Au bout de la langue...

Burn-out

 

Alors, il parait que nos braves toubibs broient du noir ?

Non, ils sont en plein burn-out.

Ah bon! C’est grave, docteur ?

Henry Landroit

 

Ainsi le Journal du médecin (et la presse dans la foulée) se met-il à désigner l’état dépressif  des médecins. Il semblerait que d’après l’enquête réalisée, près d’un médecin sur deux déprime, perd confiance en lui, a une image négative de lui-même, etc.

Que nos anciens carabins se rassurent, j’ai eu les mêmes symptômes à plusieurs reprises dans ma vie (et je n’ai pas prêté le serment d’Hippocrate). J’étais tout simplement « déprimé ».

La création de ce nouvel anglicisme pose à nouveau le problème de la nécessité d’introduire en français de nouveaux termes piqués dans une langue étrangère sans utiliser le fonds lexical propre au français. On avait le choix en effet entre déprimé, abattu, découragé, au bout du rouleau, épuisé, mal-être professionnel ou émotionnel, épuisement émotionnel, etc.

J’ai même découvert un « syndrome de racornissement » (sic) proposé par le SAMU de Paris comme synonyme, mais je ne le recommanderais pas…

L’ajout d’un nouveau terme à une liste déjà longue ne se justifierait que s’il ajoutait une notion, une nuance supplémentaire. Le recours à l’anglais pourrait même être légitime, dans certains cas, mais la plupart du temps, notre propre créativité est capable de créer un mot.

Quoi qu’il en soit, le diagnostic est clair : nos docteurs ont la déprime (carabinée !). J’espère que cette chronique leur remontera quand même un peu le moral. En tout cas, c’est ce que je leur souhaite.

 

 

 



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