Au bout de la langue...
Fute-fute aux harfangs...
La dictée de Pivot vient de consacrer des lauréats qui ont fait des fautes. Aucun n'a réussi le " sans-fautes " ce samedi 25 janvier 2003 à Paris. Je ne suis pas persuadé qu'organiser des championnats d'orthographe " à la Pivot " soit la meilleure formule pour servir la cause de l'orthographe.
Henry Landroit
Que faire pour que globalement, l'orthographe des utilisateurs s'améliore ?
C'est là mon objectif et dans ce sens, les championnats où l'on propose des textes truffés de difficultés telles qu'il faut se résoudre à féliciter quelqu'un qui n'a fait " que " dix fautes m'apparaissent comme surréalistes.
En Belgique, certains concours de ce genre proposent au moins des textes d'auteurs (souvent belges) mais qui n'ont pas été écrits spécialement pour l'occasion. L'on prendra par exemple un extrait de Georges Simenon ou de Jacqueline Harpman. Cela me semble beaucoup plus sain.
Si l'énergie médiatique et l'argent dépensé pour toutes ces manifestations auxquelles les vedettes et les personnalités tiennent à paraitre étaient consacrés à une action globale (à imaginer) en faveur de l'apprentissage de l'orthographe par tous, nous serions dans une logique plus cohérente.
De plus, organiser une " dictée " difficile (la plupart des gens en ont une sainte horreur étant donné les expériences antérieures) ne fait que renforcer l'idée que l'orthographe est compliquée, inaccessible, réservée à une élite culturelle. Qui peut écrire en effet harfang (chouette blanche) sans l'ombre d'une hésitation ? Qui a déjà rencontré fute-fute (absent du Grand Robert en six volumes !) ?
