6. Mme Mengal, institutrice de l'école autonome de la Communauté française de Burdine-Ciplet 

Le président remercie Mme Mengal d'avoir accepté l'invitation de la commission dans des délais aussi brefs, les parlementaires souhaitaient en effet, entendre les associations de parents et des représentants du terrain, dans le cadre de l'examen d'un décret relatif aux travaux à domicile dans l'enseignement fondamental. Il lui donne la parole afin qu'elle présente son point de vue sur la question, d'après son expérience. 

Institutrice en sixième année primaire, Mme Mengal souhaite expliquer, degré par degré, comment les enseignants de son école pratiquent en matière de devoirs à domicile. En première année, les enfants n'ont jamais de devoirs, toutefois, la lecture n'est pas considérée comme un devoir. Les exercices de lecture étant absolument nécessaires au cours des deux premières années du primaire parce que c'est un apprentissage assez long. Par ailleurs, l'institutrice peut parfois donner un petit jeu, un petit découpage à faire mais, en règle générale, en première et deuxième années, il n'y a pas de devoirs. 

Au degré moyen, soit en troisième et quatrième années, les instituteurs proposent aux enfants, un contrat de travail hebdomadaire. Le lundi, les travaux sont donnés aux élèves qui disposent d'une semaine pour les réaliser. Dans ce contrat, sont prévues des petites activités de français et de mathématiques et qui ne portent que sur les apprenrissages déjà faits en classe. Il s'agit d'un entraînement sur les activités scolaires. Ces travaux ne sont jamais cotés. Si l'enfant n'a pas compris la consigne, il a le temps de demander des complémenrs d'informations à son instituteur. L'équipe a instauré ce système parce qu'elle estime que l'enfant doit apprendre à gérer son temps. L'enfant peut gérer la réalisation de ces travaux en fonction de ses autres activités, il peut travailler plus longuement un jour, ne rien prévoir, en revanche, le jour où il s'adonne à un sport ou à tout autre loisir. 
Si on totalise le temps nécessaire à la réalisation de l'ensemble des activités du contrat, Mme Mengal estime, qu'en moyenne, l'enfant 
travaille dix minutes, un quart d'heure maximum par jour. 

Au degré supérieur, elle s'organise pour donner aux élèves les devoirs et les leçons une semaine à l'avance. Ces activités portent toujours sur le français et les mathématiques, parfois de petites recherches mais les documents sont toujours fournis; les enfants étant tous abonnés au «Journal des enfants ". Les enfants disposant d'une semaine, les enseignants insistent auprès d'eux afin qu'ils réalisent, seuls, leurs devoirs sans accompagnement de leurs parents et d'apprendre ainsi à gérer leur temps. 
Les enseignants estiment que c'est l'enfant seul qui doit produire le travail demandé afin de ne pas pénaliser certains enfants moins bien encadrés et éviter ainsi des inégalités. De plus, les enseignants essaient de leur inculquer que, pour le futur, il est important d'apprendre à travailler seul. Si des explications complémentaires sont nécessaires, l'enseignant leur fournit. Si le devoir est incomplet, il n'y a pas de sanction et l'enseignant essaie de retravailler avec eux. Si le travail n'est pas fait, l'enseignant lui accorde un délai mais demande quand même que le travail soit fait. 
Mme Mengal explique qu'il y a quelques petites leçons en histoire et en géographie, par exemple. 

Quant aux parents, certains sont demandeurs de devoirs et s'inquiétent parfois de la durée du travail à domicile qui leur paraît insuffisante, d'autres s'opposent aux devoirs parce que l'enfant a déjà eu son temps scolaire. Les enseignants essaient donc de trouver le juste milieu afin d'apprendre à l'enfant à travailler à domicile et à gérer ce travail. Les enfants sont également demandeurs parce qu'ils sont fiers de pouvoir réaliser seuls un travail, cela les valorise. 

M. Bailly remercie Mme Mengal pour son exposé pragmatique qui permet de cerner le climat de travail de son école sur le plan du travail à domicile. Lorsqu'elle dit que les travaux ne sont jamais cotés, faut-il entendre que ces travaux ne sont jamais évalués, jamais corrigés? Y a-t-il un regard de l'enseignant sur l'exactitude des travaux effectués? Le relevé des erreurs des élèves sert-il à mettre en place une pédagogie différenciée? 
M. Dupont demande si le contrat de travail est différencié, individualisé. Dans la négative, est-ce réalisable pour les enseignants? 
M. Wahl demande si, dans ce systéme de contrat mis en place par l'école, l'enseignant tient compte de la durée totale du travail surtout pour le troisième cycle. En cinquième et en sixième années primaires, y a-t-il de la part des enseignants une évaluation quantifiée en temps de travail, les travaux prévus? 

Mme Mengal explique que, bien entendu, les travaux sont toujours corrigés avec les enfants parfois collectivement ou en petits groupes, pour ceux qui ont éprouvé des difficultés. On essaie de différencier les exercices, par exemple avec des difficultés croissantes ou plus d'exercices pour ceux qui n'ont pas de difficulté. 
Quant à la différenciation des contrats de travail en cinquième et sixième années primaires, elle n'est pas toujours facile, c'est fonction du nombre d'éléves, si la classe compte 28/ 29 éléves, c'est parfois difficile. 
Dans la mesure du possible, les contrats sont différenciés et les travaux restent accessibles et si l'enfant éprouve des difficultés, l'enseignant peut lui apprendre à les surmonter. S'il n'a pas réalisé tout son contrat, ce n'est pas dramatique. 
Quant à la durée des travaux à domicile, elle est fonction des enfants, certains sont plus lents, plus distraits. Elle n'excéde pas trente à trente-cinq minutes en moyenne. Elle conclut que c'est la qualité et non la durée du travail à domicile qui compte.