2. La naissance du R 101.
En 1924, les Britanniques décident de mettre en chantier une flotte de dirigeables sur base de leur Programme Impérial pour le Développement Aérien (Imperial Airship Scheme).
En
temps normal, le gouvernement aurait dû commander un prototype à une firme
privée. Mais la Grande-Bretagne est dirigée à cette époque par un
gouvernement travailliste qui subit des pressions pour que la construction des
dirigeables soit confiée à l’état. Ceci afin d’en démontrer l’efficacité.
Pour se sortir de ce sac de nœuds, les Britanniques firent
alors un compromis « à la belge » : le gouvernement commanda
deux dirigeables. Un au ministère de l’Air ( le R 100 qui sera construit
par la Royal Airship Works) et l’autre à une filiale de Vickers, l’Airship Guarantee
Company.
Les exigences gouvernementales
au départ étaient les suivantes :
les deux prototypes devront être les plus grands dirigeables au monde et
devront cuber 226.535 m3 (8.000.000 de pieds cube).
A titre comparatif, le Graf
Zeppelin construit en 1928 ne cubera que 105.000 m3 (3.707.550 pieds cube).
Ils devront posséder une force ascensionnelle totale de
150 tonnes, ce qui représente une charge utile de 60 tonnes. Les dirigeables
pourront ainsi emporter 200 hommes de troupes ou 5 avions démontés.
Après
quelques retards avec ce projet initial, les travaux commencèrent finalement en
1926.
Cependant, ce furent deux prototypes de 155.743 m3
(5.500.000 pieds cube) qui virent le jour.
L’équipe de Vickers s’installe
dans un hangar désaffecté du Yorkshire pour créer le R 100, un
dirigeable tout à fait remarquable.
L’équipe gouvernementale, quant à elle, remet en fonction
la base aérienne de Cardington, près de Bedford, qui n’était plus utilisée
depuis la guerre. C’est un lieu qui favorise les bavardages et les visites
constantes des journalistes. Ainsi,
le R 101 devint très rapidement célèbre.
Vue aérienne des
entrepôts de Cardington Vue
de l'intérieur de l'entrepôt n°1
Dès
le commencement des travaux, les deux équipes vont se bouder et travailler
chacune dans leur coin, alors que pour la mise au point d’un tel monstre un
travail d’équipe aurait pu venir à bout de tout les problèmes rencontrés.
Très rapidement des différences de conception apparaissent
entre les deux prototypes. Au niveau des moteurs, Vickers porte son choix sur
des moteurs à essence Rolls-Royce « Condor » d’un fonction- nement
particulièrement sûr et assez léger.
L’équipe gouvernementale, au contraire, choisit des moteurs
diesel. Plus sûrs en cas d’incendie que les moteurs à essence, ils ont
cependant l’inconvénient d’être bien plus lourds.
