Au bout de la langue...
Mitraillettes ou mitrailleuses?
La polémique autour de la livraison d'armes au Népal doit évidemment s'analyser prioritairement sur le plan éthique mais les subtilités de la langue, comme toujours, ne sont pas étrangères au regard que l'on porte sur cette grave question…
Henry Landroit
Ainsi cet homme politique, interrogé par une journaliste à la télévision, précisant qu'il s'agissait bien de mitrailleuses et non pas de mitraillettes, voulant insister par cette petite leçon de vocabulaire sur l'importance du débat. Les mitrailleuses en effet permettent de tirer jusqu'à 800 coups à la minute, peuvent s'attaquer à des blindés légers, ont besoin d'un affut solide tandis que les mitraillettes sont des armes portables, individuelles destinées plutôt à l'infanterie et utilisées pour le combat rapproché. Le terme mitraillette
Quant au terme mitrailleuse, plus ancien puisqu'il date du 15e siècle, il utilise l'habitude très répandue de donner un suffixe féminin à des machines inventées par l'homme (lessiveuse, moissonneuse-batteuse, sableuse, etc.). Un veilleur est un homme, une veilleuse est une lampe. Un mitrailleur est un homme, une mitrailleuse n'est pas une femme. Le masculin l'emporte sur le féminin. La grammaire est sexiste, à l'image de la société où elle a été élaborée.
L'histoire ne dit pas si cet élu aurait été plus indulgent pour une vente de mitraillettes. La question morale reste donc posée. De toute façon, mitrailleuses et mitraillettes ont un point commun : elles restent des engins de mort.
