Les néologismes  



 

" Aujourd’hui, il est en retôt  ", lance un enfant de cinq ans en voyant arriver, pour une fois à l’heure, celui qui est toujours en retard.

" Regarde l’araignée, elle est courantée ", s’exclamait mon fils de six ans découvrant une araignée d’eau dans le courant d’une rivière.

Les néologismes fleurissent dans la langue quotidienne. Nous en créons nous-mêmes, parfois sans nous en apercevoir.

Alors pourquoi pas en créer consciemment ? La publicité utilise ce procédé depuis longtemps.

A l’occasion des fêtes de fin d’année, sont apparues les fonduettes, petits fondus au fromage.

Les usagers d’une langue créent continuellement des mots nouveaux. C’est ainsi qu’une langue s’enrichit et peut répondre aux exigences de la modernité. Dans le domaine technique par exemple, les besoins de nouveaux mots désignant des réalités nouvelles sont importants. Des mots comme géostationnaire, microprocesseur, archéodrome, logiciel étaient inconnus au bataillon il y a quelques années. Les écrivains, les poètes en créent aussi et il est arrivé à chacun d’entre nous d’inventer un mot ou l’autre parce qu’il en avait besoin.




Notes :

Les enfants sont friands de néologismes. C’est normal : ils sont en pleine créativité langagière.

Alors plutôt que de les réprimander, encourageons-les à en produire et en tout cas, chaque fois qu’ils en produisent un, analysons-le avec eux.

Comment se fait-il que retôt ait pu naitre ? Certes, il ne figure pas dans le dictionnaire, mais il est construit sur le modèle de retard. L’enfant, créateur de ce mot, a tout simplement appliqué ce qu’il croyait être une règle du français. Il ne s’est trompé qu’à demi : l’usage en effet n’a pas retenu cette règle-là mais il aurait pu.

Ce sera également l’occasion de chercher des synonymes à ces mots inventés.



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