4. Présentation du dirigeable et de la vie à bord.

                            Etant donné que les essais finaux et le premier vol (qui sera aussi le dernier)
s’effectueront l’un derrière l’autre, nous allons d’abord passer un peu de temps à découvrir tout ce qui fit l’éclat éphémère du
R 101.

                            En 1930, un futur client, tellement convaincu du service proposé, fit parvenir à la Royal Airship Works 20.000 livres pour un voyage vers New York en 1931 ! Lorsque l’on sait, comme nous l’avons vu plus haut, que Zeppelin faisait le tour du monde pour 1.000 livres, cela laissait présager des revenus non négligeables pour les deux dirigeables dès 1931/32.

                            Malgré cela, le R 101 était souvent montré du doigt pour sa basse altitude de vol comparée à celle des Zeppelins durant la guerre (20.000 pieds soit 6.096 mètres).
Il ne faut pas oublier que le R 100 et le R 101 étaient des dirigeables civils (commerciaux) et non pas militaires. Ils devaient parcourir de longues distances et, économiquement parlant, il était plus rentable de voler plus bas. De plus cela avait l’avantage de pouvoir offrir de magnifiques panoramas sur la mer et le continent. Ce qui pour un croisière de luxe est quasi indispensable.
L’altitude idéale de vol fut donc fixée à 1.500 pieds (= 457,2 mètres). Zeppelin adopta d’ailleur des altitudes de vol comprises entre 1.500 et 4.000 pieds (= entre 457,2 et 1219,2 mètres).

Rendez-vous bien compte que le R 101 volait à une altitude qui n’équivalait même pas à deux fois sa longueur !

                             Le R 101 était un véritablement palace flottant. Même selon nos standards actuels, les promenades ouvertes et les accommodements passagers qu’il offrait seraient encore uniques dans les cieux.

De plus, l’idée d’utiliser l’espace intérieur du dirigeable pour y installer tout les aménagements étaient une grande première à l’époque.
Le seul dirigeable du moment à transporter des passagers était le Zeppelin ZL 127 – Graf Zeppelin.
Il ne pouvait cependant emmener plus de 20 passagers qui étaient installés dans une sorte de gondole située à l’avant et en dessous de la coque (voir photo ci-contre).

Le R 101 quant à lui pouvait se vanter de posséder 2 ponts, une salle à manger pouvant accueillir 60 personnes à la fois et, grande première, un salon fumeur comportant 20 places assises.

Comparé aux avions qui étaient bruyants, sentaient mauvais et vous débarquaient à destination complètement éreintés ; les dirigeables offraient un luxe incomparable avec un service digne des plus grands transatlantiques.

                            En 1926, la conception du R 101 montrait un dirigeable munis de 7 cabines moteurs et les différentes accommodations pour les passagers se situaient derrière la gondole de commande.
De ce point de vue, il était très similaire au
R 36. Cependant, comme il devait être prévu pour emmener 100 personnes, sa conception subit quelques modifications.
Le R 101 fut divisé en deux ponts. Le pont supérieur accueillerait tout les accommodements pour les passagers tels que salons, salle à manger et promenades. Le pont inférieur quant à lui reprendrait le salon fumeur, les toilettes, les quartiers de détente et les couchettes de l’équipage.
Il y eut plusieurs changements dans la conception de l’intérieur du R 101 et certains plans d’origine montre un dirigeable à 3 ponts dont le supérieur aurait servi de promenade.