Et voici, après « Art on cows Brussels » en 2003, la « Horse Parade Belgium 2005 ».
Constatons d'abord l'emploi de l'anglais comme quatrième langue nationale (page d'accueil du site, nom de l'évènement, etc.). On avait déjà eu droit à
« Art on cows Brussels » en 2003. Mais il s'agit d'un moindre mal...
Ainsi donc, Robelco (un gros investisseur immobilier) offre généreusement un cheval à bascule (!) par province aux écoles. Évidemment, comme chaque cheval coute 4250 euros, c'est un fameux « cadeau »...
Mais dites-moi, comment va-t-on faire ? Un concours, bien sûr.
Outre cet aspect gnangnan et à la limite du ridicule (je viens de créer avec quelques amis l'Observatoire de la bêtise humaine qui aura bientôt son site, je crois que je vais leur réserver une place), n'y a-t-il vraiment rien de mieux à faire en termes d'incitation à l'art dans notre petit (très petit) pays que de lâcher des chevaux artificiels à 4500 euros pièce dans nos villes ? On avait déjà eu droit aux vaches en plastique en 2003 où l'on nous prétendait que ces animaux placides et plus intelligents qu'on ne croit étaient les dignes représentants de notre Belgique agricole. Cette fois, ce sont les chevaux (le cheval noble chevauché par nos rois, le cheval de trait guidé par nos paysans – j'en croise tous les jours - et le cheval à bascule que l'on trouve dans tous les foyers belges à côté de l'ordinateur).
Ainsi donc, nos enfants auront bientôt « une formidable opportunité... d’exercer leur créativité et leur sens artistique en participant à un grand évènement ludique en commémoration des 175 ans de la Belgique ».
Outre que je ne vois pas comment le cheval commémore en quoi que ce soit les 175 ans de la Belgique (les vaches, passe encore, puisqu'elles ont admiré les premiers trains, contemporains de la création du pays), je suppose et j'espère que nos enfants ont cette « opportunité » (encore un anglicisme) tous les jours dans leur classe.