Au bout de la langue...
La BERD
L’emploi de plus en plus fréquent de sigles dans le domaine de l’information facilite-t-il la lecture et la compréhension ? Rien n’est moins sûr.
Lorsqu’il fut question d’une promotion probable pour notre ministre des finances, la " BERD " intrigua plus d’un œil de lecteur. BERD, c'est-à-dire Banque européenne de reconstruction et de développement, attisait aussi nos oreilles par sa prononciation (" beurd ").
Ce sigle est un acronyme car contrairement à R.T.B.F. ou U.C.L., on peut le lire sans épeler les lettres qui le composent (comme ZEP - Zone d’éducation prioritaire - ou APARO - Association pour l’application des recommandations orthographiques -). C’est pourquoi l’usage s’installe lentement d’écrire les acronymes sans points. Ainsi : Unesco, Sida, Insas (qui perdent alors facilement leurs lettres capitales), mais F.N.R.S., P.R.L., F.D.F.
Les acronymes permettent aussi plus aisément la création d’une famille de mots : Ovni va donner ovniologie, Onu donne naissance à onusien tandis que T.G.V. et S.D.F. vont chercher plus difficilement un adjectif dérivé. Mais il n’y a pas véritablement de règle : nous trouverons aussi bien BBL que B.B.L., CECA que C.E.C.A. tandis que R.T.B. a engendré ertébéen et C.G.T., cégétiste !
