Au bout de la langue...
Le latin nous poursuit
Vous avez reçu un nouvel agenda en cadeau. Et même plusieurs agendas, malheureusement. Or agenda signifie déjà "choses à faire". Pourquoi dès lors lui ajouter un "s" au pluriel ? Il en est (presque) de même pour minimum et maximum qui, après avoir fait longtemps leur pluriel en minima et maxima, acceptent maintenant de le faire en minimums et maximums.
Henry Landroit
Il s'agit là d'un phénomène relativement récent dans l'histoire de la langue: les mots étrangers que le français accueille ont tendance à se soumettre aux règles grammaticales du français. Ainsi sandwich fait son pluriel en sandwichs et non sandwiches qui est le pluriel anglais.
Les mots latins, eux, sont depuis longtemps dans notre langue soit en citations (dans ce cas, on les écrit généralement en italique) soit ils se sont fortement intégrés en français, même si on les y a introduits de force. Ainsi a priori a connu deux destins : le premier en a fait une locution adverbiale (Moi, à priori, je suis pour), qui a troqué son "a" contre "à", le second un nom (Son discours est plein d'aprioris) que l'on écrira agglutiné sur le modèle de apriorisme, apriorique, aprioriste.
Les mots italiens ont subi un sort assez semblable. On entend de moins en moins des scenarii au profit de des scénarios et lorsque nous disons un spaghetti, nous avons peu conscience d'associer un singulier et un pluriel.
Les emprunts que le français fait à d'autres langues ont souvent tout intérêt à respecter les règles de leur langue d'accueil.
