(Re)Scolarisation

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"déscolarisation"

Je souhaite traiter dans ce texte de la "scolarisation" d'un enfant qui a connu une période plus ou moins longue d'instruction en famille (qu'il ait déjà été ou non scolarisé précédemment). 

Certaines familles, qui avaient connaissance de leur droit d'instruire leur enfant à la maison, prolongent tout naturellement la vie en famille pour l'enfant, qui "habituellement" est inscrit en section "maternelle" (ou "pré-primaire" ou "pre-préparatoire"), puis éventuellement en "primaire", ...  
Pour diverses raisons, l'enfant peut être inscrit dans une école, à n'importe quel moment de l'année, avec l'accord de responsable de l'établissement. Généralement, la classe sera déterminée d'un commun accord.

Certaines familles ont été forcées de mettre leur enfant à l'école, à la suite d'un contrôle cantonal aux résultats insuffisants. Outre le ressenti très négatif des membres de la famille face à cette "sanction", on peut imaginer les dégâts dans un couple si l'un ou l'autre n'était pas entièrement convaincu de la démarche d'instruction en famille ...
Je n'ose imaginer l'impact sur l'enfant. (Déshérité, isolé, .., sans aucun doute, il trouverait les ressources pour assumer ce changement de vie. Mais - sauf cas très exceptionnel (déchéance du droit parental, par exemple) - il continuera à vivre dans sa famille. Comment va-t-il digérer le différend entre l'Etat et ses parents ?) 
Espérons qu'une loi comme celle du 21 mai 1999 - qui a été annulée par le Conseil d'Etat le 30 mai 2006 -, ne sera pas remplacée par quelque chose d'équivalent !

Dans certaines familles, ce sont peut peut-être des conditions matérielles qui poussent les parents à modifier leurs habitudes (reprise d'un travail à l'extérieur, par exemple). 

La demande peut venir de l'enfant lui-même.  
Je ne sais pas s'il faut absolument répondre à ces demandes. Celles que l'on entend le plus fréquemment font référence au besoin de fréquenter d'autres enfants. Il y a aussi l'envie de ne pas se sentir trop différent des autres enfants rencontrés lors des activités sportives, culturelles, ... Cela dépendra sûrement du nombre d'enfant qu'il y a à la maison, des possibilités pour la famille d'en rencontrer d'autres, de la proximité de voisins agréables, ... J'entends que les parents se sentent souvent fort démunis face à ces demandes.  Peut-être vivent-ils une sorte de culpabilité, des remises en question de leur choix "éducatif", ..., surtout face à la pression sociale ?

Il semblerait que vers 13-15 ans les demandes sont un peu plus importantes, et sont exprimées avec plus de force.

 

Intégrer un nouveau système nécessite d'en accepter les règles explicites mais aussi implicites. Ce sont généralement ces dernières qui posent le plus de problèmes. Si elles semblent logiques pour les personnes qui vivent depuis longtemps dans ce système, il n'en est pas de même pour les nouveaux venus. Ce sont des règles sur lesquels il n'y a pas de prises, quasi aucune possibilité de changement ou d'évolution.
Les règles explicites n'apparaissent pas nécessairement immédiatement (cf la visite médicale).

Plus le niveau des études est élevé plus les règles en place seront difficiles à satisfaire. 

Elles sont peu précises en "primaires" pour ce qui concerne la classe à intégrer. Il pourra être proposé une période d'essai dans la classe correspondante à l'âge de l'enfant, avec changement ultérieur en fonction de l'adaptation, du niveau des connaissances (de l'enfant et de la moyenne de la classe), mais aussi en fonction des besoins administratifs de l'école (encadrement et nombre d'enfants dans les différentes classes, par exemples).

L'entrée en section "primaire" peut présenter quelques difficultés.

Il peut paraître difficile que les parents puissent faire atteindre par leur enfant, par l'instruction et l'éducation dispensées à la maison, les objectifs notés dans le décret "mission" du 24 juillet 1997 (dont les chapitres I à III). Mais, franchement, je me demande quel enfant, dans quelle famille, n'atteindrait pas **naturellement** (comme il est bien arrivé à marcher !!) ces objectifs ... Les difficultés se trouvent ailleurs !!

Les difficultés majeures se situent dans la codification de la communication.
Prenons un exemple simpliste : 

Que "font" "2+2" ?
2+2= ?
Si j'additionne 2 et 2 ...
Si j'ajoute 2 à 2 ...
Si j'augmente deux unités à deux ...

Et on peut y ajouter : Détaille, énonce, complète, explique, argumente, ... ta réponse.

L'importance des codes de communication augmente plus les études avancent. 
Cet aspect apparaît de manière d'autant plus flagrante lors des examens, lorsque l'étudiant n'a pas été en contact précédemment avec les personnes qui l'interrogent. Ce n'est pas vraiment sur ses compétences et son savoir qu'il est coté.

Au-delà des "compétences" qui sont demandées à nos enfants, il leur faut acquérir un vocabulaire, s'habituer aux manières avec lesquelles sont présentés les exercices ou les questions. (Je ne parle bien sûr pas de leurs capacités à se servir d'une paire de ciseaux pour découper une pièce ronde ... surtout si les seuls ciseaux disponibles sont prévues pour droitiers, alors que l'enfant est gaucher !!)
Généralement, il leur faut peu de temps pour acquérir ces codes : compétences d'adaptation ... généralement fort développées chez les enfants instruits en famille. Toutefois, ce "peu de temps" est quand même de l'ordre de quelques jours ou quelques semaines.  Un temps d'observation (... autant d'attitudes souvent interprétées comme de la timidité ...)
Tout dépend alors de l'ouverture d'esprit des instituteurs vis-à-vis de cet enfant apparemment différent. (Pour en connaître un certain nombre, je pense que cette qualité est assez répandue.)
L'horaire pourra peut-être présenter des difficultés, selon que l'enfant avait l'habitude de se réveiller et de se lever, de poursuivre son activité ou non, ..., à son rythme propre ou non, à la maison. 
Le bruit constant de la classe pourrait devenir une source de fatigue, qui ne se révèlera que plusieurs jours plus tard.
Sa "bizarrerie" se percevra peut-être selon le niveau de la classe à son manque d'habitude (voire son incompréhension) pour la tricherie, pour copier sur le voisin en vue de grappiller quelques points supplémentaires ... 
Il recherchera le regard, l'attention de l'adulte .. plus par habitude d'être directement considéré que pour attirer la complaisance ...

 

Lorsque l'enfant a plus de 12 ans, il peut entrer en "secondaire".

Si les examens pour l'obtention du certificat de base (CEB) ne sont pas obligatoires pour les enfants instruits en famille, il peut être utile de l'avoir sous le coude pour entrer en première année du secondaire. Sinon, l'enfant pourra être inscrit comme élève **libre**.  Voir, pour plus de détails l'arrêté royal concernant l'enseignement secondaire (article 9 et 24) du 29 juin 1984. 

Il existe plusieurs subtilités liées à l'orientation qui sera donnée aux études de l'enfant.  Elles sont citées à l'article 2 du décret précédemment cité. Des passerelles sont aussi prévues entre les "types" et les "sections".

Au-delà de 14 ans, l'adolescent devra avoir participé au jury de la Communauté française de Belgique (voir AR précédemment cité AR 29-06-84.) pour accéder à l'année correspondant à son niveau (3ème secondaire).
Le statut d'élève **libre** ne change rien à la vie de l'étudiant. Cela signifie seulement que le chef d'établissement, président le "conseil d'admission", peut l'accepter comme étudiant dans son établissement. S'il réussit son année, il devient automatiquement *régulier*.

Le jury de la Communauté française de Belgique est organisé par le décret du 22 avril 2004.
(Il peut être intéressant de lire les commentaire1 et commentaire2 faits par le ministre à propos de l'enseignement à domicile. Notre expérience personnelle nous pousse à croire qu'effectivement tout est mis en oeuvre pour inciter l'étudiant à se scolariser.)