|

Marcel GIRARDIN
J'accepte volontiers le regard
de mes contemporains avec une
certaine humilité. Loin de moi
l'idée d'être un maître de la
plume, ou bien encore un
écrivain ! « écriveur », sans
doute ! Hélas, la citation n'est
point de moi l’ayant seulement
emprunté à ce regretté
Pierre Desproges.

Marcel est né en 1950, dans un
tout petit département de l’Est
de la France. Longtemps sur les
routes de France et de Navarre,
il réside maintenant dans le Sud
du pays, où il écrit et publie
son travail.
M. puisque c’est ainsi qu’il
signe son travail, se consacre à
la recherche. Tout ce qui passe
par-devant ses yeux, il le
dissèque pour, sans doute,
rattraper le temps perdu. Mais
rattrape-t-on réellement le
temps perdu ? Vaste question
qui, comme beaucoup d’autres
sans doute, restera, elle aussi,
sans réponse.

Mes fidèles amies
Mes fidèles amies à quatre
pattes,
Qui au son de ma voix réagissez,
Tirant les oreilles vers le
haut,
Pour écouter ce que je vous dis.
Vous accourez sans rechigner,
Dès lors que je vous appelle.
Vous mes fidèles amies sensibles
À mes maux et mes peines,
Sur lesquelles je crie,
À l’approche de visiteurs.
Invités ou non, vous aboyez,
Sur ceux approchant notre fief,
Je sais que c’est pour me
prévenir,
Voire me protéger contre des
intrus.
Mais vous n’avez jamais de
cesse,
Malgré cela je vous aime,
Telles des êtres de chaire et de
sang.
Vous me réchauffez les pieds,
Lorsque je regarde la télé.
Je sais que vous n’êtes pas
éternelles,
Et qu’un jour vous vous en
irez..
J’ai parfois de la tristesse,
En pensant à cela,
Mais très vite s’évanouissent
Ces idées morbides,
Car pour l’heure vous êtes à mes
côtés.
Égoïstement, je l’avoue,
Ce que je retiens de vous,
Ce ne sont que les meilleurs
moments.
Ainsi s’écoule le temps,
Ainsi se déroule la vie.
Merci mes fidèles amies.
M.
REGRETS
Derrière la vitrine qui protège
mes yeux,
Je regarde mon passé dont le
film se joue
Au travers des verres qui
semblent cacher mes yeux.
Nouveau et serein, je reste là,
debout.
Brille soudain l'espoir d'un
monde merveilleux,
La place que prend alors cette
histoire devient mon destin.
C'est ainsi que se chargent mes
yeux
D'eau salée, qui doucement
caresse mes joues.
J'ai tant appris, sans vraiment
tout comprendre,
De ce chemin parsemé de piège et
d'embûches,
Franchi, sans attention à ce
monde, cette ruche,
Qu'il est devenu si difficile de
surprendre !
C'est quoi la vie, au milieu de
tant de haine et de guerres ?
Croyants ou non, les âmes sont
perdues, mises à part,
Ne sachant vers lequel des
saints se tourner en prière,
Elles errent maintenant
ailleurs, au centre de nul part.
Temps perdu pour certains,
Vie soi-disant bien remplie pour
d'autres,
Quel est-il donc le vrai chemin
?
Lequel doivent prendre ces
drôles d'apôtres ?
A présent, je regarde avec
tendresse les miens.
Grandis, ils vont prendre enfin
leur chemin.
Sera-t-il le bon, vraiment je
n'en sais rien,
Car c'est là que va bientôt
s'arrêter le mien.
M.
Touchantes attentions
C'est dans le regard de cet
enfant,
Où scintillent un million
d'étincelles
Un feu de joie, véritable
merveille,
Pour nous ses grands-parents.
Au chevet de cette petite âme,
Encore fragile mais pleine de
vie,
Mamy et papy se pâment,
Sans retenue, écoutant ses cris.
Mimiques désordonnées se
galvaudant,
Au moindre de ses gestes
gracieux,
D'un enthousiasme débordant,
En regardant cet enfant
merveilleux.
Entraînés par cette petite Vie,
Au diable nos écarts de
comportement,
Il ne nous manque plus que
l'accoutrement
Du pitre, trompeur d'ennui.
Vêtements multicolores
d'agrément
D'où ressortent : un visage
fardé,
Un nez rouge proéminent
Et des chaussures
surdimensionnées.
Transformé un instant en clown,
Mamy, au regard désemparé,
Pardonne, à son ami de toujours,
Ses pitreries faites d'amour.
Nous ne retiendrons alors
Que le regard de cet enfant
Dont les mimiques disent :
encore !
Au spectacle de ses
grands-parents.
M.

FOLIE
Ayant épuisé toute son énergie,
Lui, courrant après ses
souvenirs comme un lion,
Croyant alors avoir vaincu ses
phobies
Il relâcha son attention.
Il prit aussitôt son envol,
Planant au-dessus du temps,
Visitant ces âmes folles
Perdues depuis des ans.
Apercevant au loin son ancien
bonheur,
Il était pressé d'y arriver,
Pour tenter d'y graver, sur son
cœur,
Les desseins de son passé.
Il se mit alors à en tracer les
contours,
Tremblant de tendresse et
d'amour,
Avec des marqueurs de couleur,
Laissant ainsi une trace des ses
ardeurs.
C'est donc, dans le soleil,
Qu'il puisa une seconde énergie.
Enfin débarrassé de ses chaînes,
Il courut à la recherche d'une
autre vie.
Alors qu'autour de lui, d'autres
se démenaient,
Il s'envola en abandonnant
ceux-ci.
Ce fut ainsi durant toute son
existence,
Aucune attention pour ses " amis
",
Pas un soupçon de déférence,
C'est ainsi qu'il termina en
folie...
M.
Balade
Je parts, sans but, errant d'une
drôle de façon,
Comme pour me persuader qu'il
existe mille façons
De vivre une vie à pleines
dents,
Pour enfin comprendre que
d'autres peuvent vivre
autrement.
Seule existe la joie d'aimer et
d'être aimé !
Il suffit, pour cela, de croire
en la sincérité,
Pour que cet amour dure
éternellement,
Intense et jusqu'au firmament.
Si l'on se sent aimé, il n'y a
aucun risque !
Jamais, au grand jamais, il ne
faut croiser le " fer ",
Qui aurait pour effet de briser
à jamais ce côté magique,
Des illusions ou bien des rêves,
pour une petite guéguerre.
Si lointaine et si présente, de
combien est-ce temps ?
Celui qui nous sépare, celui que
l'on gaspille,
Il se compte en années lumières
et pas en printemps,
Tel un fétu de paille, d'où
s'envolent incandescentes les
brindilles.
Sans impatience j'attends, sans
grande conviction,
Tentant une persuasion, me
forçant aussi à croire
À une hypothétique réapparition.
Entêté que je suis, je garde en
moi cet espoir.
Traînant très tard dans les
rues, par dépit,
Espérant y croiser par un pur
hasard, celle perdue,
J'avoue chercher celle que j'ai
tant aimée, ma vie,
La seule, l'unique, en laquelle
j'ai toujours cru.
Fausses joies, défaites
permanentes d'un instant
d'illusion,
Force et de constater,
maintenant de me l'avouer,
J'ai terminé mon ascension,
Face à la lourde porte de
l'éternité.
Je n'aurai de compte à rendre à
personne,
Seul comptera le chemin que je
prendrai ensuite,
Et si je devais un jour
expliquer ma conduite,
Ce ne serait certainement pas à
un autre homme.
M.

Tout droits réservés
Copyright Marcel Girardin
2005
|