12. Et les sceptiques répondent.
Les détracteurs du paranormal s’attaquèrent bien entendu aux déclarations post-mortem de l’équipage du R 101 reçues par Eileen Garrett.
Parmis eux, Jenny Randles et Peter
Hough. Ceux-ci déclarent que Charlton n’était pas un « expert » en la
matière mais qu’il avait seulement en charge l’approvisionnement du R 101
à Cardington. Ce qui évidemment ne lui procurait que peu, voir pas, de
connaissances techniques au sujet du dirigeable.
Ils déclarent aussi que Charlton était un
spiritualiste convaincu.
Enfin, ils se basèrent sur l’avis d’Archie
Jarman qui mena sa propre enquête.
Lorsque Jarman édita un rapport sur le R
101 au début des années 60, il consulta ses propres experts : le Wing
Commander Cave-Brown-Cave (qui avait participé de près à la construction du R
101) et le Wing Commander Booth (capitaine du R 100).
Booth déclara au sujet des transcriptions de
Price qu’il était pratiquement en désaccord avec chaque paragraphe. Selon lui,
les descriptions de l’atmosphère régnant à Cardington à cette époque étaient
aussi totalement erronées.
Il
soutenait que les explications fournies post-mortem ne pouvaient en aucun cas
provenir d’une personne maîtrisant parfaitement le sujet, tel le capitaine
Carmichael, et que, de plus, elles ne fournissaient aucune indication quant aux
causes du crash.
Quant au fait que l’équipage et son capitaine
étaient convaincus qu’il s’agissait d’une mission suicide, Booth rétorqua que
si cela avait été bien le cas (hors, rien avant le crash n’a été dit en ce
sens) le capitaine aurait fait faire demi-tour et serait revenu à Cardington.
Que penser de ces affirmations de Booth ?
- Charlton n’était effectivement pas un expert. Mais il connaissait tout les ingénieurs du R 101 et avait transcrit leur opinion qu’il avait ajouté à la sienne.
- Charlton était un spiritualiste. Oui, mais seulement après son expérience avec Eileen Garrett. Au moment où il a prit connaissance des premières transcription, il n’était pas du tout convaincu de la possibilité d’une vie après la mort.
- A propos de Archie Jarman : il est vrai qu’il n’a jamais jugé
utile les transcriptions fournies par Villiers. Celles-ci avaient été fournies
par morceaux et complétées de mémoire par après.
Jarman
pensait que cela laissait la part belle à la possibilité de distorsion
inconsciente des faits ou à leur embellissement (cependant, Villiers disposait
d’une mémoire prodigieuse qu’il ne fit pas mentir lorsque John Fuller le
questionnera encore à l’âge de 91 ans).
Par contre, Jarman estimait beaucoup plus la transcription de Price car elle avait été faite par une sténo-dactylographe professionnelle et entraînée. Il ne pouvait donc y avoir aucune interprétation et l’entièreté de la « conversation » était transcrite en une seule fois sans aucun rajout à posteriori. Loin donc de dénigrer cette « version », Jarman trouvait que ces séances mettaient en évidence des faits concernant le R 101 qui ne pouvaient être obtenus par aucun autre moyen dit « normal ».