Au bout de la langue...

Babysitteuse ?

En 1953, apparaissait en français le terme baby-sitter suivi de près en 1960 de baby-sitting qui ont perdu depuis leur trait d'union (babysitter, babysitting). Comment et pourquoi a-t-il évolué ?
Henry Landroit

Au début, babysitter, en s'implantant en français, est resté " épicène " c'est-à-dire n'ayant ni masculin, ni féminin et donc théoriquement appelé à désigner aussi bien une fille qu'un garçon. Il faut évidemment souligner qu'à l'époque, comme c'étaient presque exclusivement les filles qui s'adonnaient à cette activité, la chose apparaissait comme " normale ".
L'évolution des mœurs aidant, l'on vit poindre des garçons dans ce rôle réservé par tradition à des demoiselles. Il s'agissait là d'un changement inverse comparable à celui qui a fait naitre l'expression " instituteur maternel ". En effet, la plupart du temps, ce sont les femmes qui ont dû se préoccuper de conquérir des postes occupés par les hommes déclenchant ainsi la féminisation des noms de certains métiers (la juge, l'avocate, la ministre, etc.).
Parallèlement à cela, la langue, dans son souci d'intégrer les anglicismes en leur donnant un costume plus français et en leur appliquant les règles de sa grammaire, a fait naitre footballeur plutôt que footballer, rockeur en lieu et place de rocker et dans le sillage de footballeuse, présents dans les dictionnaires depuis longtemps, des termes comme rockeuse, basketteuse, challengeuse, débatteuse, sprinteuse etc. Babysitteuse est donc le résultat logique de cette évolution que appellerons pour l'occasion " socio-linguistique ".

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