Au bout de la langue...
Le Ligueur journal
Une nouvelle manie s'introduit insidieusement dans des dénominations commerciales ou publiques : le nom propre précède désormais le nom commun. Alors à quand la Sanzot boucherie et Le Ligueur journal ?
Ainsi, à l'occasion de regroupements divers dans le monde bancaire, avons-nous vu naitre récemment Fortis banque et à l'occasion d'un changement de nom, nous rebat-on les oreilles de Dexia banque. L'article a disparu. Il ne s'agit pas de « la » Fortis banque ou de « la » Dexia banque, mais bien de Fortis banque et Dexia banque.
Pire, il n'est pas question de parler de la banque Fortis ni de la banque Dexia qui seraient les seules expressions respectant un tant soit peu les usages de la langue française.
Voilà donc notre langue polluée par des structures de langues voisines (en ce cas le néerlandais et l'anglais). On peut évidemment s'interroger sur les raisons qui conduisent les responsables à utiliser de telles formules. S'agit-il tout simplement d'un calque du néerlandais (Fortis était déjà une banque néerlandaise avant les fusions) ? Ou encore de l'anglais ? Y -a-t-il une espèce de « volonté d'unification » des dénominations ?
Ou encore s'agit-il d'une volonté d'économie? D'économie de quoi ? En disant « XXXX banque » au lieu de « la banque XXXX », les employés et les clients gagnent une seconde. Celle-ci multipliée par un nombre incalculable de fois génère un gain appréciable en temps. De même, en imprimant « XXXX banque » au lieu de « la banque XXXX », l'entreprise économise à chaque fois de 10 à 15 % d'encre !
Ah! ces financiers!
