11. Quand les morts racontent.
Deux jours après la catastrophe du R 101, soit le 7 octobre, dans le Laboratoire National de Recherche Psychique fondé quatre années auparavant, se tint une expérience de spiritisme.
Harry Price, enquêteur
psychique et adversaire du spiritisme, son secrétaire et le journaliste Ian
Coster avaient arrangé une séance avec la jeune médium
Eileen Garrett dans le
but d’entrer en contact avec Sir Arthur Conan Doyle (créateur de Sherlock
Holmes).
Ce dernier, spirite convaincu, avait jurer d’entrer en
contact avec Price après sa mort pour lui prouver le bien fondé de ses idées.
Peu
de temps après s’être installée dans la pièce (qui était parfaitement isolée de
toute influence extérieure puisqu’il s’agissait d’une expérience scientifique),
madame Garrett entra en transe.
Cependant en lieu et place de l’écrivain célèbre que tout
le monde attendait, la voix qui s’exprima par l’intermédiaire du médium se présenta comme étant le lieutenant de l’Air H. Carmichael. Irwin.
D’une voix angoissée, il
déclara alors : « Je dois faire
quelque chose pour tout ce qui s’est passé … Tout le volume du dirigeable était
complètement et absolument trop lourd pour la capacité des moteurs. Les
moteurs aussi étaient trop lourds. C’est ce qui m’a obligé en 5 occasions à
atterrir d’urgence (le capitaine avait du
écourter à 5 reprises les essais car le dirigeable était
trop lourd. Ceci
n’avait jamais été divulguer à la presse du fait de la concurrence avec le R
100. De plus, c’était une question d’honneur pour le gouvernement :
tout allait bien). La poussée ascensionnelle
utile était trop faible. La poussée ascensionnelle totale était mal calculée
par les contrôles de la cabine. Et cette idée de nouveaux gouvernails,
totalement absurde. Gouvernail bloqué. Conduites d’huile bouchées. Volons à
trop basse altitude et n’avons jamais pu nous élever. Poussée ascensionnelle
disponible impossible à utiliser. Poids trop important pour un long voyage.
Mauvaise vitesse de croisière et le dirigeable oscille dangereusement. Tension
élevée sur l’enveloppe qui frottait (sur la structure). Mauvais moteurs - trop
lourds - ne parvenons pas à nous élever. Jamais atteint la vitesse de croisière
- même pendant les essais. Essais trop courts. Personne ne connaissait le
dirigeable correctement. Mauvais temps pour un long vol. Enveloppe imbibée
d’eau et le dirigeable pique du nez. Impossible de redresser. Avons frôlé les
toits à Achy. On suit le chemin de fer ».
Carmichael rajoute encore :
« la section centrale était une erreur … trop
lourde, trop de surcharge pour la capacité des moteurs … Equipage
insuffisant. Mauvaise injection de carburant et pompe à air en panne. Mauvais
système de refroidissement. En plusieurs occasions, j’ai constaté que la
capacité de poussée ascensionnelle était inadéquate pour une structure d’un tel
volume. Je l’ai dit et répété à l’ingénieur sans qu’il soit capable d’augmenter
la capacité des moteurs diesel. Mauvaise alimentation en carburant – risque de
retour de flamme. Ce système extravaguant de carbone et hydrogène est
totalement stupide (il s’agit ici d’une
expérience menée peu de temps avant le crash du R 101 et qui n’avait pas été diffusée dans la presse et donc
inconnue du public) ».