La
Communauté remet des balises à l'enseignement du
millier d'enfants insruits à la maison ou en classes
privées. Un échec, et c'est l'école.
La mobilisation d'Apprendre en famille, association
créée pour l'occasion, n'a pas empêché le Parlement
de la Communauté française de voter le texte encadrant
l'enseignement à domicile.
Christian Dupont, ministre de l'Enseignement, parle
de 944enfants: 443dans des écoles privées (non
subventionnées et dont les diplômes ne sont pas
reconnus), 501dans leurs familles.
Depuis 2006 et un arrêt du Conseil d'État, ce contrôle
n'avait plus de base légale. La Communauté française
distingue deux situations. Les parents inscrivant leurs
enfants dans des écoles délivrant des diplômes
reconnus, ou des diplômes étrangers, doivent le
signaler à l'administration de l'enseignement.
Cas classique: l'inscription dans une école
flamande. Pour les écoles délivrant des diplômes étrangers,
la Communauté française doit dire si l'enfant
satisfait à l'obligation scolaire. En fonction du
programme, mais aussi des «valeurs de notre société».
Une école pratiquant les châtiments corporels ne
serait pas conforme: ses élèves ne satisferaient pas
à l'obligation scolaire, tombant sous le coup du décret
sur l'enseignement à domicile.
Double contrôle
Ceux qui choisissent l'enseignement à la maison ou
dans une école privée auront deux obligations: se
soumettre aux contrôles, et présenter leurs enfants
aux examens certificatifs (à chaque passage de cycle).
Quels contrôles? Liberté pédagogique oblige, les
familles ne doivent pas respecter les socles de compétences.
Mais l'Inspection scolaire s'en servira pour «apprécier
si l'enseignement prodigué peut raisonnablement être
considéré comme de nature à atteindre le même niveau
de connaissances».
«Le code de la route est le même pour tous»
Le Service général de l'inspection contrôlera
aussi «les moyens mis en oeuvre pour assurer
l'enseignement, tels que les manuels scolaires employés,
le matériel pédagogique...» Contrôle qu'il peut
effectuer «à n'importe quel moment», d'initiative ou
sur injonction. En tout état de cause, il y aura un
contrôle au moins tous les deux ans, les enfants
passant les examens de fins de cycles.
Si les moyens pédagogiques sont jugés insuffisants,
ou en cas d'échec aux examens, les parents devront
inscrire l'enfant dans une école «classique».
Écolo s'est abstenu, regrettant qu'on légifère
sans aucune connaissance de la réalité de terrain.
Marcel Neven (MR) aurait voulu un contrôle plus sévère,
surtout des écoles privées, par crainte d'idéologies
sectaires.
Pour le cdH, ce décret «ne change pas grand chose»
à ce qui était pratiqué entre 1999 et2006. Françoise
Fassiaux (PS) estime aussi qu'«il est encore possible
pour les familles, avec ce décret, de faire ce qu'elles
veulent. Mais ça ne veut pas dire n'importe quoi: le
code de la route est le même pour tout le monde.»
Le mot de la fin au ministre Christian Dupont (PS):
«Une minorité de parents apprécient de faire comme
ils le souhaitent, mais à un moment, il faut remettre
les enfants dans des circuits classiques où les
certifications existent. Il fallait concilier ce qui
peut-être ne peut pas l'être...»
+ Prolongez l'info dans Vers l'Avenir,
L'Avenir, Le Jour, Le Courrier de ce jeudi 10 avril.
Didier CATTEAU