Dans ses yeux

 

Dans le vert de ses yeux,
la lumière, le soleil,
le ciel et la terre s'unissaient,
comme dans un cri de joie!

J'y voyais mon visage
épanoui et heureux,
je sentais son regard
me couvrir de tendresse.

De tant de promesses,
de serments amoureux,
des plus tendres aveux.

Mon âme je donnerai
pour m'y plonger sans fin,
cruel est le destin
qui me l'a fait connaître,
pour l'emmener au loin.

   Copyright 2000 © Nymphéa

Les lèvres grenadine

La nuit se fait câline,
Tendresse et passion
Et la lune lambine,
Traîne sur les visions
De ses rayons taquine,
Les vallées et les monts,
Oh! image divine,
D'un coeur en pâmoison.

Un sourire se dessine,
Le voilà papillon,
Un rayon s'illumine
Oh! sublime émotion,
Des lèvres grenadine,
Trahissent les frissons.
Les larmes opaline,
Glissent sur l'édredon.

L'aurore s'achemine,
Et revient la raison,
Le rêve se termine,
Réveille tous les démons
D'une humeur chagrine,
Comme un bout de charbon.
Renaît la blanche aubépine,
Le houx et le chardon.

 

Pluie sur Versailles

Encore la pluie sur Versailles
C'est mon humeur qu'elle cisaille
Aussi mon coeur qu'elle tenaille
De mon âme elle connaît les failles
 

Où est le temps des épousailles
Oublier le temps des chamailles
Chasser au loin cette grisaille
Revivre encore nos fiançailles
 

Novembre et sa nouvelle bataille
Doux souvenirs qu'elle entaille
De la tête au pieds je tressaille
Il pleuvra encore sur Versailles

Copyright © 2003 Nymphéa .

 

Tes souliers noirs

Ça si fait longtemps que je traîne mes souliers noirs sur le pavé,
Bien trop longtemps que j’attends, bien trop longtemps que j’me mens
Le temps passé, le temps d’avant, le temps est vent,
 

Tout est futile et inutile, je vais marchant, je vais dansant,
Tout est fragile et indocile, comme mes pas, comme le froid,
Comme l’oiseau, comme mes maux, non jamais rien ne changera,
 

Et l’hiver passe et le temps lasse et le printemps, et puis les ans
Et mon cœur casse, ma voix se tasse, tout me dépasse,
Comme dans un monde où rien ne va, comme dans un monde où tout est las,

 

S’il est un dieu? je ne sais pas, s’il est un roi? je ne crois pas,
S’il est un sens? je n’en sais rien, s’il est un astre? je n’en vois rien,
Mais il me blesse et il me stresse et je déteste ce temps là,

S’il faut souffrir, s’il faut périr, pourquoi courir vers le néant,
S’il faut partir, s’il faut mourir, que ce soit toi mon cimetière,
Que ce soit toi, tout à l’endroit où la vie cesse après trépas,

 
Mes souliers noirs sur le pavé, mon âme s’égare, c’est un chantier,
Il est midi, il est minuit et tout s’enfuit et tout revit comme ces non dits,
Quand c’est la vie qui m’ennuie, quand c’est la haine qui me suit,

 
Le paradis il est maudit, il est le fruit des interdits, il est celui qui a tué,
L’amour est né, l’amour est mort, vive la vie et vive la mort
Tout est fini et tout est dit… mes pas s’en vont sur le pavé,
 

Mes souliers noirs sont trop usés et mes pieds se sont déchirés,
Triste l’hiver et puis l’été, mes mains ont trop souvent cherché
Mes yeux, bien trop souvent pleurés tes souliers noirs sur le pavé….

C'est l'aventure de la vie, c'est la mesure indéfinie, le temps!
Temps qui, non! jamais ne s'oublie.

 

Copyright © Nymphéa juin 2004

 

A la nuit tombante

Mouchent les cheminées,
leur fumée grisonnante
Dans les rues désertes
le bal des ombres commence,
Le chat sous la lanterne
miaule sa romance
Et le chien qui aboie
hurle sa lancinante.

Les délits sont refaits
et les lits sont défit
Les langues alanguies
délient leurs secrets,
Quand la lune reflète
le jeux des amoureux
Les murs de craie blanche
ont trahis leurs aveux.

Douze coups de minuit,
au clocher de l’église
Déchirent l’air brumeux
de la nuit qui s’avance,
Des chandelles figées, 
dans leurs larmes de cire
Passent mes rêveries
sous un ciel étoilé.

Et l'aube qui surprend
les corps nus enlacés
Des amants non coupables
de s'être trop aimés,
C'est Paris qui s'éveille
novembre écartelé
Dans les rues en sommeil,
dans un matin gelé.

Copyright © Nymphéa 2003

Secrets d'un cœur

Seriez vous morte que m’importe
N’avez vous pas assez ri de moi
Lorsque vous étiez la plus forte
Alors que moi j’étais sans quoi
 
Bien des fois je vous ais maudite
Quand vous passiez devant ma porte
Votre nez sous un chapeau gris
Et votre caniche en escorte
 
Exhibant vos biens sans vergogne
Toisant le plus petit que vous
Ah non d’une pipe quelle charogne
Personne ne pleurera sur vous
 
Et puis voilà, tombe la nouvelle
Madame est morte ce matin
Le pauvre chien à côté d’elle
Pleurait sur le fauteuil en rotin
 
Je vous ai vu passer devant ma porte
Une larme à coulé sur ma joue
Sans doute vous étiez la plus forte
Mais aujourd’hui je vous l’avoue
 
Je vous aimais... Je vous aime…



Copyright © Nymphéa 2003

 

Ma plume

Lorsque ma plume écrit
Tous ces beaux mots d'amour,
C'est mon coeur qui ravi
S'en rappelle toujours.

Comme le temps des cerises
Il fut pourtant trop court
Mais je garde l'espoir
De le revoir un soir

 

Quelques mots simples sur un papier
Griffonnés un matin d'été,
Un coeur fleur bleue c'est épanché
Paroles tendres, amours d'été.

Deux ou trois lettres au vent glacé
Empreintes de noir étalé,
Un coeur amer s'est déchiré
Traces de larmes papier mouillé.

Une page blanche au ciel d'été
Sous le soleil s'est envolée,
Un coeur en paix s'est accroché
Il a trouvé la liberté.
 

 Copyright © Nymphéa 2003

 

Ma richesse

 

C’est une fleur d’une douce couleur
C’est une rose d’un parfum de douceur
Tout aussi délicate qu’un coquelicot
De mon âme elle épanche le flot
De mes regards amers
De mes nuits de Prévert
Où mes songes d’ébène
Se frottent aux épines anciennes
Souvenirs qui toujours reviennent

 
Ma richesse

 
C’est un cœur d’une douce chaleur
C’est un écrin de toute les couleurs
Aussi grand qu’un océan bleu
Sur mon âme il étend un flot
De regard de tendresse
De baisers de caresses
Où mes rêves satin
Cultivent le bonheur sans cesse
Comme un grand soleil que tu dresses

 
Ma richesse

 
C’est un endroit calme et serein
C’est une voix qui me prend par la main
Plus forte que tout mes chagrins
De mes yeux il assèche la vague
De ses mots harmonieux
De son mélodieux
Où mes noires hantises
se perdent dans la paisible tiédeur
De tes bras protecteurs

 

Copyright © 2002 Nymphéa

Extrait  d'un poème de Félix Arvers

L'amour caché

Mon âme a son secret, ma vie a son mystère
Un amour éternel, en un moment conçu
Le mal est sans remède, aussi j'ai dû le taire
Et celle qui l'a fait, n'en a jamais rien su

Je ne t'écrirai pas

J'ai trop souvent écrit
Des pages lettres mortes
J'ai trop souvent pleuré
Pour encore espérer

J'ai trop prié le ciel
Et Dieu et tous ses saints
Qu'ils m'ont fermé la porte
Sans même m'écouter

Si aujourd'hui tu portes
Seul cette lourde croix
J'en garde les stigmates
Ancrés au fond de moi

Gravées en ma mémoire
Ces images de Toi
Du temps où le bonheur
Et l'amour étaient rois

Adieu mon âme
Adieu ma vie
Je ne t'écrirais pas

Copyright ©2003 Nymphéa

A contre sens

je me langui de vous
déjà le soir m'appelle
tout comme un délire fou
une attente cruelle

n'étiez vous rien qu'un rêve
une image trop belle
quand tout en moi se ronge
de plaies immortelles

la coupe de l'espoir
que je bois trop rebelle
couvre le ciel de noir
au fond de mes prunelles

le bonheur c'est enfuit
restent larmes rituelles
résonnent avec elles
tambourins et crécelles

.  .  .  .  .

je me langui de vous
et la nuit nous appelle
au délires les plus fous
des instants sensuel

vous êtes mon plus beau rêve
une image si belle
un si joli mensonge
une rose éternelle

il y a tant d'espoir
au fond de nos prunelles
un voeux pour chaque soir
que nos vies soient belles

l'émotion et l'amour
en nos âmes ruissèlent
en rivières velours
de tendresse passionnelle

 

Copyright 2002 © Nymphéa

Cher matin

 

Le revois tu ce cher matin
Où le soleil avait pour nous
Versés son or et ses merveilles
Au pied du lit de nos amours.

Malgré la saison automnale
Où sous la pluie et sous le vent
Nous avions nos deux coeurs d'enfants
Aussi heureux, gais et riants

Les revois tu ces yeux si noirs
Qui te criaient tout leur espoir
La fontaine où tu voulais boire
Sachant qu'on ne pouvait y croire.

Venue la saison hivernale
Où dans la neige et dans le vent
Reste là! seul, mon coeur d'enfant
Si malheureux, triste et pleurant.

Copyright 2001 © Nymphéa

 

Les mots perdus

Je voudrais tant trouver les mots
Ceux qui m'empliraient de passion
Ceux qui auraient tout le pouvoir
De chasser de ma vie le noir.

Je voudrais bien un dictionnaire
Rempli de mots que pour vous plaire
Peut-être à la façon Molière
Ou de Verlaine Ou Baudelaire.

Je voudrais aussi un bouquin
Qui me parlerait de demain
Qui changerait tout mon destin
En un seul simple tour de main.

Je voudrais trouver un bréviaire
Qui exaucerait mes prières
Qui dévoilerait tous les mystères
Ceux qui se cachent toujours derrière.

Je voudrais trouver le grand livre
Qui contiendrait tous les mots ivres
Ils sèmerait  les mots du rire
Que j'ai perdus dans mes délires.

Je voudrais retrouver mes mots...!

Copyright © Nymphéa 2005

 

Un rêve inachevé

La nuit m'entraîne au coeur d'un songe,
Un rêve inachevé qui sans cesse revient
Comme un délire, sans trêve il me ronge,
Se poursuit la quête d'un même chemin.

Des milliers d'êtres surviennent à la fois,
Puis je vois un visage, il ressemble au destin,
Je l'effleure, je le frôle, je le touche parfois
Et toujours il m'échappe, s'éloigne de mes mains.

Les images défilent telle une symphonie,
Il me saoule toujours comme un air d'autrefois,
J'en respire chaque trait qui défie l'émotion
Il se greffe à ma peau et s'empare de moi.

Sa douceur pénètre en mon âme ébranlée
Et le reflet lunaire tout en accords binaires
Aux accents de tiédeur de l'onde irisée
Sur mon coeur dansent larmes lumières.

Je voudrais bien l'étreindre, le serrer contre moi,
M'emparer de ses lèvres et caresser ses yeux
Mais il devient un ombre, se détourne de moi,
De la vague somnambule je retrouve le creux.

Et la nuit qui s'achève emporte mon doux rêve?
Au bord de mon sourire, je garde un pli amer?
Une image incendiaire, allégorie brève,
Une douce chimère, illusion éphémère.

Copyright © 2002 Nymphéa

Rencontre


Je ne l'ai pas cherché
Cet amour désiré,

Sur le quai d'un gare
Je l'ai juste rencontré

Au cours d'un beau voyage,
Celui de l'amitié

Depuis mon sang fait rage
Pour encore l'aimer

. . . . . . .

Il avait un sourire douceur
Au coin de la bouche une fleur,

Dans ses yeux brillait un arc-en-ciel
Un doux mirage qui émerveille,

Comme un matin chantant de mai,
Il m'attendait là sur le quai,

Main dans la main, dans tout Paris
C'est là que mon coeur il a pris,

J'ai vu Montmartre, l'île Saint-Louis
Le Sacré Coeur, le pont Marie,

Il avait un sourire douceur
Au coin de la bouche une fleur.
 

Copyright 2000© Nymphéa

 

Quatre vents

Avec le vent de l'Est, j'attendais un ami,
Il me l'a apporté sur son aile légère
Comme un cadeau du ciel
Un présent de la vie,

Avec le vent d'Ouest, l'amitié a grandi,
Il me l'a confiée et son amour aussi
Comme un espoir immense
D'un bonheur infini,

Avec le vent du Sud, cet amour a fleuri,
Il m'a fait don de lui
En mon coeur la douceur
C'était le paradis,

Avec le vent du Nord, le tout fut balayé
Tellement sur de lui
Mon amour, mon ami
Et mes rêves aussi.

 Copyright © 2001 Nymphéa

Confusion

C'est ma tête qui éclate
Quand tout est confusion
Quand je perds la notion
Des mots en moi se battent

Il me faudrait dormir
Retrouver qui je suis
Pouvoir enfin partir
Vers le soleil qui luit

J'ai si peur de demain
Et je me meurs d'hier
Où sont le port l'estuaire
Où est le vrai chemin

Le chemin de la paix
Un jour ne plus souffrir
Et respirer enfin
Avant que de mourir

 Copyright © 2001 Nymphéa


 

Délire

Il est orage, il est passion
Lorsqu'il déchaîne les passions,
Le vent violent tourne les pages
Que j'ai écrites en déraison.

Des souvenirs de blancs nuages
Parsèment mon ciel, mon horizon,
Entre passé et avenir
Restent des points de suspension.

Et je ne sais plus où marcher
Je ne sais plus où te chercher,
Le vent moisson tourne les pages
Que j'écrirais avec raison.

ÿ
 

Jamais ne dirai plus
Encore et toujours
Taisant l'amour vivant
A l'insu de ton coeur
Il faut vieillir hélas
Méditer mes regrets
Et silence garder
Tout désirs éloigner
Ombre parmi les ombres
Une âme solitaire
Jouer à qui gagne perd
Oublier le passé
Un rien qui m'a vu naître
Rose épanouie
Sang pour ton sang.

ÿ

Copyright 2002 © Nymphéa

 

Celle que je ne suis pas
 

Dans tes bras, une autre, une autre qui n’est pas moi
Une autre qui s’endort dans tes draps et moi qui ne suis pas là
Je l’imagine tendre et docile un peu comme un jeune chat
Je la dessine avec mes ongles je la vomis avec ma voix
Cette femme au teint de pêche, cette femme qui n’est pas moi

Dans tes yeux, elle y puise tellement de soleil, de soleil
Qui éclairait tellement ma joie, et je ne suis plus là
Je l’imagine tendre et câline un peu comme une gamine
Je la respire comme du poison, et je l’expire dans ma prison
Cette femme aux lèvres pourpre, cette femme auprès de toi

Dans le grand lit carré tout couvert de lilas, de lilas
Des oreillers jusqu’aux draps, des oreillers entre ses bras
Je l’imagine tel un alto un peu tout comme un violon
Où ton archet joue sans fin, ces airs que tu jouais pour moi
Ces airs que nous aimions, ces valses et tangos d’autrefois

Ton cœur s’est fait d’albâtre, s’est refermé sur moi, sur moi
Dans l’ombre de ta voix, dans l’ombre de tes pas,  des cailloux dans ma voix
J'imagine ton regard, immergé dans ses yeux noisette, immergé dans le soir
Où tu redeviens matador, où tu faibliras sur son corps
Et moi je m’en resterai là, suivant la trace de tes pas

En rêvant d'être... celle que je ne suis pas

!!!

Copyright 2003 © nymphéa

 

L'histoire de Jeannette et de son vacher

Je vous conte la petite fable
De Jeannette et de son vacher
Quand ils s'en allaient aux étables
S'allonger sur le foin doré,
 

La belle n'était pas bien sage
Et elle aimait les doux baisers
Que l'on cueille comme des images
Sous le soleil des mois d'été,

Ils riaient de tous les barrages
Ils ne pensaient plus qu'à s'aimer
Quand ils roulaient de le fourrage
Leur coeur tout prêt à exploser,

La main curieuse sous le corsage
Caressait un sein velouté,
Dieu! Qu'il en causait des ravages
Le ciel s'était mis à tourner,

Mais le garçon était volage
Et il rêvait de liberté,
Il cueillait d'autres fleurs sauvages
Sans jamais vouloir s'arrêter,

Il sifflait à tous les grillages
Comme la cigale en été,
Et ramenait dans ses bagages
De nouveaux coeur à dévaster,

Puis la vie et ses engrenages
Lui amena sa destinée,
Arriva blond, beau comme un ange
Le fruit de ses amours d'été,

Depuis on voit dans le village
Un beau bambin tout coloré,
Né d'un amour dans une étable
De Jeannette et de son vacher

Copyright © 2001 Nymphéa

Absolu

 

J'ai gravé dans mon coeur
Cerné de fer forgé,
Un nom couvert de fleurs
Aux pétales éclatés.

J'ai scellé dans mon âme
Mes remords, mes regrets,
Un nom couvert de pleurs
Enfuis tous mes secrets.

 

ö

 

Blanche est sa peau
Comme le lin,
Comme le linceul
Qui lui tient chaud,

Chaude est la terre
Qui l'accueille,
Comme un doux brin
De primevère,

Roses sont ses lèvres
Comme un baiser,
Comme une fièvre
Apaisée,

Clos sont ses yeux,
Sous les cristaux
De ses larmes en maux
En vases  silencieux

Elle ne rêvera plus
N'aura plus d'idéaux
Il lui reste la vie
Pour assumer ses mots
 

Copyright 2001 © Nymphéa

Que reste t-il

Que reste t'il de mes amours?
Quelques lettres, un ruban bleu autour,
Que sont devenus les toujours?
Emportés par tous ces vautours.

Je ne sais où poser mes yeux,
Tout me rappelle un ciel trop bleu,
Quand je me perdais sur ton coeur,
Que ta bouche formait une fleur.

J'entends tout ces mots merveilleux,
Lorsque j'avais le coeur heureux.
Je respirais par ta douceur,
Quand tu venais comme un voleur.

Que reste t'il de mes amours,
Quand mon coeur était troubadour,
Des mots sur un papier velours,
Moi je fais le compte à rebours!

Ne reviendra jamais le temps
Où je marchais le coeur battant
Pour te retrouver mon amant
Tu es parti au fil du temps.

Et moi, j'ai baissé l'abat-jour,
Je ne peux supporter le jour,
Je m'enferme dans la grande tour,
Revivre en secret nos amours.

Je cherche ton sourire
Et l'écho de ta voix,
J'implore parfois le ciel
Il ne m'entendra pas....


Copyright 2002 © Nymphéa

 

 

Elle était

 

Assise sur un banc, petite vieille chétive,
Une canne en bois blanc entre ses mains osseuses,
Du fond de sa mémoire, se chante une berceuse.

Je la revois, ses cheveux gris défaits
Sous son châle de laine mi honteux?
Elle a les joues blêmes et le regard si creux.

Celui des tristes jours, où seuls ses souvenirs,
Lui tiennent compagnie et lui parlent encore
Des moments du passé, de ces jours si lointains.

Elle reste au soleil, à prendre sa caresse
Cette seule douceur qui lui tient chaud le coeur
Apaisant ses douleurs, revivre quelques bonheurs.

Dans la tiédeur du vent soufflant sur son visage
Où sur ses genoux raides comme des sarments de vigne
Est posé un vieux livre, qu'à lire elle s'obstine.

Des poèmes d'autrefois, où son ami intime
En gage d'un amour fou, lui en disait les rimes,
Ceux dont elle se souvient, quand il lui disait vient.

Je vois ses yeux si clairs, s'embuer sur ces lignes
Et un sourire amer, au plissé de ses lèvres
Sans doute un rêve usé, revenu du passé.

Je l'ai vue s'en aller et sans se retourner
Son pauvre dos courbé, dans une main sa canne
Dans l'autre son livre, pressé contre son coeur.

Hier je l'ai attendue
Elle n'est pas revenue
Je ne l'ai plus jamais revue.

 

 Copyright © Nymphéa 2002

A quoi bon
 

Regretter le passé et le fruit défendu,
Rester à méditer dans de sombres pensées,
Attendre son destin en se mourant d’hier
Et n’écouter le vent dans les branches des pins
Qu’en l’entendant gémir ses tristes souvenirs. 

A quoi bon

Croire en un avenir et le voir refleurir,
Prier un ciel muet dans de roses idées
En écrivant des mots futiles et inutiles
De sonnets en rondeaux ou en alexandrins,
D’albâtre est ton cœur ceinturé d’acier pur.

A quoi bon
 
Chercher dans les étoiles où mes yeux ont perdus,
La trace de mes rêves aujourd’hui disparus
Et respirer l’azur d’un ciel empoisonné
Où corbeaux et corneilles emportent d’amertume,
Mes rires et mes murmures aux nuages scellés.

A quoi bon
 
Arracher les silences des matins de laideur,
Les chaînes, les entraves aux extraits de froideur
Avec mes souvenirs faire renaître les feux
Inventer des prières à un dieu dont le coeur
N’entend des oraisons plus aucune douleur

A quoi bon
 
Attendre du soleil une prochaine éclipse,
L’empreinte de tes mains comme un apocalypse
Déchirer l’air brumeux des matins anguleux
Et voir venir le soir sous un ciel somptueux,
Au tombeau sont les fleurs et les rayons de lune.

 

A quoi bon !!!

Copyright 2002 © Nymphéa

Émotion

 

Entendre le son de ta voix
Découvrir ton visage
Partager tous les mots
Et voir nos paysages
Atteindre les plus beaux rivages,
 


Écouter battre nos deux coeurs
Lorsqu'ils sont en chamade
Tendres amants en escapade
Et qu'ils dessinent des arcades
Au ciel plus bleu que le ciel bleu
 


Prendre ta main sur les chemins
Sur les gais sentiers de l'amour
Puis échanger nos deux destins
N'en faire qu'un seul et pour toujours
A nous aimer toujours plus loin

 

 

C'est comme ça que je t'aime

Toi l'amant, toi l'ami devenu, nos chemins parallèles
se croiseront un beau jours aux portes du paradis
Deux enfants innocents partiront sur le chemin de la vie
enfin heureux de vivre

Quand tes mains musiciennes
Jouent la symphonie
De nos corps de nos coeurs
Symbiose en harmonie,

Quand ta bouche et tes yeux
Font des océans bleus
Où s'égare mon âme
Dans nos jeux amoureux,

Quand tes rires et sourires
En diamants de feu,
Font mes éclats de rire
Et que tu es heureux,

C'est comme ça que je t'aime,
Comme ça que je te veux,

Lorsque tes doigts se perdent
Capricieux, malicieux
Font naître des étoiles
Tout au fond de mes yeux,

Lorsque ton coeur se penche
Et tout en moi déclanche
En sublimes avalanches
Des moments merveilleux,

Quand nos corps en osmose
Éclatent au coeur des roses
Que je deviens ta chose
Et que tu te fais mien,

C'est comme ça que je t'aime,
Comme ça que je te veux.

Copyright 2002 ©Nymphéa

 

Le vieil arbre

 

Il était tout tordu,
Craquelé et fendu,
On le disait pourri
Qu'à rien il n'a servi
Mais je l'ai vu pleurer


On voulait le couper
Je n'ai pas toléré

Quel massacre! arrêtez,
La vie est bien trop belle
Qu'ainsi on la morcelle,

Petites feuilles bourgeons
Ont tôt fait d'apparaître
Tout comme un jour de fête
Il relevait la tête
Un printemps hors saison


Aujourd'hui vers le ciel
Il tend ses bras vermeils
Ses gerbes colorées
Ses senteurs parfumées

Il s'est épanoui
Et mon coeur est ravi.



Copyright 2002 © Nymphéa

 

 

Maître de la nature

 

Je crois en toi,
Maître de la nature,


Sous un ciel bleu
Qui m'a vu naître un jour,
Par un matin de juin
Parmi d'autres berceaux,


Tu m'as donné la vie,
Le soleil et la terre
Pour abriter mes joies,
Mes doutes et mes chagrins,


L'eau pure et claire
Qui coule des sources vives
Pour m'abreuver d'amour,
De paix et d'amitié,


Un pain frais quotidien,
Pour apaiser ma faim,
Un père et une mère
Qui de moi ont pris soin,


Tu m'as donnés aussi
Trois enfants en cadeaux,
Des années de vie et
Un bien lourd fardeau


Mais toujours, à jamais,
C'est toi que je chéri
Pour m'avoir fait connaître,
La vie et ses secrets,


Aussi pour chaque jour
Lorsque j'ouvre les yeux,
Contempler tes merveilles
Sitôt que je m'éveille,


Respirer ton soleil et
Goûter au plaisir
De me sentir vivante
Grâce à toi rayonnant,


Quand l'heure de la fin,
Viendra sonner le glas,
C'est au ceux de tes bras
Que je m'endormirai

Le vieux Banc

 

Cet hiver, sous le poids de la neige
Est mort le petit banc de bois,
Emportant avec lui tant d'histoires
Celles du petit village où on l'avait assis.
Il en a entendus bien des choses,
Des pipelettes du quartier et d'autres,
Écoutés les jeux des enfants,
Bercés les anciens somnolents.

Il m'avait raconté que la Maria
A perdu son amant, son ami Pierre
Juste avant le printemps
Et qu'au cimetière pauvre fille,
Traîne bien souvent en pleurant,
Elle va de son pas nonchalant,
Le regard vide et les cheveux au vent.

Que la vieille du coin de la rue
Fêterait bientôt ses cent ans,
Mais on craint qu'elle ne mouche sa chandelle
Cela serait vraiment très embêtant,
Ils en ont dépensés tant d'argent.

Et encore pour le fils du notaire
Qu'il s'en est allé à la guerre,
Vingt ans tout juste, quelle misère,
Faut voir les larmes de la pauvre mère.

Puis aussi l'histoire du curé
Qui n'avait pas voulu marier
Ernest et Honorine Boucher,
L'enfant n'était pas encore né.
Faut dire que dans le quartier,
Les commères en ont bien jasé,
A l'affût des derniers ragots
Faut bien que se passe le temps,
Mais raconter toutes ces misères !!

Mon pauvre banc, te voilà seul,
Vidé par le poids des années,
Ton bois lourd de secrets
Des amoureux vaincus
Des amoureux déçus,
Pour le prochain printemps, il paraît
Qu'un autre banc te remplacerait
Sera -t-il du même bois que toi ?

Copyright 2001 © Nymphéa

 

 

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