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2. M. Wittorski, représentant de l'UFAPEC
Le Président remercie M. Wittorski d'avoir accepté de présenter à la commission la position
de l'UFAPEC sur les travaux à domicile et le projet de décret les concernant.
M. Wittorski remercie la commission d'inviter les parents à qui est confié le devoir de
représenter les parents de l'enseignement qu'il soit libre, communal ou provincial ou encore de
la Communauté française.
Il rappelle que le Conseil des parents d'élèves représente un autre lieu d'expression
des parents, qui ne s'est toutefois plus réuni depuis deux ans. Il suggére de mobiliser à
nouveau cette instance afin d'éviter l'urgence.
M. Wittorski déclare que les membres de l'UFAPEC sont intimement persuadés que, plutôt
que légiférer, il faut convaincre. Légiférer ne permettra pas, selon lui, de supprimer les excés
constatés aujourd'hui, même s'ils ne sont pas acceptables. En effet, la France a interdit les
devoirs en 1970 mais la législation n'est toujours pas appliquée.
Une législation non appliquée et qui n'est pas applicable a plus d'effets pervers que d'effets
positifs. D'autant que le Conseil de participation constitue un lieu d'échanges entre les équipes
pédagogiques, les directeurs, les pouvoirs organisateurs et les parents. Ce conseil peut
jouer un rôle actif dans le domaine des devoirs. Par ailleurs, l'organisation systématique de
l'enseignement en cycles au 1" septembre 2000 permettait une réflexion sur l'apprentissage, la
nécessité des devoirs, des leçons, des préparations, des exercices. Les écoles qui ne sont pas
organisées en cycles sont celles qui avaient exprimé le plus d'objections à ce type d'organisation puisque la possibilité de l'organisation en
cycles existe depuis une quinzaine d'années.
M. Wittorski explique que, c'est dans ce domaine qu'il fallait agir plutôt que
sur l'expression connue et comprise de tous qu'est le devoir à domicile.
Pour le reste, l'UFAPEC a formulé un certain nombre de remarques afin d'infléchir les mesures ministérielles. Toutefois, M. Wittorski doute que les associations de parents soient en mesure d'empêcher l'adoption du décret.
M. Charlier, se référant aux propos de M. Wittorski sur les effets pervers du décret, lui demande s'il estime que l'application du décret-missions et d'autres textes existants suffirait à éviter les excès constatés en matière de devoirs à domicile et à développer les liens école/famille.
M. Dupont souhaite savoir à partir de quel moment son association considère qu'il ya excès.
M. Neven demande si, en l'absence de
décret, les directeurs et inspecteurs ne sont pas suffisamment armés pour réprimer les excès.
Mme Bertieaux souhaite que M. Wittorski précise si l'excès se mesure en temps consacré aux devoirs, en volume ou autrement encore.
M. Wittorski pense qu'actuellement le devoir est l'élément de lien compris de tous, partout, de tout temps
entre l'école et la famille, même s'il n'a jamais été dit que c'était le meilleur moyen de créer ce lien. Néanmoins, la suppression de ce lien connu de tous n'améliorera pas le développement des autres moyens de communication que sont le journal de classe, la réunion de parents, le
bulletin, la réunion de classe, l'association de parents, le conseil de participation ...
Selon M. Wittorski, c'est en développant les outils tels que ceux-là, en les rendant efficaces comme moyens de communication que l'on diminuera la pression sur les devoirs
tant auprès des enseignants qu'auprès des parents. Afin d'illustrer ces propos, il compare cette situation aux problèmes de circulation créés par la grève des camionneurs. Ce n'est pas en fermant la rue Belliard et la rue de la Loi, sans se préoccuper de la circulation dans les rues annexes, que la situation de la circulation s'est amèliorèe à Bruxelles.
En effet, l'enfant peut apprendre sans passer deux heures de travail à domicile. Ce travail est-il un devoir. un exercice, une leçon, une préparation?
Qu'est-ce que l'excès? Pour M. Wittorski, il rappelle qu'il est parent et qu'à ce
titre, il n'est pas formé, pas compétent. Selon lui, les enseignants sont suffisamment formés pour apprécier les excès, c'est donc à eux que revient cette tâche. Evidemment, une heure de travail a domicile en première année primaire, trois heures en
sixième primaire, c'est excessif.
L'UFAPEC considère que c'est à l'enseignant de se rendre compte que, pour certains enfants, la charge de travail donnèe est inappropriée et que ce n'est pas aux parents de fixer une limite de temps même si ces durèes de 20 ou 30 minutes, selon le degré, étaient recommandées par circulaire depuis 1976.
Il souligne que de 1976 à 2000, aucune nouvelle information n'a été donnée aux parents sur le sujet alors que l'enseignement a évolué. Pour reprendre un exemple imagé; c'est comme si, dit M. Wittorski, on supprimait toutes les limitations de vitesse, tous les feux de signalisation pendant 24 ans. Avant un an, c'est la pagaille sur la route.
M. Wittorski estime donc qu'un travail de réflexion sur l'intérêt du travail à domicile pourrait faire diminuer la pression en faveur des devoirs. En effet, les devoirs rassurent les parents puisqu'on l'a toujours fait et qu'euxmêmes ont connu cette pratique. Les parents soutiennent un système qu'ils ont connu.
Comment faut-il armer les inspecteurs, a demandé M. Neven. M. Wittorski pose la question de savoir s'il est opportun de les «armer» puisque, de plus en plus, on demande aux enseignants davantage de souplesse face à des classes heureusement plus hétérogènes et davantage organisées sur une solidarité entre les élèves. M. Wittorski doute que l'augmentation des contraintes favorise la souplesse, pourtant souhaitée de la part des enseignants. On ne peut pas, dans le même temps, exiger plus de souplesse et augmenter les carcans. Il souligne que le décret ne prévoit pas de sanction; il s'interroge dès lors sur les moyens de contrôle, si on n'a pas convaincu de
l'inutilité du travail à domicile en première année primaire.
M. Bailly demande à M. Wittorski s'il accorde de l'importance à l'achèvement des tâches. Peut-on considérer comme éducatif de laisser, à l'enfant, la libertè d'arrêter son travail quand bon lui semble?
M. Wittorski répond: la question est de savoir si, en tant que parent, il est missionnaire auprès de son enfant ou démissionnaire. Il considère que, bien entendu, l'adulte doit apprendre à l'enfant à terminer son travail. D'ailleurs, une partie de ce qu'il faut autoriser comme travail à domicile, c'est dasser, corriger et finir afin que les parents voient le travail en dasse. Cela représente, selon M. Wittorski, une charge de travail acceptable sauf pour les enfants qui n'ont pas un naturel d'historien ou d'archiviste. Néanmoins, cela reste nécessaire. M. Wittorski dénonce le message que les adultes adressent actuellement aux enfants: « Il n'y a plus d'obligation de devoirs.» Le message doit être adapté aux réalités de l'enfant: ranger son cartable, terminer son travail, mettre son cahier en ordre restent des activités nécessaires et qui prèparent l'enfant à sa vie d'adulte. Ce sont des activités éducatives.
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