Au bout de la langue...
Les magas des quinquas
Suite à diverses mesures qui les concernaient, les 50-60 ans ont eu leur petite heure de gloire dans la presse. À cette occasion, on les a appelés les quinquas.
Henry Landroit
Que lisent les quinquas? Des magas, bien sûr (entendez des « magazines »). Voilà deux mots qui apparemment sont de récentes victimes de l'apocope, phénomène linguistique qui consiste à supprimer une ou plusieurs syllabes à la fin d'un mot et qui est utilisé depuis belle lurette dans la langue (métro pour métropolitain, vélo pour vélocipède, pneu pour pneumatique par exemple).
Mais le phénomène semble s'amplifier et s'attaquer à des mots qui jusque là avaient été épargnés. Que dire par exemple de médico-mut alors qu'il ne nous viendrait pas à l'idée de dire mut pour mutuelle ou mutualité.
La paresse est donc probablement au rendez-vous, médico-mutuelliste étant un mot composé et par conséquent plus long que la moyenne. Mais la facilité aussi. Et pourquoi pas le plaisir de créer un mot nouveau? Quinquas s'y prête bien. Septuas ne passerait pas, n'en déplaise aux septuagénaires, même branchés. Les sexas, quant à eux, seraient facilement l'objet de plaisanteries plus ou moins douteuses…
