Lorsque ce récit fut publié par le reporter, il fut lu entre autre par Mr. Charlton qui avait participé à la construction du R 101. Charlton demanda une copie complète du rapport de la séance à Harry Price.
Après l’avoir étudiée avec ses collègues, il déclara qu’il s’agissait là « d’un stupéfiant document qui ne contenait pas moins de 40 détails hautement techniques et confidentiels sur ce qui avait du se passer lors du vol fatal ».
« Il apparaît évident » ajoute t-il « que suggérer que les personnes présentes à cette séance aient été en possession à l’avance de ces renseignements est totalement grotesque ».

                            Charlton fut si impressionné par ce témoignage qu’il commença sa propre enquête psychique.
Pour lui, la seule hypothèse qui puisse expliquer tout le contenu de ce témoignage est que « Irwin communique à l’heure actuelle avec les personnes présentes à cette séance après sa mort physique ».

                            D’un autre côté, à la veille du début des travaux de la commission d’enquête, le major Oliver Villiers (du ministère de l’Aviation Civile) participa lui aussi à une séance avec Eileen Garrett.
Villiers avait été marqué par la catastrophe car il connaissait la plupart des victimes dont Sefton Brancker qui était son meilleur ami.
Voici retranscrite un partie de la conversation qu’il eut avec Scott, un des contremaître ingénieur :

Villiers : « Quel était le problème ? Irwin a mentionné le nez »
Scott : « Oui. Et problème de structure et de moteur »
Villiers : « Je dois éclaircir ce point. Peux tu me décrire exactement où ? Nous avons numéroté les             poutrelles de structure de A à G . »
Scott : « Celle du sommet est le O et ensuite viennent A, B, C en allant vers le bas. Regarde sur ton            dessin. Lorsque nous avons achevé notre second vol, nous avons constaté que la poutrelle de            structure avait été forcée, pas fêlée. Et cela a causé des problèmes à l’enveloppe »


               
Reproduction du dessin utilisé lors de la séance

Un peu plus tard, Villiers demandera à Scott si, le jour de l’accident, la poutrelle avait été brisée et était passée à travers l’enveloppe.

Scott : « Non, pas brisée mais fêlée gravement. Cela a provoqué une déchirure de l’enveloppe. La mauvaise tenue de l’enveloppe du côté tribord 5C a provoqué une pression anormale qui nous a fait faire notre premier plongeon.
Le second fut pire. La pression dans les sacs de gaz était terrifiante et les rafales de vents terribles. Cette pression extérieure, couplée au fait que la valve du sac de gaz était affaiblie, arracha la valve. Dans le même temps, le gaz qui s’échappait fut enflammé par un retour de flamme du moteur ».

                            La commission d’enquête montra que pratiquement chacun de ces faits étaient correct et qu’en tout état de cause, aucun n’était faux.

                            Les transcriptions de Villiers, qui n’ont pas été lues par Charlton, offraient elles aussi une quantité de détails techniques ainsi que des observations personnelles.
Parmis elles, celles d’un autre membre d’équipage, le lieutenant commandant Atherstone qui tenait un journal personnel de ses inquiétude au sujet du
R 101.
Lorsque la commission d’enquête demanda à sa veuve de pouvoir consulter ce journal, elle prétendit avec insistance n’en avoir jamais entendu parler. Cependant, en 1967, elle porta à la connaissance de tous l’existence de ce journal. Il concordait en tout point avec les dires de Atherstone lors des séances psychiques 40 ans auparavant. Avait-elle subi des pressions de la part du gouvernement de l’époque pour ne pas fournir ce témoignage gênant pour lui ?