J'aurais pu écrire aussi :
Ne disez pas "cents", dites "centimes"
ou encore
Henry Landroit et l'éducation centimentale
proposé par Bruno Coppens
ou encore
Soyez centimental
proposé par I.R. Maturana
mais...

Concrètement, je propose une action dirigée vers les commerces, les lieux publics.
Il s'agit d'un autocollant à apposer sur les portes d'entrée des magasins ou, avec l'accord du commerçant, sur la caisse.
Vous le voyez ci-dessus (dimensions réelles : 60 mm de diamètre).
Comme je ne suis pas Crésus, si vous voulez vous fabriquer des autocollants, je peux vous transmettre, en fichier joint, sur demande, le fichier photoshop d'une page de 12 autocollants.
Conditions :
0. Être en mesure d'accepter sur sa messagerie un fichier zip de 648 k.
1. Posséder une version 5 (au moins) de Photoshop (complète) pour PC.
2. Acheter (pour 8 euros) une série de 30 feuilles de 12 autocollants ronds (diamètre 60 mm) DECADRY PC Labels OLW-4791 (on en trouve chez Club).
3. Les tirer soi-même et les diffuser dans son entourage.
4. M'être éternellement reconnaissant.
Intéressé(e) ? Il suffit de me le demander.
Vous recevrez le fichier qui vous donnera la possibilité d'imprimer des pages de 12 autocollants.

Carte blanche dans Le Soir

Voici le texte de la carte blanche que j'ai écrite dans Le Soir du samedi 19 janvier 2002, à l'occasion de mon anniversaire :


Carte blanche

La guerre du centime aura-t-elle lieu ?

Henry Landroit
Président du CQFD (« Cercle de qualité du français dynamique », département autonome de la Maison de la Francité), pédagogue

Depuis le 1er janvier, en ai-je entendu des « cents » par ci et des « cents » par là. À chaque fois, avec gentillesse, je précise :
« Vous savez que vous pouvez dire centime ? » Mon marchand de frites : « Que ce soit des cents ou des centimes, c'est toujours de l'argent, hein » Ma caissière de grande surface : « Centimes ? Non, ce sont des cents. » Ma bouchère : « Moi, je dis cents, pour ne pas les confondre avec les centimes. » Ma pharmacienne : « Je dis centime, pourquoi ? » Ouf enfin une qui est sur la bonne voie... Mon épicier (d'origine maghrébine) : « Moi, je dis aux gens : Vous parlez français ? Alors, dites
centime » Encore un...
Remarquez que je précise à chaque fois : « Vous pouvez dire... » C'est-à-dire que je tente de renvoyer mon interlocuteur à une prise de conscience de la langue qu'il utilise. « Centime », en effet, est un vrai mot français. « Cent » - du moins prononcé
« sennt » -, quant à lui, est un mot anglais. Anglais ? Alors que l'Angleterre est rétive à l'euro ? C'est un comble quand même ...
Est-ce devenu tellement ringard que de demander d'utiliser des mots français lorsqu'un concept nouveau s'introduit dans la langue ? Au fait, le « cent » est-il vraiment un concept nouveau ? Non, c'est la centième partie de l'euro. Or la centième partie d'une unité monétaire, c'est le centime, du moins en français.
Le site internet officiel de l'euro l'a bien compris, lorsqu'il prescrit : « Le terme eurocent n'est pas recommandé, mais il figurera sur les six plus petites pièces de monnaie en euro, au lieu de cent, pour éviter toute confusion avec les pièces en dollar américain. D'autre part, il est légitime d'utiliser le mot centime(s) dans la langue courante (1). »
Le Conseil supérieur de la langue (Communauté française) a adopté le 20 juin 2001 une recommandation qui indique également d'utiliser « centime ».
Le règlement du Conseil de l'Union européenne concernant l'introduction de l'euro (7 juillet 1997) prévoit explicitement la liberté pour chaque pays d'adapter le vocabulaire à ses usages.
Mais, direz-vous, est-ce si important, cent ou centime ? Cette discussion peut apparaitre comme oiseuse ou pire face aux grands problèmes qui agitent notre société. Je crois personnellement qu'elle est tout simplement révélatrice d'une attitude culturelle plus générale qui nous amène à accepter sans sourciller que notre avion soit « surbooké », notre ordinateur
« on-line », le nouveau Musée d'art contemporain à Hornu baptisé « Mac's », notre chef « top-manager » et la compagnie de Maurice le « Béjart Ballet Lausanne »...
Nous entrons dans une ère où la paresse linguistique est telle que nous ne réagissons même plus. Nous sommes devenus incapables non seulement d'inventer notre langue mais d'utiliser les mots de notre langue pour désigner des réalités nouvelles. Nos hommes politiques ne donnent en général pas le bon exemple. Parlons encore de l'introduction de l'euro. Pourquoi appeler « euro starter kit » les pièces et billets proposés aux commerçants fin de l'année dernière ?
C'était le moment de faire preuve d'imagination créatrice et de parler d' « eurocaisse » ou d'inventer un mot-valise du genre
« démareuro ». C'était trop demander...·

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(1) Adresse : euro.fgov.be


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