Au bout de la langue...
Madame la Gouverneure
À l’occasion de l’affaire du congrès du Vlaams Blok, début novembre, les Bruxellois se sont aperçus qu’ils avaient une " gouverneure ". C’est ainsi en effet que Madame Raymonde Dury, porteuse du titre, se fait appeler. Elle imite en cela l’usage de nos amis québécois qui emploient professeure et auteure.
En ajoutant ainsi un " e " à des mots en -eur, ils veulent marquer clairement le féminin.
Est-ce bien nécessaire ? Une petite centaine de mots en -eur sont déjà féminins comme
l’ardeur, la douceur, la froideur, la minceur, la saveur, la vigueur, etc. Notre oreille peut donc s’habituer à la professeur, une auteur, la gouverneur, termes (et métiers !) anciennement réservés aux hommes.
95 % des noms de métiers se laissent féminiser sans difficulté. Quelques-uns renâclent. La famille des mots en -eur pose problème : acheteur donne acheteuse ; producteur donne productrice et chercheur donne chercheuse mais procureur ou ingénieur sont rétifs.
C’est pour cette raison qu’un Guide de féminisation des noms de métier, fonction, grade ou titre intitulé " Mettre au féminin " et reprenant les règles de féminisation ainsi que la liste des 1500 noms concernés a été édité. (1) Il peut être obtenu au Service de la langue française, Bd Léoplold II, 44 à 1080 Bruxelles - 02 413 32 74. Ces règles de féminisation sont obligatoirement d’application dans les lois, les règlements, les circulaires, les directives, la correspondance, les contrats, les manuels d’enseignement de la Communauté française. Un décret a été publié le 21 juin 1993 à ce propos.
