QUESTIONS FREQUEMMENT POSEES
A PROPOS DE L'INSTRUCTION DES ENFANTS A LA MAISON

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Version originale 
Traduite et adaptée de la brochure 
"A Members Introduction to Home Education 
and the Charity Education Otherwise". 
Avec l'aimable autorisation 
de l'association anglaise 
"Education Otherwise", 
Londres, Angleterre.

Plusieurs personnes ayant lu la traduction-adaptation de la dite brochure m'ont interpellé à propos de quelques données.  En cette fin d'année 2006, je tente, par quelques remarques de ci de là (en bleu), de le mettre à jour et de l'adapter d'avantage à notre situation belge francophone.

Sommaire : 

1°) Les parents doivent-ils demander la permission pour donner à leur enfant une instruction à la maison ?

2°) Les parents doivent-ils en informer l'inspecteur cantonal ? Ou Comment informer les autorités de la décision d'instruire son enfant à la maison ?

3°) Les parents doivent-ils avoir une formation d'enseignant ?

4°) Les familles ont-elles besoin d'un emploi du temps, d'une pièce ou d'installations spéciales ?

 5°) Les enfants instruits à la maison doivent-ils suivre un programme officiel ?

6°) Les parents peuvent-ils donc donner à leur enfant le genre d'éducation qui leur semble le plus appropriée ?

 7°) Comment les parents savent-ils que l'éducation qu'ils prodiguent à la maison est bonne pour leur enfant ?

8°) Un enfant éduqué à la maison peut-il aller à l'école plus tard si les circonstances changent ?

9°) Comment les parents retirent-ils leurs enfants de l'école ?

10°) Que se passe-t-il si l'inspecteur cantonal juge que l'éducation donnée à l'enfant à la maison n'est pas assez bonne ?

11°) Comment les enfants apprennent-ils à la maison ?

12°) Comment les parents peuvent-ils enseigner à leurs enfants des choses qu'ils ne savent pas eux-mêmes ?

13°) Combien coûte l'éducation à la maison ?

La Socialisation

 

 

 

1°) Les parents doivent-ils demander la permission de donner à leur enfant une instruction à la maison ?

Non, comme les parents sont responsables de l'éducation de leur enfant, ils ont le droit de prendre les décisions appropriées.

2°) Les parents doivent-ils en informer l'inspecteur cantonal ?
Ou Comment informer les autorités de la décision d'instruire son enfant à la maison ?

Les parents doivent informer l'inspecteur cantonal de leur souhait de ne pas scolariser/d'instruire à la maison leur enfant à partir et chaque année jusqu'à la fin du moment où l'enfant est soumis à l'obligation scolaire. L'obligation scolaire commence au début de l'année académique de l'année où l'enfant atteint l'âge de 6 ans. Les parents devront informer l'inspecteur cantonal de leur souhait par courrier (recommandé avec accusé de réception, c'est encore mieux !) avant le 15 octobre de chaque année (L'annulation de l'AG du 21 mai 1999 renvoie à l'AR du 20 août 1957 qui parle du 1er octobre). L'inspecteur cantonal transmettra aux parents un formulaire de Déclaration d'Enseignement à Domicile en deux exemplaires. Dans les 5 jours, les parents retourneront à l'inspecteur les deux exemplaires dûment remplis et signés. Un des exemplaires leur sera renvoyé par l'inspecteur avec sa signature et le seau du canton, comme preuve de la déclaration d'enseignement à domicile.

3°) Les parents doivent-ils avoir une formation d'enseignant ?

Non. Les parents n'ont pas besoin de formation officielle pour éduquer/instruire leur enfant à la maison. Par contre, il vaut mieux que les parents aient envie d'aider leur enfant à apprendre, ce qui peut impliquer de devoir apprendre avec lui. Un apprentissage efficient peut se faire sans leçon, ni programme, ni contrôles, ni mémorisation par cœur. Certains éléments sont indispensables : du temps, de l'engagement, des ressources. Il faut apprendre à apprendre, à penser et à être créatif.

L'instruction à la maison/en famille s'étend sur toute la période de l'"instruction obligatoire", c'est-à-dire de 6 à 16 ans. 
La mode actuelle d'une formation "maternelle" pré-préparatoire ne doit pas faire penser qu'il est indispensable de déjà "donner des cours" aux enfants de moins de six ans. La relation entre les parents et l'enfant existe depuis sa naissance - et parfois un peu avant -. Cette relation évolue en même temps que l'enfant. L'implication des parents dans un processus d'apprentissage va aussi croissante (tant pour l'enfant que pour eux-même).
Ainsi, tous les paramètres changent progressivement, avec parfois des a-coups, au fil des années. 
Même si je n'aime pas parler d'âge de l'enfant, disons que les attitudes changent beaucoup vis-à-vis d'un enfant de 3-4 ans, de 8-9 ans et de 13-14 ans !! Sans oublier que chaque enfant est différent, même au sein d'une même famille. L'un demandera beaucoup de présence - le parent est à côté ... - l'autre découvrira et apprendra seul - le parent est plus éloigné, vigilant, ... -.

4°) Les familles ont-elles besoin d'un emploi du temps, d'une pièce ou d'installations spéciales ?

Non. Les écoles ont besoin d'emplois du temps et de classes pour réussir à fonctionner avec un grand nombre d'enfants. A la maison, l'organisation peut être beaucoup plus flexible et originale. De nombreux parents à la maison tirent parti des situations réelles pour apprendre et utilisent les installations et équipements publics en plus de leur "travail" à la maison. Les enfants n'ont pas besoin d'être tenus à des horaires scolaires parce qu'on peut apprendre à tout moment et partout. Notons ici que le temps est utilisé de façon plus efficace quand on apprend en petits groupes ou même un par un et quand on suit un programme dans lequel l'enfant est un participant actif.

 5°) Les enfants instruits à la maison doivent-ils suivre un  programme officiel ?

Oui et Non. L'arrêté gouvernemental du 21 mai 1999 précise que "les parents qui optent pour un enseignement à domicile pour leurs enfants sont tenus d'assurer un niveau des études équivalent à celui imposé aux écoles organisées ou subventionnées par la Communauté française." Cela peut sous-entendre que, dans les matières obligatoires,  le résultat doit être équivalent à celui de l'école mais nous savons que les moyens d'y arriver peuvent diverger.
L'annulation de cet arrêté repose en partie sur cet aspect, qui va à l'encontre de la liberté des parents.  

D'autre part, il stipule que "le contrôle du niveau des études est conforme aux socles de compétence." Les socles de compétences dans l'enseignement fondamental et au premier degré de l'enseignement secondaire sont expliqués dans le décret du 27 juillet 1997.
Actuellement, l'annulation de l'AG du 21 mai 1999 crée un vide juridique à ce propos. 

Certains parents choisissent de suivre le programme national ; d'autres se sentent rassurés en l'utilisant comme un guide, surtout au début ; d'autres suivent les intérêts des enfants en structurant plus ou moins les apprentissages dans les domaines où ils sentent que c'est bénéfique. Généralement les familles prêtent une attention particulière aux compétences littéraires et arithmétiques puisqu'elles sont les outils de base nécessaires dans diverses approches éducatives. Cette attitude semble logique en Belgique où le français et les mathématiques sont par exemple les deux seules matières obligatoires en primaire. Mais là encore, tout dépend du style personnel d'apprentissage de l'enfant.

Que l'on se rassure néanmoins, même lorsque les contrôles cantonaux surveillaient l'acquisition des compétences selon le programme officiel, les éléments les composant étaient basique. Les inspecteurs - non réfractaires d'emblée à l'instruction en famille - estimaient essentiellement l'approche de ces compétences, sachant bien que d'un enfant à l'autre, leurs acquisitions n'étaient alors qu'une question de temps.
Le problème se pose vis-à-vis des enfants qui n'ont pas l'envie d'apprendre les éléments de base (lecture, écriture, calcul) au moment où, socialement, on estime qu'ils devraient le faire ! (Personnellement, je suis persuadé que plus les parents insistent plus l'enfant y sera réfractaire. Les moyens éducatifs classiques - politique du bâton et de la carrotte - qui peuvent être mis en place pour "forcer" quelque peu cet enfant peuvent induire des attitudes inattendues ...) 

Le décret du 22 avril 2004, portant sur l'obligation de passer par le jury de la Communauté française de Belgique à partir de 13 ans, conduit ces enfants à devoir acquérir des connaissances spécifiques !

6°) Les parents peuvent-ils donc donner à leur enfant le genre d'éducation qui leur semble le plus appropriée ?

Oui ! - dans la mesure où l'enfant acquiert les connaissances requises par la loi, où cela convient à son âge, à ses capacités, à son aptitude et à ses besoins éducatifs particuliers, que cela n'isole pas l'enfant et le prépare à la vie dans notre société civilisée moderne. Ce choix peut être d'autant plus important pour les enfants qui apprennent différemment comme les dyslexiques, puisque leurs compétences littéraires et arithmétiques ne se développent généralement pas suivant une échelle de temps standard.

Il ne faut pas oublier que l'instruction en famille peut concerner n'importe quel enfant, depuis celui qui n'a jamais été dans un milieu d'accueil ou de garde jusqu'à l'adolescent qui a suivi tout un parcours scolaire. Une déscolarisation peut être envisagée et pratiquée à la suite de difficultés pour l'enfant dans le milieu scolaire. Il semblerait que les dyslexies, dysorthographies, dyscalculies sont souvent l'appanage d'une instruction forcée !? voir l'article "et quand est-ce qu'ils vont apprendre à lire ?

 7°) Comment les parents savent-ils que l'éducation à la maison est bonne pour leur enfant ?

La décision de suivre l'éducation à la maison peut seulement être prise par la famille concernée et dépend de ses conditions particulières. Grandir sans l'école peut vous indiquer ou vous prêter un certain nombre de publications (livres, brochures, magazines). Toutefois, l'information écrite ne remplace pas le type de soutien disponible à travers les rencontres avec d'autres familles faisant l'éducation à la maison. Si l'enfant semble ne pas avoir envie d'apprendre, il peut être utile de rechercher une nouvelle approche tant à l'école qu'à la maison.

8°) Un enfant éduqué à la maison peut-il aller à l'école plus tard si les circonstances changent?

Oui. Les parents peuvent inscrire leur enfant dans une école à tout moment si une place est disponible et en accord avec la direction. De nombreux enseignants disent accueillir avec plaisir ces enfants qui montrent souvent une grande maturité sociale et un vif enthousiasme pour les apprentissages. Donc, même si les enfants n'ont pas exactement couvert le programme ou travaillé avec le matériel scolaire auparavant, cette confiance en eux et cette flexibilité font qu'ils s'intègrent généralement bien.

Voir les article et témoignage "rescolarisation" : articles

9°) Comment les parents retirent-ils leurs enfants de l'école ?

Les parents peuvent écrire à l'école informant la direction qu'ils ont retiré leur enfant pour lui donner une éducation basée à la maison. Puis ils doivent envoyer une lettre à l'inspecteur cantonal pour l'informer qu'ils ont choisi de donner à leur enfant un enseignement à domicile. La procédure suivra alors son cours comme énoncé à la question N°2. D'autres familles ayant déscolarisé leur enfant pourront témoigner de leur expérience.
Il semblerait qu'en pratique la démarche est beaucoup plus difficile ... Voir texte : la déscolarisation en cours d'année académique

 

10°) Que se passe-t-il si l'inspecteur cantonal juge que l'éducation donnée à l'enfant à la maison n'est pas assez bonne ?

L'arrêté du 21 mai 1999 stipulait que "si à l'issue du contrôle, le niveau des études n'est pas satisfaisant, un second contrôle est organisé dans les 6 mois, à une date à fixer de commun accord entre l'inspecteur et les parents... Si à l'issue de ce second contrôle le niveau des études reste insuffisant, les parents sont tenus d'inscrire leur enfant dans un établissement scolaire organisé, subventionné ou reconnu par la Communauté française dès l'année scolaire suivante... Si les parents n'obtempèrent pas, l'inspecteur les dénonce au Procureur du Roi." Le texte de loi ne nous laisse pas entrevoir autre chose que l'adéquation au niveau scolaire.

11°) Comment les enfants apprennent-ils à la maison ?

Les façons d'envisager les apprentissages sont aussi nombreuses que les raisons d'entreprendre l'éducation à la maison et aussi diverses et individuelles que les gens concernés. 

Les personnes qui participent aux réunions de Grandir sans l'école viennent de différents milieux sociaux, culturels et éducatifs ; le facteur qui les unit est leur volonté de faciliter le développement de leur enfant. Généralement, les membres d'une même famille confrontent leurs idées et décident ensemble de ce qui semble leur convenir. L'approche varie souvent au cours du développement de l'enfant et les parents deviennent de plus en plus expérimentés et confiants. D'autre part, lorsque les parents laissent leurs enfants manifester leurs propres styles d'intelligence,  ils remarquent vite que les frères et soeurs étudient souvent de façon différente. Beaucoup de gens pensent que l'éducation peut être couronnée de succès même si les approches divergent de celle de l'école. Cette opinion est renforcée par les recherches qui ont été menées sur l'efficacité des apprentissages dans de nombreux pays.

Les réunions de Grandir sans école n'ont plus lieu depuis quelques années. Nous tentons, aujourd'hui, de relancer une nouvelle dynamique en tenant compte de l'évolution de notre société. Voir NousJoindre et L'agenda.

Certains parents enseignent à leurs enfants de façon formelle : ils utilisent un emploi du temps fixe qui colle aux horaires et aux trimestres scolaires et suivent un programme basé sur les sujets traditionnels de l'école. Cette approche peut être choisie lorsqu'un enfant vient d'être retiré de l'école, la famille appréciant la sensation de stabilité offerte par une routine familière. De même, si un retour à l'école est à prévoir dans le futur, de nombreuses familles préfèrent planifier l'éducation de façon similaire. Parfois, c'est l'enfant lui-même qui opte pour une approche partiellement ou totalement structurée.

D'autres familles profitent de ne pas être obligées de suivre un emploi du temps stricte pour choisir une approche autonome utilisant les intérêts de l'enfant dans la vie réelle et sa curiosité naturelle comme points de départ et permettant à l'enfant de déterminer ce qu'il veut étudier et comment il va le faire. Certains domaines peuvent être étudiés par le biais d'un travail thématique ou d'un projet. Dans le cadre de cette flexibilité, une attention cohérente et appropriée est portée aux compétences littéraires, arithmétiques et sociales de base. Les enfants dont l'enthousiasme pour les apprentissages a été gravement affecté par des problèmes scolaires tirent souvent profit de cette approche détendue et centrée sur l'enfant.

Suivre l'éducation à la maison permet de choisir des aspects et du matériel provenant d'autres pédagogies telles que Steiner, Montessori, Freinet... et de les incorporer à sa propre approche unique. Il n'y a pas de système d'éducation "idéal" qui convienne à tous les enfants puisqu'ils sont des individus qui apprennent de façons différentes, à des vitesses variées et ont des capacités, des aptitudes et des intérêts divers. Il est vital que les parents et les enfants choisissent le type d'éducation qui est bon pour eux, le principal étant d'avoir un regard positif sur la vie et l'éducation.

Il ne faut pas oublier non plus que l'instruction d'un enfant par son ou ses parents fait intervenir grandement la personnalité et les opinions du ou des parents. Par exemple, certains parents peuvent interpréter les jeux personnels d'un enfant de 10 ans comme du chipotage, de la oisiveté, ... Les notions de "travail", d'"efforts" à fournir pour aboutir à un "résultat", de "sérieux", de la "nécessité de continuité", ... seront immanquablement remises en question et discutées au sein du couple et du cercle des amis - ainsi que, comme je l'espère - lors des réunions-rencontres de familles.

 

12°) Comment les parents peuvent-ils enseigner à leurs enfants des choses qu'ils ne savent pas eux-mêmes ?

Les parents n'ont pas besoin de "tout savoir". Une compétence plus utile de nos jours, compte tenu du volume croissant d'informations qui changent et deviennent vite dépassées, c'est d'apprendre comment apprendre, comment penser et comment trouver et utiliser des informations. Nous vivons dans une société riche en informations avec un accès facile et varié à des tas de possibilités éducatives fascinantes. Nous pouvons augmenter nos connaissances de nombreuses façons, par exemple grâce aux bibliothèques, aux médias, aux clubs et associations, aux musées inter-actifs, à Internet, aux reconstitutions de sites historiques, aux cours universitaires ouverts à tout public, etc... Au niveau  local, il y a souvent des gens qui ont très envie de partager avec un plus jeune leurs compétences professionnelles ou leur enthousiasme pour leurs hobbies ; des amis ou des voisins peuvent offrir leurs connaissances et leurs ressources ; il y a des cours du soir, des cours privés, des cours par correspondance, des manuels éducatifs, du matériel et des outils spécialisés, etc. La famille entière aura sûrement de plus en plus de ressources, prenant davantage d'initiatives, les parents apprenant avec leurs enfants, chacun profitant de la curiosité de l'autre et de sa soif de découverte. Certains parents décident même plus tard de reprendre de hautes études.

 

13°) Combien coûte l'éducation à la maison ?

Il n'y a pas d'aides financières spéciales pour les parents qui pratiquent l'éducation à la maison donc, inévitablement, vous allez devoir dépenser de l'argent. Toutefois, les parents ne doivent pas dépenser autant d'argent pour les vêtements que si leurs enfants allaient à l'école, ils ne doivent pas supporter les frais de transport (voiture, bus, métro) et autres dépenses liées à l'école. L'éducation à la maison coûtera ce que les parents sont capables et prêts à dépenser ; certaines familles ont des revenus  très modestes. De nombreuses ressources sont disponibles dans la maison y compris le matériel de mesure, de pesée, d'expériences scientifiques simples, de travail du bois et autres bricolages, d'accès aux ordinateurs, à la radio et à la télévision (pour de nombreuses excellentes émissions éducatives). Les catalogues de ressources éducatives peuvent donner beaucoup d'idées pour fabriquer des choses soi-même telles que les lotos des multiplications ou d'autres jeux de ce genre.

De nombreuses bibliothèques permettent d'accéder à un très grand nombre de livres avec une simple adhésion annuelle. Du matériel gratuit ou bon marché peut être trouvé sur des foires (agricoles ou autres), des expositions, etc ; de nombreux matériaux sont disponibles gratuitement auprès des entreprises tels que des chutes de bois.

Les visites à l'extérieur ou éducatives exigent quelques dépenses mais on peut profiter des réductions pendant la semaine, pour familles nombreuses, ou se rassembler avec d'autres familles pour avoir des tarifs de groupe. On peut même se joindre à des groupes déjà constitués (classes, touristes, etc) et profiter de la visite guidée gratuitement.

 

LA SOCIALISATION

 

Qu'est-ce que la socialisation ?

Les gens se posent souvent des questions sur la socialisation des enfants éduqués à la maison parce qu'ils croient que la socialisation se produit uniquement dans les écoles. Plus largement, ils considèrent la socialisation comme la capacité de se mélanger librement et facilement avec des personnes différentes. Le Professeur D. Lawton, Directeur des Etudes sur les programmes scolaires à l'Université de Londres, Institut de l'éducation, explique : "Dans toutes les sociétés, la socialisation de base se déroule surtout à l'intérieur de la famille. [C'est] un processus qui mène les enfants vers les règles, les croyances, et les valeurs de la société ; on leur enseigne le type de connaissances nécessaires pour leur permettre de vivre en société et d'en devenir les membres". Le processus s'élargit et se renforce au fur et à mesure que les jeunes enfants deviennent plus activement engagés dans leur communauté, communiquant avec une grande variété d'individus au travail, dans les jeux et les situations de la vie quotidienne. Ce mode de vie développe un sentiment d'appartenance et une volonté d'engagement dans la société.

 

Les enfants ont-ils besoin de la socialisation de l'école ?

La socialisation dans la classe ou dans la cour de l'école est très spéciale. Les enfants sont généralement regroupés avec de nombreux autres du même âge ou presque, les relations entre enfants d'âge différents étant plus rares. A l'école, le contact avec les adultes tend à être plus formel que social (ce type de contact est peut être la source du sentiment d'aliénation vécu par les jeunes aujourd'hui). De plus, certains aspects de la socialisation apprise à l'école sont fortement indésirables ; il est difficile d'éviter la pression d'un groupe de pairs et de nombreux élèves prennent ainsi part à des activités qui vont à l'encontre de leur meilleur jugement. Certains enfants scolarisés se sentent même seuls au milieu de cette foule.

Roland Meighan, Professeur d'Education à l'Université de Nottingham travaille depuis plusieurs années dans la recherche sur l'éducation à la maison. Commentant une étude, il remarque : "Dans les familles qui ont un enfant à l'école et un enfant à la maison, les parents rapportent toujours que c'est la vie sociale de leur enfant scolarisé qui leur donne le plus de soucis, contrairement aux prévisions de la plupart des gens".

 

Les enfants ont-ils absolument besoin de l'école pour apprendre comment travailler en groupe et pour se préparer à faire face à la vie quand ils seront adultes ?

Bien sûr l'école est un moyen d'apprendre quelques compétences importantes et utiles à l'âge adulte, telles que travailler en groupe de façon coopérative, mais un enfant qui ne va pas à l'école peut profiter de nombreuses occasions pour faire partie de groupes de travail ou de loisir dans sa communauté. Cette idée souvent invoquée que l'enfant éduqué à la maison n'a pas l'occasion de fonctionner dans des groupes est encore due à un manque d'information. D'autre part, penser qu'un enfant a besoin de connaître de dures épreuves dans son enfance pour faire face aux épreuves à l'âge adulte est un mythe ; ce sont les enfants sécurisés, heureux et confiants qui, à l'âge adulte, peuvent faire face à de nombreuses situations différentes.

Où les enfants éduqués à la maison se font-ils des amis ?

Les enfants éduqués à la maison se font des amis parmi les autres enfants éduqués à la maison, les enfants scolarisés habitant près de chez eux (ce qui peut donner accès à un réseau encore plus grand d'amis), par le biais des clubs, des ateliers, des groupes d'activités, des stages pendant les vacances, des sorties, de leurs frères et soeurs. Ce sont des amitiés de choix, basées de plus sur le respect mutuel et le plaisir de la compagnie de l'autre, de grand écarts d'âge étant possibles contrairement à l'école. Les enfants peuvent choisir de correspondre avec d'autres enfants éduqués à la maison qui habitent très loin et se faire des amis à distance, se rencontrant pendant les vacances ou aux rencontres nationales des groupes et associations de familles pratiquant l'éducation à la maison. C'est la qualité plus que la quantité d'amis qui compte et la quantité de temps que l'on passe ensemble. Si des enfants éduqués à la maison ne passent pas assez d'heures au sein de groupes, les parents devront peut-être faire un peu plus d'efforts, sachant que les amitiés sont souvent durables et fructueuses.


 

En Newzeelande : http://www.childcareonline.co.nz/cms/articles.php?Page=252