l’Eau d’Heure entre un vallon qui descend de Boussu

et un autre vallon qui descend à côté de la Fostelle.

  

Chapitre 3 : Le territoire

Au haut Moyen Âge (période du domaine de Sileno rivo en 866), le territoire était plus étendu et occupait (voir la carte ci-jointe).

1. la superficie actuelle (1624 hectares ou 1727 bonniers (voir les anciennes mesures à la fin de la partie géographique)) moins 2 petites parties qui furent rattachées par la suite à Silenrieux.

 

a) La cense de la Bierlée et ses dépendances (plus ou moins 50 bonniers) étaient rattachées au haut Moyen Âge à Yves qui dépendait de la famille des Rumigny Florennes ; cette partie fut annexée à Silenrieux probablement au bas Moyen Âge par le biais du seigneur local, le chapitre de Thuin (voir partie religieuse).

b) Le fief de la coustrerie de la collégiale de Walcourt à Falemprise avait sa propre juridiction et administration faisant partie du comté de Namur (voir partie religieuse).

Il comptait 24 bonniers de terres, prairies et bois. Des noms de lieu-dit évoquaient cet endroit aujourd’hui sous eau : « le tienne Notre Dame », « le pré de la coustrerie », « les Coustres ». Il fut rattaché à Silenrieux après la révolution française.

 

2. Le quart du domaine initial de Sileno rivo qui regroupait tous les bois de Féronval à Badon sur la rive gauche de l’Eau d’Heure (541 hectares ou 576 bonniers). Cette partie allait devenir la propriété du seigneur de Barbençon au 17ème siècle (voir partie politique) ; mais resta partie prenante de la paroisse de Silenrieux jusqu’à la révolution française. Il est probable que le lieu-dit « les quartiers » aient aussi fait partie de ce quart du domaine.

 

Avant la révolution française, le territoire de Silenrieux faisait partie de la principauté de Liège (sauf le quart de Féronval à Badon qui avait été intégré au Hainaut). Les 2/3 de celui-ci appartenait, soit au seigneur, le chapitre de Thuin, soit à des propriétaires étrangers du village.

 

Le territoire de Silenrieux à travers le temps

 

 Dès l’existence de la Belgique au 19ème siècle, ce territoire (1624 hectares) fit partie de la province de Namur, de l’arrondissement de Philippeville, du canton de Walcourt jusque la fusion des communes, puis du canton de Philippeville. Celui-ci représente 1/1878ème de la superficie de la Belgique. Le nord de la grande route Philippeville Beaumont se trouve en Condroz et le sud en Fagne.

En 1977, lors des fusions communales, Walcourt s’appropria le nord du territoire : Gerlimpont avec les bois de la Marlière et Seury. Tout le reste fut intégré à l’entité de Cerfontaine.

  

Chapitre 4 : LE RELIEF

 Silenrieux est caractérisé par un relief vallonné traversé par plusieurs vallées qui se sont formées au quaternaire. « Le commentaire du cadastre nous dit que la commune est très montagneuse, il y a peu de belle plaine et elle présente des inclinaisons assez sensibles ».

La commune est d’abord traversée du sud au nord par une vallée étroite et encaissée où coule une rivière « l’Eau d’Heure ». Aujourd’hui, la moitié de la vallée est occupée par les barrages.

Perpendiculairement à cette vallée centrale, se trouvent plusieurs autres vallées encaissées qui offrent un paysage très varié et accidenté : le Ry Jaune, le Ry Gayot, le Ruisseau d’Erpion, le Grand Ry, le Ry des Dames, le ruisseau de Maisoncelle (Gerlimpont).

L’altitude varie de 170 mètres à la sortie de l’Eau d’Heure à Gerlimpont jusque 275 mètres dans les bois des brûlés entre la vallée du Ry Jaune et Soumoy.

Deux autres points culminants sont à noter : le quartier de Baileu ainsi que le château d’eau à 270 mètres.

Le centre de l’ancien village se trouve entre 180 et 190 mètres d’altitude.

De l’entrée de l’Eau d’Heure sur le territoire de Silenrieux à Falemprise (200 mètres d’altitude) à la sortie à Gerlimpont, il y a plus ou moins 30 mètres de dénivellation ; ce qui a favorisé dans le passé l’établissement de plusieurs biefs ayant servi à produire la force motrice pour des moulins et des forges (voir la carte ci-jointe).

 

Chapitre 5 : LE SOL

 En 1795, un rapport du département Sambre et Meuse nous apprend que « le sol de Silenrieux est d’une stérilité qui approche celle de l’Ardenne ».

Les études décrivent notre sol comme un sol limono-caillouteux à éléments schisteux, gréseux et calcareux : c’est-à-dire que le sol est de type limoneux (surtout) ou argileux (parfois) avec une importante charge schisteuse ou psammitique suivant les endroits (de nombreux cailloux). Il est aussi très accidenté et très peu propice à la culture.

 

 

 

La carte des sols de Silenrieux

 

Dans la vallée de l’Eau d’Heure et de ses principaux affluents (Ry Jaune, Grand Ry, Ry des Dames), des alluvions ont favorisé la formation de prairies naturelles sur un sol limoneux.

Le sol au sud de Silenrieux (bois des brûlés) provient de la décomposition des psammites et schistes des formations d’Esneux (ESN) et de Famenne-Aye (FA). Il est argilo-schisteux surtout et gréso-schisteux. Il est surtout couvert de forêt.

Le sol au nord provient de la décomposition des calcaires carbonifères du tournaisien (assise d’Hastière et Waulsort) et de la décomposition des psammites et schistes. Il est limoneux avec une charge importante schisteuse, gréseuse et calcareuse. Le nord de la commune se rattache par le caractère physique au grand plateau agricole Beaumont-Thuin-Walcourt.

Au niveau de la végétation, la culture s’installe surtout sur les plateaux recouverts d’une couche de 0,5 à 0,7 mètre de terres arables entre les vallées perpendiculaires à l’Eau d’Heure ; les bois sur les versants et au sud de la commune ; les pâturages dans les bas de versants et fonds de vallée où se trouvent les alluvions.

 Chapitre 6 : LE SOUS-SOL

Le sous-sol de Silenrieux provient de l’ère primaire. Il est principalement composé du dévonien supérieur qui se caractérise par la prédominance du schiste. Le dévonien est une grande période géologique de l’ère primaire dont un terrain type se trouve dans le comté de Devon en Angleterre. Le devonien se divise en étage dont le faménien. Le sous-sol schisteux de Silenrieux se trouve dans l’étage faménien qui contient la formation d’Esneux (ESN), la formation de Famenne-Aye (FA), la formation de Souverain Pré (SVP) et la formation d’Etroeungt et Ciney (CE). (Voir carte en annexe 1).

Cependant, une zone carbonifère calcaire du tournaisien de l’étage ivorien et hastarien qui contient la formation de Salet et de la Molignée (MS), la formation de Leffe, Waulsort et Bayard (BWL) et la formation de Hastière, Pont d’Arcole, Landelies et Maurenne (HPLM) venant de Vogenée pénètre dans Silenrieux au lieu dit « Seury » en une bande en direction ouest qui va se rétrécissant pour s’arrêter à la verte vallée (Grand Ry). C’est dans cette zone qu’ont été exploités des gisements de dolomie grise waulsortienne (au bois de la Marlière) et des carrières de pierres à chaux et à bâtir à Gérardfalize, Battefer et la Bruyère (exploitation du calcaire bleu encrinique).

Une petite bande de calcaire de l’étage hastarien existe aussi autour de la ferme de Maisoncelle (une carrière est encore visible en dessous de la ferme) (voir carte).

 

Carrière de Maisoncelle

 

Les plateaux sont en général recouverts d’une couche de 0.5 à 0.7 mètre de terres arables, les flancs de vallées sont plutôt rocheux et dans le fond, s’est déposée une étroite couche d’alluvions atteignant 1.5 mètre d’épaisseur et parfois marécageux.

Depuis la période celte, le sous-sol a renfermé du minerai de fer. Plusieurs excavations restent visibles dans les bois, témoins d’une ancienne extraction de minerai de fer (limonite). En 1832, Vandermaele signale encore l’exploitation du fer hydraté sur le territoire de Silenrieux.

Près de la croix aux avés, on observe des amas de phtanites blonds, de l’argile ferrugineuse et des cailloux roulés de quartz blanc et de phtanites.

  

Chapitre 7 : LE CLIMAT

 Il y a plus de 10.000 avant JC, le climat passa constamment par des variations importantes (climat très froid, puis très chaud). Cependant, depuis lors, le climat s’est tempéré pour prendre son aspect actuel.

Le bas Moyen Âge de l’an mil à 1300 connut une période un peu plus chaude avec le développement de la culture de la  vigne sur les versants exposés au soleil.

La 2ème moitié du 17ème siècle a connu quelques périodes déplaisantes ; des hivers rigoureux et plusieurs intempéries diverses ont marqué les habitants en 1642, 1648, 1656,1660-61, 1663, 1673, 1675,1682-83 et 1690.

Aujourd’hui, Silenrieux appartient à la zone climatique à caractère tempéré maritime. C’est-à-dire que le climat y est influencé par le voisinage de la mer et par la prédominance des vents d’ouest et du sud ouest. La température moyenne annuelle est d’environ 9°5 ; cependant elle varie d’une température moyenne de 2° en janvier le mois le plus froid à 17° en juillet le mois le plus chaud. Il gèle de 80 à 90 jours par an en moyenne et il y a de 25 à 30 jours de neige par an.

La pluie est fréquente. Il pleut en moyenne 195 jours par an, surtout en automne et en hiver. Il tombe en moyenne par an entre 900 et 1000 mm d’eau.

L’emplacement du village dans un fond de vallée orientée nord sud crée un microclimat particulier : les vents du sud ouest sont atténués ; un massif boisé situé au nord du village le protège en partie des vents du nord ; l’ensoleillement du village est d’environ 1 H 30 moins long que pour un village de plaine ; la température au village est de plus ou moins 1° supérieure à celle des hauteurs avoisinantes.

 

 

Chapitre 8 : LA VEGETATION

 

Elle est caractéristique du climat tempéré maritime ; c’est-à-dire couvert de forêts mixtes de feuillus à 90 % (hêtres, chênes, charmes, bouleaux, frênes, saules, aulnes, noisetiers, érables, etc…).

Ces forêts furent défrichées lors de la sédentarisation de la population au néolithique et à l’âge du fer (voir partie politique). Ce furent d’abord les sommets des vallées qui furent défrichés pour l’installation des habitants, pour la culture des céréales et des légumineuses (orge, blé, sarrasins, pois,…) et pour l’élevage (moutons, chèvres, porcs et vaches). (Voir partie agricole).

Les bois sont maintenus dans les terres défavorables à l’agriculture, soit en liaison avec une trop forte pente, soit où les sols sont médiocres (schistes).

Les herbages naturels sont présents dans les sols humides (fonds de vallée) ou sur des positions moyennement pentues. Ils servent au pâturage du bétail.

Finalement à l’époque romaine (il y a 2000 ans), le couvert végétal était un paysage ouvert entrecoupé de forêts semblable à notre époque.

Les cultures sont sur les plateaux, les bois sur les flancs et sur le massif schisteux du sud de Silenrieux et les prairies naturelles dans les vallées et les vallons.

 

 

Chapitre 9 : LA FAUNE

 

Nous décrirons uniquement les animaux vertébrés présents à Silenrieux.

Les poissons que l’on trouve dans l’Eau d’Heure sont principalement : le chevaine, le gardon, la perche, le vairon, le brochet, la tanche, la carpe, la truite fario et la truite arc en ciel. Au barrage, on peut y ajouter le sandre et la brème.

L’anguille, l’épinoche, l’ablette, le goujon et le barbeau ont pratiquement disparu.

Les reptiles et batraciens présents dans nos campagnes sont : le crapaud commun, le lézard, l’orvet, la grenouille rousse et verte, la salamandre, les tritons, la vipère. La couleuvre et la rainette verte ont disparu.

Les oiseaux les plus courants sont : la buse, l’épervier, le faucon, l’autour, les chouettes, le hibou, les pics, l’étourneau, le merle, le corbeau, la corneille, la bergeronnette, le héron, la perdrix, le faisan, la pie, le bruant, le chardonneret, l’hirondelle, le rouge-queue, le tarin, le pipit, les mésanges, les moineaux, le rouge-gorge, le pinson, le geai, le ramier, la tourterelle, le vanneau, la poule d’eau, le coucou, le troglodyte, le rossignol, la grive. Depuis la construction des barrages, les canards, le cormoran, le cygne, le goéland, la mouette, le martin pêcheur, les sarcelles, la bernache, le foulque et les grèbes sont présents sur nos plans d’eau.

Les mammifères sauvages sont : le chevreuil, le sanglier, le renard, le lapin, le lièvre, les rats, la souris, la taupe, le mulot, le lérot, le campagnol, le putois, la musaraigne, l’écureuil, la fouine, l’hermine, le hérisson, la belette, les chauves-souris, le loir, le furet. Le chat sauvage et le blaireau ont quasiment disparu. La loutre a complètement disparu (la commune donnait des primes pour sa destruction ; en 1900, on donna 10 Frs à Mr Piron pour avoir tué une loutre).

Le dernier loup à Silenrieux date probablement de 1760 ; c’est la date de la dernière prime payée à Jean Baptiste Fontenelle et Philippe Brichet pour avoir rapporté la dépouille d’un loup. Antérieurement, on avait déjà payé des primes en 1620, 1628, 1668, 1694, 1697, 1708 et 1713 pour la prise d’un loup.

Le castor a disparu dans le courant du Moyen Âge.

Les raisons de la disparition de plusieurs espèces sont multiples : la modification du climat, les pollutions diverses et les activités de l’homme.

Depuis les années 1980, plusieurs lois ont été prises pour la protection des espèces menacées de disparition.

 

 

Chapitre 10 : L’HYDROGRAPHIE (Voir carte ci-dessous)

 

B = bornes/ P= pompe / F= fontaine / A = abreuvoir

 

§ 1. La description

 

Silenrieux est arrosé du sud vers le nord par l’Eau d’Heure, principale rivière de la commune. Celle-ci reçoit l’eau lors de son passage sur le territoire de Silenrieux de plusieurs affluents : le Ry Jaune, le Ry Gayot, les petits et grands ruaux du village venant de Boussu et de Pas de la l’eau, le Grand Ry, le Ry des Dames et le ruisseau de Gerlimpont.

 Etant donné le climat pluvieux, à la suite des orages, pluies abondantes ou fonte des neiges, l’Eau d’Heure déborde et s’élève souvent à 4 mètres au-dessus du niveau ordinaire.

Lors du 17ème et 18ème siècles, on signale que l’Eau d’Heure sortait de son lit régulièrement de 20 à 30 fois par an.

Il fallait refaire régulièrement les ponts en bois suite à leur emportement par de fortes eaux (voir partie communication).

Les plus graves inondations connues :

            - en 1688.

- les 19 et 20 juillet 1829 : 89 propriétés furent touchées (champs ou prairies) et les dégâts en quantité de foins furent importants.

- le 21 décembre 1952 : les voies de chemin de fer étaient chargées de torrent ; l’eau atteignait le kiosque, coupait la rue Royale et envahissait les maisons. La maison Devouge (la plume d’oie) était envahie par les eaux.

- le 4 décembre 1960 : l’Eau d’Heure débordait sur la rue Royale.

- le 30 janvier 1961 : 64 ménages furent touchés (voir les photos sur la page suivante). Les dégâts les plus importants concernèrent 3 fermes et 3 maisons qui furent évacuées. Le passage à niveau de Battefer arraché et le pont de Féronval fut endommagé. La commune offrit gratuitement du chauffage et Recey (village bourguignon jumelé avec Silenrieux) fit un don de 5000 Frs.

Pour empêcher les inondations nombreuses à Silenrieux, on curait régulièrement la rivière (plus ou moins tous les 10 ans). La première mention date de 1755.

Depuis la création des barrages, les inondations par débordement de l’Eau d’Heure à Silenrieux n’existent plus.

 

 

photo de l’inondation de 1961

 
 

§ 2.  La domestication de l’eau à travers les âges

 

a) L’usage et l’entretien des cours d’eau

 

L’eau était une ressource précieuse, abondante et gratuite pour nos ancêtres.

A partir du Moyen Âge, les cours d’eau allaient devenir une dépendance du domaine seigneurial et leur utilisation n’était plus libre. Le seigneur possédait seul de droit d’accorder, moyennant redevance, l’usage de l’eau pour faire actionner une roue ou irriguer les terres en détournant le cours, en établissant des vannes ou en créant des viviers et des marais, etc...

Les meuniers et forgerons payaient ainsi au seigneur le droit de « course d’eau » pour pouvoir utiliser la force hydraulique d’un cours d’eau.

Les viviers (étangs) étaient nombreux et servaient à faire fonctionner des moulins ou des forges : le vivier de Falemprise et le vivier Goulard à Falemprise ; le vivier de Féronval ; le vivier de Bellevallée ; le vivier Le Rond à Battefer ; le vivier de Gerlimpont. Tous ceux-ci disparaîtront dès la fin de l’entreprise (voir partie économique).

Au 20ème siècle, des étangs furent creusés par des particuliers pour la pêche : à Grand Ry, dans la vallée du Ry Jaune, sur le Ry des Dames, la pisciculture Clip, sur le Ry Gayot.

Quant au droit de pêche ou de prendre l’eau pour les habitants de Silenrieux, le seigneur leur accordait l’autorisation sous forme de droit d’usage. Celui-ci leur était reconnu contre paiement d’une redevance (voir aussi les droits d’usage pour la forêt). C’est aussi contre paiement d’une redevance que les habitants de Walcourt avaient aussi le droit de pêcher sur les rivières et ruisseaux qui longent les bois indivis de Silenrieux et Walcourt. (Les habitants de Walcourt ne pouvaient pas pêcher sur l’Eau d’Heure entre le Ry Jaune et le Ry des Dames).

Les marais étaient fréquents et occupaient les fonds de vallée.

C’est un décret du 22 novembre 1790 appliqué chez nous à partir de 1794 qui allait rendre publics les rivières et les rivages : « Pour les cours d’eau non navigables, ni flottables, l’usage de ceux-ci appartenait aux propriétaires riverains mais l’administration était chargée de veiller à l’écoulement libre des eaux (conservation des digues et travaux de dessèchement) ; l’administration s’occupait des curages ou s’il n’y avait pas de règlement à ce sujet, c’était à charge des riverains ».

Aujourd’hui, suivant l’importance de la rivière, le curage et l’entretien sont à charge du propriétaire, de la commune ou de la région wallonne. L’Eau d’Heure est à charge de la région wallonne ; le Grand Ry, le Ry des Dames et le Ry Jaune sont à charge de la commune ; le reste est à charge des riverains (exemple le Ry Gayot et le ruisseau de Gerlimpont).

 

Le vivier de Feronval

b) Les fontaines

 

Depuis l’antiquité, pour leur utilisation domestique, les habitants du village utilisaient des fontaines, des puits et les cours d’eau à proximité.

Les premières mentions de fontaines à Silenrieux datent du début du 18ème siècle. C’était l’époque où on commençait à renfermer et aménager les fontaines ou sources. En 1729, la fontaine Mallet fut érigée et, en 1750, François Bastin y faisait un chemin pour y accéder (le courtil Mallet se trouvait entre la rue de Fontenelle et la rue Royale). En 1733, on construisit la fontaine en face de la cense Paris. En 1736, Antoine Boulouffe ravinait et renfermait la fontaine des grands ruaux (les grands ruaux se trouvaient entre le fond du village et la chapelle Ste Anne). En 1775, Pierre Joseph Adam travaillait à la fontaine de Grand Ry.

En 1811, Louis André construisit dans le roc un puits pour une fontaine en pierre bleue au centre du village au lieu dit « la rochette » (fontaine avant la construction de la maison communale en 1836).

En 1823, on dénombrait 7 fontaines érigées ou aménagées à Silenrieux : une au petit Bethléem (Pas de la l’eau), une dite Vve Marsigny (celle au lieu dit « la rochette » ?), une dite Courtoy (fontaine des grands ruaux en dessous de la terre à l’huile aujourd’hui cimetière du village), une dite Mallet (voir ci-dessus), une dite de Grand Ry (voir ci-dessus), une dite de la cense Paris (voir ci-dessus), une dite Ste Anne (sur l’ancienne route de Walcourt à gauche avant la Pisselotte). (Les fontaines sont renseignées par un F sur la carte hydrographique).

A ces fontaines érigées, s’ajoutaient d’autres fontaines ou sources utilisées comme fontaines : au Renifonds, à Try Paris (à l’entrée du bois en bas), en dessous de la ferme du coin du bois des violettes (ancienne masure de la violette), fontaine Carly ou du pré d’saut (sur le chemin de Beaupont à Baileu), fontaine à la Jambe de bois (étang actuel de Beaupont), fontaine sur le chemin qui monte à Nazareth à droite du grand bon Dieu, fontaine au dessus de la Fostelle entourée de maçonnerie en 1873 (à droite de la grande route en montant), fontaine del Cocolle (Ry Gayot), fontaine Goyette à Nazareth en direction de Galilée, fontaine à la Valentinoise (mare), fontaine à Falemprise près de la marbrerie.

Fontaine dans le bois des violettes

En 1827, Pierre Médot et Victorien Gillard furent chargés de construire une fontaine en pierre de taille au fin ciseau sur la place communale de Silenrieux. Elle fut alimentée par un réservoir construit à la fontaine Ste Anne. Une canalisation en tuyaux en pierre de 700 aunes et en plomb de 5 aunes amena l’eau jusqu’à la place.

Finalement, l’entretien de la canalisation demandant trop de travail, cette fontaine fut abandonnée.

En 1860, Jean Max de Walcourt s’adjugeait la fourniture et le placement de 16 bacs en pierre de taille de 2 mètres de longueur et de 90 m2 de dalles pour les 11 fontaines où on mit une dalle de 1 m2 au fond, 4 dalles autour et une dalle pour couvrir en partie la fontaine. En 1864, la commune fournit aussi des bacs en pierre pour les fontaines du hameau de Falemprise.

En 1863, la commune, pour répondre à la demande des habitants de Pas de la l’eau, fit construire une fontaine avec bac au centre du quartier qui fut alimentée par l’eau du pré « courtil Maty » à l’aide de tuyaux placés en dessous du sol.

La fontaine de Gambor fut construite en 1875.

La fontaine de la Fostelle fut bouchée en 1924 car l’eau était contaminée par la poussière soulevée par les véhicules automobiles.

 

 

c) Les puits et pompes

 

Ceux-ci furent construits durant la 2ème moitié du 19ème siècle. La commune en installa 18 au total (les pompes sont représentées par un P sur la carte hydrographique en annexe). En 1848, l’administration communale décida d’établir une pompe en fer au dessus du puits creusé près de la maison communale (fontaine ou puits « la rochette »). Antoine Bayet de Thy s’occupait de faire la maçonnerie au puits, de le couvrir de pierre de taille et d’installer la pompe.

  

La pompe de « la rochette ».

 

En 1852 le conseil communal établit un règlement pour les eaux potables :

« Vu que pendant les temps de sécheresse, l’eau de source manque dans une grande partie de la commune ; vu que l’Eau d’Heure qui traverse cette commune fournit toujours abondamment l’eau pour tous usages, excepté pour la nourriture de l’homme ; vu qu’il convient de prendre des mesures pour que les eaux des fontaines, pompes et puits publics soient toujours propres et salubres :

 art 1 : il est défendu de faire d’autres usages des eaux des fontaines, pompes et puits publics situés dans la section du village que pour la nourriture de l’homme. Dans aucun cas chaque ménage ne pourra en puiser plus de 40 litres environ 4 chaudrons ordinaires par jour. (Si eaux abondantes, on peut en prendre plus).

Art. 2 : il est aussi défendu en tout temps de ne rien faire à proximité des fontaines, pompes et puits publics situés dans toute l’étendue du territoire de la commune qui soit de nature à nuire à la pureté et à la salubrité des eaux ainsi qu’à en rendre les abords malpropres.

Art 3 : il est aussi défendu de mettre en mouvement les balanciers et les seaux des mêmes pompes et puits sans nécessité ainsi que d’y occasionner des dégradations. Les pères et mères sont responsables de leurs enfants mineurs.

Art 4 : toute contravention au présent règlement sera puni d’une amende de 3 francs pour la première fois pendant l’année, de 10 Frs la 2è fois et de 15 Frs la 3è fois et de 3 jours d’emprisonnement pour chaque fois au delà de 3 fois pendant l’année. »

 

Par la suite, 17 installations furent encore construites.

- Au Renifonds, une en 1867, par Victor Lebègue et Ambroise Léonard et l’autre en 1890 par Jules Servotte.

- Au Try Paris, en 1867, par Victor Lebègue et Ambroise Léonard.

- En face du presbytère (rue de Cerfontaine) en 1870.

- A la Valentinoise en 1873 changée en 1890 par une nouvelle.

- A Pas de la l’eau en 1873.

- A Baileu, une en 1879 et l’autre en 1897 par Aimable Walrand.

- A Gerlimpont en 1879.

- A Gambor en 1894 par Louis et Adolphe Delpire.

- A Falemprise, une en 1894 par Louis et Adolphe Delpire et 4 en 1897 par Aimable Walrand.

- A Nazareth en 1897 par Aimable Walrand

- A la Maman en 1897 par Aimable Walrand

En 1906, on plaça aussi une pompe sur la place publique pour prendre l’eau de la rivière.

Au début du 20ème siècle, on constatait que les puits étaient très souvent pollués par le purin (Renifonds, Gambor, Nazareth).

En 1911, une analyse des 16 puits montrait que 5 avaient de l’eau de mauvaise qualité.

Les pompes furent progressivement abandonnées à partir de la distribution d’eau de 1938 et enlevées après la vente de celles-ci à la SNDE (société nationale de distribution d’eau) dans les années 1950.

 

 

d) Les lavoirs publics

 

Les gens avaient l’habitude de laver leur linge à la rivière ; on y faisait la « grande buneye » c’est-à-dire la lessive bisannuelle du linge et des vêtements.

A partir du 19ème siècle, l’hygiénisme va conseiller de construire des lavoirs publics. A Silenrieux, les premiers lavoirs publics furent construits en 1879 en pierre de taille. Un sur le ry Gayot à Beaupont et l’autre sur l’Eau d’Heure au Noupré. Les habitants y faisaient surtout « la grande buneye ».

Ce fut en 1904 que la commune décida de construire un lavoir public à l’intérieur d’un bâtiment près de l’ancienne pale de la rivière. Celui-ci fonctionna jusque la 2ème guerre mondiale.

Le plan du lavoir


 

e) Les abreuvoirs

 

Le territoire comptait 10 abreuvoirs utilisés pour les bestiaux des fermiers (souvent à proximité de grosses fermes). Ils sont représentés par un A sur la carte hydrographique en annexe.

- A la Valentinoise acheté en 1914 par la commune

- A la Bierlée

- A la cense de Bethléem.

- A Nazareth où il y en avait 2 dont un aménagé en 1907 le long de la route et l’autre à la source d’un ruisseau à la terre Malzy.

- Sur le Grand Ry à la Pisselotte aménagé en 1906.

- A Falemprise (actuellement en étang)

- Au Try Paris

- Au Strampia (Goret)

- A la Loripette

 

 

L’abreuvoir de Bethléem.

 

 

f) La première distribution d’eau

 

Ce fut le 18 mars 1877 que le Conseil Communal décida d’établir une distribution d’eau à Silenrieux pour alimenter plusieurs quartiers de la commune en eau potable et éviter aux habitants de long trajet pour aller aux sources et fontaines potables.

Le 1er juillet 1877, Elie Hancart concéda à la commune le droit de prendre l’eau à la fontaine de Goret et d’y construire un bassin qui allait servir au projet de l’alimentation en eau de la distribution.

Le 24 décembre 1877 Adolphe François céda à la commune le droit de placer dans sa prairie de Goret les tuyaux nécessaires à la conduite d’eau.

 

Le projet qui allait être accepté par le conseil communal le 3 mars 1878 était le suivant : la source de Goret allait alimenter une conduite d’eau jusqu’à l’école des filles (3 bornes fontaines le long de la grand route et 2 robinets en cuivre à l’école) ; une seconde conduite d’eau allait partir de la fontaine « rue de Fontenelle » jusqu’au chemin de Walcourt ; une autre conduite allait partir de la fontaine Ste Anne à la Pisselotte avec 3 bornes fontaines. (Chaque borne était munie d’un robinet et d’une bouche à incendie).

La réalisation de la distribution d’eau fut adjugée le 5 mai 1878 à l’entrepreneur Eugène Didier. Après plusieurs rappels à l’ordre par un huissier, l’entrepreneur Didier ne termina pas tous les travaux.

La commune dut réadjuger le 16 mars 1879 les travaux restant à effectuer à Louis Bauduin de Frasnes et François Grawez de Silenrieux (il restait à faire 1/5 de la conduite d’eau, les puits et pompes et les lavoirs).

Finalement, les travaux furent terminés au printemps 1880 suite à une nouvelle sommation d’un huissier le 14 avril 1880.

borne fontaine à la Pisselotte

bornes, fontaines et pompes au village (B pour borne; F pour fontaine et P pour pompe)

Les bornes fontaines furent fournies par Gilliard frères de Philippeville.

 

En 1885, les entrepreneurs Marthaler et Bayot étendaient la distribution d’eau avec 6 bornes fontaines (une à la place publique, une près du presbytère, une à St Jacques, une à St Jean, une à Beaumont et une à la Jambe de bois).

A la Jambe de bois, une petite prise d’eau sur le ruisseau venant de la fontaine Carly suivi d’une canalisation en tuyau alimentait un bac en pierre près de l’ancienne cense de Galilée (chez Cheung).

 

Le 5 juillet 1891 règlement de la distribution d’eau :

Art 1 : les eaux des pompes et des bornes fontaines serviront pour les usages domestiques et l’alimentation du bétail ; il est interdit de l’utiliser pour la fabrication du mortier, l’arrosage des jardins, le lavage des herbes et légumes sans autorisation particulière suivant l’état des réserves d’eau.

Art 2 : la distribution est gratuite et publique.

Art 3 : en aucun cas, les particuliers ne pourront produire un écoulement continu aux bornes fontaines et d’en faire une provision plus que l’usage journalier.

Art 4 : il est interdit de laisser séjourner aux abords des bornes, des cuvelles, ou tonneaux, etc …

Art 5 : il est interdit de déposer des objets d’une odeur incommode.

Art 6 : il est défendu de laisser séjourner des eaux dans les bacs en temps de gelée.

Art 7 : il est défendu de travailler et de toucher aux mécanismes.

Art 8 : en cas de sécheresse et gelée, le collège peut prendre toute mesure nécessaire.

Art 9 : en cas de fraude, une indemnité plus une contravention.

Art 10 : amende au profit de la commune. 

 

Au début du 20ème siècle, la distribution d’eau devait souvent être réparée car elle devenait défectueuse et ancienne (restauration en 1906).

De plus, l’eau potable était limitée et ne suffisait plus à alimenter tout le village : « 94 pétitionnaires demandaient à la commune d'envisager une nouvelle source pour la conduite car en cas de sécheresse, il n’y avait de l’eau que dans plus ou moins 3 bornes fontaines ».

Pour répondre à ces problèmes, la commune envisageait en 1911 un projet de distribution d’eau à partir de la « Cocolle » (l’analyse donnait une eau pure). Mais ce projet n’allait pas voir le jour à cause des réticences de l’administration provinciale et en raison de la guerre.

Après la guerre 14-18, il fallait encore toujours réparer fortement les conduites et l’entretien devenait coûteux pour la commune.

Les pénuries d’eau étaient encore fréquentes (en 1924 et 1925). Les habitants réclamaient de nouveau une nouvelle distribution d’eau.

Un rapport de Mr Martiny commissaire voyer constatait en 1933 que la vieille distribution d’eau ne donnait plus satisfaction depuis de nombreuses années (qualité très douteuse de l’eau, insuffisance du débit en été et automne).

 

Les fontainiers

 

Les fontaines, les puits et la distribution d’eau étaient entretenus par l’administration communale.

Celle-ci mit chaque année en adjudication publique la place de fontainier.

En 1831, Louis Ernotte était chargé de l’entretien des fontaines. (Il avait débouché pendant 9 jours la canalisation entre la fontaine Ste Anne et la place du village).

En 1852 et 1853, Mr Sevrin.

De 1863 à 1873, Jacques Fontenelle.

De 1873 à 1876, Josué Goulard.

De 1877 à 1883, Bienaimé Fontenelle (maréchal ferrant).

De 1885 à 1891, Emile Pequeux.

Du 2 août 1891 à 1897, Aimable Walrand.

Du 26 septembre 1897 à 1901, Camille Coenen.

Du 26 mai 1901 à 1904, Aimable Walrand. 

De 1908 à 1911, Camille Coenen.

De 1911 à 1915, Florent Delpire.

De 1915 à 1918, Aimable Walrand. 

Après la guerre, les réparations et entretiens des pompes et bornes se firent en régie par le cantonnier jusqu’à la nouvelle distribution.

 

En 1891, règlement pour le fontainier pour les bornes fontaines et pompes :

1. l’adjudication est pour 3 ans.

2. le fontainier devra veiller au bon entretien des pompes et bornes fontaines, il devra faire à ses charges, les réparations nécessaires à leur bon fonctionnement.

3. Les grosses réparations sont à charge de la commune (tuyaux, nettoyage des puits, etc …)

4. lorsqu’une pompe ou une borne fontaine ne fonctionnera plus régulièrement, le fontainier devra en commencer la réparation dans les 24 H et la terminer immédiatement, sauf les cas de force majeure à déterminer par le collège.

5. A partir du 1er novembre de chaque année, les pompes et bornes fontaines devront être parfaitement garnies de manière à y empêcher la congélation de l’eau. Le fontainier en sera responsable. Elles ne pourront être dégarnies avant le 1er avril suivant.

6. Le fontainier sera directement sous la surveillance du Bourgmestre ou échevins délégués ; il devra en tout cas, prévenir de suite un membre du collège lorsque une grosse réparation sera jugée nécessaire.

7. Les paiements se feront tous les trimestres.

 

 g) La deuxième distribution d’eau

 

Suite au rapport de Mr Martiny, la commune se décida à envisager une nouvelle distribution d’eau. Au début, 2 projets de distribution d’eau étaient envisagés (une de la source de Gomereux et l’autre de la source du pré à l’autel à Battefer).

Finalement, la nouvelle distribution allait être alimentée par la source du pré à l’autel à Battefer. L’eau allait s’acheminer vers une station de pompage au pied du bois de Lorefays pour être envoyée dans un château d’eau au Cheneux.

 

Tout le village allait être servi de Beaupont à la Pisselotte. Les travaux s’effectuèrent en 1937 et se terminèrent en 1938. Laurent De Buyccher de Florennes travaillait à la distribution d’eau et Marius Walrand de Silenrieux fournissait l’équipement électromécanique de la station de pompage.

Dans un premier temps, 158 ménages se raccordèrent à la nouvelle conduite d’eau.

Gerlimpont était alimenté par Walcourt.

 

Quant aux habitants des Haies, de la Valentinoise et de Falemprise, ils utilisaient encore les puits et fontaines.

En 1947, la commune faisait appel à la Société Nationale de distribution d’eau pour étudier le projet d’alimenter les hameaux de Silenrieux (Gerlimpont, Valentinoise, Nazareth, Baileu, Try Paris, Violette et Falemprise).

Celle-ci présentait son projet en 1948. Elle décida d’augmenter le débit vers le réservoir du Cheneux et d’y construire une station de pompage (un peu plus bas) qui allait refouler l’eau vers le réservoir « aux Violettes ».

De plus, la station de pompage de Battefer allait refouler l’eau dans un petit réservoir vers la Valentinoise. Enfin, une canalisation allait aussi servir Gerlimpont.

Projet d'établissement de la distribution d'eau

 

 Réservoir aux violettes

 

Finalement, la commune revendit, au début des années 50, la distribution d’eau à la SNDE qui allait étendre en 1956-57 celle-ci vers les hameaux cités ci-dessus.

En 1964, la SNDE étendit la distribution d’eau vers la rue des villas à Battefer et, en 1973, elle modifia la conduite d’eau à Falemprise à cause de la construction des barrages.

  

h) La construction des barrages de l’Eau d’Heure modifiera fondamentalement l’hydrographie de Silenrieux  

 

Le barrage de l’Eau d’Heure fut construit afin de réduire par dilution les effets de la pollution industrielle et urbaine, pour soutenir le débit de la Meuse et la Sambre (le barrage est rempli en hiver pour éviter les inondations et vidé parfois en été si sécheresse), pour sauvegarder l’alimentation du canal Charleroi-Bruxelles. Il contribuera aussi au tourisme et à l’amélioration de l’alimentation en eau potable dans la région de Charleroi.

 

Pour éviter l’expropriation de Cerfontaine, on décida de faire un gros barrage latéral sur la plate taille avec possibilité de produire de l’électricité le jour quand la tarification est la plus élevée et pour répondre aux pointes de consommation d’électricité à la fin de l’année (lac inférieur et lac supérieur). La centrale électrique fut inaugurée le 8 juin 1980 et fonctionne depuis octobre 1980 ; mais elle est en exploitation réelle depuis janvier 1981.

 

 La centrale en construction et achevée

 

Il y a aussi une petite centrale à l’Eau d’Heure qui sert à lancer les 4 groupes turbines pompes de la plate taille.

 

 

La centrale de l’Eau d’Heure

 

Pour modérer les grosses fluctuations du niveau des lacs, 3 pré-barrages seront construits afin d’éviter boue et moustiques : le Ry jaune, Féronval et Falemprise.

 Pour rétablir les communications entre les villages, on construit 73 Kms de routes et 7 Kms de voiries forestières.

La construction des barrages proprement dit débuta le 15 octobre 1971 et se termina en 1980. Les premiers travaux seront réalisés au pré-barrage de Falemprise, puis au pré-barrage du Ry Jaune et enfin celui de Féronval avec les 2 barrages principaux de la Plate taille et l’Eau d’Heure.

 Une fois le gros ouvrage terminé, on effectua la mise sous eau au printemps 1977 pour le Ry Jaune, en janvier 1977 pour Falemprise, le 23 mars 1977 pour Féronval et l’Eau d’Heure et en septembre 1977 pour la Plate Taille.

En février 1980, les lacs sont remplis à leur capacité maximale. 

La nouvelle route Walcourt-Silenrieux a été réalisée dans son dernier tronçon et mise en service en septembre 1976. Avant, elle aura servi à amener depuis Chastrès les matériaux et bétons pour la digue de l’Eau d’Heure.

La construction de la route Silenrieux-Walcourt.

  

Les expropriations pour Silenrieux :

78 hectares 31 ares 22 centiares de pâtures, 12 hectares 47 ares 50 centiares de prés, 2 hectares 94 ares 53 centiares de terres, 4 hectares 22 ares 93 centiares de vergers, 131 hectares 17 ares 49 centiares de bois, 3 hectares 15 ares 40 centiares de sapinières, 33 ares 45 centiares d'aisance, 1 hectare 43 ares 57 centiares de jardins, 3 hectares 80 ares 32 centiares d’incultes, 91 ares 8 centiares de broussailles, 27 ares 52 centiares de terrain vague, 73 ares 7 centiares de bief, 34 ares 55 centiares de chemins, 2 hectares 59 ares 74 centiares pour 6 étangs, 1 are 3 centiares de digue, 35 centiares pour 2 fontaines, 4 ares 5 centiares de mares.

Il y a un total de 243 hectares 99 ares 81 centiares.

On a détruit 18 maisons, 2 fermes, 2 chalets, 4 pavillons, 1 scierie de marbre, 4 remises, 1 garage et réduit 2 parties de maison (haies). (Le tout pour 1 hectare 19 ares 94 centiares).

 

Les endroits disparus : la cascade de Féronval et la Loripette

Les endroits disparus ou modifiés : la gare de Silenrieux

 

 

Les endroits disparus ou modifiés : la marbrerie de Falemprise

 Les clubs sportifs en activité sur le barrage :  locations de planches à voile, école de voiles, canoë-kayak, dériveurs et cabiniers à la Plate Taille, pêche en barques sur le Ry Jaune et Féronval, club de navimodélisme à Féronval, ski nautique, jet ski et motonautisme sur l’Eau d’Heure.

 Ouverture de la cafétéria de Falemprise en juillet 1982 (tennis, minigolf, plaine de jeux).

La gestion de cet espace échappe aux communes voisines :

En 1975, les communes participent à la constitution de l’intercommunale des barrages de l’Eau d’Heure mais se trouvent minoritaires.

En 1978, on crée une intercommunale des barrages où les communes fusionnées de Cerfontaine et Froidchapelle sont  toujours minoritaires (2 représentants sur 21).

En 1981, on crée l’asbl de gestion des barrages de l’Eau d’Heure. L’asbl comportera 23 personnes avec 2 représentants de Cerfontaine et 2 de Froidchapelle.


 

Chapitre 11 : LA POPULATION

 

§ 1. Dénomination des habitants du village

 

Les habitants s’appellent « les Silèneriverains ou les Silènerivains ». Cependant, un sobriquet donné aux habitants des haies fut repris dans la région pour caractériser les habitants du village  « les muscadins ».

En effet,  certains habitants des haies avaient l’habitude de porter leur bâton sous le bras à la manière des muscadins. Il n’en fallut pas plus pour les taxer « de fiers, d’élégants et de maniérés ».

 

§ 2.  Evolution de la population

 

1. Avant le 17ème siècle

 

Au néolithique final (2700 à 1800 avant Jésus-Christ), les hauteurs de la vallée de l’Eau d’Heure furent habités par plusieurs familles qui s’adonnaient à l’agriculture et l’élevage (voir les lieux où on a trouvé de nombreux silex p. 54).

Durant la période celte (750 à 50 avant Jésus-Christ), les marchets (tombes gauloises) de la Marlière confirmaient l’occupation des sols de Silenrieux par plusieurs familles.

Les cimetières romains trouvés à Silenrieux indiquaient aussi une présence humaine pendant l’époque romaine de 50 avant J-C à plus ou moins 400 après J-C.

Sous les Francs, le domaine de Sileno rivo cité dans le polyptique de l’abbaye de Lobbes en 866 faisait sous-entendre qu’un domaine avec ses bâtiments, ses familles paysannes et ses artisans existait sur le territoire de Silenrieux probablement à Pas de la l’eau.

De l’an 1000 à l’an 1350, les renseignements donnés par l’étude de Mr Génicot montraient que la population avait fortement augmenté dans nos campagnes.

Les indices pour Silenrieux étaient les suivants :

- les manses détenus par les familles pour vivre sur plus ou moins 15 hectares furent divisés entre les héritiers plus nombreux et devinrent des quartiers (d’où le lieu-dit « les quartiers » à Silenrieux),

- les terres défrichées prenaient le nom de …sart. (D’où les lieux-dits « terre des sarts », « cortil sart », « grand sart », « sart peronne »,...).

La fin du Moyen Âge (14ème et 15ème siècles) vit la population diminuée de plus ou moins 30 % en moyenne. En territoire liégeois, les guerres avec les ducs de Bourgogne ont accentué cette diminution. Pour Silenrieux, on comptait, en 1470, 39 feux (ou familles). Si on considérait 5 personnes par famille, cela faisait une population d’environ 195 habitants. Par déduction, il est probable que la population des 12ème et 13ème siècles était de plus ou moins 280 habitants.

Le 16ème siècle connut un redressement démographique. Les premières traces écrites de la population commencèrent à ce moment car le curé devait tenir un registre pour chaque paroisse (registre paroissial jusqu’au 12 juillet 1796, puis registre civil tenu par les communes).

 

Voici quelques noms cités en 1590  : Jean Chauveau, Arnould De Treigne, Jean De Biesme, Antoine Masset, Jean Blampain, Andrieu Mahieu, Jean Cloye, Vve Stienne Ernotte, Vve Germain De Treigne, Pierre Potron, Robert Juesneau, Jean Ernotte, Philippe Petit, Andrieu Boulouffe, Philippe, Jacques et André Dorbeck, David Thiria, Paul Loyet, Jacques Lefebvre, Jacques Mallet, Pierre le Gendarme, Collo le Baiser, Jaspar Mallet, Jean Lambert, Urbain Ernotte, Jean Gilcart, Balthazar Loyet, Englebert De Treignes, Germain Andry, Jacques Bernier, Jean Ernotte (au moins 32 bourgeois chefs de famille).

  

2.  Le 17ème siècle

 

Au  début du 17ème, il y avait à Silenrieux 206 personnes dont 71 couples auxquels on devait ajouter les enfants (au moins 2 par couples en moyenne), ce qui ferait plus ou moins 350 habitants.

Ce chiffre peut être confirmé par la liste des 67 bourgeois (pères de famille) de 1628.

67 bourgeois fois un coefficient souvent admis de 5 donneraient 335 habitants. En y ajoutant  2 ecclésiastiques, les non-bourgeois et les non-résidents permanents, ceci donnerait une population proche des 350 habitants.

 

Liste des 67 bourgeois de 1628 :

Materne Ernotte, Germain Andrieu, Jaspar Mallet, Jaspar Noël, Jean Joneau, Jacques Petit, François Masset, Materne De Fontenelle, Michel Ernotte, Martin Vittou, Nicolas De Puisse, Jean Ernotte, Jean Gailloz, Amand Cayphas, Thomas Longfils, Marc Masset, Guillaume Ernotte, Nicolas De Traisine, Léonard Patron, Jean Gilcart, Nicolas Mallet, Jean Boulouffe, Bartholomé De Soye, Jacques Blanpain, Philippe Daulne, Mathy Masset, Pierre Suise, Marc Ernotte, Jean Lacourt, Pierre Lacourt, Jean De Gomerée, Mathy De Gomerée, Jaspar Loyet, Mathieu Antoine, Paul De Biesme, François Thibauld, Martin Bencourt, Jean Loyet, Hubert Lambert, Jean fils Estienne Ernotte, Michel Brouslart, Jean Stordeur, Servais Andrieu, Anthoine le Febvre, Jean le Mauvais, Servais Baisir, Jacque Baisir, Hubert Pirard, Jean fils Urbain Ernotte, Augustin Ernotte, Jacque Scohy, Pierre le Gendarme, Jean Massart, Estienne De Baul, Jean Gilcart, Léonard Pirson, Eustache Ernotte, Nicolas Stordeur, Servais De Treigne, Jacques Ernotte, Antoine Masset, Jean Masset, Jean Lambert, Martin Du Bois, Antoine Simon, Pierre Pircoz, Nicolas De France. + Jean de la Croix (curé), Servais Servais (chapelain).

 

A la fin du 17ème siècle, il y a entre 80 et 85 bourgeois ; ce qui donne avec le coefficient 5 une population entre 400 et 425 habitants sans compter  les non-bourgeois et les non-résidents.

 

Les habitants payant l’impôt de capitation en 1696 (impôt levé sur chaque individu).

Les laboureurs : Jean Antoine et ses 2 valets, Nicolas Baisir, son valet, sa servante ; Louis Baslaire, ses 2 valets ; Jean Baudy ; Nicolas Ernotte et une servante ; Félix Ganard ; Jean Jacquart ; François Lambotte ; Antoine Lambert et un valet ; Nicolas Lien ; Jean Massart et un valet ; Jean Masset ; Jean Monny ; Jacques Petit et un valet ; Jean Petit et 2 valets ; Marc Petit et un valet ; Nicolas Petit et un valet ; Jean Simon ; Collet Stavart et un valet.

Les manouvriers : Philippe Bastin ; Nicolas Bastin ; André Brassine ; Martin Boulouffe ; Philippe Boulouffe ; J.B. Bricout ; Pierre Cheauveau ; Robert Dartavel ; Paul Debiesme ; Gille Delmarche ; Jacques Deloge et sa servante ; Godefroid Demerbe ; François Ernotte ; Dieudonné Fontenelle ; Jean Gauty ; Georges Guarite ; Etienne Gillart ; Laurent Gillart ; François Gobha ; Thomas Hansenne ; François Huaut ; Jacques Lambert ; Marc Loye ; Etienne Martin ; Hubsire Monny ; François Poces ; JB Robert ; Donat Toussaint ; valet et servante du sieur Baslaire (curé).

Les veuves : Jean Baisir, Jean Bayet, Martin Boulouffe, Jean Defrance, Joseph Ernotte et son valet, Materne Ernotte, Jean Bobault, Marie Jonneau, Jean Majolet, Laurent Mousquet, Louis Nicolas, Gaspar Vitou et son valet.

 

 

3. Le 18ème siècle

 

Le 18ème siècle beaucoup plus calme au niveau des guerres que le précédent verra la population de Silenrieux augmenter régulièrement par un excédent des naissances sur les décès (durant le 18ème siècle, d’après la table des anciens registres paroissiaux, il y eut 1574 naissances contre 915 décès). Les décès ont diminué suite aux disparitions des famines et surtout des guerres. Les naissances ont augmenté grâce à un climat politique serein et stable. Le tableau ci-dessous nous montre l’évolution régulière de celle-ci.

 

 

 

 



 

Année

Population

 

1703

1708

1713

1718

1723

1728

1733

1738

1743

1748

1753

1758

1763

1768

1773

1778

1783

1788

1793

1798

410

430

450

460

470

486

491

511

540

572

576

585

594

634

693

715

729

739

722

722

 

 

 

Evolution de la population

 

On peut remarquer un tassement de la population à la fin du siècle qui s’explique par la répercussion des conflits de la révolution française à Silenrieux (plusieurs combats ont eu lieu). C’est aussi à partir de 1790 que le nombre de décès prend le dessus sur le nombre de naissances.

L’estimation de la population se base sur le calcul suivant : le nombre de familles fois un coefficient de 4.5. Le nombre de familles a été estimé par les parts affouagères, par les tailles au niveau fiscal et par la redistribution des bénéfices de la communauté aux bourgeois (chefs de famille) en fin d’année. Il faut aussi tenir compte que les non bourgeois devenaient quasi inexistants.

 

Les 112 bourgeois de 1737 :

Jacques Deloge, Louis Léonard, Vve Nicolas Bastin, Vve Lecomte, Joseph Bastin, Jean Bourguin, Jean Grignet, Philippe Ganard, Jean Baptiste Spalart, Gille Derenne, Pierre Rousselle, Paul Gillard, Pierre Jonneau, Vve Lambotte, Pierre Chauveau, Vve George Masset, Jean Simon, François Fontenelle, Nicolas Pecheux, Vve Antoine Lambert, Vve Jean Massart, Vve Pierre Cogneau, Nicolas Lambotte, Enfants Jean Jonneau, Jacque Ernotte, Vve Marcq Petit, Michel Brousmiche, Maximilien de France, Vve Jacque Gillard, Jean Maudoux, Joseph Gillard, Jean Jacquart, les enfants Antoine Lambert, Antoine Boulouffe, Jacque Gillard, Claude Collinet, Laurent Ghislain, Dieudonné Hauthy, Vve Nicolas de France, Jacques Ignace Léonard, Mr le vicaire Lefebvre, Nicolas Trousset,  Antoine du Bernard, Vve François Grawez, Mr le curé, Jacques Simonet, Vve Ernest Fontenelle, Philippe Antoine, Philippe Chauveau, Joseph Masset, Jean Jacques Dupuis, Jean Baptiste Fontenelle, Joseph Moureau, Joseph Baisir, Jean Hauthy, André Petit, le meunier, Joseph Jonneau, Jean Deloge, François Bastin, Hieromie Ernotte, Renier Jonneau, Dieudonné Longfils, Lambert Marchant, Joseph Breda, Antoine Sternau, Hubert Baisir, Simon Balle, André Masset, François Masset, Philippe Ernotte, Pierre Breda, Pierre Wauthier, Charle Delmarche, Nicolas Boulouffe, Joseph Grawez, Jean François Liévin, Philippe Wauthier, Louis Bernard, Jacque Rolland, Jean Jacques Deloge, Pierre Cogneau, Jean Majolet, Pierre Joseph Jacart, Joseph Ernotte, Marie Jeanne Simon, Jean Bricou, Jacques Joneau, Vve Massart de Battefer, Jean Dutrou, Martin Colinet, Jean Hansenne, Joseph Marlaye, Alexis Jaspart, Ernotte, Jean Meunier, Jean Jacques Montigny, Vve Jean Jos Jonneau, Jean Huaux, André Brichet, Vve Sternaux, Vve Jean Masset, Vve Ganard, Jean Esquevin, Emanuel Masset, Pierre Bricou, Philippe Bailivre, Denis Gaspart, Vve Poucet, Marcq Ernotte, Hubert Ernotte.

 

 

Les 122 bourgeois de 1761 se répartissent comme suit :

72 au village : Hubert Ernotte, Joseph Gilcart, Martin Brousmiche, Martin Petit, Vve Jean Joneau, Jacques Lambotte, Pierre choveau, André Fosset, Jean François Robert, Charle Joneau, Jean Claude Colinet, Jean bourgeois, Vve Jerome Ernotte, Renier Joneau, Vve Pierre Ganard, Joseph Marloye, Louis Léonard, Estienne Roland, François Lechat, Antoine Colinet, Jacques Gillart, Antoine Preu, Nicolas Trousset, Pierre Copin, Vve Charles Delmarche, Jean Jos Ernotte, Vve Eugène Ernotte, Nicolas Jacquemin, Pierre Cogneau, Jean Leroy, Jean Poucet, Vve Joseph Gillart, Vve Bourguin, Louis Antoine, Vve Monthuir, Colinet, Vve Renier Joneau, Jean Spalart, François Fontenelle, Paul Joneau, Jacques Dupuis, Michel Brousmiche, Vve Joseph Joneau, Théodore Renson, Jean Jacques Ghislain, Vve Joseph Ernotte, Henri Brison, Martin Colinet, Antoine Majolet, Mr le curé, Mr le vicaire, Jacques Simonet, Nicolas Bastin, Vve Pierre Bricout, Gille Dubernard, Joseph Antoine, Joseph Baisir, Laurent Lecomte, Joseph Lecomte, Philippe Ganard, Vve Felix Ganard, Jean Jacart, Vve Laurent Ghislain, Vve Jean Esquevin, Jean Bapt Brousmiche, Joseph Grawet, Louis Ernotte, Jean Deloge, Vve Marc Ernotte, Dieudonné Bailive, Pierre Dehon, Jacques Ignace Léonard, Vve Alexis Gaspart.

23 aux haies : Jacques Roland, Antoine Ganard, Joseph Derenne, André Walrand, Estienne Carly, Jean Hardy, Vve Antoine Sternaux, Nicolas Lambotte, Nicolas Deprez, Jean Jacques Masset, Vve Antoine Boulouffe, Vve Antoine Masset, Jean Baptiste Fontenelle, Nicolas Petit, Jean François Bouillot, Pierre Ernotte, André Boulouffe, Philippe Brichet, Vve Jean Simon, Vve Joseph Moreau, Vve Jacques Simon, Vve Simon Delmarche, Philippe Poucet,

10 à Falemprise : Vve Simon Balle, Dieudonné Longfils, Jean Baptiste Gillart, Dieudonné Hauthy, Jean Gillart, François Gobeau, Eribert Legros, Sébastien Derenne, Philippe Boulouffe, Jean Baptiste Grawet,

13 à Gerlimpont : Lambert Marchant, François Gilcart, Jean Huaux, Jean Huaux(fils), Hubert Raucroy, Vve Dasset, Philippe Joneau, Joseph Longfils, Pierre Marciny, Vve Jean Dutronc, Vve Hubert Baisir, Vve Gérard Adam.

Les orphelins : Joseph Breda, Jean Jacques Deloge, Joseph Bastin, Jean Montigny, François Bastin, François Gillart, Martin Masset, Martin Gillart, Jean Hansenne, (on les compte pour 4 bourgeois et demi).

 

Les 160 bourgeois de 1781 se répartissent comme suit :

Falemprise (10) : Joseph Balle, Vve Simon Balle, Sébastien Derene, Dieudonné Gauthier, Vve Jean Baptiste Gillard, Joseph Gillard, Vve Martin Gillart, Henry Goy, Eribert Legros, Jacques Maudoux

Les haies (35) :

Simon Balle, Vve François Bouillot, André Boulouffe, Vve Antoine Boulouffe, Philippe Boulouffe, Philippe Brichet, André Carly, Vve Etienne Carly, Paul Coulonval, François Deloge, Jacques Deprez, Nicolas Deprez, Sébastien Derene, Jacques Fontenelle, Antoine Ganard, Pierre Ganard, Vve Philippe Ganard, Philippe Lambotte, Vve Antoine Masset, Jacques Masset, Jean Petit, Nicolas Petit, Jean Poucet, Jacques Roland, Jacques Sainthuile, Vve Jacques Antoine Simon, Jean Jacques Simon, Vve Jean Simon, Jean Nicolas Simon, Nicolas Simon, Nicolas Simon Deloge, André Walrand, censier de Bethléem, censier de Bierlée.

Gerlimpont (15) :

François Louis Antoine, Vve Hubert Baisir, Dieudonné Bailieve, Jean Boulouffe, Jacques Dutron, Pierre Ernotte, François Gilcart, Jean Hansinne, Philippe Joniaux jeune, Philippe Joniaux vieux, Vve Toussaint Lambert, Jean Marchand, Vve Louis Preute, censier de Battefer, Censier de Maisoncelle.

Le village (100)  :

Vve Gérard Adam, Vve Joseph Antoine, Vve Louis Antoine, Augustin Bastin, Félix Bastin, Hyacinthe Bastin, Nicolas Bastin, Vve Joseph Baisir, Vve François Berland, Nicolas Breda, Jean Denis Bricout, Joseph Bricout, Jean Baptiste Brousmiche, Martin Brousmiche, Vve Georges Carlier, Jean Cauderlier, Pierre Choveau, Michel Clavon, François Clos, Dieudonné Cogniaux, Antoine Colinet, Jean Claude Colinet, Vve Pierre Copin, Pierre Damas, Pierre Dehon, Vve Jean Deloge, Jacques Deloge, Nicolas Deprez jeune, Jean Baptiste Desomberg, Gilles Dubernard, Jacques Dupuis, Hubert Ernotte, Jacques Ernotte, Nicolas Ernotte, Vve Jean Esquevin, Vve François Flandre, Vve François Fontenelle, Jean Baptiste Fontenelle, André Fosset, Félix Ganard, Vve Alexis Gaspart, Jean Louis Gaspart, Jean Ghislain, Joseph Ghislain, Vve Laurent Ghislain, Joseph Gilcart, Vve Joseph Gilcart, Philippe Gilcart, Jean Baptiste Gillart, Jacques Gillart, Pierre Grawet, Jacques Grignet,  Louis Grignée, Lambert Hansinne, Vve Jacques Hardy, Nicolas Hardy, Nicolas Hurion, Antoine Huaux, Vve Nicolas Jacqmin, Jean Jacquart, Charles, Joneau, Vve Charles Joniaux, Vve François Joniaux, Vve Jean Jonniaux, Vve Jean H. Joniaux (caton), Vve Renier Joniaux, Jacques Lambotte, Nicolas Lambotte, Adrien Langlois, François Lecomte, Jean Lecomte, Joseph Lecomte, Lambert Lecomte, Vve Laurent Lecomte, Jacques Leonard, Joseph Leonard, Vve Louis Leonard, Philippe Léonard, Antoine Lemede, Vve Jean Leroy, Jean Baptiste Lottin, Jean Masset, Vve Antoine Mayolet, Joseph Moinau, Félix Monthuir, Vve François Monthuir, Vve Martin Petit, Philippe Poucet jeune, Antoine Preute, Jean François Robert, Etienne Roland, Lambert Roland, Philippe Scohy, Pierre Severin, Jean Spalart, Vve Antoine Sternaux, Hubert Sternaux, Nicolas Trousset, le curé, le vicaire.

Les orphelins (14 familles comptées pour 7 bourgeois)

François Bastin, Joseph Bastin, Jean Bourguin, Pierre Bricout, Pierre Cogniaux, Charles Delmarche, Joseph Derene, Marc Ernotte, Jean Gillart, Joseph Grawet, Jean Hardy, Jean Huaux, Paul Joniaux, Renier Joniaux.

 

Durant le 18ème siècle, on pouvait donc répartir la population suivant leur lieu d’habitation : Gerlimpont (c’est-à-dire Gerlimpont, Valentinoise, Pisselotte et Battefer) comptait entre 9.5 % et 11.5 % de la population suivant la période ; Falemprise entre 6 % et 8.5 % ; Les Haies (de la Bierlée à la Lauripette)  entre 19.5 % et 22 % ; le village entre 61 % et 62.5 %. On peut donc constater que la population de Silenrieux n’était pas concentrée au village (seulement un peu plus de 60 %). Elle était en fait dispersée dans les différents hameaux très nombreux sur le territoire de Silenrieux. En effet, les Haies comprenaient les hameaux de la Bierlée, de Nazareth, de Bethléem, de Gambor, de Baileu, du Try Paris, du Renifonds et de la Lauripette ; Gerlimpont comprenait la Valentinoise, la Pisselotte, Battefer et Gerlimpont même.

 

Les familles souches de Silenrieux pour le 17ème et 18ème siècle sont : Antoine, Bailieve, Baisir, Balle, Bastin, Boulouffe, Breda, Brichet, Bricou, Brousmiche, Cogneau, Collinet, Defrance, Deloge, Deprez, Derenne, Dubernard, Dupuis, Dutron, Ernotte, Fontenelle, Ganard, Gillard, Gobeau, Grawet, Grignet, Hansenne, Hardy, Huaux, Jacquart, Joniaux (Jonneau), Lambert, Lambotte, Langlois, Lecomte, Léonard, Marchand, Massart, Masset, Maudoux, Monnier, Montuis, Mousquet, Petit, Pinon, Robert, Sevrin, Simon, Spalar, Sternaux, Toussaint.

 

 

4.  Le 19ème siècle

 

Le 19ème siècle verra encore la population de Silenrieux augmenter. De nouveau, le nombre de naissances (2267) est supérieur au nombre de décès (1646). D’autres facteurs influençant sont la baisse de l’âge des mariages, la baisse de la mortalité, la disparition des famines et une situation politique et économique stable. La population augmentera de façon régulière jusqu’en 1885, puis diminuera jusque la fin du siècle. Il faut aussi noter une stagnation au niveau des années 1845 à 1850 (crise économique) et de 1870 à 1880.

La diminution de la fin du 19ème siècle est due au mouvement de population défavorable pour Silenrieux et à la baisse des naissances. En effet, on remarque au 19ème siècle des mouvements de population : l’arrivée de nouveaux habitants tout comme le départ de certains.  Au début du siècle, cela concerne quelques personnes par an (de 1 à 3 départs pour 1 à 3 arrivées). Cependant, à partir de la moitié du siècle, les mouvements sont plus nombreux en raison de l’arrivée du chemin de fer. Pour la période de 1860 à 1869, on compta 47 arrivées pour 50 départs ; de 1870 à 1879, 97 entrées pour 118 départs ; de 1880 à 1889, 97 entrées pour 157 départs ; de 1890 à 1899, 173 entrées pour 182 départs.

 

 

 

 

 

 

 

Année

Population

 

1800

1805

1810

1815

1820

1825

1830

1835

1840

1845

1850

1855

1860

1865

1870

1875

1880

1885

1890

1895

723

757

760

766

779

829

880

919

965

1010

999

1063

1077

1090

1102

1107

1103

1156

1080

1036

 

 

 

Evolution de la population au 19ème siècle

 

Au niveau des naissances et décès, il y avait, en général, par décennie plus ou moins de 60 à 90 naissances en plus des décès. Mais cet écart diminua à partir de 1870 pour s’annuler à la dernière décennie ;    

                        de 1802 à 1809 : 161 naissances pour 101 décès

                        de 1810 à 1819 : 216 naissances pour 139 décès

                        de 1820 à 1829 : 249 naissances pour 154 décès

                        de 1830 à 1839 : 242 naissances pour 164 décès

                        de 1840 à 1849 : 250 naissances pour 167 décès

                        de 1850 à 1859 : 266 naissances pour 185 décès

                        de 1860 à 1869 : 274 naissances pour 206 décès

                        de 1870 à 1879 : 225 naissances pour 170 décès

                        de 1880 à 1889 : 199 naissances pour 176 décès

                        de 1890 à 1899 : 185 naissances pour 184 décès

 

En 1807, il y a 181 votants (les hommes seulement)

Albert Ernotte, Pierre Ernotte, André Massart, Jacques Lambotte, Pierre Petit, Louis Lambotte, Jean Jacques Gilcart, Joseph Gilcart, Ovide Gilcart, Théodore Gilcart, Jacques Gilcart, Philippe Petit, Remi Causin, Charle Jonniaux, Clément Jonniaux, Antoine Colinet, Colinet fils, Pierre Breda, Philippe Breda, Bot Breda, Philippe Bricout, Philippe Lambotte, Jacques Lambotte, Hilarion Lambotte, Jean Baptiste Fontenelle, Pascal Fontenelle, Jean Baptiste Dethier, Pierre Gobert, Das Gillard, Pierre Meunier, Jean Joseph Cauderlier, Philippe Cauderlier, François Duclos, Valentin Duclos, Joseph Denet, Maxime Jacque, Jean François Misson, Pierre Médot, Louis Ernotte, Jacques Sevrin, Alexis Sevrin, Celestin Bastin, Philippe Huaux, Antoine Ernotte, Florent Mathieu, François Bastin, Pierre François Flandre, Philippe Gilcart, Amand Lambert, François Lévèque, Gaspar Linard, François Piret, Hiacinthe Jonniaux, Augustin Keller, Gilain Nioul, Jean Bapt Lottin, Andrien Lottin, Hiacinthe Lottin, François Lecomte, Léopold Lecomte, Joseph Bergui, Bonaventure Henquart, Jean Henquart, André Ghislain, Antoine Antoine, François Léonard, François Hardy, Paul Maudoux, Nicolas Deloge, François Mathieu, François Duclos, Augustin Petit, Adrien Langlois, Hisn Langlois, Paul Derenne, Jacque Derenne, Ferdinand Marsigny, Abraham Lecomte, Pierre Jos Genard, Hubert Lestoreau, Sevrin Frison, François Huart, Joseph Lottelin, Philippe Escoy, Théodore Escoy, Hypolite Hardy, Jean Bapt Bouillot, Joseph Bouillot, Jacques Bouillot, Baptiste Bouillot, Joseph Roland, Victorien Gilard, Joseph Léonard, Jacques Léonard, Philippe Langlois, Valery Gillard, Gabriel Dandiel, Philippe Lambotte, Philippe Massart, Lambert Hensenne, Jean Massard, Jean Genard, Jean Louis Gaspart, Jacques Bouillot, Peteux, Pascal Hardy, Jacques Donet, Bat Jos Rué, Jean Delmarche, Algard Bastin, Materne Lemede, Joseph Botte, Jean Botte, Ferdinand Deloge, Joseph Gillard, Isaac Lambotte, Jel Wairion,  Martin Flandre, Joseph Lecomte, Baptiste Grawet, Toussaint Derenne, Jacques Legros, Jacques Masset, Eloy Masset, Philippe Masset, Jean Baptiste Masset, Simon Jacques, François Jacques Boulouffe, Pierre Boulouffe, Philippe Colonval, Victorien Colonval, Jacques Fontenelle, Joseph Caifat, Xavier Balle, André Gouverneur, Philippe Hoslet, Philippe Hoslet, Lambert Durbecq, Théodore Simon, François Simon, Jean Nicolas Simon, Nicolas Simon, Jean François Simon, Augustin Moriamé, Théodore Hensenne, Philippe Poucet, Noel Gaspart, Simon, Mas Simon, Louis Baisir, Joseph Baisir, Jean Baisir, François Baisir, Célestin Blondeau, Théodore  Blondeau, Dominique Hencart, Jean Jos Boudine, Jean Jos Baillis, Nicolas Bernard, Benoit Hansenne, Thomé Hansenne, Pierre Fontenelle, Dieudonné Médot, Eloi Hansenne, François Bergui, François Bergui fils, Pierre Simon, Alexis Jonniaux, Nicolas Jonniaux, Pierre Menson, Jean Bapt Ernotte, Philippe Gillard, Dieudonné Jonniaux, Hubert Ernotte, Jean Jonniaux, Jean Huaux, François Grandelet, Jean Jos Adam, Pierre Adam, Lambert Lecomte, Ambroise Joniaux, Joseph Thiry.

 

La répartition de la population suivant leur lieu d’habitation.

Au 19ème siècle, le village comptait entre 52 % et 63 % de la population suivant les périodes ; Gerlimpont (y compris Maisoncelle et Valentinoise) entre 6.5 % et 9.5 % ; la Pisselotte et Battefer entre 1 % et 7 % (augmentation due aux constructions à la Pisselotte) ; Falemprise entre 9.5 % et 11.5 % ; les Haies entre 16.5 % et 26.5 %.

 

Le nombre d’enfants par famille au début du 19ème siècle et à la fin :

En 1816, il y avait 172 familles dont 2 familles de 11 personnes, 1 famille de 10 personnes, 3 familles de 9 personnes, 10 familles de 8 personnes, 10 familles de 7 personnes, 23 familles de 6 personnes, 36 familles de 5 personnes, 31 familles de 4 personnes, 20 familles de 3 personnes, 33 familles de 2 personnes et 3 familles de 1 personne.

En 1899, il y avait 91 familles constituées de 1880 à 1899 dont  7 stériles, 28 avec 1 enfant, 25 avec 2 enfants, 11 avec 3 enfants, 10 avec 4 enfants, 8 avec 5 enfants, 2 avec 6 enfants, 0 au delà.

 

Au 19ème siècle, c’est aussi le début des échanges entre différentes régions. Les mariages mixtes sont de plus en plus fréquents. Le brassage de la population augmente. Ce phénomène s’amplifiera au 20ème siècle.

 

Les familles souches pour le 19ème siècle sont : Jonniaux, Lecomte, Simon, Gillard, Masset, Lambotte, Museux, Walrand, Léonard, Gaspart, Deloge, Balle, Moyen, Mathieu, François, Antoine, Bouillot, Linard, Coulonval, Hansenne, Huaux, Coenen, Ernotte, Hardy, Meunier, Bastin, Dethier, Lottelin, Fontenelle, Hancart, Petit, Louis, Piron, Péteux, Derenne, Gille, Gilcart, Halloy, Delpire, Lobet, Gerboux, Marcelle, Sainthuile.

 

 

5.  Le 20ème siècle

 

La population stagne jusqu’à la guerre 14-18 pour diminuer fortement après la guerre ; elle reste stable entre les 2 guerres pour de nouveau diminuer fortement juste après les bombardements allemands de 1940 qui ont détruit le village à 80 % ; après la 2ème guerre, Silenrieux est victime de l’exode rural et perd lentement ses habitants ; cette diminution sera accélérée par 2 phénomènes : les expropriations pour le barrage au début des années 70 et la fusion des communes de 1977 qui amputent le territoire des 31 habitants de Gerlimpont, Tivoli et Battefer ; le plancher sera atteint en 1980 avec seulement 673 habitants ; depuis lors, la population ne cesse d’augmenter grâce à l’attrait des barrages et de la beauté du paysage et atteint en l’an 2000, 801 habitants (si on ajoutait les habitants de Gerlimpont, on atteindrait environ 850 habitants).

 

 

 

 

Année

Population

 

1900

1905

1910

1915

1920

1925

1930

1935

1940

1945

1950

1955

1960

1965

1970

1975

1980

1985

1990

1995

2000

1036

1037

1031

1033

952

952

956

958

890

868

871

870

836

817

803

728

673

690

717

761

801

 

 

 

Evolution de la population au 20ème siècle

 

La répartition de la population suivant le lieu d’habitation.

Au 20ème siècle, le village comptait entre 52 % et 58.5 % de la population ; la Valentinoise entre 1.5 % et 4.5 % ( augmentation due aux constructions de la fin du 20ème siècle) ; Gerlimpont entre 3.5 % et 4.5 % ; Pisselotte et Battefer entre 7.5 % et 10.5 % (augmentation aussi due aux constructions de la fin du 20ème siècle rue des villas) ; Falemprise entre 9.5 % et 11 % et les Haies entre 19 % et 21.5 % (chiffre avant la construction des barrages) ; après la construction des barrages, Falemprise et les Haies sont comptabilisés ensemble et représentent entre 24 % et 29.5 % de la population.

 

Le nombre d’enfants par famille au 20ème siècle :

En 1915, il y a 41 ménages de 1 personne, 53 ménages de 2 personnes, 72 ménages de 3 personnes, 58 ménages de 4 personnes, 34 ménages de 5 personnes, 24 ménages de 6 personnes, 8 ménages de 7 personnes, 5 ménages de 8 personnes, 2 ménages de 9 personnes, 1 ménage de 10 personnes.

En 1930, il y a 48 familles sans enfants, 82 familles avec un enfant, 68 familles avec 2 enfants, 32 familles avec 3 enfants, 12 familles avec 4 enfants, 4 familles avec 5 enfants, 3 familles avec 6 enfants, 2 familles avec 7 enfants et une famille avec 9 enfants.

En 1947, il y a 45 couples qui n’ont pas d’enfants, 77 couples et 18 veufs ou veuves ont 1 enfant, 54 couples et 20 veufs ont 2 enfants, 29 couples et 12 veufs ont 3 enfants, 12 couples et 4 veufs ont 4 enfants, 7 couples et 3 veufs ont 5 enfants, 3 couples et 2 veufs ont 6 enfants, 2 couples ont 8 enfants, 1 couple a 9 enfants.

En 1961, il y a 17 hommes seuls, 28 femmes seules, 95 ménages de 2 personnes, 63 ménages de 3 personnes, 30 ménages de 4 personnes, 16 ménages de 5 personnes, 18 ménages de 6 personnes, 9 ménages de 7 personnes, 2 ménages de 8 personnes, 1 ménage de 9 personnes.

En 1970, il y a 11 hommes seuls, 30 femmes seules, 75 ménages avec 2 personnes, 58 ménages de 3 personnes, 32 ménages de 4 personnes, 15 ménages de 5 personnes, 17 ménages de 6 personnes, 9 ménages de 7 personnes, 8 ménages de 8 personnes.

Les étrangers à Silenrieux en 1970 : 18 Français et 7 Italiens.    

En 1981, il y a 55 ménages qui vivent seuls, 80 ménages à 2 personnes, 56 ménages à 3 personnes, 36 ménages à 4 personnes, 25 ménages à 5 personnes

En 1991, il y a 81 couples sans enfants, 50 couples avec un enfant, 32 couples avec 2 enfants, 20 couples avec 3 enfants, 6 pères avec enfant, 20 mères avec enfant.

 

Les prénoms curieux de Silenrieux ( A. Balle dans la revue « les dialectes Belgo romans »)

Abraham, Adonye, Aimable, Aimé, Aimand, Albina, Alexina, Alida, Alidor, Alidorine, Alivain, Alire, Alvina, Alzire, Amour, Anatalie, Andréa, Anselme, Appolonie, Ariette, Aurore ;

Basile, Bienaimé, Bienaimée, Bonamand, Bonaventure, Brice, Bruno ;

Calix, Candide, Cédonie, Célénie, Césarie, Césarine, Charlemagne, Ciprienne, Clara, Clarice, Cléonis, Clodion, Clovis, Cordule, Crisole, Crisoline, Crispin, Cyprien ;

Delphin, Dionisis, Divine, Domicelle, Domitile, Donatile, Drogonius ;

Edmée, Elégien, Eligius, Eludivine, Emelda, Emérence, Ephrem, Ermeline, Esoline, Eudorine, Eudoxie, Euranie ;

Fernanda, Flavie, Fortune, Frumance, Fursille ;

Gaston, Gédéon, Germanicus, Glorvina, Gomer, Gustavine ;

Hérica, Hilaire, Hilarion, Honora, Horace ;

Isaac, Isoline ;

Janvier, Joannès, Josine, Judith, Juvénal ;

Lia, Liè, Lièvin, Lièvine, Lina, Lisida, Louison, Ludivina ;

Macaire, Malvina, Materne, Melchior ;

Napoléon, Noëlle ;

Odée, Odilon, Olivier, Olympe, Orga, Orpha ;

Pamela, Parfait, Pasifique, Pamphyle, Palagie an II, Persévérante, Pétronille, Philippine, Philogome, Policarpe, Pulchérie ;

Régine, Reine An II, Reumond, Rochine ;

Scholastique, Silénie, Sophile, Stanislas, Sylva, Symphorien ;

Télésphore, Tertulie, Tertulien, Thébas, Théophanie, Tiburce, Tranquille-Aimable ;

Ulysse, Ursule, Valérien, Vélina, Vindicienne, Vladimir ;

Walfroid, Wilfrid, Wilmer, Yévine ;

Zélie, Zélima, Zéline, Zéna, Zénaïte, Zénobe, Zénobie, Zéphir, Zéphirien, Zéphirin, Zulma.

 

 

§ 3. Les pyramides des âges

 

1816

Ages

Hommes

Femmes

 

0 - 5 ans

6 - 10 ans

11 - 15 ans

16 - 20 ans

21 - 25 ans

26 - 30 ans

31 - 35 ans

36 - 40 ans

41 - 45 ans

46 - 50 ans

51 - 55 ans

56 - 60 ans

61 - 65 ans

66 - 70 ans

71 - 75 ans

76 - 80 ans

81 -

55

54

44

29

22

22

22

29

30

25

10

9

14

18

4

4

2

45

43

35

34

22

33

32

20

23

20

13

14

18

12

8

5

 

 

La pyramide de 1816 est presque normale ; cependant, on remarque le peu de jeunes de 21 à 25 ans nés entre 1791 et 1795. En fait, cela s’explique par les troubles de la révolution française de 1793 et 1794 à Silenrieux (voir partie politique). Une autre remarque concerne les hommes entre 26 et 35 ans qui sont nettement moins nombreux que les femmes. Cela s’explique par les enrôlements de Napoléon pour ses campagnes militaires où de nombreux jeunes du village sont partis (voir partie militaire).

1830

Ages

Hommes

Femmes

 

0 - 5 ans

6 - 10 ans

11 - 15 ans

16 - 20 ans

21 - 25 ans

26 - 30 ans

31 - 35 ans

36 - 40 ans

41 - 45 ans

46 - 50 ans

51 - 55 ans

56 - 60 ans

61 - 65 ans

66 - 70 ans

71 - 75 ans

76 - 80 ans

81 - 85 ans

86 - 90 ans

59

49

37

35

41

30

32

13

18

23

31

22

19

8

3

5

5

1

55

47

47

37

32

30

22

29

27

30

24

16

15

15

8

9

3

3

 

 

 

La pyramide de 1830 est presque normale à part toujours les personnes nées pendant les troubles de la révolution française qui sont moins nombreuses (35 à 40 ans).

 

1857

Ages

Hommes

Femmes

 

0 - 5 ans

6 - 10 ans

11 - 15 ans

16 - 20 ans

21 - 25 ans

26 - 30 ans

31 - 35 ans

36 - 40 ans

41 - 45 ans

46 - 50 ans

51 - 55 ans

56 - 60 ans

61 - 65 ans

66 - 70 ans

71 - 75 ans

76 - 80 ans

81 - 85 ans

86 - 90 ans

61

63

57

45

49

62

42

39

31

25

26

33

26

10

8

10

6

2

60

42

24

64

48

42

40

34

31

33

27

20

18

20

22

7

2

1

 

 

 

La pyramide de 1857 est presque normale ; cependant, il faut remarquer qu’il y a moins de jeunes de 11 à 15 ans nés entre 1842 et 1847 en pleine crise économique pour nos campagnes et un léger manque aussi entre 21 et 25 ans pour les personnes nées entre 1832 et 1836 juste après la révolution belge.

 

 

 

 

 

1900

Ages

Hommes

Femmes

 

0 - 5 ans

6 - 10 ans

11 - 15 ans

16 - 20 ans

21 - 25 ans

26 - 30 ans

31 - 35 ans

36 - 40 ans

41 - 45 ans

46 - 50 ans

51 - 55 ans

56 - 60 ans

61 - 65 ans

66 - 70 ans

71 - 75 ans

76 - 80 ans

81 - 85 ans

86 - 90 ans

47

44

47

38

44

32

32

38

34

32

27

20

20

18

20

5

7

7

48

38

32

43

40

39

36

38

33

23

23

27

24

26

15

10

1

1

 

 

 

La pyramide de 1900 commence à présenter une population vieillissante de plus en plus nombreuse.

 

1920

Ages

Hommes

Femmes

 

0 - 5 ans

6 - 10 ans

11 - 15 ans

16 - 20 ans

21 - 25 ans

26 - 30 ans

31 - 35 ans

36 - 40 ans

41 - 45 ans

46 - 50 ans

51 - 55 ans

56 - 60 ans

61 - 65 ans

66 - 70 ans

71 - 75 ans

76 - 80 ans

81 - 85 ans

86 - 90 ans

35

29

38

44

29

29

31

27

40

30

28

38

20

21

13

5

6

25

22

27

33

40

34

32

30

25

37

25

37

23

21

14

5

5

 

En 1920, on ne peut plus parler de pyramide en deçà de 55 ans. On remarque que le nombre d’enfants de moins de 10 ans, pour la première fois, est moins important que les adultes de 51 à 60 ans. De 0 à 60 ans, il y a quasi le même nombre de personnes dans chaque catégorie d’âge. Cette pyramide montre un vieillissement important de la population.

 

 

 

 

 

 

1947

Ages

Hommes

Femmes

 

0 - 5 ans

6 - 10 ans

11 - 15 ans

16 - 20 ans

21 - 25 ans

26 - 30 ans

31 - 35 ans

36 - 40 ans

41 - 45 ans

46 - 50 ans

51 - 55 ans

56 - 60 ans

61 - 65 ans

66 - 70 ans

71 - 75 ans

76 - 80 ans

81 - 85 ans

86 - 90 ans

21

20

22

36

44

26

25

22

33

36

31

33

22

19

14

15

3

2

22

15

22

43

28

24

22

28

32

40

28

34

14

20

19

9

8

3

 

 

Dans la pyramide de 1947, on remarque clairement 2 grands creux qui correspondent aux enfants nés pendant les 2 guerres. On constate qu’il y a moins de personnes nées entre 1914 et 1918 (c’est-à-dire de 29 ans à 35 ans). Idem pour les enfants nés aux environs de la 2ème guerre entre 0 et 8 ans. On constate aussi que la pyramide commence à s’inverser avec presque autant de vieilles personnes de 61 à 75 ans que d’enfants. La population vieillit toujours.

 

1959

Ages

Hommes

Femmes

 

0 - 5 ans

6 - 10 ans

11 - 15 ans

16 - 20 ans

21 - 25 ans

26 - 30 ans

31 - 35 ans

36 - 40 ans

41 - 45 ans

46 - 50 ans

51 - 55 ans

56 - 60 ans

61 - 65 ans

66 - 70 ans

71 - 75 ans

76 - 80 ans

81 - 85 ans

86 - 90 ans

39

38

31

17

27

19

41

28

21

24

30

28

29

15

13

12

7

1

33

27

37

20

17

31

30

30

14

23

33

33

25

28

16

9

5

2

 

 

 

 

 

En 1959, on constate toujours les 2 creux dûs aux 2 guerres ; cependant, on observe une recrudescence des naissances avec une pyramide qui veut reprendre sa forme d’origine malgré les 2 creux principaux des 2 guerres. Ceci correspond au « baby boom » d’après la guerre.

 

 

 

1970

Ages

Hommes

Femmes

 

0 - 5 ans

6 - 10 ans

11 - 15 ans

16 - 20 ans

21 - 25 ans

26 - 30 ans

31 - 35 ans

36 - 40 ans

41 - 45 ans

46 - 50 ans

51 - 55 ans

56 - 60 ans

61 - 65 ans

66 - 70 ans

71 - 75 ans

76 - 80 ans

81 - 85 ans

86 - 90 ans

91 - 95 ans

25

36

29

42

31

12

22

15

44

29

24

20

23

23

14

12

5

2

3

15

32

36

25

26

17

17

28

28

27

20

18

23

33

19

17

7

2

2

 

 

 

En 1970, on remarque toujours les 2 creux des 2 guerres ; mais on constate aussi une baisse importante des naissances des années 60. (Les enfants de 0 à 5 ans sont vraiment peu nombreux). De ce fait, la pyramide ne reprend pas sa forme normale et montre encore un vieillissement de la population.

 

2000

Ages

Hommes

Femmes

 

0 - 5 ans

6 - 10 ans

11 - 15 ans

16 - 20 ans

21 - 25 ans

26 - 30 ans

31 - 35 ans

36 - 40 ans

41 - 45 ans

46 - 50 ans

51 - 55 ans

56 - 60 ans

61 - 65 ans

66 - 70 ans

71 - 75 ans

76 - 80 ans

81 - 85 ans

86 - 90 ans

91 - 95 ans

32

31

19

23

20

37

33

29

29

27

22

12

17

11

33

12

6

3

32

27

27

17

18

32

27

29

33

27

19

12

16

29

24

19

7

6

2

 

 

 

Il y a toujours le creux de la 2ème guerre mondiale pour les personnes nées à cette époque et ayant aujourd’hui entre 55 et 60 ans. Par contre, le nombre de naissance augmente d’année en année depuis plus ou moins 25 ans, mais la pyramide montre toujours une importante population âgée.

 

 

La répartition par catégorie d’âge ci-dessous nous montre ce vieillissement :

La répartition par catégorie d’âge (en %).

 

Age

1816

1830

1857

1900

1920

1947

1959

1970

2000

0 à 20 ans

44 %

41.5 %

37 %

33.5 %

28 %

24 %

29 %

30 %

26 %

21 à 60

45 %

48 %

51.5 %

52 %

57 %

58 %

51.5 %

47 %

50.5 %

61 et +

11 %

10.5 %

11.5 %

14.5 %

15 %

18 %

19.5 %

23 %

23.5 %

 

Commentaires : la proportion de jeunes diminue régulièrement jusqu’au début du 20ème siècle pour se stabiliser entre 24 % et 30 %. Les plus de 60 ans augmentent leur part tout au long du 20ème siècle pour atteindre plus ou moins ¼ de la population en l’an 2000.  La proportion d’adultes varie entre 45 % et 58 % (plus ou moins la moitié de la population).

 

 

§ 4. Deux personnalités

 

1. Jean Joseph  Piret (1758-1838)

 

Il est né à Silenrieux le 18 avril 1758 de Jean François Piret et de Catherine Falque. (Propriétaire du moulin de Silenrieux) et il est mort à Liège en 1838.

Il fit ses humanités au collège des augustins à Bouvignes et son droit à l’université de Douai. Devenu avocat, il alla s’installer à Liège.

Le 2 mars 1787, le prince de Liège l’éleva au poste d’échevin de la haute cour de justice de l’avouerie de Fléron et ceci, après le succès remporté par Piret, dans la contestation au sujet du canonicat de Florennes entre le nommé Denissart et l’abbé Toussaint.

L’avocat Piret fut aussi conseiller à la cour Royale à Liège. Il publia fin 1787 «de la souveraineté des princes évêques de Liège et du pouvoir de ses états ». Il était très apprécié du Prince Evêque dont il deviendra le conseiller.

 

L’affaire des jeux de Spa mêlée à la révolution liégeoise de 1787-89 :

Les jeux de Spa avaient pris une extension tellement dangereuse pour les mœurs publiques que le Prince Evêque se vit forcer de restreindre la permission de jouer. Sans égard à cette ordonnance de police, le tenancier d’une vaste salle de jeux Paul Redouté, loin de se conformer, porta plainte au tribunal des 22. Une simple question de police fut ainsi transformée en une question de droit régalien, de souveraineté du peuple, de suprématie entre le Prince et la nation ; et donna naissance à des discussions irritantes qui provoquèrent l’examen des lois fondamentales de la principauté et qui contribuèrent puissamment à amener la révolution liégeoise de la fin du 18ème siècle. Appelé à se prononcer sur cette question, le tiers état jugea nécessaire de recourir aux lumières de l’avocat Piret. Par la suite, ce conflit donna lieu à une agitation populaire à Liège et à Verviers. Jean Joseph Piret prit alors la plume pour soutenir l’avis qu’il avait donné au Tiers état. Le 28 juin 1787, la cour impériale de Wetzlar (empire germanique) devant laquelle le conflit avait été porté déclara légale la fermeture de la salle Paul Redouté. Celle-ci fut fermée manu militari. Cependant, Paul Redouté manœuvra si bien qu’il se fit accorder par le parti opposé au prince un mandement qui l’autorisait à exploiter en sa faveur les jeux de Spa. L’avocat Piret entra une nouvelle fois en bataille en publiant divers mémoires ; cette affaire avait tellement monté le public que le 16 août 1789 Piret poursuivi par le peuple à la fureur duquel il parvint à se soustraire fut noyé en effigie dans la Meuse. Le Prince lui-même fut violenté dans son château de Seraing et ne rentra dans ses états que le 13 février 1791. Jean Joseph Piret, en récompense du dévouement qu’il avait montré envers le Prince fut en 1792 nommé conseiller des finances, conseiller intime et avocat de son Altesse ; il ne jouit de ses honneurs que peu de temps ; à la révolution française, il dut prendre le chemin de l’exil à l’exemple d’un grand nombre de concitoyens.

 

Arrivé à Brême en juillet 1794, il dut pour subvenir aux besoins de son existence exercer successivement le métier de fabriquant de chandelles, les fonctions d’instituteurs et la profession de commis négociant.

 

Il revint dans son village natal de Silenrieux en 1801. Il y monta une fabrique de cire à cacheter et de dégraissage de plumes qu’il remplaça en 1812 à Liège par une fabrique de sucre privée et commerciale.

Il fut le premier sucrier belge. Cette industrie date de la fin du règne de Napoléon Ier (de 1812 à 1814). Le blocus continental fut la cause indirecte de son éclosion. La culture des betteraves fut rendue obligatoire dans tout l’empire français. Mais cette industrie n’eut qu’une durée éphémère puisqu’elle sombra en même temps que Napoléon.

La fabrique de Piret était située au quai St Léonard à Liège et s’appelait « Piret et Lefevre ». Des 10 premiers établissements, il ne reste en 1814 que celui de Piret et Lefebvre qui fut transformé en raffinerie de sucre.

Selon le  témoignage de Briavoine, de toutes les fabriques de 1812-14, celle de Piret et celle de Huart à Charleroi furent les seules à produire un sucre convenable.

Après le succès de l’industrie du sucre sous Napoléon et puis sa ruine, il reprit sa place au barreau en 1815. En 1815, il fut distingué par le Roi des Pays-Bas qui le nomma aux doubles fonctions de la commission relative aux tarifs des droits d’entrée et de sortie et de membre du syndicat d’amortissement. Finalement, il fut pensionné par les Etats allemands comme ancien conseiller du Prince Evêque et il fut aussi  nommé, en 1817, conseiller  à la cour supérieure (d’appel) de Liège, place honorable qu’il occupa avec distinction jusqu’à sa retraite le 4 octobre 1832. Il mourut le 11 janvier 1838 à Liège.

 

 

2. Jules Léonard (1825-1897)

 

Il est né à Silenrieux le 30 juillet 1825. Il provient d’une famille nombreuse de 8 enfants. Son père François Léonard est couvreur de paille et ses revenus sont modestes. Il quitte son village natal à 12 ans à l’invitation de son frère aîné Alexis, peintre décorateur à Valenciennes et qui connaît les dispositions de son frère cadet pour la peinture. Il s’inscrit à l’académie de Valenciennes en 1838 dans la classe de Julien Potier et obtient régulièrement des citations pour ses épreuves. Il suit les cours tout en travaillant comme ouvrier décorateur.

Les ressources de son frère ne lui permettent pas de rester ; il revient à Silenrieux à 15 ans où le bourgmestre Piret le recommande au comte de Baillet Latour qui lui fait attribuer une  bourse d’étude de 300 Frs pour lui permettre de suivre des études à Bruxelles. En 1843, il s’inscrit à l’école académique des Beaux Arts de Bruxelles où il fait la connaissance de François Navez qui deviendra son ami. Sa première œuvre « Van Dyck et sa maîtresse » en 1845 est reçue à un concours public. En 1846, c’est le service militaire et le début d’une vie qui sera tourmentée mais féconde en productions artistiques. Démobilisé, il retourne vers 1849 définitivement chez son frère à Valenciennes où il expose et où il devient une personnalité artistique reconnue. Il peint beaucoup et notamment de grandes œuvres décoratives. Il fait de nombreux portraits de famille de l’Avesnois : Thibaux, Hostlet, Pouillo, Hubert, Evrard, Briatte, Monier et surtout le poète Désiré Tricot. (Il y a au musée de Maubeuge, un portrait d’un ancien maire fait par Jules Léonard).

En 1870, il épouse sa nièce Marie Léocadie Léonard à Paris avec qui il aura une fille Hélène en 1871. Il s’installe alors à Trélon et s’adonne à la peinture d’animaux et de paysages.

En 1872, grâce à un industriel verrier et mécène du lieu, Mr Chavon, il réalise un tableau dans la salle de la mairie de Trélon « les trayeuses ». A Maroilles, dans la propriété de la famille Hubert Briatte, il peint un autre tableau « l’orage ».

En 1878, le couple revend sa maison de Trélon et revient à Valenciennes, puis à Lille car son épouse doit être internée. Le peintre continue à vivre un moment avec sa fille. Et, en 1887, il revient se fixer définitivement  à Valenciennes.

En 1888, il devient administrateur au sein de la commission administrative des académies de peinture, sculpture et architecture de Valenciennes.

Le 10 sept 1891, il faisait don à l’église de Silenrieux d’un superbe tableau de 5 mètres de hauteur représentant « la nativité » ou « l’adoration des bergers » placé dans la chapelle des fonts baptismaux. Cette dernière ayant particulièrement souffert des bombardements en mai 40, la peinture se trouve actuellement à côté de l’autel de l’église. Le curé Bodart à l’occasion de Noël fit part à ses paroissiens du don généreux et rappela que l’église actuelle était construite sur l’emplacement qu’occupait la maison où l’artiste était né.

Il fit un intérim de professeur à l’académie de Valenciennes en 1892.

L’artiste Léonard décéda à Valenciennes le 28 décembre 1897. La ville de Valenciennes lui rendit hommage en apposant une plaque commémorative à l’académie.

En 1898, plus de 160 de ses œuvres seront mises en vente publique.

Parmi les œuvres de cet artiste mal connu : il convient de citer « le médecin des pauvres »  au musée de Valenciennes (récompensé en 1857 par une haute distinction à l’exposition de Bruxelles et par une médaille d’or à l’exposition de Cambrai) ; « le berceau vide » au musée de Dunkerque, « le bœuf égaré » au musée de Chartres ; une scène champêtre à la mairie de Trélon, des lithographies tant à la bibliothèque Royale de Bruxelles qu’à la Nationale de Paris.

 

 

De nombreuses œuvres se trouvent aussi chez des particuliers mais aussi dans de nombreuses églises : citons le chemin de croix de Rognée, le chemin de croix de l’église de Maroille réalisé en 1860, à l’église de Briaste « St Pierre aguerrissant un boiteux à la porte de temple ». La nativité à l’église de  Silenrieux, la descente du Saint Esprit au vieux calvaire à Silenrieux, et une galerie de 9 tableaux dans la basilique de Walcourt datant de 1892-93.

Chapitre 12 : HABITAT ET URBANISME

 § 1.  L’évolution générale

Dès le néolithique, les hauteurs du territoire de Silenrieux furent habités (voir partie politique). L’habitat de l’époque était caractérisé par de grandes maisons rectangulaires en bois et en torchis avec des toits en chaume.

 Ces maisons servaient à accueillir une grande famille avec ses animaux domestiques, ses outils et les réserves de nourriture. L’habitat était surtout réparti sur les hauteurs, parfois dispersé, parfois concentré.

A partir de la tène (5ème siècle avant JC), les maisons de bois et torchis n’étaient plus construites avec des piles centrales, mais avec des parois porteuses.  Ce qui libérait l'espace central. Il reste des traces de foyer et d’habitation à la Marlière  (voir partie politique).  L’habitat se situait toujours sur les hauteurs.

A l’époque romaine, les villas étaient construites en dur (brique, pierre, mortier et tuile) suivant les matériaux sur place. Tous les habitats étaient concentrés autour de la villa ; mais des maisons en bois et torchis pouvaient subsister dans la campagne. Il est quasi certain qu’au moins une villa se soit construite sur le territoire de Silenrieux vu les différents cimetières trouvés (voir partie politique). On sait que beaucoup de villages actuels recouvrent les ruines d’habitats ruraux gallo-romains. Il est fort possible qu’une villa se soit installée au passage à gué de l’Eau d’Heure à Pas de la l’eau ou un peu plus haut sur les hauteurs de Nazareth. En général, les villas romaines furent détruites lors des invasions germaniques du 3ème siècle et ne furent jamais réédifiées.

Sous les mérovingiens, l’habitat sera quasi le même que chez les gaulois : grande maison rectangulaire de 6 à 7 mètres de long et de 3 à 4 mètres de large où on faisait tout. Par contre, on préférait habiter dans les vallées à proximité d’une rivière ou d’une source. Dans le cas d’un grand domaine appartenant à une abbaye comme c’était le cas de Silenrieux (Sileno rivo, domaine de l’abbaye de Lobbes), il y avait d’abord les bâtiments du seigneur : le bâtiment du maître, les étables, l’écurie, la grange, le cellier et les logis pour les serfs. Ceux-ci étaient fort probablement à Pas de la l’Eau. En effet, on pouvait distinguer sur une gouache de 1596 un bâtiment assez important à cet endroit.

Le lieu-dit « la place du seigneur » se trouvait aussi à Pas de la l’eau. Les anciens du début du 19ème siècle parlait aussi de cet endroit comme l’origine du village de Silenrieux. De plus, l’endroit correspondait au souhait des gens de l’époque : vallée bien protégée des vents dominants et proche d’un cours d’eau.

 De l’autre côté de la rivière où se trouve principalement le village actuel, s’installèrent les paysans avec leur habitat fait de bois, de torchis et de chaume. Sur les hauteurs du village, il est très probable qu'un habitat plus ancien persistait et formait ainsi des masures dispersées à l’origine des différents hameaux du village. De plus, l’abondance des cours d’eau et l’étendue des bois étaient favorables au développement de ces hameaux.

 

 

Le village avec le bâtiment principal du seigneur représenté à Pas de la l’eau

 

Chez les carolingiens, on adoptait le soubassement et le dé de moellons ou de plaquettes de pierre sans mortier de chaux qui isolait le pied des pans de bois et des poteaux internes. A côté des habitations, c’était le début des grangettes, étables, greniers, silos, ateliers, enclos à bestiaux, etc…

A partir de l’an mil, le centre du village prenait forme, les habitations des paysans du domaine se concentraient autour d’une église ; mais restaient à distance l’une de l’autre. Les noyaux ainsi formés étaient reliés par un réseau plus dense de chemins et sentiers. Les terres communes comme « les warichaix », « les trieux », séparaient les propriétés. Les maisons étaient toujours entourées de potagers, vergers, enclos pour animaux, etc.. On appelle l’ensemble un « courtil ». (Voir ci-dessus la gouache de 1596 qui montre bien cet aspect des choses).

Ces villages allaient grandir de l’an 1000 à 1250 sans porter préjudice à l’habitat dispersé en hameau.

Vers le 13èmesiècle, les maisons se séparaient en 2 parties : le logis avec 2 espaces parfois (une cuisine avec salle de séjour et une pièce de nuit pour dormir) et l’étable avec un enclos autour.

Au 16ème siècle, certains hameaux (aux Haies) allaient grossir grâce au travail des charbonniers, des éleveurs et des bûcherons ; mais ce sera aussi le résultat d’une politique de vente des biens communaux et du chapitre de Thuin à la fin du 16ème siècle et au début du 17ème siècle. En effet, la communauté de Silenrieux endettée par les guerres et le Chapitre de Thuin, seigneur et propriétaire allait vendre des pièces d’héritage le long de la Bellevallée. Ceux-ci prennent le nom de place. (Voir partie sur le quartier des Haies ci-dessous). D’autres hameaux se développèrent grâce à la proximité de la métallurgie (Battefer, Falemprise et Féronval).

Enfin, l’existence de grosses censes isolées complétait l’habitat très dispersé de Silenrieux. Ceci favorisait l’esprit individualiste et le développement de haies vives pour séparer les différentes propriétés.

Les premières habitations en dur (à part l’église) étaient les grosses fermes d’abbaye (Valentinoise, Bethléem, Maisoncelle, Paris), le moulin, le presbytère, la maison du seigneur et les usines métallurgiques. Leur construction en dur date probablement du 16ème siècle. En 1596, le presbytère, le moulin et la maison du seigneur étaient déjà en dur (voir la gouache de 1596).

Au sein du village, les plus anciennes maisons en pierres du pays datent du 17ème siècle. Elles sont réalisées en pierre calcaire ou en schiste brun. En fait, l’utilisation de la pierre se justifiait par sa robustesse et la disponibilité de pierre locale ainsi que par des règlements qui limitaient l’usage de bois.

La maison rurale la plus répandue était la maison élémentaire uni faîtière (un bâtiment, un seul toit) pour un paysan avec une autre activité ou pour un ouvrier du fer ou agricole. Si le paysan était plus aisé, la maison avait en plus une étable, un fenil ou une grange et une remise.

 

Les plus anciennes maisons en pierres de Silenrieux sont situées à :

Rue de Beaupont (après le pont) monogramme du Christ de 1661.

Nazareth n° 32 monogramme du Christ de 1670

Rue Royale n° 78 monogramme du Christ de 1695

Pas de la l’eau n° 12 monogramme du Christ de 1647.

 

 

Maisons du 17ème siècle

 

A cette époque, survivaient aussi des habitats sous forme de masures, de huttes ou d’abris précaires.

 

Voici un exemple de mobiliers présents dans une maison en 1684 à Silenrieux (hérédité mobilière de Jean Ernotte) :

Une garde robe, un coffre, 2 cercles de fer pur, une cuve de brassine, une petite cuve, une cuvelière avec quelques ustensiles servant à cercler les tonneaux, des courtines, un petit trépied de fer, un chaudron d’airain, un autre chaudron d’airain, une poêle d’airain, des fers à gaufre, un seau, une poêle à frire, une fourchette et une anse, un chandelier de cuivre et une dresse, 4 tailles de bois, 3 plats de porcelaine, 2 autres plats de porcelaine, des verres à boire, 3 verres à vin, petit entonnoir, un sommier, des assiettes de bois et un enseigne, 2 plats de terres, un panier, un pot, un petit chaudron de fer, un pot de terres et l’anse, 2 plats d’étain, 2 autres plats d’étain, 3 assiettes d’étain, une salière d’étain, une demi douzaine de cuillères d’étain, un cranillion de fer, une manne, une petite table, une hauroulle, une écuelle et une bouteille de verre, un bouc, un liège, une autre liège de paille, un petit coffre, une petite table une couverte, un lit de toile, une paire des méchantes linceuls, un urinoir, un vieil ustancorps, une mais, une hachette, 2 sacs, une paire de souliers vieux, un vieux chapeau, 2 poules, une herse et une fourche, des braisettes, du bois, une tonne, des perches de houblon, un autre petit fumier, des quilles avec la boule, un bac de bois, 2 liéges d’estain, une broche à sortir, une main de fer, une crampe de fer, une enseigne en fournisseur d’étoile, une tonne, une grosse table de bois, une gouge, un siège de bois, une autre siège de bois, une paire de chenet, un banc, un autre banc, une vidange au vin, un flacon de pierre, une sciolette, un rabot, un tamis, une hotte, 2 dolées de bois, une échelle, une molle du 7 fustaux pour servir au moulin, une glisse de bois, un blet de bois, des planches à faire, une cuve en nombre de 24, un chaudron de fer, un seau de fer, une demi tonne, un tonneau, un autre tonneau, une petite lanterne, une tonne, une autre tonne, un tonneau, une hotte, un entonnoir, un courbet, un boisseau de paille, un croc, un burin, une fourche, une corne à battre beurre, un bouc, une fourche de bois, un gril, une hanve, un porte feu, des tenailles, des canettes à boire.

 

Le 18ème siècle était une période de reconstruction massive dans nos campagnes (augmentation de la population). On augmentait l’espace par de nouveaux locaux selon les moyens de chacun ; cependant, les maisons restaient libres de voisins immédiats et étaient séparées par un potager, un verger et entourées de haies vives (très nombreuses à Silenrieux).

Souvent, on construisait des maisons bicellulaires en pierre : une cellule pour les hommes, une pour les animaux et les moissons + fenil au dessus de l’étable. (Avec 2 niveaux et 2 pièces en profondeurs).

Un document de transport de 1762 décrivait la maison de Félix Ganard à la Lauripette : « muraille en pierre, pavement à la cuisine, 2 châssis de pierre, plancher en bois, charpentes en bois, toit en ardoises ».

Les toits en ardoise étaient déjà répandus à Silenrieux dans la 2ème moitié du 18ème siècle (4 autres exemples le confirment).

En général, dans la maison paysanne du 18ème siècle, l’eau manquait ; le feu ouvert dégageait fumées et poussières ; la cuisine supportait une lourde densité d’occupation quasi-permanente ; les endroits où dormir entraînaient une fréquente promiscuité ; toutes les baies n’étaient pas largement vitrées ; les matériaux du sol étaient en terre battue ou mal pavés ; les parois étaient en torchis ; les plafonds étaient d’un entretien ardu ; les chambres étaient mal ventilées ; les interférences constantes avec les étables provoquaient des maladies ; on ne nettoyait que le dimanche ; les WC étaient au bout de l’étable où se trouvait la fosse à purin ; les greniers accueillaient les produits secs ou à faire sécher (pommes, fèves, pois, oignons, racines, noix, plantes aromatisées et médicales, les céréales) ; les caves tenaient lieu de frigidaire ; les toits en chaume étaient dangereux ; c’est pourquoi, les autorités visitaient l’état des cheminées et des fours régulièrement pour prévenir les incendies. La visite des cheminées et fours se prolongera jusqu’au 19ème siècle.

 

L’habitat de Silenrieux restait très dispersé ; seul, le village était concentré autour de l’église.

Selon la carte de Naudin de 1723, il y aurait 4 bâtiments à Gerlimpont, 3 bâtiments à la Valentinoise, 1 bâtiment à Maisoncelle, 4 bâtiments à Battefer, 3 bâtiments à la Pisselotte, 2 bâtiments à la Bierlée, plus ou moins 35 bâtiments au village (agglomérat trop serré pour être précis), 1 bâtiment à Bethléem, 7 bâtiments à Baileu, 2 bâtiments aux Violettes, 3 bâtiments au Try Paris, 1 bâtiment à Féronval, 1 bâtiment au Renifond et 16 bâtiments à Falemprise.

Selon la carte de Ferraris de 1771 à 1778, il y aurait 5 bâtiments à Gerlimpont, 6 bâtiments à la Valentinoise, 1 bâtiment à Maisoncelle, 7 bâtiments à Battefer, 3 bâtiments à la Pisselotte, 2 bâtiments à la Bierlée, Plus ou moins 65 bâtiments au village, 11 bâtiments à Falemprise, 2 bâtiments à Bethléem, 4 bâtiments à Gambor et Violette, 5 bâtiments à Baileu, 3 à Nazareth, 2 à Try Paris, 2 au Renifond, 2 à Féronval.


 

Voici quelques exemples de mobiliers que l’on trouvait à Silenrieux dans les maisons au 18ème siècle :

Exemple de meubles laissés par Pierre Jos Jacquart à ses enfants en 1749 :

Un habit complet de droguiste, un lit garni, 2 paires de bas, un coffre, 4 paires de drap de lit, 12 assiettes, une escoille, 2 plats d’étain, 6 cuillères, 6 fourchettes, 6 chaises, 4 chemises neuves, 12 serviettes, 3 essuies mains, un cranilier, une assiette volante, 6 mouchoirs de poche, chenet et tous autres ustensiles pour le fer, un bénitier, un crucifix, une lampe, un chandelier, une table, un miroir, un chaudron en cuivre, un seau, une marmite, un grille, un trépied, 6 tasses théière, une salière, 6 couteaux, 2 cannettes, un pot, 6 verres, 2 tonneaux cerclés de fer avec de la bonne bière, quelques bouteilles de bière, ses cravates.

 

Inventaire mobilier en 1756 de Marie Jos Cogneau :

A la cuisine : armoire avec pain, beurre, viande et œufs, 2 barres, un porte main, 11 chaises, une table, un chaudron en fer, une marmite de fer, un pot, ½ pot de pierre, un poêlon, une lanterne, un entonnoir, un moulin à filer, 2 tasses, soutasses, une canette, un goblet, une carafe de ver, un coteau de table, 4 fourchettes de fer, un crasset, une crémaillère, une paire de chenet, une poêle à frire, une potière, 3 barres de fers avec leurs havets, un trépieds, une fourchette, 2 porte feu, un soufflet, une épince, un gril, une râpe de muscade, un pot à mettre tabac, un seau.

A la petite chambre : une crampe, une fourche, 2 tamis, une trappe à souris.

A la chambre où est le four : une maye à pétrir, 2 bancs, une tonne et un migna, un sac à farine, un chenet, une fournaise.

Dans le vestibule : 3 chaudrons de fer avec des cendres, une civière, un bâtit.

Dans la cave : une tonne, une demi tonne vide, 2 pots de pierre, une sevene ?

Dans la petite chambre haute : un muid d’épeautre, un quartier à mesurer.

Chambre au-dessus cuisine : une paire de chenet, un matelas, 2 couverts, 2 oreillers, un sac, 5 paires de draps de lit, 4 pairs, 14 serviettes, 4 râpes, 3 essuies mains, 12 chemises, 3 coiffures, 3 mouchoirs, une gorge lette, un gant, une pièce de serviette, une robe, une jupe, un tablier, une robe, 2 jupes, une robelle, un mantelet, un capret, 2 failles.

En cuisine : une bassinoire, un chaudron d’airain, une herminette, 2 chandeliers en étain, 3 grands plats, 9 autres plats moyens, 13 assiettes, 2 tailles, une théière, une écuelle, 2 salières, 6 cuillères, une potée, et un demi pot, un coffre avec 2 panneaux et des pieds, un coussin à coudre avec 3 pièces de filets et un peu de lin, un tonneau, un petit livre de prière.

A la maison dite de la forgette : au grenier : une corde de bois à brûler, à l’étable : une voiture de fagots, un petit tonneau coupé avec de la chaux.

 

Exemple de meubles mis aux enchères en 1772 par Anne Marie Dupuis lette Paul Jonniaux

Dans la cuisine : un travail, une crémaillère, une paire de chenets, un devant le feu, un gril, un trépied, une cuvette de fer, un porte feu, une louche de fer blanc, une fauchette et un soufflet de fer, une anse à pot et une barre de fer à crochet, un bénitier de poterie, un brocoli de fer blanc, 8 fourchettes de fer, une main de fer, une barre à 3 boules, 7 chaises, 2 tables, un miroir, 2 seaux, une marmite de fer, un chaudron de fer, un bruy, un pot à beurre, une cruche, un demi pot de pierre, 3 plats de terre, un quenet, une canette, une chaufette de terre, une louche de bois, une lampe de fer blanc, 2 bouteilles de verre, une brosse, 4 corniches avec 13 assiettes d’étain, et un petit plat d’étain, 3 plats et 3 assiettes de faïence, une poêle de fer, une toile, une écuelle avec un couvercle, une théière d’étain, un porte essuie noir, 4 plats d’étain, 2 assiettes de faïence, une salière de faïence, une salière d’étain, 6 cuillères d’étains, une armoire avec 2 portes et 2 tiroirs, 8 chemises de femme, 3 serviettes, 2 paires de bas de fillettes, 7 livres de files de chanvre, des ciseaux, une poche avec 3 liards de France, un dé, un étui avec des aiguilles, des filets avec une pièce d’étoffe, un petit morceau de toile, une sandronette, une bonnette, une coiffe et un bonnet de toile, une taille, un mantelet de coton, une jupe, une capotine de droguet de Paris, une capotine d’étamine, une jupe de calmante, une jupe de dames de Londres, une capotine et une jupe noire, une capotine d’Alençon, une capotine de toile de Rouen, une jupe de cotonette, le devant d’une veste de damas, un tablier de toile de Silésie, un tablier de coton de France, un tablier de toile de Silésie, un tablier de coton blanc avec fleurs, une boite de carton, une hachette avec quelques pièces d’Alençon, une boite de bacs avec 26 pièces de coiffure, une boite de carton avec 2 mouchoirs de mousseline à ligne, un mouchoir, une paire de gants, une pièce d’étoffe, gants de peau, une croix d’or, un anneau ou bague d’or, des boucles d’argent, une bague d’argent, un bloc, une hache, une louche, 2 paniers, des épinces, des potières, un coffre, des pièces d’étoffes, un grand coussin à coudre, un fuseau avec du fil à coudre, une petite barre, une petite armoire, dans la muraille, une boite à poivre, une petite bouteille de pierre avec de l’eau des St fonds, un bois de lit avec un rideau, une paillasse, une couverture, une courte pointe, un traversin de coutil, un petit coussin, un courbet.

Dans la petite chambre où est le fournil tenant à la cuisine : 6 draps de lit, 6 chemises sales, une râpe, 3 serviettes, 17 coiffes sales, 2 mouchoirs de coton, un mantelet sale, 3 sandrinettes, un honet sale, 2 pièces de toile sale, un sac de farine, 2 essuies mains, un tablier gris, 4 vieilles jupes, une paire de bas de laine, 2 corps de jupe, une paire de soulier, une paire de pantoufle, un quartier et demi de farine, un tonneau à bière, une demi tonne, 2 tamis.

Dans la cave une petite poêle à frire, une raspe, une demi tonne vide, un pot de beurre, une mauvaise cartille.

Dans le grenier : 7 à 8 fagots, un cour de bois à brûler, ¾ de cordes de bois à brûler avec 40 fagots au coin de la maison, un coq, 2 poules, 4 poulettes, une aulne à mesurer toile et étoffe.

 

Au 19ème siècle, la population augmentait toujours et les nouvelles constructions commençaient à se coller aux habitations existantes (c’est le début de la mitoyenneté). L’espace et les pièces s’agrandissaient. Les commodités et l’hygiène s’amélioraient. Les fenêtres grandissaient pour plus de lumière. Les murs furent chaulés en blanc pour lutter contre les épidémies. La brique s’imposait et le sol se couvrait de terre cuite ou de pierre bleue. L’ardoise était en concurrence avec la tuile surtout après 1850.

La ferme tricellulaire (grange, étable et logis) apparaissait avec la grange en saillie ou en prolongement du bâtiment.

 

 

Les habitations étaient souvent rehaussées ou allongées par des ajouts latéraux ; les pièces se spécialisaient et le nombre de chambres augmentait. Mais elles n’étaient toujours pas bien aérées.

 

Habitation rehaussée

 

Le rapport cadastral de 1829 décrivait certains aspects de l’habitat du village :

Les maisons étaient en général occupées par leur propriétaire (seulement 10 maisons louées).

La seule maison de maître se trouvait à Falemprise et appartenait au propriétaire des fourneaux Mr de Cartier. Elle était assez vaste et solidement bâtie avec toit en ardoises. Elle fut démolie pour la construction des barrages.

 

 

La maison du propriétaire des usines de Falemprise (© IRPA)

 

Une autre maison classée aussi en 1ère classe se trouvait sur la grand route au croisement avec le chemin de Walcourt, propre à une auberge, composée de 7 places au rez de chaussée et 7 à l’étage. Bâtie en pierre, couverte d’ardoises, elle appartenait à François Duclos le percepteur (n° de cadastre e258).

En 2ème classe, il y avait 2 maisons en pierre avec toit en ardoises situées au centre du village ; elles se composaient de 6 pièces au rez de chaussée. L’une se trouvait en face de l’église actuelle et appartenait à Mr Courtois et l’autre à côté de l’auberge ci-dessus ( n° de cadastre e295 et e260).

 

 

La maison en face de l’église

 

En 3ème classe, il y avait 5 maisons en pierre couvertes d’ardoises situées au centre du village ; elles étaient moins spacieuses, mais confortables (n° cadastral e250, e256, e349, e483 et ?) (e250 = ancien EPC.

 

 

 Ancien EPC (e250)

 

 

 

Au Strampia (e483)

 

En 4ème classe (idem que classe 3 mais toit en chaume), il y avait la ferme de Battefer (n° cadastre b100) et 4 maisons au village (n° de cadastre e343, e342, e340 et ?).

En 5ème et 6ème classes, les maisons étaient en pierre et couvertes de chaume. Elles étaient composées de 2 et 3 pièces au rez-de-chaussée. Elles étaient en assez bon état. Il y en avait 2 à la Valentinoise (n° de cadastre a65 et a67, le corps de logis de la Bierlée (n° de cadastre b220), le corps de logis de Bethléem (n° de cadastre b236), 2 à Falemprise : la brasserie Deloge et l’ancienne cense de Falemprise (n° de cadastre d59 et d37) et 13 maisons au village.

En 7ème et 8ème classes, il s’agissait de maisons en pierre avec toit de chaume de petits cultivateurs et d’artisans composées de 2 pièces au rez et une à l’étage. Il y en avait 2 à la Valentinoise, 3 à Gerlimpont, 11 aux Haies, 12 à Falemprise et 56 au village.

 

la ferme de Battefer (n° cadastre b100)

 

En 9ème et 10ème classes, il s’agissait des maisons de journaliers et d’indigents qui n’avaient qu’une porte et fenêtre pas toujours en bon état. Il y en avait 5 à Gerlimpont, 9 aux Haies, 6 à Falemprise, 50 au village.

Une enquête statistique de 1846 nous apprend que 169 maisons étaient sans étage et 57 avec un étage. Il y avait encore 13 habitations d’une pièce par famille, 117 de 2 pièces et 99 de 3 ou plus.

 

 

Exemple de maison de quatrième classe

 

Au 20ème siècle, la répartition de l’habitat entre le village et les écarts ne changea pas beaucoup (voir le détail ci-dessous).

L'habitat était à 40 % des habitations agricoles peu importantes (logement, grange, écurie, porcherie, poulailler, hangar et remise), à 50 % des habitations ouvrières ou d’employés (logements de 2 ou 3 places au rez de chaussée et idem à l’étage avec remise et jardin), et à 10 % pour rentiers, petits industriels et artisans.

Les changements étaient surtout caractérisés par une élévation plus importante des maisons : en 1947, 26 maisons sans étage, 225 avec un étage, 24 avec 2 étages et 1 avec 3 étages.

Après la 2ème guerre, on vit aussi le confort des habitations s’améliorer très rapidement (voir partie énergie, hygiène et qualité de vie ci-dessous).

 Le nombre de pièces et leur superficie augmentent : en 1991, il y avait 3 logements d’une pièce, 13 de 2 pièces, 37 de 3 pièces, 76 de 4 pièces, 55 de 5 pièces, 58 de 6 pièces, 25 de 7 pièces et 13 de 8 pièces et plus.

Les pièces se spécialisent aussi : en 1991, 223 habitations sur 280 ont une salle de séjour, 125 une salle à manger, 91 un salon, 192 ont 3 à 5 chambres à coucher et 81 ont une autre pièce. 

Les fenêtres s’agrandissent pour favoriser la vue et pour recevoir plus de lumière. 

Les nouvelles constructions se singularisent en se différenciant à la fin du 20ème siècle pour offrir un paysage urbanistique plus varié que dans le passé ;  les murs sont surtout en béton, en brique, parfois en pierre et la toiture, en tuiles, éternits ou ardoises.

 

 

exemple de nouvelle habitation

 

Un autre phénomène apparut, après la 2ème guerre ; ce fut l’édification de garages pour voiture. Il y en avait 19 en 1947, 63 en 1961, 103 en 1968, 193 en 1991.

A partir des années 60, un nouveau type d’habitation faisait son apparition. Ce fut les secondes résidences. Il y en avait 20 en 1961, 23 en 1970.

 

 

§ 2.    La répartition : le village, les hameaux et censes

 

(Voir annexe 3 : carte sur les hameaux et censes).

  

1. La cense de Bethléem

 

Le lieu-dit date probablement du temps des croisades quand les seigneurs de Walcourt, avoué de Silenrieux en revinrent au 13ème siècle (voir toponymie). Cependant la cense a été construite juste après 1534, l’année où l’abbé Jean Rosa du Jardinet acheta 2 habitations, des terres et prés avec lesquelles il construisit la ferme de Bethléem.

Il y fit construire une grange pour les convers y travailler. Mais, en 1556, l’abbé Martin Le Juste du Jardinet vendit en arrentement la ferme de Bethléem (« maison, grange, étables, jardins, prés, terres labourables et sauvages et toutes les héréditabilités d’icelle ») à Martin de Bayard, écuyer, seigneur de Gontan et son épouse Jeanne de Gauty pour une rente annuelle de 50 livres rédimible (rachetable) au denier 20. (Il avait la possibilité de racheter la rente s’il payait 1000 florins). Il paya une avance de 200 florins et le 24 juillet 1571, Martin de Bayard racheta la rente en versant la somme de 800 florins restant. Cette somme était destinée au Jardinet pour construire 2 nouveaux moulins, l’un à Silenrieux et l’autre dans leur monastère.

 

En 1619, Juan de Valdes marié à Catherine de Bayard hérita de la cense de Bethléem.

Par la suite, Jean de Robaulx, seigneur de Daussois acheta la cense. Il en fut le propriétaire d’au moins 1640 à 1655 ; par la suite, ce fut Charles de Robaulx, son fils qui en hérita en 1655 avec toutes les dettes accumulées par son père.

En 1657, la cour de Silenrieux fait saisir les biens du seigneur de Daussois Charles de Robaulx qui fera, en vain, appel aux échevins de Liège. Finalement, ce fut Charles Le Rond qui acquittera les dettes pour reprendre la cense à son profit.

Ce serait en 1687 que Charles Le Rond construisit la grange.

La cense de Galilée serait aussi reprise par Charles Le Rond vers 1686 et intégrée à celle de Bethléem.

Après le mariage d’Adrienne Le Rond, fille de Charles Le Rond, avec Nicolas François Rousse le 22 août 1693, on retrouve celui-ci comme gestionnaire de la cense au nom des héritiers de Charles Le Rond.

En 1702, il se plaint de son voisin André Masset d’avoir coupé des haies vives autour de l’héritage de la Galilée annexée à la cense de Bethléem car un record de 1644 déclare que toute haie qui entoure Galilée est partie prenante à cet héritage. Au plaid (assemblée publique des bourgeois) du 9 janvier 1702, la communauté de Silenrieux paie dommage et intérêt à Mr Rousse pour avoir pris ses regains et on fait la promesse de ne plus troubler celui-ci dans sa paisible possession du pré dit « le long pré ». Le partage des biens de Charles Le Rond aura seulement lieu le 27 sept. 1719. Nicolas François Rousse, veuf d’Adrienne Le Rond et Charles François Rousse (son fils) héritent de la cense de Bethléem (8/11 de la valeur) et des biens de Galilée (3/11 de la valeur). Charles François Rousse devient propriétaire et son père Nicolas usufruitier (il l’était déjà bien avant la date du partage car il jouissait déjà des biens de la cense de Bethléem).

Au milieu du 18ème siècle, Marie Catherine Le Rond, épouse de Nicolas Wolf, avait acquis la cense de Bethléem des cohéritiers de Charles François Rousse peu intéressés par celle-ci.

En 1762, elle lègue à son frère Hiacinthe Le Rond pour les enfants Anne Marie Florence, Catherine et Charles Octave Le Rond la cense de Bethléem. Les 3 enfants la garderont en indivision : Anne Marie Florence s’était mariée à l’avocat Antoine Brogniez, Catherine Le Rond au seigneur d’Erquennes Maximilien Octave Joseph Desmanet et Charles Octave Le Rond de bois Jacques était devenu haut voué de Silenrieux.

A cette époque, la cense comprenait une maison, des étables, des terres, des prairies, une bergerie, des écuries. Il y avait assolement triennal (appelé blanc grain, marsage (semaille de mars) et gisière).

Après le décès d’Antoine Brogniez déjà veuf de Anne Marie Florence, celui de Charles Le Rond en 1773 et de Maximilien Octave Desmanet d’Erquennes en 1784, seule Catherine Le Rond s’occupa de gérer la cense. Elle décéda en 1795. Ses 2 enfants, Philippe Joseph Eugène (dit Eugène) et Octave Célestin Desmanet héritèrent.

 

La grange disparue de Béthléem 

C’est le 25 mars 1802 que la cense de Bethléem (prairies, terres et prés pour 78 bonniers et 113 verges) fut acquise par Eugène Desmanet d’Erquennes (un des 2 enfants de Catherine Le Rond). Celui-ci décéda en 1829 et son épouse Virginie Maghe s’occupera de la cense jusqu’à son décès en 1843. Les enfants héritèrent de celle-ci ; Louis François Florent (dit Louis) Desmanet d’Erquennes aura l’usufruit et Anne Marie Sophie Eugène Desmanet mariée à François de Haussy (décédé en 1869) aura la nue propriété (ils n’ont pas d’enfants). Louis Desmanet d’Erquennes décède en 1870 et sa fille Marie Louise Pauline Desmanet hérite de la cense le 4 février 1871. Elle la gardera jusqu’à son décès en 1898 (à ce moment, la cense possède 63.26 hectares).

A partir de cette date, elle quitte la famille Desmanet et est vendue le 19 janvier 1898 à Léandre Meunier Petit (sabotier et marchand de bois). Il décède en 1900. Son épouse hérite et la garde pour son fils Aimé Meunier qui en devient propriétaire en 1919. Ce dernier décède en 1938. Elle sera acquise par les frères Dupuis jusqu’en 1952 ; ensuite par Bedoret qui la vendra par étape à la famille Daneels jusqu’en 1990. La grange du 17ème sera détruite en 1990 et remplacée par un hangar moderne.

Les censiers (locataires) :

En 1566 : Materne Chauveau.

En 1604 : Charles Bouillez.

De 1619 à 1637 : Nicolas Du Puiche.

En 1640 : François Masset.

De 1661 à 1671 : Georges Henry.

De 1685 à 1693 : Nicolas Derenne.


 

En 1693 passée des meubles du censier de Bethléem : 2 canailles noires, 2 canailles grises, une hongre rouge, un cheval, 2 vaches rouges, une vache blanche, une vache rouge blanche, une vache noire blanche, une vache noire, 2 génisses noires, une génisse rouge, une gâte, un veau, une petite génisse rouge, un petit poulain, 8 bêtes à laine, un petit bélier brun, une petite génisse, un chariot avec échelles, 4 chaudrons, une lettrine, un morceau de toile, une traversière, les fers à gaufre et les postilles, 13 tailles de bois, 2 liens de fer, 2 courbets, une large hache, une plane, 3 terreres, un fer à polir, une fournoi(r)e de fer, un verre, 2 couverts de pot, une escumette et un anse, 6 assiettes d’étain, 9 autres assiettes, 11 plats, 6 cuillères d’étain, 2 hachettes, des balances, une scie, une hache, 2 poulies, un lit, un coffre, une enseigne, 2 squinons, 3 tailles, un entonnoir de blanc fer, un seau, 2 tamis, une poêle d’airain, des filets de chanvre, des filets d’estouppe, une marmite de fer, un corps de jupe de petite valeur avec un tablier, une nappe, 4 paires de draps, 12 serviettes, un drap de maison, un vasseau, 25 coiffes, 6 bougies, 2 mouchoirs, 4 bonnets, une écuelle d’étain, un tonneau, une estamine, une paire des souliers, une paire de souliers de femme, « des efforches », 3 colliers, un tablier de cordon bleu, un bénitier d’étain, une salière d’étain, un moutardier, 12 cuillères d’étain, 3 autres cuillères, un gobelet d’argent, « un buye », 2 petites pièces de cuivre, une grille, une lampe de fer, une poêle, une hachette, un vasseau, 4 morceaux de cordes, 3 lameaux et 3 peintures, une gouge, un tonneau à « buée », une hotte, différentes pièces de ferraillerie, 2 sièges couverts de pailles, 7 tonnes, un râtelier, 7 livres d’estompes, 3 livres et demi de filets d’estompe, 2 planches, le vieux chariot.

 

En 1732 : Jean Meunier.

De 1733 à 1742 : Jean François Liévain et Nicolas Deveaux garde des bêtes.

De 1743 à 1752 : Henry Dasset.

De 1753 à 1770 : Jean François Bouillot.

De 1770 à 1788 : Philippe Hoselet.

Les conditions du bail pour le censier en 1780 : entretenir les jardins, prairies et les renclore de haies vives comme elles sont ; laisser à la sortie les prés et prairies dans leur état ; enlever les épines ; nettoyer les arbres fruitiers ; consommer les pailles et regains en graines et fumiers ; payer les tailles, cens et rentes (52 florins de rente à Mr de la motte, 5 setiers d’épeautre et un quartier d’avoine à l’abbaye de Florennes ; bien labourer et entretenir les chemins et fossés ; tous les 3 ans, 2 journées de chaux de 3 charées de charbons chaque journée ; entretenir les bâtiments et les toits d’ardoises et de paille ; les logements et les charriages étaient à charge du fermier (nombreux en période de guerre) ; 4 corvées par an avec 6 chevaux attelés à son chariot sur l’ordre des seigneurs rendeurs.

Pour avoir le bail, il doit payer chaque année 125 couronnes de France et pour pot de vins du présent bail 30 louis d’or.

De 1788 à 1817 : Lambert Durbecq.

De 1817 à 1834 : François Durbecq.

De 1834 à 1880 : François Leroy avec Auguste Leroy.

De 1880 à 1899 : Augustin Gislain.

De 1899 à 1908 : Joseph Jaumin.

De 1908 à 1917 : Eugène Renard.

De 1917 à 1926 : Vve Marcellin Coibion et son fils Joseph Coibion.

De 1926 à 1935 : Félicien Delcorps.

De 1935 à 1960 : Armand Paquet.

De 1960 à  ….. : De Wilde, puis Daneels (locataire, puis propriétaire).

 

 

2. La cense de Bellevallée

 

(Attestée en 1585), puis de Galilée (citée en 1644) dans la vallée du Ry Gayot.

Au 16ème siècle, elle appartenait à la famille Moreau : de 1491 à 1525, Antoine Moreau ; de 1525 à 1553, Jehan Moreau ; de 1554 à 1579, Bastin Moreau.

En 1585, la cense de Bellevallée appartenait toujours à la famille Moreau.

Au début du 17ème siècle, la communauté et le Chapitre de Thuin vendaient à des particuliers des propriétés de Bellevallée qu’elle nommait « place ». En 1608, Jean Gailloz (receveur du Jardinet) établissait une brassine à un endroit appelé « place Gailloz ». Le 9 septembre 1638, Jean Gailloz vendit aussi une maison, grange, cellulaire, étable, courtil, jardin, trieux, haies, bocages et héritages au doyen Jean de la Croix, curé de Silenrieux. On disait aussi que Marchis Ernotte était son censier et que l’emplacement s’appelait « la place Gailloz ». Il était donc probable que la cense de Bellevallée était devenue la cense vendue par Jean Gailloz au curé du village (le nom du Ry Gayot vient aussi de ce nom). En 1644, on parlait de la cense de Galilée ; en effet, la Galilée est un lieu dit qui se trouvait dans la Bellevallée. En 1661, l’héritage du curé Jean de la Croix parvenait aux pères oratoriens de Thuin. De 1662 à 1664, les pères oratoriens louaient les héritages de Galilée à Gile Le Clercq pour lui et pour Bartholomé, Pierre et Jean Wauthy.

En 1664, ceux–ci avaient vendu toutes les terres de Jean de la Croix sauf Galilée. Il était fort probable que la cense prenait alors définitivement le nom de cense de Galilée. C’est vraisemblablement vers 1686 que les pères se « dévestirent » (déposséder) du presbytère et des biens de Silenrieux dont la cense de Galilée qui fut ainsi annexée à celle de Bethléem. (voir ci-dessous).

Elle se trouvait entre Nazareth, Baileu et Beaupont (probablement au restaurant Cheung).

 

 

La cense de Galilée

 

Les censiers :

En 1615 : Guillaume de Haynault (censier de Bellevallée).

 

3. Le hameau et la ferme de Nazareth

 

(Citée en 1722).

L’origine du nom est lié à Bethléem et viendrait des croisades (voir la toponymie). La ferme de Nazareth se trouvait probablement chez Guy Wauthelet et comprenait une bergerie.

Elle appartenait à la famille Masset au 18ème siècle. Le quartier de Nazareth comprenait déjà 3 habitations au 18ème siècle. Il en compte aujourd’hui 25 dont 11 construites de 1975 à 2000.

 

 

 

 

La cense de Nazareth

 

 

Carte de Ferraris de 1771-78 (Avec les maisons de Jérusalem, la cense de Bethléem et

la cense de Nazareth)

 

 

Plan cadastral et date de la première construction

 

 

4. Les maisons de Jérusalem

 

L’origine du nom est lié à Bethléem et vient probablement des croisades (voir toponymie).

Les maisons de Jérusalem se trouvaient entre Bethléem et la Galilée. En 1830, elles appartenaient à Philippe Lambotte, bourrelier et à Jacques Robert, cultivateur. Elles ont été démolies en 1933.


 

5. La Valentinoise 

 

Cet endroit fut vers la fin du 15ème siècle ou au début du 16ème siècle par l’abbaye du Jardinet pour en faire une cense rentable et importante. Elle avait sa propre dîme indépendante de celle du village.

Valens, valentis en latin veut dire « fort, vigoureux, influent, puissant » ; c’est probablement l’objectif que les moines du Jardinet voulaient atteindre pour cette cense (« la forte, la vigoureuse, l’influente »).

 

 

Le hameau de la Valentinoise

 

Au 16ème siècle, la cense existe déjà et appartient à l’abbaye du Jardinet. En 1589, elle fut brûlée par les hommes de guerre. A la fin du 16ème siècle, Englebert De Treigne, meunier et laboureur a acquis du Jardinet par arrentement la cense, c’est-à-dire la maison, les prés, les terres, les bois, les trieux et les haies. Une autre part de la cense fut vendue à la famille Joniaux (ou Jonneau).

En 1602, Englebert lègue par testament celle-ci à Amand De Treigne. Le 13 janvier 1615, Amand De Treigne, meunier de Silenrieux vend à son beau-frère Jacques Baisir sa part de la maison, grange, étables, prés, terres, trieux, haies et dépendances de la cense de la Valentinoise. (Une autre part est à la famille Joniaux ; en 1737, Jean-Joseph Joniaux est cité comme propriétaire d’une ferme à la Valentinoise. (Né le 23/03/1677, fils de Nicolas Joniaux et Marie Gobert). Il eut un seul fils, Philippe Joseph Joniaux né le 29/08/1715).

En 1637, la cense appartient à Nicolas Baisir marié à Ursule Masset.

Ensuite, on retrouve la cense en possession de Marie Pauline Baisir, fille de Nicolas Baisir née le 22 juin 1658 et mariée à Jean Roland.

Le 5 novembre 1733, la cense est partagée entre les enfants Roland. C’est Marie Joseph Roland mariée à François Du Bois (marchand à Gerpinnes) qui héritera de celle-ci.

En 1739, François Du Bois vend la cense avec les dîmes à Mr Jean Wéry de Gerpinnes.

Les charges de la cense sont : 19 florins de rente pour le Jardinet rédimible relativement au rendage fait par devant la cour de Silenrieux le 13 mars 1651, 30 florins de rente au Jardinet prise en plus et dont le restant se paie par la Vve Joniaux et consors (autre propriétaire à la Valentinoise), 15 livres de beurre au Jardinet, 3 florins de rente à l’église de Silenrieux et à différentes personnes 2 muids d’épeautre et 3 écus en argent de rente.

En 1754, on retrouve comme propriétaire Jean-François Wéry, fils de Jean Wéry, prêtre et chanoine de Mousty à Gerpinnes et Philippe Joseph Jonniaux (fils de Jean Joseph Joniaux).

Le 26 mai 1763, Jean-François Wéry vend en arrentement la cense pour 290 florins de rente à Hubert Dieudonné Raucroy, déjà censier et propriétaire de Battefer. Elle contient une maison, des étables, une grange, un jardin, des pachis, des prés, des terres et des trieux pour 47 bonniers 111 verges et des bois pour 4 bonniers 512 verges. En plus, il acquiert aussi une partie de la dîme de la Valentinoise (voir partie religieuse).

 

 

 

Plan cadastral et date de la première construction

 

Les rentes, cens et charges de la cense sont :

- à l’église de Silenrieux 3 florins 10 patars,

- à la recette du Chapitre de Thuin 2 florins 17 patars 6 deniers à St Jean Baptiste et 16 patars à Noël,

- au chapitre de Walcourt 13 vassaux d’épeautre,

- à l’abbaye du Jardinet 17,5 livres de beurre et 36 florins 7 patars 8 deniers,

- à l’abbaye du Jardinet 7 patars dus à la recette de Denin en Pry de cens.

-           la nouvelle rente pour J-F Wéry commence le 1 mai 1764.

En 1767, Hubert Dieudonné Raucroix et Mr Joniaux font une convention pour l’usage commun de la cour entre leurs bâtiments. Le droit de passage des chariots est autorisé.

Mr Hubert Dieudonné Raucroy est marié à Marguerite Massart qui gérera la cense à la fin du 18ème siècle après le décès de son mari.

Le 8 juin 1819, Hubert Raucroy (fils) de Vierves vend une ferme à la Valentinoise (bâtiment, jardin, verger, terres, prés, bois et trieux) pour 58 Ha à Norbert François Cortemback cultivateur à Fraire.

En 1834, il y avait surtout 2 propriétaires à la Valentinoise, Mr Joseph Gilliaux de Gilly et Nicolas Joniaux. Il y avait une troisième petite habitation à la Vve François Wilmet.

Aujourd’hui, il y a 6 habitations sur l’ancien bâti déjà présent en 1771 et 11 nouvelles construites à la fin du 20ème siècle le long de la côte de la Valentinoise.

 

Les censiers :

En 1569 : Guillaume De Gozée.

En 1589 : Quentin Halbecq.

De 1733 à 1735 : Martin Darche.

De 1735 à 1744 : André Nicolas Petit.

De 1745 à 1763 : Joseph Longfils.

Exemple de bail de la cense de la Valentinoise entre Mr Wéry et Joseph Longfils le 14 août 1754.

Les conditions du bail :

1. bien labourer et cultiver les terres en donnant 3 royes au blanc grain et ce qu’il convient au marsage et pas laisser de terre en friche.

2. Materner et boussiner les prairies, détruire les ronces et épines, les renclore et laisser à leur sortie les prairies sans être mangées, pâturées ni fauchées.

3. Préserver les terres des mauvais cavements d’eau et relever les fossés où il conviendra.

4. Il ne pourra vendre ni foins, ni pailles de la cense mais les convertir en fumier pour être employées sur les terres sans pouvoir en fumer une 2 fois sans qu’elles ne l’aient été toutes une fois.

5. Il devra décharger la cense des cens et menues rentes pour chaque année.

6. Il paiera toutes tailles, rations, contributions, logements des gens de guerre et autres impositions.

7. Laisser les terres comme à leur entrée.

8. Les haies qui servent de renclosement le long des héritages ; on pourra les couper toutes une fois pendant les 9 ans sans pouvoir les dégrader et ne pourra faire paître ses bestiaux dans les tailles des bois dépendants de la cense que suivant les règlements des Princes de Liège.

9. Il devra fournir toutes les pailles de seigle nécessaires pour l’entretien des couvertures des bâtiments de la cense et faire réparations aux bâtiments.

10. Il sera mis de part et d’autre chacun manouvrier pour la maison desquels le gagnage se prendra sur la dépouille en commun (propriétaire + locataire).

11. Il devra payer les rentes en argent et leur dû à l’abbaye du Jardinet.

12. Quant à la rente en grains due au chapitre de Walcourt, elle se prendra sur la dépouille en commun.

13. En cas où le rendeur voudrait y tenir un troupeau de moutons, les ronds grains se partageront en gerbes, et il sera obligé de les loger avec le berger et son chien et de les nourrir.

14. Obligation de faire 3 fournées de chaux, 4 charrées de charbon, chaque an, dont le prix du charbon, droit, vinage, façon et chaussiage seront à charge du rendeur (loueur).

15. S’il trouve bon de mettre du marle sur les terres, l’achat se fera à ses frais.

16. Il ne pourra charrier, ni voiturier pour qui que ce soit.

17. Le fermier devra avoir assez de chevaux et de bœufs pour l’attelage.

18. Il devra mettre les trieux en labour pour les semencer des grains et marsages.

En 1779-1780 : Jacques Dutronc.

En 1787 : Sébastien Bellot.

 

 

6. Taulé

 

Au lieu dit les Bourguignons (2 habitations renseignées sur une carte fin 17ème siècle).

 

Sur la carte de Frix en 1743, 2 habitations y étaient aussi renseignées. Récemment, on pouvait encore y voir à cet endroit un ancien puits.

 

 

Taulé

 

 

7. Le hameau et la cense de Battefer

 

(Citée en 1605). (Voir aussi le moulin, la forge et les fourneaux de Battefer dans la partie économique).

 

 

 Le Hameau de Battefer

 

Ce lieu-dit tire évidemment son nom de l’exploitation du fer.

En ce qui concerne la cense, elle fut certainement construite en parallèle avec l’industrie locale qui s’y développa car on avait besoin de chevaux et d’attelage pour les transports du fer et le moulin était aussi une source de nourriture pour les bêtes.

 

 

La cense de Battefer

 

Au début du 17ème siècle, elle appartenait à Thiry Del Neffe de Walcourt. Il est cité en 1639. En 1651, Jean Del Neffe (fils de Thiry) loue à bail la cense de Battefer.

En 1669, Jacques, François, Marguerite Delneffe et leur sœur Catherine remettent en arrentement à Jacques Massart leur cense de Battefer.

En 1721, Robert Delneffe, fils unique de Jacques Delneffe, vend par arrentement la cense au profit de Jean Massart, déjà censier de celle-ci. Il s’agissait de maison, bâtiment, écurie, bergerie, grange, jardin, prairies, terres et haies.

Le 10 décembre 1748, les héritiers de Jean Massart et de Marguerite Ernotte vendent les biens au sieur Hubert Dieudonné Raucroix (acte le 11 janvier 1751).

Hubert Raucroy (fils) décède à Vierves le 2 septembre 1821 et remet la cense de Battefer à Cyprien Raucroix de Florennes et Sophie Raucroix de Vierves (Elle possède 64.5 bonniers).

En 1847, elle passe par héritage à Joseph Pacot-Raucroix, notaire à Olloy ; puis, en 1887, par héritage, de la Vve Pacot-Raucroix à Pacot Vve Calixte, rentière en France. En 1893, la Vve Calixte-Pacot la vend à Justin Ernotte pour 2/3 et à Adelin Ernotte pour 1/3. En 1909, Adelin Ernotte remet sa part à Justin Ernotte. En 1917, la ferme comprenait encore 60.75 hectares. Elle appartiendra à la Vve Justin Ernotte, puis à ses enfants qui la revendront à Arsène Latte vers 1946. Par succession, elle appartient aujourd’hui à Jean Latte son fils.

Aux 18ème et 19ème siècles, il y avait à Battefer une cense, un moulin (devenu logis de la cense), une forge (devenu moulin au 19ème) et un fourneau. Le hameau se développa à la fin du 20ème siècle le long du chemin des villas par la construction de 12 nouvelles habitations.

 

 

Le plan cadastral et date de la première construction

 

Les censiers :

De 1630 à 1636 : Jean Joneau.

En 1651 : Jean Anseau.

En 1669 : Jacques Massart.

De 1716 à 1724 : Jean Massart.

De 1751 à 1763 : Hubert Raucroy (voiturier pour le fer).

De 1766 à 1774 : Pierre Ernotte.

En 1775 : Jean Joseph Thomas.

De 1790 à 180 ? : Maudoux.

De 180 ? à 185 ? : Pierre Simon.

De 185 ? à 1873 : Lambert Heine.

De 1873 à 1896 : Louis Heine.

De 1898 à 1912 : Jean Baptiste Ernotte.

De 1912 à 1918 : Gustave Delwart.

De 1918 à 1933 : Léon Delwart.

De 1933 à 1942 : Camille Sorée.

De 1942 à 1970 : Arsène Latte avec Léopold Latte.

De 1970 à 1992 : Joseph Feryn (dernier censier de Falemprise).

De 1992 à 2000 : Jean Latte en faire valoir direct.

 

 

8. Le hameau et la ferme de la Pisselotte

 

Ce lieu-dit tire son nom du fait qu’il y a beaucoup d’eau qui pisse un peu partout. Il est déjà cité en 1588.

Il est fort probable que la ferme de la Pisselotte soit la suite de l’histoire de la cense de Verdevallée (car la Verdevallée est celle du Grand Ry). La cense de Verdevallée appartenait à De Treigne au début du 17ème siècle.

En 1649, David Thiriaux était cité comme devoir des tailles pour la Verdevallée.

En 1659, Anne, Adrianne et Charlotte Des loges vendirent les biens et héritages de la Verdevallée à Henry Staffe. Il y avaient édifices et maisons, jardins, bergerie et pour plus ou moins 30 bonniers de terres et prés.

Après quelques difficultés pour payer ses rentes, Henry Staffe le 14 février 1670 remit à Englebert Staffe (son frère) la cense de Verdevallée pour 30 florins de rente à lui payer. Englebert avait promis de construire une petite grange pour la cense. Il était capitaine au service de sa majesté catholique. Par la suite, on ne parla plus de cette cense. Par contre, la première trace écrite de la ferme de la Pisselotte date de la fin du 17ème siècle. Le premier acte de transport est celui de 1735 qui transfert l’héritage de la « Pichelote » de François Grawet au profit de Dieudonné Meunier. Il s’agit d’une maison, une étable, appendice et dépendance, avec jardin et pachis, le tout renclos de haies vives.

Le 11 janvier 1736, Dieudonné Meunier rétrocède les biens de la Pisselotte à Jean Huaut.

Sur la carte de Ferraris de 1771-78, il y avait 3 bâtiments à la Pisselotte. Ce hameau se développa surtout au 19ème siècle grâce à la vente de terrains communaux autour de la carrière de la Bruyère.

 

 

Plan cadastral et date de la première construction

 

Vue de la Pisselotte en 1906

 

 

9. La cense de Baileu et son quartier

 

Pour l’origine, voir la partie sur la toponymie.

Cette cense appartenait au départ à la famille Masset ; avant 1630 à François Masset, après 1630 à Théodore et Jean Masset par héritage. Théodore décéda en 1667.

En 1762, elle appartenait aux orphelins Jean Masset. La cense était constituée d’une maison, d’une étable, d’une grange, d’un bâtiment, de terres, de prés, de haies et de courtils + une chanvrière.

En 1771, les héritiers de Jean et Martin Masset partagent les biens et vendent la cense à plusieurs propriétaires dont Jean Nicolas Simon. Sur la carte de Ferraris de 1771-78, on y distinguait 5 bâtiments. Une masure dite « la violette » se tenait à l’emplacement de la maison Pirlot en 1667.

 

 

Plan cadastral et date de la première construction

 

Les censiers :

En 1628 : Jean Joniau junior.

De 1756 à 1762 : Simon Grawet. 

En 1769 : François Gobaux.

10. Le hameau et la cense de Falemprise (liée aux forges et fourneaux de Falemprise)

 

Tout comme la cense de Battefer, celle de Falemprise est liée aux activités économiques du hameau de Falemprise. En 1603, elle est appelée la cense de la forge de Falemprise.

 

 

La cense de Falemprise actuellement sous eau

 

Sa propriété suivra celle des forges et fourneaux de Falemprise. Au début, en 1617, elle appartenait à Toussaint Robaulx et ses enfants. Puis elle sera à Jacques de Robaulx, seigneur de Soumoy et propriétaire des forges et fourneaux. (Voir partie économique pour la suite). Après le décès vers 1770 de Jean Alexandre Desmanet, seigneur de Boussu et propriétaire des forges, fourneaux et cense de Falemprise, Louis Guillaume de Hock marié à Caroline Desmanet hérita de la cense ; vers 1830, Pierre Hock, entrepreneur à Namur, la vendit avec plus ou moins 12 hectares à la famille Dupont d’Ahérée. Le 27 avril 1918, Achille Devouge Lambert achète la ferme à Dupont d’Ahérée. La famille Devouge la gardera jusqu’aux expropriations des barrages.

En plus de la cense et des fourneaux, on distinguait sur la carte de Ferraris de 1771-78 8 bâtiments à Falemprise. En 1830, il y en avait déjà 15.

Il y eut quelques habitations en plus au 19ème siècle. Cependant, la construction des barrages décima ce hameau : il reste aujourd’hui 14 habitations (parfois divisées en appartements).

 

 

Plan cadastral actuel

 

Les censiers :

En 1619 : Severin Delcourt.

En 1635 : Jean Delcourt.

En 1636 : Bayet.

En 1666 : Jean Lambert.

En 1679 : Jean et Antoine Lambert.

En 1753 : la Vve Simon Balle.

De 1790 à 181 ? : Joseph Balle.

De 181 ? à 183 ? : Jean Balle.

De 183 ? à ? : Augustin Balle et Hubert Balle.

De 185 ? à 1907 : Isidore Deloge.

De 1907 à 1928 : Augustin Lambert.

De 1928 à 1932 : Henri Snauwaert.

De 1932 à 1969 : Henry Boucqué.

De 1969 à 1971 (expropriation pour les barrages) : les filles Boucqué.

 

 

11. La cense de la Bierlée

 

Ce lieu-dit dépendait de la paroisse d’Yves jusqu’à la révolution française et faisait probablement partie d’un autre domaine que Sileno rivo durant le haut Moyen Âge. La Bierlée fut annexée à Silenrieux certainement par le biais du seigneur local, le chapitre de Thuin au bas Moyen Âge.

Le premier propriétaire connu de la cense était Selvais Le Baisir en 1589. Par la suite, on trouve Nicolas Le Baisir en 1594.

En 1670, elle était toujours la propriété de la même famille, les héritiers de Jacques Baisir.

Parmi ceux-ci, Dieudonné Baisir fut l’exploitant de la cense.

En 1737, Hubert Baisir (fils de Dieudonné) fait don de la Bierlée (bâtiment, grange, écurie, bergerie, prés et terres avec chevaux, vaches, moutons et chariots) à son fils Joseph Baisir (bourgeois à Soumoy) ; mais Hubert reste dans la maison. Il est à noter que la presse à faire le vinaigre reste en commun jusqu’à la mort d’Hubert.

En 1772, le troupeau de moutons était de 60 têtes et Paul Gouverneur en était le berger. (En 1790 c’est Jean Delmarche le berger de la Bierlée).

En 1830, c’était la propriété de la Vve Louis Baisir avec 39.5 bonniers en 1820 ; en 1835, elle fut divisée en 3 parties (une pour la Vve François Baisir, une pour Pierre Joseph Ernotte et une pour les enfants Nicolas Jonniaux) ; en 1842, la Vve François Baisir remet sa part à Pierre Joseph Ernotte. En 1851, Pierre Joseph Ernotte la revendait à Jean François Duclos qui obtiendra la 3ème part en 1854 de François Jonniaux. En 1865, Jean François Duclos la revend à Sylvain Piret. Le 17 juillet 1888, la Vve Sylvain Piret la revend à Léandre Meunier avec 25 hectares. Il décède en 1900 et son épouse la garde pour son fils Aimé Meunier jusqu’en 1938 ; puis à Dufaux jusqu’en 1976 qui la revend à Mr Bricout qui la rénove en 1976.

 

 

La Bierlée actuelle

 

Les censiers :

En 1629 : François Masset.

De 1755 à 1767 : Pierre Ernotte.

 Les conditions du bail de Pierre Ernotte :

1.       Ernotte devra voiturier à ses frais pour faire 6 fournées de chaux les 6 premières années du bail et de 4 charrées de charbons chaque fournée et les conduire sur les terres, desquelles fournées Baisir devra payer le charbon, les acquitter, chaussiage, vinage et les mains d’œuvre nécessaires pour tirer les pierres et pour afourner la chaux. Le chargeage et voiturage seront aux frais d’Ernotte.

2.       Bien labourer les terres donnant 3 royes à la saison sans pouvoir les refaucher. Tenir en bon père de famille et les garder des mauvais cavements d’eaux.

3.       Materner et déboussiner les prés et pachis, faire recouper les arbres à fruits.

4.       Il ne pourra pas couper les bois des haies sauf à leurs termes, devra tenir les haies closes et fermées comme de coutume.

5.       Aucune corvée sauf celle du village ; moitié maître pour les contributions, rations, logements des soldats, etc.

6.       Les blancs grains se partageront par ½ à la grange, les pailles devront se consommer dans la cense. Chacun fournit un manouvrier. Les terres devront être emblavées ½ seigle, ½ épeautre à chaque voyage pour être consommée les pailles de seigle par les moutons que le rendeur mettra à son profit. Il devra avoir 2 bonniers de marsage chaque année à son choix. Il devra labourer les 2 bonniers, Baisir fournira la semence.

7.       Baisir devra livrer et gager à ses frais un berger, le censier devra nourrir le berger et son chien.

8.       Le fermier devra remettre à son profit 2 journels de trianelle pour dépouiller chaque an dans le pachis arboré tantôt dans le courtil Cahotte le long du chemin.

9.       Tous les marsages appartiennent à Ernotte sauf les 2 bonniers.

10.    Les cens et rentes seront à charge de Baisir et les réparations et entretien du bâtiment.

11.    Baisir devra fournir 2000 bottes de pailles (½ seigle pour moutons et ½ épeautre pour bestiaux) pendant les 3 premières années.

12.    Les fruits se partagent moitié-moitié.

13.    Baisir devra fournir à ses frais les fourrages pour les moutons.

14.    Ernotte devra engranger tous les grains à ses frais, conduire le rendage à Soumoy, charger les portions de bois chez Hubert Baisir (père), voiturer 300 bottes de pailles.

15.    La semence des épeautres et seigles se fournit moitié-moitié.

 
En 1769 : Jean Martin Lambert.

De 1775 à 1789: Antoine Jos Ernotte.

De 180 ? à 182 ? : Louis Baisir.

De 182 ? à 185 ? : Alexandre Baisir.

De 185 ? à 1859 : Jean Dubois avec Alexandre Dubois.

De 1865 à 1867 : Sylvain Piret.

De 1869 à 1870 : Julien Leclercq.

De 1873 à 1883 : Edouard Michaux.

De 1883 à 1898 : Guillaume Dinon (fermier).

De 1900 à 1910 : Maximin Magain.

De 1910 à 1924 : Désiré Delbart.

De 1924 à 1956 : Maurice Gigot.

De 1956 à 1972 : Léon Gigot (dernier fermier).

 

Autres biens à la Bierlée : en 1669, l’abbaye du Jardinet reçut des biens de la famille André (ou Andry) qui consistait en des prés, jardins, terres et masures de la Bierlée et du Paradis. Celle-ci mit aussitôt ces biens en arrentement à Jean Simon.

 

 

12. Le Balonet

 

Les bois autour du Balonet furent vendus par le gouvernement à Jean Baptiste Hanonnet le 21 juillet 1828. La ferme fut construite par Mr Hannonet, maître de forge à Couvin, en 1868. Le lieu-dit tire son nom de « bois Hanonet ». Il fait partie aujourd’hui des biens de la région wallonne.

 

 

13. Le Paradis

 

C’est un lieu-dit ancien près de la Bierlée où il y a eu des habitations au 17ème siècle et probablement avant.

En 1616, il y avait une maison au lieu appelé vulgairement le Paradis.

En 1628, Jacques Le Febvre avait héritage des maisons, jardins, prés et terres à Paradis.

En 1650, Dorbeq céda audit Pirgaut une masure, un jardin et héritage qui se trouvait à Paradis laquelle maison et héritage ledit Pirgaut a repurgé hors des mains du chapitre de Thuin. (Voir aussi ci-dessus les biens de la famille André). Aujourd’hui, il ne reste plus rien.

 

Le Balonet

 

 

14. La cense de Maisoncelle

 

Elle se situe à la limite entre Silenrieux et Pry. Elle appartenait en 1456 à Jean Le Charlier dit de Maisoncelle qui était aussi échevin à Silenrieux. Ce fut la première acquisition de l’abbaye du Jardinet sur le territoire de Silenrieux. C’est en 1473 que le premier abbé Jean de Mons obtint par don une partie de la ferme de Maisoncelle du vénérable Jean Le Charlier dit de Maisoncelle et l’autre par achat.

Le Jardinet la garda jusqu’à la révolution française. Une partie des terres (la moitié des 128 bonniers) étaient sur la seigneurie de Silenrieux. En 1797, Pierre François Daudrez achète la ferme vendue aux enchères parmi les biens nationaux. En 1830, la famille Daudrez Berton en est toujours propriétaire ; en 1854, on retrouve Adolphe Dupont comme propriétaire. Depuis 1844, les habitants de la cense ont été intégrés à la commune de Pry (seulement le corps de logis restait sur Silenrieux).

 

Le 14 mai 1892, Victorien Dupont la remet en succession à Pauline Dupont et la Vve de Victorien Dupont. En 1895, il y avait 134 hectares ; le 11 avril 1904, la Vve Victorien Dupont la remet à Charles Michaux Dupont qui la gardera au moins jusqu’au 13 février 1911 quand une décision ministérielle fait passer la ferme intégralement dans la commune de Pry.

 

Les censiers du Jardinet :

De 1473 à 1483 : Gile De Maisoncelle.

De 1612 à 1616 : Paul Le Daulphin.

De 1636 à 1657 : Jean Masset.

De 1666 à 1667 : Antoine Masset.

En 1686 : François Jacques.

Début 18ème siècle : Bernard.

De 1734 à 1740 : Louis Bernard.

De 1752 à 1767 : Pierre Marciny.

Le bail de la cense de Maisoncelle par l’abbaye du Jardinet en faveur de Pierre Marsigny le 23 janvier 1764. (Maison, grange, écurie, bergerie, jardin, pachis, prés, terres et dépendances).

Les conditions :

1.       Pierre Marsigny est tenu d’avoir un troupeau de 200 moutons, des chevaux pour 3 charrues, des bêtes à cornes et de toutes autres choses pour dument cultiver et engraisser le labour de la cense.

2.       Il doit donner 3 royes (blancs grains, marsages et gisière) ; engraisser toutes les terres, ne pas sous louer, ne pas changer la destination des terres sans l’accord du Jardinet.

3.       Nettoyer et détruire ronces et épines, entretenir haies et fossés.

4.       Il sera tenu de consommer toutes les pailles au profit de la cense sans en vendre (idem pour le fumier) ; s’il y a des glands dans les bois, il pourra mettre 2 cochons avec la herde en payant la garde, il pourra faire paître ses bêtes à cornes dans les bois de Boly et de la sablonnière suivant le règlement du Prince de Liège.

5.       Il sera tenu d’aller moudre les grains servant à la consommation qui se fait dans la cense au moulin de l’abbaye en payant mouture ordinaire.

6.       Marsigny devra faire chaque année 3 charriages avec un chariot soit à Gilly pour ramener du charbon de terre ou à Fumay pour ramener des ardoises au choix du Jardinet.

7.       Il livrera chaque année 12 livres de cire, un flambeau pesant 3 livres qu’il portera à la procession qui se fait tous les ans le jour de la fête Dieu au monastère, lequel flambeau après la procession restera au monastère et il nourrira 2 bœufs chaque an au profit du monastère.

8.       Il aura exemption des dîmes telles qu’elles nous appartiennent sur tous les héritages de la cense ; il paiera 3 cens et pour pittance à Mr l’abbé 10 florins et pour celles du couvent 20 florins.

9.       Il devra entretenir les perches, râteliers pour les bêtes à laine, il devra veiller aux 2 bois et aux étangs voisins de la cense.

De 1767 à 1777 : Vve Marsigny.

De 1777 à 1778 : Antoine Marsigny.

De 1779 à 1780 : Gille Marsigny.

De 1790 à 1798 : Antoine Marsigny.

De 1798 à 183 ? : Pierre François Daudrez (propriétaire).

De 185 ? à 1877 : Félicien Marsigny.

De 1877 à 1911 au moins : Victor Laurent.

 

 

15. La cense de Paris

 

C’est la grosse ferme du village. Elle a appartenu à un certain Paris (ou Paris était peut-être le censier du chapitre de Thuin qui levait alors la dîme à Silenrieux). En 1456, on cite Jehan Paris échevin à Silenrieux ; puis Lambert Paris de 1473 à 1484 au moins.

Par la suite, l’abbaye du Jardinet racheta la dîme de Silenrieux au chapitre de Thuin en 1478 ; puis, en 1494, l’abbé Arnould de Solbrecq acheta la cense appelée à l’époque « Try Paris ». Il s’agit bien de la cense du village car le Try Paris n'a jamais été la propriété du Jardinet. Le but était de récolter la dîme via cette cense au centre du village.

 

 

Elle fut dénommée la cense de la dîme. Elle avait un corps de logis avec un fenil muni de meurtrières, une grange énorme avec une ouverture en forme de triangle au dessus de l’entrée principale et des meurtrières, une écurie, bergerie, jardins, pachis et prés et une superficie totale de terres labourables, prairies et trieux de 45 bonniers 110 verges.

 

 

La cense Paris et la rue de Beaupont (anciennement rue de Cerfontaine)

 

Dans Ninin, on parle de 53 bonniers (44 de terres, 9 de prairies) au 18ème siècle.

Au début du 17ème siècle (entre 1599 et 1622), l’abbé Hugues Buisseret la réédifia car elle fut détruite par la soldatesque.

En 1760, Louis Ernotte, fermier à la cense Paris possédait les biens suivants : 7 chevaux, 5 poulains, 3 bêtes à cornes, 2 cochons, 230 moutons, des équipages de labours, les meubles de la maison, les grains battus de seigle, épeautre et avoine, la dépouille croissante en épeautre, seigle et avoine.

A la révolution française, elle fut adjugée le 9 nivôse an 6 par vente publique des biens nationaux à messieurs Libert, Piret et Jamart de Florennes.

 

 

La cense Paris actuelle

 

 

Vers 1835, ils la vendirent à Théodore Gallot, fermier de Chastrès. En 1866, elle appartient à la Vve Théodore Gallot. En 1883, elle était partagée aux enfants de la Vve Théodore Gallot-Staumont (Auguste, Joseph et Lambertine). Le 6 avril 1898, par succession, la part de Joseph passe à Auguste et Lambertine et le 25 avril 1900 uniquement à Lambertine Gallot décédée en 1901. Elle échoit par succession à Francine Wauthier et Louise Wauthier de Philippeville. Après le décès de Francine Wauthier en 1917, Louise Wauthier la vendra à Devouge-Delgrange au début des années 20’. Peu de temps après, Devouge la revendra à Alexandre Goblet. Son fils Raoul qui lui succéda en 1940 la revendra le 11 septembre 1948 à Germain Walbrecq. A sa mort en 1980, son fils Camille Walbrecq en fut propriétaire.

 

 

Les censiers : (voir aussi partie religieuse)

En 1633 : Pierre Dupuiche.

En 1637 : Jean Ernotte.

En 1663 : Nicolas Petit.

De 1663 à 1674 : Jean Canivet.

En 1683 : Renier Ernotte.

En 1686 : François Jacques.

De 1700 à 1712 : Renier Ernotte.

De 1713 à 1750 : Jacques Ernotte.

De 1750 à 1765 : les héritiers de Jacques Ernotte (Pierre joseph, Martin, Joseph, Jacques, Louis et Louise).

De 1750 à 1753, c’est Pierre qui prend les choses en main.

De 1755 à 1765 : c’est Louis qui prend les choses en main.

De 1765 à 1778 : Nicolas Trousset.

De 1779 à la révolution française : Jean Jacques Cauderlier.

Voici les conditions du contrat de JJ Cauderlier de 1793 :

1.       Le locataire est tenu d’avoir des chevaux, bêtes à laine, bêtes à cornes et tout autre chose nécessaire pour ensemencer, cultiver la ferme.

2.       Il ne pourra rien laisser d’inculte (détruire les ronces et épines).

3.       Il ne pourra déroyer aucune terre, ni remettre à ferme. 

4.       Il devra entretenir les terres et prairies et les entourer de fossés ; il devra engraisser les terres une fois pendant son bail.

5.       Il sera tenu de consommer toutes les pailles et eschanages provenant de la ferme et de la dîme. 

6.       Il restera au profit de la ferme cruche, râtelier, perches, etc…

7.       Il entretient tous les toits à ses frais (chaume). 

8.       Il sera tenu de faire les charriages et de fournir aux ouvriers la petite bière. 

9.       Il est responsable du feu si négligence.

10.    Il devra payer les tailles, les impôts et les passages des gens de guerre, contributions et rations. 

11.    Il est obligé de faire moudre tous les grains servant à la consommation de la cense au moulin dessous le château à Walcourt.

12. Les charges de la ferme Paris sont : un veau de 3 semaines ou 2 couronnes ; le traitement du receveur à la recette le jour des innocents ; un flambeau de 3 livres à 40 sols qu’il portera à la procession le jour de fête dieu lequel restera au monastère ; faire 3 charriages à Gilly pour ramener houille, charbon ou terre houille ou 2 charriages à Vireux ou Fumay pour ramener des ardoises au choix de ses rendeurs par an (avec un chariot bien attelé de 8 chevaux et à ses frais) ; payer un muid d’épeautre à la fabrique de Walcourt ; au Chapitre de Thuin, payer 56 patars de Liège ; à l’église ou aux pauvres de Silenrieux, payer 24 patars.

En ce qui concerne le bail, il paiera chaque année pour pittance 20 florins et, pour le pot de vin ordinaire du présent bail et prestement 50 florins d’Espagne et le droit du cellerier.

De décembre 1797 à 181 ? : Jean Baptiste Bouillot (fermier).

De 181 ? à 183 ? : Jacques Bouillot (fermier).

De 183 ? à 1867 : Théodore Gallot (propriétaire).

De 1867 à 1895 : Auguste et Joseph Gallot (enfants).

De 1895 à 1940 : Alexandre Goblet (fermier).

De 1940 à 1947 : Raoul Goblet (fermier).

De 1947 à 1956 : Jules Jacqmart (fermier).

De 1956 à 1992  : Pamphile Jacqmart (fermier).

 

 

16.  La cense de Triparis

Au début du 18ème siècle, elle appartenait à André Brichet qui décéda en 1746. Avant sa mort en 1743, il laissa à son fils Philippe Joseph Brichet un attelage complet (8 chevaux, harnais et trait, chariot, herse, binoir et tout attirail de labour) et à sa fille Marie Hélène les meubles de la maison de Try Paris pour son mariage.

En 1830, il y a 3 propriétaires : Pascal Hardy, Jean-baptiste Masset et Eloi Masset. Ce lieu-dit est aujourd’hui la propriété de la famille Dermine.

 

 

 

Le Try Paris

17.  Les Violettes

 

Ce quartier fut surtout occupé par des charbonniers. On y renseigne une maison et jardin en 1639. Sur la carte de Ferraris de 1771-78, on pouvait y distinguer 2 habitations toujours présentes en 1830. Ce quartier est aujourd’hui occupé par 2 grosses fermes modernes.

  

18. Gambor

 

Une ferme était signalée à Gambor en 1711 et toujours présente sur la carte de Ferraris en 1771-78. 2 autres habitations récentes furent construites à proximité.

 

 

19. La place Leurene

 

(Voir la carte sur les places ci-dessous).

Cette place vendue par la communauté ou le chapitre de Thuin au début 17ème siècle appartenait à Nicolas Trousset. Au 18ème siècle, il restait encore des vestiges réduits en masure d’une maison.

 

 

20. Le Renifonds

 

En 1641, il y avait dans ce quartier une maison et jardin appelé Waurnifond tenant aux aises de ville de tous les cotés. Sur la carte de Ferraris de 1771-78, on voit toujours une maison appelée l’Ernifond et une autre non loin de là. En 1830, il y en avait 4. Par la suite, le quartier se développa surtout au 19ème siècle, puis à la fin du 20ème siècle. Aujourd’hui, il y a 23 habitations en y comptant les maisons du tienne del Bouchère le long de la route des barrages.

 

 

Plan cadastral et date de construction

 

Le tienne del Buchère avant la route des barrages

 

 

21. La Loripette

 

(Citée en 1694). Elle fut détruite lors de la construction des barrages en 1973 (voir centre culturel dans la partie socio-culturelle).

 

 

La Loripette

 

22. La Maudrivallée

 

Ce lieu-dit qui veut probablement dire que la vallée ne donne pas de bon résultat agricole, qu’elle est modérée, moyenne a été l’objet de légende au sujet de moines qui auraient travaillé dans ce lieu et qui se seraient fait tuer. D’après la légende, on parle que des moines quittèrent cette vallée après qu’on leur ait détruit leur bien et ils la nommèrent « maudite vallée ». D’autres parlent d’un crime commis à cet endroit et qu’on abandonna ce lieu en le nommant de maudit.

« Maudru » veut aussi dire mort.

En tout cas, Il y avait bien des habitations à cet endroit au 17ème siècle et peut-être avant.

Le 20 avril 1671, Mr Au Brebis vendit par arrentement à Antoine Masset des masures et prairies à Maudrivallée.

Le 7 janvier 1697, Marguerite Masset (fille de Antoine Masset) mariée à Jean Jacques Pierre vendit les masures et prairies de Maudrivallée à François Lambotte.

 

 

La Loripette

 

 

23.Gerlimpont

 

(Cité en 1528).

Gerlimpont se mit en évidence grâce à son moulin qui datait du 16ème siècle au moins. D’autres documents de transport y renseignaient plusieurs autres habitations au 16ème siècle. La carte de Ferraris de 1771-78 y indiquait 5 bâtiments. En 1830, on en comptait 8. A la fin du 20ème siècle, le hameau s’est surtout développé le long de la route du Tivoli et fait aujourd’hui partie de l’entité de Walcourt.

 

 

Le hameau de Gerlimpont

 

 

Plan cadastral

 

 

La halte de chemin de fer de Gerlimpont

 

 

24. Le Tivoli

 

Ce fut une auberge ferme construite en 1847 par Bougard Tertullien le long de la nouvelle route de Silenrieux à Walcourt. Aujourd’hui, elle fait un tout avec Gerlimpont.

 

 

 

Le Tivoli

 

 

25. Beaupont

 

(Cité en 1588 sous la forme de « Foubaupont »)

Les premières traces de maisons datent de 1588. Une partie de ce lieu-dit était appelé «Lambe de bois » en 1771-78 sur la carte de Ferraris pour sa partie le long du Ry Gayot. Il était aussi appelé « Jambe de bois » (cité en 1643) (la tradition orale parlait d’un lieu-dit « Lambelebia »). Il comprenait à l’époque de Ferraris 6 habitations de St Jean à l’auberge de Beaupont. En 1830, il y en avait 8.

 

 

Plan cadastral et date de construction

 

Le hameau de Beaupont

 

 

26. La Fostelle

 

(Cité en 1608).

Ce mot vient de « forestelle », petite forêt. Il fallut attendre la vente de 4 parcelles communales en 1843 pour voir se construire les premières habitations de ce quartier. Au début, il fut appelé « au remblais » car les Hollandais y avaient déposé les remblais de la grand route construite entre 1826 et 1829.

  

 

 

Le hameau de la Fostelle

 

 

27. Le village

 

Il y avait 26 habitations sur une gouache de 1596 (voir ci-dessus). Au moins 50 habitations étaient représentées sur la carte de Ferraris de 1771-78.

 

 

Le village en 1771

 

En 1820, les premières statistiques officielles donnaient 102 maisons au village. Ce nombre ne cessa d’augmenter au 19ème siècle pour atteindre au début du 20ème siècle les 170 habitations. Ce chiffre se maintiendra au 20ème siècle entre 155 et 175 habitations.

 

 

Le village en 1844

 

 

Le village actuel sans Pas de la l’eau

 

 

28. Les Haies

 

Ce lieu-dit couvrait le versant gauche du Ry Thiry et du Ry Gayot de Beaupont jusqu’aux Violettes. Ce territoire était l’usufruit de la communauté de Silenrieux et la nue propriété du chapitre de Thuin (seigneur de Silenrieux) tout comme les Violettes et le bois des Maréchaux. Le versant droit de la vallée appartenait au chapitre de Thuin comme « les forêts ». Cet endroit fut partagé et vendu à la fin du 16ème et au début du 17ème siècle entre plusieurs particuliers qui le mirent en valeur en le défrichant. On appela ces nouvelles petites propriétés rurales « des places ».

Il y avaient la place Gayot (citée en 1608) n° 1, la place de la Jambe ou la Lambe de bois (citée en 1643) n° 2, la place Leurenne (citée en 1671) n° 3, la place Biernaux (citée en 1670) n° 4, la place ou le courtil Thiry (citée en 1722) n° 5, la place Marie Visenne (citée en 1629) n° 6, la place Cocolle (citée en 1614) n° 7, la place Bernard (citée en 1619) n° 8, la place Lagasse (citée en 1617) n° 9, la place (citée en 1722) (aux Violettes) n° 10, la place Jonniau (citée en 1728) n° 11, la place Gustin (citée en 1649) n° 12, place Jean Ligoz (citée en 1672) n° 13, place Piro (citée en 1649) n° 14, la place Mathy (citée en 1667) n° 15, place Jan Pater (citée en 1616) n° 16, place Laurent Gillard n° 17, place Driane (citée en 1590) n° 18, place du Try Paris n° 19, la place l’Allemand (citée en 1626) n° 20.

 

Carte des places

 

Les nombreuses places s’ajoutant aux nombreuses propriétés déjà existantes entourées de haies vives au 18ème siècle, présentaient un paysage de bocage sur le territoire de Silenrieux (des enclos de haies vives sont signalés au 18ème siècle à la place Lagasse, à Battefer, à la place Biernaux, à la terre la Brouk, etc…). Ceci allait étendre la dénomination « des haies » à tous les hameaux autour de la vallée du Ry Gayot et du Ry Thiry. Au 19ème siècle, l’administration reprenait le terme « des haies » pour caractériser cet endroit, pour comptabiliser la population et faire des statistiques sur Silenrieux. Les différents hameaux étaient tous réunis sous un même vocable « les Haies ».

 

 

29. Par de la l’eau

 

Ce quartier de Silenrieux était l’emplacement du domaine seigneurial (voir ci-dessus). Aujourd’hui, il est la continuité du village de l’autre côté de l’Eau d’Heure.

 

 

Par de la l’eau avant 1940

 

Plan cadastral et date de construction

 

30. La Maman

 

Ce quartier de la route de Walcourt se développa surtout au 20ème siècle.

 

 

Plan cadastral et date de construction

 

 

La Maman

 

31. Fauraroir ou Fouraterre

 

Ce lieu-dit apparaît sur plusieurs cartes du 17ème siècle ; nous ne trouvons aucune trace écrite de ce lieu. D’après les cartes, il se trouverait soit le long du Ry Gayot près du restaurant « Chez Cheung » soit dans la Maudrivallée et dans la vallée du Ry Jaune. Dans ce cas, il y aurait peut être un lien entre ce lieu et la légende de Maudrivallée (voir la toponymie ci-dessous).

  

Chapitre 13 : ENERGIE

 

§ 1. L’éclairage

 

De l’époque celte au Moyen Âge, les gens s’éclairaient à la torche enduite de résine, à la chandelle et au feu de bois.

A partir du bas Moyen Âge, les lampes à huile faisaient leur apparition jusqu’au début du 20ème siècle. Au début du 20ème siècle, s’ajouta la lampe au pétrole ; puis l’électricité arriva après la guerre 14-18 à Silenrieux.

C’est dans la 2ème moitié du 19ème siècle que la commune commença à développer l’éclairage public.

Au début, des réverbères à huile furent utilisés dans les rues ; le premier fut installé vers 1865. De 1871 à 1878, Fagnart de Walcourt en installa 7.

 

En 1893, Louis Antoine de Couvin remplaça les 17 réverbères à huile par des réverbères au pétrole.

L’entretien et l’éclairage des rues étaient mis en adjudication tous les 3 ans ; voici le cahier des charges pour l’entreprise de l’éclairage des rues à Silenrieux en 1902 :

 Art 1. Au moyen de 20 réverbères. Art 2. la commune procure les réverbères et quinquets en bon état. L’adjudicataire devra les remettre au collège dans le même état. L’entrepreneur fournit les mèches et le pétrole pour les quinquets, il remplace tous les verres brisés. Il se procure une échelle. L’éclairage commencera à partir de la fête communale de septembre pour finir le 1er avril de chaque année ; l’extinction à 10 H du soir 

Le 7 mars 1918, Mr Pecqueux sollicitait la commune pour établir et distribuer la lumière électrique dans le village. Il reçut le soutien des autorités et installa une turbine électrique près de l’ancien moulin du village (rue de la Forge). Il réussit à fournir l’éclairage électrique aux locaux occupés par les allemands (installation de 15 lampes au mess des officiers allemands). Il plaça aussi l’éclairage électrique au local de l’école des filles sur ordre des Allemands.

Après la guerre (de 1919 à 1923), les rues et quelques maisons du centre du village recevaient l’éclairage électrique ; les autres coins étaient toujours éclairés par 22 réverbères au pétrole.

En août 1923, le commissaire voyer prescrivait de ramener le niveau du bief plus bas. Ceci allait diminuer la puissance énergétique et Mr Pecqueux abandonna son entreprise d’éclairage électrique.

Cependant, le 21/08/1924, la commune allait passer un contrat avec la société centrale électrique de l’ESM (Auvelais) pour électrifier le centre du village, la Pisselotte et la Valentinoise. Les travaux se déroulèrent en 1925-26 par l’entreprise Fontaine. La société fit construire 2 cabines (une au village et l’autre à la Pisselotte), installa 46 lampes publiques et fit raccorder 130 habitations. Gerlimpont fut aussi alimenté en 1926 par la compagnie d’électricité de Walcourt.

 

Malheureusement, 98 maisons restaient privées d’électricité en raison de leur éloignement du village.  C’est en 1930, pour respecter leurs promesses électorales, que les édiles communaux firent installer le réseau électrique aux Haies et à Falemprise. (On construisit une cabine à Nazareth et une autre à Falemprise).

Les dernières fermes isolées (la Bierlée, le Ballonet, le Tivoli et la Loripette) n’ont été raccordées au réseau qu’en 1939.

La généralisation de l’électricité va permettre, après la 2ème guerre, d’introduire l’électroménager dans les maisons. Ce phénomène s’amplifiera jusqu’à nos jours.

En 1950, comme les habitants de Gerlimpont se plaignaient du service de Walcourt, le conseil communal décida de raccorder Gerlimpont au réseau de la Pisselotte.

Remarque : on construisit la ligne à haute tension Monceau-Chooz en 1966 et la ligne à haute tension de la Plate Taille à celle-ci en 1976.

 

Eclairage électrique Pecqueux (tarif 1919-1920)

 

Les responsables de l’éclairage des rues avant l’électrification :

De 1871 à 1883 : Nestor Masset.

De 1884 à 1887 : Emile Pecqueux.

De 1888 à 1890 : Nestor Masset.

De 1891 à 1893 : Adolphe Hulin et Irma Blairon.

De 1894 à 1896 : Emile Pecqueux.

De 1896 à 1899 : Alphonse Huaux.

De 1899 à 1902 : Achille Delvaux.

De 1902 à 1905 : Alphonse Huaux.

De 1905 à 1908 : Albert Bouillot.

De 1908 à 1914 : Aimé Grignard.

De 1914 à 1925 : Philibert Langlois + Pecqueux de 1918 à 1923.

De 1926 à 2000 : service d’Auvelais.

 

 

§ 2. Le chauffage

Depuis l’antiquité jusqu’au 19ème siècle, on se chauffa au bois et on profitait du foyer pour faire la cuisine. On utilisait aussi le four pour la cuisson. 

D’abord, le foyer était ouvert à tirage sans cheminée au sein de cabane (période celte et franque).

La période romaine fut une exception qui amena dans les villas un système de chauffage central.

A partir du Moyen Âge, on installa des foyers ouverts avec cheminées.

Les poêles en fonte de fer arrivèrent au 19ème siècle. Ils étaient d’abord utilisés aux bois ; puis aux charbons dans la 2ème moitié du 19ème siècle après l’arrivée du chemin de fer en 1853 à Silenrieux. Cependant, le bois était encore très utilisé car chaque ménage pouvait avoir sa part affouagère dans les bois communaux.

Au 20ème siècle, les poêles au charbon émaillés se développèrent et le charbon devint le principal combustible pendant la première moitié du 20ème siècle. Entre les 2 guerres, 90 % des ménages se chauffaient au charbon avec appoint de bois.

Après la 2ème guerre, le chauffage au mazout faisait son apparition, d’abord sous forme de poêle ; ensuite à partir des années 60, sous forme de chauffage central. En 1961, il y avait 2 chauffages centraux au village ; en 1970, il y en avait 34 ; en 1981, il y en avait 79 et en 1991, il y en avait 131.

Outre le chauffage central au mazout, il y avait aussi, en 1975, 18 chauffages centraux au gaz.

En 1981, 190 maisons se chauffaient au mazout ; 39 au charbon ; 6 à l’électricité ; 17 au gaz et 7 au bois.

En 1991, 207 maisons se chauffaient au mazout ; 25 au charbon ; 18 à l’électricité ; 11 au gaz et 14 au bois.

 

 

Chapitre 14 : ENVIRONNEMENT ET QUALITE DE LA VIE

 

L’hygiène

 

Au 18ème siècle, l’égouttage des rues était rare et les chemins étaient parsemés de déjections ; c’était le tout à l’égout en plein air. Les immondices, nettement moins nombreuses étaient brûlées sur place ou déposées dans les bois.

Dans la 2ème moitié du 19ème siècle, le mouvement hygiéniste apparaissait et les administrations mettaient tout en œuvre pour améliorer le vécu des habitants. On badigeonna les maisons de chaux ; on se préoccupa de la qualité des eaux et de la facilité d’accès (voir hydrographie ci-dessus) ; l’égouttage des rues était réalisé en même temps que l’élargissement ou la rectification des chemins ; une fois l’an, un charron passait pour prendre les déchets encombrants et autres (en 1889, ce fut René Lambotte qui transporta ainsi les immondices). De plus, la commune prenait, suivant les circonstances, des mesures de prévention : « Le 12 août 1866, vu l’invasion d’une épidémie dans des localités voisines, le collège prenait des mesures préventives : les cabarets furent fermés à 21 H ; la cloche de retraite sera sonnée les dimanches à 8 H 45 au lieu de 9 H 45 ; surveillance stricte du règlement sur la voirie et salubrité publique ».

Quant aux habitants, ils ne toléraient pas les odeurs désobligeantes : En 1877, les habitants de Pas de la l’eau se plaignaient de la fabrique d’engrais de Maximilien Simon de Barbençon qui empestiférait le quartier (on y mettait les acides sulfuriques et phosphoriques) ; ça sentait tellement mauvais qu’on ne pouvait rester dans les maisons, ni y manger ; les vaches ne voulaient plus manger du foin qui sentait cette odeur ; finalement, ils envoyèrent une lettre au procureur de Dinant et le bourgmestre, pourtant ami de Maximilien Simon, dût intervenir pour mettre fin à ce dépôt.

Le 20ème siècle voyait encore la qualité de vie et l’hygiène s’améliorer.

Au niveau de l’enlèvement des immondices. La commune continuait à passer pour ramasser certains encombrants ; entre les 2 guerres, ce fut Omer Lerat qui passait avec son tombereau. Cependant, il y avait beaucoup moins de déchets qu’actuellement et beaucoup d’entre eux étaient brûlés ou recyclés sur place.

Après la guerre, le 15 juin 1950, le conseil communal décidait d’établir au centre du village un service d’enlèvements des immondices plus régulier.

Voici le cahier des charges : l’entreprise a pour objet l’enlèvement hebdomadaire des immondices ménagers et des dépôts provenant du curage des avaloirs et du nettoyage des places et rues après fêtes, ainsi que des déchets provenant du cimetière. Il se fera le vendredi de chaque semaine. L’enlèvement se fera dans les quartiers suivants : rue Royale, Beaupont, Pas de la l’eau, rue de Cerfontaine, route de Walcourt. Le déversement se fera aux endroits désignés par le collège. (Au début on déversa à la Maman à la place d’un ancien bras de rivière ; aussi au fonds du Pourcia ; et finalement au chemin de la Bierlée qui était fort encaissé jusque 1975).

L’adjudicataire s’engage à enlever toutes les immondices ménagères, les déchets provenant des magasins d’alimentation et les dépôts des nettoyages des services communaux. L’adjudication est annuelle.

Ce fut en 1970 que tous les quartiers furent desservis.

En 1973, l’administration communale interdit de déverser des immondices dans les bois.

A partir du 1er mars 1975, la commune adhère au service de collecte de la société intercommunale d’aménagement et d’équipement économique de l’ESM. L’entreprise désignée fut Lamesch.

Depuis la fin du 20ème siècle, un ramassage sélectif des déchets est organisé afin de mieux recycler ceux-ci (papiers, verres, plastiques, métaux, etc…). Un parc à conteneurs fut installé à Cerfontaine.

Les adjudicataires :

De 1950 à 1952 : Marcel Gobron.

En 1953 : Georges Hardy.

De 1954 à 1955 : Marcel Gobron.

En 1956 : Marcel Roulin.

De 1957 à 1958 : Marcel Gobron.

De 1959 à 1962 : Georges Roulin.

De 1963 à 1965 : Marcel Mazy.

De 1966 à 1967 : André Hamiot.

De 1968 à 1971 : Léa Baudet (Vve Van demynsbrugge).

De 1972 à 1975 : Christian Vandermynsbrugge.

D’autres mesures furent prises pour l’hygiène des viandes.

La loi du 4 août 1890 soumettait le débit, l’exposition et la vente de viandes de boucherie à une expertise. L’AR du 9 février 1891 organisait le service d’expertise des viandes par des inspecteurs nommés par la commune. Silenrieux nomma le vétérinaire local Wilfried Léonard comme inspecteur des viandes jusqu’en 1936. Il recevait comme rémunération le produit des taxes d’expertises, c’est-à-dire 5 Frs pour chevaux, 3 Frs pour taureaux, bœufs et vaches, 2.5 Frs pour génisses, 1 Frs pour veaux, 1.5 Frs pour porcs et moutons, 0.5 Frs pour agneaux, chèvres et cochons.

A partir de 1936, ce fut Paul Dudart qui succéda à Wilfried Léonard. Après la 2ème guerre, les contrôles de viande étaient effectués à l’abattoir de Walcourt.

Voici un relevé du nombre des bêtes abattues pour la consommation à Silenrieux :

en 1895, 86 bovins, 10 ovins, 75 porcs ;

en 1896, 92 bovins, 6 ovins, 67 porcs ;

en 1897, 95 bovins, 8 ovins, 54 porcs ;

en 1898, 94 bovins, 2 chevaux, 7 ovins, 83 porcs.

Au niveau des habitations, le confort et l’hygiène firent aussi d’énormes progrès.

En 1961, il y avait 273 habitations sur 303 reliées à l’eau courante, 75 raccordées à l’égout, 91 avec un WC et une chasse d’eau et 35 avec une salle de bain.

En 1970, il y avait 143 habitations raccordées à l’égout, 154 avec WC et chasse d’eau, 94 avec une salle de bain.

En 1981, il y avait 193 habitations avec WC et chasse d’eau, 193 avec une salle de bain, 78 ont toutes les commodités modernes.

En 1991, il y avait 278 habitations sur 280 reliées à l’eau courante, 264 ont un WC avec chasse, 248 ont une salle de bain, 273 ont l’évacuation des eaux usées, 191 ont un garage, 231 ont un jardin.

 

 

Chapitre 15 : LA TOPONYMIE

 

La présentation de cette partie se fait d’abord par le nom du lieu, suivi entre parenthèse de l’article ou du type de lieu (champ, terre, courtil, etc …). Ensuite, une 2ème parenthèse présente la plus ancienne date connue de ce lieu. Le texte fait des commentaires sur l’origine du lieu ou sur ses caractéristiques. Enfin, la numérotation permet de retrouver ce lieu sur la carte toponymique en annexe 4.

 

1.       Abaisses (les) (1588) : « terre aux abbesses tenant au chemin qui va de ce lieu à la Verdevallée et à la voye des ferons ». Abaisse = abbesse d’un monastère ou lieu de prostitution.

2.       Acquise (l ‘) (1700) : jardin nommé l’acquise à Falemprise.

3.       Aclos (l’) (1834) : la terre à l’Aclos derrière Gambor ; c’est une prairie enclose de haies.

4.       Actes (le tienne des actes) (1829) : il se trouve près de la fontaine Mariyon et de la voie de la Rochette. Un tienne ou un terne signifie une colline et provient du langage celte.

5.       Agaisses (les) (1664) : pour l’atlas des routes, on parle de « les contrées » ; les Agaisses sont des schistes approchant plus ou moins de la matière de l’ardoise.

6.       Agnia (le pré) 1618 : « pré d’a(g)neau tenant d’occident à l’eau » ; au 18ème, il est situé près du bois des Maréchaux et de l’Eau d’Heure.

7.       Alard (la fontaine) (1607) et le bois messire Allard (1609) : Allard de Senzeille-Soumoy fut le seigneur de Soumoy. Ce lieu se trouve à Falemprise près de l’enclave de Soumoy.

8.       Allardin ou Allendum (1605) : le pré « Pierre Jaspar Allardin » tenant par devant au chemin seigneurial, d’autre au rieu qui vient de Daussois et d’autre aux aises étant assez près du moulin de Battefer.

9.       Allemand (l’) (1626) : un héritage est appelé la place l’Allemand.

10.     André (le pachi) (1844) : nom de la personne qui a possédé ce pachi.

11.     Ange gardien (l’) (1721) : chapelle et sentier qui relie cette chapelle à Bethléem. (Voir les chapelles dans la partie religieuse).

12.     Antoine (pachi des) (1676) : Jean Antoine était mayeur de Silenrieux de 1666 à 1699.

13.     Arsillaire (l’) (1592) : lieu qu’on dit « Larsillière » est un lieu où on tire de l’argile.

14.     Aumes (pré des) (1844) : les aulnes sont des arbres.

15.     Auterne (courtil d’) (1834) : le courtil est un enclos familial contenant verger, jardin, …. Celui-ci est à Falemprise probablement sur une hauteur.

16.     Auté (fontaine à l’) (14è siècle) et pré à l’ (1596) : la fontaine se trouve dans le pré à l’autel. Cette fontaine alimente la distribution d’eau actuelle de Silenrieux. Il tire son nom d’un rocher en forme d’autel sous lequel la fontaine surgit ou il signifie que les revenus de ce pré étaient attribués pour l’autel de l’église. En 1361, on cite « pardesseur la fontaine alateil » ; teil peut vouloir dire le tilleul.

 

17.     Baccus (le) : lieu où Coenen a établi une brasserie au 19ème siècle qui a disparu aujourd’hui. Un triage de chiffon fut construit à cet endroit entre les 2 guerres mais détruit lors des bombardements de mai 1940. Il est probable qu’une plus vieille brasserie fut établie à cet endroit car le Baccus est juste à côté de la place de la brassine citée en 1588.

18.     Baileu (courtil de, cense de et pachi de) (1610) : « maison, grange, étable, jardin appelé Baileu ». Baileu peut venir de l’indo-européen Bal qui veut dire « hauteur » ; du Dieu celte Belenos ; d’un endroit où il y avait des bouleaux ; de bajulosus qui veut dire une ferme et terre avec un enclos ou d’un mot germain Bal avjô (ahnjo) désignant un pré humide au sol mouvant. Une anecdote locale : « On raconte qu’un fermier de Baileu avait pour sobriquet « el bon dieu » ; son fils épousa la fille du voisin surnommé « el diale » ; cela fit dire qu’el fi du bon dieu a marié el fille du diable.

19.     Bailièvre (le pré et le sentier de) (1780) : Il se trouve derrière le bâtiment de la cense de Baileu. L’origine du mot peut venir de bajulosus qui veut dire terre avec enclos ; du mot germain Bal avjô (bal-ahnjo) désignant un pré humide au sol mouvant ou d’un nom répandu à Silenrieux au 17ème siècle « Bailieve ».

20.     Balonet (bois et ferme du) (19ème siècle) : un maître de forge « Hanonet » acheta le bois au 19ème siècle et y construisit en 1866 une ferme d’où le nom de bois hannonet qui deviendra « le Balonet ».

21.     Barbe (pré ou terre) (1844) : ce lieu-dit est disparu suite à la construction du chemin de fer. Barbe veut dire « en face ». Il y a aussi Sainte Barbe à la Valentinoise.

22.     Basse (terre al) (1686) : basse représente ¼ de muid (mesure des récoltes). Elle est près du grand Bethléem.

23.     Basseleurs (terre des) (18ème siècle) : « les 4 journaux des Basseleurs »

24.     Bastin (pré jean) (1690). 

25.     Bastin (terne marguerite) (1630) : un terne signifie une hauteur. Il est près de Goret.

26.     Batte (pré de la et al) (1674) : une batte est une digue faite de pieux et de fascines. Il y a un pré de la batte à Falemprise tenant au bief du fourneau et à l’Eau d’Heure. Un autre lieu-dit «al Bate» se trouve près du bief de Battefer.

27.     Battefer (cense de, moulin de, forge et fourneau de) (1554) : ce nom signifie qu’on y battait le fer (voir la partie économique).

28.     Batterie (terre de la ) (1834) : c’est une terre derrière la forêt ainsi nommée à cause d’un combat qui eut lieu en 1794 entre les Français et les Autrichiens. Les Français y avaient établi une batterie et tiraient sur les Autrichiens vers le vieux calvaire.

29.     Baty (pré du) (1670) : il se trouvait le long du chemin de Falemprise à Soumoy ; Baty signifie un terrain battu et banal.

30.     Baudwin (cense de) : suivant la tradition orale, il y aurait eu là une ferme dont les vestiges ont disparu et, selon la légende, auraient été détruits par les rats.

31.     Baye (terre del, voie del, piésente del, al) : la terre « del baye » était à la Valentinoise exempte de dîme ; il y avait aussi la voie et la piésente (sentier) del Baye. « Al nwêre baye » était un passage sur le chemin de fer où beaucoup d’accidents se sont produits près du lieu-dit la Maman. Une « baye » est une barrière de passage.

 

 

Battefer

 

32.     Beaupont (hameau de, warichaix de) (1588) : en 1588, on parlait de Foubaupont ; en 1603 de Foupearpon ; en 1612 de Fondbeaupond ; en 1613 de Fondbeapont ; en 1652 de Fobiepont et en 1662 de Foubiepont. Il est probable que ce nom vienne d’une personne (un nom phonétique autour de Fabien) qui a habité tout près de ce pont. Par après, la beauté du pont a sûrement finalisé le nom de ce hameau.

 

 

Beaupont

 

33.     Bédots (pachi des) (1844) : cette prairie à moutons se trouvait près de la Bierlée.

34.     Bellevallée (1587) : ce lieu-dit est cité en 1654 pour la dernière fois. La communauté de Silenrieux avait des biens à Bellevallée. En 1602, Armand Cayphas disait avoir passé au profit de la communauté 6 portions de perches faisant partie de l’héritage de la ville. En 1616, 6 bonniers de pré à foins appartenaient à la communauté. Cependant, elle prendra le nom de Ry Gayot plus tard. Jean Gaillot avait acheté vers 1608 des biens dans cette vallée (voir les places vendues à des particuliers à Silenrieux). La place Gaillot fut citée en 1608 et 1630. Elle était au pied du ry qui portera par la suite son nom. En 1619, on parlait déjà du « terne Gaillot ». Il vendit sa place en 1638 au curé de Silenrieux Jean de la Croix (doyen aussi du concile de Thuin). Finalement, en 1694, on parla du rieu Gatot (Gayot). 

35.     Benoiste (al) (18ème siècle) : près de l’église.

36.     Bernard (place) (1619) : elle se trouve aux Haies parmi les autres places de la Bellevallée.

37.     Bernard (la fontaine) (18ème siècle) : elle se trouvait en bordure du chemin qui va de Walcourt à Silenrieux. Bernard fut fermier de Maisoncelle au début 18ème.

38.     Berni (l’étang) : il se trouve dans la vallée du Ry Jaune actuellement sous eau.

39.     Bethléem (cense de) (voir les censes) (1534) : ce nom ainsi que Nazareth, Jérusalem et Galilée viennent probablement de la période des croisades. En effet, Wéry 3 de Walcourt, seigneur de Walcourt et Rochefort, accompagna Bauduin de Hainaut à la 4ème croisade (1198-1204). Thiérry 2 de Walcourt partit avec son frère Thomas de Walcourt à la 6ème croisade (1228-1229). Ceux-ci étaient à la fois avoué de Silenrieux (voir partie politique) et très proche du Prince évêque de Liège. En tant qu’avoué de Silenrieux dans la principauté de Liège, il est fort probable que les seigneurs de Walcourt, à cette époque, aient pris certains pouvoirs sur le territoire de Silenrieux aux dépens du Chapitre de Thuin, le seigneur de Silenrieux. En effet, la charte de 1303 du Chapitre de Thuin qui réaffirme son pouvoir sur Silenrieux montre qu’il a dû avoir des difficultés avec son avoué de Walcourt. Les droits de Walcourt sur les bois de Silenrieux confirment l’influence de l’avoué sur notre seigneur. Etant donné que les terres de Pas de la l’eau jusque la limite avec Daussois entre le Ry Gayot et plus ou moins la grand route actuelle étaient la propriété unique du seigneur (probablement l’ancienne réserve du domaine de Sileno rivo), il est probable que les seigneurs de Walcourt ont donné les 4 principaux noms symboles de Palestine sur ce territoire en respectant l’ordre spatial.

 

 

Carte de Silenrieux et carte de Palestine

 

          Bethléem est le lieu de naissance du Christ, Nazareth est le lieu de la maison familiale, Jérusalem est le lieu du décès et la Galilée est le lieu de sa jeunesse et de ses principales activités de conversion. Etant fiers d’avoir participé aux croisades, ils voulaient un signe visible de leurs actes. C’est aussi après sa croisade que Thierry II décida de fonder en 1232 l’abbaye du Jardinet. 

40.     Bethléem (le petit) (1829) : ce lieu se trouve au sein du bâti de Pas de la l’eau et était probablement lié aux bâtiments du seigneur, le chapitre de Thuin. Celui-ci a peut-être choisi ce nom suite à la représentation de la Palestine faite par les seigneurs de Walcourt.

41.     Beurre (terre au) (1829).

42.     Bierlée (cense de, la, source de la, la campagne de) (1550) : le mot vient de « iacas » pour « ée » et d’un nom de personne pour « bierl » et signale ainsi l’endroit d’une ancienne villa ; ceci est possible car la Bierlée faisait partie de la paroisse d’Yves et a donc dû être partie prenante d’un autre domaine que Sileno rivo. Le nom peut aussi venir du vieux français berle (gaulois berula) ; si « berula » désigne le cresson de fontaine, le mot berle s’applique à diverses herbes d’apparence voisine de celle du cresson et de la véronique cressonnière.

43.     Biernau (le fond de, la place de) (1670) : il désigne un nom de personne.

44.     Binom (le pré) : il se trouve à la Valentinoise et désigne un nom de personne.

45.     Biot (le pré) (1844) : il désigne un nom de personne. 

46.     Blampain (la fontaine, la place) (1623): Ce nom désigne un nom de personne et se trouve près de la Bierlée à la limite avec Daussois.

47.     Blot (le jardin à) (1652) : blot signifie mou, molle.

48.     Bois (terre du) : il se trouve à Falemprise.

49.     Bon dieu (le grand, la ruelle du grand) : un Christ en croix à Pas de la l’eau.

50.     Bone (terre la) (1619) : c’est une pièce d’héritage appelé la borne tirée hors de la terre des pauvres tenant à la place Bernard aux Haies.

51.     Boni ou bonnier (le bonnier est une mesure de surface) : il sert à déterminer de nombreux endroits ; le petit bonnier (1616), le cron bonnier à Falemprise, le long bonnier proche de Gerlimpont (1627), le bonnier d’entre les Haies (1643), le long bonnier tenant au chemin de Boussu (1643), le cornu bonnier à Falemprise (1690), le bonnier Bertrand (1626), le grand bonnier sous le tiène des Pérous vers la droite à la sortie du bois), etc…

52.     Bosquet (campagne du) (1829). La campagne est un ensemble de champs réservé à la culture.

53.     Bosseupret (le pré) (1641) : c’est un pré qui est probablement bossu entre Battefer et la Fostelle sur le versant de l’Eau d’Heure.

54.     Bouli (bois des) (1722) : il y avait 3 bonniers sur la juridiction de Silenrieux. Il se trouvait près de la Joncquière.

55.     Bouloire (place) (1793) : la place est appelée bouloire car on y faisait un jeu de quille (au Noupré actuel).

56.     Bouloufe (terre (1829), courtil (1730), croix (1829)) : la croix a disparu, mais la terre est désignée sous le nom de croix Boulouffe ; le courtil se trouve au centre du village et une autre terre près de Baileu. Boulouffe est un nom de personne.

57.     Boulvin (la grange) : dans la muraille nord de cette grange est encastré un fragment de stèle funéraire très ancienne dont l’inscription est devenue indéchiffrable.

58.     Bourguignons (prés des, campagne des) (1610) : d’après une version populaire, les soldats bourguignons auraient jadis campé en ce lieu. Il se peut aussi que l’origine vienne d’un nom de bourgeois de Walcourt, Colart Bourguignon en 1458 car les terres étaient toutes possédées par des bourgeois de Walcourt.

59.     Boussu (tienne de) 1829 : il se trouve en direction de Boussu.

60.     Boute au jeu (ou conte au jeu) (trieu) 1829 : c’est un lieu-dit près de la Loripette où on avait l’habitude de jouer à l’auberge.

61.     Brassine (brasserie) (ruelle de la, place de la (1588), chemin de la) (voir partie économique) : la place est à Pas de la l’eau, la ruelle au village, le chemin à Falemprise.

62.     Brenet (pré) (1612) : il se trouvait entre 2 eaux dessous le bois de Spèche. Brenet est un nom de personne.

63.     Bricou (courtil) (1691) : un nom de personne.

64.     Briqueterie (la) (1641) : il y a 3 terres où on faisait des briques à Silenrieux : une vers le Cheneux de Daussois, une autre à Gerlimpont et une à la Maman.

65.     Brou (au) (1587) : « un pré gisant au brou touchant à l’Eau d’Heure et à la Maladrie » (1616). Brou veut dire un pré très humide avec marécage. Au Moyen Âge, les grands prés seigneuriaux s’appelaient « au brou ». Ce lieu se trouvait près de Pas de la l’eau et des bâtiments du seigneur ; cependant, il fut restreint par la construction du chemin de fer et la route Philippeville Beaumont.

66.     Broucque ou Broquet ou Breuquet (terre de la) (1589) : brouc veut dire marécage et se trouve près de la Violette.

67.     Brousselar ou Broucelar (terre) (1589) : Brousselart était échevin de Silenrieux vers 1660.

68.     Brûlés (les bois des, try des, terre des) : ce sont les bois du gouvernement, de Walcourt et de Silenrieux qui se trouvent au delà du Ry Jaune. Il y a aussi un try des brûlés au dessus du petit Laurefays près de la Valentinoise.

68 bis. Bois des brumes (bois) (1829) : un bois souvent dans les brumes à cause des étangs près de Féronval.

69.     Bruyère (terre de la (1646), voie de la 1844) : la bruyère est présente dans nos régions.

70.     Buchère ou Buissière (tienne del) (1607) : ce mot est dérivé de buis ou de busq qui veut dire bois ou bosquet en langue germanique (buscaria est un collectif d’un endroit boisé). Pour certains, c’est un lieu où fut dressé les bûchers destinés à brûler les sorcières.

71.     Buion (le pré) (1844) : Buion est une cruche ou un pot.

72.     Buisson le cendreux (lieu dit) (1479) un courtil étant à buisson le cendreux se trouve probablement à proximité de la campagne des faudreux. Le cendreux est un marchand de cendres (charbon de bois).

73.     Buisson aux sorcières (le) : il y a un buisson aux sorcières situé entre le chemin de la croix aux avés et celui du Paradis et un autre près de la limite avec Pry. C’est l’endroit où les sorcières s’adonnaient à leurs actes maléfiques et magiques.

74.     Bwairon (ce mot vient de bois Hairon) (pré Hairon) (1606) « une maison avec jardin est appelé le Boihairon à Winanville (Falemprise) en 1617 ». Le pré Hairon se trouve près du bief du fourneau à Falemprise.

 

75.     Cahotte (le courtil) (1614) : c’est une petite maison située à la basse Bierlée. Cahotte est devenu cahute et signifie une maison sous forme de hutte.

76.     Calvaire (le vieux) (1793) : c’est un lieu de culte (voir chapelles).

76 bis. Canada (maison) (1829) : maison disparue qui se trouvait près de la fontaine Carly le long du chemin de la fosse.

77.     Carli (fontaine) (1664) : on la nomme aussi fontaine Clémant ou fontaine Canada (pomme de terre).

78.     Carez (cense, pré) : Carez habitait à Falemprise au 19ème siècle.

79.     Carrière (terre de la) (1844) : elle se trouve en dessous de Gérardfalize dans la vallée du Ry des Dames.

80.     Causant (terre de ou terre de la forgette) : une forgette de maréchal ferrant exista près de cette terre qui a aussi appartenu à un moment donné à Causant.

81.     Cavel (le courtil) (1829) : il se trouve près de la terre du puce et désigne un nom de personne.

82.     Cayaux ou cailloux (terre des, la fosse des) (1670) : la terre se trouve près de la Valentinoise. La fosse se trouve près de Grand Ry et de la fosse du gros Gérard.

83.     Cerisiers (terre aux) (1829) : Il y en a une au village et une autre à la Valentinoise.

84.     Cerfontaine (rue de (1844), quartier de (1596)) : la route de Cerfontaine s’appelle aussi la voie Saint Jean jusque Beaupont ; le quartier de Cerfontaine à Silenrieux se trouve où il y a la fontaine en face de la cense Paris. Cerfontaine veut dire une fontaine sur une hauteur (ser = sierra = hauteur). Le quartier de Cerfontaine faisait partie « des quartiers » et probablement du quart du domaine de Silenrieux qui faisait partie du Hainaut (voir partie politique).

85.     Chambre (la) : c’est un morceau de terre à Battefer.

86.     Champêtre (l’étang du) : il fut construit dans la vallée du Ry Jaune.

87.     Chane (courtil la) (1844) : c’est un courtil en forme d’escalier.

88.     Chanvrière ou Chenevière (jardin) : il se trouve au village et rappelle la culture du chanvre.

89.     Chanière, Chaniève ou Chenère Hansine (le courtil, le pré) (1619) : il rappelle le chanvre. Il y a aussi la Chaniève Fontenelle (1769).

90.     Chapelets (terre des 3 chapelets) (1829) : le chapelet est un instrument de prière. 

91.     Chapelotte (ruelle).

92.     Chapitre (terre du) (1829) : elle se trouve à la Valentinoise et appartenait au Chapitre de Thuin ou de Walcourt.

93.     Charles (la terre) (1683) : Charles est un nom de personne.

94.     Charlot (le courtil) (1617) : Charlot est un nom de personne et se trouve près du bief du moulin du village.

95.     Charne (pré au) (1617) : il rappelle l’arbre le charme et se trouve à Falemprise.

96.     Chasse (courtil la) (1829) : il se trouve près de Bethléem.

97.     Chat (courtil du, ruelle du) (1844) : la ruelle du chat était en face de l’ancienne église.

98.     Château d’eau (érigé en 1937) : il est au Cheneux pour alimenter la conduite d’eau.

99.     Chauderliers (terre des, campagne les, culée des) (1610) : il rappelle les chaudronniers et se trouve près de Terginsart, tenant au chemin allant à Paradis et au bois de la Marlière.

100.   Chaufours ( four à chaux) : anciennement à Silenrieux, on faisait des fours à chaux volants consistant en petits fours alimentés au bois qu’on démolissait après usage. Plusieurs endroits sont ainsi cités : « au chaufour » près de Grand Ry (18ème siècle ; « au tournant du chaufour » et « au chaufour tenant au chemin de Boussu » (1616). Au 19ème siècle, on construisit des fours à chaux avec l’exploitation des carrières ; « au chaufour Léonard » à l’ancienne carrière Gérardfalize.

101.   Chaunes lez bosquet (campagne de) (1829) : elle se trouve près de la campagne des bosquets du coté de Daussois.

102.   Chavée (chemin) représente un chemin creux.

103.   Cheneux (campagne du (1618), fontaine du) : la fontaine servit à la distribution d’eau au fond du village. Le Cheneux vient d’un lieu où il y avait des chênes.

104.   Cheneux de Daussois (1619) : terre tenant au Cheneux de Daussois.

105.   Chêne (terre le, chemin du gros) (1623) : le chemin du gros chênes mène à Walcourt.

106.   Chèvremont (bois de (1765), terne de (1613)) : c’est une crête allongée évoquant le dos d’une chèvre. Ce nom peut aussi venir de l’indo-européen cap et mont qui veut dire 2 fois une hauteur.

107.   Chapelle (voir la partie religion). Il y a de nombreux lieux dits « derrière la chapelle ».

108.   Chipète (le pont) : cela vient probablement du surnom de l’entrepreneur ; c’est le pont du chemin de fer au dessus de l’Eau d’Heure en dessous de la Fostelle.

109.   Cimetière (le) : l’ancien était à la plaine de jeux et le nouveau est à la terre à l’huile au Strampia.

110.   Cinse (terre de la) (1829) : il s’agit de la cense de Falemprise.

111.   Claude ou Glaude (le trieu) (1642) : ce trieu se trouve près de la voie des Bourguignons.

112.   Clément (le pré, le vivier) (1616) : c’est le pré gisant au Ry Jaune appelé le vivier Clément.

113.   Clibot (le trieu) (1829) : il se trouve au village.

114.   Cloes (le pré, la taillette) (1649) : le pré Jean Cloes se trouve près du Fond du Puiche à la limite avec Soumoy.

115.   Cocdar (campagne de, terre de) (1604) : elle se trouve près de la Bierlée et vient de 2 noms indo-européens qui veulent dire tous les 2 une hauteur : « coq » = hauteur arrondie et « ar » = hauteur.

116.   Cocole (la place de la (1626), la fontaine de la (1614)) : le nom vient de coq qui signifie un endroit élevé ou d’un sobriquet pour une personne.

117.   Cogniet (le champ) (1722) : Cogniet peut signifier le nom d’une personne de Silenrieux « Cogneau ».

118.   Coin du bois (au) : il indique une maison appelée anciennement « la masure de la violette ».

119.   Cokiamont (bois de) (1692) : le nom vient de 2 noms qui désignent une hauteur : coq = sommet arrondi (langage indo-européen) et mont = hauteur.

120.   Colaux (terre de) (1829) : Colaux désigne une personne et la terre se trouve au village.

121.   Condelette (le sart) (1596) : cela signifie un sart pour lequel on a dû souffrir pour le défricher.

122.   Consol (le pré au) (1844).

123.   Corbeaux (la terre aux) (1844) : les corbeaux sont des oiseaux et la terre se trouve à Battefer.

124.   Cori (bois) (1589) : le mot veut dire un coudrier ou un sorbier. Ce bois a disparu et se trouvait à la limite entre Silenrieux et Walcourt près de Gerlimpont.

125.   Coumagne (le bois de la, cense de la) (1456) : ce sont des bois communs qui servaient aux habitants du village et qui se trouvent entre Soumoy et le Ry Jaune. En 1756, on parle d’un certain Ignace Béchet sur la cense de la Coumagne (c’était peut-être la cense de la communauté du village pour aider les habitants à rassembler les bêtes).

126.   Courtil (curtis en latin veut dire espace clos) : un courtil est à la fois un verger, une prairie, un jardin avoisinant une habitation. Les courtils sont nombreux à Silenrieux. Ils sont classés avec un nom de personne en général sauf « le grand courtil » « les courtils de la l’eau »

126 bis. Courtija (les) (1829) : ensemble de courtils près du village.

127.   Courtiseaux (les) (1592) : les Courtiseaux tenant au chemin du seigneur et à la rivière.

128.   Coustres (les) (1460) : il y a les Coustres à Falemprise venant des biens de la coustrerie de Walcourt. Il y a aussi le champs « le Coustre » près du ruisseau de Daussois et de la Bierlée.

129.   Coustrie (pré de la) (1576) : Il se trouve à Falemprise et appartenait à la coustrerie du chapitre ND de Walcourt qui était un fief avec justice, cens, rentes et seigneurie du comté de Namur en terre liégeoise.

130.   Couturelle (la) (1615) : c’est un ensemble de terre destinée à la bonne culture et trouve son origine dans la réserve du seigneur du domaine de Sileno rivo. C’est un diminutif de culture ou couture. Elle se trouvait près de Pironfond.

131.   Cravatte (le courtil) (1829) : le mot « cravatte » provient des soldats de Croatie appelés « les Crowattes ».

132.   Crevoir (terre au) (1844) : elle indique peut-être l’endroit où on a enterré les soldats morts à la bataille de 1794 près de la Valentinoise où les combats furent violents.

133.   Croix (les) (voir partie religion).

134.   Croix chapelets (terre aux) (1829) (voir les 3 chapelets).

135.   Croix Bidot (terre de la) (1606) : elle se trouve en allant vers Daussois.

136.   Croix (terre de la) (1617). Cette terre se trouve à Winanville.

137.   Cul de fosse (au, chemin du) (1829) : cet endroit se trouve près des maisons disparues de Jérusalem.

138.   Culée (la) : elle représente l’extrémité de quelque chose et indique souvent un terrain acculé contre un bois : « la culée del Fréchaille » près de Féronval, « le pré des culées » près de Terginsart, « al culèye djan stiène » aux Haies, la « culée de Chauderli » près de la Marlière.

139.   Cure (le pré de la, la terre de la) (1628) : elle permet de prendre en charge la cure ou elle appartient à la cure.

 

140.   Dames (pré des (1617), ri des (1735)) : plusieurs prés de la vallée du ri des dames s’appellent « pré des dames ». Ce nom est peut-être une évocation des moniales qui occupèrent l’abbaye du Jardinet de 1229 à 1441 car le nom de dame leur est attribué. Une autre origine se trouve dans la métallurgie où une pierre verticale est appelée « dame ». Elle retenait le métal fondu dans le creuset et on évacuait la fonte par un orifice situé dans le coin de la dame et que l’on bouchait avec de l’argile. Le Ry des Dames fut aussi appelé « le boin rieuw » (en 1361), c’est-à-dire le bon ruisseau ; le ruisseau de Daussois ; le ruisseau de paradis et le ruisseau de dessous la ville (peut-être la villa de la Bierlée).

141.   Damont (pré de) (1616) : Damont signifie une personne et se trouve à Winanville (Falemprise).

142.   Daussois (tienne de (1589), ry de, la piésente) : ces noms sont liés avec le village voisin de Daussois.

143.   De la haut (le courtil) : le cadastre l’appelle Orphelone.

144.   Delisier (le pré) (1725) : Jean Delisier est une personne ; en 1657, on parle du pré Jean Disier renclos de vive haie.

145.   Denis (le courtil) (1660) : Denis signifie une personne et se trouve à Falemprise. (L’atlas des chemins parle de pré de la Denée).

146.   Desyerre (le pré) (1613) : le pré Jean Desyerre est probablement le même que le pré Jean Disier ci-dessus.

146 bis. Dieudonné (pré) (1829) : Dieudonné est un nom de personne.

147.   Dîme (la cense de la, la grange de la, le courtil de la, le pré de la) : la cense et grange (voir les censes). Le courtil de la dîme est près du bief du moulin du village (1669). Le pré de la dîme à Falemprise appartient à la fabrique d’église de Villers.

148.   Djanne Ry (Ry Jaune) est le nom moderne du Ry d’Hennevaux. Le Ry Jaune est une appellation tardive du rieu d’Hennevaux justifiée par la couleur de ses eaux dû aux lavoirs à minerai de fer installés sur ses bords en amont de Silenrieux (Villers et Daussois). Le rieu de Hennevaux est cité en 1383. « Vaux » vient du latin « vallis » qui signifie vallée et « henne » probablement d’un nom de personne ou de hen (hener) qui veut dire essoufflement, travail, souffrance et labour. Dans ce cas, on peut parler de vallée au dur labeur.

149.   Djauke ou Jacques (le trieu) : un nommé Jacques Sainthuile y avait une maison actuellement disparue.

150.   Dokir ou Docquier (le pré) (1612) ; Docquier signifie un nom de personne et le pré tenait aux Coumagnes par dessus le vivier Clément et près du warissaix descendant du sart Peronne.

151.   Douaire (le pré du) (1603) : le douaire est une terre dont le revenu va au curé. Il était près de Beaupont en dessous des forges de Féronval et gisant à Montleaue près de la Loripette.  

152.   Driane (la place (1590), le courtil (1609)) : Driane est un diminutif d’Adrien.

153.   Ducarme (le pré) (1590) : Pierre Ducarme est cité en 1627 et le pré se trouve près de la place Cocolle.

154.   Dumont (le courtil) (1609) : le courtil Jean Dumont se trouve près des « Marais » entre Pas de la l’eau et le village.

 

155.   Eau d’Heure (la rivière de l’) : le mot « eau » vient de l’ancien français eave, iave, ieve, eve, dérivé du latin aqua. Le mot « heure » vient de « hur » du vieux allemand horo, horan qui signifie le marais suivant Roland ou du moyen néerlandais hore qui signifie boue selon Carnoy. Dans ce cas, l’heure (hur ou ur) apporte aussi la signification de l’eau ou de quelque chose d’humide (marais et boue). Une autre explication trouve dans ora, l’origine du mot « heure » et celui-ci signifie alors une limite naturelle en latin. La rivière aurait fait la frontière entre 2 pagus ou 2 peuples celtes (les nerviens et les aduatiques).

156.   Eglise : (voir partie religion).

157.   Emerée (lieu-dit) (1612) : il y avait la haute et la basse Emerée. La seule qui subsiste est la haute sous la forme de Lautemerée sur les hauteurs de Falemprise. En 1026, on apprend qu’une partie de la villa d’Emerée est donnée à la coustrerie de la collégiale de Walcourt (« immo in villa emmereis sex bonnaria » dans le cartulaire de Walcourt). Il s’agit probablement des biens de la coustrerie de Walcourt à Falemprise reprise sur la carte de Ferraris. L’origine du nom viendrait d’un domaine franc suite à un partage romain. « Emer » est un nom germanique de personne et « iacas » signifierait le domaine de Emer.

158.   Enclos Tamene (le pré) (1829) : Tamene est un nom de personne.

159.   Espinée (terre de l’) (1616) : l’Espinée signifie une touffe d’épines.

160.   Espinette (la terre) (1592) : c’est une terre tenant au chemin de Pironfond et du paradis près de Battefer. L’Espinette signifie que les épines sont présentes.

161.   Escaile (le pré) 1829.

 

162.   Fausse eau (ancien lit de l’Eau d’Heure) (1618) : plusieurs anciens lits de l’Eau d’Heure sont laissés sous eau et convertis en viviers à cause du canal de dérivation pour le moulin.

163.   Fachète ou Fauchette (le courtil) : il se trouve à la Valentinoise.

164.   Faignes (voie des) (1619) : Il y a une terre par delà « Foubeapont » tenant à la voie des Faignes.

165.   Fairoul (le pré) (16ème siècle) « au petit Fairoul » : ce lieu est lié à la métallurgie.

166.   Falemprise (le hameau de) : l’origine se trouve dans « folle emprise » ou annexion sauvage et non autorisée d’un terrain banal. Anciennement, ce lieu s’appelait Winanville. Mais le fourneau de Winanville construit de très ancienne date aurait été considéré par les habitants comme une folle emprise sur le ruisseau qui était propriété du seigneur local. (Voir partie économique).

167.   Fau (ce mot signifie hêtre tout comme fayeni ou fowia) : Plusieurs endroits sont caractérisés par ce terme : il y a « les grands faux »tenant au chemin de la fosse et à la terre « la brouquet » (1612). Il y a aussi la taille des Faux ou le bois des Faus (1722).

168.   Faudreu (maison du (1651), terre du (1670), campagne du (1844)) : une terre du Faudreux se trouve près du chemin de Daussois et une autre près de Baileu. La campagne du Faudreux se trouve près du chemin de la Violette. La maison du Faudreur près de la Violette. Un faudreur est un ouvrier qui fait du charbon de bois.

169.   Febvres (pré aux Febvres) (1638) : Il se trouvait à Battefer. Le nom vient d’une légumineuse ou d’un nom de personne.

170.   Féronval (c’est le val des férons) (1652) : ce nom a été donné suite à la construction de la forge et du fourneau par le prince de Barbençon vers 1640 (voir partie économique) ; avant, cette vallée profonde s’appelait « Perfondval » et faisait partie du domaine de Silenrieux au Moyen Âge (voir partie politique) ; Perfondval signifie « vallée profonde et encaissée ».

171.   Fontaine (courtil la (1701), pré de la (1613)) : le nombre de fontaines est repris ci-dessus dans la partie sur l’hydrographie. Cependant, il existe le courtil de la fontaine près de Baileu et le pré de la fontaine près de la piedsente qui va à Féronval et Beaupont.

172.   Forêts (bois et source des) (1590) : les bois des Forêts et Forestelles appartenaient uniquement au Chapitre de Thuin, seigneur de Silenrieux.

173.   Forge (le pré de la) (1844) : il se trouvait à Falemprise près de la forge.

174.   Fort (le) (1667) : il y avait un fort à Silenrieux sur le grand chemin dudit Philippeville juste devant le brou à Pas de la l’eau. C’était près de la demeure du seigneur où se trouvaient les anciens bâtiments du domaine mérovingien de Sileno rivo. Pour les habitants, le cimetière du village servait aussi de fort car il était fortifié.

175.   Fosse (pré de la (1589), le lieu dit (1593), chemin de la 1692)) : le pré est en dessous de Spèche. Le chemin va de Baileu à Beaupont en passant dans la Bellevallée. Le lieu-dit est près du chemin.

176.   Fosse du gros Gérard (la) (1618) : en 1794, on y aurait fait un charnier après la bataille de 1794 et on l’aurait appelé « le saloir ». Elle se trouve près du trou Masset non loin du Grand Ry (1632). 

176 bis. Fosse du gros pierreux (la) (1829) : elle se trouve près de la fosse du gros Gérard.

177.   Fostrie (le pré de la) (1596).

178.   Fostelle ou Forestelle (le bosquet de la, le chemin de la) (1608) : ce lieu se trouve au dessus du brou derrière Pas de la l’eau.

179.   Fourni (terre au) (1844) : cette terre est liée à un fournil qui servait de four pour cuire les pains.

180.   Fournia (le, le pré des) (1599) : (voir la partie économique sur à Falemprise). Le Fournia était une salle de la marbrerie Devouge à Falemprise. Le pré se trouvait juste à côté.

181.   F(r ou l)echele, F(r)èchaille ou Frèchair (le lieu-dit de la, le courtil de, la culée de la, le pré de la, le chemin de) (1619) : tous ces lieux se trouvent en dessous du Renifond vers l’Eau d’Heure. Ce mot aurait un lien avec la fraise sauvage (Fréchair), ou avec la froideur et l’humidité du lieu (freis veut dire froid, humide), ou avec une terre en friche et le pâturage (freische signale le pâturage et la terre en friche).

182.   Frétchamps ou Froidchamps (la terre de) (1628) : elle se trouve près de Bethléem et vient du latin. Elle trouve donc son nom de l’ancien domaine de Sileno rivo.

183.   Froide bise (la terre de) (17ème siècle) : elle tenait aux aises de Silenrieux.

184.   Froids fonds (les prés de et le bois des) (1697) : ce fond se trouve dans la vallée du Ry Jaune et est composé de bois et de prés. Comme son nom l’indique il rappelle un micro climat de froideur.

 

185.   Galilée (la langue de, trieu de, le tienne de, la terre de) (1662) : la langue de Galilée se trouve le long du ri Gayot et son nom a pour origine les croisades des seigneurs de Walcourt (voir Bethléem).

186.   Gambor (le lieu-dit de) (1690) : il y avait un grand bâtiment, une maison, une grange, des étables et des bergeries situés au lieu appelé Ga(m)bor. Gambe veut dire une jambe ; y aurait-il un lien avec la jambe de bois ? « Gamboyer » veut dire boiter. Le lieu-dit « Jambe de bois » se trouve au bas de la Bellevallée (Ry Gayot) et « Gambor » au dessus près de la source. Il faut aussi savoir que les lieux qui représentent la Palestine sont au même endroit.

187.   Gault (le) (1590) : il y avait un jardin au lieu appelé le Gault. Gault signifie un bois, une forêt, un bocage ou une terre inculte avec broussailles.

188.   Gayot (ri, place de, pré de) (1619) : on utilise la première fois le nom de Gaillot pour le « terne Gailloz ». C’est en 1638 que Jean Gailloz vend ses bâtiments de la place Gaillot. Le rieu n’apparaît qu’en 1694 : « le rieu Gatot ». Il a eu aussi le nom de « rivière de Galilée ».

189.   Genestre (la fontaine, la terre) 1665 : ils se trouvaient près de la Fréchaille et tenaient à la voie herdale.

190.   Général (terre du) (1829) : cette terre est probablement liée à la venue lors de bataille d’un général à la Valentinoise.

191.   Gérardfalize ou Gerofalise (Djéraufaliche) (1589) : c’est un endroit qui fut exploité pour les pierres bleues calcaires près de Battefer (voir la partie économique). Le mot « falise » (falisia en latin) veut dire un endroit où il y a des roches et rochers sous forme de légère falaise et le mot « Gérard ou Gero » vient probablement d’un nom de personne qui fut dans les premières à exploiter ce site. Un texte parle d’un petit chestel étant à Gérardfalize. Un chestel est un bien, un patrimoine ou une possession principalement mobilière. « Gero » est aussi un mot latin qui veut dire : porter, transporter, produire, accomplir, exécuter, gérer, administrer ou le porteur.

192.   Gerlimpont (moulin de, stordoir de, brassine de, campagne de, le ry de, le tienne de) (1528) (voir partie économique) le mot vient de pont et d’un nom de personne.

193.   Gilbert (le courtil) (1844) : Gilbert est un nom de personne.

194.   Gillard (la place, le pré) (1662) : la place Laurent Gillard est près du puis et le pré Jean Gillart est au « fond du puis ».

195.   Gilcart (le fond) (1605) : Gilcart est un nom de personne et ce fond est situé près du bois de Lorefayt.

196.   Gobeau (le pré) (1614) : il s’agit d’un nom de personne. Il y a le petit pré Gobeau et le grand pré Gobeau.

197.   Gobert (la haie, le pré) (1666) : il s’agit d’un nom de personne.

198.   Gobey (la terre) (1610) : « le bonnier Gobey » est le nom d’une personne.

199.   Gomaireu (bois de, campagne de, chemin de) : le mot « reu » vient du mot germanique rode qui veut dire un essart.  Gomer indique un nom de personne ou veut dire une chose de petite valeur.

200.   Gominfosse (pré de (1618), carrière de) : des carrières de pierres schisteuses sont laissées à la disposition des riverains comme pierres à bâtir ou à recharger les chemins. Le mot « fosse » signifie un fond et « Gomin » vient d’une personne thème gum mais avec le suffixe « in ».

201.   Gonti, Gauty ou Gantyfosse (le courtil) (1616) : ce courtil est situé près du « Joly terne » et du courtil Mathi.

202.   Goret (terne de, fontaine de) (1630) : il y a une terre au terne des ruaux nommé le terne Marguerite Bastin alias Goret. La fontaine de goret alimentait la première distribution d’eau de Silenrieux.

203.   Goulet (le pré, le sentier) (1829) : le sentier se trouvait près de Beaupont avant la construction du chemin de fer et le pré se trouve près de Bethléem.

204.   Goulia ou Gouliau (le pré) (1614) : un pré qui s’appelle Gouliau tient à la place Marie Visenne. Un autre pré près de la Bierlée va au mitant du Gouliau. Le « goulia » représente de l’eau qui coule.

205.   Goulias (les) : cet endroit se trouve à Nazareth au dessus de chez René Hancisse. Il représente de l’eau qui coule.

206.   Goulard (le vivier, le tienne le) (18ème siècle) : c’est le nom d’un maître de forges à Falemprise

207.   Goutes (le pré des) (1641) : L’exploitant du moulin de Silenrieux pouvait prendre terre au pré des gouttes appartenant à l’abbaye du Jardinet pour refaçonner les bieux du moulin.

208.   Goyète (la fontaine, le sentier) : c’est le nom actuel d’une fontaine appelée jadis fontaine Hanzène à Nazareth. Le sentier « Goette » allait de Gambor vers le nord ouest.

209.   Grandelet (le vivier) (1613) : il existe le pré dit la Rochette qui tenait au vivier Grandelet et aux communes (Comagnes) de Silenrieux près de Daussois.

210.   Grand mère (le courtil) (1682) : au sud du chemin des mineurs à Falemprise, il y avait une maison et étable que l’on nommait la maison ou le courtil grand mère.

211.   Grand père (la terre) (1638) : elle se trouve à la place grand père.

212.   Grand (t)ry (le ruisseau, le chemin de, la ruelle de, la campagne de) (14ème siècle) : il se trouve dans la Verdevallée. Il formait d’abord un trieu ; puis il donna son nom à la campagne environnante, au chemin pour y aller et au ruisseau de la vallée.

213.   Grand trieu (la terre, la campagne du) (1829) : ce trieu se trouve près de la Bierlée sur le dessus vers Daussois.

214.   Grand route (rue Royale) : c’est un chemin royal qui date du 17ème siècle. (Il suit un ancien chemin romain) ; un chemin royal était un chemin renseigné pour relier plusieurs villes entre elles.

215.   Grand sart (la terre du) (1618) : elle tient au chemin de la fosse et les sarts représentent des terres défrichées au Moyen Âge.

216.   Grands ruwaux (les) (1587) : ils représentent les grands ruisseaux sans nom qui se trouvent le long de la rue Royale entre Boussu et le village de Silenrieux. Il existe aussi le pré des Ruaux.

217.   Greffe (terre à, le pachi à (1730), le courtil (1592)) : la terre et pachi se trouve près de Bethléem et le courtil à Greffe à Winanville.

218.   Grosses pierres (warissaix des,) (1627) : c’est un endroit caractérisé par la présence de grosses roches à la lisière du bois de Terginsart face à Lorefayt.

219.   Grosse haie (terne de la) (1638) : le terne se trouve près du warissaix de la Rochette.

220.   Guersonnière (1563) : un lieu qui se trouvait à Battefer.

221.   Guilmen (le courtil) (1616) : Guilmen est un nom de personne et se trouvait près du chemin de Grandrieu.

222.   Gustin (la place) (1649) : elle se trouve aux Haies et représente le diminutif d’Augustin.

 

223.   Hainaut (le trieu) (1829) : il se trouve près de Maisoncelle.

224.   Hairre Bony (la terre) (1617) : elle se trouve près des Bourguignons et Hayire signifie du schiste qui affleure le sol comme une ardoisière.

225.   Hallebarde (le pré) (1589) : il se trouve en dessous de la forêt non loin de la Nauve et de la place Gaillot. Ce pré était loué pour servir à payer la hallebarde du bedot.

226.   Hanulet (le sart) (1628) : il était près du bois Gérardfalize.

227.   Hanzéne (fontaine, le pré de) (1607) : ce nom sera remplacé par Goyète. A faire le lien avec la chenière Hanzene.

228.   Haulin (le courtil, le pré) (1690) : le courtil se trouvait près de l’Eau d’Heure et du chemin Royal.

229.   Haulte fleur : c’est un bois de haute futaie qui faisait partie des Coumagnes.

230.   Hautenne (l’étang) : dans la vallée du Ry Jaune.

231.   Haverlant (le pachi) (1722).

232.   Haies (le quartier) (1735) : c’est un quartier de petites propriétés rurales établies sur d’anciennes places vendues au 17ème siècle. (Voir le hameau des Haies ci-dessus avec la carte des places). Les places sont des propriétés défrichées venant du chapitre de Thuin ou de la communauté qui furent aliénées au profit de particuliers. Le terme « Haie » vient de haga qui veut dire bois en langue germanique.

233.   Hennevaux (voir Djanne Ry) (1383) : le wez de Hennevaux se trouvait où le chemin de Silenrieux à Cerfontaine passait dans le ry.

234.   Henossart (le sart) (1660) : il se trouve près du Ry des Dames. Héno signifie un nom de personne (voir aussi la signification du Ry Hennevaux) et sart un endroit défriché au Moyen Âge.

235.   Henricourt (le bois) (1606) : Henri est un nom de personne et court vient de curtis qui représente la cour principale d’un domaine.

236.   Herman (le pré) (1691) : Herman signifie une personne et il se tenait aux aises au warichaix du vivier.

237.   Hierdal ou herdal (le chemin (1626), la pâture (1829)) : les chemins herdaux sont utilisés par les gardiens des troupeaux communs pour aller nourrir les bêtes et la pâture servait à garder les bêtes avant de partir.

238.   Houblonnière (la) (1592) : ce terme nous rappelle que nous avons produit du houblon pour la bière. Il y avait une houblonnière près de Bethléem et la houblonnière du curé au village pour sa brasserie.

239.   Houssière (la) (1722) : c’est un bois de houx qui se trouvait près du chemin de Rognée.

240.   Hubert (le courtil) (1692) : le courtil Catherine Hubert.

241.   Hubiet (le courtil) (1728) : Hubiet est un nom de personne.

242.   Hubloprez (pré) (1613) : c’est aussi le pré d’une personne.

243.   Huréye (la terre) (1683) : Huréye veut dire un talus. Plusieurs terres ont portés ce nom : une terre près de Servais terne ; une autre à Pas de la l’eau appelée « la terre à Hurée » ; une dernière appelée « entre les 2 hurées » tenant à la voie de la procession.

244.   Hureux (la voie des) (1590) : elle se trouvait près des quartiers et montait vers Boussu entre 2 talus. Le mot vient aussi de hureye qui veut dire un talus.

245.   Huticques (chemin des) (1628) : il se trouvait près de Battefer et non loin du Paradis et faisait penser à un diminutif du néerlandais « hut » qui veut dire une hutte ou une petite masure.

 

246.   Idelette (le pré, le sart) (1680) : le pré appelé sart Idelette tenait de midi aux trieux de Bethléem. Idelette représente un prénom.

247.   Ignée (le courtil) (1844) : il représente un pré, une terre, une maison et un jardin. « Ign » désigne un nom de personne et le suffixe « iacas » introduit la notion de domaine ou villa.

 

248.   Jacquet (le pré) (1844) : Jacquet est une personne et son pré était situé de part et d’autre du ri Gayot et fut coupé en 2 par le chemin de fer.

249.   Jambe de bois ou Lambe de bois (place de la (1643), le courtil de (1724)) : c’est un endroit où il y a un coude, un méandre d’un ruisseau. Les anciens parlent du pré « lambélépia » pour définir ce lieu-dit. Il y aurait eu un moulin à cet endroit car on voit encore des caves selon les anciens. Il se serait trouvé en face de la cense de Galilée (chez Cheung) où un bâtiment était en ruine en 1830.

250.   Jardinet (l’abbaye du) : elle exerça une grande influence sur la vie rurale de Silenrieux où elle posséda le moulin, la dîme, la collation des curés et les fermes de la Valentinoise, Paris, Maisoncelle et Bethléem.

251.   Jérusalem (les maisons de, ruelle de) (1771) : les maisons de Jérusalem sont représentées sur la carte de Ferraris près de Bethléem.

252.   Joli tiène (le) (1590) : il y a une pièce de terre appelée « Joly terne ». Du haut de la colline, la vue est jolie, mais il est probable que l’origine de « Joli » dérive d’un nom de personne ou signifie riche, huppé, ardent, content ou satisfait.

253.   Joncquière (le bois) (1694) : ce nom est dérivé du jonc fréquent dans la région.

254.   Joniau (la place) (1728) : la famille Joniau est fort représentée à Silenrieux et cette place se trouve le long du bois des forêts près de Nazareth.

255.   Joutte (le pré de la) (1615) : la joute est un combat courtois à cheval et d’homme à homme. On cite « les 2 prés « al Joutte ».

256.   Journet (le pré) (1829) : le journel est une partie d’un bonnier et se trouve à Falemprise.

257.   Justice (la terre de la justice) (1590) : les exécutions judiciaires ne se faisaient pas toujours au même endroit mais toujours au limite avec une commune voisine. Il y avait plusieurs endroits signalés pour Silenrieux : une pièce de terre de la justice vers Daussois le long de la grand route (1590), une autre terre de la justice vers Boussu près de la terre de la Saulx non loin du chemin des férons et du poirier de la justice (1618), une dernière terre où Marie Longfils, sorcière, aurait été brûlée à la limite entre Silenrieux et Walcourt non loin du chemin qui allait de Walcourt à Daussois.

 

258.   Kersinelle (la, le courtil, la fontaine) (1623) : la Kersinelle est un endroit qui longeait l’Eau d’Heure du village à Battefer. Il y avait en 1623 une maison et un jardin à la Kersinelle. On parle aussi du courtil de la Kersinelle du Bosseupret en 1641. Le terme vient du wallon « kerson » qui veut dire du cresson.

 

259.   Lagasse (la place) (1617) : elle se trouve près du château d’eau au Violette.

260.   La Thuilette (1844) : cet endroit est incorporé au bois de Ponthière près de Cokiamont. On y trouve des anciennes tuiles.

261.   Lambène (le pré) (1844) : Lambène signifie le nom d’une personne et le pré se trouve à Falemprise.

262.   Lari (le courtil) (1844) : Lari représente le nom d’une personne.

263.   Lavoir (la terre à) : une fontaine dans une terre qui servait de lavoir aux gens de la Valentinoise.

264.   Leinaiterne (le tienne) (1670) : ce tienne se trouve au midi de la cense de Bethléem.

265.   Le ject (la place) (1613) : la place Jean Le ject se trouve près de Verdevallée.

266.   Lémeri (le bois) (1829) : c’est une partie des bois de Silenrieux qui furent la propriété du gouvernement près de Gerlimpont.

267.   Le comte (le pré) (1615) : Le comte représente le nom d’une personne.

268.   Le Rond (la terre, le vivier, le pont) (1619) : la terre appelée Jean Le Rond tenait à la cense de Bethléem. Le vivier Le Rond sur le Ry des Dames était sous la Bierlée. Le pont Le Rond enjambait le bief de Battefer. Charles Le Rond fut maître de forges au 17ème siècle à Battefer.

269.   Leu (loup) (le trou du, la goulète du) (1614) : il existait un jardin gisant au trou du loup. Il existait aussi un champ appelé « les loups » en 1557.

270.   Leurène (la place) (1671) : Leurene est un nom de personne. (Voir les places ci-dessus).

271.   Ligoz (la place) (1672) : la place Jean Ligoz est près de Frèchèle.

272.   Linau (le courtil) (1829) : Linau signifie un nom de personne et le courtil se trouve près de la campagne Ste Véronique.

273.   Lin (le pré au) (1829) : il se trouvait au village.

274.   Livin (le tienne) (1687) : Livin est un nom de personne.

275.   Longechal (la voie) (1829) : elle monte à Gérardfalize.

276.   Longmepreit (le pré) (14ème) : ce mot veut dire soit un long « mépreit », c’est-à-dire un long mauvais pré, soit un pré de long manse, c’est-à-dire une mesure agraire.

277.   Loraux ou Lora (la fontaine) (1617) : elle se trouve près du Pairou en dessous de Terginsart (non loin de la maladrerie de Walcourt). Il y a une autre source au bois de Terginsart en face du Tivoli : « prairie appelée le pré de la fontaine Rollaux tenant à l’Eau d’Heure ». Les noms de fontaines sont liés à des personnes.

278.   Lorefayi ou Laurefayis (bois de et campagne de) (14ème) : il y a le grand Lorefayi à droite du chemin qui monte à la Valentinoise et le petit Lorefayi à gauche de ce chemin (il en reste un bosquet car il a été défriché). Fayi veut dire un hêtre et « lore » pourrait venir du latin « lorus » qui veut dire comme le précédent, c’est-à-dire que les hêtres seraient tous semblables dans ce bois. Cependant, « laure » peut aussi vouloir dire isolé et on aurait alors un bois avec des hêtres isolés. Enfin, « Loré » signifie le long de ou sur le bord.

279.   Loripete ou Lauripète (la) (1694) : elle devient une ferme en carré en 1878 car, avant, les bâtiments étaient épars. Elle a toujours été une auberge depuis la création de l’industrie métallurgique à Féronval. En général, « al Loripète » est un lieu à l’entrée d’un village avec un cabaret et peut-être un droit de barrière. « Laure » signifie un endroit isolé, un hameau ; cependant, « loré » peut aussi vouloir dire un endroit le long de ou sur le bord car la Loripete est à la limite avec Boussu. Le mot « pet » signifie une colline, une éminence ou un lieu élevé. Enfin, « loripes » en latin veut dire « quelqu’un qui traîne les pieds ».

 280.   Lota ou Lottau (le courtil) (1590) : Lota est un nom de personne.

281.   Lottart (les marais) (1588) : un jardin tenant dessous les grands ruaux près des marais Lottart. C’était des marais le long du grand ruaux qui descend de Boussu et qui porte le nom d’une personne.

282.   Lottes (le courtil aux, le pré aux) (1619) : ce courtil aux Lottes se trouve près du warissaix du marais (maret) à Pas de la l’eau. Sur les documents du cadastre, on parle de pré aux lotes en 1829. Les lottes sont des poissons d’eau douce à chair estimée qui pouvait avoir entre 30 et 70 cm de long et au maximum 4 kg. Il vient du gaulois « lotta ». Il est aussi possible que ce mot soit un dérivé de « loutre » qui était un animal répandu dans nos régions avant le 20ème siècle.

283.   Louffe (la terre à la) (1844).

284.   Louttes ou Lottes (la haie aux) (1608) : la haie aux Louttes est un petit bois qui se trouve près du « Joly terne » à Pas de la l’eau et non loin du courtil aux lottes. (« Lottes » signifie la loutre ou le poisson).

285.   Luminaire (la terre du) (1614) : ce terrain était prévu pour payer le luminaire de l’église.

 

286.   Madame (le pré et le trieu) (1652) : le pré et le trieu Madame se situe près de Bethléem et du chemin de Baileux.

287.   Magrite ou Marguerite (le courtil) (1691) : le courtil Marguerite se trouve près de Gambor.

288.   Mair (le pachi du) (1664) : il est probable qu’on parle ici du pachi du maieur.

289.   Maison de Pierre (1623) : il s’agit d’une maison qui prend le nom d’un occupant.

290.   Maitre (les prés du) (1691) : il s’agit de prés appartenant à un maître de forges probablement de Falemprise car ils se trouvaient non loin du bois de « Cokiamont ».

291.   Maladrerie (la) (1618) : elle se trouvait à Pas de la l’eau : « pré gisant au brou tenant d’orient à la Fostelle, de midi à la maladrerie de Silenrieux ». Cependant, il y avait aussi un pré de la « ladriye » près de la Bierlée. Celui-ci servait probablement comme appoint financier à la maladrerie du village.

292.   Malet (le courtil (1628), le pré (1694), le pont (1728)) : Mal(l)et est un nom de personne. Il a donné son nom à un courtil au village et à un pré qui se tenait au midi du warichaix du plane près des Froidfonds. Le pont permettait au ruisseau né de la fontaine de Goret de traverser le chemin Royal non loin du courtil.

292 bis. Malot (tienne du) (1829) : Les malots sont les habitants de Daussois. Ce tienne est à la limite de leur village.

293.   Maraches (le bois, le chemin) (1793) : les Maraches se trouvaient près du pré Ursule. Ce mot signifie un endroit marécageux.

294.   Maréchaux (le bois des) (1692) : il trouve son origine d’une espèce de grosses fourmis ou des maréchaux qui étaient anciennement les maîtres de forge.

295.   Marécage (le) (1829) : il se trouve à Falemprise.

296.   Marais, Marès ou Marets (les, la place du, le pont du, le warissaix des) (1590) : cet endroit était une sorte de place publique entre le village et Pas de la l’eau où il y avait des près marécageux. Il y avait aussi un pont sur l’Eau d’Heure.

297.   Mariyon (la fontaine, le bois, le fond) (1638) : le nom vient d’une personne et le lieu se trouve non loin de la voie de la Rochette.

298.   Marsi (le sart, la terre) (1844) : le mot « marsi » peut vouloir dire que la terre est l’objet du marsage (semailles en mars) où il désigne un nom de personne. Cette terre et sart se trouvent à Falemprise.

299.   Martinmont (le) (1603) : ce lieu se situe près du bois de Seuri vers Walcourt.

300.   Martinne (le courtil) (1669) : Martinne est un nom de personne et son courtil se trouve près du bief du moulin du village.

301.   Massau (la terre, la place) (1649) : Piro Massau possédait une place et terre aux Haies.

302.   Masset (le pré (1829), au trou (1619), la taillette (1619)) : Masset est un patronyme de longue date à Silenrieux. Le trou et la taillette Masset se trouve près des fosses du gros Gérard. Le pré Jean Masset près de la Loripette.

303.   Mathy (la ruelle (1844), le courtil (1619), la place (1667)) : Mathy est un nom de personne. Il a donné son nom à la ruelle qui monte de Pas de la l’eau à Nazareth, au courtil qui se trouve au pied de cette ruelle et à une place qui tient au chemin de la fosse aux Haies.

304.   Mathieu (l’étang) dans la vallée du Ry Jaune actuellement sous eau.

305.   Matiène ou materne (la terre, la chapelle) (1670) : Materne est un prénom porté par les habitants du village. Cependant, Saint Materne est lié à l’histoire ou la légende de la fondation de Walcourt.

306.   Marteau (la terre le, le tienne du) (18ème siècle) : la terre et le tienne des marteaux à Falemprise se trouve près de la taille Gobert. Les marteaux servaient à la métallurgie.

307.   Marville (la terre de) (18ème siècle) : elle se trouve à Gerlimpont. Marville est un nom de personne.

308.   Marguelerie (la terre de la) (18ème siècle) : cette terre se trouve près de Goret et servait à payer le marguillier. (Voir partie religion).

309.   Maudrivallée ou Modrivallée (la, le courtil de) (1602) : en 1696, on fait mention de masures et prairies à Maudrivallée. Un cimetière aurait existé à cet endroit. A la fin du 17ème siècle, elle s’étendait à la vallée de l’Eau d’Heure depuis le Ry Jaune jusque Féronval. Le nom vient de « moderi » vallée c’est-à-dire une vallée moyenne ou médiocre ou de « mordrer ou mordrir » qui veut dire tuer, assassiner. (Voir les légendes de Maudrivallée sur un meurtre qui y aurait eu ou la destruction d’une habitation tenue par des moines. Ce qui aurait aussi donné le nom de maudite vallée).

          Le terme « maudite » peut aussi venir de 3 mauvaises années de suite :

          en 1687, on ne récolte que la moitié de foins à cause de la sécheresse et du passage de soldats qui se sont servis avec leurs chevaux en 1688, les inondations de l’Eau d’Heure détruisent tout ; en 1689, les prairies fauchées de quelques jours sont entièrement détruites par l’armée de sa majesté qui est venue camper en ce lieu.

310.   Maurlères ou Marlères (le bois des et campagne des) (1609) : ce nom vient du vieux français marle qui veut dire de la marne (en gaulois, margila). Elle servait pour les engrais dans les champs car de la dolomie fut exploitée à cet endroit.

311.   Maurlet ou Morlet (le courtil de, la terre de) (1619) : Morlet est un nom de personne. Le courtil se trouve près de la ruelle Mengau derrière l’église actuelle. La terre se trouve près de Baileu.

312.   Maustichi (le, chemin du) : « stichi » signifie fourrer, introduire. L’endroit se trouve donc mal fourré. Il devient alors un lieu insolite.

313.   Mazi (la terre) (1844) : Mazi est un nom de personne et la terre se trouve près de Nazareth.

314.   Médot (le bief) : c’est le réservoir de moulin de Gerlimpont aujourd’hui envasé. Jean Médot a été propriétaire du moulin début 18ème siècle.

315.   Mengeold (le pré) (1679) : Menghold est un nom germanique et le pré se trouve à Falemprise.

316.   Messe au jour (la terre ou le pré) (18ème siècle) : il se trouve près des Bourguignons et de la fontaine Loraux. Mais il y a 2 biens « messe au jour » : un entre Bourguignon et la croix aux avés et l’autre sous Terginsart. Les revenus de ces biens allaient au chapitre de Walcourt (à la chapelle des messes au jour). Les fondateurs fixaient eux-mêmes les jours où les messes devaient être dites.

317.   Mingau ou Mengau (la ruelle) (1610) : elle est derrière l’église actuelle.

318.   Monts des mines (3 petites buttes) (1829) : selon la tradition, ce serait les rejets d'une mine de fer (pas du tout reconnu par le géologue Bayet venu sur place). Pour lui, il s’agit de retranchement élevé pour protéger des batteries d’artillerie lors des combats de 1794.

 

 

Les monts des mines

 

319.   Minières (chemin des, aux) (1683) : il s’agit d’un endroit proche du bois de Seuri où on a extrait de la limonite pour le fer. Le géologue Bayet y a vu des excavations (surtout autour de Seury).

320.   Minique (la ruelle) (1844) : la piedsente Dominique se trouve au centre du village.

321.   Minoterie (la taille de la) (1829) : le mot « minot » est une mesure de capacité qui signifie la demi d’une mine (une mine est la moitié d’un setier). Un minot de terre est une surface que l’on pouvait ensemencer avec un minot de grains. Il est possible que le moulin du village (la minoterie) ait donné son nom à cette taille. On y a trouvé au 19ème siècle beaucoup de reste de crayats de sarrasins (reste de la métallurgie)

322.   Moines (la terre des) (1613) : il s’agit de biens de l’abbaye du Jardinet.

323.   Moman ou Maman (la) (1829) : c’est un lieu où des maisons ont été construites récemment sur la route de Walcourt. L’origine vient peut-être de « mon âme » qui a donné « m’âme » et puis « al mam(an) ».

324.   Monau (le pachi ou le courtil) (1829) : Monau est un nom de personne et le courtil se trouve au village.

325.   Morgnau, Morgnion ou Morniou (pré de et campagne de) (18ème) : cette campagne se trouve près de Boussu et de la voie des férons : « l’enclos de Morgniau avec ses haies ».

326.   Monchelet (le pré) (1612) : il se trouve près de l’Eau d’Heure et du bois de Spêche. Il s’agit du nom d’une personne ou cela peut aussi dire un petit mont.

327.   Mont de Joie (le) (1650) : il se trouvait près de Ste Véronique. Les monts de Joie étaient des enseignes de chemin telles que les croix ou les grands arbres à l’approche desquelles le voyageur faisait éclater sa joie. A Silenrieux, les pèlerins qui allaient à Walcourt y jetaient une pierre de leur région. L’amas de celle-ci formait « des monts de Joie ».

328.   Montleau ou Mauleau (les prairies de) (1628) : ce sont des prés qui se trouvaient en dessous du jardin de la maison de la Lauripette. Le mot signifie un mont entouré de ruisseau.

329.   Monument (le) : il fut érigé pour les morts de la guerre 14-18 (voir patrimoine).

330.   Mortille (la) (1479) : la Mortille est un endroit qui longeait l’Eau d’Heure de Beaupont au village. Il formait des marécages et fut bouleversé par la construction du chemin de fer ; ce mot vient de « morte eawe ou aye » (eau).

331.   Moulin (le, la terre du, le courtil du, le tienne du) : il y avait 3 moulins à Silenrieux (voir la partie économique). En 1771, on cite une terre du moulin tenant à Terginsart et aux prairies de Gerlimpont. En 1724, on parle d’un courtil du moulin tenant à l’Eau d’Heure. En 1698, on cite une terre (tienne) du moulin proche du bois de Cori à Gerlimpont. Il y a aussi une terre du moulin près de Battefer.

 

 

Le canal du moulin du village

 

332.   Moulineau (le pré) (1628) : Moulineau signifie un petit moulin.

333.   Moulnirs (la voie des) (1628) : il s’agit de la voie des meuniers proche de Battefer.

334.   Mousquette (la terre de la) (1844) : un mousquet est un fusil. Cette terre se trouve à Falemprise.

335.   Maisoncelle (le ri de, la cense de) : Jehan de Maisoncelle était échevin de Silenrieux en 1456. Une partie du bâtiment du corps de logis ainsi que la moitié des terres sont sur Silenrieux.

 

336.   Nacot (la terre de) (1844).

337.   Nauve (la, le pré de la, le courtil de la) (1684) : ce sont des prairies de la vallée de l’Eau d’Heure qui vont de la Loripète jusque Beaupont. La signification vient de « noue » qui veut dire une terre humide et marécageuse ou de « nava » en indo-européen qui veut dire « au fond de la vallée ».

338.   Navia ou Naveau (le tienne) (1603) : il se trouve à Falemprise. Le terme « Navia » veut dire basse terre ou vient d’un nom de personne.

339.   Nazareth (à, le sentier de, derrière) (1722) : pour l’origine, voir Bethléem. Il s'y trouvait une ferme et un bâtiment nommé la petite bergerie à Nazareth.

340.   Niverlée (le wé de) (1603) : c’est un passage à gué qui se trouvait à Falemprise au sud du tienne Naveau.

341.   Noir aigle (le pré) (1603) : il y avait 2 journels appelés « le Noir Aigle » au chemin de Walcourt.

342.   Notre Dame (le pré (1605), le bois (1579), le tienne (1618), la terre (1593)) : le bois Notre Dame est à Falemprise près de l’Eau d’Heure et du tienne Notre Dame. Il faisait partie des biens de la coustrerie de la collégiale de Walcourt (comté de Namur). Le tienne Notre Dame est aussi appelé le « rond tienne » et est devenu une île au milieu du barrage de l’Eau d’Heure. A ceci, s’ajoute le pré et la terre Notre Dame. Il y a aussi le pré Notre Dame de la Nauve près de Beaupont. 

343.   Noupré (le) (1588) : il fut créé par la canalisation de l’Eau d’Heure pour le moulin et l’assèchement des marécages présents à cet endroit.

344.   Nouaufontaine (à) (1694) : ce lieu désigne une nouvelle fontaine.

 

345.   Orneaux (le pré des) (1662) : le nom vient des ormes (arbres).

346.   Orphelins (le courtil) (1829) : il se trouve au village.

 

347.   Pachi (le, la terre du) (1649) : il y a plusieurs endroits nommés « pachi » : le petit pachi et le grand pachi près de Try Paris, le grand pachi au dessus de la Bierlée, le pachi bié près de Bethléem et la terre du pachi. Ce mot veut dire un verger.

348.   Pairou (au, le tienne du, la terre du) (1457) : ce lieu se situe entre Battefer et les Bourguignons. Le mot « pairou » peut venir de pierre (petra) et indique un endroit pierreux. Il peut aussi venir de « pêre » qui viendrait du latin « parricus » qui veut dire un enclos ou un parc où l’on remise le charbon de bois ; il est possible que l’endroit ait été le domaine des charbonniers.

349.   Pale (la) de Battefer, de Silenrieux, de Féronval ou de Falemprise était un endroit pour retenir un bief.

 

350.   Panses ou Pances (les) (1629) : il y a à Gerlimpont un pré appelé la Pance du mitant tenant à la fausse eau et venant après le bief du moulin. Il y a un autre pré appelé la Pance près du bois de Terginsart car l’Eau d’Heure lui donne la forme d’une panse.

351.   Paradis (le, la prairie du, le chemin du, le rieu le, le pont du) (1589) : le terme « Paradis » peut venir d’un ancien cimetière des premiers chrétiens au Moyen Âge ou d’une ancienne maladrerie (fort peu probable). Mais il y avait aussi au 16ème siècle une famille nommée « Paradis » à Silenrieux qui a pu donner son nom à cet endroit car un nommé Jacques Paradis quitta Silenrieux avec sa famille en 1633 pour aller en Suède (c’était un très bon métallurgiste).

352.   Paris (la cense, le pré (1612), la croix (1588)) : le pré tenait à l’Eau d’Heure près de la cense. Celle-ci fut aussi dénommée la cense de la dîme, la cense Gallot et la cense Goblet. Paris était échevin à Silenrieux en 1456.

353.   Paris (le trieu, la place du trieu, la fontaine) (1618) : on trouvait à cet endroit nommé le Try Paris une maison, une grange, une étable, une pourprise, un jardin.

354.   Part (le pré à) (1608) : ce terme signifie un pré à partage. Il y en a un à Falemprise et un autre près de la Piloterie.

355.   Pas d’alne (la terre à) (1791) : elle se trouvait dans les terres du grand royot (ruaux) tenant à la cense Paris. Le « Pas d’ane » est un tussilage (plante).

356.   Pas (ou Par) de la l’eau (à) (1614) : c’est la partie du village bâtie sur la rive droite de l’Eau d’Heure. C’était probablement l’endroit où se trouvait la réserve du domaine du seigneur au Moyen Âge.

357.   Patar (au vieux) (1613) : cet endroit représentait une maison avec jardin appelé le vieux patar. Elle se trouvait près de Daussois. Un patar est une valeur monétaire.

358.   Patte d’eawe (le courtil) (1588) : ce courtil se trouvait près du chemin de Grand Ry. « Pate d’euwe » est une renoncule âcre (plante).

359.   Pater (la place) (1616) : la place Jan Pater était près de la cense de Bethléem.

360.   Plane (le tienne, le warichaix) (1613) : le warichaix du plane est situé près des Froidfonds. Le plane est un érable sycomore.

361.   Pérone (le sart, le trieux) (1616) : le mot « peron » vient de petra qui signifie un endroit pierreux. Le sart représente des terres défrichées au Moyen Âge. En 361 bis, le trieux de sart Perone.

362.   Pommier sauvage (la terre du) (18ème siècle) : il y a une terre au pommier sur la campagne au dessus de Gambor.

363.   Philippot (la terre) (1829) : Philippot est un nom de personne et la terre se trouve à la Valentinoise.

364.   Pisselotte (la, la fontaine de la (1588), la voie de la (1587), le pré de (1724)) : c’est un endroit où l’eau suinte. En 364 bis, le pré de la Pisselotte.

365.   Pierre (le tienne du grand (1649), pré des (1829)) : le pré des pierres est à Falemprise. Le tienne du grand Pierre renseigne un nom de personne.

366.   Pierre(s) a urreaux ou az oriaux ou ab horreas (az ou aux) (1587) : cet endroit se trouve près de l’ancien moulin de Battefer ; il s’agit de pierres qui peuvent avoir 3 significations : soit qu'elles servaient de limite ou borne (ur ou hur peut signifier une limite), soit qu'elles ressemblaient à la hure du sanglier, soit qu'elles servaient à la prière, la prédiction ou à l’adoration (orer en vieux français).

367.   Piken’dik (vient de pikken = chiper et de dik = gros) : on raconte que ce nom fut donné par des ouvriers flamands qui travaillèrent au chemin de fer. Dans les maisons voisines, on tenait cabaret ; un incident oublié a sans doute donné naissance à ce toponyme. C’est depuis lors qu’on appelle aussi Pikkendik à Silenrieux un tourniquet placé sur le trajet d’un sentier de campagne à sa traversée de clôture.

368.   Piloterie (la, la terre de la, le trieu de la) (1593) : cet endroit se trouve en dessous de la Fostelle le long de l’Eau d’Heure. Le chemin de fer a empiété sur ce lieu-dit. La terre de la Piloterie est au dessus de la Sergenterie et au debout tenant au courtil de la Kersinelle. Le trieu appartenait en 1629 au curé. Le terme vient de « pilot » qui veut dire un pieu de pilotis ; sans doute, la berge de la rivière était à cet endroit pourvue de piquets. Cependant « Pilot » peut dire aussi une pile, un tas ou un monceau. Enfin, « piloter », c’est jouer à la balle ; donc, c’est peut-être le lieu du jeu de balle.

369.   Pironfond (au, le chemin de) (1593) : le chemin de Pironfond est entre Battefer et Paradis non loin du lieu-dit « l’Espinette ». C’est un fond pierreux.

370.   Places (les) : on trouve de 1588 à 1793 de nombreux toponymes anciens constitués de ce mot suivi d’un déterminant (nom de personne) ; une place était une portion de terre ou de pré vendue par la communauté ou par le seigneur de Thuin à un habitant comme emplacement pour s’y établir. En 1662, Jacques Helaz, maître de ville vend à Nicolas Felix une petite place d’aise de ville tenant au moulin de ce lieu. D’autres endroits sont simplement dénommés la place, sur la place ou la place communale.

371.   Plaquette (le courtil) (1844) : il se trouve à Falemprise.

372.   Plichy (en) (1590) : ce terme indique une situation de la terre sous forme de pli : « une terre gisant en plicier, en plicquerre ou en plichy ». Cette terre se trouve devant Bethléem vers Daussois.

373.   Pommier de Ramboux (la terre du) (1698).

374.   Pont américain (le) : c’était le pont au dessus du chemin de fer pour faire passer la grand route.

375.   Pont de bois (au) (1638) : ce pont se trouvait à Falemprise près du chemin du tienne Naveau ; il enjambait le ry de Soumoy. La construction de la nouvelle route de Falemprise à Cerfontaine l’a fait disparaître. C’est aussi non loin de ce pont que la digue pour faire dévier l’Eau d’Heure vers les fourneaux se trouvait.

376.   Pot (terre au) (1638) : le terme « pot » signifie un marécage. Il se trouve à la campagne de la Bierlée près de Daussois.

377.   Poterie (la, terre de la) (1617) : elle se trouve près du Cheneux (pot signifie marécage).

378.   Pourcia ou pourceaux (le fond des) (1603) : ce fond est près de la Nauve. C’est un endroit où on mettait en enclos les cochons pour les rassembler avant d’aller à la glandée.

379.   Poule (terre à la, tienne à la) (1829) : il devait une poule par an pour cens au seigneur ; cette terre est près de Grand Ry.

380.   Pauvres (la terre des, le pré) : il y en a plusieurs à Silenrieux : une terre près du chemin de la fosse citée en 1612, une autre proche par dessus le sentier qui va à Try Paris citée en 1628. En 1769, on cite le pré des pauvres et le 2 petits prés des pauvres.Ces terres servaient à aider financièrement les pauvres du village.

381.   Prau (le pré) (1829) : ce nom vient du vieux français préau qui veut dire petit pré.

382.   Prau (Le Rond) (1679) : c’est un jardin qui tient à l’Eau d’Heure.

383.   Pré (le grand, le long) (1619) : on signale un long pré et un grand pré à la Valentinoise. On signale aussi « les entre 2 prés » près de Daussois.

384.   Puits ou puce (au fond du) (1592) : ce fond se trouve à la limite avec Soumoy. On a pu y tirer des mines de fer d’ou le nom de puits. Un Nicolas Du puis est aussi mentionné en 1629 à Silenrieux.

385.   Puce ou puits (la terre du, le try du) (1829) : elle se trouve près du chemin de la fosse aux Haies. On a aussi tiré des pierres ou du fer à cet endroit. Les anciens parlent de carrière. Il y a aussi le chemin du « tienne du puce » et le tienne du wez du puce.

 

386.   Poirier gris (la terre du) (1625) : il y a une terre au lieu dit « au gris poirier » tenant à la voie de la procession.

387.   Poirier Masset (la terre du) (1617) .

388.   Poirier de la justice (le) (1618) : il se trouve près de la voie des ferons.

389.   Poirier jaune (la terre au) (1618) : la terre au jaune poirier tenant d’orient à la cense de Bethléem.

390.   Poirier (terre du) (1628) : une terre au poirier tenant au jardin derrière la maison du paradis et au Ry des Dames.

391.   Poirier (le bois du vieux) (1673).

 

392.   Quarte (c’est-à-dire un quart de bonnier) (1687) : un pré gisant aux quartes.

393.   Quartiers (les, la voie des, la ruelle des, la campagne des) (1587) : la voie des quartiers mène à Boussu. La ruelle des quartiers part de la grande route vers le sud et s’appelle aussi le sentier des Veaux. Les quartiers trouvent peut-être leur origine dans les partages héréditaires des anciens manses du Moyen Âge. Vu que la population augmentait, on a dû diviser les manses entre les membres des familles et on les a appelés « les quartiers ». Une autre explication tout aussi valable serait que les quartiers représenteraient une partie du quart du domaine de Silenrieux qui fut donné à l’abbaye d’Haumont. En effet, des rentes se levant au quartier de Cerfontaine furent payée par la communauté de Silenrieux au seigneur de Chimay qui hérita du quart du domaine de Silenrieux (voir partie politique). Ces rentes furent probablement payées par la communauté de Silenrieux pour racheter ce quartier. Il est aussi fort probable que les quartiers et le quartier de Cerfontaine ne fassent qu’un. En tout cas, une borne indique un S pour Silenrieux et un C pour Cerfontaine ou Chimay non loin du lieu-dit « les quartiers ».

394.   Queues (le jardin des, pré des) (1679) : il y avait un jardin appelé la queue Jean Stienne tenant à la cour devant sa maison.

 

395.   Radgi (au, le) : ce nom qui renseigne un sol humide est fort fréquent à Silenrieux. En 1685, on renseigne une terre à Grand Ry appelée le Ragy tenant au ry et au bois de Lorefays. En 1664, il y a 7 quartes étant au Ragy près de Baileu et des aises de ville. En 1680, on cite une terre appelée le Ragi près du bois de Daussois et du bois de la communauté de Silenrieux.

396.   Remblai (au) : c’est un remblai alimenté par les déchets de la grand route actuelle construite en 1827. Aujourd’hui, il a pris le nom de Fostelle.

397.   Ribo (la terre) (1614) : cette terre Piro Ribot se trouve près de la Bierlée.

398.   Rinouvaux ou Renonvaux (le pré, le trieu, la taille) (1589) : le pré et le trieu se trouve près du chemin du paradis. Le nom trouve son origine dans « vaux »pour vallée accompagné d’un nom de personne proche de « Renaud ».

399.   Renifond ou Ernifond (le, chemin du) (1592) : anciennement appelé aussi le « Warnyfond ou Waurnifond ». L’origine du mot vient peut-être du fond de « renier » (nom d’une personne). Cependant, le verbe ancien « warnir » signifie entourer, garnir, fortifier ; dans ce cas, ce serait un fond qu’on aurait entouré ou garni de haies pour se protéger. Enfin, le terme « ernel » signifie une terre en friche et inculte et « erme » veut dire une lande, une terre inculte et stérile ; on aurait ainsi un endroit peu enclin à la culture.

400.   Ronce (à) (1722) : il y a un demi journel à ronce.

401.   Rond pré (le) (1829) : un pré qui se trouve à Battefer.

402.   Ronde haie (la ) (1589) : elle se trouve tenant du levant à la terre de Bethléem, du midi au long pré, du couchant à la terre de la Houblonnière et du septentrion (nord) au Brousselar et à l’aise de ville.

403.   Rochette (le pré de la (1591), le chemin de la (1606), le tienne de la (1844), le warissaix (1616)) : cet endroit se trouve près du bois Marion et du bois des Violettes. Anciennement, on appelle aussi la Rochette le court chemin allant de la grande route au monument car on y voyait de petites roches.

404.   Roches (le pré des) (1829) : il se trouve près du fond des « Pourcias ».

404 Bis. Rocroix (Raucroy) (1829) : c’est un bois planté en dessous du courtil Tonnette. La famille Raucroy a été propriétaire des censes de Battefer et Valentinoise.

405.   Royot, Ruwaux ou Ruaux (au grand (1587) et au petit (1614), les prés des) : ruaux veut dire ruisseaux. Les grands ruaux sont le long de la grand route vers Boussu ; les petits ruaux sont de l’autre côté (Fostelle et Pas de la l’eau). Il y a aussi des petits ruaux près de la « Fréchaille ».

406.   Rosierre (la prairie de la) (1603) : elle tient au pré de la cense de la forge de Falemprise et à la rivière. La rosière est un endroit où l’on trouve des roseaux.

407.   Roi (le pré du) (1829) : il se trouve au village. On parle aussi d’étable (staule) du roi.

 

408.   Sacré (le pré (1589), la place (1667)) : cet endroit dépendait de la cense de Bethléem. Sacrez est un nom de personne ou il a à voir avec la religion.

409.   Salmon (la maison) (1613) : une maison avec un jardin est appelée la maison Salmon (nom de personne).

410.   Sarty (au) (1722) : c’est le sart Pérone.

411.   Saule (la terre du, le pré au) (1618) : c’est une terre gisant près de la voie de la justice et au nord de la voie des ferons. Le pré est juste à côté. Le saule est un arbre.

412.   Sarlette (le pré) (1829) : il se trouve entre Falemprise et Modrivallée.

413.   Sart ou suris (Seury) (terre des, courtil) (1829).

414.   Sébastopol (le) : c’est une maison qui fut habitée par Mr Lottin, soldat français qui participa au siège du port de Sébastopol en Ukraine en 1855 sous les ordres du maréchal Mac Mahon ; à son retour, il fit placer au faîte de son toit une girouette en fer représentant un cuirassier de l’époque, régiment dans lequel il avait servi.

415.   Seigneur (le chemin du, le bois du, la place du, le pré du) : plusieurs chemins portent ce nom de chemin du seigneur. Ils correspondent à des chemins banaux où il y avait une corvée d’entretien à effectuer. Le bois du seigneur était « la forêt et la Forestelle ». Au 17ème siècle, on cite la place du seigneur située près des haies aux lottes à Pas de la l’eau.

416.   Sergenterie (la (1630), la terre de la (1528), le pré de la (1528)) : la Sergenterie était l’ancienne gendarmerie ; elle était à côté de la Piloterie à Pas de la l’eau où se trouvait les habitations du seigneur. Le pré de la Sergenterie qui était près de la Jambe de bois servait de revenus pour payer le sergent.

417.   Servais (le pré, le chemin) (1620) : il tenait à la rivière d’Heure.

418.   Servaitienne (le, le bois de) (1613) : il se trouve près de la Fostelle.

419.   Seuri (le bois de) (14ème siècle) : l’origine du nom « seuri » viendrait du sureau. Cependant, l’abbé Soupart situe « severceias », domaine de l’abbaye de Lobbes à cet endroit car ce domaine n’est pas encore identifié et devrait être près de Walcourt.

420.   Simon (le pré, la taillette) (1829) : Simon est un patronyme très répandu à Silenrieux.

421.   Sainte lanterne (à, la voie) (1666) : elle se trouvait dans les bois des Maréchaux entre le Renifond et la Modrivallée. Le lieu-dit tenait au Ry Jaune. Une légende raconte que : « les moines qui occupaient une cense à Maudrivallée allaient le soir sans lanterne par ce chemin pour aller remplir des devoirs religieux au Jardinet ; d’autres disent que les gens du Renifond allaient à la soirée munis chacun d’une lanterne chez les moines. La Sainte lanterne représente le luminaire. Il est possible que cette voie allait au site appelé Sainte lanterne et que les prés de cet endroit servaient de revenus pour le luminaire (nommé Sainte lanterne).

422.   St vaulx (le pré) (1628) : il se trouve près du Rinouvaux.

423.   Sainte Anne (la fontaine, le tour) (1829) : elle se trouve près de la Pisselotte. L’eau de cette fontaine passe pour guérir les maux des yeux ; les pèlerins de Walcourt venaient s’y lotionner.

424.   Sainte Anne (les prés) : il y en a plusieurs : en 1793 , on cite le pré Ste Anne aux grands ruaux ; en 1680, on cite un pré Ste Anne près de la Bierlée ; en 1690 , on cite une prairie Ste Anne près de Montleau à la Loripette. Ceux-ci ont appartenu à la confrérie Ste Anne ou servi pour l'entretien de la chapelle Ste Anne.

425.   Soquette (la) (1829) : ce nom vient d’une vieille souche ou tronc d’arbre qui subsistait (en wallon : soquette).

426.   Spèches (la campagne de, le bois de, le trieu de) (1573) : en vieux français, ce terme veut dire un bois épais et fourré.

427.   Stampia ou Strampia (le, le chemin du) (1573) : on parle aussi du terme « aux stampliaux ou aux estampleaux ». Ce nom vient peut-être d’une personne. On cite en 1617 un nommé Pierre Stapart et au 16ème siècle un nommé « Stampe ». Cependant, en wallon, ce terme indique un lieu en hauteur.

428.   Stiène (la haie, la culée, la queue) (1620) : Jan Stienne représente une personne.

429.   Stos (le pré aux) (1829) à Maudrivallée.

 

430.   Taille (taille derrière le bois, Jacquart, Gobert, Aux genets (près du pré Ursule), à Fagots, la panée tremblante, ruinée, etc…).

431.   Taille brûlée (le bois de) 18ème siècle : le pré des Dames tenait d’un côté à Hubert Baisir et de l’autre au bois de la taille brûlée.

432.   Tannerie (la) : il y en avait une près de l’ancien moulin, une à Pas de la l’eau et une à la Pisselotte (voir partie économique).

433.   Taule (la cense) : c’est une ferme disparue au nord de la Marlère près des Bourguignons. Elle est sur la carte ancienne de Baurain. Le mot vient de tal qui veut dire hauteur ou de taule forme dialectale de table.

434.   Terginsart (le bois de, la campagne de) (14ème siècle) : ces bois ont appartenu à Walcourt. La campagne a été défrichée au bas Moyen Âge.

435.   Terre brûlée (la) (1651) : elle se situe près de Grand Ry. On l’appelle aussi la grande terre.

436.   Tiène (le courtil d’au) (1628) : on cite la terre du grand terne tenant par dessous au Ry des Dames.

437.   Thiry (le ry (1722), le courtil (1829)) : le ry est le dessus du Ry Gayot et le courtil se trouve à côté. Un Thiri Marchot fut échevin en 1678.

438.   Tivoli (la ferme ou auberge du) : elle fut construite en 1847 par Bougard Tertullien en bordure du nouveau chemin de grande communication entre Silenrieux et Walcourt.

439.   Tiyo (le pré) (1651) : Un lavoir communal pour le lavage des laines de mouton y exista alimenté par la fontaine à l’autel. Jadis le cheptel ovin de Silenrieux était fort important. Tiyo est un nom de personne.

440.   Tonneau ou Toniat (le pré au) (1660) : il se trouve à Falemprise.

441.   Tonnette ou Toinette (le courtil) (1829) : il se trouve à la Valentinoise. Le nom est un diminutif d’Antoinette.

442.   Tour (le tiène du, le chemin du) : c’est le lieu où passe la procession de la Trinité.

443.   Tourniquet (au) : anciennement un tourniquet se trouvait au croisement du chemin du tour Ste Anne et de l’ancienne petite voie de Beaumont (plus ou moins parallèle à la grand route actuelle).

444.   Trou du renard (la terre) 1623 : « la terre du trau de renard ».

445.   Tristan (le vivier, la terre, le pré) (1654) : le vivier Tristant se trouvait près de St Vaux non loin de la Bierlée. Le pré attenait au vivier Tristan. Il y avait aussi un pré Tristan près de Maisoncelle.

446.   Trianet (au, en) (1592) : ce sont des terres qui fonctionnent sous le régime de l’assolement triénnal où il y avait donc une « roye du Trianet ». En 1592, on cite une terre …en Trianet. En 1611, on en cite une autre qui était le long de la voie menant de Battefer à Boussu. En 1678, on cite une pièce aux Trianeux tenant à la voie des ferons. En 1618, on cite une terre à la roye du Trianet.

447.   Trianelle (le jardin) (1829) : ce jardin potager était au centre du village.

448.   Trieux (try) (les): Les trieux ou warissaix sont de grandes places herbeuses qui servent de rassemblement au bétail et à leur pâturage, au ramassage du bois, de l’herbes, de l’argile ou de pierres. C’est parfois un espace de récréation et de fête. Ce sont des lieux collectifs. Ils sont nombreux à Silenrieux. Nous retiendrons tout particulièrement le nom du « grand (t)ry » qui se trouve non loin de la Valentinoise vers la limite avec Boussu. En effet, c’est ce lieu qui a donné son nom au ruisseau de la verte vallée « le Grand Ry ».

448 Bis. Le fond du grand (t)ry.

449.   Turen ou Tury (le courtil) (1694) : Turen est un nom de personne.

 

450.   Ursule (les prés) (1792) : il y avait une prairie près du fond Dupuis dit « les prés Ursule ». Ursule Ernotte est cité en 1650.

 

451.   Valentinoise (la, la campagne de la, la taillette de la) (1589) : la cense a appartenu ou fut créée par l’abbaye du Jardinet. Le nom peut venir d’une personne originaire du Valentinois. Cependant, le terme latin « valens, valentis » signifie fort, vigoureux, puissant, ardent et influent ; il est possible que le Jardinet a voulu faire un exemple en installant à cet endroit une cense appelée « la vigoureuse » ou « la puissante ». Une autre explication est aussi valable : « le dimanche des brandons (1er dimanche du carême) quand on allume les feux sur les hauteurs, on désigne « un valentin », c’est-à-dire un futur époux à une fille qui, dès qu’elle était promise, se nommait » ; cette tradition de désigner un valentin à une fille a peut-être été très importante à cet endroit pour lui donner le nom de la Valentinoise.

452.   Vertevallée ou Verdevallée (la, la cense de) (1588) : cette vallée est traversée par le Grand Ry. (Voir ci-dessus pour la cense).

453.   Vaucèle (à, la campagne de, le pré de) (1623) : ce lieu tient au chemin qui va vers Daussois. Il vient du latin vallis qui signifie une petite vallée ou « une vaucèle ».

454.   Vaulx (le pré du, le fond du) (1619) : ces noms ont existé près du village avant la construction du chemin de fer.

455.   Ventelye (le pré du) (1656) : il se trouve près du pré de la ville et celui de la halbarde non loin de Beaupont ; ce mot vient de vantellerie qui signifie un ouvrage en bois ou en maçonnerie destiné à soutenir une retenue d’eau où il se trouve plusieurs ouvertures que l’on ferme au moyen de vannes.

456.   Vantellerie (le pré de la) (1744) : il se trouve à Gerlimpont ; la vantellerie est un ouvrage en bois ou en maçonnerie destiné à soutenir une retenue d’eau où il se trouve plusieurs ouvertures que l’on ferme au moyen de vannes.

457.   Vefves ou Veuves(le sart des) (1692) : il s’agit de sart au Ry Jaune près de Coquiamont.

458.   Ventoy (le pré) (1612).

459.   Vert (le courtil) (1722) : il se trouve entre la prairie de Montleau et Beaupont. Il y avait une masure sur le courtil. Le nom dérive de « verne » qui veut dire aulne (arbre).

460.   Ville (le pré de la) (1619) c’est un pré de l’ancienne villa du domaine de Sileno rivo qui se trouvait près de Beaupont.

461.   Ville (le chemin de la) : il se trouve près de l’ange gardien et se rapporte à l’ancien chemin qui allait vers Philippeville ou partie du chemin qui allait à la ville de Silenrieux (en considérant la ville comme l’ancienne villa du domaine).

462.   Vincent (le courtil) (1663) : Vincent est un nom de personne.

463.   Violette (le bois des, la masure de la, aux) (18ème siècle) : il y a le bois qui occupe la rive droite du Ry Jaune. La masure de la violette se trouvait à l’emplacement de chez Pirlot. « Aux violettes » était le quartier à l’autre bout du bois près de Gambor. Le nom vient du terme « violet » qui signifie un petit chemin ou un sentier. Ce lieu se trouvant près de la campagne des faudreux, il est certain que ceux-ci firent de nombreux sentiers dans les bois pour aller chercher leur matière première. Il est possible aussi que la fleur « la violette » ait donné son nom à ce bois. Le bois planté renseigné fait partie des violettes.

464.   Visenne (la place) (1629) : le nom de Marie Visenne a donné son nom à la place.

465.   Viveret (le pré) (1722) : Viveret signifie un petit vivier.

466.   Vivi (le pré) (1677) : il y avait un pré dit du vivier tenant à la Galilée. Il ne reste de ce vivier que des traces de la digue dans la vallée du Ry Gayot. C’est ce vivier qui fournissait l’eau au petit moulin qui se trouvait à la Jambe de bois en face de la cense de Galilée (chez Cheung). En 1658, on cite un autre pré du vivier près du bois de la Comagne dans la vallée du Ry Jaune. En 1663, on parle du pré desseur le vivier du prince de Barbançon tenant aux aises de ville et à l’Eau d’Heure ». Il y avait aussi le vivier Goulard à Falemprise, le vivier Le Rond à Battefer, le vivier de Bethléem en 1589, le vivier Clément à Hennevaux (Ry Jaune), etc..

467.   Volage (le) (1610) : cet héritage se trouvait entre « la Maman » et « la Pisselotte ».

468.   Voué (les prés du) (1512) : il y avait certains héritages, prés, terres et haies en territoire et jugement de Silenrieux nommé les prés du voué. Il est fort probable que ces prés servaient à payer les impôts dus au voué. Le voué était le protecteur des biens du chapitre de Thuin à Silenrieux.

 

469.   Walcourt (les bois de) (1829) : ce sont les bois entre le port nautique du Ry Jaune et le Balonet. Les bois de Silenrieux furent partagés entre Silenrieux, Walcourt et le gouvernement à la période hollandaise (voir partie économique).

470.   Warichaix : ce mot signifie une aisance communale. Son sens originaire était l’usage garanti de cet endroit à tous les habitants par le droit. Les trieux ou warissaix sont de grandes places herbeuses qui servent de rassemblement au bétail et à leur pâturage, au ramassage du bois, de l’herbe, de l’argile ou de pierres. C’est aussi un espace de récréation et de fête.

471.   Wayaux (aux, la ruelle des) (1619) : il y avait des maisons, jardins et prés aux wayaux. Cet endroit se trouve entre St Jean et Beaupont.

472.   Wé (pré du, le courtil du) (1829) : cet endroit se trouve près de la Bierlée. On dit qu’il y eut à proximité une tenue d’eau pour alimenter un petit moulin. Un wé signifie un gué.

473.   Wile ou huile (terre al) (1623) : elle appartenait à la fabrique d’église pour payer l’huile de l’église. Le cimetière actuel s’y trouve.

474.   Winanville (le hameau) (1589) : ce hameau est devenu Falemprise. On cite surtout l’ancien nom jusqu’au 17ème siècle : Vinatville, Winandville, Vinaville, Winanville. Ce nom vient de ville (villa) d’un domaine et d’un prénom « Winand ».

475.   Divers : les prés des regains de 1769 non repris ci-dessus : le pré Pauteshuit, le pré Pirson, le journel Maltelers, le petit pré Marie, le pré de la Vve Rowet, le pré Jean Gerboux, le pré du meunier à Pas de la l’eau, le pré Pierre Wauthier aux grands ruaux, le pré Poucet aux grands ruaux.

 

 

Chapitre 16 : Les mesures anciennes

 

1. Les mesures de longueur : le pied de Liège ou de St Lambert valait 29,1779 cm et se divisait en 10 pouces. Le pouce valait 10 lignes et la ligne 10 points. La toise valait 6 pieds.

2.  Les mesures itinéraires : la lieue valait 4715 mètres.

3.  Les mesures pour tissus : l’aune valait 0,74324 mètre. Elle se divisait en 4 palmes.

4. Les mesures agraires : le bonnier valait, suivant l’endroit de 92 à 94 ares. Il contenait 400 verges et 4 journels ou journaux (un journel = 100 verges). Le quarteron valait le ¼ d’un journel.

5. Les mesures de bois : la corde pour raspe ou bûche valait 2,683249 m3 ; la corde de futaie (bois à brûler) 1,863367 m3 ; la corde de haut taillis grande perche 0,67081 m3.

6.  Les mesures de capacité : le muid valait 240 litres (en liquide) ; le setier valait 30 litres (le muid valait 8 setiers); la quarte valait 10 litres ; le pot valait 1,51005 litres (le pot contenait 4 pintes).

     La tonne contenait 40 pots (plus ou moins 60 litres).

     Pour les céréales : le muid valait 238,6792 litres et le setier 29,8349 litres, le muid valait 8 setiers. La rasière vaut 2 setiers. La mine est la moitié d’un setier.

7.  Les mesures de poids : la livre de mercerie valait 466,573 gr. Une livre de beurre valait les 6/4 de la livre de mercerie. La livre de mercerie valait 16 onces et l’once 8 gros et le gros 9 grains.

 

 la deuxième partie analyse les événements et les institutions politiques, judiciaires et militaires à travers les différentes périodes historiques 

 

Cette partie va permettre de situer Silenrieux au sein du pouvoir politique et judiciaire à travers l’histoire. A chaque période historique, le village sera placé à l’intérieur du système politique et judiciaire de l’époque en tenant compte des droits et devoirs de chacun.

Cette partie expliquera aussi tous les événements politiques et militaires importants qui se sont déroulés à Silenrieux.

Enfin, cette partie passera en revue toutes les personnes qui ont eu un rôle au sein de la commune de Silenrieux depuis le Moyen Âge (seigneurs, baillis, avoués, mayeurs, échevins, bourgmestres, receveurs, secrétaires, greffiers, sergents et gardes champêtres, pompiers et militaires).

 

 

Chapitre 1 : La période préhistorique (du 9ème au 1er millénaire avant notre ère)

 

Au mésolithique (du 9ème au 5ème millénaire avant J-C), le climat se réchauffe et des hommes semi-nomades viennent chasser et cueillir dans nos régions. Ils s’y installent pour le temps d’une chasse dans des huttes en peaux. Quelques morceaux de silex de cette période ont été retrouvés sur les hauteurs du village par l’auteur.

Vers le 5ème millénaire avant notre ère, l’homme introduit l’agriculture et l’élevage dans nos régions. C’est le début de la période néolithique. Cessant d’être uniquement un chasseur, il va s’efforcer de maîtriser ses sources de nourriture par la domestication des espèces animales et végétales. Il devient sédentaire et s’installe sur les hauteurs de la vallée en construisant des bâtiments en bois et torchis. Les hauteurs sont appréciées comme promontoire facile à protéger et pour éviter les inondations. La solidarité et l’autorité entre les hommes permettent la construction des mégalithes. Ceux-ci sont nombreux dans la région (Strée, Baileux, Thy-le-Bauduin, Thuilie, Gozée, Clermont,…), mais ils ont souvent été détruits lors de la christianisation. Chaque communauté représente une ou plusieurs familles.

L’homme se spécialise à différentes techniques : la céramique, le polissage du silex, les outils en os et bois de cerfs ainsi que le tissage.

La céramique est grossière, mais facilite la cuisine et la conservation. Le silex procure des haches polies, des couteaux, des poignards, des lames, des grattoirs, des perçoirs, des têtes de flèches, etc…

L’os et le bois de cerf sont utilisés pour les peignes, les aiguilles, les manches d’outils, etc…

Le tissage permet la confection des habits.

Le polissage du silex rend les tranchants plus résistants et efficaces (hache polie ) ; il est en relation avec une période de défrichement intense afin d’installer des habitations entourées de terres pour la culture et l’élevage. Des palissades ou des haies d’épines permettent de garder les animaux domestiqués.

Les monuments funéraires de l’époque sont pauvres : soit une grotte, soit des tombelles. De possibles tombelles se trouvent à Silenrieux, à Lorefays et à la Marlère. Des cavités (grottes) se trouvent aussi à la Marlère et à Gérardfalise.

 

 

La grotte de la Marlère

 

Les découvertes de silex à Silenrieux.

Mr Brulet nous renseigne dans la revue « archéologie » de 1967 que Mr Carpentier est en possession d’une hache polie découverte à Silenrieux : elle est en silex clair ; son tranchant est bien conservé ; mais le talon manque. Elle fut trouvée par Jean-Pierre Jouniaux au Cheneux.

 

En 1850, le service géologique de l’état a trouvé de nombreux fragments et éclats de silex de Spienne au lieu-dit « au forêt » près de Nazareth.

En 1894, Mr Bayet en ouvrant les marchets de la Marlère a trouvé plusieurs éclats et fragments de silex (voir la période celte).

En 1895, Mr Arnould de Boussu a trouvé 2 haches polies : une à Spèche, l’autre à Badon.

Récemment, le fermier de Maisoncelle a trouvé 2 poignards.

Enfin, mes recherches archéologiques ont abouti à la découverte de nombreux morceaux et éclats de silex qui datent du néolithique final ou récent (2500 à 1800 avant J-C).

Ceux-ci témoignent d’une activité humaine importante et de lieux d’habitation sur les hauteurs de la vallée de l’Eau d’Heure à Silenrieux (voir carte dans la partie géographique).

Parmi les 400 fragments, nous avons 8 morceaux de hache polie, des nucleis, des lamelles, des lames, des outils retouchés, des grattoirs, un couteau et de nombreux éclats.

 

  

Un échantillon des silex trouvés à Silenrieux

(Dessins de B. Vindevogel)

 

Les endroits propices à la découverte de silex à Silenrieux sont de petits plateaux délimités par des versants abrupts de 2 ou 3 côtés dont les pieds sont baignés par une rivière ou un ruisseau.

La période du bronze (de 1800 à 800 avant J-C) n’a pas laissé de traces à Silenrieux. Elles furent rares en Belgique. L’homme continuait à vivre de l’agriculture et de l’élevage. Les chevaux étaient de plus en plus nombreux. De nouveaux habitants arrivent (la civilisation des champs d’urnes). Ceux-ci sont un peu plus belliqueux mais ont noué des relations amicales avec les populations autochtones. Les matériaux utilisés dans nos régions restent le silex, le bois et les os.

 

 

Chapitre 2 : La période celte (du 8ème siècle à 57 avant J-C) : c’est l’âge du fer

 

§ 1.  Présentation générale

 

Cette période se subdivise en 2 : Hallsttat de 750 à 450 avant J-C et la Tène de 450 à 57 avant J-C.

Les Celtes occupèrent notre région en venant du Jutland. Ils se sont concentrés dans le sillon Sambre et Meuse à cause des mines de fer fréquentes. Ils ont travaillé le fer avec des bas fourneaux et des forges. Ils ont créé avec la population autochtone une nouvelle civilisation.

Celle-ci se caractérise par des différences entre classes sociales : la classe dominante est guerrière et aristocrate (guerrier celte et chef de tribu) et la classe dominée est ouvrière et paysanne.

La structure politique s’organise autour de la notion de tribu. Celle-ci est une entité politique avec son territoire, étendu et groupant un ou plusieurs villages. Dans chaque tribu, le pouvoir central est aux mains d’un chef (élu) assisté d’une aristocratie (les nobles) dont la richesse est plus grande que le reste de la population. Les hommes libres sont représentés par les artisans et les guerriers. La majorité de la population représente des paysans souvent descendants des anciennes populations autochtones.

Les tribus celtes parlaient la même langue et avaient les mêmes croyances.

Les druides étaient à la fois prêtres, enseignants, sorciers, guérisseurs et juges. Ils avaient une position privilégiée : ils servaient d’arbitres dans les litiges privés et les contestations entre tribus ; ils enseignaient les origines historiques des Celtes, les voyages légendaires, les notions de physique et d’astronomie, quelques connaissances des plantes ; ils prêchaient l’immortalité de l’âme.

Les tribus celtes s’installaient toujours sur les hauteurs pour se protéger des autres tribus celtes et des inondations.

Le peuplement était dispersé en petites unités d’habitat (fermes et hameaux). De grandes fermes gauloises occupaient plus intensément le sol.  

Ils vivaient surtout d’agriculture, d’élevage et d’artisanat.

 

Au niveau technique, cette civilisation a mis au point le premier mécanisme de tournage qui servait à travailler le bois, le métal, l’os, la corne, l’ivoire, l’ambre et la pierre. Comme outils en fer, ils utilisaient les marteaux, les haches, les faucilles, les enclumes, les ciseaux, les limes, les pincettes à épiler et les poinçons.

Au niveau agricole, ils connaissaient l’araire avec 2 bœufs pour tracer des sillons peu profonds.

 

Les Celtes selon César : « l’unité de base est la famille, plusieurs familles apparentées forment le clan ; plusieurs clans, la tribu. Certaines familles plus puissantes formaient une aristocratie parmi lesquelles se recrutent les chefs de tribu. Il y avait des hommes libres portant les armes, participant aux affaires qui possédaient terre et bétail et des clients dépendants attachés à la terre qui perdaient toute personnalité juridique et devaient assistance à leur patron ; donc le prestige se mesurait au nombre de clients et de biens. Entre l’aristocratie et les dépendants, il y avait les guerriers paysans libres. Une telle structure sociale encourageait un état de guerre endémique entre clans. C’était un climat d’instabilité et la Gaule était éclatée en petites unités aux alliances épisodiques. Les druides sont le seul élément d’unité commun et tranchent les conflits ».

 

 

§ 2. Evolution à l’âge de la Tène

 

C’est au 4ème siècle avant J-C que les Celtes du « groupe de la Haine » sont venus peupler un territoire entre la Meuse et l’Escaut. Silenrieux se trouvait à la limite entre « le groupe de la Haine » et « le groupe ardennais ».

 

Vers 250 avant J-C, les Belges d’origines germaniques, plus rudes que les Celtes autochtones, vinrent s’installer dans notre région. Au niveau politique, les chefs de tribu (les rois) étaient assistés par l’assemblée des hommes libres (guerriers et artisans qui représentaient la noblesse).

Entre 111 et 109 avant J-C, les Aduatiques descendant d’une arrière garde de 6000 Cimbres et Teutons laissés dans la région de Namur pour veiller sur les bagages s’y installèrent. Après de longs combats avec les populations locales, ils ont eu un territoire autour du namurois.

Les Nerviens étaient aussi d’origine germanique et situés autour de Bavay jusque l’ESM.

 

 

Silenrieux se trouvait à la limite entre les Nerviens et les Aduatiques.

Avant César, les Nerviens étaient plus ou moins 200.000 habitants et les Aduatiques 76.000 habitants. La guerre de César contre la Gaule dura de 58 à 52 avant J-C.

En 57 avant J-C, les Aduatiques furent massacrés (4000 morts) et 53000 personnes furent vendues à Rome.

En 53 avant J-C, César vengea dans le sang le massacre de 6000 soldats à Aduatuc. Les Nerviens furent aussi massacrés.

Après que nos régions furent dévastées et ruinées, notre population exterminée au point qu’on ne parlera plus des Eburons et des Aduatiques, l’empire romain organisa notre région.

 

 

§ 3.  La découverte des marchets au bois de la Marlère par l’équipe du baron de Loë

 

Les marchets furent à l’époque celtique la sépulture des grands.

Cinq marchets érigés au dessus de tombes à incinération et à inhumation avec objets divers (poteries, fragments de meules, fibules en bronze, etc) furent trouvés à Silenrieux. Ils dataient de l’Hallsttat (750 à 450 avant JC) et de la Tène (450 à l’arrivée des Romains et même un peu après).

On y a trouvé de la céramique laténiene, décor déjà trouvé dans « le groupe de la Haine ». Il y avait des tombes à incinération et à inhumation. L’incinération est propre au groupe de la Haine et aux Belges tandis que l’inhumation aux tombelles ardennaises et à la période de l’Hallsttat.

 

 

Les marchets de Silenrieux

 

Voici le rapport de l’exploration des marchets du bois de la Marlère à Silenrieux :

La société archéologique de Namur a fait ouvrir en 1894, sous la direction de M. Bayet, ingénieur à Walcourt, 5 marchets situés sur le territoire de Silenrieux. Ces marchets se présentent en 2 groupes très voisins, l’un de 3 tombelles, l’autre de 2, à environ 1800 mètres au sud de l’église de Walcourt, dans un bois au sol rocailleux dit la Marlère. Aucun nom, aucune tradition ne se rattache à ces antiques monuments que la végétation a envahi. Mr Bayet a des raisons de croire que ces marchets ne sont que les restes d’une nécropole plus importante que les travaux de culture ont fait disparaître. Ces petits monuments ont été construits tous sur le même type, en cailloux provenant des roches du calcaire carbonifères, et principalement en phtnites (clavias) qui se trouvent abondamment aux environs, à la surface des champs. Ces cailloux, amassés sans ordre, forment des cônes surbaissés dont les dimensions varient de l’un à l’autre. Tous semblent avoir été violés car les urnes étaient brisées en menus fragments et les esquilles d’os humains ayant subi l’action du feu étaient éparses.

Marchet 1 : situé à quelques mètres de la lisière NE du bois. Sa base sensiblement circulaire, avait de 14 à 15 mètres de diamètre ; il mesurait en outre 3 mètres de hauteur vers le centre, et était composé comme suit : une couche de terre végétale d’environ 30 centimètres d’épaisseur reposant sur le sol vierge, au dessus de celle-ci, une couche de terre mélangée de pierres, de 40 cm de puissance, enfin le reste était formé uniquement de pierres. Le mot Marlère vient de marle, maule nom wallon de la dolomie. On voit dans ce bois de nombreuses traces d’exploitation de cette roche. On sait que les anciens habitants de notre pays l’utilisaient lorsqu’elle était pulvérulente pour l’amendement des terres. Il faut appliquer à la marle ce que Pline et Varron disent de la marne. Parmi les terres et les pierres se trouvaient épars les débris suivants : nombreux fragments d’une poterie grossière façonnée à la main, de 8 millimètres d’épaisseur, de couleur tantôt rougeâtre, tantôt brun foncé, lustrée à l’intérieur, et portant extérieurement des ornements très curieux en creux et en relief, les uns en forme de cupules ou de petites dépressions plus ou moins allongées, faites dans la pâte encore fraîche au moyen d’un instrument à pointe mousse comme l’extrémité d’un bâtonnet. Les autres proéminents et en forme de têtes de clou carrées, ou de trémie, produits peut-être par le pincement avec les doigts, de l’argile avant la cuisson ; fragments de la partie inférieure d’un vase en une poterie grossière semblable à la précédente et faite aussi à la main dont les parois et le fond étaient percés de part en part, de trous ronds disposés sans aucune symétrie. Un vase analogue a été trouvé à Dourbes aux environs du camp gaulois, tessons se rapportant à plusieurs vases faits au tour, romains, et des débris d’os brûlés. Sous ce marchet, non pas au centre, mais à environ 3 mètres de la circonférence, vers le couchant, existaient 2 excavations creusées dans le sol vierge distantes l’une de l’autre de 75 cm. La première qui mesurait 90 cm de longueur sur 40 cm de largeur et 60 cm de profondeur contenait de la terre noire et quelques morceaux de charbon de bois. La seconde avait 140 cm de longueur sur 40 cm de largeur et 70 cm de profondeur et renfermait aussi de la terre noire et des morceaux de poterie grossière.

 

Dessins des objets trouvés dans les marchets

 

Marchet 2 : Les marchets 2 et 3 étaient jumeaux et situés à peu près à 250 m à l’ouest du précédent vers l’extrémité du plateau qui domine la vallée de l’Eau d’Heure ; leurs centres se trouvaient approximativement sur la ligne N-S. Le marchet n° 2 avait 13 mètres de diamètre sur 140 cm de hauteur ; il se composait : d’une couche de terre végétale de 30 cm d’épaisseur reposant directement sur le sol vierge, d’une couche de pierres d’environ 40 cm de puissance, d’une nouvelle couche de terre de 15 cm d’épaisseur et enfin d’un amoncellement de pierres d’une hauteur de 55 cm terminant le tout. Les fouilles ont mis à jour : des débris de poterie de 2 sortes, l’une grossière et façonnée à la main c’était la moins fréquente, l’autre plus fine et faite au tour, romaine, abondante ; des fragments de 5 petites meules différentes, dont une en grès et 4 en poudingue. Elles ne mesuraient guère que 30 à 35 cm de diamètre. 3 d’entre elles étaient concaves, les 2 autres étaient plates ; un morceau de silex ayant la forme d’un bout de pic. Quelques os d’animaux ; une fibule en bronze, très simple à enroulement double, reproduite en grandeur réelle, et se rapprochant beaucoup de certains types de fibules de la Téne.

Marchet 3 : Contigu au précédent et mesurant 10 mètres de diamètre et 1 mètre de hauteur. Il était formé de couches de terre et de pierres alternant comme dans les 2 premiers et ne renfermait que des débris de poterie épars.

 

 

Marchet 4 :  Les tombelles 4 et 5 se trouvent accouplées dans une autre partie du bois sur un plateau vers la vallée du Ry des Dames. Ce marchet 4 de 14 mètres environ de diamètre et de 150 cm de hauteur, présentait les 2 modes de sépulture. Presque au centre, et au niveau du sol, se voyaient des débris d’ossements humains calcinés, éparpillés sur une étendue de 1 mètre. Plus avant dans la tombelle, un peu vers le bord était un squelette reposant sur le sol, étendu sur le dos et regardant le nord. Autour de ce squelette se trouvaient quelques pierres de grande dimension ayant une face dégrossie et placées de champ, de manière à former une sorte de grossier sarcophage. Ces pierres, à cause de leur peu d’équilibre, n’avaient pu résister au poids des matériaux accumulés par dessus pour former le marchet, et s’étaient renversées à l’intérieur, sur le squelette, en l’écrasant en partie. Les ossements étaient en outre très consommés : le maxillaire inférieur, relativement bien conservé, indiquait un sujet d’une quinzaine d’années. On ne rencontra sous cette tombelle qu’un seul petit morceau de poterie. Le mauvais état de conservation des ossements humains non brûlés des marchets doit être surtout attribué, selon nous, à la structure de ces monuments. L’air et les eaux météoriques pouvant s’infiltrer avec la plus grande facilité par les joints que laissent entre elles les pierres qui constituaient les marchets, il n’est pas étonnant, dès lors que les parties dures des corps elles-mêmes, ainsi exposées à l’action dissolvante des agents atmosphériques depuis tant de siècles se soient décomposés et aient parfois disparu presque totalement.

Marchet 5 : Ce dernier de 8 m 50 de diamètre sur 70 cm de hauteur ne renfermait qu’un éclat de silex et un fragment de poterie grossière.

 

Interprétation des faits observés et âge probable des marchets.

Les marchets n’ont pas tous eu une destination funéraire. Un d’entre eux recouvrait simplement un foyer ou même peut-être le lieu d’un repas, sans trace aucune de sépulture ; un autre avait été élevé sur l’emplacement d’une habitation. Les marchets funéraires présentaient les 2 modes de sépulture. C’est-à-dire l’inhumation et l’incinération, tantôt séparément, tantôt réuni sous une même tombelle. A une seule exception près, squelettes ou ossements calcinés se trouvaient au niveau du sol. Nos marchets n’avaient pas de chambre intérieure, mais il existait parfois, autour du squelette ou sur les cendres, d’assez rudimentaires arrangements de pierres de plus grande dimension que les autres. Les squelettes n’étaient pas orientés. Le mobilier de ces sépultures est très pauvre : on n’y rencontre ni ustensiles en pierre, ni ustensiles en fer, bien rarement un peu de bronze, sous forme d’objets de parure, des fragments d’une poterie fort grossière façonnée à la main, et des tessons d’une autre poterie beaucoup moins primitive, faite au tour. Nos marchets se trouvent saccagés et pillés dans la proportion de 9/10.

Par leur situation, leur forme extérieure, par la nature des matériaux dont ils sont constitués, par leurs dimensions et leur structure, par la coexistence des 2 modes de sépulture, par la position des squelettes et l’arrangement des pierres autour de ceux ci, les marchets que nous avons étudié offrent enfin une ressemblance frappante avec les tombelles d’Anet et de Murzelen (canton de Berne), avec la tombelle des Favargettes au Val de ruz (canton de Neufchatel), avec les murgers de Beaune, les tumulus de Magny Lambert, ceux du bois de la Perousse, près de Cussy la colonne, avec les galgals des chaumes de Meloisey (Côte d’Or), avec les tombelles d’Arthel, et un mûrier ou murger des environs de Varzy (Nièvre), avec les tombelles de la forêt des Moidons près Chilly sur Salins (Jura), avec certaines des tombelles d’Igé (Saone et Loire) avec les tombelles des environs d’Avallon (Yonne) comme aussi avec les tombelles de Malzeville, de Villers et du plateau de Haye aux environs de Nancy, toutes sépultures indiquant en général qu’on a à faire à des peuplades plus riches, et contenant des objets tels que bracelets de bronze et de lignite, bijoux en or, épées et pointes de lance en fer, poteries abondantes, rasoirs en bronze, armilles, anneaux de jambes, etc… offrant les formes les plus caractéristiques de la première époque du fer, de l’époque de Hallstatt.

L’inhumation et l’incinération se sont-elles pratiquées concurremment dans les marchets ?

Nous pensons avec Mr Bequet que l’usage de brûler les corps fut apporté par un peuple envahisseur comme les Belges, et pénétra petit à petit parmi les populations plus anciennement établies chez nous, en sorte qu’à l’arrivée de César dans nos contrées, l’incinération était devenue générale.

Une partie de nos marchets appartiendrait donc à une époque de transition entre l’inhumation et l’incinération. Pouvons-nous faire remonter jusqu’à l’âge de la pierre polie nos plus anciens marchets ?

Nous ne le croyons pas car si certains fragments de poterie grossière des marchets présentent en vérité l’aspect de la poterie néolithique, on n’y a pas trouvé, en revanche, le moindre objet en pierre assez caractérisé pour pouvoir être considéré comme ayant constitué une offrande funéraire. Les quelques rares silex recueillis jusqu’ici dans les marchets ne sont que de petits éclats rencontrés ça et là dans les pierres, excessivement patinés, et dénotant ainsi un séjour très prolongé déjà, à l’air libre, avant leur enfouissement dans la tombelle.

L’antiquité de nos marchets ne nous paraît donc pas devoir aller au delà de la première époque du fer (Hallstat, classé par les archéologues au 7ème ou 6ème siècle avant notre ère, puis la Tène du 5ème au 1er avant notre ère), période qui a duré chez nous jusqu’à la conquête romaine. Cette manière de voir repose sur la parfaite analogie qui existe entre nos marchets et les tombelles de pierres de Suisse et de France que nous venons d’énumérer et qui sont si bien datées de l’époque Hallstattienne par les objets qu’elles renferment.

Le fait de ne point avoir rencontré jusqu’ici de fer dans nos marchets ne constitue pas une objection sérieuse à l’opinion que nous émettons relativement à l’âge de ces monuments.

Si nous n’avons pas encore trouvé de fer dans nos marchets, cela ne tient point à ce qu’il n’y en avait pas alors. Le fer étant sans doute à cette époque une matière d’un certain prix, et nos populations étant vraisemblablement assez pauvres, on se sera dispensé d’en mettre dans les sépultures, ou bien l’oxyde aura totalement anéanti celui qui s’y trouvait. La présence dans bon nombre de marchets d’une poterie beaucoup moins grossière et parfois même assez fine, faite au tour nous indique également que la coutume d’élever des tombelles en pierre s’est continuée pendant les premiers temps de la domination romaine.

 

Chapitre 3 : La période romaine

 

La conquête romaine dura de 58 à 52 avant J-C. Les Romains apportèrent des siècles de paix, d’organisation et de discipline aux Gaulois qui avaient l’habitude de se battre. La civilisation gallo-romaine est issue d’un processus d’acculturation entre les Celtes autochtones et les Romains qui débute vers le milieu du 1er siècle de notre ère. Au début, les Gaulois étaient des pérégrins et ne jouissaient pas de la citoyenneté romaine, mais pouvaient faire leur service militaire. Une fois licenciés du service, ils acquéraient la citoyenneté romaine. Entre 212 et 217, l’édit de Caracalla étendit la citoyenneté romaine à tous les hommes libres de l’empire.

La Gaule romaine connut une courte période d’indépendance par rapport à Rome (de 260 à 273). En 260, Postumus, général gaulois, refoule les envahisseurs germains et se décerne l’empire des Gaules pour prix de sa victoire, puis Victorinus et Tétricus lui succèdent comme empereur des Gaulois.

En 273 Aurélien rétablit l’autorité de Rome et remet la Gaule dans l’empire romain.

 

§ 1. L’arrivée des Romains entraîna une nouvelle organisation politique et administrative

 

1. La province de la Gaule au sein de l’empire romain

 

En 51 avant J-C, la Gaule fut proclamée province de l’empire romain et fut mise sous un  commandement militaire : le premier commandant fut Decimus Brutus jusque 44 avant JC, puis Aulus Hirtius et enfin Munatius Planeus. Ensuite, la Gaule, province impériale, passa aux mains de l’empereur Octave (Auguste) qui passa le pouvoir à des gouverneurs.

En 27 avant J-C, Auguste coupa la Gaule en 2 provinces. La Gaule Belgique fut gouvernée par des membres de la famille impériale : Agrippa, Drusus, Tibère, puis Germanicus, etc…Ces gouverneurs ont l’imperium qui leur permet de commander les troupes, d’assurer l’administration et de rendre la justice.

Vers 14 avant J-C, Auguste divisa l’administration de la Gaule en 3 provinces. Silenrieux fit partie de la province Belgica avec Reims comme métropole (siège du gouverneur).

La soumission définitive des régions de Germanie vers 15 après J-C amenèrent la formation de 2 gouvernements militaires de Germanie supérieure et inférieure qui devinrent les provinces de 1ère et 2ème Germanie sous Dioclétien (285-305).

Les 2 gouverneurs militaires étaient supérieurs hiérarchiquement aux gouverneurs de province afin de protéger au mieux l’empire. A la fin du 3ème siècle (297), la cité de Tongres (dont faisait partie Silenrieux) fit partie de la Germanie inférieure ou seconde car la province Belgica fut répartie en 3 provinces (la Germanie seconde, le Belgique première et seconde).

Chaque province était divisée en cités.

 

 

2.  La cité de Tongres

 

Silenrieux fut intégré à la cité de Tongres, ancien territoire des Éburons et Aduatiques (cité fort étendue car elle fut décimée par la conquête romaine). Les Romains y envoyèrent des vétérans pour la repeupler.

Ceux-ci reçoivent en tant que colon un lot de terres exempt d’impôts qui ne prive pas la population locale de leur territoire (centuriation).

Au début, les notables locaux et les fonctionnaires romains se rendent service et on respecte les particularismes locaux. La romanisation ne fut pas imposée de force. Les petits postes sont laissés à des agents locaux.

La cité deTongres faisant partie de la Gaule Belgique passa à la fin du 3ème siècle (297) dans la Germanie inférieure qui deviendra seconde.

La cité est divisée en pagus.

 

 

Carte des cités (civitas Tungrorum)

 

 

3.  Pagus de Lomacensis (Lomme)

 

Silenrieux est dans le pagus de Lomacensis (Lomme) qui regroupe à peu près l’Entre Sambre et Meuse.

 

4.  Les villae (domaines) à la campagne

 

a) Description

 

A partir de 69 après J-C, les campagnes changent d’allure. A côté des modestes ou moyennes habitations de petits cultivateurs indigènes et des vétérans avec leurs parcelles, on voit surgir de nouvelles et grandes villae, centre d’un vaste domaine. La route de Bavay à Dinant favorisera leur extension dans notre région qui était intensément colonisée.

Certaines villae continuaient la tradition des fermes des grands propriétaires celtes de la fin de l’âge du fer, les aedificia. Les villae (fermes isolées) étaient fréquentes et avaient un caractère mixte (agricole et industrielle) ; elles prospèrent grâce à l’agriculture, l’élevage, la laine transformée en drap et en manteau à capuchon et à l’industrie métallurgique dans l’Entre Sambre et Meuse (outils, armes et ustensiles divers).

Elles produisaient les denrées nécessaires à la subsistance de la communauté mais elles n’étaient pas autarciques, elles échangeaient avec les villes ce dont elles avaient besoin. Les villae étaient administrées par un intendant (le vilicus ou mayeur). Il dirigeait un personnel libre et en majorité servile logé sur place et faisait aussi appel à une main d’œuvre temporaire.

Dans le domaine d’une villae, une partie du sol (la réserve) est exploitée pour le maître par les esclaves ou par des tenanciers libres astreints à des journées de travail. Le reste est concédé en tenure à des colons moyennant une redevance et l’obligation de cultiver les parcelles cédées. La généralisation du colonat (paysan libre sous la protection d’un noble à partir des invasions du 3ème siècle) eut pour effet d’accentuer la division du domaine en une réserve du maître mise en culture par ses esclaves et ses salariés et les manses des colons (tenanciers libres) en petites exploitations de 5 à 30 ha qui payaient une redevance pour la protection du maître.

Les indépendants et les commerçants étaient libres.

 

 

b) Evolution

 

Dans l’Entre Sambre et Meuse (ESM), il a dû exister des propriétés et des villae du fisc romain (l’état) car ces régions renfermaient du fer et, en Gaule au 1er siècle, les ferrariae (forges ou bas fourneaux) appartenaient à l’état ou aux cités (les propriétés de l’état romain sont restées des biens du fisc sous les rois mérovingiens).

Au 2ème siècle, la prolifération de petites exploitations rurales (petites villae) voit le jour (cultures de céréales, légumes, petit élevage, tissage, production de fer).

A la fin du 2ème siècle, les premiers signes de crise apparaissent : nette récession et abandon d’une partie non négligeable des exploitations rurales à cause d’épidémie et de dégradation du climat mais aussi crise politique et militaire avec la rupture du limes (vers 170, des bandes de Chauques auraient détruits des villas en ESM).

A la fin du 3ème siècle, les campagnes se désertent pour différentes raisons :

-    La baisse démographique qui frappe la Gaule à partir du 2ème siècle.

-    Le regroupement foncier suite à une pression fiscale qui ruine de nombreux paysans qui vendent leur terre ou se mettent sous la protection d’un plus puissant. Ils deviennent tenanciers exploitants pour le propriétaire (voir colonat).

-    L’insécurité et le regroupement en ville ou dans des exploitations regroupées et plus fortes.

-    Vers 260, l’ESM souffrit des invasions franques : dévastation de villae jusqu’au sud du sillon Sambre et Meuse.

-    En 275, une nouvelle invasion des Francs ; la Gaule est pillée et abandonnée : à partir de la chaussée Brunehault, les Francs préfèrent s’égarer au sud de la Meuse (ESM) et beaucoup de villae furent incendiées dans l’ESM.

Cependant, après les invasions du 3ème siècle, l’ESM resta habitée. Quant aux terres abandonnées, l’état en devient propriétaire et distribua gratuitement des terrains à ceux qui promirent de les cultiver en protégeant l’empire. Ce sont les Francs fédérés ou les Lètes qui s’installeront pour occuper les villas abandonnées et qui défendront la Gaule. Ces paysans guerriers se mêlent aux Gallo-Romains et furent assimilés à l’empire romain.

Il n’y eut pas de conquête militaire franque de l’ESM mais une infiltration pacifique et lente.

Par cet apport proche de la tradition celte, on reprend l’usage du bois et de matériaux légers au détriment de la pierre.

Au 4ème siècle, seulement 5 % des villae subsistent chez nous. Les domaines ruraux deviennent plus grands. La majorité des petits paysans libres se concentrent dans des domaines publics ou privés ; ils préfigurent les grands domaines francs. Une partie du domaine est concédée par lots à charge de redevance et corvées aux paysans et sous forme de baux perpétuels ou emphytéotiques.

L’autorité est donc concentrée entre les mains d’un très petit groupe de propriétaires fonciers fort riches. Les domaines sont vastes car l’insécurité et la fiscalité plus écrasante poussèrent les petits propriétaires à céder leurs biens aux grands par protection. L’affaiblissement du pouvoir central poussa aussi les humbles à se grouper autour d’un maître d’un grand domaine. Il se substitua à l’état, assura l’ordre et rendit la justice. Le domaine acquit une autarcie politique et économique.

A la fin du 4ème siècle, on constate qu’il n’y avait plus de Romains en Germanie seconde.

Les villae subsistantes à la fin de l’empire romain continuèrent leur occupation à l’époque mérovingienne et carolingienne. Dans de nombreuses régions de Gaule, des villas ont continué à être occupées durant les premiers siècles des Mérovingiens. Les villas dont l’occupation a continué sont aujourd’hui oblitérées, fouillées par l’habitat actuel, qui les masque, et rend leur reconnaissance malaisée et liée au hasard des travaux et découvertes. Seules les villas abandonnées et détruites sont repérables dans les champs par la prospection. Mais tout ceci n’est pas toujours vérifiable. Car le changement entre habitat dispersé (villa) et habitat groupé (village) s’est fait progressivement par des périodes de mutations.

Le 31 décembre 405, les Barbares passent et détruisent tout sur leur passage. L’ESM fut épargnée par les hordes barbares probablement parce que les Francs y habitaient déjà en grand nombre.

A partir de 418, les Francs saliens s’installent chez nous doucement.

 


 

c) Silenrieux

 

Vu les objets et cimetières romains trouvés à Silenrieux, il ne fait pas de doute qu’une ou plusieurs villae romaines y furent construites. En effet, les cimetières romains étaient souvent visibles de la villa.

Les fouilles archéologiques connues donnent :

1. En 1832, on mit à jour à Silenrieux (Au tombois ou cimetière de Silenrieux) des tombes à incinération avec les urnes suivantes : à couverture noire hauteur 0.175 m, circonférence 0.65 m et ouverture 0.10 m ; à couverture gris rougeâtre, hauteur 0.22 m, circonférence 0.6 m, ouverture 0.15 m. ; vase pommiforme en terre grise et à col évasé, avec rebord, sorte de petite urne ; vase en forme d’urne, en terre grise.

Au total, il y avait 4 urnes grises, une petite urne grise à engobe noir, un plateau gris à engobe noir. (Datant de la fin du 2ème et du 3ème siècles).

Il y avait aussi de la poterie Sigillée : Drag 40 terre de Lavoye, orange, mal cuite, conservant mal l’émail. La grandeur des lettres rappelle la marque du DISETO. Il s’agit peut-être de Diseto ou disetus d’Avocourt, Lavoye, Pont des Rêms de l’époque d’Hadrien Antonin. La forme du vase trahit le 2ème siècle.

La collection de Paul de Barchifontaine des fouilles du baron de Picteurs au cimetière du lieu dit « tombois » à Silenrieux comprend : une urne en céramique grise type du 2ème siècle, 2 autres urnes, une coupe drag 40, un plateau en céramique gris à couverte noire.

 

2. Au Cheneu en 1828, on découvrit, en enlevant des pierres, des tombes romaines qui contenaient un grand nombre d’urnes et des vases en terre cuite remplis de cendres, de débris d’armes et des médailles dont une portait l’inscription « faustina au ».

 

3. Au mois de mars et avril 1850, Mr Augustin François, défrichant le bois ‘Au forêt’ à environ 800 mètres de la route Royale a découvert plusieurs tombes romaines à incinérations avec mobilier funéraire. Les ouvriers ont brisé une quantité considérable d’urnes, amphores et autres antiquités précieuses. Mr François a pu recueillir : 8 urnes remplies d’ossements calcinés de différentes formes et dimensions ; 3 amphores dont 2 très petites ; 6 plateaux dont 2 en terre rouge ; une écuelle en TS ; un vase en terre rouge avec bas relief très bien travaillé ; 2 poignards assez bien conservés ; des épingles en bronze ou en fer ; une pointe ; une parure en bronze ; un style en bronze ; un ornement en bronze avec 2 trous ; 10 médailles romaines, moyen bronze, dont une d’Auguste et une de Trajan. (ASAN 1 1849-1850 p. 483). Auguste a vécu de -63 à +14 et Trajan de +98 à +117.

Les tombes étaient construites avec 6 pierres plates. Ces tombes et urnes de la forêt date du 1er et 2ème siècles après JC.

 

4. Van Doorselaer parle de 2 pilum, lance ou épieux trouvé dans un cimetière à Silenrieux (probablement celui du Cheneu) ; les tombes avec armes viennent des traditions celtes et connaissent un renouveau au cours de l’essor économique sous Claude (1er siècle). Elles représentent des défunts d’un rang social élevé ou d’une position économique enviable.

 

5. Personnellement, j’ai trouvé un morceau de tuile romaine au lieu-dit « les tuilettes » près de Cokiamont.

 

6. À la Valentinoise, un propriétaire a trouvé récemment, en creusant dans une étable, des damiers de plus ou moins 1 mètre remplis de cendres. Mr Mangain de Walcourt, spécialiste de l’époque romaine, signala au propriétaire que c’était peut-être des restes d’un chauffage central romain.

 

 

Chapitre 4 : La période du haut Moyen Age (les Francs mérovingiens et carolingiens)

 

Les Francs saliens qui s’installent dans nos régions vont organiser une toute nouvelle structure politique et administrative.

 

 

§ 1.  Le(s) royaume(s) franc(s) et l’empire

 

Les Francs sont organisés et groupés en tribus indépendantes gouvernées par des princes élus à vie ou par des rois. Le roi a l’obligation de venger le tort fait aux membres de sa tribu. D’où la coutume de ceux-ci de s’entourer de compagnons qui luttent pour eux et bénéficient de leur protection. Les paysans sont à la fois guerriers et agriculteurs. Au début, de nombreux petits royaumes francs couvraient le nord de la Gaule. Certains se sont agrandis par fusion ou par absorption du voisin. Le plus grand royaume en construction était celui des Francs saliens.

Vers 435, Clodion (428-448), le chef de ceux-ci se mit en marche vers le sud et prit possession de territoires sans grande résistance. Il se substitua à l’autorité romaine et s’appropria des domaines importants qui devinrent royaux. C’est probablement à ce moment là que Silenrieux fit partie du royaume des Francs saliens. Cependant, les colonies franques n’étaient pas assez nombreuses pour absorber la population locale. Celles-ci s’assimilèrent donc et adoptèrent leur coutume et leur langue (le roman).

Après Clodion, Mérovée (448-455) donna son nom à l’époque mérovingienne. Par la suite, Childéric (457-481) et surtout Clovis (481-511) élargit de façon considérable vers le sud le territoire des Francs. Clovis finira par unifier tous les territoires francs. Les rois mérovingiens avaient autour d’eux des officiers royaux (le maire du palais comme conseiller principal, le sénéchal et les connétables) et une assemblée populaire qui réunissait tous les notables (les comtes, les abbés, les évêques et les grands propriétaires), convoquée et présidée par eux.

Le royaume franc n’avait pas d’administration financière, il tirait ses ressources de la guerre et des domaines royaux.

A la mort de Clovis, le royaume fut partagé entre ses 4 fils. Thierry reçut le territoire de Metz où se trouvait Silenrieux. Il s’installa à Reims et fut le premier roi d’Austrasie de 511 à 534. L’Austrasie est limitée à l’ouest par la Neustrie qui débute à la Sambre. Le roi d’Austrasie avait plusieurs domaines dans l’ESM dont un à Estinnes. Après de nombreux conflits entre l’Austrasie et la Neustrie, Pépin de Herstal (679-714) se fit nommer maire du palais par le roi Thierry III et gouverna lui-même l’Austrasie (la présence des rois devenait symbolique). Après sa victoire sur les Neustriens, il nomma un de ses fidèles compagnons comme abbé de l’abbaye de Lobbes : Ursmer en 697 et fit une donation considérable de ses villae royales à l’abbaye de Lobbes (dont probablement Silenrieux). Hydulphe, grand propriétaire, fit aussi une donation de plus de 100 villae de la Sambre à Biesmerée. L’abbaye était donc sous le pouvoir de la famille de Pépin de Herstal. Elle était à la limite entre la Neustrie et l’Austrasie mais était sous l’influence de l’Austrasie (appelé aussi les Pippinides en mémoire de Pépin). A cette époque, les souverains aimaient disposer de la charge abbatiale et du temporel à des fins politiques.

 

Charles Martel (714-741) continua les efforts de son père pour unir les Francs ; mais, finalement, ce fut Pépin le Bref (maire du palais de 747 à 751 et roi des Francs de 751 à 768) qui parvient à les unir. Il proclama l’abbaye de Lobbes royale, c’est-à-dire que le roi pouvait aliéner les biens fonciers, les donner à des fidèles serviteurs et choisir l’abbé. Son fils Charles (771-814) se fera sacré empereur des Francs sous le nom de Charlemagne en 800.

 

 

Carte de l’empire de Charlemagne et sa division en 3 parties

Son empire fut divisé en 3 au traité de Verdun en 843. Silenrieux fit partie de la Lotharingie (partie médiane) sous Lothaire I (843-855). De nouveau, la Lotharingie fut partagée en 3 et Silenrieux fit partie de la Lotharingie du nord de Lothaire II (855-869). Il meurt sans héritier légitime. Charles le chauve, roi de France, en profita pour prendre la Lotharingie sous la domination française (de 870 à 879). A la mort de Louis le Bègue (fils de Charles le chauve) en 879, ce fut Louis III le jeune, roi de Germanie, qui reprit la Lotharingie sous la domination germanique (880-895).

La Lotharingie fut de nouveau indépendante sous Zwentibold, un bâtard du roi Arnulf de Germanie (895-900).

Elle revient à la Germanie de 900 à 911 sous le règne de Louis IV l’enfant ; puis à la France de 911 à 925 sous le règne de Charles le simple.

En 925, la Lotharingie fait son retour définitif à la Germanie sous le règne d’Henri I l’oiseleur. Son successeur Otton I se fit nommer empereur du St empire germanique. Il devenait l’héritier de César et haut protecteur de la chrétienté. D’où l’idée de donner à l’église des droits souverains, la haute justice et des terres immenses (c’est l’église impériale de Liège qui deviendra la principauté de Liège).

Silenrieux fut ainsi rattaché au St empire germanique jusqu’à la révolution française.

 

 

§ 2.  Les pagus (origine des comtés)

 

A l’intérieur du royaume franc, les rois mirent sur pied une organisation basée sur les pagus (futurs comtés) où un comte nommé par le roi était chargé d’administrer celui-ci.

Les attributions du comte : il représente le souverain et a tous les attributs de la puissance publique (administrations publique, financière, judiciaire et militaire). Finalement, son titre deviendra héréditaire au 10ème siècle.

Silenrieux faisait partie du pagus de Lomme (Lomacensis) (voir carte ci-dessus).

 

 

§ 3.  Les abbayes

 

1. Présentation générale

 

Ce sont des monastères d’au moins 12 moines vivant entre autre sous la règle de St Benoît et dirigés par un abbé. Leur pouvoir et leur propriété ne cessèrent de croître car les abbayes recevaient en don de nombreux domaines à gérer et administrer. Les papes exemptaient les abbayes de la surveillance des évêques et les rois les rendaient indépendants des pouvoirs de l’état. Les abbés pouvaient donc administrer à leur guise leurs domaines quelque soit le pagus où le domaine se trouve. Elles avaient aussi reçu des privilèges judiciaires et fiscaux qualifiés d’immunités. Elles ne payaient aucun impôt et pouvaient rendre la justice au civil et au pénal sur leurs serfs et hommes libres.

L’origine de l’immunité fiscale des abbayes : les grands domaines publics romains étaient surtout là où il y avait du fer car l’exploitation du fer était affaire d’état. Les domaines étaient alors gérés au profit de l’état et étaient exemptés fiscalement. Cette exemption fiscale, les Mérovingiens en ont hérité sur les énormes domaines publics qu’ils firent royaux. Les principaux bénéficiaires de ces domaines furent les abbayes car les immenses dotations foncières des abbayes provenaient du fisc royal (l’immunité suivait la terre). Par la suite, pour ne pas compliquer l’administration, les abbés ont demandé l’autorisation d’appliquer l’immunité à toutes leurs terres ; ils la reçurent.

Cependant, ces seigneurs ecclésiastiques immunistes, pour exercer leurs droits administratifs et judiciaires (criminels surtout), durent créer un appareil administratif. Pour cela, ils furent donc forcés de déléguer ces fonctions laïques à des administrateurs laïcs. Le titre officiel de ce personnage au début du 9ème siècle est l’avoué de l’abbé. L’avoué était choisi parmi les membres les plus influents de l’aristocratie locale pour être efficace. Au début, sa charge était révocable et non héréditaire. Il représentait l’abbé devant les tribunaux ; il remplissait les fonctions de juge à la place de l’abbé ; il était chargé de la police ; il poursuivait les délinquants et saisissait les coupables ; il avait aussi des fonctions administratives et financières.

Ses fonctions étaient rétribuées. L’abbé lui abandonnait une partie des profits de la justice, les amendes et lui payait des redevances militaires pour la protection du domaine. Il lui concédait parfois des biens fonds du domaine dont il assumait l’administration publique. Certains avoués allaient prendre certaine autonomie par rapport aux seigneurs ecclésiastiques. (Pour les noms des avoués de Silenrieux, voir annexe 5).

2. L’évolution de l’abbaye de Lobbes 

 

L’abbaye de Lobbes fut fondée par Landelin (675-697) sous l’influence de l’évêque de Cambrai et des rois de Neustrie. Cependant, après la victoire de l’Austrasie à Tertry, elle passa sous l’influence de la famille de Pépin de Herstal en 697 quand il plaça son ami Ursmer (697-711) comme abbé-évêque et quand il fit une importante donation de villae dont probablement Silenrieux (Sileno rivo). Afin de renforcer le pouvoir des Pippinides (austrasiens) et de contrer l’influence de l’évêque de Cambrai dans une région stratégique importante (limite entre la Neustrie et l’Austrasie), on nomma à la tête de l’abbaye des abbés-évêques qui pouvaient aussi fonder des églises paroissiales dans les domaines de l’abbaye.

Après Ursmer, les domaines de l’abbaye dont Sileno rivo furent dirigés par les abbés-évêques Ermin (711-737), puis par Théoduin (737-751).

Après la décision en 751 de Pépin le Bref de rendre l’abbaye royale, c’est-à-dire sous la protection du roi (voir ci-dessus), on abandonna l’idée d’abbé-évêque qui représentait trop d’indépendance vis-à-vis des Pippinides. Par conséquent, les futurs abbés furent choisis ou admis par le roi et devaient être favorables aux Pippinides (appelés carolingiens à l’avènement de Charlemagne). Au début (de 751 à 864), ce furent des abbés ecclésiastiques :

Théodulphe (751-776), Anson (776-800) qui fonde une école qui sera la plus florissante d’Europe, Hilderic (800-814), Reineric (814-819), Fulrode le pieux (819-826), Eggard (826-835) qui en 832 reçoit la 1ère ordination sacerdotale afin de pouvoir desservir les paroisses des domaines, Harbert (835-864) qui fut choisi directement par l’empereur carolingien Louis le débonnaire pour éviter tout abus et dilapidation des biens de l’abbaye.

Ensuite (de 864 à 881), les abbés deviennent laïcs et changent suivant le maître de la Lotharingie : Hubert (beau frère de Lothaire II) (864-865) qui usurpa de nombreux domaines à son profit, Lothaire II lui-même pour le temporel et Anségise pour le spirituel (865-869) qui remirent de l’ordre dans les biens grâce au polyptique qu’ils firent faire à cette époque, Carloman (fils de Charles le chauve) (870-873), Charles le chauve lui-même, puis son fils Louis II le bègue au temporel et Hilduin au spirituel (873-879), Hugues (880-881) qui se révolta avec l’aide des Normands contre Louis III le jeune (roi de Germanie) qui l’avait désigné.

En 881, Louis le jeune désigna l’évêque de Liège Francon comme abbé en remerciement de son aide contre les Normands. Par la suite, Arnould de Carinthie (roi de Germanie) céda en 889 à l’église de Liège une grande partie des domaines de Lobbes (la ½ du temporel à Liège et l’autre ½ aux moines de Lobbes). Francon garda le temporel et donna le spirituel à un prévôt nommé Theutheurs. Selon Devroey, les domaines de l’Entre Sambre et Meuse (donc Silenrieux), de Darnau et de la Hesbaye passèrent au temporel de l’église de Liège.

Cet apport important du temporel, à un moment crucial de la formation de la principauté de Liège, pèsera d’un poids dans le succès des évêques de Liège dans l’Entre Sambre et Meuse.

L’abbaye de Lobbes devient alors abbaye épiscopale de 889 à 959. Les évêques de Liège s’occuperont du temporel de l’abbaye et nommeront les prévôts et les doyens chargés de régir la communauté en leur nom. Les évêques sont à la fois évêque de Liège et abbé de Lobbes : Francon (889-901), Etienne (901-920), Richard (920-945), Hugues (945-947), Farabert (948-953) qui mit tout en désordre par une hospitalité prodigue (Val d’Or), Rathier (953-954), Balderic (954-959) qui subit une invasion hongroise en 954.

 

 

3. Organisation de l’abbaye de Lobbes

 

L’abbé est le principal dirigeant pour orienter la politique de l’abbaye. L’écolâtre s’occupait de la formation, de l’éducation et de la renommée de l’école de Lobbes. Le chantre (aussi armarius) s’occupait des chants et de la bibliothèque. Le prévôt (régisseur général) s’occupait de l’administration du temporel ; il était aidé par le cellier. Puis le petit monde laïc : les « ministériales » investis d’offices inférieures ou agents domaniaux (villici ou mayeur) qui représentaient le monastère dans les villages. Chaque office aura son patrimoine particulier et son titulaire en fonction en disposera presque à son gré.

 

 

§ 4.  Les domaines

 

Dans chaque pagus, les domaines laïcs ou ecclésiastiques vivaient en quasi autarcie. Un domaine pouvait compter une ou plusieurs villae. Il était à la fois une propriété pour le seigneur foncier et une seigneurie pour le seigneur hautain avec ses droits et devoirs.

 

1. Evolution des domaines

 

Après les invasions, c’est la continuité de l’habitat dans beaucoup de cas. Les domaines romains publics (ferrarae), souvent administrés par des Lètes ou des Francs, présents dans les régions métallurgiques comme Silenrieux, furent repris par les rois francs dans leur propriété. Quant aux domaines privés qui appartenaient déjà depuis le 3ème siècle à des Lètes ou des Francs (voir ci-dessus), il est probable que les rois francs saliens, par droit de conquête, prirent une certaine autorité sur ceux-ci. Finalement, la majorité des domaines était devenu la propriété du roi des Francs. Dans certains cas, les domaines francs se sont rapprochés de l’eau en déplaçant l’habitation du maître dans les fonds de vallée (antérieurement, on préférait habiter sur les hauteurs).

Au 7ème siècle, la surface des domaines publics va se restreindre à cause des dons faits aux abbayes par les comtes et les rois. Sileno Rivo fut probablement donné à l’abbaye de Lobbes par Pépin de Herstal, maire du palais faisant fonction de roi en Austrasie vers 697.

Arnould de Carinthie (roi de Germanie) céda en 889 à l’église de Liège une grande partie des domaines de Lobbes. Selon Devroey, les domaines de l’Entre Sambre et Meuse (donc Silenrieux), de Darnau et de la Hesbaye passèrent au temporel de l’église de Liège.

 

 

2. L’organisation d’un domaine franc 

 

Un domaine avait 2 parties :

-    une réserve qui était mise en valeur directe par le propriétaire (seigneur foncier) sous la direction d’un intendant (villicus ou mayeur) grâce aux labeurs des esclaves (après l’époque carolingienne, l’esclavage disparaît) et aux prestations des tenanciers.

     La réserve comprenait le centre d’exploitation appelé « curtis » ou court, c’est-à-dire le bâtiment du maître, les étables, les écuries, les granges, les celliers et les logis pour les serfs. Ce « curtis » était entouré de haies, de murs ou de fosses. Autour du « curtis », se trouvaient les terres arables appelées « cultura » (qui donnera le nom de « couture ou couturelle »). Ces terres variaient entre 34 et 450 hectares pour l’abbaye de Lobbes. Dans les fonds des vallées, se trouvaient les prés naturels qui servaient pour le bétail. Enfin une partie de la réserve restait inexploitée (les bois, les marais, les landes) et servait de terrain de chasse au propriétaire et de pâturage au bétail. Le bois fournissait aussi aux habitants du domaine combustibles (bois), matériaux de construction, pâturage pour leurs bêtes et de quoi fabriquer des outils. Les terres incultes se trouvaient le plus souvent dispersées en arc de cercle aux limites du terroir. Près du curtis, se trouvaient aussi un moulin, un four, un pressoir et une brasserie. Ils étaient affermés avec leur monopole. Le concessionnaire payait une redevance fixe en nature, consistant en un certain nombre de muids de farine et de malt d’orge avec quelques poules engraissées.

     Le seigneur foncier avait des droits sur son domaine : le droit de mortemain, c’est-à-dire que le seigneur héritait des biens de son tenancier chef de famille. Ce droit se transforma quand les tenures devinrent héréditaires. Le seigneur prenait alors le droit de prendre le meilleur meuble au décès du chef de famille.

     Le droit de soignie, c’est-à-dire payer une redevance pour la jouissance des usages dans les bois et terres vagues. Le droit de gîte, c’est-à-dire recevoir l’avoué ou les représentants du seigneur. Le droit de chasse, de pêche, le droit d’épave (tout objet abandonné revient au seigneur) et le droit de disposer des eaux (le cours de l’eau), droit d’amendes, droit de confiscation des biens pour blessures et homicide, droit de trouvaille de mouches à miel, droit de pesage, droit de champiage (droit de pâturage sur les champs moissonnés).

     Le mayeur était le représentant du propriétaire (seigneur foncier). Il devait veiller à la culture des terres, régler les corvées domaniales, percevoir les redevances et représenter la police rurale. Pour se payer, le mayeur opérait une retenue sur les redevances des tenanciers, s’adjugeait une part des amendes et recevait des terres en culture.

     Les serfs domestiques assuraient aussi le travail de la ferme, exerçaient les métiers artisanaux pour l’entretien du matériel, la fabrication des boissons et leurs femmes confectionnaient le beurre et les fromages, salaient la viande, tissaient les vêtements.

     La réserve seigneuriale à Silenrieux se trouvait à Par de la l’Eau, au Forêt et sur les cultures qui étaient entre ces 2 lieux dits et la limite avec Daussois.

 

 

 

La réserve sur une carte

 

     En effet, la maison du seigneur et la place du seigneur se trouvait à Par de la l’Eau ainsi que la sergenterie (ancienne police), le fort du village (maison fortifiée) et la maladrerie. Les bois à côté de Par de la l’Eau appelés « les forêts » étaient la propriété exclusive du seigneur. Une terre en direction de Daussois s’appelle « la couturelle » et faisait donc partie des terres de la réserve. De plus, tous les lieux bibliques (Nazareth, Bethléem, Galilée et Jérusalem) faisaient probablement partie de la réserve seigneuriale car ces noms sur un espace si important n’ont pu être donnés que par une seule autorité à un moment donné. Seul, le seigneur pouvait posséder une superficie aussi grande au Moyen Âge (voir aussi à ce sujet la toponymie).

 

-    des tenures appelées « manses » distribuées ou concédées à des exploitants (tenanciers) à titre perpétuel ou héréditaire, contre redevance (le cens) en argent et/ou en nature et/ou en travail (corvées domaniales). (Le seigneur est nu-propriétaire et les tenanciers, usufruitiers).

     Les manses comprenaient une maison, une étable, une grange, un jardin, des terres et des prés entre 16 et 44 bonniers suffisant pour permettre la subsistance d’une famille. Il y avait à peu près 30 manses par domaine. Dans les domaines de Lobbes, il y avait des manses libres (mansi ingenuiles) et serviles (mansi servi). Les manses serviles devaient le houblon à Lobbes ; les manses libres fournissaient l’épeautre. Pour Lobbes, on comptait un manse servile pour 6 manses libres. Au 9ème siècle, on trouve des serfs détenant des manses libres et inversement (par mariage et héritage). La notion de serf a disparu.

     Le manse sert aussi de base de calcul pour payer le cens.

     Celui-ci était payé par la livraison de produits de la culture ou/et de l’élevage (blé, lin, poules, œufs, moutons, porcs) et/ou par le versement de quelques deniers et/ou le travail sur la réserve (jours par semaine ou lors des grandes opérations agricoles), comme les corvées de charroi, de convoi, de garde, de labours, de la moisson, de la fenaison, de la coupe des bois, de l’entretien des terres (fumure, nettoyage des fossés et haies), du desséchage des marais et de la fertilisation des bruyères, etc ….

     Avec chaque manse, le tenancier pouvait avoir les droits d’usage communautaire : droit de vaine pâture, c’est-à-dire faire paître son bétail sur les terres non closes après la moisson et avant les labours ou sur la sole en friche ou sur les mauvaises terres ; droit de glandée, c’est-à-dire envoyer ses porcs dans les bois ; droit de maisonnage, c’est-à-dire de prendre dans les bois les matériaux de construction ; droit d’affouage, c’est-à-dire utiliser du bois de chauffage ; droit d’essartage sur les terre incultes, le droit de glanage sur les champs récoltés ; droit de pâturage dans les bois de moins de 5 ou 7 ans.

     Trois fois par an, des plaids généraux rassemblaient les chefs de famille du domaine afin de discuter de ceci.

Le régime domanial était organisé pour une économie de subsistance (échange très faible).

Cependant, les surplus devaient revenir soit à l’abbé, soit aux moines ou au service de l’abbaye.

A côté des habitants vivant dans les domaines, il existait aussi quelques hommes libres (ingenui) attachés à leur terre et libres de redevances ou d’obligations.

 

 

Chapitre 5 : La période du bas Moyen Age (960 à 1500)

 

Cette période va jeter les bases de l’organisation politique qui durera jusqu’à la révolution française.

 

 

§ 1.  Le Saint empire germanique

 

Otton I ouvre la voie au St empire romain germanique en se faisant couronner empereur en 962. La principauté de Liège (dont fait partie Silenrieux) fera partie de cet empire jusqu’à son annexion à la république française de 1795. Elle déléguera des représentants à la Diète de l’empire. Celle-ci est une assemblée réunie sous la présidence de l’empereur et a le pouvoir d’élaborer des ordonnances applicables sur tout l’empire, de consentir les impôts impériaux, de mettre à la disposition de l’empereur un contingent militaire, de faire respecter la justice et de délibérer de la politique intérieure et extérieure.

 

 

§ 2.  La principauté de Liège

 

Le 10ème siècle voit le pouvoir des rois s’affaiblir. C’est le début de l’émergence de comtés et principautés puissantes. L’empereur Otton II du St empire romain germanique accorda en 980 à Notger, évêque de Liège les droits régaliens. De ce fait, Notger, devenu prince et évêque avait le bannum des rois francs (comme les comtes), c'est-à-dire le pouvoir de commander, d’interdire, de punir, de lever des impôts et de battre monnaie. L’empereur du St empire continua à être son suzerain : « le prince évêque devait prêter entre les mains de l’empereur le serment de fidélité et l’hommage du vassal ».

Cependant la principauté de Liège était libre d’administrer elle-même et de régler les affaires intérieures. Elle avait choisi la politique de la neutralité.

Le prince évêque était élu par les chanoines du chapitre St Lambert ; mais le pape devait ratifier la nomination en tant qu’évêque et l’empereur en tant que prince.

Avant le 13ème siècle, il gouvernait assisté du chapitre de St Lambert et de la curie des seigneurs et vassaux.

A partir du 13ème siècle, il gouvernait assisté d’un conseil privé chargé des affaires générales, d’un conseil ordinaire pour les affaires judiciaires et d’une chambre des comptes pour les revenus et dépenses.

Au 14ème siècle, les états (représentés par les chanoines du chapitre St Lambert pour le clergé, par la noblesse et par les députés des villes pour la bourgoisie) participaient à l’exercice des pouvoirs édictaux et judiciaires, consentaient l’impôt et exerçaient un droit de regard sur la politique étrangère de la principauté.

Le prince exerçait le pouvoir avec les états qu’il convoquait ; il sanctionnait les lois, exerçait le pouvoir édictal au niveau de la police, nommait certains officiers de justice, exerçait le droit de grâce, mais ne pouvait pas lever les impôts, changer les lois, faire la guerre, sans l’accord des états. C’était une souveraineté partagée.

La principauté de Liège

 

Au niveau territorial, la principauté était divisée en quartier. Silenrieux faisait partie du quartier de l’Entre Sambre et Meuse. A la tête des quartiers se trouvaient les grands baillis nommés et révoqués par le prince évêque. Leur fonction était surtout militaire : recensement des hommes aptes au service, préparation de la mobilisation de la milice et commandement des milices. Il pouvait aussi enquêter sur les délits et crimes, veiller à l’entretien des chemins publics, vérifier la légalité des poids et mesures, publier les ordonnances du prince et les faire exécuter par les autorités locales. 

Voici quelques noms de grand bailli : en 1600 Jean de Marbais ; début 17ème siècle Henry de Hamal ; puis Arnould de Marbais ; vers 1652 jusque 1672, Charles Jean de Hamal devient bailli d’ESM qui devint une charge héréditaire jusqu’à la fin du régime ; Ferdinand Joseph de Hamal de 1672 à 1707 ; Guillaume Albert de Hamal de 1707 à 1714 ; Alphonse Ferdinand de Hamal de1714 à 1760 ; Philippe Alphonse Maximilien de Hamal de 1760 à 1784 ; Ferdinand François de Hamal de 1784 à la révolution française.

 

 

§ 3. L’occupation bourguignonne

 

En 1406, Jean de Bavière, prince évêque de Liège part de Silenrieux avec son armée pour incendier le village de Boussu en Hainaut. 2 ans plus tard, l’ennemi hennuyer s’était mis à enlever du bétail dans les villages liégeois proche de Hainaut dont Silenrieux qui fut probablement incendié le 24 juillet 1408. Par la suite, le prévôt de Beaumont et le comte du Hainaut aidé par le duc de Bourgogne continuaient à détruire la région et à envahir le pays de Liège. Couvin, Dinant, Thuin, Fosses, Châtelet et Florennes durent se rendre et détruire leurs fortifications. Par la suite, après la destruction des fortifications, le calme revint dans l’Entre Sambre et Meuse.

En 1430, de nouveau, la guerre éclata entre le prince évêque de Liège et Philippe le bon, duc de Bourgogne. L’Entre Sambre et Meuse fut le principal champ de bataille de cette guerre. En été 1430, les Liégeois détruisent 300 villages dans le comté de Namur dont Walcourt qui fut pillée. Antoine de Croy, seigneur de Chimay et Philippe le bon viennent piller à leur tour l’Entre Sambre et Meuse liégeoise. Ils s’emparent de Fosses et Florennes. De leur côté, les Namurois détruisent les villages liégeois voisins du comté dont probablement Silenrieux.

En 1431, de nouveau, Walcourt fut mise à sac par les Liégeois. Finalement, le comté de Namur (terre de Bourgogne) et la principauté de Liège signent la paix à Malines le 15 décembre 1431.

En 1455, le duc de Bourgogne arrive à faire nommer un ami comme prince évêque, Louis de Bourbon et celui-ci met la principauté sous protectorat bourguignon.

Face à cette situation, le roi de France Louis XI pousse les Liégeois à se révolter contre le prince évêque. Cette révolte durera 2 ans. Dinant fut mise à sac en 1466 et Liège en 1468. Suite à ces événements, la principauté perdra définitivement son autonomie et l’administration bourguignonne s’implantera dans le pays de Liège. Guy de Brimeu réorganise la circonscription de l’Entre Sambre et Meuse en 1468 et devient gouverneur général du comté de Namur et lieutenant de l’Entre Sambre et Meuse liégeoise. En 1473, il place à la tête de l’Entre Sambre et Meuse liégeoise et namuroise le seigneur de Boussu Lanselot. A la mort de Charles le téméraire, duc de Bourgogne en 1477, l’œuvre de Brimeu s’effondre et la principauté de Liège redevient indépendante. Le 18 juin 1477, les soldats du roi de France envahissent l’ESM et s’emparent de Walcourt en la pillant et incendiant la collégiale.

 

 

§ 4.  Les seigneuries

 

1. Evolution des domaines vers les seigneuries

 

A partir du 10ème siècle, les maîtres du sol, de l’air et des hommes (seigneurs fonciers) deviennent le plus souvent des seigneurs banaux ou hautains. Ils obtiennent du prince évêque le bannum, c’est-à-dire le pouvoir de commander, de contraindre, de punir et surtout de lever des impôts. 

Pour les seigneurs hautains ou banaux, c’était l’occasion d’introduire de nouvelles charges (appelées droits) pour les paysans. En effet, l’élévation du niveau de vie mettait les paysans en mesure de donner plus.

En plus du cens foncier et des droits de mortemain et de soignie, ils devaient payer les droits banaux nouveaux (certains droits banaux concernant le moulin et la brasserie existaient déjà dans les faits dans les domaines de l’abbaye de Lobbes) : 

(a)     les corvées banales incombant à tous au profit de la seigneurie (exemple : creusement et entretien des fossés et chemins, irrigation des prés, transporter pierres et bois, entretien du bief du moulin, milice rurale et surveillance, destruction des loups). Les corvées étaient prévenues par le « command » c’est-à-dire un ordre intimé par le seigneur ou son forestier ou son sergent au son du cor (maximum 6 jours par an). 

(b) les droits banaux pour utiliser le moulin, le four, le pressoir, le stordoir et la brasserie du seigneur. Le seigneur avait le droit d’obliger ses sujets à utiliser ces services moyennant une redevance. Il y avait même les taureaux, les verrats et les béliers banaux fournis par le décimateur.

(c)     les droits de justice qui deviennent une part importante des recettes seigneuriales grâce au produit des amendes.

(d)     les nouvelles tailles (impôts).

Le clergé était exempt des droits banaux.

Devant cette montée des droits, un mouvement d’émancipation rurale menée par les laboureurs (paysans aisés) se manifesta du 12ème siècle au 13ème siècle. Finalement, les seigneurs adoucirent le régime des banalités et donnèrent des chartes aux communautés villageoises. Les banalités sur le moulin, la brasserie, le pressoir ou le four disparaîtront vers la fin du Moyen Âge à Silenrieux.

La taille annuelle sera remplacée par le droit de bourgeoisie d’un gigot par an. Le droit de mortemain deviendra une redevance forfaitaire payée par la communauté pour tous les bourgeois de Silenrieux. Les corvées domaniales liées aux travaux de la réserve disparaissent (voir ci-dessous).

 

2. Nouvelle répartition des terres à l’intérieur des seigneuries

 

De l’an 1000 jusque 1250, la population augmenta. Les manses furent divisés entre plusieurs exploitants. Ils devinrent des quartiers. Une partie des terres incultes de la réserve sont mises en exploitation par défrichements (on les appellera « les sarts »). Le seigneur les concède en tenure héréditaire ou les afferme.

De plus, le seigneur renonce à exploiter la réserve (le chapitre de Thuin a probablement abandonné l’exploitation de la réserve dans le courant du 13ème siècle) ; il la morcelle ; puis l’afferme ou la concède en tenure. La réserve disparaît ainsi que les corvées liées aux travaux des champs. Ce fut la première émancipation rurale.

En conclusion, la seigneurie est un territoire considéré comme un bien foncier pour le seigneur et un bien d’usage pour la communauté des manants qui renferme un ensemble de droits et obligations de part et d’autre.

 

 

3. Organisation d’une seigneurie

 

Dans toute seigneurie, les manants devaient prêter serment de fidélité au seigneur qu’ils devaient obéir et servir. La seigneurie était donc composée du seigneur foncier et hautain et de la communauté des manants.

Le seigneur nommait tous les officiers de la cour de justice (voir annexe 6).

Celle-ci (cour foncière et échevinale) avait les pouvoirs suivants au nom du seigneur :

- en matière judiciaire et pénale : elle instruisait les procès faisant les constatations et enquêtes nécessaires, interrogeait les témoins. Pour les coups et blessures et les disputes, la cour jugeait directement. Le bailli faisant office de ministère public (à partir des temps modernes) requérait la peine à appliquer ou parfois laissait à la cour le soin de décider. En cas de crime ou de suicide, la cour accompagnée d’un médecin, se déplaçait tout comme le font les parquets de nos jours et dressait procès verbal et constatations. Elle constituait les dossiers qu’elle envoyait en rencharge à Liège (cour d’appel) afin de savoir quelle était la peine à appliquer.

- en matière civile : elle connaissait en première instance toutes les causes ordinaires : les litiges concernant les biens meubles et immeubles, la désignation de tuteurs pour les orphelins et les personnes simples d’esprit, l’émancipation des enfants, les partages, les contrats de mariage, les saisies de biens, les ventes, le bannissement des débiteurs insolvables, etc…Si la personne n’était pas d’accord sur la décision, elle pouvait aller en appel devant la haute cour des échevins de Liège.

- en matière administrative : la cour enregistrait les actes de mutation (transport), de testaments ou d’hypothèques relatifs aux biens fonciers. C’était le rôle du greffier de tenir ce registre. Elle avait le pouvoir de recorder c’est-à-dire de donner acte des usages en vigueur d’après les déclarations faites devant elle. Elle contrôlait les poids et mesures. Elle procédait à l’afforage des bières car les cabaretiers ne pouvaient vendre leur vin et bière sans l’avoir fait afforer par le mayeur et les échevins. Ceux-ci se rendaient dans la cave du débitant, goûtaient ces boissons et établissaient la taxe à laquelle il était imposé. Ils s’assuraient de la bonne qualité des produits alimentaires vendus. Elle s’occupait aussi de la surveillance et de l’entretien de la voirie et des cheminées. Elle répartissait les tailles (impôts).

De plus, la cour devait convoquer les 3 plaids généraux de l’année auxquels les chefs de ménage étaient tenus d’assister. Il y en avait un aux Rois (début janvier), un à Pâques, et le dernier à la St Rémi (le 1er octobre).

Elle se réunissait chaque semaine dans un local propre et connu de chacun dans le village.

Elle était composée des officiers suivants : un mayeur, 7 échevins et un greffier. (Le mayeur et le greffier pouvaient aussi être échevin en plus). Ils étaient tous nommés par le seigneur pour administrer au nom du pouvoir de Liège (voir annexe 6).

Le mayeur était le représentant du seigneur et pouvait être révoqué à tout moment. Quand la réserve du domaine existait, il était chargé de l’administrer au nom du seigneur.

Dès la fin du 11ème siècle, le prince évêque fit du mayeur un juge avec une cour de justice. Il lui attribua le droit de semoncer les échevins et de faire exécuter les sentences. Ce bannum entraîna des restrictions fort importantes à la compétence judiciaire des avoués ; en fait, en accordant aux mayeurs l’exercice de la justice, le prince s’en prenait à l’avouerie ecclésiastique dont la puissance grandissante menaçait l’autorité épiscopale.

Le rôle du mayeur était : de présider la cour de justice et les plaids généraux et de suivre l’application des peines fixées.

Les échevins (7) étaient nommés à vie par le seigneur. Ils assistaient le mayeur dans le bon fonctionnement de la cour de justice. Ils étaient obligés de siéger régulièrement au moins une fois tous les 15 jours et d’achever à chaque audience l’examen de tous les dossiers inscrits au rôle. Ils étaient choisis parmi les gens de bien, nés de mariage légitime, suffisamment âgés, possédant des biens, sachant lire et écrire, de religion catholique, résidant dans la localité et de nationalité liégeoise. Ils percevaient des honoraires (les sportules) que leur versaient les justiciables à proportion des vacations. 

Le greffier était aussi nommé à vie par le seigneur. Il était un homme de loi ou lettré (notaire). Il rédigeait et tenait toutes les écritures de la cour de justice. Il enregistrait les œuvres de loi passées par la cour. Il pouvait exercer son emploi dans plusieurs localités. Il délivrait, à la demande des ayants-droit, des copies authentiques. Il conservait les archives du tribunal. Il gérait la recette des droits de justice et en tenait la comptabilité. Il était rémunéré sur base du nombre de pages rédigées ou transcrites. Pour éviter les abus, l’autorité liégeoise fixe en 1572 le nombre de lignes que devait compter chaque page et de syllabes que devait comporter chaque ligne.

Comme officier subalterne ne faisant pas partie de la cour de justice, mais participant à l’application de certaines décisions de celle-ci, nous avons le sergent de justice (voir annexe 7).

Il était nommé par le seigneur et attaché à la cour de justice. Il convoquait les gens pour les plaids généraux, les témoins pour les affaires judiciaires ou civiles. Au civil, il communiquait aux défendeurs les ajours ou citations à comparaître. Il avait les fonctions d’huissier en matière judiciaire car il signifiait les exploits c’est-à-dire qu’il portait officiellement les actes de procédure à la connaissance des intéressés. Il participait à l’exécution des décisions de justice et procédait à l’incarcération des inculpés dont l’arrestation était ordonnée. Il donnait lecture publique des sentences avant l’exécution des condamnés.

Il pratiquait les arrêts et les saisies. En matière de police, il était chargé de la surveillance des champs et des bois. Au tribunal, il veillait au déroulement paisible de l’audience. Lors des plaids, il était tenu de se trouver à l’audience et d’assurer la garde où se tenait la réunion.

Il devait vaquer aussi pour les corvées, l’entretien des chemins, commander les patrouilles et conduire l’horloge.

Il comparaissait souvent devant la cour pour faire rapport de l’exécution de sa mission. Il était armé et revêtu de l’insigne. Il recevait des honoraires fixés par le tarif légal ainsi que le 1/3 des amendes.

Le sergent forestier (au moins 2 à Silenrieux) était chargé de surveiller les champs et les bois. Il portait les messages. Il convoquait aux corvées pour l’entretien des chemins. Il aidait le bourgmestre pour la gestion des bois communaux. Comme les bois de Silenrieux étaient en indivision à trois, il était probable que leur nomination devait faire l’aval des 3 instances.

 

La communauté des manants représentait les habitants d’un même terroir, d’une même paroisse, d’une même seigneurie qui assumaient collectivement les obligations et les droits. Au départ, le seigneur, le mayeur et les échevins assumaient seuls la gestion des affaires de la communauté. Par la suite, des assemblées communautaires se sont réunies à l’occasion des plaids généraux où tous les chefs de famille devaient obligatoirement se rendre à l’invitation de la cour de justice. Les chefs de ménage furent ainsi associés à la gestion de leurs affaires communes. Les plaids généraux devenaient à la fois une audience particulière de la cour de justice et une assemblée des chefs de ménage de la communauté. La réunion était annoncée par le curé au prône de la messe dominicale et affichée à l’église, de plus le sergent affiche à la valve et distribue les convocations de porte en porte. Le jour venu, les cloches étaient mises en branle à plusieurs reprises pour convoquer les bourgeois.

Les plaids étaient présidés par le mayeur. Certains plaids pouvaient être convoqués exceptionnellement en dehors des 3 dates traditionnelles.

Lors de ces plaids, la cour de justice faisait lecture des décisions, des chartes et des règlements, promulguait les ordonnances et les édits des seigneurs et traitait parfois certaines affaires locales (conflits ou procès).

L’assemblée communautaire pouvait prendre des décisions relatives aux droits d’usage et à la gestion des biens communaux (warissaix, trieux et bois) sans contrevenir à la coutume et aux ordonnances du prince. Elle réglementait la coupe et la vente des bois. Elle devait organiser les contraintes de culture dues à l’assolement triennal (date de la moisson,etc…), le libre parcours, la garde de la herde communale, le pâturage des bestiaux, la pêche, l’entrée dans les bois, la destruction des clôtures. Elle accordait des secours aux malades, pauvres et vieillards. Elle prenait des mesures pour sauvegarder les privilèges. Elle s’occupait de l’entretien des voiries, des réparations à l’église, à la maison pastorale et au cimetière en partie (voir partie religieuse). Elle devait fixer l’assiette pour la taille et répartir les impôts de la principauté. Le consentement de l’assemblée était requis pour décider d’un impôt local à lever pour subvenir aux charges et pour intenter un procès. L’assemblée approuvait aussi les règlements nouveaux, les comptes annuels du bourgmestre, du mambour des pauvres et de l’église, les aliénations de biens communaux, les locations de biens communaux, les achats ou ventes de biens, les emprunts. Elle choisissait le bourgmestre, le herdier banal et le vicaire. Enfin, quand des militaires s’installaient près du village, la communauté devait répartir les tâches entre les manants (ceux qui logeaient les soldats, ceux qui les nourrissaient, ceux qui fournissaient le fourrage, ceux qui les guidaient, etc…). Ceci représentait une lourde charge pour la communauté.

Elle se réunissait en plein air au cimetière à la porte de l’église, devant la maison du mayeur (en 1766, dans la cour de la cense Paris car le mayeur Trousset y habitait) ou sur une place publique.

L’assemblée communautaire était composée uniquement de bourgeois habitants à Silenrieux.

Qu’est-ce qu’un bourgeois ?

En échange de certains pouvoirs et droits laissés à la communauté, le seigneur a instauré le droit de bourgeoisie qui donnait aux manants une sorte de droit de citoyenneté. A Silenrieux, les conditions pour être bourgeois étaient d’être domicilié dans la commune, de payer annuellement ce droit à la recette du chapitre de Thuin qui était « le gigot de bourgeoisie » et de venir aux corvées et patrouilles un ou 2 jours par an. Celui-ci devait aussi prêter serment d’être fidèle au souverain, soumis au seigneur et de soutenir les intérêts de la communauté. En retour, il recevait une part affouagère dans les bois et de l’argent quand les comptes de la communauté étaient en boni.

Parmi le personnel de la communauté, il y avait d’abord le bourgmestre (voir annexe 8). Il représentait la communauté et était nommé pour un an par les bourgeois assemblés aux plaids des rois en janvier. Il devait prêter serment entre les mains du mayeur.

Il était chargé de : rédiger et établir les comptes annuels de la communauté (genre de receveur) qu’il devait présenter pour approbation aux plaids des rois ; régler et gérer les affaires communales telles la collecte des impôts, l’achat ou la vente d’un bien communal, la gestion des ventes de coupes de bois communaux, la passée aux enchères des biens communaux (les regains et les bois), la défense des intérêts de la communauté par devant un tribunal, la défense des droits des bourgeois de la communauté, l’organisation de patrouilles de milice rurale, la fourniture des pionniers ou des voiturages aux armées qui le demandaient. Il ne pouvait pas procéder à des dépenses, engager les biens de la communauté, contracter des emprunts sans l’accord de la cour de justice et de la communauté. Il travaillait souvent de concert avec les mayeurs et échevins qui défendaient aussi la communauté.

Le bourgmestre recevait comme gage (salaire) le 30ème denier ou 3.33 % des menues collectes de la communauté (petites recettes), c’est-à-dire les recettes sauf les ventes de taillis et futaies en vente publique.

Le herdier banal était chargé de surveiller et mener les troupeaux de bêtes dans les vaines pâtures et dans les bois. Il travaillait pour tous les bourgeois du village.

Le vicaire (voir partie religieuse).

 

 

§ 5.  Les seigneurs de Silenrieux

 

1.  L’abbaye de Lobbes

 

a) L’évolution

 

En 960, l’évêque de Liège Eracle restaura la vie régulière à Lobbes qui retrouve son autonomie. L’abbé est de nouveau élu par les moines sans interférence du politique. C’est le retour de nombreuses villae du temporel de l’église de Liège vers l’abbaye de Lobbes. C’est à ce moment que le domaine de Sileno rivo regagna probablement les biens de l’abbaye de Lobbes (si ce domaine avait quitté ceux-ci en 889). Selon Devroey, la liste longue des biens de l’abbaye de Lobbes a été réalisée entre la fin du 10ème siècle et 1038 et Silenrieux se trouve cité dans les biens de Lobbes.

Les abbés de cette nouvelle période sont : Aletran (960-965), Folcuin (965-990) en conflit avec Rathier de retour d’Italie, Heriger (990-1007), Ingobrand (1007-1020) qui se caractérisa par des mœurs mondains et des spoliations, Richard de Vanne (1020-1032) qui rétablit une observance stricte des règles, Hugues (1033-1053), Adelard (1053-1077), Arnould (1078-1093) dont son prévôt Oilbald dilapide les biens de l’abbaye (la famille de Barbençon disposa des biens de Barbençon, Boussu, Renlies, Vergnies et Vogenée ; Arnould I de Morialmé obtint les églises et dîmes de Clermont, Chastres, Pry, Gourdinne et Somzée), Fulcard (1093-1107), Walter (1108-1130), Léonius (1131-1137), Lambert (1137-1149), Francon (1149-1159), Jean (1159-1179), Lambert (1180), Weric (1181-1204).

 

 

b) Les relations avec l’avoué (voir aussi annexe 5)

 

Au 11ème siècle, la fonction d’avoué devient héréditaire. Comme ils prenaient trop de pouvoirs, à la fin du 11ème siècle, on retira aux avoués le droit de juger dans les domaines. Cependant, l’avoué conserva des attributions d’ordre administratif et militaire (protection du domaine). Il était toujours en bonne position pour profiter des pires abus. L’abbaye de Lobbes choisit le châtelain de Thuin comme avoué principal ; mais chaque domaine pouvait avoir son avoué local. Pour Silenrieux, ce fut probablement le seigneur de Walcourt. En effet, celui-ci était cité comme avoué en 1303 et donc l’était déjà au 11ème siècle. De plus le seigneur de Walcourt était la personne la plus influente et la plus proche de Silenrieux.

Au début du 12ème siècle, les relations s’étaient franchement dégradées entre l’abbé et les multiples sous-avoués. Supplique de l’abbé Fulcard vers 1100 à l’empereur Henri IV. 

« Or, on trouve dans les villae de St Pierre beaucoup d’avoués, ou plutôt des voleurs. Ceux-ci indépendamment des 3 plaids principaux et généraux y convoquent des plaids à leur tour de rôle quand bon leur semble. Ils imposent des tailles ou plutôt des rapines absolument indues, sur les récoltes, les meuniers, l’argent et presque tous les biens mobiliers, contre la volonté des pauvres sans rien demander mais en pillant. Tapis assez souvent de nuit dans des chemins écartés, ils y maltraitent les pauvres paysans de toutes les façons. Ajoutons à cela que certains d’entre eux nous sont hostiles au point que, s’ils n’ont pas reçu chaque année quelque cadeau, à leur gré, de notre part, ils envahissent les villae mêmes qu’ils sont chargés de défendre. Ils s’emparent ou retiennent par la violence toutes les récoltes et les redevances qui en proviennent et qui nous sont dues tant qu’ils n’ont pas reçu davantage que ce qu’ils avaient obtenu, de mauvais gré, précédemment ».

Pour remédier à ces avoués malhonnêtes, les empereurs du 12ème siècle se sont efforcés de les replacer sous l’autorité de l’état en leur interdisant de fonctionner sans avoir obtenu le ban royal. L’évêque et le roi contrôlaient mieux les avoués ainsi.

 

 

2. Le chapitre de Thuin

Le domaine de Silenrieux resta à l’abbaye de Lobbes ou à l’église de Liège au moins jusqu’au 11ème siècle. Au 13ème siècle, les ¾ du domaine faisaient parties du chapitre de Thuin. Pour comprendre ce changement, on ne peut faire que des hypothèses :

- soit le domaine passa de l’abbaye de Lobbes au chapitre de Thuin. Mais ceci est peu probable car les 2 institutions ne s’appréciaient pas du tout. Au début du chapitre de Thuin, les 2 abbayes Lobbes et Aulnes scellent un pacte contre l’expansion du chapitre.

- soit, après usurpation du domaine de Silenrieux par son avoué (probablement le seigneur de Walcourt), à la fin du 11ème siècle ou au début du 12ème siècle, le seigneur usurpateur a dû rendre le domaine ecclésiastique à une institution catholique et l’aurait remise vers 1170 au chapitre de Thuin qui venait de se créer. En effet, en 1060, les moines de Lobbes transportent les reliques de St Ursmer pour récupérer les biens usurpés et sous Arnould et Foucard de 1078 à 1107, de nombreux domaines ont été pris par les seigneurs de Barbençon, de Morialmé, de Fontaine, de Montignies et de Beaumont. En ce qui concerne le seigneur de Walcourt, avoué de Silenrieux, il refait promulguer en 1196 la loi de Walcourt qui donne à celle-ci une supériorité manifeste sur toutes les agglomérations rurales du voisinage. Cependant, dans la 2ème moitié du 12ème siècle, l’église s’engage avec vigueur contre les usurpations en utilisant tous les moyens de pression spirituelle. Vers 1140, le décret de Gratien allait favoriser la restitution des biens de l’église.

 

Le décret de Gratien : les mesures interdisaient aux laïcs de posséder des églises, de les donner, de les vendre, de se servir de leurs biens, s’ils ne voulaient exposer le salut de leur âme.

 

De 1161 à 1216, pratiquement, tous les biens usurpés par les seigneurs laïcs de notre région revinrent aux mains d’une institution catholique.

- soit, suite à des disputes entre les « ministériales » et l’abbé Jean (1159-1179), ceux-ci sont partis avec « leur domaine » au chapitre de Thuin. Ce qui expliquerait la haine entre ces 2 institutions.

En fait, l’abbaye était ruinée économiquement, la misère régnait et les moines furent, pour la 3ème fois éparpillés dans d’autres maisons religieuses pour une durée de 3 ans. On a dû congédier les « ministériales » chargés des services intérieurs de l’abbaye. Mais ces derniers refusèrent de laisser les biens fonciers qui leur servaient de rémunération (chaque service avait sa dotation et s’administrait de façon indépendante depuis le 11ème siècle ; une partie des biens était assignée à l’abbé, une autre à l’entretien des moines, une autre à l’office de la porte, une autre à l’hôtellerie, etc…). Pour les expulser, on a dû recourir à la violence. Cette affaire n’a t-elle pas de rapport avec la fondation du chapitre ? En effet, on a détruit les traces de cette tragédie. Les ministériales ne sont-ils pas venus se réfugier avec leurs titres de propriétés au nouveau chapitre de Thuin ? Le Prince Evêque profita de cette période d’ostracisme pour consolider la position du chapitre. Car on lui avait retiré au 12ème siècle le droit de visite de Lobbes et l’abbé pouvait s’adresser à l’évêque de son choix. La seule façon pour se défendre contre cette tendance fut de fonder un chapitre séculier à Thuin.

- soit, le domaine de Silenrieux qui fut probablement donné à l’église de Liège en 889 ne revint jamais dans les biens de l’abbaye de Lobbes à la fin du 10ème siècle et le Prince Evêque fit donation de ce domaine au nouveau chapitre de Thuin qui se créait vers 1170 et qui avait les faveurs de celui-ci.

 

L’organisation du chapitre St Théodard de Thuin 

 

Il est composé de 12 chanoines qui élisent en leur sein un doyen qui dirige le chapitre, un chantre qui est le maître des offices religieux et un écolâtre qui est chargé d’enseigner les sciences sacrées et devient en pratique le notaire et le scribe du chapitre. Ceux-ci vivent en communauté autour d’une collégiale. Les biens du chapitre étaient fractionnés en 12 prébendes. On distribuait des prébendes à chaque chanoine, les dîmes que percevait le chapitre à Silenrieux étaient partagées entre le doyen, l’écolâtre et le chantre.

Le chapitre de Thuin, en tant que seigneur de Silenrieux, avait droit de propriété. Il y nommait les baillis, mayeurs, échevins, greffiers, sergents d’office forestier et sergents de justice. Il établissait une cour de justice avec haute, moyenne et basse justice. La haute justice signifie que le seigneur est détenteur du ban(num) et de la justice sur son territoire. Il impose, juge les affaires criminelles (crime et délit sauf crime de lèse majesté) et conduit à la guerre. Pour rendre la justice et accomplir les peines, on faisait appel à l’avoué.

La moyenne justice représente les contentieux de fiefs et d’héritages, les visites des maisons, des chemins, des fontaines pour la sécurité, l’enregistrement des accords, les ventes, les baux, les contrats de mariage et testaments.

La basse justice, c’est le travail du sergent qui joue le rôle du policier.

 

Le record de Silenrieux de 1303 dit que le Chapitre de Thuin est le seigneur souverain et tréfoncier de Silenrieux depuis très longtemps. (Un record est un acte enregistré qui fait foi). Ce record est appelé loi ou charte de Silenrieux. C’est en tant que seigneur tréfoncier ou possesseur du sol que le chapitre requiert ce record.

1. Les mayeurs et échevins sont nommés par le seigneur.

2. Le mayeur avait le droit d’arrêter un malfaiteur et de le garder dans sa maison transformée en prison.

3. Pour faire justice, on remet les malfaiteurs au voué (avoué).

L’avoué est le seigneur laïc qui devait défendre le chapitre de Thuin contre ses ennemis. Le seigneur de Walcourt fut avoué de Silenrieux.

 

Les doyens connus : Raoul (1170-1183), Nicolas en 1189, Michel de St Paul de Gauthier (1203-1213), Engram (1214), Enrard (1221-1223), Arnoul (1225), Nicolas (1248), Jean (1257), Hugues de Lille (1272), Pierre de Huy (1300), Jean Godart (1480), Jehan Gravius (1495), Jean Playoul (1520-1530), Valentin Playoul, (16è), Philippe Le Ratz (?- 1576), Simon Lobbez (1615-1631), Nicolas Thibaut (1631-1638), Lambert de Bruxelles (1638-1649), Arnold Raymondi (1649-1677), Jacques Paunet (1678-1709), François Antoine Despretz (1710-1718), Bertrand François Honnin (1718-1740), Simon Pierre Renquin (1740-1758), Nicolas Antoine Mascart (1758-1781), Jacques Antoine Dejorez (1781-1795). Les écolâtres : Engran (1189), Lambert (1223), Jean de Boverie (1344), Renier Herck (1588), Jacques Scouna (1624- ?), Arnold Raymondi (1641-1649), Gilles Lambrecht (?-1667), Jean François Bex (1669-1677), Jean François Cornet (1679-1736), Simon Pierre Renquin (1736-1740), François Charles Brogniez (1740-1746)), François Joseph Jehu (1746-1766), Louis Gossart (1767), Gérard Albert Hoffman (1767- 1793), Charles Joseph Massart (1793).

 

 

3. L’abbaye d’Haumont et la seigneurie de la Rocq

 

L’abbaye d’Haumont fut le seigneur d’un quart du domaine de Silenrieux avec les droits seigneuriaux suivants : le droit de mortemain, le droit de sauvement (c’est une redevance que la communauté payait pour ne pas être attaquée, pour jouir d’une protection spéciale, ou pour l’entretien des murailles d’un bourg) et un droit pour chaque femme qui s’y marie.

Ce quart se situait entre Féronval et Badon sur l’actuel territoire de Boussu car ces lieux dits faisaient partie de la paroisse de Silenrieux jusque la révolution française. En effet, les paroisses se sont créées sur base des anciens domaines. Le quartier de Cerfontaine (appelés par la suite « les quartiers ») dans le village faisait probablement aussi partie de ce quart étant donné que le seigneur de Chimay y levait une rente (voir ci-dessous).

Pour savoir quand cette partie du domaine fut donnée à l’abbaye d’Haumont, on se base sur les faits suivants. Etant donné que ce territoire faisait partie de la paroisse de Silenrieux, il fut donné après 820 car la paroisse de Silenrieux fut créée après cette date ; et il fut cédé avant que les principautés et comtés soient bien délimités car ce territoire fit partie du Hainaut (c’est-à-dire avant le 11ème siècle) et avant que la fonction d’avoué devient héréditaire car le seigneur de Walcourt ne fut pas avoué de ce territoire (c’est-à-dire avant le 11ème siècle). Sachant que la donation de ce quart du domaine se situe entre 820 et l’an 1000, voici les hypothèses les plus plausibles pour le situer : entre 870 et 879 quand le roi de France Charles le Chauve s’empare de la Lotharingie en prenant sous sa coupe à la fois les abbayes de Lobbes et d’Haumont ; entre 968 et 971 quand Rathier, ancien évêque de Liège et abbé de Lobbes chassé en 954 par le comte de Hainaut Régnier III et Balderic (son neveu), revient d’Italie pour reprendre sa place à Lobbes comme abbé de 965 à 971 en chassant Folcuin et achète en même temps l’abbaye d’Haumont en 968 ; entre 955 et 958 quand l’évêque de Liège Balderic et son oncle le comte de Hainaut Regnier III mettent comme abbé un proche Erluin qui laissera Regnier III usurper les biens de l’abbaye de Lobbes alors qu’il a déjà sous sa coupe l’abbaye d’Haumont (cette hypothèse suppose que le domaine de Sileno rivo n’était plus à ce moment possession de l’église de Liège).

           

En 1181-1185 : le pape Lucius prend sous sa protection l’abbaye d’Haumont avec tous ses biens. « Videlicet apud absoniam juxta walcort, septem quadrantes pro quibus septem jebidos namucenses recipitis annuatum ; apud silemriu quartam partem de consortio ville ; apud bussutum juxta walcourt totuim consortium ville cum decima culturarum ; apud walencourt quatuor solidos censuales valentineasis monete quos marulius clercu vobis reddit » ; De villers description de cartulaire et chartiers tome III.

 

L’avoué de l’abbaye d’Haumont est le comte de Hainaut qui considère ce quart pratiquement comme un bien comtal. En fait, les biens de l’abbaye d’Haumont servaient au comte pour payer les services de ses fidèles vassaux.

Vers 1088, le comte de Hainaut inféode l’avouerie des biens de l’abbaye d’Haumont concernant Renlies et probablement Erpion et Silenrieux,… au seigneur de la Rocq son vassal. En fait, le seigneur de la Rocq relève du seigneur de Beaumont (aussi comte de Hainaut) de 1047 à 1391. A partir de 1391, le comte de Hainaut donne l’avouerie ainsi que la seigneurie de la Rocq à un fidèle serviteur plus puissant, le seigneur de Trazegnies. Le seigneur de la Rocq devient le vassal du seigneur de Trazegnies et le sous vassal du comte de Hainaut. En 1418, Arnould de Hamal marié à la fille du seigneur de Trazegnies hérite de la seigneurie de la Rocq avec l’avouerie sur les biens de Silenrieux, Renlies, Erpion, etc….

 

En 1410-11, on retrouve, dans les fiefs directs des comtes de Hainaut dans la prévôté de Maubeuge lié à la terre de la Rocq, Silenrieux avec des droits, redevances de chaque femme qui s’y marie et des rentes annuelles de 50 s. L’héritière du fief est citée « Jeanne de Castillon Dame de Trazegnies, de Vierves et de la Rocq ».

 

Vers 1434, les relations entre Philippe le bon et Arnould de Hamal, seigneur de Trazegnies ne sont pas bonnes car ce dernier soutient les Liégeois. D’autre part, Jean de Croy, seigneur de Chimay rend d’énormes services au duc de Bourgogne qui était aussi comte de Hainaut. Il est donc fort probable que Philippe le bon fit cadeau à Jean de Croy de la seigneurie de la Rocq avec Renlies, Silenrieux, ... en la confisquant au seigneur de Trazegnies. En 1445, Jean de Croy demande d’augmenter sa seigneurie autour de Chimay en échangeant les 9 villes de Chimay contre la terre de la Rocq (Rocq, Renlies, Erpion, Silenrieux et Cerfontaine lez Maubeuge). Philippe le bon, duc de Bourgogne et comte de Hainaut accepte le 18 août 1445 de prendre la terre de la Rocq avec Silenrieux et consorts contre les 9 villes de Chimay. En 1473, après plusieurs disputes avec les de Croy, Charles le téméraire, duc de Bourgogne se réconcilie et il remet au seigneur de Chimay de Croy la terre de la Rocq avec Silenrieux et consorts. Cette terre restera dans la principauté de Chimay au moins jusqu’en 1596 (voir les gouaches de de Croy dans les albums du crédit communal). Entre 1618 et 1640, la terre de la Rocq de Silenrieux passa définitivement au Prince de Barbençon. C’est vers 1640 que celui-ci décida de construire un fourneau et une forge à Féronval.

 

On apprend dans un document de 1755 que la communauté de Silenrieux versait à Erpion par an 2 livres 10 sous pour une année de sauvement « suite de l’acquisition de la terre de la Rocq faite du prince de Chimay par le Seigneur de Barbençon ». 

 

Vers le milieu du 17ème siècle, le Prince de Barbençon remit (par don, vente ou héritage) la moitié des bois de Badon, de Mazarin et de Perfondval (devenu Féronval après la construction des forges et fourneaux par le prince de Barbençon) d’une contenance de 260 bonniers ainsi que le droit de mortemain à Jean de Barbençon, dit de Boussu, seigneur de Boussu qui était un fief de la principauté de Barbençon ; l’autre moitié fut conservée par le prince de Barbençon jusqu’à la révolution française.

 

 

Chapitre 6 : Les temps modernes (1477- avril 1794)

 

Au niveau de la structure politique, il n’y a pas eu de grands changements. La seigneurie de Silenrieux gardait ses droits et obligations vis-à-vis du seigneur le chapitre de Thuin lequel faisait toujours partie de la principauté de Liège dans le St empire romain germanique.

La seule innovation importante est l’introduction du bailli comme représentant du seigneur à Silenrieux. Le terme bailli vient du vieux français baillir qui signifie gouverner, diriger et administrer. Etant donné que le mayeur défendait autant la communauté que le bourgmestre ou le curé, le seigneur décida à partir du 16ème siècle de nommer un représentant ou agent supplémentaire le bailli. Celui-ci avait la charge de la haute justice dans la seigneurie. Il poursuivait les crimes et faisait procéder à l’arrestation des voleurs. Il était aussi responsable de l’ordre public et des délinquants. Les manquements et contraventions aux édits et mandements du prince et du seigneur étaient aussi de sa compétence. Il était également comptable des biens du seigneur à Silenrieux et veillait à ses intérêts. Au niveau de la cour de justice, il avait la fonction d’officier du ministère public et devait lui prêter serment avant d’entrer en fonction. Il était donc chargé des enquêtes judiciaires. Le mayeur, les échevins et le bourgmestre devaient l’assister dans l’exercice de son office.

Il était salarié et révocable. Il n’avait de compte à rendre qu’au seigneur. Il avait aussi la garde et la conservation des biens, des droits et du droit de chasse. (Exemple : En 1751, le bailli Mascard prolonge la chasse jusqu’au 8 septembre en raison du retard de la moisson).

Il recevait aussi toutes les amendes perçues sur le territoire, mais devait payer les frais et dépenses de toute procédure pour l’exécution des malfaiteurs.

Il pouvait se faire remplacer par un lieutenant bailli qui était aussi nommé par le seigneur. (Voir annexe 9 : les baillis).

 

 

§ 1. Le 16ème siècle : les événements

 

Jusqu’au 16ème siècle, l’ESM était la plus riche et la plus peuplée des régions mosanes. Par après, la fameuse trouée de l’Oise passant par l’ESM a anéanti cette région à cause des campagnes militaires du 16ème et 17ème siècle entre Français et Espagnols. Malgré sa neutralité, la principauté de Liège n’a jamais su empêcher le passage et le cantonnement de troupes étrangères dans l’ESM. En effet, au 16ème siècle, les soldats séjournèrent souvent en ESM. Les habitants durent leur fournir nourritures, logements et parfois argent pour des militaires indisciplinés, mal payés qui vivaient au crochet de nos populations.

Voici quelques années difficiles pour notre région :

En 1528, l’ESM est livrée aux gens de guerre de Martin Van Rossum qui pillaient et rançonnaient tout.

A partir de 1551, les conflits franco-espagnols s’intensifient dans notre région.

Le roi français Henri II ravage l’ESM en 1551 avec destruction de récoltes et pillages de villages. De nouveau, en juin 1554, il s’empare de Walcourt, Senzeilles, Sautour, Florennes et devient ainsi le maître de notre région. La réaction espagnole et liégeoise ne se fait pas attendre et en juillet 1554, les Liégeois reprennent l’ESM. A la fin de ces combats, la région fut ruinée et Philippe de Senzeilles jugeait qu’il était impossible d’y tenir encore une garnison.

En 1555, les gens du pays autour de Philippeville participeront à la construction de la forteresse. Malheureusement, à partir de celle-ci, la garnison espagnole souvent mal payée fera de nombreuses incursions dans les villages voisins pour rançonner les paysans.

Face à ces incursions, le Prince Evêque ordonna aux baillis de repousser les soldats maraudeurs par la force et de convoquer tous les habitants en arme de la région.

En 1568, les huguenots français avec le seigneur de Genlis vinrent piller Walcourt et sa région.

En 1577, Gérard de Groesbeck envoie ce message à toutes les communautés :

« Considérant que quelques maisons dans les villages sont situées fort loin du cœur des villages, et par là se trouvent en danger d’être pillées et spoliées de leurs armes, nous voulons que dans chaque village et hauteur, soit fixée et désignée l’église comme place de justice ou tel autre endroit où l’on pourra au mieux et le plus convenablement porter les armes pour les y installer et les conserver de façon que les sujets pourront les prendre à chaque expédition. Nous ordonnons de plus que dans chaque village il soit placé un guetteur et veilleur sur la tour de l’église tant de jour que de nuit afin que nos sujets ne soient pas surpris et accablés à l’improviste par la soudaine arrivée de gens de guerre, rôdeurs ou autres. Nous ordonnons aux curés, vicaires, maîtres de fabrique de placer les ornements et joyaux de l’église en sûreté ».

En 1578, Walcourt fut de nouveau attaquée :

« Le 18 mars 1578, un Espagnol, le commandant Lancelot de Berlaymont, fit un mouvement vers Walcourt. Les habitants prirent la fuite. La cavalerie les poursuivit et bon nombre furent tués. Les soldats se livrèrent aux pires excès et presque toutes les exploitations industrielles ou agricoles des environs furent détruites car Walcourt avait choisi le camp des Etats contre les Espagnols ».

En octobre 1578, les soldats français du duc d’Alençon tentèrent d’occuper l’ESM : 2 compagnies de chevaux légers avaient pris position à Walcourt.

En 1582, les soldats français surtout, mais aussi espagnols et des états généraux (Pays-Bas) pillèrent encore l’ESM.

En hiver 1585-86, les troupes espagnoles logèrent dans l’ESM en se nourrissant sur le dos des paysans. En 1587, on ne peut pas circuler à Silenrieux à cause des gens de guerre.

En 1589, la cense de la Valentinoise fut incendiée par les soldats.

En 1593, les soldats espagnols mal payés envahirent l’ESM pour se payer en pillant et rançonnant.

En 1596-97, la communauté de Silenrieux doit dépenser de grosses sommes pour livrer des réquisitions (foins, bois, leignes) aux soldats espagnols de Philippeville. Le mayeur va se plaindre au gouverneur des excès faits par les soldats à Silenrieux. Il y a eu plusieurs soultes perpétrées par les soldats de la cavalerie de Mariembourg et par ceux du capitaine Anceau à Silenrieux. Le village paiera aussi une somme au lieutenant gouverneur de Chimay pour exempter le village du passage des soldats.

 

 

§ 2.  Le 17ème siècle : un siècle de calamités pour Silenrieux

 

Le 17ème siècle sera aussi violent et guerroyant que le précédent pour le village de Silenrieux. C’est encore le résultat des guerres franco-espagnoles.

Les passages, les occupations et les logements de troupes espagnoles, françaises, lorraines, allemandes et même croates ainsi que les réquisitions vont s’accentuer tout au long de ce siècle. Pour calmer les soldats mal payés, le mayeur, le bourgmestre et même le curé ne cessent pendant ce siècle de se présenter auprès des officiers et/ou des gouverneurs de la garnison en leur offrant des présents pour négocier les réquisitions demandées.

La communauté offrira aussi de nombreux présents aux grands baillis de l’ESM.

En ce qui concerne les réquisitions, les garnisons de Philippeville surtout, de Walcourt et de Mariembourg vont surtout demander ou voler aux habitants de Silenrieux du bois, de la nourriture, du bétail, des céréales, du foin.

D’après les comptes communaux, il y en a eu de 1600 à 1637 sans interruption, puis en 1641, 1642, de 1651 à 1659 (après 1659, les Français s’installent à Philippeville, les réquisitions vont disparaître pendant quelques années), de1673 à 1679 (guerre généralisée dans notre région), de 1681 à 1685 et de 1690 à 1699.

Exemple de réquisition :

« Le 19 juillet 1673 : réquisition du sieur Damoresan intendant français de la province de Haynault : « il ordonne aux habitants de Silenrieux de fournir en la ville de Charleroy entre les mains du sieur Grossaux la quantité de 13 chariots de foin, pesant chacun 2000 livres et 13 chariots de paille de 55 bottes chacun (15 livres par botte) et 54 sacs d’avoines (mesure de Dinant) chaque sac rempli à comble. Le foin dans un mois, la paille et l’avoine le dernier jour d’octobre. Les foins, paille et avoine seront payés par ledit Grossaux au prix courant aussitôt qu’elle aura été entièrement délivrée ».

 

Pour le guidage de soldats, il y en a eu quasi tous les ans.

En ce qui concerne les logements de soldats au village, il y en a eu en 1600-1601, 1607, 1608, 1609, 1612, 1613, 1614, 1615, 1616, 1619, 1620, 1621, 1622, 1623, 1624, 1625, 1626, 1627, 1628, 1629, 1630, 1634, 1635, 1666, 1667, 1668, 1669, 1672, 1673, 1674, 1676, 1677, 1678, 1679, 1693, 1694, 1696 et 1697.

En ce qui concerne l’occupation et les quartiers d’hiver des armées dans notre région, il y a eu :  

            - des troupes espagnoles en 1607 et 1629,

            - les troupes du comte de Cubellon en 1634,

            - les troupes de Piccolomini et les Croates de Jean de Weut en 1635 et 1636,

            - les troupes françaises à Beaumont en 1637 rapinent la région,

            - les troupes espagnoles du colonel Forçat en 1637,

            - les troupes de Piccolomini commandées par Mathéi en 1638 et 1639,

            - les troupes lorraines de 1639 à 1641 qui firent de nombreux excès à Silenrieux,

            - les troupes lorraines de 1644 à 1647 qui prennent Walcourt en 1645,

            - les troupes lorraines du prince de Salne en 1649 au Jardinet et à Silenrieux,

            - les troupes lorraines de 1651 à 1655 qui pillent le Jardinet en 1653,

- les troupes françaises du marquis de Luces en 1655 qui s’emparent de Walcourt,

- les troupes françaises en 1664,

- les troupes françaises du maréchal de Luxembourg en 1672 et 1673,

- les troupes françaises en 1675,

- tous les belligérants en hiver 1676-77,

- les troupes françaises de Charleroi en 1678,

- les troupes françaises en 1679-1680,

- la confiscation française de Silenrieux de 1688 à 1697 (voir ci-dessous).

 

Ces guerres ont pour conséquence que la population se raréfie, les terres restent en friche, les granges se vident et l’industrie métallurgique est désertée. Entre 1599 et 1622, la cense Paris fut endommagée par les soldats. En 1607, il y a eu des dégâts importants autour de l’église, au pignon de la chapelle Ste Anne, au portail de l’église et aux murs du cimetière. En 1615, l’église de Silenrieux fut fortement endommagée par les soldats qui ont également semé incendie et désolation à Walcourt. En 1637, le presbytère de Silenrieux fut détruit par les soldats. On sait aussi que le presbytère fut une 2ème fois ruiné par un incendie causé par les soldats du temps du pasteur de la Croix entre 1639 et 1661 quand le pasteur s’était enfui avec les habitants pour éviter l’invasion des soldats. En 1650, on n’a pas collecté l’impôt en ESM car cette région a été ruinée par les Lorrains et les habitants sont si pauvres qu’ils ont été contraints de se nourrir de pain d’avoine. En 1656, la région de Walcourt est déserte et abandonnée par les manants tant la région a souffert du passage des troupes. En 1664, François Masset de la cense de Baileu parle de la misère et des nécessités des gens pendant la véhémence des guerres car la cense fut endommagée et la région de Walcourt pillée et les récoltes anéanties. En 1666, il y a 6 demandes de bois pour maisonnage pour cause de dégâts de la guerre et en 1667, on refait le fort (voir ci-dessous). En 1670, il n’y a presque plus d’habitants à Walcourt.

 

Silenrieux connut aussi en 1612 une grande tempête qui détruisit au moins 18 maisons, d’après le nombre de personnes qui ont demandé du bois pour refaire leur maison en février 1613.

 

En 1634, le grand bailli avait levé une milice rurale pour lutter contre les soldats étrangers dans la principauté de Liège. Il vint à Silenrieux pour convaincre les paysans de se défendre. La communauté de Silenrieux acheta de la poudre pour ses miliciens. Mallet dut même garder pendant 15 jours des prisonniers en sa maison. Mais cette action n’empêcha pas les troupes étrangères de venir s’installer. 

 

Les conflits entre le seigneur, le mayeur et la communauté de 1660 à 1664.

En 1660, on apprend que le mayeur du village contrarie la communauté tant qu’il peut pour son propre profit et pour flatter les chanoines de Thuin qui sont en procès contre la communauté au sujet des biens du village (bois et autres).

Les chanoines protestent contre le bourgmestre et la communauté de Silenrieux pour avoir sarté sans leur consentement.

Les gens de Silenrieux se plaignent de leur seigneur : « nous avons de braves seigneurs qui nous ont laissé loger par les soldats et ruiner et c’est par eux que nous avons perdu nos papiers et lettrages de nos privilèges ». « Ils menacent de rendre les comptes de la communauté même si les chanoines ne viennent pas car ils ne sont pas maître de notre argent et ils n’ont pas à savoir ce que nous faisons ou comment nous en disposerons ».

En 1662, Materne Ernotte est condamné à payer 10 florins d’or d’amende car il a appelé le mayeur Jacques De Treigne hors de sa maison pour le provoquer au combat avec une arme et lui proférer quantité d’injures et il a battu et violemment frappé le bourgmestre Jacques Hélaz.

En 1664, l’officier Bailly fait une enquête sur le mayeur Jacques De Treignes qui est souvent critiqué par les habitants. Voici une liste de témoignages :

Témoignage de Marc Brousselart :

« Il menace souvent les habitants lorsqu’ils ne sont pas d’accord avec lui ; il boit beaucoup ; il fait en justice ce que bon lui semble et lorsqu’il arrive contradiction par ses confrères, il les menace de les déposer de leur charge ; il a plus de familiarités avec François Boulouffe que les autres échevins ; il a fait couper à l’insu des seigneurs une quantité de charrée de bilardeaux et bois venant de la communauté ».

Témoignage de François Helaz (42 ans) : « j’ai été échevin et j’ai quitté ma charge à raison que Jacques De Treigne voulait sans raison fort souvent me faire condescendre à sa volonté contre la justice et l’équité ; je suis aussi d’accord avec Marc Brousselart ».

Témoignage de Jean Ernotte : « il se vante souvent d’être le seigneur de ce lieu et qu’il peut tout en cette qualité et qu’il ne doit pas se servir de l’officier bailly ».

 

En 1667, la communauté doit refaire le fort de Silenrieux qui se trouvait à Pas de la l’Eau (probablement, près des bâtiments du seigneur et de la sergenterie). Ce fut François et Martin Boulouffe, Lambert Loyet, maçons de Silenrieux ainsi que Gille Colle charpentier qui travaillèrent à notre fort avec plusieurs ouvriers. On cite aussi Jean Ernotte, Thomas Pirco, menuisier pour les châssis ainsi que Philippe Gobert maréchal de Daussois pour les barreaux et la porte et le curé Baslaire pour avoir livré les châssis de pierre. Il est probable que la pierre commémorative de 1667 du curé Baslaire se trouvant à l’ancien presbytère provienne de ce fort car le curé a participé financièrement à la reconstruction du fort en offrant les châssis de pierre (voir aussi partie sur les bâtiments scolaires). La même année, on refait les murailles du cimetière qui servaient aussi de refuge pour la population.

 

 

Pierre de Thomas Baslaire

 

 

§ 3.  La confiscation de Silenrieux par le roi soleil Louis XIV

 

L’année 1678 fut très mouvementée pour le village qui dut fournir à la fois des rations aux Espagnols et aux Français. Finalement, le mayeur et le bourgmestre furent arrêtés 4 jours à Charleroi, puis le mayeur seul 7 jours pour ne pas avoir apporté les rations à temps. Par après, le mayeur fut arrêté à Philippeville pendant 6 jours et 5 habitants du village furent emprisonnés à Dinant. Ils revinrent grâce à l’appui du prince de Barbençon qui était bien vu par l’intendant français du Hainaut.

Au moment de la négociation de Nimègue en 1678, les armées françaises de Louis XIV occupaient un grand nombre de places de l’ESM. Suite au traité de Nimègue, Louis XIV dut s’en défaire sauf Philippeville, Senzeilles et Mariembourg. Mais en 1679, il décida de nouveau de déplacer les frontières à sa guise et prendre possession de presque tout le territoire au sud de la Meuse et la Sambre. Les troupes vivaient aux dépens des habitants des campagnes. En 1679, la communauté de Silenrieux a dû collecter 80 tailles pour les troupes françaises qui prenaient leur quartier d’hiver dans nos régions. La même année, le bourgmestre dut aller à Philippeville pour demander au gouverneur de faire déloger les soldats français présents au village. Il dut aussi payer 88 florins pour exempter la communauté de livrer des pionniers pour Thuin.

En 1680, les Français étaient encore présents dans l’ESM et vivaient toujours aux dépens des habitants. Ils exigeaient des fonctionnaires et curés de l’ESM le serment de fidélité à leur roi qu’ils auraient dû prêter à Philippeville et Charleroi. La communauté de Silenrieux dut payer pour libérer Yvan et Etienne Lambert de Silenrieux emprisonnés à Charlemont. C’est aussi en 1680 (ou 1681) que le roi Louis XIV est passé à Silenrieux pour se rendre à Philippeville. Le mayeur avait dû visiter les chemins pour qu’ils soient en bon état pour son passage. Finalement, c’est en 1681 que 30 villages de l’ESM liégeoise furent forcés de reconnaître la souveraineté du roi très chrétien Louis XIV. De 1681 à 1687, Silenrieux doit fournir continuellement des rations aux Français, guider les soldats dans la région et en loger ainsi qu’offrir des présents aux gouverneurs et officiers. Les troupes françaises considéraient Silenrieux comme un lieu de ravitaillement faisant partie de leur influence car le village recevait des ordres de l’intendant du Hainaut.

Finalement, en 1688, les troupes françaises occupèrent définitivement toute la région et Silenrieux passa sous l’autorité directe de la France. Dans les textes de l’époque, on ne parlait plus du « chapitre de Thuin » comme seigneur, mais de la « confiscation française ». Silenrieux dépendait du Hainaut et correspondait avec l’intendant français du Hainaut (d’abord Faultrier en 1688, puis Daniel François Voysin de 1688 à 1697). Le village ne payait plus de droits au chapitre de Thuin, mais devait fournir de nombreuses rations et de l’argent aux Français.

C’est aussi à partir de 1688 que les autres puissances se liguent contre Louis XIV car il ne respecte pas les traités (ligue d’Augsbourg). Cette guerre durera jusque 1697, date de la libération de Silenrieux.

Durant cette occupation française, plusieurs batailles et escarmouches eurent lieu à et autour de Silenrieux.

En avril 1689, les coalisés (les Hollandais et Anglais) et les Français se livreront bataille autour de Walcourt. Les coalisés du prince de Waldeck et de Marlborough passent la Sambre, s’installent sur les hauteurs de Thy et occupent Walcourt avec de l’infanterie et de l’artillerie.

600 fusiliers anglais s’installent à Battefer et la cavalerie hollandaise fourrage à Silenrieux.

Par la suite, les Français du maréchal de Humières passent aussi la Sambre et viennent camper sur les hauteurs de Silenrieux du côté de Boussu le 25 août.

Entre 9 H et 10 H, il fait aussitôt charger la cavalerie de Villars sur les Hollandais qui fourrageaient à Silenrieux. Ceux-ci en déroute se réfugient à Walcourt.

Cependant, à Battefer, de 10 H à 11 H, les 600 fusiliers anglais tiennent en échec la cavalerie française qui sera remplacée vers 11 H par des fantassins qui finiront par repousser les Anglais vers Walcourt.

En effet, vers 12 H, les fusiliers anglais sont rappelés pour se replier. L’infanterie française réussit à faire 50 prisonniers qui se sauveront finalement par le Ry des Dames.

Un gentilhomme du pays informe le maréchal qu’il y a des brèches facilement franchissables dans le mur d’enceinte de Walcourt. Le 27 août au matin, l’infanterie d’élite du comte de Soissons venant de la Valentinoise reçut l’ordre de franchir le pont de Gerlimpont pour attaquer Walcourt. Mr de Metz plaça au hameau de Gerlimpont 2 canons qui tirèrent sur l’église de Walcourt. Il en plaça 2 autres au sommet de la vallée vers Thy. Les troupes françaises passèrent le pont au pas de charge sous une grêle de balles et de boulets avec des pertes énormes. Ils coururent à découvert jusqu’à l’enceinte croyant trouver les brèches annoncées ; mais la muraille n’était percée que de meurtrières d’où les Hollandais envoyaient à bout portant un feu nourri. Deux autres bataillons français et des gardes suisses passèrent la rivière d’Heure à gué pour attaquer Walcourt de tous côtés et pouvoir s’emparer de la brèche ; mais Waldeck résista et avait renforcé sa défense. Finalement, de Humières dut se résoudre à sonner la retraite et à regagner son camp sur les hauteurs (Boussu-Silenrieux). Finalement, le prince de Waldeck refoulera les Français à Boussu en leur faisant éprouver de lourdes pertes. Les Français auraient eu selon de Humières 400 tués et 600 blessés et selon les Hollandais 1800 tués et 600 blessés. Les Hollandais auraient eu 400 tués ou blessés. Après la bataille, de Humières quitta son camp le 5 septembre 1689 et alla camper à Gerpinnes.

L’année suivante, le 26 juin 1690, les troupes françaises du maréchal de Luxembourg nouveau commandant en chef viennent de Jeumont pour camper de nouveau sur les hauteurs de Silenrieux entre Fontenelle et Boussu ; mais ils repartirent le lendemain pour Gerpinnes en ayant fait de nombreux pillages de bêtes à cornes à Silenrieux. Ils se feront guider par des gens de Silenrieux ; la cavalerie partira par Rognée, l’artillerie par Pry et l’infanterie par Battefer.

L’année suivante, le 21 juillet 1691, le maréchal de Luxembourg revient camper sur les hauteurs du défilé de Silenrieux entre Fontenelle et Boussu. Il repartira le 22 juillet guidé par des gens de Silenrieux vers Emptine.

« La marche se fit en 6 colonnes. Chaque colonne avait formé sa ligne en arrivant sur le défilé de Silenrieux. L’aile gauche de cavalerie fit la colonne de gauche et prit le chemin de la forge de Battefer et alla vers Yves. La 2ème colonne côtoyant le chemin de Boussu à Battefer et la laissant à gauche vint passer à une maison qui appartenait à la sœur du curé de Silenrieux et laissant cette maison à droite, elle entra dans les jardins pour aller passer au pont de la gauche des 2 que l’on avait fait entre Silenrieux et Battefer ; après avoir traversé le ruisseau, elle prit à gauche et monta sur la hauteur par des ouvertures qu’elle fit dans des haies laissant toujours sur la droite une colonne d’infanterie qui passait dans le petit sentier ; quand elle fut sur les hauteurs, elle alla à Daussois. La 3ème colonne vint passer au pont de la droite des 2 que l’on avait fait entre Silenrieux et Battefer ; elle laissa la maison de la sœur du curé à gauche et la cavalerie qui passait dans Silenrieux à droite, et après avoir traversé le ruisseau, elle prit un sentier pour monter sur la montagne puis, laissant sur sa droite le grand chemin qu’occupait la cavalerie et sur sa gauche une colonne d’infanterie, elle continua par Daussois. La 4ème colonne passa au gué de Silenrieux d’où elle alla sur Daussois. La 5ème colonne (gros bagages de l’armée) alla passer à la forge du prince (Féronval) où elle prit le grand chemin de Philippeville. La 6ème colonne, pour les menus bagages, passa par le moulin de Boussu, puis par le tri des bois ; elle descendit à la queue de l’étang de la forge et passa sur un pont qu’on avait fait dans les prairies ; puis alla à travers des haies et bois taillis de Silenrieux ».

 

La même année, du 9 au 10 août, une colonne française passa par Falemprise pour aller vers le Four à verre (Erpion). C’est aussi en 1691 que le mayeur Jean Antoine sera fait prisonnier pendant 11 jours par les Français à Philippeville car les Hollandais avaient pris 5 chevaux et les Français accusaient les habitants de Silenrieux.

Les 14 et 15 juin 1692, les Hollandais attaquèrent à Silenrieux un convoi considérable qui venait de Beaumont vers Philippeville. Ils brûlèrent une vingtaine de chariots chargés de farine et d’avoine. Les garnisons de Philippeville et Beaumont sont venues au secours de l’escorte qui battait retraite et finalement, le reste du convoi fut sauvé.

Le 6 juillet 1692, de nouveau des troupes françaises passèrent par Silenrieux ; la 7ème colonne par Battefer, la 8ème colonne par Silenrieux, la 9ème colonne par Féronval.

En 1693, le mayeur sera détenu 3 jours en prison à Walcourt pour ne pas avoir prévenu les Français qu’il y avait eu des Espagnols dans le village. Il enverra aussi des pionniers pour aller travailler à Namur et à Mons.

La bataille de Silenrieux et Boussu du 4 juillet 1693 selon Quincy, historien de Louis XIV (le mayeur alluma des chandelles à Silenrieux le jour de la bataille) :

« Il fallait alimenter en vivres le maréchal de Luxembourg dans son camp entre Tirlemont et Jodoigne à partir de Mons. Un convoi de 700 chariots chargés de grains et 2 autres voitures avec de l’argent partirent de Mons vers Beaumont sous les ordres du comte de Vertillac. L’escorte était importante. Le comte se mit en route vers Beaumont la nuit du 2 juillet 1693 accompagné d’un corps de cavalerie de 600 chevaux et composé du régiment de Lagny, celui d’Avaray (dragons), et de plusieurs détachements ainsi qu’un gros corps d’infanterie. Mr de Lagny, brigadier avait le commandement général de l’escorte.

Les équipages des généraux ainsi que des officiers des gardes du corps, des gendarmes, des chevaux légers qui n’avaient pu encore joindre l’armée de même qu’un corps d’infanterie, partirent en même temps.

A Beaumont, le comte de Guiscard, lieutenant général et gouverneur de Namur reçut le convoi. Il vint à cet endroit avec un corps considérable composé du régiment de Rassent (cavalerie), des dragons de Bretoncelle et de Bretteville, de la compagnie franche des dragons de Rodrique del Fiante, du bataillon de Bourbons du marquis de Vieuxpont pris à Philippeville en passant, du bataillon suisse de Belle roche et un détachement de la Mark. Après avoir remis le convoi au comte de Guiscard, le comte Vertillac repartit pour Mons. Mais ayant appris la présence d’un mouvement agressif exécuté par le baron de Jucy général hollandais, le comte Vertillac fut rappelé et revient avec les régiments de Lagny et d’Avaray. Il arriva à Beaumont à minuit. Le 4 juillet à l’aube, on quitta Beaumont pour Philippeville. Il y eut 3 corps : de Bretoncelle commandait l’avant garde avec 8 escadrons et 400 fusiliers ; le comte de Guiscard était au centre avec le convoi, les équipages et les officiers ; le comte de Vertillac commandait l’arrière garde de 8 escadrons et de 600 hommes d’infanterie. Mr de Guiscard fit marcher le convoi sur 2 files, il s’avança avec Mr de Raffent sur la hauteur de Silenrieux où Mr de Bretoncelle avait fait halte. Il envoya quelques détachements de l’avant garde pour fouiller le pays du côté de Walcourt, et après avoir fait occuper le défilé par le marquis de Vieuxpont avec 200 hommes, il fit défiler les chariots pour le traverser.

Arrivé sur les hauteurs de Silenrieux, le marquis de St Geniez qui commandait le dernier escadron du régiment de Bretteville fut envoyé pour construire des ponts sur l’Eau d’Heure pour faciliter le passage et abréger la marche. Ayant aussi reconnu par lui-même qu’on pouvait passer par les forges qui étaient un peu plus haut, il y mena une file de chariots après en avoir fait assurer le passage et la sortie par Mr de Méaux qui commandait l’infanterie. A la tête du convoi, Mr de Bretoncelle qui était l’avant garde prit toutes les précautions nécessaires pour en assurer la tête, il fit parquer les chariots au delà du défilé et il occupa toutes les avenues. Mais Mr de Lagny lui fit dire qu’il avait reconnu que les ennemis étaient fort près de lui avec un corps considérable. Sur cette nouvelle, Mr de Guiscard pria Mr de Vertillac de mettre ce qu’il avait de troupes en bataille, il envoya de nouveau ordre de presser le passage du défilé, et demanda à Mr de Raffent, qui avait joint Mr de Bretoncelle, de lui faire passer 3 troupes et quelques infanteries après avoir bien assuré la tête du village de Silenrieux, car il était à craindre que l’ennemi n’y fit couler de l’infanterie à la faveur du vallon. L’ennemi commençait à se poster. Mr de Raffent le joignit alors avec 2 escadrons qui étaient tout ce qu’il avait pu faire repasser en deçà du défilé, le reste était composé des dragons de Bretoncelle et de Berteril, et d’un escadron de Lagny. Mr de Guiscard s’apercevant que l’infanterie des ennemis grossissait, il parla à chaque escadron et ordonna à ses troupes de charger l’épée à la main. Il les fit ébranler en même temps et profita d’une pente qui tombait à gauche des ennemis dans un petit vallon où ils ne s’étaient pas étendus ne le croyant pas praticable. L’infanterie ennemie qui occupait Boussu et les haies voisines fit un très grand feu sur les troupes du roi. Mr de Bretoncelle joignit Mr de Guiscard après avoir eu la précaution de faire défiler le convoi pour aller à Philippeville et de donner les ordres.

Quand il restait une centaine de chariots à passer la rivière à Silenrieux, les Français aperçurent quelques coureurs hollandais qui commençaient à paraître sur les hauteurs entre Beaumont et Boussu. Le bataillon de Bourbons qui se trouvait à Boussu regagna sous la conduite du marquis de St Geniez la plaine de Boussu.

Le convoi et l’avant garde avaient déjà passé la rivière quand arrivèrent de Charleroi les troupes espagnoles du baron Dupuy, composées d’un détachement de cuirassiers de l’électeur de Bavière, d’une Terce espagnole commandée par de Puiciente, de beaucoup d’infanterie et de tous les volontaires de Charleroi encore espagnols. Ces troupes se déployèrent aussitôt et se mirent en bataille. Une colonne d’infanterie sortit d’un petit bois voisin et détacha plusieurs bataillons pour aller s’emparer de Boussu. Pendant ce temps, la cavalerie se porta en avant pour empêcher le passage de l’arrière garde des Français.

Le comte de Guiscard voyant son convoi presque à Philippeville, ne se pressa pas pour attaquer.

Le comte de Vertillac (arrière garde française) au contraire se prépara au combat et fit former 2 lignes.

Les Espagnols s’étaient formés sur 3 lignes soutenues par de l’infanterie. Mr de Vertillac attaqua et mit 800 hommes hors de combat et fit 200 prisonniers. Le comte de Vertillac fut tué.

Ce combat se déroula sur les hauteurs de Silenrieux principalement autour du village de Boussu ».

 

A partir du 20 mai 1694, les troupes françaises, comprenant 3 escadrons de Saint Lieu viennent à Silenrieux pour y tenir un cantonnement. Il servait pour assurer le chemin de Beaumont à Philippeville. Le long du chemin, on installa plusieurs postes. On mit 25 hommes à la cense de Bethléem. Le 11 juin 1694, St Lieu fut remplacé par d’autres ; puis ainsi de suite jusqu’en 1697.

En 1696, la communauté était surendettée par les faits de guerre : elle devait continuer à payer et aider les troupes françaises ; le Prince Evêque de Liège réclamait toujours ses impôts (Gilles Delmarche fut saisi par les Liégeois le 1er novembre 1696 parce que la communauté n’avait pas payé ses contributions ; la communauté devait en plus payer les frais de détention de Delmarche) ; la communauté était aussi dans l’impossibilité de subvenir à toutes les charges de son propre mayeur (la communauté devait une rente à son mayeur).

De plus, les Français avaient beaucoup épuisé les bois. En 1696, on devait encore fournir 450 palissades pour Dinant. Les habitants durent travailler sur l’ordre de l’intendant pour rétablir le chemin du roy passant au village pour que les convois passent plus facilement.

En 1697, les Espagnols reviennent dans la région : le mayeur a eu sa porte enfoncée par des soldats espagnols et a dû les nourrir. Finalement, les Français quittent la région à la fin 1697 et Walcourt le 3 février 1698.

En 1698, « la communauté demande au seigneur le chapitre de Thuin d’avoir bon et favorable égard à la nécessité extrême dans laquelle elle se trouve de faire paître son bétail dans les bois et à la difficulté dans laquelle ils sont à raison du délabrement d’une bonne partie des maisons ».

 

 

§ 4.  Le 18ème siècle

 

Ce siècle fut le plus paisible de l’ancien régime. Pour assurer la paix et la tranquillité, la principauté de Liège ordonna le 16/03/1699 d’organiser des patrouilles pour arrêter les vagabonds et voleurs et pour prévenir les dégâts aux champs et forêts. La communauté organisa rapidement des patrouilles et des gardes tournantes entre les bourgeois du village (en 1704 François Ernotte et Jean Lorent, en 1705 Philippe Boulouffe, etc…) pendant quasiment tout le 18ème siècle ; la moitié des amendes revenaient aux patrouilleurs.

En 1751, Mr Petit logea un prisonnier que la patrouille avait ramené et Joseph Ernotte fournit un cheval pour le mener à Rognée. Puis, la même année, 5 prisonniers furent nourris et envoyés à Thuin. D’autres prisonniers sont renseignés en 1760, en 1763 et en 1771.

« Voici le commandement de la patrouille de Silenrieux du 25 juillet 1763 pour patrouiller le 26 juillet jour Ste Anne : à Falemprise et aux Haies Jacques Ignace Léonard commandant avec François Flandre, Pierre Dehon, Dieudonné Bailieve, le fils de Marc Ernotte, Jean Deloge et Louis Ernotte ; à Gerlimpont jusque Pisselotte Joseph Grawet commandant avec Médart Hilart, le fils Jean Squevin, Joseph Lecomte, Laurent Lecomte, Joseph Baisir, Simon Huart, Louis Preute ; au village Martin Colinet commandant avec Pierre Sevrin, Gille Dubernard, Jean Joseph Ghislain, Augustin Bastin, Jean Bapt Brousmiche, François Joniaux.

Pour le 27 juillet 1763 à Falemprise commandant Jerome Colinet, à Gerlimpont comandant Felix Bastin et au village commandant Jean Claude Colinet. Pour le 28 juillet 1763, à Falemprise commandant Martin Petit, à Gerlimpont commandant Henri Joseph Grignet, au village commandant François Joniaux ».

 

En 1700, une partie de la communauté de Silenrieux est allée accueillir le prince évêque Joseph Clément de Bavières à Marchienne au Pont avec des hommes en armes pour lui faire une salve d’honneur. Celui-ci venait dans la région pour organiser des tractations avec les belligérants (la France et les alliés) de la guerre de succession d’Espagne. Silenrieux se trouvant entre la frontière française (Boussu) et la frontière des Pays-Bas espagnols (Walcourt), était bien située pour ces négociations. Il logea 10 jours chez le mayeur.

Finalement, la guerre pour cette succession éclata entre la France et les partisans des Habsbourgs d’Autriche ; mais la principauté resta indépendante même si certaines troupes passèrent de nouveau au début du 18ème siècle sur son territoire en ESM. C’est pourquoi, les habitants de l’ESM subirent encore les exactions des soldats français ou hollandais.

Silenrieux dut loger des soldats français en 1705, des cavaliers français en 1709, en 1710, des miliciens liégeois en 1711, des gardes du prince évêque en 1712 ; ou fournir de la nourriture et des rations en 1704 aux soldats hollandais, en 1705 aux soldats français, en 1706 et 1707 aux troupes françaises en quartier d’hiver et aux miliciens liégeois, de 1709 à 1713 aux Français ; ou guider les troupes de 1705 à 1713 ; ou transporter des bagages, du bois, ... de 1705 à 1713.

En 1707, des troupes du prince évêque campent à Falemprise.

En 1711, de nouveau, le prince évêque visite l’ESM et la Vve Renier Ernotte de Silenrieux lui livre un cheval pour le conduire jusqu’à Beaumont.

En 1714, le prince évêque est de nouveau dans notre région et la communauté de Silenrieux doit lui livrer : 4 chevaux pour les gardes de son altesse, 5 chevaux pour le transport à Dinant de quelques effets de son altesse, attelage pour les bagages des troupes de son altesse pour Valenciennes.

Finalement, un traité de paix est signé le 6 mars 1714 entre la France et l’Empire. Par la suite, le village connut une longue période de paix.

La paix revenue, la communauté va surtout rembourser les rentes de ses dettes : la rente de 99 florins du chapitre de Fosse ; la rente de 1671 faite à la confrérie des Trépassés de l’église St Théodard de Thuin ; la rente du doyen du chapitre de Thuin.

Au début du 18ème siècle, on voit apparaître l’ingérence du prince dans la gestion de la communauté ; en 1706, il faut son autorisation pour aliéner les biens de la communauté, pour contracter un emprunt et en 1733 son autorisation pour plaider.

Par la suite, le prince évêque édictera plusieurs ordonnances liées aux transports et livraisons réclamées par la France : « du 19/08/1741 à 1749 : ordre aux communautés rurales de livrer les fournitures, les chariots et attelages réclamés par la France » (la France qui occupera les Pays-Bas de 1745 à 1749). La communauté se fera rembourser.

« La communauté de Silenrieux fait partir le 30 août 1741 8 chariots et un attelage de 4 chevaux pour se rendre au camp d’Anseremme, camp de Celle et puis d’Hubine ».

« En 1747 une convention entre le ministre du roy de France et son altesse le prince ordonne au mayeur et habitants de Silenrieux de faire trouver demain 26 octobre 1747 à 5 H du matin 2 chariots, bien attelés pour y charger les équipages du régiment de Noailles cavalerie et 2 chevaux de selle pour ceux du régiment de la marche ; et de le voiturer le même jour à Mariembourg et aux environs ».

En 1758, Jean Claude Colinet a guidé une troupe qui convoyait un trésor.

 

De 1758 jusque 1763, on a dû conduire des chariots de farines de Liège à Julliers sur ordre du prince évêque tout en étant remboursé pour le service de sa majesté très chrétienne de France . En 1763, Jean Baptiste Grawet, Jean Baptiste Fontenelle, Henri Quaré, Henri Grawez et sieur Cabarau ont été à Liège.

L’affaire du tocsin et des coups de fusil vers le mayeur.

Le 24 novembre 1783 un peu après minuit, quelqu’un a fait sonner une cloche du village qui a troublé et alarmé tous les habitants de Silenrieux. Les autorités laissent trois jours à la personne pour se déclarer au greffe sinon le fait sera représenté comme vilain.

De même, on recherche qui a tiré 3 coups de fusil vers la maison du mayeur Trousset.

 

Le testament de Trousset

Le 12 janvier 1784 fondation et légat par Nicolas Dieudonné Trousset mayeur, échevin, greffier, notaire admis au conseil privé de Liège, clerc marguillier de l’église Ste Anne.

« Il légate : il fonde une messe à chanter tous les ans à perpétuité le 7 janvier, il crée une rente perpétuelle, il fonde aussi une messe à chanter avec expositions et bénédictions du St sacrement le jour St Nicolas, il fonde une rente pour l’écolage des pauvres enfants et pour les infirmes indigents ».

 

Le marché noir dans la région de Silenrieux

Durant le 18ème siècle, de nombreux contrebandiers passèrent par Silenrieux, passage obligé entre les Pays-Bas autrichiens à Walcourt, la France à Boussu et la principauté de Liège à Silenrieux. Ceux-ci écoulaient du sel, de l’huile, du savon, des eaux de vie, du fer et du tabac.

De 1788 à 1790, les prix des céréales étaient fixés afin d’éviter les spéculations suite à la pénurie de céréales due aux hivers rigoureux. L’abbaye d’Aulne refusait d’accepter de vendre au prix maximum fixé par Thuin et se lançait dans le marché noir avec la France. Elle exportait vers celle-ci en passant entre autres par Silenrieux. Finalement, des chariots de l’abbaye d’Aulne furent arrêtés à Silenrieux.

 

A la fin du 18ème siècle, les frais et dépenses dus au passage des troupes françaises et autrichiennes (1792 à 1794) réapparaissent. La communauté doit de nouveau s’endetter vis-à-vis de particuliers et d’institutions.

 

 

Chapitre 7 : La période française (1794-1815)

 

§ 1.  La période trouble de 1792 à 1794

 

De 1792 à 1794, l’ancien régime est toujours en place et les habitants préfèrent les Autrichiens aux Français. Des plaids généraux sont encore organisés régulièrement jusqu’à Pâques 1794.

Cependant, cette période fut troublée à plusieurs reprises par les révolutionnaires français.

A partir de juin 1792, Silenrieux reçoit de plus en plus la visite des soldats français qui réquisitionnent la nourriture pour eux et pour leur bétail. Ils obligent ainsi la population locale à faire paître leurs propres bêtes dans les bois. A partir de septembre 1792, la présence de la garnison de Philippeville à Silenrieux devient quasiment permanente. Ils pillent et réquisitionnent foin et avoine. La crainte des habitants d’être intégrés à la république française les pousse à préférer les Autrichiens.

Après la victoire française à Jemappes le 6 novembre 1792, Silenrieux est théoriquement rattaché au département des Ardennes françaises ; mais les autorités de l’ancien régime (principauté de Liège) continueront de convoquer les plaids généraux en janvier, avril et octobre 1793.

Le 5 mars 1793, François Mengal, démocrate de Thuin, missionnaire révolutionnaire et secrétaire de la société des amis de la liberté et de l’égalité vient à Silenrieux pour soutenir les démocrates du village face aux conservateurs et obtenir le vote et soutien pour la réunion à la France de Silenrieux. On lui avait donné 3 jours pour accomplir sa mission à Silenrieux. La réunion avait été convoquée par le général commandant de la région et affichée plusieurs jours à l’avance. Le lieu prévu était le même que pour les plaids généraux c’est-à-dire autour de l’ancienne église. Tous les citoyens âgés de 21 ans furent convoqués au son de la cloche et du tambour pour cette assemblée dite « primaire ». Plus ou moins 70 chefs de ménage sur 165 y participèrent sous l’animation de Mengal. D’abord, on procéda par acclamation à l’élection du président Nicolas Lambotte et de 2 secrétaires : Jean Cauderlier et Francois Duclos et de 3 scrutateurs : Alexandre Cauderlier, Dominique Hancart et Hubert Ernotte. Ils furent élus pour recevoir le vœu du peuple pour la réunion à la France et le serment. Voici les noms des 28 personnes qui prêtèrent serment d’observer la liberté et l’égalité « je jure d’observer et de maintenir la liberté et l’égalité ; je renonce à tous privilèges et prérogatives quelconques dont je pourrais avoir joui ; je jure le tout sans aucune restriction mentale » :

Antoine Antoine, J. Boulouffe, Jean Denis Bricout, Philippe Bricout, Martin Brousmiche, Jean Burguin, Alexandre Cauderlier, Jean Cauderlier, Antoine Colinet, Antoine Joseph Colinet, P. Damas, Jean Delmarche, François Duclos, Jean Ernotte, Hubert Ernotte, Louis Ernotte, Jean Jacques Fontenelle, Dominique Hancart, Charles Joniaux, Jean Joniaux, Jean Baptiste Latin, Antoine Leande, Lambert Lecomte, François Leveque, Joseph Lodelin, Jean Masset, Jean Moriame, Louis Petit.

Puis voici les noms des 41 autres personnes qui ont voté pour la réunion à la France et prêté le serment alternativement en mains des secrétaires soussignés :

Joseph Bal, Alexandre Bastin, Antoine Bastin, Célestin Bastin, Joseph Berny, P. Blondiaux, Jacques Bouillot, Jean Boulouffe, Pierre Boulouffe, J.B. Brousmiche, Cyprien Cafonet, André Carlit, Paul Colonval, Sébastien Dereine, Sébastien Derenne, M. Dupont, Lambert Durbecq, Jacques Dutron, Louis Ernotte, Nicolas Ernotte, Jean Gaspart, Nicolas Gillard, Germain Grignet, Jean Hanzenne, Philippe Hosselet, Philippe Huaux, Jacques Joniaux, Jacques Joniaux, Philippe Joniaux, Philippe Lambotte, Adrien Langlois, Joseph Lecomte, Jacques Legros, Joseph Leonard, Joseph Monau, Auguste Moriame, Jean Petit, Antoine Pleux, Jacques Sainthuile, Jean Warrant, François Wilmet.

Cependant, les Autrichiens, par leur victoire le 18 mars 1793 à Neerwinden reviennent dans notre région à Walcourt et Beaumont. Les Français restant à Philippeville et dans le sud de notre région. Silenrieux se trouvant ainsi entre les 2 belligérants.

En début mai 1793, les Français exigent des fournitures à Cerfontaine pour faire des travaux à Boussu et à Bethléem (Silenrieux) et en juin 1793, ils organisent théoriquement les cantons municipaux du département des Ardennes en plaçant Silenrieux dans le canton de Villers-deux-églises (voir les institutions françaises ci-dessous).

En octobre 1793, des combats éclatent à Silenrieux :

« Les Autrichiens sont cantonnés aux environs de Beaumont avec 4 à 5000 hommes sous les ordres du maréchal Benjowski ; l’armée française des Ardennes était à Philippeville avec 15000 hommes sous les ordres du général Hélié.

Le 15 octobre 1793, le général Hélié reçut l’ordre de faire une diversion avec 6000 hommes, 300 cavaliers et l’artillerie en avançant vers Beaumont. Il y rencontra à Silenrieux les avant-postes du maréchal Benjowski qu’il chasse du village. Il continua sa route vers Beaumont ; cependant, le soir, à Barbençon, il rencontre le général Benjowski qui accourait au secours des siens. Celui-ci prit les Français à l’improviste et les refoula dans le plus grand désordre vers Philippeville. Le lendemain (16 octobre 1793), les Autrichiens se mirent en route vers Boussu et Silenrieux où ils rejoignirent les Français. Après un combat long et acharné, les Français furent battus avec de lourdes pertes et se retranchèrent sur les hauteurs de Silenrieux en direction de Daussois ».

Pendant ce combat, le receveur du bureau du 60ème denier fut pillé par les Français le 15 octobre 1793 vers 20 H du soir et aussi le lendemain pendant la journée, les habitants et le receveur furent de nouveau pillés quand les Français furent contraints de quitter le village.

Le 4 novembre 1793, Cerfontaine dut livrer du foin au retranchement français de Silenrieux (près de Bethléem) et des vivres aux Autrichiens sur les hauteurs de Silenrieux vers Boussu.

De décembre 1793 à avril 1794, les 2 belligérants se trouvaient face à face dans la région à Silenrieux. Les habitants devaient livrer quotidiennement du bois et des vivres aux Autrichiens. Jacques Biston dut même avec ses 3 chevaux tirer un canon autrichien à Silenrieux.

Quant au receveur revenu en décembre 1793 à Silenrieux, le 25 décembre, il fut de nouveau chassé par les Français qui firent une incursion dans le village. Tout le monde se sauvait. Le bureau du 60ème denier fut pillé (la porte enfoncée, la table du comptoir et les armoires cassées). Les Français emportèrent toutes les provisions et les marchandises.

Le 4 avril 1794, les Autrichiens aux ordres du prince de Reuss avaient les détachements suivants dans notre région : « ½ escadrons et ½ compagnies de tirailleurs à Boussu, ½ escadrons et ½ compagnies à Silenrieux, 1 escadron à Castillon, ½ escadron et 1 compagnie à Walcourt, ½ escadron et 1 compagnie à Yves, 1 escadron à Fairoul ».

Le 20 avril 1794, les Français font une incursion à Silenrieux et pillent la maison pastorale de fond en comble en emportant les registres paroissiaux.

 

LA BATAILLE DE SILENRIEUX – BOUSSU

 

Les enjeux de la bataille sont importants car l’armée française des Ardennes sous les ordres de Charbonnier doit rejoindre l’armée du Nord commandée par le général Pichegru à Beaumont pour ensuite reconquérir les Pays-Bas autrichiens en se déployant de Sedan à Dunkerque. Cependant, les Autrichiens de Kaunitz occupaient les environs de Walcourt (voir déploiement ci-dessus) et Beaumont.

 

 

 

Situation de la batterie et de la redoute

 

Le 20 avril, Charbonnier reçut donc l’ordre de se diriger avec son armée vers Beaumont à partir de Philippeville. Le 21 avril, 10 bataillons des troupes françaises prenaient position à Villers-deux-églises. Le 22 avril, le général français Hardy chasse les troupes autrichiennes de Dagenschild du dessus des gorges de Silenrieux et les troupes françaises s’installèrent au dessus de la vallée de l’Eau d’Heure et de l’Eau d’Yves à Vogenée, Daussois, à la Marlère à Silenrieux, à Nazareth à Silenrieux. Charbonnier, général en chef, sera fier de ses troupes et fera le rapport suivant : « nous avons été aux prises depuis 6 H du matin jusqu’à la nuit tombante avec les troupes ennemies. Nous leur avons fait perdre une lieue et ½ de terrain et nous avons pris position sur les hauteurs entre Daussois et Walcourt, une position telle qu’il ne peut prendre à l’ennemi l’envie de nous en débusquer, il leur en coûterait trop. … faire prendre un peu de repos à la troupe… L’ennemi a perdu 200 hommes au moins et nous n’avons presque point eu de blessés ou tués ».

Le 23 avril, l’avant garde française se trouve à Nazareth (Silenrieux) au-dessus de l’Eau d’Heure. Le général Hardy décide de renforcer sa position en demandant des chevaux pour l’artillerie et des sapeurs pour construire une redoute appelée « Minerve » qui se trouvait près de la chapelle de l’Ange Gardien à Silenrieux. Les habitants de Silenrieux et des villages voisins aideront aussi à la construction de cette redoute. Elle servira à défendre les hauteurs conquises et d’assurer une bonne surveillance sur la vallée. Le général fera aussi déporter des régiments dans les villages de Soumoy et Daussois et installera une batterie « au forêt » près de Nazareth.

Quant aux Autrichiens, leurs troupes étaient commandées par le général Dagenschild et occupaient Erpion et Boussu avec des postes avancés qui tenaient la gorge de Silenrieux, les forges de Battefer et Walcourt.

Le 24 avril, l’armée de Charbonnier se positionne sur les hauteurs conquises avec 16000 à 18000 hommes. La redoute est toujours en construction. Il met le 23ème de cavalerie à Daussois, 7 compagnies d’infanterie légère dans les bois au nord de Silenrieux à la limite avec Walcourt (lieu-dit « les Bourguignons »), le 20ème chasseurs à cheval à Villers et Senzeilles, les 5ème dragons et 2 compagnies du 9ème d’infanterie à Soumoy et l’avant garde du général Hardy à Nazareth et Bethléem (Silenrieux) avec le 26ème d’infanterie légère, 6 compagnies de grenadiers, le 11ème chasseurs à cheval, 4 pièces d’artillerie légère et les batteries installées « au forêt ».

Quant aux Autrichiens commandés par le colonel de Gottesheim, ils faisaient face depuis 4 jours à des attaques répétées des Français et réclamaient des renforts à Kaunitz. Finalement, Kaunitz ordonna la retraite des soldats autrichiens de la gorge de Silenrieux pour mieux se défendre car les Français avaient déjà pris position à Battefer suite à un combat où la cense fut incendiée et les bêtes brûlées.

Le 25 avril, Charbonnier renforce l’avant garde qui est à Nazareth de la 172ème demi-brigade, du 1er bataillon de la Sarthe, de 4 compagnies de grenadiers, du 20ème régiment des chasseurs à cheval, de l’escadron du 5ème dragon et de 6 pièces d’artillerie (qui furent placées au sud ouest de Silenrieux près des batteries).

L’avant garde au total c’est le 26ème bataillon d’infanterie légère, 10 compagnies de grenadiers, la 172ème demi-brigade, le1er bataillon de la Sarthe, le 2ème bataillon du Nord, le 9ème de Seine et Oise, les 11ème et 20ème chasseurs à cheval, un escadron du 5ème dragons, soit 6000 fantassins, 800 cavaliers et 12 pièces d’artillerie (2 de 12, 4 de 8, 2 obusiers de 6 pouces, 4 pièces d’artillerie légère dont 2 obusiers) (7600 combattants d’après l’adjudant Cacault).

Quant aux Autrichiens, ils mirent leur batterie dans un chemin profond près de la place communale à Boussu et derrière la chapelle du vieux calvaire à Silenrieux. Ils avaient renforcé tous les postes de son aile droite et la cense de la Valentinoise avec 1 bataillon, un escadron et 3 compagnies.

Le 26 avril : jour de la bataille.

1ère étape : positionnement des troupes

Vers 1 heure du matin, on mit les positions en place : 6 compagnies de grenadiers se glisseront au nord dans le ravin de Walcourt et occuperont les bois au nord de Battefer (Marlère et Terginsart) ; l’artillerie prendra position « au forêt » pour battre le ravin de Boussu et la gorge de Silenrieux avec 2 escadrons de hussards (2 pièces d’artillerie resteront en réserve en face de la ferme de Jérusalem) ; toute la cavalerie de l’avant garde se rassemblera au sud pour observer Boussu et la route qui conduit à Beaumont ; la 26ème demi-brigade se mettra en face de la forge de Féronval (ou 26ème bataillon d’infanterie légère) ; la 172ème demi-brigade sera en face du ravin de Silenrieux (en face du village) ; entre la 172ème et la cavalerie, il y aura le 2ème du nord et le 9ème de Seine et Oise ; les réserves à la ferme de Jérusalem dont le 2ème de Vendée, le 2ème du Finistère et le 8ème du Pas de calais, ….

2ème étape : déroulement de la bataille

Vers 2 H du matin, les opérations de diversion commencent avec le général Lorge sur la droite de Walcourt, le général Dérobaz sur Florennes et le général Waliche sur Dinant.

Entre 2 H et 3 H du matin, le général Hardy donne l’ordre aux 6 compagnies de grenadiers de marcher sur Battefer et Walcourt et de s’y maintenir afin d’assurer le flanc droit et de s’emparer de la lisière du bois de Gomaireu situé sur le plateau ; à la 26ème demi-brigade (6 compagnies) de s’emparer de la forge de Féronval et du bois de Spèche ; à la 172ème de franchir le ravin en face de Silenrieux en attaquant tous les postes de défense qui se trouvent dans la gorge et de les repousser sur les hauteurs, puis déboucher sur le plateau de Boussu par les grands ruaux et avec comme objectif de se placer au nord de Boussu face au bois de Gomaireu ; l’artillerie doit préparer ce débouché sur le plateau de Boussu par des feux croisés et nourris.

Vers 3 H du matin, l’avant garde du général Hardy à Nazareth est prête pour le combat ; les hostilités débutèrent et l’artillerie commença par battre les hauteurs de Boussu par un feu croisé pour aider les hommes et chevaux à déboucher dans la vallée de Silenrieux.

Suivant les opérations décrites ci-dessus, un détachement de cavalerie du 11ème chasseur à cheval parvient à faire enlever un poste de 8 cavaliers placés sur la route de Boussu à Silenrieux. Une fois ce poste enlevé, la cavalerie des 5ème dragons, le 11ème et le 20ème chasseur à cheval débouchent sur le plateau de Boussu en avant et à gauche de la 172ème demi-brigade qui prend aussi pied sur le plateau de Boussu avec l’appui de l’artillerie en venant du village de Silenrieux. Du côté nord, les grenadiers avancent aussi et parviennent sur le plateau par la vallée de Grand Ry. Par la suite, le 2ème bataillon du nord et le 9ème de Seine et Oise franchiront le ravin de Silenrieux pour mettre l’aile gauche de la 172ème demi-brigade à l’abri de toute surprise de la cavalerie ennemie située vers Barbençon. La gorge de Silenrieux fut forcée après 4 heures d’une opiniâtre résistance à la baïonnette (400 Autrichiens tués et 20 Français pour la traversée de la gorge selon des sources françaises). Après avoir atteint l’objectif et s’être placé à l’endroit désigné au nord de Boussu en face du bois de Gomaireu, l’artillerie franchit à son tour le ravin pour appuyer l’infanterie. Celle-ci supérieure aux Autrichiens au niveau calibre fait taire l’ennemi et prépare l’attaque finale de Boussu et au nord du bois vers la Valentinoise. En couvrant d’obus le village de Boussu et le bois de Gomaireu, la 26ème demi-brigade s’élance sur le bois. Après de rudes combats pour s’approprier les environs du bois de Gomaireu, les Autrichiens se retirent sur Fontenelle et évacuent le village de Boussu sur lequel Hardy avait lancé une charge à la baïonnette.

A la fin, la réserve débouche à son tour sur le plateau.

Le 27 avril dès l’aube, le colonel de Gottesheim qui avait reçu des renforts à la Valentinoise était attaqué aux 2 ailes par les troupes du camp de Daussois.

Après cette bataille, de nombreuses maisons du village avaient été détruites et pillées.

Quant aux Français, ils pouvaient aller rejoindre l’armée du Nord pour occuper tous les Pays-Bas autrichiens et la principauté de Liège qu’ils occuperont jusque 1814. Silenrieux fut occupé avec le sud de l’ESM jusque 1815.

 

 

§ 2. Les débuts difficiles du nouveau régime français à Silenrieux

 

1. Les prestations et fournitures de 1794 à 1796

 

Cette période se caractérise par les réquisitions du nouveau pouvoir :

- en 1795, la municipalité de Silenrieux doit envoyer des chariots à Liège pour convoyer des farines à Juliers ; des voitures furent réquisitionnées pour aider au transport des vivres pour l’armée de Sambre et Meuse ;

- le 16 décembre 1795, Silenrieux doit fournir 22 quintaux d’épeautre, du bétail, des vivres et du fourrage pour l’armée. Il y avait un dépôt de grains à Walcourt pour la réception des céréales. Pour éviter l’envoi de l’armée, le canton a reçu un sursis jusqu’au 21 janvier 1796. Finalement, sous la menace militaire, les autorités de Walcourt réussirent avec peine à faire rentrer le contingent des communes retardataires dont Silenrieux.

 

2. L’emprunt forcé du 10 décembre 1795 : le bras de fer

 

Le département de Sambre et Meuse décide de réclamer des impôts sous forme d’un emprunt forcé de 147.620 livres à répartir dans le canton de Walcourt suivant les fortunes de chacun. En janvier 1796, le canton de Walcourt dresse donc l’état des fortunes de chacun en tenant compte des dettes des contribuables et des pertes de guerre. Une fois le travail fait, le collecteur Bougard est chargé de récolter l’argent chez le particulier avec le service de messagers. Cependant, devant les difficultés rencontrées par le collecteur Bougard pour faire rentrer cet argent, l’administration cantonale désigne le président Bourgy pour remettre une pétition à Namur afin de baisser la somme de l’emprunt forcé en insistant sur le caractère spécial de la région et le fait que la majeure partie du territoire est aux mains de propriétaires non résidents.

 

La lettre de l’agent Jean-Nicolas Simon de Silenrieux aux citoyens administrateurs du canton de Walcourt :

« La réception du rôle de l’emprunt forcé a jeté l’alarme et la consternation dans notre malheureuse commune. Vous connaissez sa triste situation, la plupart des individus cotisés ont à peine les moyens d’alimenter leur famille. La guerre ne leur a laissé d’autres ressources que leurs bras et nous pouvons vous assurer avec vérité qu’ils sont dans l’impossibilité absolue d’acquitter même la 1/10 partie de la somme à laquelle ils sont taxés. Nous voyons des « n’ayant rien », des simples ouvriers taxés jusqu’à 300 livres. Si l’administration persiste dans sa première décision, elle ne devra pas regarder comme une désobéissance le refus de s’y soumettre. Nul n’étant tenu à l’impossible. »

« NB : le département des Ardennes duquel nous avons fait partie a si bien reconnu notre détresse et l’urgence de nos besoins qu’il a accordé à cette commune une somme de 42.000 livres par mode de secours et de dédommagement partiel des pertes occasionnées par la guerre et l’incendie, somme que l’épuisement de l’état a empêché de nous remettre ».

 

Pour Silenrieux, les personnes suivantes ont demandé la diminution ou la suppression de l’emprunt forcé :

- Mr Bricout qui constate l’impossibilité de payer la somme demandée.

- Mr Pascal Hardy demande une baisse de la taxe de l’emprunt forcé.

- Mr Pierre Blondiaux demande de ne pas payer l’emprunt forcé en raison des dévastations et pillages pendant la guerre actuelle car sa propriété a été dévastée et pillée.

- Mr Pierre Ganard demande à être rayé du rôle de l’emprunt forcé pour cause de perte de la guerre.

- Mr Antoine Marsigny demande à être rayé du rôle de l’emprunt forcé.

- Les enfants de feu Martin Petit demandent à être rayés du rôle de l’emprunt forcé.

- Mr J.J. Simon demande de ne pas payer la taxe de l’emprunt forcé.

 

Finalement, le 20 juillet 1796, l’emprunt forcé sera ramené de 147.620 livres à 80.000 livres pour le canton. Malgré cette baisse de l’emprunt forcé, on ne collecte que 13.960 livres. Le conseil du département Sambre et Meuse est indigné et, le 3 août 1796, envoie la force armée et un commissaire spécial pour faire rentrer l’emprunt forcé. On plaça aussi chez chaque membre de l’administration municipale et chez chaque commissaire réviseur du canton un soldat nourri, logé et payé par l’habitant. Il y avait donc un soldat chez le président du canton Mr Bourguy, un chez l’agent municipal de Silenrieux Philippe Lambotte, un chez le commissaire réviseur de Silenrieux F.J. Mathieu, etc….

Le 11 août 1796, les municipaux réaffirment que la somme de l’emprunt forcé est trop élevée et décident de faire appel à Paris. Le Département de Sambre et Meuse est en colère. L’assemblée municipale se réunit à nouveau pour la répartition des 80.000 livres. Celle-ci est refusée par 28 voix contre 4. La population préfère subir les conséquences de la désobéissance plutôt que de céder à des ordres qui aggravent leur situation financière. Désarçonné par un refus catégorique, le conseil du département Sambre et Meuse ordonne le 26 août 1796 le maintien de la force armée et la dénonciation du canton de Walcourt auprès du ministre des finances. Celui-ci charge le commissaire Marchot de faire lui-même l’état des fortunes du canton et de fixer lui-même le contingent. Marchot fit l’état des fortunes du canton et l’emprunt n’excéda pas 58.240 livres. Cependant, la population n’était pas rassurée car le département voulait maintenir les 80.000 livres. Le percepteur Bougard se trouvait devant une pénurie de messagers trop mal accueillis dans les villages. En raison des absences volontaires d’agents, les assemblées municipales étaient toujours annulées. Pour mettre le comble à l’exaspération des autorités départementales, Walcourt négligea l’ultimatum départemental du 24 novembre 1796 et prévenait de sa protestation à Paris. Un nouveau détachement envoyé dans le canton à la fin novembre 1796 avec le commissaire Loche n’obtenait toujours pas les résultats désirés. Finalement, la population faisait confiance à son député (de Robaulx) envoyé à Paris.

L’avis du ministre des finances le 6 janvier 1797 donne en partie raison au canton et approuve aussi la marche suivie par le département. Finalement, le commissaire Loche va faire un savant dosage entre la force et les concessions à la population. Il réussit à lever 64.000 livres et le 7 février 1797, il remet la direction des opérations à Dricot. Il est félicité. Il aura fallu un an et demi pour vaincre la résistance et régler l’emprunt forcé dans le canton de Walcourt. En plus de l’emprunt forcé, la rentrée des impôts ordinaires n’ira jamais sans peine et toujours avec retard (la contribution foncière sera critiquée par les habitants). Le 12 septembre 1796, on répartit l’imposition directe de 10.500 livres pour le canton. Silenrieux devra payer sa part de 1.400 livres (le collecteur sera François Duclos de Silenrieux).

Il faut savoir que Silenrieux et d’autres villages de la principauté de Liège n’étaient pas habitués à une imposition aussi forte.

 

 

§ 3.  Les nouvelles institutions politiques françaises

 

Les Français vont instituer la bureaucratie (les recensements, l’état civil, les listes d’électeurs, de contribuables, les livrets d’ouvriers, les passeports, etc…).

Les droits et devoirs de l’ancien régime vont disparaître au profit d’une nouvelle structure politique, administrative et judiciaire. A l’arrivée des Français, les généraux proclament sur le champ au nom de la nation française, la souveraineté du peuple, la suppression de toutes les autorités établies et des impôts ou contributions existantes, l’abolition de la dîme, la disparition de la féodalité, des droits seigneuriaux, des banalités, des servitudes, des corvées, des droits exclusifs de chasse et des privilèges de la noblesse et du clergé. Certains droits de la communauté resteront comme le droit d’affouage pour le chef de famille et le droit de vaine pâture à certaines conditions (voir partie économique).

Au début, les Français allaient s’attirer l’hostilité grandissante de la population par les charges d’une occupation militaire et l’insécurité d’un régime désordonné dans son administration.

 

 

1. La république, le consulat, puis l’empire de France et les départements

 

Silenrieux ne fera plus partie de la principauté de Liège qui disparaît complètement, au profit de la république française jusque 1799, du consulat de 1799 à 1804 et de l’empire français de 1804 à 1815.

 

Au début, Silenrieux sera intégré au département des Ardennes dans le district de Couvin, canton municipal de Villers d’avril 1794 jusqu’au 1er octobre 1795 (théoriquement, le village était déjà repris dans ce département depuis juin 1793). Par la suite, du 1er octobre 1795 à 1814, Silenrieux fera partie du département de Sambre et Meuse dans le canton de Walcourt. Le département était dirigé par un préfet.

 

2. Le canton et la municipalité

 

Du mois d’avril 1794 au 1er octobre 1795, Silenrieux fera partie du canton municipal de Villers avec les communes suivantes : Daussois, Jamiolle, Yves et St Lambert. Le terme « commune » remplace celui de « communauté ».

A partir du 1er octobre 1795 (officiellement), Silenrieux fut rattaché au canton de Walcourt et au nouveau département français de Sambre et Meuse (à l’arrondissement de Dinant à partir de 1801).

Au début, les habitants de Silenrieux ont réclamés contre la réunion au département de Sambre et Meuse.

De plus, ils estimaient toujours faire partie du département des Ardennes en décembre 1795.

« Lettre du 11 décembre 1795 : la municipalité de Walcourt chef lieu du 8ème canton du département Sambre et Meuse nous informe que Silenrieux a refusé de fournir au parc de Namur le chariot qu’elle avait requis de livrer en exécution d’un arrêté pris par nous le 9 décembre et que le motif du refus est qu’elle est sous la juridiction des Ardennes. En fait, le principal intéressé n’avait pas été prévenu du changement ».

Avant la constitution du 22 août 1795, chaque commune avait un maire président et plusieurs officiers municipaux. La constitution de l’an III (22 août 1795) changea le système et créa l’administration municipale de canton qui privait toutes les communes de moins de 5000 habitants d’une administration particulière. Celle-ci était organisée pour faire des économies ; cependant, toutes les affaires locales furent négligées ou abandonnées.

La municipalité de canton est composée d’un président et des agents municipaux des communes. Le président de l’assemblée municipale est choisi pour 2 ans dans tout le canton par l’assemblée primaire composée de citoyens domiciliés dans le canton. Pour être électeur, il faut être Français, âgé de 21 ans, inscrit sur le registre civique de son canton, payer une contribution directe, foncière ou personnelle, habiter depuis plus d’un an dans le canton. L’élection se fait au scrutin secret. Pour être élu, il faut avoir 25 ans et être citoyen français.

Les petites communes comme Silenrieux conservaient comme autorité propre de simples agents municipaux d’exécution. Il y avait un agent et un adjoint par commune désigné pour 2 ans avec remplacement par ½ chaque année. Pour être éligible, il fallait être citoyen français et âgé de 25 ans. Les attributions de l’agent : il avait une fonction de police qui consistait en la constatation par PV des contraventions et délits, à faire exécuter les arrêtés pris par l’administration municipale et à tenir les registres de l’état civil.

L’agent et l’adjoint étaient élus par les assemblées communales (élection à bulletin secret) qui se composaient des citoyens ayant droit de vote dans les assemblées primaires. Pour avoir droit de vote, il fallait être français, avoir 21 ans, habiter depuis plus d’un an au village, payer une contribution directe, foncière ou personnelle, être inscrit sur le registre prouvant qu’on sait lire, écrire et exercer une profession.

Ces agents municipaux avec le président de la municipalité de canton formaient le conseil de la municipalité de canton.

Un garde champêtre nommé par la municipalité du canton faisait aussi partie du personnel des petites communes.

Un commissaire représente l’exécutif auprès de la municipalité pour la surveiller et requérir l’exécution des lois (nommé et révoqué par le directoire).

Les attributions de la municipalité de canton : 

- régir les biens et revenus communs des paroisses et communautés, régler et acquitter les dépenses locales qui doivent être payées des deniers communs, diriger et faire exécuter les travaux publics à charge des communautés, administrer les établissements appartenant à la commune, faire jouir les habitants des avantages d’une bonne police, propreté, salubrité, sûreté et tranquillité dans les rues et lieux publics (nettoiement, illumination, enlèvement, réparation des biens publics).

- faire la répartition des contributions directes entre les citoyens dont la communauté est composée, faire le versement de ces contributions dans les caisses du district, faire la régie immédiate des établissements publics, tenir les registres de l’état civil, appliquer la loi sur la conscription et l’instruction publique.

Dans le personnel du canton municipal, il y avait un secrétaire en chef et un percepteur d’impôts.

Les premières élections municipales pour le président du canton et les agents municipaux ont lieu le 21 mars 1797 par l’assemblée primaire ou communale. Celle-ci élisait aussi le juge de paix et ses 4 assesseurs ainsi que les 2 électeurs par commune pour élire le corps législatif (En l’an 11, les membres de Silenrieux du collège électoral de l’arrondissement de Dinant sont les 2 plus grosses fortunes : François Duclos, négociant, fortune de 700 Frs et Augustin Petit, fermier, fortune de 1200 Frs).

Avant, ils avaient été nommés par le commissaire du gouvernement.

La loi du 17 février 1800 rendit aux petites communes leur administration particulière, c’est-à-dire un maire et un adjoint accompagné d’un conseil municipal de 10 membres pour les communes de ‑ 2500 habitants.

Les administrations municipales cantonales cessent leurs fonctions le 21 avril 1800.

La constitution du 4 août 1802 décida que le mandat est de 5 ans pour le maire et son adjoint. Les conseillers sont nommés pour 10 ans et renouvelés tous les 10 ans par ½.

Le premier renouvellement se fit le 1er janvier 1808. Les maires et adjoints devaient être choisis parmi les notables.

Le conseil municipal s’assemble chaque année le 3 février. Il peut rester assemblé pendant 15 jours et peut être convoqué de manière extraordinaire par le préfet.

Les attributions du conseil : entendre et débattre le compte des recettes et dépenses rendu par le maire au sous-préfet, régler le partage des affouages, pâtures, récoltes et fruits communs, régler la répartition des travaux nécessaires à l’entretien et aux réparations des propriétés qui sont à charge des habitants, délibérer sur les besoins particuliers et locaux de la municipalité, sur les emprunts, sur les octrois et contributions en centimes additionnels qui pourront être nécessaires pour subvenir à ses besoins, sur les procès à intenter ou soutenir pour l’exercice de la conservation des droits communs, œuvrer dans le domaine de la conscription, de l’instruction publique et de la bienfaisance publique.

Les municipalités électives sont supprimées : les membres du conseil municipal sont nommés par le préfet qui peut les suspendre de leurs fonctions.

Le maire et son adjoint sont aussi nommés par le préfet qui peut les suspendre dans les communes de moins de 5000 habitants. Ils s’occupent de la police, de l’administration et de l’état civil comme les anciens agents municipaux.

Parmi le personnel communal, on propose de réunir dans les mêmes mains le secrétaire et le maître d’école pour diminuer les dépenses communales. Le conseil municipal décide d’un secrétaire mais il doit être confirmé par le préfet.

(Voir en annexe 10 les personnalités politiques de la période française).

§ 4.  La vente des biens nationaux de 1797 à 1799 à Silenrieux

 

Dès novembre 1789, les biens ecclésiastiques furent mis à la disposition de la nation en France. L’annexion par la France de notre région permit le même sort aux biens du clergé. Le 1er septembre 1795, le directoire décréta la suppression des ordres religieux et la mise en vente de leurs biens. Le 25 novembre 1797 réserva le même sort aux chapitres séculiers. La destinée des biens des cures dont les bénéficiers avaient refusé de prêter serment fut réglée par le décret du 24 octobre 1797.

 

Voici les ventes pour Silenrieux :

 

1. Les biens du chapitre de Walcourt :

a) Adjudication définitive le 19 floréal de l’an 6 (1797)

- de 3 pièces de terre labourable contenant 7 bonniers, 2 prairies contenant 2 bonniers, un journal, 33 verges à Silenrieux exploitées sans bail par Jacques Dutron ;

- de 1 pièce de terre de 3 bonniers à Silenrieux exploitée sans bail par Martin Gondry ;

- de 1 prairie d’un bonnier à Gerlimpont exploitée sans bail par Jean Joniaux ;

- de 2 prairies appelées l’une « à l’autel », l’autre « pré des dames » d’un bonnier, 3 journaux, 33 verges à Silenrieux exploitées sans bail par Philippe Mascart.

Adjugés finalement à Jean-François Lottin de Morialmé pour 140.000 Frs.

b) Adjudication définitive le 25 nivôse an 7 (1798)

- une prairie d’un bonnier 266 verges sans bail exploitée par Martin Gondry.

Adjugée finalement à François Lottin de Thy le Bauduin pour 389 livres.

 

2. Les biens du bénéfice St Nicolas

Adjudication définitive le 25 pluviôse an 8

- une prairie de 1 bonnier 50 verges exploitée sans bail par Pierre Botte de Cerfontaine.

Adjugée finalement à Paul de Maibe de Dinant pour 465 francs.

 

3. Les biens de l’abbaye du Jardinet

a) Adjudication définitive le 9 nivôse an 6 (29 décembre 1797)

- ferme Paris et ses dépendances et terres (superficie totale des terres, prairies et trieux est de 45 bonniers 110 verges). Elle comprenait un corps de ferme (cave, 4 pièces bas, 2 pièces hauts, grenier), une écurie, une grange recouverte d’ardoises (le reste en chaume), une étable de bêtes à cornes dans la grange, et des remises (3 de paille et 2 de cochons), 2 bonniers de jardin et verger, 2 journaux (266 verges) de courtil, 5 bonniers 3 journaux 12 verges de prairies (une prairie nommée « le pré du clocher »), 35.5 bonniers de terres labourables (11 bonniers 200 verges de royage en grain, 13 bonniers 233 verges de royage marsage et 11 bonniers 13 verges de royage jachère) et trieux (3 bonniers 152 verges).

Adjugé à Antoine Joseph Piret, J.B. Jamart et Joseph Antoine Libert de Florennes pour 110.500 livres.

b) Adjudication définitive le 29 novembre 1797

- ferme de Maisoncelle : les bâtiments, 3 caves, une pièce bas, un vestibule, 2 étables de bêtes à cornes, une écurie de chevaux, 3 remises de cochons, 4 bergeries, un poulailler, ½ grange un fournil, à l’étage, 5 pièces et un grenier. La superficie totale est de 80 bonniers sur Silenrieux et Pry.

Adjugé à Pierre François Daudrez qui nomme pour son command Joseph Daudrez.

 

4. Les biens de la cure de Silenrieux

Adjudication définitive le 28 fructidor an 6

- 6 bonniers, un journal 13 verges de terres labourables et prairies divisées en 16 pièces situées sur Silenrieux ainsi qu’ils sont affermés au citoyen Cauderlier.

Adjugé finalement au citoyen Antoine Joseph Piret de Florennes pour 33.700 Frs.

 

5. Maison de la cure de Silenrieux

Adjudication définitive le 6 nivôse an 7

- une maison composée de 4 places en bas, fournil, cave, grenier, écurie, cour entourée de murs, puits et jardin, non affermée.

Adjugé finalement à Augustin Joseph Petit pour 23.000 livres.

Les propriétés du chapitre de Thuin ne furent pas vendues en 1797 car les bois étaient réservés pour le domaine de la république. Il s’agit du bois dit « Forestelle » de 34 bonniers et le 1/3 (en indivision) de 8 à 900 bonniers de bois sur Silenrieux.

 

 

§ 5.  La fin de la période française : le retour des réquisitions et des troubles

 

Un décret impérial du 25 mars 1813 ordonna le rassemblement de 12600 chevaux dont 11 pour le canton de Walcourt et un pour Silenrieux, Daussois et Soumoy. Il fut acheté pour 700 Frs chez Bertrand à Lustin. La même année, les autorités françaises se procurent du foin pour 200 quintaux à Falemprise, Féronval, Philippeville et Walcourt.

En février 1814, les troupes alliées envahissent notre région et les livraisons à l’armée redoublent. Silenrieux devait fournir à Beaumont et à Dinant. Napoléon abdique le 6 avril 1814. Le 2 mai 1814, Soumoy et Cerfontaine logent 600 Prussiens et 500 chevaux. Suite au 1er traité de Paris du 30 mai 1814, Silenrieux avec le canton de Walcourt fut rattaché à la France au département des Ardennes, arrondissement de Rocroi et district de Couvin.

Malgré ce traité, Mariembourg tomba aux mains des alliés le 28 juillet 1814, Philippeville tomba le 8 août 1814 et Rocroi le 16 août 1814.

Face à cette situation défavorable pour la France, Napoléon revient en 1815 espérant un retour triomphal. Il décide de reconquérir le terrain perdu et concentre ses troupes à partir de mai 1815 à la frontière avec les Pays-Bas qui se trouvait entre Beaumont, Thy-le château et Philippeville. En mai 1815, Boussu doit approvisionner les camps deVillers, Soumoy et Falemprise.

Le 13 juin 1815, Van Meelen écrit à Steinmetz que l’armée française se dirige de Maubeuge par Beaumont vers Philippeville (traversée de Silenrieux).

Le génie français a dû refaire les chemins de la région pour faire passer toutes les troupes.

Le 14 juin 1815, toutes les troupes françaises sont stationnées entre Beaumont et Philippeville et bivouaquent : à Walcourt et environs était la cavalerie de réserve : le 1er corps de cavalerie du général Pajol était situé entre Fontenelle et Gerlimpont avec 2860 hommes dont 2 batteries à cheval (12 pièces d’artillerie et 324 hommes). Le 3ème corps de cavalerie de Domon (1017 hommes) était avec Pajol.

Les 2ème, 3ème et 4ème corps de cavalerie de réserve du maréchal Grouchy étaient situés autour de Boussu (13150 chevaux).

Le 15 juin 1815, vers 3 heures du matin, Pajol avec Domon partent en avant-garde par Gerlimpont, Walcourt, Thy et foncent sur Ham sur Heure. Il sera suivi par Napoléon et sa garde personnelle de plus ou moins 120 hommes qui, après avoir quittés Beaumont, prirent la route vers Philippeville pour éviter les encombrements de ses troupes en marche et à Silenrieux, prirent la direction de Walcourt pour remonter ensuite vers Thy et suivre son avant garde. Les 2ème, 3ème et 4ème corps de Grouchy suivront le même chemin derrière Napoléon et Pajol. Finalement, la garde impériale suivra vers 8 H du matin toute la cavalerie de Grouchy.

Après la défaite de Napoléon à Waterloo, le 18 juin 1815, le chemin des Pèlerins à Silenrieux a vu le passage d’une partie de l’arrière-garde de l’armée française. Napoléon abdiqua de nouveau le 22 juin 1815.

Après Waterloo, la région fut administrée par les alliés (Prussiens) ; puis, à partir de septembre 1815, à nouveau par les Français (canton de Walcourt dans le département des Ardennes).

Le 25 juin 1815, les Prussiens demandent des vivres pour leurs armées à Silenrieux.

De la fin juin à la fin juillet, un corps d’armée prussien campe entre Silenrieux et Boussu.

Pendant cette période, les troupes prussiennes ont pris 18 bêtes à cornes à Colonval et Fontenelle et les bois du fond d’Erpion et de Chevremont ont beaucoup souffert de leur présence.

En juillet 1815, la 8ème brigade du second corps d’armée prussien campant dans le village de Soumoy exige du canton de Walcourt des draps et de la toile.

A la fin juillet 1815, Silenrieux devait fournir à la 5ème brigade prussienne installée à Senzeilles la 25ème partie d’une réquisition : 320 livres de pain de ménage, 8 livres de pain blanc, 40 livres de riz, 80 livres de viande, 32 livres de beurre, 32 livres de tabac, 6 livres de savon blanc, 80 quarts d’eau de vie, 2 quarts d’eau de vie fine, 120 quarts de bière, 8 bouteilles de bon vin et 32 rations comprenant un boisseau d’avoine, 6 livres de foin et 6 livres de paille.

Le 1er août 1815, 5 fermiers ont fourni des bêtes sur pied au camp prussien établi à Soumoy : Jacques Fontenelle (5 bœufs et 1 vache) Victorien Colonval (4 bœufs et 1 vache), François Lorant (2 bœufs et 1 vache) Jean Delmarche (1 bœuf et 2 vaches) et Joseph Hué (1 vache). Le montant total pour Silenrieux s’élevait à 3910 livres de viande ou 18 bêtes.

 

 

Les positions françaises le 14 juin 1815

 

Quant aux cosaques, ils réquisitionnaient tout sans prévenir et dévastèrent la région.

Le 3 août 1815, les Prussiens cantonnés à Soumoy et Senzeilles écrivent au maire de Silenrieux pour une réquisition de guerre :

« Je vous invite pour la dernière fois de venir avec votre contingent de la somme de 81.370 fr frappée sur votre canton en denrées et contractée par le maire du canton au nom de toutes les communes avec les livrances. La somme tombée sur votre commune avec l’ordre du total reçu de votre maire du canton, vous portez sur le champ chez moi et rien ne pourra vous dispenser de la plus sévère punition si sur le champ vous n’avez pas liquidé votre somme totale, et dans ce cas, vous serez enlevé par force et je punirai avec toute la rigueur qui nécessitera votre désobéissance ». Signé Samuel et Falkenstein avec le cachet du commissariat de l’armée royale prussienne en campagne.

Le 14 août 1815, « la commune de Silenrieux décide de faire une vente de bois pour subvenir aux besoins pressants de la commune l’argent ayant été versé à l’autorité militaire prussienne pour 4 alliés ainsi que 4 bivouacs. Seule commune du canton ayant dû supporter cet état de choses et pour faire face à tout ce qui pourrait arriver ».

Finalement, le 9 septembre 1815, l’administration française fut rétablie dans le canton de Walcourt et le 26 octobre 1815, le commissaire ordonnateur chargé de l’approvisionnement avertissait le maire de Walcourt que les 4 communes qui avaient le plus souffert des réquisitions ne devraient plus rien fournir. Il s’agit de Silenrieux, Soumoy, Daussois et Walcourt.

Mais le 20 novembre 1815, le 2ème traité de Paris détachait définitivement le canton de Walcourt de la France pour l’incorporer à la mi-décembre 1815 dans les Pays-Bas hollandais et la province de Namur, arrondissement de Dinant.

 

Chapitre 8 : La période hollandaise

 

A la mi-décembre 1815, le roi des Pays-Bas envoya à Philippeville un conseiller d’intendance pour prendre possession du canton de Walcourt cédé par les Français suite au traité de Paris du 20 novembre dernier. Silenrieux fera partie de la province de Namur, arrondissement de Dinant et canton de Walcourt à partir du 1er janvier 1816.

Une nouvelle loi de 1818 va organiser l’administration communale. Il y aura une administration locale par commune appelée conseil communal et composée d’un bourgmestre, 2 assesseurs et un conseil choisi parmi les habitants les plus instruits et les principaux propriétaires. Le bourgmestre est nommé par le roi, les assesseurs par les états députés sur présentation du conseil communal (2 candidats à présenter pour chaque place vacante) et sont choisis parmi les conseillers communaux.

Le bourgmestre et les assesseurs sont chargés de l’administration journalière de la commune. Ils font exécuter les lois et arrêtés du roi. Ils ont l’administration et la surveillance de la police journalière. Ils veillent au maintien des ordonnances locales. Ils ont l’administration des moyens financiers des communes, des édifices et autres propriétés communales. Ils ont la surveillance des biens d’église, des pauvres, des hospices et autres établissements. Ils nomment les fonctionnaires et employés de la commune à l’exception du secrétaire et du receveur qui sont nommés par les états députés sur proposition du conseil communal.

Le bourgmestre a la charge des actes d’état civil.

Le conseil communal est composé de 6 conseillers où il y a plus de 600 habitants. 1/3 est choisi parmi les principaux propriétaires et 2/3 parmi les habitants les mieux considérés. Le conseil communal a la libre direction des affaires intérieures de la commune. Il fait les règlements locaux. Il approuve les conditions auxquelles sont loués ou affermés les biens communaux ainsi que les conditions des contrats d’entreprise, des ouvrages à faire ou de fournitures à livrer pour le service de la commune. Le conseil communal délibère et décide sur l’aliénation ou l’engagement des biens et des possessions de la commune sur les emprunts et sur l’introduction de nouvelles impositions. Les résolutions sont envoyées à l’approbation du roi. Il se réunit 2 fois par an le 1er lundi de mai et le 1er lundi de septembre sous la présidence du bourgmestre. Les conseillers sont nommés par les états députés pour 6 ans. Ils sont renouvelés par tiers tous les 2 ans. Le premier renouvellement aura lieu le 2 janvier 1820.

Un règlement provincial de 1825 détaille les conditions pour faire partie du conseil communal : être né dans le royaume, avoir 23 ans, être habitant de la commune où il exerce sa fonction, avoir été habitant de la province l’année précédant la nomination, payer des contributions directes à l’état d’au moins 15 florins, avoir satisfait aux obligations de milice.

Comme événements, nous pouvons retenir le passage du roi Guillaume des Pays-Bas sur la route de Philippeville à Beaumont en 1823 ; les habitants devaient faire sonner les cloches du village, fleurir leur maison et le curé devait être devant son église comme les habitants devant leur maison.

Pour les autorités communales de cette période (voir annexe 11).

 

 

Chapitre 9 : La période belge

 

§ 1. Les débuts difficiles de la Belgique à Silenrieux

 

Silenrieux n’a guère participé à la révolution belge de septembre 1830.

C’est par un messager que ses habitants apprirent la proclamation de l’indépendance le 4 octobre 1830 et la formation d’un gouvernement provisoire confié au congrès national pour élaborer une nouvelle constitution. A partir de ce moment, Silenrieux fera partie d’une monarchie constitutionnelle sous un chef héréditaire avec un pouvoir législatif représenté par 2 assemblées (sénat et chambre), toujours dans la province de Namur, arrondissement de Dinant et canton de Walcourt.

Pendant l’automne 1830, les gens devront conduire des vivres à Philippeville et participer à leur tour de garde de la ville. A partir du 26 octobre, les patrouilles sont remises en service et organisées par le garde champêtre Antoine Antoine pour assurer la tranquillité du village.

Le 23 octobre 1830, tous les ayants-droit de vote sont invités à se présenter chez le bourgmestre pour élire au vote secret un nouveau conseil. Les notables qui peuvent participer aux élections sont ceux qui payent annuellement des contributions directes, patentes comprises d’au moins 10 florins et ceux qui exercent des professions dites libérales, instituteurs, etc..

Les éligibles sont les citoyens domiciliés dans la commune et âgés de 23 ans.

Les électeurs de l’époque sont : Eloy Ernotte de Falemprise, Pierre Ernotte de Bierlée, Jean Balle de Falemprise, Xavier Balle, Vve Nicolas Bernard par son fils François, Jacques Bouillot, Philippe Bricout, Alexandre Baisir, Antoine Colinet, Philippe Courtoy, Dieudonné Leroy, Jean Delmarche, Ferdinand Deloge, Jean-François Servais, François Duclos, Hubert Ernotte, Jean Bapt Ernotte, Louis Ernotte, Augustin Fontenelle, Augustin François, Pascal Fontenelle, Pierre Fontenelle, Florent Hannecard, Alexis Jonniaux, Hilarion Lambotte, Jacques Lambotte, Louis Lambotte, Philippe Lambotte jeune, Eloy Masset, Jean-Baptiste Masset, Pierre Médot, André Massart, Philippe Masset, François Mathieu, Augustin Carez, Philippe Petit, Jacques Robert, Malo Simon, Nicolas Simon, Pierre Simon, Mr le curé, Jacques Renaud, Gérard Coenen, Jean Bapt Piret, Vve Jean Massart et Vve François Misson.

Le résultat des élections donne : Augustin François est réélu bourgmestre avec 25 voix sur 27. Pierre Lambert Simon et Philippe Courtoy sont réélus assesseurs avec 19 voix et 12 voix. Philippe Lambotte, Ferdinand Deloge, Gérard Coenen, François Colinet, Hubert Ernotte et Pascal Fontenelle sont élus conseillers.

 

A la suite de cette révolution, un fonctionnaire hollandais du service des douanes Jacques Freny et sa famille fut abandonné dans nos régions sans assez de revenus pour rentrer chez lui. Le 9 novembre 1830, Augustin François fait circuler une souscription en sa faveur. Elle lui rapporta 53.31 florins.

Avant il avait adressé au gouverneur 2 lettres restées sans réponse pour qu’on vienne en aide à cette famille.

Voici une partie de la lettre envoyée par le bourgmestre de Silenrieux au gouverneur le 22 octobre : « pas d’ennemi dans le malheur ». Et celle du 2 novembre : « il signale qu’un cœur belge n’est pas sourd aux cris de la misère, un cœur belge n’a d’ennemi que dans les combats, ce malheureux exciterait la compassion des barbares d’Afrique, pourquoi nous Belges gens civilisés n’y serions nous pas sensibles ? Non, Monsieur le gouverneur, les Belges n’ont pas des entrailles de nègres, ils viendront au secours de leurs ennemis ».

 

Le 30 décembre 1830, le bourgmestre Augustin François, un des 2 assesseurs Philippe Courtoy et 4 des 6 conseillers François Colinet, Pascal Fontenelle, Hubert Ernotte et Ferdinand Deloge démissionnent car ils ne veulent pas prêter serment au congrès national qui représente la nouvelle autorité belge. Philippe Bricout et le curé Develette ont fait de même au niveau du bureau de bienfaisance. Par leur acte, ils affirment clairement leur soutien aux orangistes (partisans des Pays-Bas) et accentuent les tensions au village entre “belge” et “orangiste”.

Suite à ces démissions, le 2 janvier, l’assesseur Pierre Lambert Simon reçoit du commissaire l’ordre d’organiser de nouvelles élections pour remplacer les démissionnaires. Pour préparer cela, l’assesseur Pierre Lambert Simon, le conseiller Gérard Coenen, l’instituteur Jean-Baptiste Piret et les citoyens Pierre Ernotte et Augustin Fontenelle invitent les chefs de famille le 3 janvier 1831 pour une assemblée générale dans la salle d’école à 9 H du matin. “Le but de cette assemblée est de se concerter sur le choix à faire d’un nouveau bourgmestre et des autres membres de l’administration communale qui sont à nommer ; cette assemblée préparatoire procurera le moyen de s’entendre pour faire un choix qui plaira à la majeure partie des habitants tandis que si l’on attendait le jour de l’élection sans s’être concerté, les ayants-droit de voter étant pris au dépourvu courraient le risque d’être divisés en plusieurs partis et de voter pour des personnes qui ne seraient pas au gré de la majorité des habitants. Comme chacun doit avoir interêt à ce que l’administration soit montée de manière à inspirer la confiance des administrés et à maintenir l’union et la tranquillité dans la commune, les soussignés espèrent que les chefs de famille ne manqueront pas de venir émettre leur opinion et concourir ainsi au bien être de toute la commune ; ceux qui ne pourraient s’y trouver eux mêmes pourront se faire représenter par un de leurs enfants ou par une autre personne. Comme le local de l’école n’est pas assez vaste, il n’y aura que les chefs de famille qui seront admis”.

Finalement, les ayants-droit de vote revoteront le 9 janvier 1831 pour élire un bourgmestre, un assesseur et 4 conseillers. Les résultats seront les suivants :

Jean-Baptiste Piret est élu bourgmestre avec 23 voix sur 33 ; Pierre Lambert Simon est désigné 1er assesseur ; Augustin Fontenelle est élu 2ème assesseur avec 19 voix ; Malo Simon, Pierre Ernotte, Augustin Carez et Valeri Gillard sont élus conseillers (pour la suite des autorités politiques, voir annexe 12).

 

 

 

Augustin François est le fils de Jean-Jacques Francois, facteur de fourneau, originaire d’Aublain et de Caroline Wauthier. Il est né à St Aubin le 15 sept 1791 et est mort à Silenrieux le 8 juillet 1857 ; il épouse le 14 janvier 1817 Marie Philippe Bricoux née en 1789 à Silenrieux et décédée à Pry le 18 décembre 1847. Il fut conscrit en 1811, habitant Fraire à l’époque et domicilié à Anvers, désigné pour la levée extra de 1813, incorporé le 15 mars 1812 au 20ème chasseurs à cheval, matricule 3380 cheval léger à la 10ème compagnie, déserteur le 25 mars 1813 ; rentré et acquitté, brigadier le 18 mai 1813, maréchal de logis le 3 novembre 1813, déserteur le 10 avril 1814. Il fut régisseur aux fourneaux de Falemprise.

 

Jean Baptiste Piret est né à Tarcienne le 12 août 1798 ; instituteur primaire pendant 5 ans à Tarcienne de 1816 à 1821 et 12 ans à Silenrieux de 1821 à 1833, il a été aussi secrétaire de la commune de Tarcienne pendant 2 ans de 1816 à 1818. Il sera bourgmestre de Silenrieux de 1831 à 1862, commissaire voyer d’arrondissement de 1840 à 1862 et inspecteur scolaire. Son fils Sylvain sera architecte et fera les plans de l’église de Silenrieux. Il sera aussi bourgmestre de Silenrieux de 1863 à 1867.

 

 

§ 2.  L’évolution des institutions communales belges 

 

La nouvelle loi communale du 30 mars 1836 change un peu l’organisation communale. Le terme assesseur sera remplacé par celui d’échevin. La loi ne met plus que 4 conseillers au lieu de 6 ( la loi du 28 février 1860 remettra plus tard 6 conseillers). Ils sont élus pour 6 ans au suffrage censitaire masculin. Le conseil est renouvelé par moitié tous les 3 ans. La nomination du bourgmestre et des échevins appartient au Roi (ils sont choisis parmi le conseil communal). La loi du 30 juin 1842 permettra au Roi de choisir le bourgmestre en dehors du conseil communal.

Pour être électeur, il faut : - être belge et jouir des droits civiques - avoir 21 ans - vivre et être domicilé dans la commune

- payer la quotité de contributions directes (foncières, personnelles et patente) de 15 frs belges (abaissement de cette quotité en 1848).

Pour être éligible, il faut : - être belge, avoir 25 ans, être domicilié dans la commune, payer une quotité de contributions directes (ce dernier point est supprimé en 1848).

Les attributions du conseil présidé par le bourgmestre : il règle tout ce qui est d’interêt communal. Il délibère sur tout objet qui lui est soumis par l’autorité supérieure. Il fait les règlements communaux d’administration et les ordonnances de police. Il arrête les conditions de location et de fermage ou tout autre usage des produits et revenus des propriétés et des droits de la communauté ainsi que les conditions d’adjudication et fourniture. Il nomme les employés, les instituteurs et les membres du bureau de bienfaisance.

Le collège des bourgmestre et échevins est présidé par le bourgmestre.

Ses attributions sont : il est chargé de l’exécution des lois, arrêtés, ordonnances de la province et de l’état, de la publication et de l’exécution des résolutions du conseil communal, de l’administration des établissements communaux, de l’exécution des lois et règlements de police, de la gestion des revenus, de l’ordonnance des dépenses et de la surveillance des travaux communaux, des alignements de la grande et petite voirie, de l’approbation des plans de bâtisse à exécuter, des actions judiciaires de la commune, de l’administration des propriétés communales, de la surveillance des employés et agents de police, de faire et entretenir les chemins vicinaux et les cours d’eaux, de la surveillance des bureaux de bienfaisance, de la tenue des registres de l’état civil.

Le bourgmestre est l’officier de l’état civil.

La commune est sous tutelle de la province mais reçoit une autonomie large. La députation permanente de la province peut suspendre et révoquer bourgmestre et échevins.

 

Une maison communale à Silenrieux en 1836.

 

"En 1835, le conseil communal décide d’acquérir un terrain pour construire un bâtiment communal au pachi du moulin. Il y construira une maison communale et une école en 1836”.

Avant, la maison communale était à l’école près de l’ancienne église (monument aux morts actuel).

 

 

La maison communale de 1836

 

Ordonnance de police de Silenrieux en 1863 :

Art 1 : tout individu qui veut s’établir à Silenrieux est tenu de se présenter au secrétariat de la commune dans les 8 jours de son arrivée.

Art 2 : tout habitant de la commune qui veut prendre à son service un journalier ou autre non domicilié dans la commune doit avertir le secrétariat dans les 8 jours de l’arrivée de ce dernier.

Art 3 : les amendes prévues aux infractions de l’art 1 et 2 = 1 à 5 Frs.

Art 4 : les auberges et cabarets où l’on donne à boire seront fermés à 10 H du soir. Si l’ordre ne règne pas, on pourra faire sonner la retraite plus tôt.

Art 5 : la cloche de retraite sera sonnée les dimanches et jours féries ¼ d’heure avant l’heure de fermeture.

Art 6 : interdiction de vendre boissons après 22 H sauf pour personne logée.

Art 7 : amende de 1 à 5 Frs pour art 4 et 5.

Art 8 : les aubergistes et cabaretiers doivent obtenir l’autorisation de la commune pour organiser des bals, spectacles ou jeux publics.

Art 9 : idem sur la voie publique ou place publique.

Art 10 : tout travestissement et charivari est interdit.

Art 11 : amende de 11 à 15 Frs pour art 8, 9 et 10.

Art 12 : il est enjoint aux chefs de ménages, de nettoyer au moins une fois par semaine les rues ou chemins qui longent leurs habitations.

Art 13 : il est défendu d’embarrasser la voie publique de quelques objets que ce soient.

Art 14 : amende de 1 à 5 Frs pour art 12 et 13.

Art 15 : il est défendu de tirer des coups de fusil, pistolet ou de faire tout autre bruit de nature à interrompre le repos public pendant la nuit, dans les maisons, rues, chemins, places, etc ; (amende de 5 à 10 Frs).

Art 16 : il est défendu d’enlever, de déchirer, de couvrir ou de salir les affiches émanant de l’autorité communale ; (amende de 1 à 5 Frs).

Art 17 : il est défendu pendant les temps de sécheresse d’aller chercher de l’eau à la pompe communale ou autres fontaines publiques en plus grande quantité que le strict besoin du ménage. On ne pourra pas en prendre pour laver, abreuver les bestiaux, etc.

Art 18 : amende de 1 à 5 Frs pour art 17.

Art 19 : si récidive et insolvabilité, on pourra donner une peine de 1 à 5 jours d’emprisonnement.

Art 20 : le garde champêtre est délégué pour sonner la cloche de retraite, la ronde des cabarets et auberges.

Art 21 : le cabaretier ou aubergiste devra ouvrir aux gardes sous peine d’une amende de 15 Frs.

Police sur le glanage :

Art 22 : le glanage ne pourra avoir lieu qu’après l’enlèvement des grains.

Art 23 : les glaneurs entrent après le lever et sortent avant le coucher du soleil.

Art 24 : il est interdit à tout étranger de glaner à Silenrieux.

Art 25 : les pâtres et bergers ne peuvent pâturer que 2 jours après la récolte.

Police sur l’incendie :

Art 26 : il sera défendu à l’avenir de faire du feu à proximité des maisons.

Art 27 : aucune réparation d’un toit vicieux ne sera permise.

Art 28 : les cheminées et les foyers devront être construits en bonne maçonnerie de briques.

Art 29 : les habitants doivent faire ramoner leur cheminée une fois l’an.

Art 30 : l’officier de police fera chaque année une ou plusieurs inspections de tous les foyers, cheminées, fours et autres appareils de feu pour s’assurer du bon état. (Les défectueux seront détruits au frais du propriétaire).

Art 31 : il est défendu aux domestiques et ouvriers de fumer dans les granges, écuries, fenils. Il est aussi défendu pendant les temps de sécheresse à tout individu quelconque de circuler dans les rues ou places avec une pipe allumée non munie de couvercle ou avec un cigare.

Art 32 : amende de 1 à 5 Frs.

Art 33 : en cas d’incendie, les habitants qui les premiers apercevront le feu devront en avertir le collège qui fera sonner le tocsin, et prendre les mesures nécessaires pour combattre l’incendie. Il requerra tous les habitants valides de se rendre sur les lieux munis des ustensiles nécessaires et de travailler à éteindre le feu par tous les moyens. (Les parents sont responsables de leurs enfants et les maîtres de leurs domestiques et ouvriers).

 

La loi du 24 août 1883 ouvre la porte à de nouveaux électeurs appelés « électeurs capacitaires ». Ils devaient obtenir le diplôme de capacité électorale. Pour cela, on organisait des examens. Ceux-ci s’ajoutaient aux électeurs censitaires désignés selon leur quotité de contributions.

A Silenrieux, 32 électeurs capacitaires vont s’ajouter à la liste des électeurs communaux suite aux examens du 28 octobre 1883 : Nestor Bosse, Félix Bougard, Emile Bouillot, Joseph Colonval, Elie Delpire, Guillaume Dinon, Emile Dumont, Camille Flandre, Aimable Fontenelle, Auguste Fontenelle, Nestor François, Camille Genart, Sylvain Gillart, Alexandre Goblet, Vital Lambert, Eugène Lambotte, Louis Lambotte, Victor Lambotte, René Lecomte, Félix Léonard, Léon Léonard, Maximin Masset, Pierre Jos Masset, Alfred Meunier, Maximilien Mortier, François Museux, Emile Pecqueux, Augustin Peteux, Joseph Randoux, Amour Romain, Amour Walrand, Aimé Walrand.

En 1884 : Valentin Delpire, Léon Jonniaux, Wilfried Léonard, Aimable Walrand.

En 1887 : Jean Baptiste Hardy, Arthur Lambert.

En 1888 : Zénobe Jonniaux, Emile Dudart, Liévain Huaux.

En 1889 : Télésphore Bauduin.

En 1890 : Camille Gondry.

En 1891 : Achille Devouge, Edmond Jonniaux, Jules Bauduin, Victor Léonard, Léon Bauduin, Eugène Baisir, Jules Cuvelier.

En 1893 : Luc Hardy.

 

En 1893, le suffrage universel masculin tempéré par le vote plural est introduit en Belgique. Pour être électeur, il faut être un homme de nationalité belge, avoir 25 ans et être domicilié depuis un an dans la commune. De 1893 à 1914, tous les hommes disposent d’une voix. Mais la loi donne une voix en plus aux pères de famille âgés de 35 ans et occupant une habitation avec 5 Frs d’impôt au moins et aux propriétaires d’un immeuble d’une valeur de 2000 Frs ou d’une rente de 1000 Frs. Elle donne aussi 2 voix en plus aux capacitaires (diplôme d’ens. sup. ou humanité). Mais il y a un maximum de 4 voix par électeurs. On introduit aussi l’obligation de vote.

La loi du 12 septembre 1895 modifie la durée du mandat qui passe à 8 ans et les conseils sont renouvelables par moitié tous les 4 ans. Le nombre de conseillers revient à 4 au lieu de 6. (Il reviendra à 6 à l’élection de 1903).

La loi du 15 avril 1920 introduit le véritable suffrage universel au niveau communal. Pour être électeur, il faut être belge sans distinction de sexe, avoir 21 ans et être domicilié dans la commune. Les conseillers sont élus pour 6 ans et le conseil n’est plus renouvelable par moitié.

A partir du 28 mai 1941 et jusqu’à la libération, les conseils communaux ne furent plus convoqués. C’est le collège échevinal qui prit seul les décisions concernant les affaires communales sauf pour les nominations des secrétaires, receveurs, instituteurs.

Pour Silenrieux, dans le registre, ne figurent que 2 réunions du collège échevinal, celles du 29 juin et 2 août 1941. La suivante est le conseil communal du 25 novembre 1944.

Depuis la fusion des communes, le bourgmestre est présenté par la majorité et nommé par le roi. Les échevins sont élus par le conseil.

 

 

Les électeurs sous le régime belge :

 

La loi de 1836 définit les électeurs communaux comme censitaires ; c’est-à-dire que seuls pourront voter au niveau communal les habitants qui paient des impôts directs supérieurs à 15 Frs.

De 46 électeurs communaux en 1836, Silenrieux obtiendra 56 électeurs en 1854 et 105 en 1883 avant la nouvelle loi qui introduit les électeurs capacitaires (c’est-à-dire capable de voter suivant un examen établi).

 

Les 46 électeurs les plus taxés en 1836 : Alexandre Baisir, Xavier Balle, Philippe Bricou, ? Philippe, Jacques Bouillot, Augustin Carez, François Colinet, François Coenen, Gérard Coenen, Philippe Courtoy, Ferdinand Deloge, Jean Delmarche, curé Develette, Toussaint Dereine, Hubert Ernotte, Jean Bapt Ernotte, Louis Ernotte, ?, Pierre Ernotte, ?, ?, Augustin Fontenelle, Pascal Fontenelle, Pierre Fontenelle, Augustin François, André Massart, François Massart, Florent Massart, Emmanuel Jonniaux, Alexis Jonniaux, Hilarion Lambotte, Louis Lambotte, Philippe Lambotte, François Leroy, Dieudonné Leroy, Philippe Masset, Florent Mathieu, Pierre Médot, Frederic Médot, Philippe Petit, Jean Bapt Piret, Malo Simon, Nicolas Simon, Pierre Simon, Pierre jos Simon, Jean Thibaut.

 

Après 1883, on passe à 167 électeurs en 1884 pour atteindre 263 électeurs communaux en 1895 avec 114 électeurs à un vote, 56 à 2 votes, 45 à 3 votes et 48 à 4 votes (total 553 votes), puis 253 électeurs en 1914 dont 102 à 1 vote, 57 à 2 votes, 54 à 3 votes et 42 à 4 votes.

Après l’introduction du suffrage universel, il y eut 647 électeurs masculins et féminins à Silenrieux en 1921. Par la suite, le nombre d’électeurs suivra la courbe de la population : 671 électeurs en 1932 ; 642 en 1946 ; 636 en 1954 ; 553 en 1963 ; 544 en 1972 ; 504 en 1979 ; 558 en 1985 et plus de 600 actuellement.

 

 

§ 3. L’évolution des tendances politiques

 

(Voir aussi en annexe 12 les personnes élues et les résultats des élections).

Depuis l’élection de Jean Baptiste Piret en 1831 et jusque dans les années 1850, la majorité libérale de Silenrieux dirigea le village dans un certain consensus avec l’aide des catholiques.

C’est à partir des années 1860 que l’opposition entre certains catholiques et libéraux commence à se faire sentir concernant l’édification d’une nouvelle église ; le curé veut agrandir l’ancienne et la majorité libérale du conseil communal veut en construire une nouvelle (voir partie religieuse avec le curé Guyaux et ses amis).

En 1860, Adolphe François prendra la défense du bourgmestre Piret attaqué par les amis du curé sur sa gestion de trésorier de la fabrique d’église (voir partie religieuse-fabrique d’église).

 

Après la renomination de Mr Piret comme bourgmestre en février 1861, ses amis libéraux ont été à la rencontre du curé Guyaux (voir les événements de la nuit du 8-9 février ci-contre).

 

Les événements de la nuit du 8 au 9 février 1861 :

une société de 20 à 30 individus marchant à la lueur des falots s’est dirigée vers la maison de Mr Piret pour le complimenter de sa nouvelle nomination en qualité de bourgmestre par des salves de mousqueterie et Mr Piret leur offrit un rafraîchissement. Après, une partie de cette société alla chez Mr Coenen et une autre vers le presbytère. Ceux qui allaient vers le presbytère disaient “allons tirer sur la maison du curé”. Un autre cria “à bas la calotte”. Entre 9 H 30 et 10 H du soir et jusque 11 H 30, on entendit plus de 100 coups de fusils vers le presbytère. Les vitres de la cuisine furent brisées en 20 endroits et l’abat jour du vestibule fut percé de projectiles qui allèrent se loger dans le plafond. Le curé Guyaux reproche au bourgmestre de n’avoir rien entendu bien que le cabaret où il était se trouvait séparé d’un sentier du presbytère. Le lendemain, le bourgmestre ne se donna pas la peine de visiter le presbytère. Le surlendemain, le bourgmestre vint avec 2 gendarmes et n’eurent pas honte de dire que les amis du curé étaient peut-être les auteurs. Le curé Guyaux veut traîner l’affaire devant les tribunaux et les échevins et conseillers osaient qualifier ces choses de petites niches et un peu de désagrément mérité.

 

Dans les années 1870, les libéraux sont toujours au pouvoir à Silenrieux avec François Mathieu comme bourgmestre ; au niveau national, la loi libérale de juillet 1879 concernant l’enseignement (voir partie enseignement) allait exacerber de nouveau les tensions entre catholiques et libéraux ; la conséquence fut la création d’une école libre au village soutenue par le curé Bodart (voir aussi partie religieuse : curé Bodart).

 

Tract de 1884 de Adolphe François, Jules Lambotte, Jules Masset, Félix Médot et Augustin Thiriaux : « partisans convaincus de l’ordre et de la liberté, nous croyons que l’introduction de la politique dans les affaires communales est une entrave à la bonne gestion de celles-ci, nous saurons toujours l’écarter et mettre les intérêts de la commune au dessus de toute question de parti ».

 

En 1887, les habitants de Falemprise réclament un conseiller.

Le conseil communal leur répond le 12 juin 1887.

Vu la requête des habitants de Falemprise, tendant à obtenir un conseiller communal ;

Considérant que la commune de Silenrieux est composée d’un grand nombre de sections ou hameaux dont les plus importants sont les hameaux de Falemprise, de la Valentinoise, de la Pisselote et de Gerlimpont ;

Considérant que si l’on attribue forcément un conseiller au hameau de Falemprise, les habitants des autres hameaux doivent avoir le même droit ;

Considérant que si pareille chose avait lieu, cela amènerait inévitablement des haines et des divisions entre les habitants des divers hameaux et le centre de la commune ; ce que l’on doit éviter autant que possible ;

Considérant que jusqu’à ce jour, les électeurs des diverses sections ont toujours choisi leurs mandataires parmi les éligibles des diverses sections ;

Que si actuellement, il n’y a pas de conseiller résidant à Falemprise, c’est la faute des habitants de cette localité car depuis le 23 août 1872, date du décès de l’échevin Deloge, ils n’ont plus présenté de candidat aux suffrages des électeurs ;

Considérant au surplus que la section de Falemprise ne se compose que de 88 habitants et dont la plupart sont des étrangers à la commune, ne demeurant à Falemprise que temporairement ;

Considérant, en outre, que les habitants de Falemprise n’ont pas à se plaindre de la manière dont le conseil gère leurs intérêts ; qu’ils sont même mieux partagés que les habitants des autres hameaux ; que le conseil vient encore de décider dans la séance du 22 mai dernier, la mise en adjudication du chemin de Cerfontaine à Boussu, traverse Falemprise, dont le devis pour cette partie est de 19.264,23 Frs ; que ce chemin ne favorise que les habitants de Falemprise au détriment de tous les autres ;

Pour ces motifs, le CC estime qu’il n’y a pas lieu de faire droit à la requête dont il s’agit et que si Falemprise veut avoir un conseiller, que l’un de ses habitants se présente aux élections d’octobre prochain aux suffrages des électeurs mais sans qu’on doive procéder à un scrutin séparé, ce qui serait injuste à l’égard des autres sections de la commune ».

 

A la fin du 19ème siècle après l’introduction du vote capacitaire, les catholiques deviennent majoritaires lors des élections de 1890 et désignent Louis François comme bourgmestre ; il y restera jusqu’en 1920.

 

 

Mr Louis François

 

Au même moment, René Lambotte met sur pied à Silenrieux le parti socialiste qui s’alliera au 20ème siècle aux libéraux face aux catholiques.

  

Le 11 avril 1896, René Lambotte, délégué du parti socialiste à Silenrieux demande à l’administration communale d’avoir le salon communal pour organiser une conférence contradictoire sur le sujet : « le socialisme, ses bienfaits, ce qu’il veut, où il va ». Il écrit pour convaincre que « presque tous ceux qui le méprise ne le connaissant que pour en avoir entendu parler le curé, ils seront tous étonnés de voir que l’idéal moral du vrai socialiste est justice pour tous ». L’administration décida qu’elle ne prêterait aucun local communal pour les conférences politiques.

 

Le 24 avril 1921 eurent lieu les premières élections avec participation des femmes. Voici un tract des intérêts communaux (tendance libérale socialiste).

 

  Louis Hancart

Aux Electrices et Electeurs de la commune de Silenrieux,

Mesdames, Messieurs,

Dimanche prochain, 24 courant, vous êtes appelés, pour la 1ère fois depuis la terrible guerre de 14-18 à élire un nouveau conseil communal. Une nouvelle catégorie d’électeurs aura, aussi pour la 1ère fois depuis la fondation de notre patrie, à venir dire quels sont les hommes de la commune qu’elle considère comme aptes à remplir les fonctions de conseiller. En vous saluant, Mesdames, nous vous souhaitons la bienvenue dans le corps électoral et malgré que, n’appartenant pas, pour la plus grande partie, aux partis qui ont décidé de vous accorder le droit du suffrage, nous avons la certitude que vous accomplirez cette tâche, plutôt ingrate, avec la dignité qui vous caractérise.

Nous saluons aussi les anciens et osons espérer que la grande confiance qu’ils ont toujours témoignée aux mandataires libéraux de la commune n’a pas été atténuée par la guerre et que ceux-ci peuvent toujours compter sur leur suffrage.

Nous vous disons, Mesdames et Messieurs, qu’aucun des membres qui a l’honneur de venir solliciter votre vote, n’est dominé par l’ambition, ni par aucun intérêt personnel ; nul de nous n’a voulu s’imposer la première place comme cela s’est passé dans d’autre parti, chacun y est allé de sa bonne foi.

Notre programme ? Mais c’est celui de nos aînés, se résumant par ces mots : les intérêts de la commune avant tout.

Nous sommes les partisans les plus convaincus de l’instruction, nous voulons que tous les travaux, grands et petits, s’exécutent suivant la situation financière de la commune. La distribution d’eau, aussitôt que les pouvoirs publics nous l’autoriseront, sera l’objet de toute notre attention afin de vous doter d’un service à domicile, si possible.

Nous ne ferons pas de vaines promesses, mais nous assurons les électeurs et principalement ceux en dehors de l’agglomération que nous accueillerons toujours leurs réclamations comme elles le méritent en nous efforçant de leur donner satisfaction au plus tôt.

Nos adversaires ne pourront plus vous opposer qu’ils sont les amis du gouvernement, qu’ils sont les dispensateurs de toutes les places et faveurs. Et puis, quel honneur de se réclamer les favorisés d’un gouvernement qui fut, pour la plus grande partie, la cause de nos récents malheurs ! !

Nous avons aussi des amis au ministère actuel et non des moindres, sur lesquels nous pouvons compter. C’est donc avec la plus entière confiance que nous venons solliciter vos suffrages et nous espérons que vous voterez en tête de la liste n° 1. Veuillez croire, Mesdames, Messieurs, à nos sentiments les plus dévoués.

Walrand Aimé, Halloy Léopold, Delpire Adolphe, Hancart Louis, Renard Henri, François Nestor, Peteux Alfred, Brichet Justin, Mortier Maximilien.

 

 

 

Cette première élection au suffrage universel verra la victoire du cartel libéral-socialiste avec Louis Hancart comme bourgmestre.

 

Les débats pour l’élection du 10 octobre 1926 tourne autour de l’électrification des hameaux : la liste catholique de Sohet reproche à la majorité de ne pas en tenir compte et de ne rien faire pour. La distribution d’eau laisse à désirer. Seul le jeu de balle fut une réussite. On critique aussi les immondices derrière l’église.

Finalement, la liste catholique de Mr Sohet l’emportera et celui-ci deviendra bourgmestre jusque 1945.

 

 

Chanson d’élection de 1926 :

 

 

 

Mr Sohet

I.

Mes chers amis, les élections

C’est tout d’même èn’ affaire :

On a des papîs d’z-inscriptions,

D’qwè fé braire in notaire !

On l’z-èvoye dins toutes les maujons

La faridondaine, la faridondon,

Pou fé passer chacun’s parti.

                                   Biribi

A la façon de Barbari

                                   Mes amis.

 

III.

Quand no grand Tchout’s ‘ra busé,

Adolph èyè Mèrique,

On l’aura belle dè l’autre costé

Pou fè dè l’politique :

On nwèn’ra les-euw’ à Beaupont,

La faridondaine, la faridondon,

Al fostelle èy’au Trî-Paris,

                                   Biribi

A la façon de Barbari

                                   Mes amis.

 

V.

On dit qu’on r’f’ra l’cerq du curé

Rin qu’pou nos fout’èn cale,

Eyè qu’on va fouyi ‘I noû pré

Pou n’pus qu’on djoue à l’balle.

Augus’ Leswèl èyè ‘l Crayon.

La faridondaine, la faridondon,

F’ront des mèdailles avou’l tamis,

                                   Biribi

A la façon de Barbari

                                   Mes amis.

II.

Pou fout’èn’ guèt’ au grand Linard

Pou ‘l fé mèt’ en colère,

On mwèn’ en auto, en side-car

Lès vîs-omes, lès couméres ;

On s’in va qué à Djerlimpont,

La faridondaine, la faridondon,

Marie-Fidèle Garibaldi,

                                   Biribi

A la façon de Barbari

                                   Mes amis.

 

IV.

Eyè d’zous ‘l règne d’joseph sohet,

Tout va r’tourner d’sus ‘l terre :

Nos aurons l’électricité

A les Hâyes , al Marlère ;

I gn-aura des lampes plein l’Ernifond.

La faridondaine, la faridondon,

Eyè co p’tèt’ à Paradis !

                                   Biribi

A la façon de barbari

                                   Mes amis.

VI.

François Joseph, mon.nî d’Batte’fier

Ca c’èst-in homme dè marks,

Qui n’sè souvint pus què d’vant l’guerre

Il asteu bin patraque ;

Il asteu press’à fé ‘l plondjon.

La faridondaine, la faridondon,

On causeut d’li dins tout l’pays.

                                   Biribi

A la façon de Barbari

                                   Mes amis.

 

 

VII.

toûyi in brin, ça fait sint’ mwais, .

Tout l’monde est là pou l’dire.

Sondjèz bin qu’c’est pou ça qu’j’èm’tais.

Sans ça, d’poureus co scrire.

N’pinsèz jamais qu’vos saurez’l nom,

La faridondaine, la faridondon,

Du ceû qu’a fait eç-n-histware-ci.

                                Biribi

A la façon de barbari

                                Mes amis.

Le grand Linard = Wilfrid Linard, conseiller libéral de la Valentinoise.

Marie Fidèle Garibaldi : tenancière du café Tivoli ; personne très loquace.

Le grand tchoute : Louis Hancart, bourgmestre libéral.

Adolphe Delpire : échevin socialiste.

Mérique : Aimé Walrand, échevin libéral.

Joseph Sohet : futur bourgmestre catholique.

Auguste Lesoil : échevin catholique.

El crayon : René Lecomte secrétaire du bureau de vote.

Joseph François : échevin catholique.

 

Pour les élections du 9 octobre 1932, la liste Sohet se félicite de l’électrification des hameaux, des voiries, du pavage de la grand route, du fonds de crise et du chômage pour aider les plus démunis, de la bonne nomination d’instituteur et promet une nouvelle distribution d’eau. On critique aussi Wilfrid Mathieu pour la culture de rutabagas en 14-18 pour la population martyre ; la liste des cartels (libéral socialiste) critique le despotisme de Sohet, le favoritisme sur les chômeurs remis au travail et la pénurie d’eau au centre du village et à Beaupont et le piteux état de la caisse. Ils disent que les travaux étaient déjà établis avant son arrivée.

 

Au printemps 1933, Wilfried Mathieu remplace Louis Hancart au conseil communal ; pour lui rappeler sa culture de rutabagas pendant la 1ère guerre mondiale qu’il vendait aux habitants du village qui avaient faim, certaines personnes avaient planté des rutabagas sur le chemin de sa maison jusqu’au village pour « l’accueillir » dans le conseil communal.

 

Après la gestion de l’équipe de Mr Sohet de 1927 à 1945, Mme Madeleine Suain-Derselle (catholique) s’allie avec les libéraux et socialistes sur une liste d’intérêts communaux afin d’en finir avec l’équipe de Mr Sohet qu’elle n’apprécie pas.

Sur un tract électoral de 1946, Mme Madeleine Suain-Derselle se proclame catholique sur une liste d’intérêts communaux et appelle ceux-ci à voter pour elle ; elle se fait évidemment des ennemis de la part de la liste catholique pur.

 

La liste de Mme Derselle veut délivrer le village de la gestion dictatoriale de Mr Sohet et a même peur de voir revenir Sohet comme bourgmestre sans être sur la liste catholique. Elle propose l’entretien et la remise en état des voiries dans tous les quartiers, une conduite d’eau pour les écarts et remise en état des pompes, l’amélioration de l’éclairage public et réparation des bâtiments communaux.

Mme Madeleine Derselle sera la première et la seule femme élue bourgmestre à Silenrieux ; elle décédera malheureusement l’année suivante et sera remplacée par Lucien Folon qui gérera la commune jusqu’à la fusion de celle-ci avec Cerfontaine en 1977.

 

 

Article concernant Mr L. Folon

 

 

Pour l’élection du 12 octobre 1952, la liste Folon (libéral-socialiste) fait le constat : amélioration de la voirie, du service incendie et analyse de l’eau, nettoyage de la place communale et de l’abord de l’église, extension de l’éclairage public aux écarts, restauration des classes, inspection médicale, replantation de résineux, subsides aux sociétés de Silenrieux. Les projets à venir : promesse d’eau potable aux écarts, bâtiments communaux, cloche à l’église, réparation du presbytère, vitraux, réparation intérieure de l’église, 3 maisons ouvrières à l’école, 2ème tronçon route de Walcourt, il critique l’absentéisme de l’opposition car on vote beaucoup à l’unanimité ; il reproche à l’opposition d’être sous la tutelle dictatoriale de Sohet.

La liste catholique menée par Mr Dudart critique l’endettement montant, la voirie qui n’a pas été partout enduite de goudron, rien n’a été fait pour le presbytère et l’église, la distribution d’eau est trop chère et on vend notre distribution à bas prix à une intercommunale (la SNDE) ; les principales critiques tournent autour de la future distribution d’eau.

Pour les élections du 12 octobre 1958, la liste de Lucien Folon fait état des réalisations faites : la distribution d’eau aux écarts ; on en reconnaît le coût élevé (en effet le château d’eau n’était pas assez haut pour cette distribution, suite à l’incurie de l’équipe Sohet en 1937) ; les subsides à l’œuvre des nourrissons ; la réfection extérieure de l’église ; les subsides à la commission d’assistance publique et aux sociétés ; la création d’une plaine de jeux ; l’agrandissement du cimetière ; les voiries ; l’hygiène et l’éclairage public sont modernisés ; voyage et distribution des prix pour l’enseignement communal.

La liste catholique critique les finances communales ruinées, l’eau trop chère, le règne du favoritisme, l’augmentation de l’impôt foncier, la volte face pour la distribution d’eau (d’abord à Cocolle, puis on s’allie avec Walcourt et on confie le travail à la snde : on vend à celle-ci la source de Battefer, le captage, la station de pompage et le château d’eau au prix de 1937), le paiement d’une redevance annuelle pour l’eau ; la restauration tardive de l’école des garçons (18 ans après les bombardements), la voirie en mauvais état, la nomination d’un garde champêtre extérieur, le presbytère et l’église toujours au même stade.

Le programme pour la liste libérale-socialiste de Mr Folon : fourniture gratuite de l’eau potable, amélioration et création de filets d’eau en béton dans tous les quartiers, continuation de l’égouttage, modernisation complète de l’éclairage, réparation du presbytère, vitraux de l’église, et intérieur de l’église, restauration de l’école des garçons, remise en état des chemins communaux.

Le programme du parti catholique : assainir les finances communales, éliminer le favoritisme, éclairage public dans les quartiers éloignés, voirie (réfection et entretien), salle de gym et achat de matériel pour l’école, prime de naissance et prime pour les jeunes ménages, primes pour construction de maisons ouvrières, plan de reboisement.

En 1964, il n’y a pas d’élection car toutes les personnalités (catholiques, libérales et socialistes) se présentent sur la même liste et se partagent les responsabilités.

Par contre, les élections du 11 octobre 1970 verront s’affronter 4 listes :

La liste « intérêts communaux » (c'est-à-dire le conseil communal élu en 1964 avec des socialistes, des libéraux et des catholiques) qui fait campagne sur la solidarité et l’union, sur le dynamisme et la confiance. La liste rénovation (libéraux et socialistes) qui critique l’existence d’une liste d’union forte et avec un quasi monopole, les routes en mauvais état, les bancs des écoles vieux de 50 ans, les murs du cimetière à refaire, le matériel des ouvriers communaux rudimentaire (seulement une brouette), les immondices le long d’une route principale qui puent et dégagent de la fumée quand on y met le feu ; il propose des améliorations au niveau social et urbanistique et la création d’un pôle au niveau tourisme. La liste catholique « pure » qui se présente pour faire exercer la démocratie. La liste Caussin, candidat de la jeunesse, qui promet un terrain de foot.

 

En 1974, le conseil communal décide de construire une salle communale à Silenrieux car les 2 salles sont privées ; il demandera à Jean Auquier, architecte de faire les plans de la silène et en 1975, les travaux seront terminés ; le 3 octobre 1975, la commune inaugurera la plus vaste salle jamais construite dans la région en la présence de Mr Gendebien ; le soir, un spectacle avec Delagrange était orchestré.

 

 

La dernière séance du conseil communal de Silenrieux eut lieu le 29 décembre 1976 car le 1er janvier 1977, Silenrieux fera partie d’un rassemblement de 6 communes qui aura le nom d’entité de Cerfontaine.

Par la suite, les élections verront chaque parti présenter leur candidat représentant tous les villages.

Suite à la première élection de 1976, une majorité libérale-catholique menée par Mr Deville de Senzeilles allait gérer la commune.

A partir de 1982 jusque 2000, les catholiques s’allieront aux socialistes avec Michel Body de Silenrieux comme bourgmestre ; cependant en 2000, les catholiques se dispersent sur 4 listes différentes et c’est la liste libérale associée aux catholiques liées au mayeur Michel Body qui prendront les rênes du pouvoir avec toujours celui-ci comme bourgmestre.

 

 

Article concernant le bourgmestre Michel Body

 

Les fusions des communes pour Silenrieux