Putain de drogue

 

Tu guettais dans le noir
Tel un oiseau de proie
Un paumé un tocard
Un enfant aux abois
Tu lui tendais sans honte
Le fiel de tes faveurs
Putain de drogue
T’en a fait des malheurs

 

Pour toi c’était gagné
T’en demandais pas plus
Puisqu’il avait goûté
A ton fruit défendu
Il gisait comme un con
Dans un drôle de bonheur
Saloperie de poison
T’en a fait des malheurs

 

Même pour te posséder
Il aurait fait la peau
D’un mec déjà fauché
D’un curé d’un macro
Toi la poudre magique
Poussière de l’horreur
Tes effets bénéfiques
En ont fait des malheurs

 

Je l’ai vu se traîner
En portant sur le dos
Ta lourde croix gammée
Qui lui perçait la peau
Dans son regard perdu
On y voyait que toi
C’est un gosse de foutu
Putain de hors la loi

 

Jusqu’au dernier soupir
Tu l’as empoisonné
Devenu un martyre
Il est mort à tes pieds
Va brûler en enfer
Toi l’œuvre de satan
Avant que notre terre
Soit réduite à néant

10 / 05 / 2000

 

Homme de loi

Sans nulle honte et sans pitié
Ils sont  venus pour t'emmener.
Je savais te voyant partir
Que tu n'allais pas revenir.
Tu as posé les yeux sur moi
Comme si c'était la dernière fois.
A ce moment j'ai ressenti
Qu'on m'arrachait un bout de vie.

Que fais tu quand tombe le soir
Que tu regardes sans rien voir?
Ne t'en fait pas, moi je suis là
Même si cela ne suffit pas.
A travers ces vitres glacées
Mes doigts arrivent à te toucher.
La vie me pèse comme une erreur
J'ai mal au ventre, j'ai mal au coeur.

Mes nuits sont longues et sans sommeil
Dans ta prison tu es pareil
Criant un appel au secours
A moi qui t'ai donné le jour.
Dans ton regard d'un bleu étrange
A travers tes nombreux silences
J'ai ressenti au fond de moi
Que le coupable ce n'est pas toi.

Lorsque tu seras libéré
Des choses que tu n'as pas faites
J'embrasserais tes yeux rougis
Comme quand tu étais tout petit.
Ne t'en fait pas on t'aime encore
Encore plus vrai tout aussi fort
Il n'y a rien à pardonner
C'est pour cela qu'il faut rentrer.

15 03 2004

C'est pour moi

Attendre posée sur mes deux fesses
Dans une gare qui empeste
Celui qui se croit très malin
D'avoir encore raté son train.
Lever les yeux sur le cadran
Et puis attendre le suivant
Rentrer toute seule en pleine nuit
Avec la gueule sous la pluie.
C'est pour moi

En décrochant le téléphone
J'entends l'abonné qui rigole
Je refais le bon numéro
Ça y est ma carte est à zéro !
La pluie tombe de plus en plus
Y a pas un taxi dans la rue
Chercher partout la seule clé
Que quelque part j'ai du cacher.
C'est pour moi

Un joli pont d'un kilomètre
Où le danger ne peut paraître
M'y promener tout simplement
Le nez en l'air cheveux au vent.
S'il y a une planche cassée
Que personne n'aurait remarquée
La piétiner sans trop m'en faire
Et puis y passer à travers.
C'est pour moi

Les demi-fous et les paumés
Baratineurs ou névrosés
Les débiles de notre planète
A coup sur feront ma conquête.
Donner ce qu'il y a de meilleur
Sans ressentir la moindre peur
Et puis un jour le voir partir
Avec mes petites économies
C'est pour moi

25 05 2004

 

Aimer

Ce sentiment étrange
Qui vous gonfle le coeur
Est un curieux mélange
De joies mêlées de peur.
On est là face à face
De ce monde inconnu
Qui a prit tant de place
Sans qu'on y ait rien vu.

Ça vient de nulle part
Et vous tombe dessus
En averse d'espoir
Que l'on attendait plus
On voudrait bien comprendre
Le comment le pourquoi
De cette longue attente
Qui s'installe déjà

Aimer ça fait crier
Les mots remplis de haine
Qui savent remplacer
La douceur d'un je t'aime.
Du jour au lendemain
Ça vous remplit la vie
Vers un seul destin
Que l'on avait choisi;

Aimer c'est le soleil
Après un ciel d'orage
C'est comme un arc-en-ciel
Au milieu des nuages
C'est une main tendue
Lorsque plus rien ne va
Et c'est la certitude
De multiples combats.

Aimer ça aide à vivre
Et mourir peu à peu
Ça vous apprend à rire
Des larmes plein les yeux.
Aimer c'est presque rien
Et c'est tout à la fois
Mais c'est le seul chagrin
Dont on ne guérit pas.

le 08 06 2004

Donner l'Amour

Donner l'amour c'est simplement
Tendre la main à un enfant
Si quelques fois la vie le blesse
Il a tant besoin de tendresse
C'est chercher ce qu'il y de beau
Au fond de l'âme d'un salaud
Et puis savoir que l'être humain
Est souvent plus bête qu'un chien

Donner l'amour c'est offrir
Tout le bonheur qu'on vous a pris
Et puis crier dans le silence
Les mots que l'on voudrait entendre
C'est découvrir dans d'autres yeux
Que!qui devait nous rendre heureux
Et taire à jamais les injures
Causées par trop de déchirures

Donner l'amour c'est détourner
Ce bout de terre où tu es né
Vers ces petits coins de paradis
Qui le rendrait bien plus joli
C'est lire tout au fond d'un regard
Ce que la vie écrit en noir
Et l'effacer de ce décor
Pour voir briller des lettres d'or.

Donner l'amour c'est merveilleux
Ça vaut la richesse des Dieux
C'est le drapeau qu'on plantera
Pour mettre fin à nos combats
Donner l'amour c'est écouter
Les pleurs d'un gorge serrée
Ça devrait faire de nous des hommes
Pauvres pécheurs que nous sommes.

Donner l'amour c'est plus que tout
Ça aide à rester debout
C'est comme un chant de liberté
Que l'on adresse au monde entier
Ça peut faire tomber les barrières
Les murs d'acier, les murs de pierre
Donner l'amour ça ne coûte rien
Mais si précieux entre nos mains.

17 06 2004

Demi mesure

Ce beau matin où tu es né
Nous étions bien loin de l'été
C'était pas l'hiver absolu
C'était pas le printemps non plus
Qu'est ce qu'il t'a pris de t'en aller
Vers ce destin prématuré
A la conquête de ce monde
Où je te perds chaque seconde

Sur ton petit corps de satin
A peine plus grand que mes deux mains
I y avait tant de lumière
Qu'elle inondait la terre entière
Mon fils à moi, toi mon amour
Tout petit rien, plus grand que tout
Toi mon enfant, ma créature
Toi mon immense demi mesure.

J'étais bien loin d'imaginer
Ce que la vie te réservait
Car je croyais en que destin
Me resterait entre les mains
Je te regarde et puis je pense
Qu'aurais-je fais sans ta présence
Demi portion, tout petit homme
Géant d'amour que tu me donnes.

Tes trois kilos et un peu moins
Que je serrais contre les miens
Pesaient blottis contre mon coeur
Comme une tonne de bonheur
Demi portion, tout petit gars
Petite chose rien qu'à moi
Il a fallu que je t'embrasse
A travers un carreau de glace.

Je t'ai appris le verbe aimer
Au présent, futur et passé
Sans remarquer qu'à dix huit ans
On est plus un petit enfant
Mon inconscience t'a emmené
Vers un pays prédestiné
Où d'autres vitres carcérales
Nous ont fait couler trop de larmes

Derrière ton regard absent
Les souvenirs sont si présents
Que je voudrais en arracher
Les tristes liens du passé
Ton coeur a toutes ses raisons
Mais jamais de demi portion
On a beau dire ou bien se taire
Tu es mon fils à part entière

10 07 1993

Votre monde

Je ne suis pas de votre monde
Encore moins de votre côté
Cet univers qui est le vôtre
Ne m'aura pas dans ses filets
Que l'on m'insulte ou qu'on m'aime
Je me fou bien de vos pensées
Je suis la seule à me connaître
C'est pas à vous de me juger.

En vous décrassant sur les autres
Ca vous aide à vous purifier
On croirait voir de bons apôtres
Assis au comptoir d'un café
Ce monde à moi n'est pas très grand
Il ne renferme que peux d'amis
Plus que le votre il est vivant
Bien qu'on le trouve si petit.

Votre monde pue la richesse
La jalousie, le goût de haine
Vous adorez que l'on vous blesse
En espérant que l'on vous plaigne
Je suis sans doute différente
Avec l'amour juste sous la peau
Celui du sexe qui vous hante
N'es pas ce qu'il y a de plus beau.

Dans ce monde qui est le vôtre
Vous y crèverez lentement
Tout seule sans la chaleur des autres
Vous partirez les pieds devant.
Sans un adieu, sans un je t'aime
Personne ne vous regrettera
Et sous le poids des chrysanthèmes
Vous sècherez là comme des rats.

11 06 2004

Merci

Pour ces quelques années
Comptant pour l'infini
Où tu as su donner
L'amour de toute une vie
Blottie tout contre toi
J'aimais te murmurer
Pour la première fois
Mon bonheur d'exister
Merci

Merci pour ta patience
Lors de ma jalousie
De tes nombreux silences
Au coeur de mes furies
Pour m'avoir réconforté
Cette ultime confiance
Après bien trop d'années
Passées dans la souffrance
Merci

Merci pour ces voyages
Où nous marchions tous deux
Les pieds nus sur le sable
Du bonheur plein les yeux
Merci pour les enfants
Devant Saint-Nicolas
Où tu étais géant
Aussi vrai qu'un papa
Merci

Va donc suivre ta route
Vers ce monde meilleur
Où plus de moindre doute
Ne brisera ton coeur
Lorsque viendra le jour
Où je te reverrais
Merci pour ton amour
Ma seule vérité
Que l'on pourra recommencer
Merci

2005

La maison du bonheur

Tu nommais cet endroit
La maison du bonheur
Elle connaissait nos joies
Nos rires et nos peurs
Elle savait supporter
Les cris de nos colères
Et les portes claquées

Elle avait sur grandir
Par la force de tes mains
Pour en faire ton empire
Tu as du avoir faim
Elle connaissait nos coeurs
De chauds matins d'été
Un cerisier en fleur
Et nos tendres baisers

Elle attendait le soir
Comme une douce mère
Pour nous apercevoir
Passer à la fenêtre
Elle baissait ses volets
Comme on ferme les yeux
Afin de nous cacher
Contre bien des curieux

Elle te guidait souvent
Pour monter l'escalier
Sans penser un instant
Que tu allais tomber
La maison du bonheur
S'emplit de souvenirs
Je vois couler ses pleurs
Au milieu de mes nuits

Des rapaces affolés
Juste pour quelques sous
Déjà nous ont volé
La maison qui fût nous
Quand viendra votre tour
De vivre en ces lieux
Au nom de notre amour
Aimez-là pour nous deux

2005

 

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