Au bout de la langue
Crash, clash, krach ou krack ?
Certains mots envahissent nos journaux à l’occasion d'évènements précis.
Ainsi les accidents d’avions nous sont présentés depuis 1956 comme des crashs Ce mot anglais s’applique également aux accidents de voiture. Dans une autre acception, il ne signifie plus que bruit assourdissant, fracas. Nous le voyons plutôt employé dans la presse lorsqu’un avion s’écrase au sol. Écrasement suffirait, non ?
Et voilà que dans d’autres occasions, il signifie "faire faillite" et concurrence le krach ou krack.
Krach est emprunté au néerlandais qui le tient lui-même de l’allemand (krachen signifie "craquer"). Il a du succès depuis le krach de la Bourse de Vienne en 1873. Tout récemment, à l’occasion de l’effondrement des cours de la Bourse, on le vit réapparaitre.
Clash, quant à lui, est le plus récent : il signale un conflit, une incompatibilité entre deux parties.
Ainsi, on verra la presse affubler d’un clash le désaccord entre Jean Gandois, le patron des patrons français, et le gouvernement.
Dans ce cas, le français ne manque pas de substituts possibles : désaccord, heurt, rupture.
Certes, ces derniers n'ont pas l'allure d'onomatopée de clash et c'est probablement ce qui fait le succès de ces mots d'une syllabe !
