Au bout de la langue...

Les " étrangérismes "

Estrangeirismos, c'est ainsi que le récent dictionnaire de l'Académie des Sciences appelle les mots étrangers introduits dans la langue portugaise.
Toute langue subit des influences des autres langues, répétons-le. La question est de savoir comment les gérer. Le portugais proposerait-il un exemple ?
Henry Landroit

Dans ce dictionnaire de près de 70.000 entrées comportant plus de 240.000 mots, on trouve plusieurs catégories d'" étrangérismes ". Les classiques, dirons-nous, comme toilette, copyright, design, leasing puis les termes étrangers qui ont pris une allure portugaise en s'adaptant à l'orthographe de la langue : abajour, bibelô, biberão, icebergue, lóbi, motar, tróica. Le mot français plafond, a été transformé en plafom car la terminaison " -ond " n'existe pas en portugais. Par conséquent, plafom a donné plafons puisque le plusiel des mots en " m " se fait en " ns " (homem-homens, imagem-imagens).
Le dictionnaire distingue une troisième catégorie qui comprendrait les " étrangérismes " inutiles (ceux qu'on peut remplacer avantageusement par un mot portugais existant) : exame geral pour check-up passatempo pour hobby, resultado pour score, adolescente pour teenager, etc.
L'anglais figure en première place dans les emprunts (70 %), le français suit avec 20 % et les 10 % restants sont occupés par les apports des pays de langue portugaise (Brésil, Angola, Cap-Vert, Mozambique, Goa, Macau, Timor, etc.).
Manifestement, le portugais est confronté aux mêmes problèmes que le français dans ce domaine. En imposant à un nombre non négligeable de mots étrangers une orthographe conforme à ses règles et sa prononciation, il nous montre certainement la voie favorisant leur intégration.


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