Mes coups de cœur
Livres :
"Récit de la dernière année" (Jacqueline HARPMAN) - Grasset
"Geai" (Christian BOBIN) - Gallimard
On entre dans un roman de Christian Bobin comme on pénètre dans une forêt calme et accueillante : les mots nous submergent, les phrases, apparemment simples, nous entrainent dans notre propre monde intérieur. On se laisse guider.
Mais méfions-nous. Dans cette forêt tranquille, il y a des sous-bois et il suffit de soulever quelques feuilles mortes pour découvrir des choses qu’on voulait oublier, des situations complexes.
Après deux romans (La plus-que-vive et Autoportrait près du radiateur) qui traitaient de la perte de sa compagne, le premier lumineux, le second très noir, il semble que l’écrivain parvienne à dépasser cette souffrance en écrivant une espèce de conte où le thème de la mort est présent mais transcendé.
Geai est le nom d’une noyée que seul le jeune Albain voit. Il communique avec elle et elle l’accompagne dans sa vie. Albain devient ce que l’on a coutume d’appeler un « idiot du village » mais cela n’est pas péjoratif sous la plume de Bobin. Geai le réconforte, le soutient.
Ce ne sera que bien plus tard qu’elle disparaitra, lorsqu’Albain tombera amoureux...
C’est un livre étrange où tout semble « normal » même les situations extrêmes. Christian Bobin a le gout des paradoxes et manie une langue de qualité composée de phrases courtes : « Là où il n’y a qu’un fou, tout le monde est certain de ne pas l’être. Là où il y en a deux, trois, cinq douze, plus personne n’est à l’abri, plus moyen de savoir qui est qui.
"La présence pure" (Christian Bobin) Le temps qu'il fait
"L'ours" (Caroline Lamarche) Gallimard
"La question humaine" (François Emmanuel) Stock
"Inconnu à cette adresse" (Kressmann Taylor)Autrement
Musique :
Festival van Vlaanderen - HUELGAS Ensemble - Vivarte - Sony
Voler... Michèle Bernard - EPM