Au bout de la langue

 

Au bout de la langue...

Valerie a l'accent anglais

 

La pub s’étale partout : une grande maison de sous-vêtements fait la fête aux soutiens-gorges : for Valerie, oui, vous avez bien lu, Valerie, sans accent et non Valérie.

 

Valérie a donc perdu son accent en prenant l’accent anglais ? C’est la ritournelle bien connue : les grandes firmes internationales utilisent l’anglais à Bruxelles parce que ce serait une langue commune, un langue qui est comprise par les francophones, les néerlandophones et bien sûr, nos amis anglophones. Ainsi, le tour est joué. Tout le monde a bien fait un peu d’anglais durant ses études, n’est-ce pas ? For Valerie, ce n’est quand même pas si difficile à comprendre, surtout si ladite Valérie ouvre généreusement sa blouse pour nous faire découvrir ses dessous. Ça nous mène à quoi tout cela ? À ce qu’un plombier bruxellois fasse sa pub en s’intitulant lui-même WC manager comme il y a quelques années ? À ce que les informations fournies sur l’internet par la poste et les aéroports belges le soient uniquement en anglais ? À ce qu’une firme française de constructions d’automobiles utilise uniquement l’anglais dans les comptes rendus de ses réunions?

Ainsi, notre français file à l’anglaise et nous laissons faire. Avant qu’il ne faille déclencher une croisade, ce qui vraiment n’est pas notre… tasse de thé, traquons ces habitudes stupides de mettre le tout à l’anglais, dès qu’une nouveauté se pointe.

Airbag ? non, coussin de sécurité. Carjacking ? non, piratage routier. Call center ? non,  centre d’appels. Handfree ? non, mains libres. Steward, non, stadier. Press focus, non, sélection d’articles et ainsi de suite! Faire semblant de ne pas comprendre ne suffit pas, il faut aussi proposer des substituts français ! À vos neurones !

 

 


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