5. Les derniers essais.
Le R 100 de Vickers est fin prêt et a choisi sa
destination de vol : le Canada.
C’est humiliant et même menaçant pour le gouvernement
britannique car seul le meilleur des deux dirigeables sera sélectionné.
En premier lieu, au lieu du
Canada on choisit une destination plus prestigieuse : les Indes.
Le ministre de l’Air est alors
Lord Thomson et le R 101
en est devenu l’obsession. Il intrigue pour devenir vice-roi des Indes et
compte sur la publicité occasionnée par ce voyage pour asseoir son prestige
personnel. Mais son emploi du temps est chargé et il doit absolument se trouver
à Londres à la mi-octobre. Or le premier départ prévu en septembre a du être annulé. Il faut donc que le R
101 parte de toute urgence au début d’octobre au plus tard.
Malheureusement, le R 101 n’est pas du tout prêt. Il n’a même pas encore de certificat de navigabilité, certificat qui ne s’obtient qu’après un nombre suffisant d’essais.
Nous
sommes le 1er octobre 1930. A 06.30 le R 101 émerge de son
hangar où il a passé l’été à subir ses dernières transformations.
Le nouveau dirigeable
(appelé couramment R 101 c)
a une silhouette plus effilée depuis que les
ingénieur l’ont allongé de 42 pieds.
Il
s’amarre avec sérénité à son mat et l’équipage commence les préparatifs pour le
vol d’essai final de 24 heures. Au bout de cet essai attend pour le R 101 un
rapport détaillé de son comportement qui sera soumis à la commission
d’homologation qui lui accordera (ou non) son certificat de navigabilité.
Il
est 16.30 lorsque, muni de son plan de vol, le R 101 se décroche de son
mat et enta- me ses derniers essais.
Le dirigeable quitte donc Cardington et survole le sud de
Londres. Il tourne ensuite à l’est, suit le Thames puis traverse l’Essex. Il passa
ensuite toute la nuit au dessus de la mer du Nord.
Les
différents inspecteurs à bord, entre autre l’officier R. Colemore
(directeur du département pour le développement aérien) et le major Herbert
Scott (un des aérostiers les plus expérimentés de Grande-Bretagne), mettent par
écrit toutes leurs observations. Ils discutent entre eux et comparent leurs
notes.
De l’avis général le R 101 se comporte bien, ses
instruments de navigation sont au point et c’est une satisfaction générale
lorsqu’on apprend que le dirigeable sera capable d’effectuer ses essais en
moins de 24 heures.
L’atmosphère à bord est calme et paisible et les
conditions météorologiques sont parfaites.
Une seule ombre au tableau de ces essais : à cause
d’une panne du système de refroidissement du moteur tribord avant, le R 101
est incapable de procéder aux essais à pleine vitesse.