Sommaire
Cette page Web est LA COHERENCE
 Etienne PETIT
 fa037267@skynet.be


LA COHÉRENCE

 

La science n'apportera jamais la connaissance totale. Les limites du savoir sont décrites par la physique, dans l'espace et dans le temps. Elles sont en outre balisées par la forme spécifique de l'intelligence humaine: la réflexion de conscience.

Cette conscience réfléchie s'applique actuellement - entre les marges qui lui sont imparties - à comprendre le comment du devenir de l'Univers. Il semble qu'une deuxième barrière interdise aux sciences l'accès au Pourquoi.

Voilà très rapidement cerné le domaine du "Mystère".

Pour combler le "vide de savoir" qui englobe nos connaissances - de nos origines à notre finitude - nous avons recours à des modes de connaissance extra-scientifiques: les philosophies et les religions.

La cohérence voudrait que la pensée méditative tienne le même discours que la science. Mais les propositions scientifiques semblent provisoires. Et d'autre part, les postulats qui fondent les grandes disciplines ne réunissent aucune unanimité. Sans parler de leurs contradictions.

Il n'y a donc pas de "vérité" scientifique à opposer aux philosophies ou aux religions.

La biologie, la physique et l'astronomie - les trois disciplines les plus récentes de notre arsenal scientifique - semblent toutefois dégager certaines constantes qui s'inscrivent harmonieusement dans une vision vectorielle de l'Univers.

Tel sera l'objet de ma préoccupation.

 



INTRODUCTION

 
 
 
Je pense pouvoir inscrire le présent essai dans une ligne bien contemporaine de réflexion, dans un mouvement de pensée qui traverse notre vingt et unième siècle. A ce niveau élémentaire déjà, ces quelques notes tracent une première ligne vectorielle.
 
-   Les interrogations classiques de l'Occident se cantonnent depuis des siècles, dans les catégories figées de l'essence et de l'existence. Avec une priorité évidente d'intérêt pour la quête de l'essence.
 
-   Vers les années 1940, et de façon plus évidente encore après la seconde guerre mondiale, J.P. SARTRE et S. de BEAUVOIR (précédés de S. KIERKEGAARD, M. HEIDEGGER, et K. JASPERS) s'attachaient à nous démontrer que l'existence (c'est à dire la manière dont les choses se manifestent) était certainement aussi importante que l'absolu de leur essence (ou ce qu'elles sont par elles-mêmes). Et c'est toute l'école existentialiste où marginalement s'ébauchent les tentatives chrétiennes d'un G. MARCEL et de A. de WAELENS.
 
-   Une autre démarche contemporaine, et même quelque peu antérieure à l'existentialisme, nous est surtout rapportée par E. HUSSERL et sa phénoménologie. Par une observation attentive de ses seuls "phénomènes" (manifestations), il doit nous être possible d'accéder à "l'absolu essentiel" de l'objet que nous étudions.
 
L'étude attentive du récipient me renseignera rapidement qu'il s'agit d'une cafetière; et puis du café; et puis même du goût de ce café. Alors qu'au point de départ de mon observation, je ne disposais que du seul "phénomène" d'un simple pot. Comment ne pas évoquer ici le Petit Prince qui, dans le jardin des mille roses, découvre que "sa" rose est vraiment unique pour lui?
 
Philosophies de l'essence et de l'existence d'une part.
Phénoménologie et existentialisme ensuite.
 
C'est peut-être dans la direction de ces démarches que s'inscrit la philosophie vectorielle que je m'efforce d'ébaucher ici.
 
On définit un vecteur comme étant une ligne de force imaginaire, qui synthétise en sa direction et son intensité, les dynamiques divergentes qui la composent. C'est l'exemple classique d'une charge déplacée par deux chameaux: l'un tirant vers le Nord, et l'autre vers l'Est. Le vecteur conjuguera ces deux dynamiques par une ligne imaginaire orientée vers le Nord-Est, qui ne sera concrétisée par aucun chameau, mais qui traduira le déplacement efficace de la charge.
 
La formule géométrique nous calculera l'orientation du déplacement et la valeur des tractions conjuguées des deux chameaux - le vecteur - par la diagonale du parallélogramme formé par les deux forces primaires.
  
Par rapport aux forces physiques dont il traduit la synthèse, le vecteur est éminemment abstrait. Il n'est généralement traduit par aucune réalité. Aucune goutte d'eau n'a suivi le trajet du fleuve dessiné sur nos cartes de géographie.
 
Les objets concrétisent leur vecteur, dans la diversité de leurs identités propres. Ils sont réels, mais désordonnés.
 
La synthèse vectorielle gomme la réalité des objets, mais dégage la cohérence de mouvements apparemment anarchiques dans leur diversité. Une analyse vectorielle de l'Histoire oublierait le nom des personnages, des événements réels et des sites. C'est un choix.
 
Suivant le principe d'incertitude énoncé par HEISENBERG, la physique quantique nous prédit qu'il est impossible de mesurer simultanément la position d'une particule et sa vitesse (flou quantique); sa durée de vie et son énergie (flou d'énergie). On mesure ou bien l'un ou bien l'autre, en fonction du résultat que l'on attend de la recherche.
 
C'est dans un raisonnement analogue qu'il me paraît difficile d'évaluer un mouvement d'évolution:
-   et dans la réalité des objets individuels qui le concrétisent,
-   et dans la direction générale de son vecteur.
 
- Les individus concrets décrivent une réalité objective mais         désordonnée;
-  le vecteur décrit une réalité subjective, mais efficace.
 
D'une manière moins strictement géométrique, je peux évoquer le vecteur des quatre mille voitures qui forment un bouchon de 8Km sur l'autoroute A6, à la sortie de Paris. - Paris, autoroute de Lyon, direction Sud. - Aucune de ces voitures, prise individuellement, ne forme un bouchon. Et sur les 4.000 voitures incriminées, quelques unes seulement iront peut-être réellement à Lyon; les unes s'arrêtant ou bifurquant en cours de route, les autres poursuivant leur course plus au Sud.
 
Je me souviens de photographies de la France, prises par satellites dans l'infrarouge et à intervalles réguliers, au cours de grandes affluences touristiques.
 
Le film du déplacement des concentrations automobiles nous dessinait de véritables "vecteurs" de migration vers le Sud. A noter que ce déplacement général vers le Midi comptait une part non-négligeable de la circulation avec des véhicules à contre-sens, qui remontaient vers le Nord.
 
Je peux encore évoquer le "vecteur" d'une multitude de recherches et d'études individuelles qui, sans s'être jamais formellement concertées, pourraient aboutir un jour à la mise en chantier d'une navette spatiale à géométrie variable.
L'exemple ici cité, - dans la mesure où il serait commandité et dirigé par un constructeur - montre un vecteur tracé dans le déterminisme d'une entreprise en aéronautique.
 
Mais je puis également analyser un vecteur de réflexions ou d'intentions qui, inscrites historiquement dans le courant d'une époque, traceront de grands brassages d'idées. Révolution Française, Libéralisme, Communisme, etc... L'élaboration de la Physique quantique relève de ce processus. Il n'y a cette fois plus aucun déterminisme pour diriger ou endiguer les élans individuels qui se conjugueront dans le mouvement général.
 
Dans le cadre de la réflexion philosophique qui nous occupe, il s'agira pour nous de percevoir les éléments de l'Univers (dont nous-mêmes) non plus dans la statique de ce qu'ils sont, (ou de la manière dont ils se manifestent) mais bien plutôt dans la dynamique de leur devenir; dans le vecteur de leurs différents mouvements.
 
C'est dans ce contexte que je voudrais prendre l'exemple de la balle de fusil. Depuis le Big-bang du moment zéro de notre Univers, c'est le mouvement qui polarise toutes les entités énergétiques et matérielles. La balle est donc déjà tirée et actuellement en cours de trajectoire.
 
Il est fort tard pour nous intéresser encore à sa couleur, à son poids, à sa forme ou même à sa force d'impact. Il est devenu urgent et primordial de centrer toute notre attention, non plus sur la balle ou le fusil, mais bien plutôt sur la cible. C'est la cible qui est devenue inéluctable, et vers laquelle l'ensemble du Cosmos - et nous-mêmes - nous nous dirigeons désormais.
 
Or l'Univers ne s'est pas expansé dans un mouvement unique et uniforme; mais au contraire dans la multitude de toutes les directions potentielles. C'est pourquoi il me paraît important de chercher à tracer ce "vecteur" qui synthétisera en une direction générale, l'ensemble des mouvements dont il symbolise la représentation.
 
Direction de notre Univers certes (puisqu'il est en mouvement), mais de notre humanité tout particulièrement (puisqu'elle est également expansée). Et c'est dans cette voie très exactement qu'il me paraît tout aussi important de tracer "mon propre vecteur", au sein des mouvements contradictoires qui me conditionnent.
 
 
 
 
LECTURE DES SCIENCES
 
 
Les cosmogonies
 
 
 
 
Au commencement était le Chaos.                           [[1]]
Le Noun représentait l'Océan Primordial.
Atoum, le soleil, sortit du Noun
    par sa propre volonté.
Il se posa sur une colline, la Colline Primitive.
Il se leva sur la pierre de Benben.
Atoum tira de sa propre substance,
    le couple divin Shou et Tefnout.
D'où naquirent les autres familles de dieux.
 
 
 
Au commencement était le couple Apsu et Tiamat.     [[2]]
     Apsu, l'abîme des eaux douces;
     et Tiamat, la Mer.
D'eux, naquirent des générations de divinités
   qui régnaient dans le silence, l'immobilité et les ténèbres
 
Jusqu'à Anu et Ea
     dont les ébats dérangèrent les dieux.
   Ils s'animaient dans le bruit, le mouvement et la lumière.
 
Ea procréa Marduk, mais tua Apsu.
Tiamat en colère, lui opposa Kingu, son nouvel époux.
Mais Marduk défit Kingu et triompha de Tiamat.
 
En vainqueur, Marduk organisa alors le Cosmos.
D'une moitié de sa victime,
     il forma la voûte céleste.
     Il y fixa la marche des étoiles.
De l'autre moitié de sa victime, il forma la terre.
 
Puis Marduk eut l'idée de créer l'homme,
     au service des dieux, pour leur soulagement.
C'est Ea qui façonna le premier être humain
     avec le sang de Kingu, le vaincu.
 
 
 
Elohim créait les ciels et la terre.                           [[3]] [ ·]
La terre était tohu-et-bohu.
Une ténèbre sur les faces de l'abîme.
Mais le souffle d'Elohim
     planait sur les faces des eaux.
Elohim dit: "Une lumière sera."
...
 
 
 
 
 
Au commencement, il y eut une explosion.             [[4]] [2]
 
La matière agitée au cours de cette explosion consistait en différents types de "particules élémentaires" (électrons, positrons, neutrinos, photons) qui étaient sans cesse créées à partir d'énergie pure, puis annihilées de nouveau après une courte durée de vie.
 
A mesure que l'explosion se poursuivait, la température tomba à trente milliards (3 x 1010) de degrés centigrades après environ un dixième de seconde, dix milliards de degrés après une seconde et trois milliards de degrés après quatorze secondes. La température continua à descendre, pour atteindre finalement, au terme des trois premières minutes, un milliard de degrés.
 
A la fin des trois premières minutes, le contenu de l'univers consistait essentiellement en lumière, neutrinos et antineutrinos.
 
Longtemps plus tard, après quelques milliers d'années, il ferait assez froid pour que les électrons soient capturés par les noyaux et constituent ainsi avec eux des atomes d'hydrogène et d'hélium.
 
Mais les ingrédients nécessaires à la naissance des étoiles étaient tous déjà prêts à la fin des trois premières minutes.
 
Ainsi, selon les diverses cosmologies auxquelles on se réfère:
-   les hommes furent inventés pour soulager les dieux de leur             servitude;
-   c'est aux hommes qu'est confiée la gérance du monde, à leur         meilleure convenance.
 
La nature peut ainsi apparaître sous des jours radicalement opposés; et la vie de l'homme s'en trouver modifiée en profondeur:
- dans sa quotidienneté:
     selon que l'homme doive se conduire en serviteur
        ou en gérant.

- dans sa finalité:
     selon qu'il doive servir les dieux dans son présent,
        ou les honorer dans leur éternité.

- dans son origine également,
     bien que cette quête de l'origine
        s'inscrive peu dans la préoccupation occidentale.

 
Deux millénaires de tradition judéo-islamo-chrétienne nous ont conditionnés à envisager ce "chef-d'œuvre cosmique" que représente l'humanité, dans un acte de création, bien que les observations et les modèles scientifiques plus récents nous invitent à mettre un bémol à cette conception.
 
Mais nous n'avons aucune expérience pour gérer les hommes comme nous les décrivent les théories de l'Evolution; et aucune tradition pour proposer une genèse quantique.
 
Dans les présentes réflexions, je tenterai de dégager une voie de cohérence entre ce que semblent nous indiquer les sciences, et ce que devrait nous suggérer l'inéluctable Mystère qui balise notre vie.
 
Nous avons tous émergé dans l'existence, à travers un monde déjà en fonctionnement au moment où nous en avons pris conscience. A l'instar des animaux et des plantes - des minéraux peut-être? - nous n'avons pas manqué d'ensuite organiser cet environnement dans ce qui est devenu notre univers mental.
 
Ce phénomène est général au niveau de la Vie. L'animal explore et reconnaît son territoire. Il l'organise et le transforme. Il y crée son habitat, y invente des refuges. La conscience animale est très généralement reconnue.
 
Ce concept est plus difficilement accepté dans le domaine de la vie végétale, bien que la plante explore et reconnaisse également son biotope. Il y a interférence entre la plante et son lieu; il y a connaissance.
 
A un niveau plus élémentaire, il y a une interférence de même type entre molécules et atomes, entre étoiles et planètes, entre galaxies et astres. Il y a un savoir. C'est l'exemple de la lune qui "sait" la terre, ou de l'électron qui "sait" son proton.
 
Dans cette classification que j'ai voulue simplifiée - du minéral, puis du végétal, puis de l'animal - se développe un mouvement progressif étiqueté d'abord de savoir, puis de connaissance, puis de conscience.
 
Avec toutefois une particularité qui, jusqu'à présent, signe la conscience lorsqu'elle devient spécifiquement humaine. Il s'agit d'un phénomène de miroir qui retourne la connaissance vers celui qui connaît. L'homme sait qu'il sait et devient lui-même objet des investigations de son savoir. La conscience de l'homme est réfléchie.

Il y a lieu ici de préciser une première définition de l'homme.
 
-   La paléontologie définit l'homme comme un être debout, qui       fabrique des outils et domestique le feu.
 
-   L'histoire s'intéresse au même homme sans doute, mais             après qu'il ait franchi un seuil mental de conscience                     définitivement basculé dans la réflexion.
     
Ainsi, dès son entrée dans l'histoire, l'homme se met-il évidemment à la tâche de se construire un univers mental,
-   avec sa représentation du monde                               
            - par nécessité de conscience,
-   et avec l'homme au centre                                             
           
- par nécessité de réflexion.

L'homme s'invente des cosmologies.
 
Les cosmologies sont primordiales. Elles sont les premiers témoignages de la conscience humaine au delà de son seuil de réflexion. Les représentations - en images ou en modèles - (de son environnement, puis du monde, puis enfin de l'Univers) sont les étapes indispensables qui permettent à l'homme d'occuper sa place.

 
Le principe anthropique
 
Dans la quête du savoir - et de lui-même - qui caractérise l'homme, il faut distinguer différents types de vérités.
 
-   Les savoirs réputés exacts que la Science propose comme vrais, d'éléments qui ont été observés et décrits dans le concret du réel.
-   L'explication d'éléments que les mythologies proposent comme vrais, mais qui échappent à une description scientifique.
 
Je rédige ces quelques réflexions en tout début du vingtième et unième siècle, et n'ai nulle prétention à prophétiser la conscience de nos arrière... arrière-petits-enfants à la fin du prochain millénaire.
 
Mais on peut prévoir qu'il y aura toujours des "limites" - dans le plus grand et dans le plus petit; dans l'avant et dans l'après - au delà desquelles aucune connaissance exacte ne pourra jamais percevoir de réel concret.
 
Notre savoir est hermétiquement balisé,             [ [5]]
en amont et en aval, par l'infranchissable mur de l'inconnaissable.     
 
A court terme (dans le siècle à venir) et à moyen terme, les savoirs scientifiques se cantonneront au "comment" du devenir des choses. Voilà une deuxième balise - de par l'orientation même de la recherche scientifique - qui nous empêche de franchir objectivement le domaine du "Pourquoi".
 
Nos vérités scientifiques - et nous verrons combien une vérité est provisoire - baignent ainsi dans un halo de non-connaissance.
 
Comme le disait Paul DIEL :                                        [3]
     Le mystère est indiscutable.
     Le mystère est l'évidence spirituelle.
 
Ainsi y a-t-il l'homme, avec sa conscience réfléchie, et la représentation du monde que lui propose cette conscience.
 
Au delà, c'est le Mystère qui justifie le Pourquoi.
 
Et puis la Science qui tente de décrire le concret de l'Univers. Il est bien évident que Science et Mystère émanent d'un même réel. Il nous faut donc dénoncer toute contradiction qui viendrait à opposer la Science et son Mystère.
 
C'est là l'objet des présentes réflexions.
 
Nous avons émergé à la vie avec déjà une part très importante de notre personnalité. Au moment de notre naissance, les dés étaient joués à 90%. Milieu social, éducation, instruction, vies sociale ou professionnelle pourront certes encore colorer le devenir du bébé qui vient de naître. Mais ces influences resteront malgré tout assez superficielles.
 
Au delà des perceptions très individuelles, se dégageront toutefois divers types de démarches, souvent opposées dans leur sens et dans leur finalité.
 
-   Une première démarche prend son point de départ dans la réponse généralement proposée - Dieu - pour résoudre les inconnues de notre personnalité et de notre mort. Dieu ayant créé le monde... l'homme à son image... et dans ses alliances avec son peuple...
 
-   Un second type de démarche trouve son origine dans les questions qui restent sans réponse et forment le Mystère. Quelle cohérence peut décrire ma naissance, ma personnalité et ma mort au sein de mon environnement? La réponse que j'apporte est-elle compatible avec l'Univers que me décrivent les sciences?
 
Mais avant d'analyser plus avant ces deux démarches opposées dans leurs points de départ - l'une posant l'évidence (ou le dogme) d'un Dieu; et l'autre constatant le Mystère - je voudrais mettre en garde contre cette illusion qui nous situe toujours au centre (et au sommet) de notre horizon de conscience. C'est la perspective qui place inéluctablement l'observateur au centre de son paysage. C'est l'histoire de celui qui, égaré en plein Sahara, voit un immense désert disposé autour de lui, et dont il est évidemment le centre. C'est le marin en pleine mer.
 
Ma démarche veut prendre un maximum de distance vis à vis de ce que je considère comme l'écueil de l'anthropocentrisme. Je reprends à mon compte l'allégorie du rocher de J.P. SARTRE.
 
Toutes les qualités que nous attribuons au réel, ne signent-elles pas plus simplement nos comparaisons subjectives, sur base d'une échelle des valeurs qui ne trouvent leur sens et leur signification qu'à travers l'homme qu'elles qualifient.
 
     Tel rocher ... en lui-même - s'il est même possible d'envisager ce qu'il peut être en lui-même - est neutre; c'est à dire qu'il attend d'être éclairé par une fin pour se manifester comme adversaire ou comme auxiliaire.
 
Dans une recherche que je veux objective, je cherche la fonction de tel rocher dans l'ensemble du paysage qu'il compose, sans aucune préoccupation d'escalade ou de beauté qu'il pourra - plus tard et dans un deuxième temps - présenter pour moi.
 
Il m'a semblé évident qu'il était parfaitement envisageable que notre Monde existât en dehors de notre présence humaine. L'important alors sera de percevoir et de décrire cet Univers duquel l'humanité serait absente; pour ensuite mieux attribuer à l'homme et sa place dans la nature, et sa mission évolutive dans le Cosmos.
 
Même TEILHARD de CHARDIN trébuche sur l'anthropocentrisme. Et nous lisons, dans son étude sur Le groupe zoologique humain, son étonnement devant la position (qu'il qualifie de centrale)                                                    [4]
de l'Homme, sur l'échelle supposée des grandeurs; du plus petit (particule atomique) au plus grand (diamètre supposé du Cosmos).
 
De là à conclure, lui aussi, à la position                     [[6] ]
privilégiée du genre humain dans la création.         
 
L'étonnement de TEILHARD de CHARDIN est surprenant car comment en aurait-il été autrement, en vertu-même de l'effet d'optique qui nous situe inéluctablement au point de convergence de notre ère de perception mentale?
 
Et à supposer que nous puissions accepter l'a priori de notre position centrale, je pense pouvoir affirmer que, si les dimensions atomiques se trouvaient un jour mesurables en unités considérablement plus petites, nous découvririons sans doute simultanément que le diamètre supposé de l'Univers des galaxies devrait également se mesurer en unités considérablement plus grandes. Et nous nous retrouverions de la sorte à nouveau, en position centrale - et partant privilégiée - sur l'échelle des valeurs mesurables.
 
Mais depuis les années 1960, et en dehors de tout contexte explicitement philosophique, ce point de vue a été érigé par certains, en postulat scientifique.
 
C'est le principe anthropique.
 
La thermodynamique prédit une dégradation de l'énergie dans tout système. Le "Système-Univers" se caractérise ainsi par un désordre croissant. On parle de l'entropie de l'Univers.
 
C'est pour répondre à cette vision très "désespérante" d'une finalité de l'Univers dans un désordre total, que le principe anthropique (écrit cette fois sur base de la racine grecque άνθρωπος =  anthrôpos : homme) a été proposé par R.H. DICKE dès les années soixante, avec en référence les travaux du mathématicien et Prix Nobel      P. DIRAC.
 
Cette thèse, défendue dans une formulation très scientifique, postule un surdéterminisme dont l'homme serait le centre.
 
Depuis l'origine de son expansion dans l'espace-temps, l'Univers trie et retient les conditions statistiquement les moins probables, mais qui permettront "in fine" l'apparition de l'homme et de sa conscience. Toute évolution dans l'Univers tendrait ainsi vers l'apparition ultime de l'homme.
 
La thèse anthropique repose sur la logique                     [[7]]
qui postule que, si l'Univers est observable, c'est parce qu'il porte en lui le germe de la genèse physique d'un observateur.  

Il faut donc conclure à une corrélation entre les caractéristiques globales du Système-Univers et l'apparition d'un observateur susceptible de le comprendre comme système.
 
Le principe anthropique (antithèse du désordre croissant) fut repris vingt cinq ans plus tard par J.D. BARROW et    F. TIPLER dans une théorie que nous qualifierons de "forte":
 
-   Quel qu'ait été l'Univers, la vie devait exister pour pouvoir donner un sens à ce même Univers. (J.D. BARROW)                                                                                    [[8]]
 
-   L'intelligence  ou la vie est  indispensable à  l'existence même du Cosmos. (F. TIPLER)
 
 
-   Sans conscience, pas de communauté "communicante" pour établir un sens. L'Univers donne naissance à la conscience et la conscience donne un sens à l'Univers. En donnant un sens à l'Univers, l'observateur se donne un sens à lui-même, comme partie de l'Univers. (WHEELER & PATTON)                                                                                  [[9]]
 
-   Plus j'examine l'Univers et étudie l             [[10]]
les détails de son architecture, plus je trouve évident que l'Univers devait savoir d'une certaine manière que nous - les humains - étions en train de venir.  (F. DYSON)         
 
Il y a des astrophysiciens plus médiatisés que d'autres.
Ainsi H. REEVES [19] et Tr. X. THUAN  [20] qui, conscients des retombées  philosophiques (et morales) de leur science, l'ont traduite dans un langage accessible  
à un large public.                                                                                                               [[11]] [[12]]
 
L'orientation philosophique de leurs écrits démontre une préoccupation religieuse sous-jacente. Et, en Occident, la vision religieuse s'inscrit toujours dans la ligne d'une création. Le principe anthropique est ainsi devenu la justification - à coloration scientifique - d'un créateur à l'origine de l'Univers.
 
Le surdéterminisme anthropique occupe une place fort importante dans la littérature grand-public. Plus importante sans doute que dans les publications scientifiques. J'ai cru néanmoins utile de mentionner cette pensée philosophico-scientifique, vu l'impact qu'elle rencontre dans certains séminaires de réflexion.
 
Pour ma part, je me contenterai de répéter que toutes nos sciences dites "positives" ont trouvé leur origine dans un savoir commun - qualifié de très spéculatif - : la philosophie. Sur base des principes logiques de cette pensée générale, chaque science-en-devenir a progressivement dégagé son champ propre d'investigation: la mathématique, la musique, la physique, la chimie, etc...
 
Mais nous devons remarquer que chacune de ces disciplines aura définitivement décroché son titre d'authentique science - en opposition à la philosophie - à la seule (et indispensable) condition d'en écarter les dimensions trop exclusivement humaines.
 
L'observation de l'Univers a stagné durant des millénaires, jusqu'à ce que l'hypothèse soit enfin admise de considérer le monde des étoiles comme gravitant autour de centres autres que nous. L'essor de l'astronomie ne dépendait en somme que de la simple correction d'une optique initiale. Le monde des astres est alors devenu lisible à notre compréhension.
 
Et nous avons trouvé sans peine à nous y intégrer, sans plus exiger de lui qu'il gravitât autour de nous. Il suffisait de peu - un regard moins anthropocentrique - et le Cosmos rejoignait sans peine le domaine de la Science.
 
 Le principe anthropique me semble ainsi en flagrante contradiction avec la genèse-même de la science qu'il tente de justifier.
 
 
 
 
Le scientifisme
 
 
Les "sciences" varient avec les époques.
 
Les savoirs accumulés en Mésopotamie ou en Egypte ancienne par exemple, ne répondent plus aux critères décrétés par nos disciplines contemporaines. Et l'on peut prédire que nos théories les plus pointues d'aujourd'hui ne s'inscriront que très marginalement - et peut-être même plus du tout - dans les modèles mathématiques à prévoir dans l'avenir prochain.
 
L'homme de science contemporain s'assigne l'objectif de cerner la réalité, dans sa vérité. Nous concevons un réel unique à décrire dans une vérité unique. Une seule mathématique pour l'ensemble de tous les nombres. Une biologie unique pour l'ensemble de la Vie, avec les spécialisations comme la botanique ou la médecine, elles-mêmes encore sous-spécialisées.
 
Un savoir doit être vérifiable et renouvelable. Ces deux critères supposent évidemment que le scientifique maîtrise parfaitement les mécanismes qui mènent à l'événement. La recherche s'attache à décrire le comment du devenir des choses.
 
Il est possible que dans l'avenir, la science tente de mieux décrire leur pourquoi. Mais pour l'heure, nous nous sentons en reste vis à vis de ce pourquoi tenu à l'écart des préoccupations scientifiques.
 
Nous avons compris comment naissait le chimpanzé; et comment le bébé d'homme. Mais pourquoi l'un, outre son individualité, a-t-il ce petit rien supplémentaire qui lui permettra une personnalité? Et pourquoi pas l'autre? En dehors des mécanismes décrits par l'obstétrique, pourquoi sont-ils nés l'un et l'autre? En dehors de leur volonté propre bien apparemment. Et en dehors de celle de leurs parents, le plus souvent.
 
Pourquoi?
 
Le terme revêt ici une coloration d'intention, de volonté première.
 
Et puis, pourquoi la mort de ces bébés? Encore même leur accordons-nous une future espérance de vie de plus de cent ans. Un siècle est fort "proche", au regard de la Vie. Cette mort est pourtant la seule certitude que nous puissions prédire dès leur conception, dès leur naissance.
 
Nous  venons de quitter le domaine de la Science pour aborder celui - très spéculatif - de la philosophie. Et comme la philosophie n'a pas la rentabilité matérielle des hautes technologies, elle compte relativement peu d'adeptes, - dans notre monde occidental tout au moins. La réflexion philosophique est en général inversement proportionnelle au degré d'évolution technologique.
 
Nous venons cependant d'aborder des questions fondamentales, auxquelles personne - absolument personne - ne peut se soustraire:
- Pourquoi suis-je né?
- Pourquoi suis-je vivant?
- Pourquoi vais-je mourir?
 
Je peux refuser d'articuler ces questions de façon formelle. Quoi qu'il arrive, je serai un jour contraint d'inventer une solution à ma mort. Il n'y a pas d'exception.
 
Le problème étant fondamental, il occupe une place très importante dans nos sociétés. Mais comme très peu de gens sont disposés à affronter en permanence le pourquoi de leur existence, et la proximité de leur mort, il a fallu reléguer ces questions en dehors de la vie journalière.
 
C'est donc la religion qui s'en occupe.
 
D'où l'omniprésence dans nos paysages, de temples, d'églises, de mosquées ou de synagogues. C'est l'importance - en surface et en cultes - de nos cimetières.
 
Il convient ici de distinguer entre:
-   l'interrogation fondamentale (Pourquoi)
-   et la réponse qui y est le plus souvent apportée (Dieu).
 
La question métaphysique première serait:
"Comment se fait-il qu'il y ait?"
 
C'est le phénomène-même de l'émergence au sein d'un Univers qui est la grande énigme. Non pas l'émergence de tel objet ou de telle personne; mais le fait qu'il soit possible d'être et d'exister.
 
L'expression comment se fait-il regroupe les deux interrogations:
   Comment cela arrive-t-il?
   Pourquoi cela arrive-t-il?
 
La question est éminemment abstraite. Et comme un concept abstrait est toujours difficile à saisir, il n'est pas étonnant que ces deux questions aient été illustrées par des sujets qui leur ont donné une image concrète. Pourquoi et comment "moi"? Pourquoi et comment "l'univers"? Et mon malheur? Et ma maladie? Et ma mort? etc...
 
L'interrogation fondamentale s'est ainsi concrétisée - concrétionnée - dans toute une série d'objets dont elle aurait initialement dû rester dépourvue. Dieu (réponse à l'interrogation métaphysique primordiale) a, par la même occasion, été flanqué de cette même série d'objets initialement étrangers à son concept: Dieu de l'Univers. Dieu des hommes. Dieu de la mort.
 
Il se fait que la grande interrogation a été partiellement abordée par la Science. Comment cela (matérialisé par un objet précis qui lui est propre) arrive-t-il? Ainsi, d'objet en objet, avec la multiplication des disciplines scientifiques, certaines parties du Comment commencent-elles à trouver des débuts de réponse.
 
Notre conception scientifique contemporaine vise à présenter une réalité unique traduite dans une vérité unique. D'où une certaine unification des différentes disciplines scientifiques.
 
Les divers objets étudiés par nos sciences trouvent ainsi une relative cohérence dans leur présentation par rapport au réel supposé, et dans le langage de vérité ainsi proposé.
 
Nous envisagerons ici que la science suggère, dans une proposition provisoirement articulée à travers notre langage contemporain, une réponse à une partie de la grande question fondamentale.
 
Pour rester cohérents avec nous-mêmes, il serait opportun que les solutions proposées au Comment, trouvent leur écho dans les réponses supposées au Pourquoi.
 
-   Les propositions scientifiques dévoilent-elles une même réalité que celles proposées par les religions?
 
-   La religion ne répond-elle pas à des questions de type "Comment" déjà résolues par les sciences, et qui ne nécessiteraient dès lors plus de solutions divines?
 
Je viens d'écrire au singulier le terme de religion; ceci, pour marquer les limites de mon interrogation. A une science occidentale, je veux comparer une religion occidentale. Et en Occident, les trois grandes religions monothéistes s'alimentent à une source commune:
 
-   Abraham dans l'idéal;
-   Moïse dans une histoire (très optimiste);
-   YHWH qui solidarise le judaïsme, les christianismes et l'islam.
 
Le Dieu d'Occident se décline au singulier.
 
Et ce sont les christianismes - et tout particulièrement l'Eglise Romaine - qui ont marqué la démarche de réflexion dans la grande Europe; en philosophie certainement, mais également dans l'élaboration des sciences.
 
Remarquons enfin que la religion occidentale reste étonnamment discrète  sur  le  Pourquoi  de  l'origine:  Pourquoi en mon début? La science est peut-être plus audacieuse en ce domaine. Mais de toute évidence, il n'est nullement question ici de remplacer un dogme religieux par un autre dogme à prétention scientifique. Il n'y a pas de vérité définitive en science. Il y a des descriptions plus ou moins conformes à nos observations, qui proposent une cohérence dans l'explication de phénomènes jusque là incompréhensibles.
 
Certains modèles ont parfois prédit des réalités qui ne furent découvertes que bien plus tard. Cette anticipation, par rapport à l'observation, donne évidemment une grande autorité à ces théories qui finissent alors par devenir des lois. Mais ces lois ont presque toujours des exceptions. Soit par manque de précision dans la rédaction de leur énoncé; soit par une "erreur" glissée quelque part dans leur interprétation ou dans leur équation.
 
Ainsi aucune science à ce jour, ne rassemble l'unanimité des milieux concernés. Il est donc vain d'espérer un consensus de réflexion sur base d'évidences émanant de donnés de la science. L'évolution technique fortement accélérée depuis un siècle, suggère toutefois que nous appréhendons actuellement le monde matériel, d'une manière très directe et plus efficace qu'autrefois.
 
On peut donc raisonnablement en déduire que notre approche du concret est, mieux qu'autrefois, conforme aux règles qui régissent le jeu du réel.
 
Notre vision du Monde en serait-elle pour autant plus fidèle à sa réalité? (???)
 
Nous interprétons aujourd'hui l'Univers - celui des atomes et celui des étoiles - à travers quelques théories qui semblent porter leurs fruits. Et nous aurons, dans l'ordre de leurs publications les plus importantes:
- L'Evolution;
- La Relativité;
- La Physique quantique.
 
Cette dernière est toutefois inachevée dans la rédaction de ses équations de base. Il y a bien des tentatives d'avoir réuni en une seule dynamique (dite électronucléaire), les deux forces nucléaires (forte et faible) et la force électromagnétique. Mais la gravité reste jusqu'à présent réfractaire à toute rédaction quantique. La description quantique de l'Univers est ainsi très incomplète.
 
Les théories de l'Evolution ne font pas non plus l'unanimité. Si la modification des espèces était peu contestée vers le milieu du siècle, il se trouve aujourd'hui une minorité de biologistes fixistes pour limiter la variation des espèces depuis leur état originel.
 
En dépit des oppositions, des contradictions, des imperfections de ces sciences-en-devenir, il sera malgré tout fécond de juxtaposer:
-   d'une part les actuelles théories dites "scientifiques",
-   et d'autre part, nos manières de vivre et de penser.

Il nous est difficile d'appréhender le fruit en faisant abstraction de l'arbre et du verger. De même est-il difficile d'appréhender l'homme en dehors de son environnement et de l'Univers. Et c'est pourtant bien de cela qu'il s'agit: nous positionner à travers le regard des sciences pour ébaucher de l'homme une esquisse qui soit conforme à nos observations et cohérente avec l'ensemble de l'Univers.
 
 
 
 
 
Orientations scientifiques
 
 
L'évolutionnisme
 
MENDEL tenta d'écrire les lois de l'hybridation sous forme mathématique. Il mit en évidence la réapparition, à des générations d'intervalle, de caractères disparus (ou devenus muets) lors d'hybridations précédentes. Il en conclut des caractères dominants et d'autres récessifs.
 
DARWIN démontra que les espèces se modifient graduellement. Il pensait que le mécanisme essentiel de ces modifications, était la sélection naturelle. D'où son idée de sélection créatrice.
 
L'ascendance animale de l'Homme devenait pour lui une évidence - bien que ce ne fut pas lui qui en affirma pour la première fois l'idée. Mais la généalogie animale de l'homme entrait en parfaite contradiction avec le concept de la création, telle que racontée dans la Genèse.
 
Gn 1, 27
      Dieu créa l'homme à son image,
     à l'image de Dieu Il le créa,
     l'homme et la femme Il les créa.
 
Il était encore relativement aisé de donner une nouvelle lecture  de "l'image de Dieu".
C'est ainsi que LAGRANGE commente:
 
     "Faisons l'homme à notre image" suppose qu'il y a en Dieu une plénitude d'être... L'homme et la femme apparaissent simultanément et tous deux à l'image de Dieu, jouissant l'un et l'autre d'une même nature".
 
Mais derrière le mythe d'une création à réinterpréter, se cachaient des concepts religieux beaucoup plus fondamentaux. Une intervention divine exceptionnelle - l'envoi de son propre fils, et sa mort - ne pouvait se justifier que si l'homme était lui-même exceptionnel.
 
-   L'homme était l'aboutissement ultime de l'œuvre créatrice de Dieu.
-   C'était à l'usage de l'homme que Dieu avait créé le monde.
 
Gn I, 26             
Dieu dit: "...qu'il [l'homme] domine sur les poissons de la mer, les oiseaux du ciel, les bestiaux, toutes les bêtes sauvages et toutes les bestioles qui rampent sur la terre."

 
 
 
 
 
Gn II, 19           
Yahwé Dieu modela encore du sol                         
[[13]]
toutes les bêtes sauvages et tous les animaux du ciel, et Il les amena à l'homme pour voir comment celui-ci les appellerait:                      
chacun devait porter le nom que l'homme lui aurait donné.
 
Gn II, 1
Ainsi furent achevés le ciel et la terre,                    
[[14]]
avec toute leur armée.                     
Dieu conclut au septième jour l'ouvrage qu'Il avait fait
et, au septième jour, Il chôma après tout l'ouvrage qu'il avait fait.
 
La question avait une telle importance, qu'elle fut - sinon la cause - au moins l'élément déclenchant d'un concile œcuménique. Vatican I trouva la raison principale de sa convocation, dans cette remise en question imposée par l'évolutionnisme.
 
Les déclarations préliminaires de Vatican I mettent en garde contre ...
le rationalisme et le naturalisme                                  [[15]]
qui conduisent au panthéisme et à l'athéisme.             
 
Et une première affirmation - d'apparence banale dans un credo - stipule que:
     Dieu est créateur de toute chose.
 
Ce texte prend évidemment une résonance fort polémique par rapport aux thèses évolutionnistes qui commencent à prendre corps. C'est en effet l'époque des publications de Mendel, mais surtout de Darwin.
 
Le Canon 3 de la IVe session du concile traduit d'ailleurs très bien cette inquiétude des milieux ecclésiastiques de l'époque:
 
     Si quelqu'un dit qu'il est possible que les dogmes proposés par l'Eglise se voient donner parfois, par suite du progrès de la science, un sens différent de celui que l'Eglise a compris et comprend encore, qu'il soit anathème.
 
L'idée de la modification des espèces a depuis fait son chemin. La vie est en effet très généralement admise comme une sève unique partagée par tous les êtres vivants, de la cellule primordiale jusqu'aux vertébrés supérieurs, où continue néanmoins à dominer ... évidemment l'homme.
 
Le combat se poursuit cependant contre deux éventualités:
- les tentatives avortées d'humanités disparues.
- les thèses du polyphylétisme.
 
Il n'est en effet pas du tout établi que l'homo sapiens-sapiens qui forme notre humanité, ait été la première et unique percée dans une conscience déjà réfléchie. Les superbes outils bifaces du paléolithique - l'esthétique des objets met en évidence une conscience réfléchie - sont attribués à l'homme de Neandertal, une espèce humanoïde totalement disparue aujourd'hui.
 
Nous serions dès lors les descendants d'une autre espèce d'hominiens. Nous aurions également émergé dans la conscience réfléchie, mais cette fois avec succès et de manière plus permanente. Et suivant un processus largement commenté par TEILHARD, cette 2ème (ou nième) percée qui a réussi le passage définitif, doit émaner d'une espèce moins évoluée (moins spécialisée) que celle qu'elle a évincée. C'est une vision de l'évolution en pelure d'oignon.                          [4] [16]
 
Cette description est évidemment très peu compatible avec l'Homme, chef-d'œuvre à qui Dieu a confié la gestion générale de sa création.
 
Certains paléontologues s'étonnent du grand nombre des lieux de fouilles où l'on a retrouvé des primates anthropoïdes. La multitude de ces berceaux et leur éloignement les uns des autres (Afrique du Nord, Afrique Centrale et Australe, Chine, Thaïlande) évoquent des origines multiples.   [5]
 
Des animaux de souches différentes auraient-ils, indépendamment les uns des autres, franchi le seuil de la conscience réfléchie? Y aurait-il donc plusieurs animaux qui seraient devenus des hommes? Poser la question est déjà un sacrilège.
 
Car ici aussi, l'éventualité d'un polyphylétisme remet totalement en question:
-   et la création à l'image de Dieu,
-   et l'éminence de La Place de l'Homme dans la Nature. 
                                                                                        
[[16]]

 
Une difficulté plus théorique commence avec la découverte, dans les grandes profondeurs marines, de biomasses relativement importantes (animaux et plantes) réparties dans des oasis de vie -  donc totalement séparées de notre biosphère proprement dite - et dont le principe serait une chaîne, non plus carbonée (comme la définition de la vie sur terre) mais bien soufrée.
 
Dans notre biosphère, les matériaux sont transformés en substances organiques par un mécanisme de photosynthèse qui utilise la lumière du soleil comme source d'énergie. En remplacement de ce processus impossible en eaux profondes, la production de matières organiques est assurée par des bactéries capables d'oxyder le soufre. Une importante activité volcanique assure la source d'énergie.
 
C'est véritablement une nouvelle expression de vie que nous venons de découvrir. Y aurait-il dès lors eu plusieurs chaînes de vie, avortées pour la plupart, à l'exception quasi unique de la chaîne carbonée qui a conquis la planète Terre?
 
La question ne semble pas préoccuper les biologistes qui présentent une étonnante faculté à oublier cet accident des molécules vivantes de la synthèse du soufre. Quand on évoque une éventualité de vie extra-terrestre (espaces intersidéraux ou planètes), c'est la molécule de carbone que l'on s'obstine à rechercher.
 
Les théories de l'évolution heurtent ainsi de front, les fondements théologiques qui justifient toute forme de rédemption.

Le Dieu évolutionniste:
 
-   se reflète mal en YHWH qui passe une alliance avec son                 peuple;
-   est en contradiction fondamentale avec son fils fait homme;
-   entre également en conflit avec le Coran.
 
L'évolutionnisme fait en outre peser un sérieux doute sur la supériorité intrinsèque de l'homme.
 
La logique nous suggère plutôt un rameau momentanément éclairé sur un arbre de vie en perpétuelle mutation. François JACOB, prix Nobel de médecine, lors d'un dialogue avec André LANGANEY diffusé sur Paris Première en fin 1996, précisait les difficultés qui, à son sens, empêchaient la diffusion des idées évolutionnistes auprès du grand public.
 
-   Et tout d'abord, c'est une question de vocabulaire. Contrairement à la physique, par exemple, l'évolution se traduit en termes simples. Les gens croient l'avoir comprise alors que bien des éléments leur échappent!
 
-   Les théories de l'évolution heurtent ensuite notre intuition. Notre vie courante se mesure en quelques décennies. L'histoire se compte en siècles - ce qui crée déjà des confusions. L'évolution s'étale sur des millions d'années. On peut sans doute faire remonter les origines de la vie à quelque 3.500 millions d'années (algues, mitochondries). 300 millions d'années pour les reptiles. Les hominiens ont moins de 5 millions d'âge. Et l'homme moderne ?...
 
-   La modification des espèces en appelle au hasard.
Ce terme est souvent interprété,

     tantôt dans le sens du "jeu de dés",
     et tantôt dans le sens de "sorti de rien".
Le terme signifie plus précisément "sans intention préconçue".
 
     Dieu n'a pas de dessein.
 
 
 
 
L'Espace-temps
 
 
 
Quand on aborde la relativité ou la physique d'aujourd'hui, sans pour autant être physicien ou mathématicien, il y a certains concepts qui demandent à être illustrés en dehors de leur seule démonstration scientifique.
 
Ainsi de l'Espace-temps. Le temps est souvent présenté comme la quatrième dimension de l'espace. Des croquis en trompe-l'œil ne viennent qu'ajouter à la confusion. (J'avoue ne jamais être arrivé à "lire" cette quatrième dimension.)
 
Effaçons donc ces pseudo-représentations de nos mémoires.
 
Nous savons depuis HUBBLE, que l'espace ne se contente pas de contenir des objets qui bougent (à la manière de poissons dans un aquarium), mais qu'il est lui même animé d'un mouvement d'expansion (comme si l'aquarium n'en finissait pas de grandir).
 
Si donc nous voulons situer un objet ou un événement dans l'espace, nous devons préciser l'instant de la mesure (de l'événement ou de l'objet). C'est en fonction de cet instant précis, que l'objet aura occupé une place exacte (mais très fugace) par rapport à son environnement immédiat (les autres poissons), et par rapport à l'ensemble de l'espace (tout l'aquarium) qui, en cet instant, se mesurait suivant des valeurs tout aussi fugaces.
 
Il est dès lors essentiel d'introduire l'instant dans le calcul des mesures. Le temps devient ainsi un paramètre constant dans les équations. Un "paramètre constant" s'appelle une "dimension". Il me fallut personnellement longtemps pour comprendre cette notion de dimensions que je persévérais à considérer sous leurs formes volumétriques.
 
Dans tous les systèmes de mesures, la dimension temps est notée "T".
L'unité de base à laquelle se mesure T                        
[[17]]
est la seconde, notée "s".                                                      
 
Et puis la lumière fut. Je venais en effet d'allumer l'ampoule électrique de mon bureau. Je me rendis alors compte que la lampe n'avait pas émis trois rayons lumineux, mais qu'elle avait bien au contraire émis une infinité de rayons lumineux, dans toutes les directions.
 
Cette impression est d'ailleurs spontanément confirmée par les enfants qui, devant dessiner cette lampe ou le soleil, tracent sur leur dessin une multitude de rayons, partant de la source lumineuse, dans toutes les directions. Il devenait donc évident pour moi, que notre espace n'avait pas trois dimensions. Mais qu'il était au contraire multidimensionnel, et même omni dimensionnel. Le nombre des dimensions de l'espace est infini.
 
Mais alors, ces trois dimensions? En fait, il s'agit d'une ambiguïté de vocabulaire. Longueur, largeur et hauteur sont de simples points de repères avec lesquels il nous est possible de cerner l'espace et de le décrire mathématiquement. Pour décrire un lieu, je n'ai pas besoin d'en connaître tous les points. Quelques repères situés à des endroits "stratégiques" me permettent de décrire ce lieu de manière scientifiquement satisfaisante.
 
Dans le cas précis d'un espace qui change constamment de volume, le paramètre "Temps" auquel on envisage cet espace devient essentiel, puisque le même espace peut, selon l'instant auquel il est observé, présenter les mêmes volumes, mais tantôt plus petits en valeurs absolues, et tantôt beaucoup plus importants si on leur laisse le "temps" de s'être expansés.
 
Ainsi compris, le Temps n'est pas une dimension volumétrique, mais il est un paramètre essentiel pour décrire l'espace; puisqu'il est le facteur qui n'arrête pas d'en changer le volume.
 
Mais en qualifiant le temps de dimension de l'espace (et non le contraire), la physique affirme que l'espace est un préliminaire indispensable au temps. Pas de temps sans espace.
 
A plus précisément exprimer cette notion: pas de temps expansé (durée) en dehors de l'espace expansé (volume). Pas de durée sans volume.
 
Le big-bang ne s'est pas contenté d'inaugurer l'Univers dans son volume, il l'a également inventé dans le temps.


 
La Relativité
 
On peut résumer les grandes innovations des théories d'Einstein dans les sept points suivants:
-   disparition de l'éther;
-   relativité de la simultanéité;
-   suppression de l'espace et du temps comme des réalités                 absolues;
-   propagation de proche en proche,
            (et négation de l'action à distance);
-   fusion de l'espace et du temps
            (qui devient une dimension de l'espace);
-   inertie et gravitation sont des structures physiques
            de l'espace;

-   conception d'un univers courbe (peut-être même fermé);
 
Il est surprenant qu'EINSTEIN n'ait éprouvé aucune difficulté à énoncer des modifications aussi fondamentales. Elles bouleversaient pourtant de fond en comble la description de l'objet "Univers" et attribuaient à la structure de l'espace des dimensions totalement à l'encontre de notre intuition. Mais pour lui, c'était évident.
 
Il éprouva par contre une difficulté presque insurmontable à considérer un Monde, non seulement en déplacement (comme le décrivait la Relativité), mais encore en perpétuels changements (comme il en eut immédiatement l'intuition). L'Univers d'aujourd'hui ne répondait pas aux mêmes lois que celui d'hier.
 
C'est là le fond de l'interrogation d'Einstein. Cette interrogation qui, dans un premier temps, devint une véritable panique: un Univers sans point fixe de repère! On peut établir un rapprochement entre cette panique - assumée personnellement par Einstein - et cette même panique qui, dans les milieux d'Eglise, a fait suite aux découvertes non moins inquiétantes de Mendel et de Darwin. Dans les deux cas, le Monde - et l'homme - perdaient leurs points de référence.
 
En 1917, un an après la publication de sa théorie de la Relativité, Albert EINSTEIN s'attacha aux équations qui auraient décrit la géométrie spatio-temporelle de l'Univers dans sa totalité. La force de gravitation était un terme de ses équations.
 
Or la pression de cette force décrivait une variation entre le temps et la courbure de l'espace. Pour neutraliser cet effet de gravité qui engendrait un mouvement de l'espace, il imagina une force "anti-gravité" qu'il introduisit dans ses équations sous forme de "Constante Cosmologique". (Λ)
 
Dès lors, en conformité avec les idées du début du siècle, le modèle d'Einstein présentait un Univers homogène, isotrope et ... stationnaire.
 
Einstein ... qualifia cette introduction de la force         [[18]]
anti-gravité de "plus grosse erreur de sa vie".  
 
 
 
En 1929, HUBBLE établit la relation entre la distance et le décalage vers le rouge (effet Doppler) qui signait la récession des galaxies éloignées. C'était la description d'un Univers homogène, isotrope et... en expansion.
 
En 1927, l'abbé Georges LEMAITRE suggéra le modèle relativiste d'un Univers en expansion. Quatre ans plus tard, il formulait la première théorie cosmologique selon laquelle l'Univers serait entré en expansion à la suite d'une explosion initiale.
 
Le sobriquet de Big-bang donné par Fred HOYLE à cette théorie, illustre à quel point la perception d'un mouvement fondamental était alors étrangère dans les milieux scientifiques.
Mais la théorie du Big-bang                               
[[19]] [2]
s'imposait de par sa pertinence. 
 
Elle fut progressivement augmentée de formules
    [[20]]
plus précises quant au contenu de l'Univers. Elle est maintenant couramment acceptée et les asstronomes l'appellent souvent "le modèle standard".

Les galaxies ne se contentent pas des'éloigner les unes des autres, elles se fu!ient dans un mouvement de plus en plus rapide. Il y a une acclération dans l'expansion de l'espace.

Les observations actuelles et les lacunes de la théorie - il n'y a toujours pas de théorie quantique de la gravité - n'ont pas encore permis de chiffrer avec précision, cette accélération. On la situe généralement entre 10 et 20 Km par seconde et par million d'année. Il y a donc une accélération constante de la vitesse de fuite de l'Univers. (Cette vitesse d'expansion doit se situer aujourd'hui à quelque 230.000 Km/sec.)
 
Le simple calcul nous donne une accélération de 15 Km par million d'années, 15.000 Km/sec par milliard d'années. Après 20 milliards d'années, la vitesse d'expansion dans l'espace aura atteint la vitesse de la lumière (c). Notre Univers ne sera dès lors plus observable.
 
Il nous faut toutefois tempérer ce mécanisme trop simpliste de l'expansion de l'Univers. En 1922, le mathématicien Alexandre FRIEDMANN construisit un modèle mathématique découlant de la relativité générale publiée par Einstein en 1915.
 
Ce modèle repose sur trois paramètres.
-   Le premier, appelé paramètre de Hubble,
        est le paramètre d'expansion.

-   Le second décrit la décélération subie par l'univers
        dans son mouvement d'expansion, suite à l'influence de la            gravitation qui tend à rapprocher les masses entre elles.

-   Le troisième paramètre est la densité
            qui régule la gravitation.
            [Voir Note 1 en annexe]
 
Si la densité moyenne de l'Univers est suffisamment élevée, la force de gravitation - focalisée sur chaque noyau matériel - l'emportera sur la dispersion, et la masse universelle finira par se recentrer sur elle-même (Univers fermé).
 
Si la matière est trop diluée (densité moyenne inférieure à 3 atomes par m3), c'est la dynamique d'expansion qui l'emportera, et l'Univers continuera à s'expanser indéfiniment (Univers ouvert).
 
Et si l'Univers se trouvait juste à la densité critique? Les modèles mathématiques décrivent une expansion qui ne s'arrêtera qu'après une durée infinie (Univers plat).
 
Le modèle FRIEDMANN apporte des nuances au terme de 20 milliards d'années avant que l'Univers n'ait atteint "c", la vitesse de la lumière.  Il n'en reste pas moins une vitesse-limite au delà de laquelle l'Univers ne sera plus observable.
 
A l'autre bout de la chaîne, nos modèles mathématiques ne suffisent plus à décrire la matière originelle:
-   quand les températures étaient extrêmes, de l'ordre de 1032° (température de Planck);
-   et quand le champ de gravité était tellement intense qu'il emprisonnait atomes et lumière.
 
Après l'explosion primitive, il nous faut attendre un premier refroidissement de la matière, et un premier élargissement du volume de l'espace pour déconcentrer la force de gravité. Ces conditions n'auront été réunies qu'après une fraction de seconde, 10-43s (temps de Planck) après le commencement.
 
Il est possible que l'insertion des lois de la gravité dans une description quantique modifie les valeurs de Planck. Mais il y aura toujours une durée, avant le commencement, qui nous restera à tout jamais inaccessible. De même qu'au delà d'une certaine accélération, nous serions au delà d'une vitesse ultime, ce qui est impossible.
 
 
 
La Physique quantique
 
  
Pour combattre la gravité qui les ferait s'effondrer sur elles-mêmes, les étoiles ont besoin d'énergie. Cette énergie concentrée y réunit des conditions extrêmes qui entraînent la fusion des noyaux d'atomes et leur combinaison en éléments plus complexes.
 
Dans ce processus de conversion, la masse du produit final est toujours inférieure à la somme des masses initiales. Il y a donc une partie de la masse des noyaux atomiques élémentaires qui s'est convertie en énergie, suivant les lois de la célèbre équation E=mc². Cette énergie nouvelle augmente à son tour le potentiel de l'étoile:
- à fusionner les éléments,
- et à combattre la gravité.
 
La fusion des éléments augmente l'énergie                 [[21]]
de l'étoile, et l'augmentation de cette énergie amplifie le potentiel de fusion des éléments.                                                   
 
Plus les éléments à fusionner deviennent lourds, et moins cette fusion devient excédentaire en énergie. A partir de la production du fer (56Fe), l'énergie dégagée par les réactions atomiques ne suffit plus à l'étoile pour assurer simultanément la fusion des éléments, et la compensation de sa propre gravité. L'étoile amorce alors une contraction sur elle-même.

Elle finira par exploser, sous l'effet de sa propre gravité. Mais la compression de l'étoile, et les très hautes températures qui en résultent, auront permis la fusion d'éléments plus lourds que le fer. Ces éléments lourds se disperseront dans l'espace lors de l'explosion finale.
 
Les cadavres des plus petites étoiles deviendront des naines blanches (et puis noires, quand elles auront épuisé toute leur énergie lumineuse).
 
Les plus grosses étoiles finiront en trous noirs, avec une force de gravité qui engloutira tout à leur portée. Les étoiles moyennes exploseront en supernovae pour devenir ensuite des pulsars. Les supernovae sont les véritables ensemenceurs d'espace en noyaux lourds (argent, or, plomb, etc ...) qui constituent la suite des éléments de base du tableau de MENDELEEV.
 
La description quantique de la physique affirme une énergie rayonnante universelle à la base des échanges entre particules (dans tous les systèmes, atomiques ou galactiques). Cette énergie a une structure discontinue, sous forme de grains, les quanta.
 
Le quantum d'action se calcule d'après la formule ħv:
ħ = constante universelle (de valeur 6,6262 x 10-34Js)
v = la fréquence du rayonnement.
 
E=mc² établit une relation d'équivalence entre             [[22]]
cette énergie et la masse de la particule (ou du système).   

On peut donc mesurer une même particule
-   soit en fonction de son énergie rayonnante,
-   soit, dans un autre calcul, en fonction de sa valeur nucléaire.
 
Cette physique quantique appliquée à l'ensemble du Cosmos, nous apprend que l'Univers en son commencement ne comptait que des éléments ondulatoires de valeur énergétique.
 
Il fallut attendre un refroidissement de l'Univers (après 300.000 années pour certains, 1.000.000 d'années suivant les autres) pour que des noyaux de particules puissent enfin se combiner en éléments nucléaires. Il put alors y avoir séparation entre les noyaux atomiques et les particules élémentaires de rayonnement.
 
Suivant le principe d'incertitude énoncé par HEISENBERG, il est impossible de mesurer simultanément avec précision:
- la position et la vitesse d'une particule
.     (flou quantique)
- sa durée de vie et son énergie.
      (flou d'énergie)
 
Ainsi, plus on précise la position d'une particule, et moins on a de certitude sur sa vitesse. Ou plus courte est sa durée de vie, et plus incertaine est son énergie.
 
 
 
 
Le principe du flou d'énergie appliqué                         [[23]]
à des particules de très courte durée de vie, permet à la mécanique quantique d'emprunter, durant un très bref instant, une énergie qui engendrera des particules virtuelles. Ces particules fantômes auront parfois l'opportunité d'emprunter de l'énergie extérieure (dans un champ magnétique intense, par exemple). Elles pourront alors se matérialiser.
 
Pour justifier la matière initiale, des modèles mathématiques envisagent l'apparition simultanée de particules élémentaires virtuelles, mais de charges électriques opposées. Leur rencontre provoque leur anéantissement en rayonnements. L'apparition de ces particules virtuelles  - protons et antiprotons; électrons et antiélectrons: (p+1 & p-1; e+1 & e-1) - donnerait cependant un très léger avantage statistique (de l'ordre du milliardième) à l'apparition de la matière par rapport au nombre des particules d'antimatière.
 
Ce serait ce milliardième excédentaire qui expliquerait la présence actuelle de la matière dans l'Univers.
 
D'autres modèles (H. ALFVÉN, par exemple) proposent un Univers réparti en îlots isolés de matière, compensés par des îlots symétriques d'antimatière.



A propos des vérités
 
 
Au niveau de nos observations les plus simples, il est déjà souvent téméraire de tirer des conclusions définitives à partir de ce que nous avons vu ou entendu. Il n'est qu'à confronter deux témoignages relatant un même incident. Couleurs, vitesses, mouvements sont souvent rapportés suivant des appréciations éminemment subjectives.
 
La sophistication croissante de nos techniques actuelles augmente encore la subjectivité des observations. Une tache sur un écran d'ordinateur n'est pas nécessairement lue dans le même message, d'un scientifique à l'autre. C'est l'exemple des ponts lumineux qui semblent relier certaines galaxies.
 
-   L'astrophysicien ARP y lit une explosion avec éjection de matière. Le décalage vers le rouge - s'il traduit bien un déplacement - signe un mouvement qui, dans ce cas précis, serait étranger à l'expansion globale de l'Univers.
 
-   Pour d'autres, ces ponts lumineux sont des nébuleuses de réflexion, (nuages intergalactiques qui reflètent la lumière des étoiles). Leur décalage vers le rouge signe bien l'expansion de l'Univers, suivant la loi de Hubble.
 
Ceci n'est qu'un exemple, mais qui illustre combien il est difficile de se mettre d'accord, sur base pourtant de simples observations. Et l'accord est encore beaucoup plus difficile quand il s'agit de postulats décrétés au nom de la théorie elle-même.
 
 
Les contradictions
 
 
 
Nous avons évoqué les théories contemporaines de l'Evolution, de la Relativité et de la Physique quantique. Il est évident que ces grands mouvements de pensée rassemblent la très grande majorité des chercheurs. Mais ces systèmes ne satisfont pas pleinement tous les domaines. Ils recèlent des contradictions profondes. Et il est très difficile d'affirmer une vérité au nom d'une de ces sciences.
 
 
 
Théories de l'Evolution
 
Elles s'opposent entre elles par des questions fondamentales:
 
-   Les espèces mutent-elles selon un vecteur dirigé - déterminisme - pour mieux s'adapter à leur milieu? Ou, au contraire, la mutation tous-azimuts est-elle inscrite dans le programme de chaque espèce? Ce serait alors le milieu qui a posteriori établirait la sélection des mutations les plus compatibles (ou les plus favorables)?
 
-   A l'exception de la traditionnelle "situation privilégiée" à son sommet, quelle place objective la vie réserve-t-elle à l'Homme? Quelle définition l'Evolution donne-t-elle du psychisme, en dehors de la description du cerveau dans son volume et sa position?
 
-   Où situer les formes de vie autres que celles de la chaîne carbonée? Quelle est, dès lors, la définition de la Vie?
 
Ces questions restent aujourd'hui sans réponse. Chaque alternative a ses arguments. Il n'y aura pas d'unanimité évolutionniste.
 
Je ne crois pas tout à fait inutile de rapporter ici un accident survenu lors du premier brouillon des présentes notes. Amené à évoquer un Univers pensant, j'eus tout naturellement le réflexe de chercher à préciser le terme de "pensée". Comme l'eût fait tout un chacun, j'ouvris donc le dictionnaire à la lettre "P", et je fus d'abord agacé de n'y trouver qu'une définition relative à un phénomène psychique humain, retrouvé également par comparaison, mais alors de manière partielle, chez les animaux. Du petit dictionnaire, je passai à l'encyclopédie qui me fournit, elle, bon nombre de synonymes et me confirma la pensée animale par rapport à la pensée humaine. Mais la pensée en tant que telle ne m'avait toujours pas été définie. De bibliothèques en bibliothécaires "spécialisés", j'ai enfin dû me rendre à l'évidence: jamais la pensée n'a été l'objet d'une définition.
 
On peut évidemment disposer d'une documentation énorme relative au phénomène de pensée. Les études en psychologie ne tarissent pas de comparaisons entre la pensée humaine et celle des animaux.
 
Le phénomène pensant est même parfois étendu (mais plus rarement) au domaine végétal, voire même minéral.

Une fois encore, une simple démarche de curiosité - totalement dépourvue de malice - m'avait poussé, sans que je m'en doute, à m'attaquer à un axiome. La pensée est un "axiome", de par sa seule évidence. Et un axiome, s'il ne se démontre pas, ne se définit pas non plus. Ainsi la pensée n'a-t-elle jamais été définie.
 
Nous  remarquerons  que  la même valeur "axiomatique" s'applique à la Vie qui - comme nous le verrons au paragraphe consacré aux dogmes de la science - semble ne jamais avoir été définie.
 
 
 
Le modèle standard

 
L'Univers de la Relativité est régi par quelques postulats, au nombre desquels nous trouvons:
 
-   Le principe cosmologique qui postule que sont équivalentes dans l'espace:
     * toutes les positions                                                                     (homogénéité)
     * et toutes les directions                                                               (isotropie)
 
-   Le décalage vers le rouge qui, dans nos observations des galaxies lointaines, signe l'expansion de l'Univers dans toutes les directions.
 
Trinh Xuan THUAN termine "La Mélodie Secrète" (essai datant de 1988) par une liste vraiment impressionnante des désaccords dénoncés par les adversaires à la théorie du Big-bang.
 
-   On a émis l'hypothèse de mouvements "super lumineux" au delà de la vitesse limite c.
 
-   L'isotropie suppose que l'Univers est égal à lui-même dans toutes les directions. C'est une hypothèse de travail mais qui n'a jamais été démontrée jusqu'à présent.
 
-   L'argument de "preuve définitive" de l'expansion de l'Univers par le décalage vers le rouge (effet Doppler) a été modéré:
      par Hubble lui-même, en 1935.
      par TOLMAN et PECKER qui ont évoqué la possibilité                     d'une certaine "fatigue de la lumière" au fil du temps.
      par Halton ARP qui, dans certains cas, attribuait une                         composante non-cosmologique dans ce décalage vers l                e rouge (explosion locale avec diffusion de matière).
 


Univers homogène
 
    Décrire l'Univers comme étant homogène, c'est supposer qu'il soit en tout point de même pression et de même densité. On considère généralement que depuis qu'il est entré dans sa phase "matérielle" - alors que les 300.000 (ou 1.000.000) ans qui ont suivi le Big-bang étaient caractérisés par une phase de rayonnement - la pression universelle est devenue un paramètre négligeable. On parle de pression nulle.
 
    Mais que la densité moyenne de l'Univers soit homogène reste un postulat non-démontré.
 
Faute d'avoir pu mesurer avec précision cette densité, nous ne savons pas établir le choix entre les différents modèles cosmologiques (Univers ouvert, fermé ou plat). L'observation nous indique que les galaxies ne sont pas réparties uniformément. Elles se regroupent en amas, qui eux-mêmes se rassemblent en superamas, et qui sont séparés par de grandes zones vides. Nous sommes loin de l'Univers homogène.
 
Le modèle cosmologique standard est encore entaché d'autres contradictions, tant dans l'observation que dans la théorie.
 
-   Ainsi, Hubble considérait que l'Univers ne devait être âgé que de deux milliards d'années. Cette estimation entrait en nette contradiction avec la découverte, sur notre planète Terre, d'éléments radioactifs de 4.6 milliards d'années.       [[24]]
 
-   Une opposition plus théorique (BONDI, GOLD et HOYLE) proposa en 1948 un Univers stationnaire mais en création continue. C'est la découverte fortuite, en 1965, d'un rayonnement fossile de 2,73°K, qui mit une sourdine à cette forme d'opposition.
 
-   D'autres modèles mathématiques prédisent l'équivalence entre matière et antimatière (ALFVÉN et KLEIN), alors que le modèle standard, dans sa compréhension actuelle, semble favoriser légèrement la matière dans la permanence - mais non dans son apparition.
 
-   Selon Paul DIRAC (1937) on devrait peut-être interpréter "G" (la "constante" de gravité de Newton) en dehors de sa valeur absolue. Il existe un rapport identique, dans l'espace et dans le temps, entre le plus grand et le plus petit. Le rapport entre l'âge de l'Univers et la durée mise par la lumière pour traverser la distance d'un diamètre de proton, est de 1040. Ce même rapport de 1040 existe entre la force électromagnétique qui lie un proton à un électron et la force de gravité qui les influence.
 
Ainsi, chacun des postulats qui construisent la Relativité, a-t-il un jour ou l'autre été remis en question. Ici aussi, comme pour l'évolution, nous devrons admettre qu'il n'y aura pas de donnés scientifiques (d'observation ou de théorie) pour rassembler une unanimité philosophique de départ.
 
 

La Physique quantique
 
La physique quantique est inachevée, puisqu'elle n'arrive pas à intégrer la gravité. Jusqu'à présent, nous avons repéré quatre forces fondamentales (elles sont peut-être plus nombreuses).
 
La physique décrit une première phase - qu'elle chiffre entre 300.000 et 1.000.000 d'années. La température, la densité et la pression sont telles que les éléments se dispersent en énergie, et ne se concentrent pas en noyaux. C'est la phase de rayonnement.
 
Suit alors une phase-jointure, marquée par le cycle d'apparitions et de disparitions de particules virtuelles de matière et d'antimatière, qui s'annihilent mutuellement en dégageant une énorme énergie. L'univers entre ainsi dans sa phase matérielle. La production "légèrement excédentaire" (de l'ordre du milliardième) de la matière expliquerait l'actuelle présence matérielle de l'Univers.
 
Mais le principe d'homogénéité de l'Univers viole le postulat de l'invariance de la conjugaison des charges, puisque l'Univers autour de nous semble dissymétrique: la matière l'emportant sur l'antimatière.
 
 
Lecture
 
 
 
L'Evolution
 
 
 
Dans la préoccupation qui est la nôtre, de situer l'Homme à la place qui lui revient réellement dans l'Univers, un regard biologiste nous apprend plusieurs choses:
 
-   Sur la Terre, la vie présente une très grande homogénéité. Tellement grande que l'on peut raisonnablement penser qu'il ne subsiste qu'une seule vie terrestre. Il découle d'évidence que les lois générales de "la" vie sont applicables à tout être vivant, y compris l'homme.
 
-   Parmi ces lois, figure celle de la mutation constante. Nous venons à apparaître à la vie dans une pulsion de mutation. Ce "devoir de muter" est peut-être une des premières leçons fondamentales à tirer de notre regard à travers les sciences.
 
    Les théories de la mécanique quantique et de la relativité nous confirment cette même loi de "mutation", comme fondamentale à travers l'entièreté du Cosmos, de l'Univers de la particule à celui des superamas galactiques.
 
-   Autant est-il vaniteux de nous considérer comme le sommet absolu de la Vie, il est tout aussi vain de penser que la vie terrestre soit la seule forme possible de vie. Quelques spécimens reliques d'une vie à base de soufre nous confirment que d'autres formes de vie ont tenté d'éclore dans la biosphère.
 
    Le pas est-il tellement grand d'également envisager des consciences autres, percées dans d'autres voies que la seule réflexion?
 
 
 
L'Astrophysique
 
 
Pour reprendre l'Encyclopédie Universalis
(Cosmologie):
 
    "Il est remarquable que dans ses grandes lignes, le modèle [standard] marche infiniment mieux que n'importe quel autre. Ce qui n'exclut pas, bien entendu, qu'il ne soit qu'un reflet de notre civilisation."
 
-   Notre observation de la récession des galaxies lointaines, implique la limite absolue de nos connaissances entre le moment quasiment zéro d'une explosion initiale et un terme de durée fixé à quelque 20 milliards d'années. (Nous sommes aux 2/3 de cette plage de connaissance).
 
-   Les théories de la relativité nous décrivent le "mouvement" comme une des lois fondamentales de l'Univers.
 
    -     La Relativité restreinte (1905) établit la relation entre les mouvements du temps et de l'espace, qui dépendent eux-mêmes du mouvement de l'observateur.
 
    -     La relativité générale (1915) décrit la relation entre un mouvement accéléré, et la géométrie de l'espace soumise aux lois de la gravité.
 
La théorie cosmologique du Big-bang (le modèle standard) trouve son fondement théorique dans cette relativité générale.




Physique quantique
 
 
-   La création de la matière ex nihilo ne pose aucun problème t        héorique. La mécanique quantique ne postule pas                       l'intervention d'un "créateur", mais ne l'écarte pas non plus.
 
-   La complexification de la matière se décrit tout aussi                         naturellement dans les deux phases:
    - de l'Hélium jusqu'au Fer,                                                                            dans le cœur des étoiles;
    - des éléments plus lourds,                                                                          dans les espaces interstellaires.
 
-   Nous retiendrons essentiellement les limites de la description             quantique:
    -     dans la durée (en son début et dans son aboutissement),
  -       et dans la matière-même au delà d'un certain seuil de                         concentration et de température.
 
Ces limites nous donnent une description quantique du "Mystère".
 

 
 
Les dogmes de la science
 
 
 
Puisque nous prenons nos références dans les sciences positives, remarquons immédiatement que chacune des disciplines ici envisagées est "entachée" de postulats. Le postulat est à la science ce que le dogme est à la religion: une défaite de l'intelligence. Les postulats scientifiques sont de simples hypothèses, souvent sans doute confirmées par l'observation, mais acceptées provisoirement dans l'attente d'une démonstration (ou d'une infirmation).
 
Les théories quantiques affirment un principe de symétrie qui postule qu'un ensemble de transformations laissent invariantes les lois de la physique. Cet ensemble (encore appelé le "groupe d'invariance") comprend la parité (P), le sens du temps (T) et la conjugaison de charge (C). Il y a le postulat de l'invariance CPT.
 
Les seules lois de la physique ne permettent pas de distinguer la gauche de la droite. Une particule présente les mêmes propriétés dans sa réalité ou dans l'image réfléchie par un miroir. La parité (P) laisse invariantes les lois qui régissent cette particule.
 
On postule également une invariance par renversement du temps (T). (Il serait sans doute plus exact d'évoquer un renversement du mouvement.) Ce postulat affirme qu'il ne serait pas possible de distinguer la marche-avant ou la marche-arrière d'un film qui nous représenterait une partie de billard.
 
L'invariance par conjugaison de charge (C) prédit que deux ensembles identiques de particules répondront aux mêmes lois physiques si la charge de chacune des particules du premier ensemble est inverse à la charge de sa particule analogue dans le second ensemble. L'invariance de C nous empêche ainsi de distinguer la matière de l'antimatière.
 
Or, chacun de ces trois postulats trouve des exceptions.
 
-   L'invariance de C et celle de P sont violées dans les                         interactions faibles (encore appelée interactions de Fermi).
 
-   Certaines transformations sont en réalités irréversibles (un             vieillard ne retourne jamais en enfance), mettant en échec             l'invariance de T.
 
-   La désintégration de certaines molécules (les mésons K0 par exemple) ne respecte pas l'invariance CP, ni même celle de T.
 
On suppose cependant que cette désintégration respecterait néanmoins le produit de l'ensemble des invariances CPT. L'invariance générale CPT serait dès lors plus fondamentale que celle de chacun de ses éléments pris séparément.
 
 
L'astrophysique (qui trouve ses fondements dans la mécanique quantique), affirme également certains postulats indispensables à la cohérence de sa théorie, mais qui sont loin d'être démontrés. Et qui ne sont pas non plus des évidences.
 
Nous avons déjà évoqué les dogmes scientifiques qui décrivent l'Univers comme étant homogène et isotrope. Il s'agit d'un a priori que certains ne manquent pas de contester en supposant des zones de matière compensées par d'autres zones éloignées d'antimatière.
 
Le principe de causalité est très généralement respecté. Il a pratiquement valeur d'un postulat. Tel phénomène s'est [toujours] produit "à cause de ...". L'événement spontané est ainsi systématiquement écarté de notre connaissance de l'Univers. Tout au moins, à partir d'une certaine durée (10-43 seconde) après son commencement, et jusqu'à l'horizon cosmologique que nous pouvons situer à quelque vingt milliards d'années.

Les théories de l'évolution postulent des dogmes et contre-dogmes en a priori de leurs recherches. Nous avons ainsi déjà noté le postulat du déterminisme qui affirme une "volonté" qui dirige l'Univers vers une finalité. (Un super-déterminisme voudrait que cette finalité soit l'homme...). Le postulat opposé du "Hasard" évolutionniste a bien souvent transposé le débat sur le plan émotionnel.
 
Il m'a cependant, semblé utile de lire J. RUFFIE, dans sa modulation des conséquences du hasard:                             [6]
 
"   La sélection naturelle est indulgente: elle fait place à une foule de petits déviants et agit comme un processus probabiliste. Or, en statistique, les événements improbables arrivent parfois. La sélection laisse de temps en temps passer des improbables.
   
    Mais cela ne diminue pas la part du hasard qui se surimpose constamment à la sélection naturelle pour en atténuer les effets. Dans l'ordre biologique établi par la sélection, le hasard vient de temps en temps semer le désordre. Il secoue périodiquement ces barrières trop contraignantes et permet à l'évolution de changer de cap.
 
    Le Hasard est anti-conservateur."
 
 
 
Déplacement - Interférence - Complexité
 
J'ai maintes fois souligné combien les "vérités" pouvaient être provisoires lorsqu'elles sont affirmées par les sciences. Il serait donc incohérent de décréter que ceci est "faux" puisque telle science affirme le contraire. Pourquoi remplacer un dogme religieux (ou philosophique) par un autre dogme tout aussi irrationnel?
 
Nous pouvons prendre l'exemple - volontairement choisi parce que totalement anodin - du ciel‑en‑haut dans l'allégorie, et de la Terre-sphérique en géographie et en astronomie. La cohérence nous impose de choisir le discours. Et notre discours doit rester constant, quelle qu'en soit sa ligne présente.
 
En unissant le temps à l'espace, les théories de la Relativité réfutent un acte de création à poser dans un moment extérieur à l'espace, puisque antérieur à l'expansion de l'espace en son volume. La fusion Espace-temps rend impossible un acte créateur en dehors du temps qui ponctue l'espace. Il ne peut être posé qu'après le moment zéro. Il n'est dès lors plus créateur.
 
L'acte de création porte ainsi en lui sa propre contradiction.
 
La mécanique quantique nous confirme qu'aucune création n'est indispensable pour justifier la matière (et l'antimatière) qui constituent l'Univers. Le principe d'incertitude d'Heisenberg nous exprime combien l'improbabilité de focaliser une énergie est compensée par la brièveté de vie des particules virtuelles. Et la physique nous confirme une relation d'équivalence entre énergie et masse (matérialisation).
 
L'apparition de la matière - bien qu'improbable à l'origine - se concrétise ainsi en particules énergétiques de très courtes durées de vie, qui pourront devenir des particules matérielles par un apport extérieur d'énergie.
 
Nous nous trouvons devant deux propositions:
-   Tout acte créateur est une contradiction avec lui-même.
-   Aucun acte créateur n'est indispensable pour justifier la                     matière.
 
L'astrophysique et la biologie telles qu'observées sur Terre, se conjuguent pour nous confirmer que "ce n'est pas fini". C'est encore le mouvement qui justifie l'Univers d'aujourd'hui. Il se décrit en plusieurs niveaux ou degrés. Mais le processus primordial traduit une prise de possession par une Expansion totale:
- de l'espace devenu "volume",
- avec le temps devenu "dimension durée".
 
Cette expansion totale engendre des mouvements, que nous qualifions de "secondaires", et qui affectent les points de focalisation de l'espace-temps.
 
-      Le Déplacement des particules énergétiques à des vitesses        "constantes"  souvent très élevées, parfois même limites (c).
 
-      Les points matériels seront également décrits par leurs                déplacements dans l'espace, mais suivant des mouvements         "accélérés".
 
-       Les Interférencesentre particules et énergies, avec                         apparition de la matière et de son antimatière.

  -      La Complexification des particules (énergies et matières)         en unités:
              plus grandes (grains, nuages, amas)
              plus élaborées:
                 - fusions stellaires de l'hélium jusqu'au fer;
                 - fusions extra stellaires (les métaux lourds).
              plus performantes.
                 (C'est à ce dernier niveau que se situe la Vie.)
 
Nous venons de mettre deux points en évidence:

1° Aucun créateur n'est nécessaire
        pour présider à notre Univers.

2° Nous sommes les acteurs d'un Univers en devenir.
 
 
 
L'acte créateur
  
L'acte de création suppose une intention - un dessein - de la part de l'auteur de l'Univers. Le Dieu occidental étant décrit comme "juste" en sa définition, il entre très souvent en conflit avec ses actes. Or la justice en ses actes ne peut se mesurer qu'en son dessein.
 
Mais s'il n'y a pas de créateur, il n'y a pas d'intention. Et s'il n'y a pas d'intention, il ne peut y avoir d'injustice. Si aucun créateur ne préside à notre Univers, il devient incohérent d'en appeler à des notions d'injustice (ou de justice) pour qualifier les événements malheureux (ou heureux) qui jalonnent notre vie. Il y a une relation entre la justice et l'acte de créer. Envisager un monde sans créateur, c'est renoncer à en appeler à la Justice.

 
L'achèvement de la création
  
Cette affirmation suppose que nous n'avons aucun rôle à remplir dans le processus d'invention de l'Univers.  Dans  un monde intentionnellement achevé - déterminé - nous sommes condamnés à réussir les desseins du créateur, selon les lois immuables qui régissent et ont régi le passé, le présent et l'avenir. Les échecs seront, en référence à l'intention créatrice, qualifiés de mauvais ou d'absurdes.
 
C'est dans l'affirmation de "l'achèvement de l'œuvre de Dieu" que se trouve la justification du "péché". Ce concept est évidemment capital dans un contexte religieux de rédemption.
 
Dans une dynamique en marche "tous azimuts", la qualification d' "Absurde" ne recouvre pas plus de sens que celle d' "Injuste", puisqu'il n'y a pas d'intention de référence. Il n'y a rien d'absurde à tenter une voie nouvelle, quitte à échouer. L'échec est une tentative qui n'avait pas d'issue dans son moment présent. Un processus actif de novations, nous impose au contraire l'invention constante d'un devenir différent; quitte à transgresser les lois qui jusqu'alors, ont régi notre passé.
 
 
 
L'acte moral
  
L'acte s'inscrit dans le mouvement. Notre spécificité dans la biosphère est la conscience réfléchie. Et la règle qui transpose l'acte dans la conscience s'appelle la norme morale.
 
Le terme a été galvaudé par la récupération religieuse qui, adressée parfois aux très petits, a trop souvent amalgamé le cours de Morale, à des considérations très manichéennes imposées par les "catéchismes". La morale consistait à proposer le Bien, et à inculquer l'horreur (et la peur) du Mal. Ce Mal était cliché dans le meurtre, le vol, la sexualité et - dans les meilleurs cas - le non-respect de l'autre.
 
La grande règle était de se soumettre à la norme. Et la norme des autres était "sponsorisée" par Dieu.
 
Comme nos monothéismes trouvent leur première inspiration en Méditerranée, la conduite sexuelle y occupe une place particulière, avec un statut d'interdit radical.      [[25]]
 
Il y a donc en Occident, une fréquente confusion entre Morale et Manichéisme ou Normes sexuelles de l'interdit.
 
La morale comme nous aimerions la comprendre, est la règle qui dicte l'acte, en conséquence de la connaissance subjective et objective d'un chacun.

Tout acte conscient - et dépendant donc d'un savoir - s'inscrit dans la règle morale. L'acte moral n'est ainsi pas posé en fonction d'une obligation ou d'un interdit. La morale ne se réfère pas à une notion de bien ou de mal. La morale ne dicte aucune règle sexuelle spécifique. L'acte devient moral quand, librement posé, il se réalise en harmonie avec le savoir de la conscience. Or il est remarquable que la règle de conduite généralement imposée en Occident, est une norme d'obéissance très "passive" qui invite à se conformer à l'environnement social.
 
L'enseignement de la morale classique se résume trop souvent à interdire.
 
D'un point de vue religieux, cette passivité est flagrante. Dieu a édicté ses Lois. Il nous faut nous y soumettre. Il ne nous reste aucun rôle dans l'œuvre créatrice d'un Univers.
 
Nous avons par ailleurs souligné que cette œuvre créatrice est maintenant affirmée comme définitivement achevée:
 
Gn II, 2&3                                                                            
       Elohim achève son ouvrage qu'Il avait fait,
       au jour septième ...
       En lui Il chôme de tout son ouvrage
       qu'Elohim crée pour faire.
 
Quel que soit l'entendement que nous accordions au terme "création" (fabrication à partir de rien; ou réalisation à la manière d'un artisan), affirmer que l'œuvre est achevée, c'est réduire à la passivité. C'est une manière d'installer la "dictature de Dieu".

Ce n'est pas le lieu ici d'analyser combien un concept religieux est toujours à la merci de trois types classiques de récupération:
- récupération "morale",
- récupération "politique",
- récupération "théologique".
 
Les monothéismes boucleront la récupération théologique, en affirmant que la Révélation elle-même a reçu son point final dans les textes sacrés (Nouveau Testament pour les Chrétiens; Coran pour les Musulmans). La Révélation, elle aussi, devient définitivement figée.
 
L'achèvement de l'œuvre de création par Dieu lui-même s'inscrit dans le même type de récupération, à fin morale et politique. L'homme n'a plus de responsabilité personnelle, il ne lui reste plus qu'à obéir. L'acte - qui est la traduction du mouvement - perd son importance essentielle.
 
L'intention (de l'âme) devient plus importante que l'acte (du corps). Et quand le terme de "relation" est utilisé en morale, il y perd son sens d'interférence, et est toujours réduit à la seule convivialité. Il n'y a pas de place pour l'acte qui transforme.
 
Il reste ainsi à écrire encore une morale "quantique" avec une unité d'interférence de l'acte en dehors de lui-même. Il n'y a pas de règle de conduite (morale) édictée dans l'optique d'une meilleure transformation, d'une mutation, d'une création.
 
L'affirmation d'une création maintenant achevée entre pourtant en complète contradiction avec les savoirs de nos sciences. L'Univers ne cesse de se transformer et de s'inventer sous nos yeux: comme le proclament dans leur évidence, toutes nos observations.
 
-   En astrophysique, avec les supernovae, et les jets de matière dans les ponts lumineux intergalactiques.
-   En biologie, avec la marche de la vie vers une évolution            constante.
 
 

Les acquis de la science
 
Aucune vérité fondamentale ne se dégage des savoirs scientifiques. Il n'y a pas de certitude scientifique. Mais bien plutôt des descriptions provisoires et plus ou moins fidèles, d'un réel proposé en l'état actuel des connaissances. Les théories reposent elles-mêmes sur des principes affirmés mais souvent non-démontrés. Mise à part une relative efficacité de notre emprise sur la matière qui nous environne, il n'y a pas de réel progrès dans notre connaissance du domaine de ce que nous avons appelé "Le Mystère".
 
Il y a cependant des savoirs que nous revendiquons comme "vrais".

-   La planète Terre a une forme plus ou moins sphérique.
    Nous l'avons photographiée sous tous les angles.
    Cette connaissance est un acquis qui ne sera plus remis
    en question.

 
-   Nous appliquons les règles de la gravité par des voyages
      dans le proche espace. Le succès des trajectoires ainsi                réalisées nous permet de confirmer ces "lois" et de les                considérer comme "vraies".

 
-   La médecine nous a appris que ce sont souvent des                     organismes pathogènes qui sont responsables des maladies.     C'est un acquis par rapport à la conception médicale des             "humeurs".
 
Nous avons ainsi un important arsenal de connaissances que nous pouvons considérer comme des descriptions fidèles de réalités présentées dans leur vérité.
 
Il est dès lors légitime que nous revendiquions une certaine cohérence entre l'ensemble des connaissances auxquelles nous nous référons. Il serait anormal que nous affirmions "noir" dans un discours biologique et que nous disions "blanc" dans le discours social ou religieux. C'est pourtant ce type d'incohérence dans le discours qu'il nous semble utile de dénoncer ici.
 
Représentons-nous la Terre. Le dessin tentera de nous figurer l'image d'un ballon. Pourquoi, dès lors, perpétuer l'image religieuse "qu'il est descendu aux enfers ... et puis qu'il est monté aux cieux" ?
 
Cette allégorie ne trouve son sens que dans la seule représentation d'une terre plate, couverte en haut par une coupole céleste, et supportée par un monde inférieur (très souvent demi-sphérique lui aussi). L'image des cieux-en-haut et de l'enfer-en-bas n'a bien entendu aucune conséquence, ni philosophique ni religieuse. L'exemple est simplement évident. Mais il existe d'autres allégories qui pourraient avoir de réelles répercussions sur notre manière d'envisager notre présence actuelle dans le Monde.
 
Nous avons déjà relevé l'allégorie de l'acte créateur alors que nous n'aurions plus aucun rôle à jouer dans cette création.
 
Il y a sans doute encore le mythe de la Personne, dans son importance. Je voudrais, pour illustrer ce qui me semble être un leurre, prendre trois exemples qui me semblent convergents.
    - le premier en physique:                             la lumière.
    - le deuxième en psychologie:                    la pensée.
    - le troisième en biologie:                               la vie.
 
 
 
 
En physique
 
L'exemple nous sera fourni par un mode de propagation de la lumière. Sans entrer ici dans le détail des diverses hypothèses, j'aimerais m'attarder aux relais en chaîne des "mésons-μ".

Il s'agit de particules subatomiques dont je voudrais
   [[26]]
souligner le mode particulier de relais dans l'espace.                     
 
Chaque méson-μ naît du bombardement de la haute atmosphère par des rayons cosmiques. Chacun, vu sa vitesse, parcourt une distance d'environ dix mille mètres, pour disparaître ensuite, tout en étant relayé dans sa course, par d'autres mésons-μ qui, apparus eux-mêmes dans une naissance analogue à celle des premiers, en continuent la trajectoire. Ils disparaissent à leur tour, quand ils ont épuisé leur durée de vie.
 
Mais leur trajectoire est continuée et aussitôt reprise en charge par d'autres mésons-μ. Nous voici devant un mode de propagation étrangement évolutionniste. Le méson-μ permet ainsi la propagation au delà de lui-même, d'un rayon lumineux né bien avant lui. Il transporte matériellement, mais dans une trajectoire limitée, une information lumineuse qui le prolongera.
 
Il me paraît utile de rappeler ici la notion de "vecteur" que j'évoquais au tout début de cette étude. Le rayon lumineux est le vecteur (non matériel) de toutes les particules (réelles) qui l'auront transporté.



La propagation de la pensée
 
Rappel physiologique
 
On a noté la faculté des micro-organismes à se laisser marquer par l'expérience. Au niveau cellulaire déjà, il nous faut faire appel au concept de "mémoire". Cette trace du passé se détecte par une plus grande aptitude de la cellule vivante (une amibe par exemple) à vivre une deuxième fois son expérience, plutôt que d'y réagir une première fois. Et l'on a également noté l'impossibilité de retourner à un état antérieur qui aurait en quelque sorte "oublié" une expérience déjà vécue. Les expériences sont indélébiles.
 
Une image très incomplète nous proposera une bulle sous pression, comme un ballon d'enfant, par exemple; ou une chambre à air de bicyclette. Qu'une excroissance vienne à en déformer une première fois la surface, suite à la pression interne, il nous sera sans doute possible de réduite cette hernie; mais sans pour autant jamais parvenir à effacer définitivement la vulnérabilité du point où la surface s'est initialement déformée.
 
C'est dans ce sens que je me plais                            [[27]]
à comprendre la "volonté" représentée ici par la pression interne du ballon; et la "mémoire" que j'ai décrite comme le point de vulnérabilité.
 
Les expériences s'inscrivent ainsi dans la durée, par une trace qui marque certaines particules.
 
Le calcul matriciel nous confirme que, de la rencontre de deux particules distinctes portant chacune une trace différente d'expérience, naîtront par le jeu combinatoire des synapses, quatre expressions potentielles de ces expériences combinées. Pour peu que nous augmentions le nombre des particules échangeant entre elles leurs "mémoires", nous établissons aussitôt un réseau rapidement très complexe de potentialité d'expression de ces diverses expériences.
 
J'ai toutefois noté les remarques de J. MONOD:                [7]
 
-   On est loin encore cependant, d'une interprétation de la transmission synaptique en termes d'interactions moléculaires. Problème essentiel cependant, puisque c'est là sans doute que réside l'ultime secret de la mémoire.
 
    On a depuis longtemps proposé que celle-ci est enregistrée sous forme d'une altération plus ou moins irréversible des interactions moléculaires responsables de la transmission de l'influx nerveux au niveau d'un ensemble de synapses. Cette théorie a pour elle toute la vraisemblance, mais pas de preuves directes.
 
-   Une théorie selon laquelle la mémoire serait codée dans la séquence des radicaux de certaines macromolécules (acides ribonucléiques) a trouvé créance récemment auprès de certains physiologistes. Ceux-ci croyaient apparemment rejoindre ainsi et utiliser les conceptions tirées de l'étude du code génétique. Or cette théorie est insoutenable au regard, précisément, de nos connaissances actuelles sur le code et les mécanismes de la traduction.
 
L'arc réflexe trouve ici son explication la plus claire. Des points sont sensibilisés (mémoire) et déclenchent la réaction réflexe (chimico-physique) dès qu'une excitation suffisante est portée à ces points traumatisés par une expérience précédente. On admet généralement que le cerveau est le siège de la pensée. Il nous faudra toutefois étendre au cerveau, outre le système neuronal dont il est le siège, toute la structure des nerfs tactiles (jusqu'en leurs localisations cutanées) et le système moteur qui y répond. N'oublions pas non plus les centres neurovégétatifs qui semblent n'occuper qu'une fonction relativement secondaire dans la vie psychique consciente.

 
La transmission synaptique
 
Il me semble important de rappeler ici la topologie synaptique des neurones. Chaque cellule nerveuse en effet, tout en étant intimement orientée vers les centres nerveux voisins, n'en demeure pas moins totalement indépendante. Physiquement, nous ne détectons aucun contact matériel, mais simplement des orientations, des rapports. C'est ce que l'on appelle les synapses.
 
De l'un à l'autre, les neurones restent des entités hermétiques, avec seulement des possibilités d'entrer en communication pour ainsi permettre le passage de l'influx nerveux. Mais également avec la possibilité d'interrompre le passage de cet influx pour le diriger dans une autre voie. On ne peut mieux comparer la synapse qu'avec un interrupteur multidirectionnel. Les plus récentes approximations situent aux environs de trois mille, le nombre moyen de voies synaptiques dont chaque neurone semble être le carrefour.
 
Le cerveau humain est ainsi la somme d'un circuit de neuf milliards de cellules totalement indépendantes les unes des autres, mais intimement liées chacune à l'ensemble.
 
Et l'influx nerveux nous apparaît comme l'énergie uniforme et basique de tout le système; mais qui ne traverserait le cerveau qu'à travers le jeu préférentiel des synapses.
 
Dans de telles conditions, il est matériellement presque impossible de chercher à localiser les traces traumatiques d'expériences individuelles, au sein de ces neuf milliards de neurones. Et ceci d'autant plus que nous avons imaginé des sensations simples, qui auraient chacune laissé une trace individualisée (traumatisme simple) dans un seul neurone particulier. Il est raisonnable de penser que la majorité des sensations, plus fortes et plus complexes, auront laissé des traces traumatiques dans plusieurs neurones simultanément.
 
D'autres expériences enfin emprunteront la voie de neurones déjà "mémorisés" par des expériences précédentes, pour se fixer dans leur singularité seulement, par un nouveau traumatisme dans un neurone neuf.
 
Des images de neurones obtenues par nos microscopes à balayage, nous montrent des cellules en forme d'araignées, avec des pattes innombrables enchevêtrées les unes dans les autres, mais ponctuées de "nodules" qui restent encore scientifiquement mystérieux quant à leur fonction exacte. Il ne me paraît pas fou que la mémoire puisse s'inscrire sous forme de ces nodules répartis sur les diverses branches inter synaptiques.
 
La comparaison s'impose ici avec la cybernétique. Tout un chacun connaît la puissance fonctionnelle de nos ordinateurs. Personne n'ignore cependant que le plus puissant de ces ordinateurs serait strictement incapable de la plus élémentaire des opérations de calcul, s'il n'avait d'abord été "programmé".
 
De même, en une certaine mesure, pouvons-nous nous représenter notre système cérébral comme une mécanique physico-chimique extrêmement perfectionnée, simple dans son principe, mais ultrasophistiquée dans sa structure la plus élémentaire déjà; et qu'il nous faut également programmer. C'est l'ensemble justement, des diverses expériences de la vie, qui lui procureront cette programmation indispensable.

 
La mémoire
 
A l'appui de ce schéma sans doute très simplifié, j'évoquerai le caractère purement expérimental de chacun de nos concepts, fussent-ils les plus abstraits. Beauté, divinité, mathématique: autant d'abstractions s'il en est; mais qui toutes trouvent leur entendement dans les donnés de notre expérience la plus concrète.
 
J'envisage donc la pensée abstraite comme la connexion de différentes mémoires d'expériences, triées par le principe synaptique de notre cerveau, de manière telle que n'apparaissent seulement que les impressions qui auront causé des traumatismes neuronaux dépouillés des objets concrets qui auront servi de suppôts à ces impressions.
 
Prenons les exemples suivants qui laisseront des traces traumatiques à travers des impressions diverses:
-   La lune est claire et ronde.
-   Cette table ronde est en bois.
-   Ce ballon de cuir est rond.
 
Les trois objets matériels (lune, table et ballon), ont tous trois transité par le neurone traumatisé par la mémoire de ce qui est rond.
 
D'autres exemples pourraient mettre en évidence le neurone traumatisable par tout ce qui bouge.
 
La connexion artificielle de deux neurones entre eux, en dehors de tout objet matériel concret, me permettrait de mettre ensuite en relation la mémoire de "tout ce qui est rond", avec celle de "tout ce qui bouge". Nous obtenons ainsi le concept "abstrait" de "mouvement circulaire".
 
C'est en somme le tri dans la connexion des neurones entre eux qui permet l'abstraction, à la seule condition que cette sélection élimine les objets matériels concrets qui auront été les suppôts des impressions reçues par le cerveau.
 
Or, pour faciliter cette sélection, nous avons un merveilleux outil, empirique sans doute, mais d'expérience lui aussi, et qui relève d'un comportement également dirigé à l'origine, par la mémoire. C'est le langage.
 
Un chapitre en fin d'étude traitera de ce rapport.

Je voudrais simplement relever que, comme dans le cas du méson-μ, nous nous trouvons devant un message transporté physiquement par un réseau de molécules extérieures à ce message, mais qui lui servent de vecteurs.
 
Et à nouveau, le vecteur non matériel de la mémoire à travers les cellules bien réelles de notre système cérébral.
 

   
La transmission de la Vie
 
 
La Vie est un axiome. A ce titre, elle ne se démontre pas, elle ne se définit pas. C'est un présupposé. Ainsi, l'objet-même des recherches de la biologie semble ne jamais avoir été défini. Il ne m'a pas été possible de trouver une description de la "Vie".
 
On cherche vainement une telle définition chez les naturalistes de l'âge classique, tels BUFFON ou LINE. En fait, jusqu'au XIXè s., la vie est assimilée à ce qu'Aristote appelait l'âme.
 
LITTRE définit l'âme comme:
Principe interne de toutes les opérations des corps vivants, plus particulièrement du principe de la vie dans le végétal et dans l'animal. L'âme est simplement végétative dans les plantes et sensitive dans les bêtes; mais elle est simple et active, raisonnable et immortelle dans l'homme.

 
Xavier BICHAT (1800), le fondateur de l'"anatomie générale", décrit:
La Vie est l'ensemble des fonctions qui résistent à la mort.
 
En 1900, LAROUSSE définissait la Vie comme :
Etat des êtres organisés qui se manifeste par le fonctionnement de leurs organes, concourant, par l'assimilation, au développement ou à la conservation du sujet et de son état propre: la vie, c'est l'organisation en action.
 
Un siècle plus tard, le même LAROUSSE décrit la vie comme:
Ensemble des phénomènes (nutrition, assimilation, croissance, reproduction...) communs aux êtres organisés et qui constituent leur mode d'activité propre de la naissance à la mort.
 
Jacques RUFFIE, plusieurs fois cité dans ces notes, commence tout de go son "Traité du Vivant" par:                                     [6]
 Tous les animaux et les végétaux exigent pour persister et se reproduire un apport constant d'énergie.
 
L'Universalis, en sa rubrique Vie:
Tout donné de l'expérience dont on peut décrire une histoire entre sa naissance et sa mort.
 
Il n'y aura nulle part de définition du "vivant".
 
Je n'aurai pas la prétention d'inventer "la définition scientifique de la vie". Mais certaines observations pourront peut-être nous aider à mieux situer cette vie. Je relaterai ainsi l'expérience suivante, relative à la transformation bactérienne.

Je rappelle les deux souches de pneumocoques:
-   la bactérie S qui, inoculée à la souris,
        provoque une pneumonie mortelle;

-   la bactérie R qui se révèle
        inoffensive dans les mêmes conditions.

 
Dès 1928, le bactériologiste anglais GRIFFITH avait remarqué que s'il injectait des bactéries S (virulentes) tuées par la chaleur, aucune souris ne tombait malade. Tandis que s'il inoculait en même temps des bactéries S tuées et des bactéries R vivantes (mais inoffensives):
-   d'une part, les souris mouraient rapidement;
-   d'autre part, elles portaient dans leur sang
        des bactéries S vivantes.

 
Ainsi, la seule présence de matériel mort de type S a provoqué la transformation du type R non-virulent. Cette expérience a, par la suite, été étendue à de nombreuses autres souches bactériennes, tout en restant inexpliquée, jusqu'en 1944.
 
C'est alors qu'AVERY, Mc LEOD et Mc CARTY ont démontré que le facteur transformant n'était autre que l'ADN (principale substance constitutive des chromosomes). En fait, les bactéries vivantes R mutent, en incorporant à leur chromosome, des brins d'ADN provenant des bactéries S tuées. L'ADN, même purifié, conserve intégralement son activité transformante. Ainsi, la mutation bactérienne correspond bien à un transfert d'hérédité par produit chimique inerte.
 
Et Jacques RUFFIE d'ajouter cette remarque:           [[28]]
 
    La découverte de la transformation bactérienne et de son mécanisme amène à revoir fondamentalement la notion-même de mort. La bactérie S tuée par la chaleur est indiscutablement morte. Et cependant, elle demeure capable de transférer l'essentiel de son information (c'est à dire tout ce qui fait son originalité) à une souche initialement différente qui prendra désormais sa personnalité.
 
    La bactérie S est morte, non ses chaînes d'ADN. Et il en est ainsi tant que ces macromolécules ne seront pas dénaturées.
 
    La mort apparaît donc comme la dissociation des informations provisoirement rassemblées en un individu dont l'existence doit prendre fin un jour ou l'autre, alors que les informations qui passent dans d'autres individus peuvent se perpétuer indéfiniment.
 
La transmission suivant le mode vectoriel prend encore ici toute sa signification.
 
 
 
 
 
QUELQUES REFLEXIONS
 
 
 
 
 
Les vecteurs
 
 
 
Je viens de souligner trois modes de propagation qui me semblent avoir de nombreux points communs.
 
Le rayon lumineux est étonnamment permanent (il peut avoir été émis voici plusieurs milliards d'années), par rapport à la durée de vie supposée (10-23 sec) de la particule qu'il emprunte pour sa trajectoire.
 
La pensée est étonnamment permanente dans ses mémoires (certains réflexes trouvent leur origine voici plusieurs centaines de millions d'années) par rapport à la durée de vie des hormones cérébrales qui permettent les synapses cérébrales.
 
La vie est étonnamment permanente (elle se transmet de vivant à vivant depuis les origines) par rapport aux individus qui la colportent d'une génération à l'autre.
 
Dans les trois exemples cités, la "chose" - toujours axiomatique, et donc jamais définie - a été:
-   assumée (prise en charge) par son vecteur,
-   transformée par l'empreinte de ce vecteur,
-   transmise, marquée de cette empreinte.
 
Nous nous trouvons, me semble-t-il, devant un mode de transmission à portée universelle. C'est ce type de propagation que j'ai décrit comme étant vectorielle. Et dans une telle optique, c'est le vecteur (non-matériel) qui l'emporte, en valeur de réalité, sur les individus concrets qui le matérialisent.
 
Y aurait-il un sens à nous interroger sur les générations successives de photons, puis de mésons qui auront véhiculés le message visuel du rayon lumineux? Y aurait-il un sens à vouloir retracer la généalogie des expériences moléculaires qui auront tracé les mémoires individuelles de notre psyché? Or, nous nous obstinons à chercher un sens à l'individu qui véhicule la vie, et transmet les concepts de son psychisme.
 
 
  
 
Point de vue vectoriel
 
  
Il y a maintenant quatre mille ans certainement (peut-être plus) que l'homme se pose l'éternel problème, qualifié de fondamental, de sa mort surtout, mais également de sa vie et de sa naissance. Et depuis tout ce temps, l'interrogation reste sans réponse satisfaisante.
 
On peut évidemment, comme je m'y résignais en début de la présente étude, se rallier à la conviction d'un Paul DIEL et affirmer simplement:                                                       [3]
            Le mystère est indiscutable.
            Le mystère est l'évidence spirituelle.
 
La physique quantique nous a d'ailleurs défini nos connaissances dans des limites absolues de temps: au delà du Temps de Planck, et en deçà de l'horizon cosmologique.
 
Mais la réalité de l'homme s'inscrit-elle vraiment par delà ces limites? Ne pourrions-nous pas plus raisonnablement envisager que l'absence de réponse provient d'un contresens dans la formulation des énoncés? A la manière du problème qui, sur base de la vitesse des trains et de la distance entre les terminus, se termine par une question sur l'âge du chef de gare.
 
Lorsque la philosophie (ou les religions) s'interrogent sur le sens de la vie ou sur celui de la mort, c'est évidemment la Personne qui est mise en cause. Et la réponse relative à l'individu est souvent formulée en termes de désespérance, d'absurde ou d'injustice.
- Il est mort trop tôt.
- Ce sont toujours les meilleurs qui ...
- Seigneur, donne-lui le repos éternel.
    [Comme si l'Univers avait été créé pour se reposer (!)]
 
Dans une optique vectorielle, la synthèse gomme la réalité des objets, et dégage la cohérence de mouvements apparemment anarchiques dans leur diversité, comme je l'écrivais dès mon introduction.
 
En situant la personne dans le mouvement d'ensemble dont elle émane, l'évaluation de sa vie se base désormais sur sa place et son rôle dans l'élaboration de son Univers.
 
-   Sa fonction a-t-elle été bien remplie?
        Etait-ce quelqu'un d'important pour les autres?

-   Quelles traces laisse le défunt dans la mémoire collective?
-   Quelles suites possibles a-t-il laissées
        à ceux qui continuent sa vie?

-   Quel sera son héritage (génétique, culturel, intellectuel)?
 
Ainsi posées, les questions ne se formulent plus en termes d'absurde.
 
L'acte moral, défini par la religion, me semble très passif lorsqu'il s'accomplit dans une création définitivement achevée. Le même acte prend par contre tout son sens, dans un Univers du devenir duquel nous portons, en partie au moins, la responsabilité.
 
L'acte individuel responsable, situé dans le vecteur d'une action collective à long terme, ne s'évalue pas en termes de justice ou d'injustice. Le concret est alors remplacé par l'efficacité.
 
Il y a des situations intuitivement révoltantes: la disparition d'un proche; la mort d'un jeune ou d'un enfant; la souffrance "absurde" des guerres; les inégalités de toutes sortes; la pauvreté; l'erreur, tout simplement. Dans une optique vectorielle de création continue, ces tentatives avortées prennent un sens. La novation tous-azimuts est à ce prix.
 
Je n'ai jamais eu l'intention de prêcher une morale. Je présente simplement ici une manière de me positionner devant la problématique de ma vie et de ma mort.
 
Une analyse vectorielle met particulièrement en relief la relation d'amour. Assumer, transformer et transmettre. C'est une définition de l'amour que je ne rejette certainement pas.
 
La vision vectorielle avantage les influx de la vie et de la pensée par rapport aux individus qui les concrétisent. Si la fonction de l'individu (fût-il encore une personne) est de prendre en charge, transformer et transmettre ces influx dans leur continuité, comment alors interpréter l'acte contradictoire d'appropriation personnelle des objets, à usage exclusif? Que devient, dans ces conditions, la propriété privée?
 
 
 
A suivre ...
 
 
Au terme de cette réflexion, me voici avec l'inconfortable impression de ne pas avoir terminé ma pensée.
-   Ai-je vraiment le droit de mettre ainsi un point final,
        après de trop vagues insinuations?

-   N'ai-je pas eu le courage de prolonger dans les actes,
        une méditation si facile en chambre close?

 
Ce n'est pas une question de courage ou de lâcheté. Cette étude trouve ses premières rédactions vers les années 1965. Il m'a fallu ces quarante–cinq ans pour mettre en place les structures d'individus-personnes, infimes par rapport aux réalités dont ils sont investis.
 
Quelles sont ces réalités que nous avons mission de transmettre, marquées de notre empreinte individuelles? Et dans le cas de la transmission par voie humaine, quelle responsabilité recouvre la transmission à travers l'empreinte d'une personnalité?
 
-   Le hasard aveugle renoncerait-il à ses sélections aléatoires, par le truchement d'un savoir (vecteur) matérialisé par la multitude des consciences individuelles?
 
-   Le mécanisme de réflexion (humaine) de cette conscience très universelle, nous donnerait-il la responsabilité spécifique de diriger le hasard? Serions-nous ainsi investis d'un "dessein divin"?
 
La biologie d'aujourd'hui se pose la question.
Ainsi Ch. DEVILLERS, lorsqu'il présentait l'ouvrage de J. RUFFIE, dans le N°135 de La Recherche:
 
    L'individu-insecte n'apprend rien de sa société. Et, de l'étude de celle-ci, l'homme ne peut tirer aucune conclusion concernant la sienne propre, contrairement aux affirmations de certains sociobiologistes.

    L'individu-homme au contraire, apprend de la société, et ce savoir se transmet, s'amplifie, dans les générations successives.

    Déterminisme génétique, contrôle génétique jouent toujours dans la société humaine, mais ont perdu leur pouvoir exclusif.

     Apprentissage et transmission de la connaissance permettent à l'homme de contrôler, d'infléchir l'évolution.
 
Au détour de mon chemin personnel, j'ai découvert le "Mystère" d'un point de vue apparemment peu fréquenté. Mon panorama de l'Univers me dévoile un paysage qui se construit. Et je me sais y occuper une place responsable.
 
Autour de moi, une foule de gens ne se soucient pas de cet Univers en devenir, et se complaisent en eux-mêmes. Ils se servent. A l'image d'une fourmi sur un volcan.
 
C'est merveilleux, une fourmilière.                         [[29]]
Son architecture - aveugle – dépasse en complexité   
n'importe quelle construction humaine.
Mais le destin d'un insecte fourmi ne semble pas occuper beaucoup d'importance au sein de sa société.
 
Si l'insecte est un individu,                                         [[30]]
il ne semble pas être une "Personne".
                                    

Et c'est sur base de cette distinction que nous nous arrogeons tous nos droits privés.
 
De mon point de vue panoramique, il me semble que l'individu n'occupe pas beaucoup de place à travers sa seule personnalité. Une guerre ou une catastrophe naturelle élimine nos individus-personnes au même rythme qu'une bavure de lave sur le volcan de la fourmilière.
 
Mais au même titre que nous, la fourmi était porteuse de vie et d'un savoir que la coulée de lave n'éliminera sans doute pas. Après l'éruption, d'autres insectes, avec d'autres vies et d'autres savoirs.
 
Des collectifs d'étude ont bien tenté de s'attaquer         [[31]]
au problème de l'économie de marché, dans une optique relativement parallèle à la pensée vectorielle que je propose ici.
 
Pour l'heure, il me reste cette impression de considérations trop vagues s'ouvrant sur des conclusions prématurées, ou des réflexions à peine ébauchées.
 
Resterez-vous ainsi sur votre faim et sur ma fin?
 
Nous venons d'à peine avoir dessiné une première voie dans la direction morale où semble nous conduire toute notre démarche. C'est rassurant d'une part, car il aurait été inquiétant qu'une telle méditation ne débouche en dehors d'actes concrets.
 
Il est d'ailleurs certain que, pour autant que nous soyons le "vecteur" d'une impulsion cosmique, notre conduite doit - si elle veut trouver son épanouissement et se perpétuer dans cette "Eternité" de notre mythologie occidentale - s'inscrire dans le sens vectoriel qu'elle transporte.
 
Il nous reste certes:
 
-   à entamer le dépouillement de ces règles morales qui constitutionnaliseront les grands principes d'action de notre humanité accédée depuis peu, aux dimensions galactique et atomique.
 
-   à établir les corollaires de ces principes, pour nous dicter les rapports, les devoirs, et nos obligations envers les autres univers vivants, mais également envers les fractions différentes et souvent divergentes (voire opposées) de ce monde concret que supporte notre société.
 
-   à nous proposer enfin des règles simples de conduite journalière individuelle, au sein de notre société et envers nous-mêmes surtout, sans oublier les angles vectoriels divergents que nous avons le devoir d'imprimer à notre "volonté cosmique personnelle".
 
Les sciences trouveront peut-être à leur tour des caps nouveaux d'orientation, dans ce nouveau "code moral", puisque nous pouvons prévoir qu'en déplaçant leur point d'origine (quant à leur objet), nous devrons également varier leurs points d'impact.
 
Mais cette voie ne s'ouvre-t-elle pas sur la déraison?



 
NOTE 1
 
 
Alexandre FRIEDMANN a rédigé dès 1922, les équations qui traduisaient la théorie de la Relativité générale publiée en 1915 par Albert EINSTEIN. L'évolution de l'Univers a ainsi été décrite dans la formule:
 
   Ω               Λc²
     __   =  qº  +    
   2               3H²
 
                                     ρ 
Par définition  Ω  =  ———
                                ρcritique
 
Λ  = Constante cosmologique introduite par Einstein
            pour compenser la composante G de  ρcritique.
       Elle s'est avérée inutile dans la formule.
 
ρcritique              =  densité au delà de laquelle la gravité (G) serait assez forte pour stopper l'expansion.
 
                               3H²
                         = ———
                              8πG
                                                 
 ρ  = densité moyenne de la matière dans l'Univers 
 q° = paramètre de décélération de l'Univers       
 H = inverse de l'âge de l'Univers (Age α=1/H)     
                                                             
 
 
 
 
 
 
Ces trois paramètres cosmologiques (ρ, q° et H) devraient être mesurables. Mais on a jusqu'à présent, échoué à déterminer la densité moyenne de la matière (ρ). Et l'âge de l'Univers a été déterminé avec un important facteur  d'incertitude.    [[32]]
 
Nous continuons donc à hésiter entre les modèles d'un Univers ouvert (Ω <1), fermé (Ω >1) ou plat (Ω =1).
 
-   q°   Le paramètre de décélération est déterminé:
                        ρ                    2 π
          q° =  ————   =    —————
                   2 ρ critique                3H²
 
-1/H   (âge de l'Univers)
est affecté d'un facteur d'incertitude dû à l'imprécision dans le calcul du paramètre de décélération ρ.
         
 
- ρ (densité moyenne de matière dans l'Univers)
      reste à déterminer.
 
 
 

NOTE 2
 
E = mc² est la forme simplifiée retenue par la mémoire collective. La formule initiale comportait un paramètre supplémentaire: l'impulsion de la particule. Dans un Univers en mouvement, toute particule est en déplacement.
 
A la formule qui traduit la totalité de l'énergie de la particule, il faut donc retrancher l'énergie dépensée pour son déplacement. De même qu'il nous faut retrancher d'un tracteur, l'énergie nécessaire pour son fonctionnement; et les 130 CV de son moteur se traduiront par 100 CV d'énergie utile.
 
La formule complète est ainsi:
                   
          E²-p²c² = m²c4                       
          
    où p = l'énergie d'impulsion.
 
Dans le cas improbable (voire impossible) d'une particule au repos, la dynamique d'impulsion serait nulle et le produit p²c² égalerait zéro. Et dans cette très théorique figure d'école, la formule pourrait alors se lire:
 
E²-0 = m²c4,
    = m²c4,
 
En tirant la racine des deux termes on obtient
 
 
    
       E = mc²




     

BIBLIOGRAPHIE
 
Ecole Biblique de Jérusalem  (BJ)
    La Sainte Bible                               
                                                            DDB             1955
André CHOURAQUI
    La Bible                  
                                                            DDB             1989
 
 
ALBERIGO G.
[16]      Les Conciles Œcuméniques (3 vol.)  
                                                                        1994
DIEL Paul
[3]        La divinité (symbole et signification)
                                                Payot                1975
 
DOBZHANSKY Th.
[11]     Genetics and the Origin of Species                     
                        Réed:              N.Y.                1937                                                  
                        Columbia University Press     1982
 
DUMEZIL Georges
[15]      Mythe et épopée (I - III)                                             
                                                Paris                1968-73
 
ELIADE Mircéa
[10]      Histoire des Croyances et des Idées Religieuses                                             (3 vol.)                                                                             
                                                Payot               1976-1983
MONOD Jacques
[7]        Le Hasard et la Nécessité                                          
                                                Seuil                1971
 
PETIT Etienne
                        Mosaïques     Calligraphie     1992-2005
                        Moïse: Ou? Quand? Comment
[13]                  Moïse: Le malentendu
                        Moïse: Le fleuve d'en face
                        Moïse: Le schisme
[14]                  Moïse: L'Alliance
[18]                  Moïse: L'amalgame
                        D'Abraham à Moïse
                        Moïse; Prophète de l'Occident
 
REEVES Hubert
[19]      L'Heure de s'enivrer                                                   
                                                Seuil                1986
 
REVEL Jean-François (& Matthieu RICARD)
[23]      Le moine et le philosophe                              
                                                Nil                    1997
 
RUFFIE Jacques
[6]        Traité du Vivant                                                          
                                                Fayard             1982
 
 
RUYER Raymond
[22]      La Gnose de Princeton                      
                                                Fayard             1974
 
TEILHARD de CHARDIN Pierre                                         
                                                Seuil                1955-60
[1]        Le Phénomène Humain
[9]        La Vision du Passé
[5]        L'apparition de l'homme
[4]        La Place de l'Homme dans la Nature
             (Le groupe zoologique humain)                    
                                                Alb. Michel      1966
THUAN Trinh Xuan
[20]      Le Chaos et l'Harmonie                                             
                                                Fayard             1998
 
VANDERSLEYEN Claude
[21]      L'Egypte et la Vallée du Nil                            
                                                PUF                 1995
 
VAN RINSVELD Bernard
[17]      Un Cryptogramme d'Amon                                       
                                                MRHA (Bxl)    1993
 
WEINBERG Steven
[2]      Les trois premières minutes de l'Univers                                                                      
                        Seuil (Science ouverte)            1978



Notes et commentaires



[1]                      Cosmogonie héliopolitaine (Egypte)

[2]                      Enuma elish , récit babylonnien.   Règne de Nabuchodonosor                                 (~1224 - ~1209)

[3] La Bible       D'après la traduction d'André CHOURAQUI.
                    Première rédaction probable vers ~980
                       
 
[4] Résumé du "Modèle Standard"               
                        texte de st. WEINBERG (Prix Nobel de physique 1979)
                        Les trois premières minutes de l'Univers.

[5] La physique décrit ces limites.

[6] Nous noterons au passage que le mètre n'occupe pas une position centrale entre 1x10-15 (diamètre évalué du proton) et 1x10+28 (diamètre supposé du cosmos). Une telle évaluation – qui n'a pas beaucoup de sens à mes yeux – nous situerait plutôt vers le premier tiers dans le sens du plus petit.
 
[7] R.H. DICKE        Nature N°192, 1961.

[8] J.D. BARROWE& F. TIPLER                         
                The Anthropic Cosmological Principe 1986
 
[9] J.A. WHEELER & C.A. PATTON
                        Is Phisics legislated by Cosmogony?  
[10]  F. DYSSON
                        Disturbing Universe

[11] H. REEVES
                        Patience dans l'azur                                     1981
                        Poussières d'étoiles                                     1984
                        L'heure de s'enivrer                                     1986

[12] Trinh Xuan THUAN
                        La mélodie secrète                                       1988
                        Le chaos et l'harmonie                                 1998
 
[13] Donner un nom est philologiquement synonyme de "affecter à un usage déterminé", "donner une fonction".
 
[14] Armée, dans la Bible, désigne souvent les astres.
 
[15] La seule langue officielle de l'Eglise est le latin.         
     C'est ici la traduction de référence 
        G. ALBERIGO: [16] "Les conciles œcuméniques" 1994.

[16] TEILHARD de CHARDIN: "La place de l'homme dans la nature"   1958.
 
[17] Depuis octobre 1967, la 13è Conférence Générale des Poids et Mesures a défini la seconde comme étant "la durée de 9912631770 périodes de la radiation correspondant à la transition entre deux niveaux hyperfins de l'état fondamental de l'atome de césium 133. Une définition se référant à une transition atomique permet une précision de l'ordre de 1 seconde en 30.000 ans.
 
Remarquons ici que les scientifiques jugent rarement utile de préciser les notions de temps, moment, instant, etc... La physique semble confondre l'Instant et la Durée. Elle se contente de considérer le paramètre T (temps).
 
 
[18] Tr. X. Thuan                     La Mélodie Secrète [p.76]     1988-1994
 
[19] Steven WEINBERG
                        Les trois premières minutes de l'Univers
 
[20]  Le modèle standard est parfois contesté. On lui reproche de ne prendre en compte que les seules particules positives, alors que l'existence de particules d'énergies négatives pourrait expliquer des phénomènes d'éjection à grande échelle. La théorie classique ignore le fond d'ondes radio, les rayonnements infrarouges, ainsi que le fond de lumière stellaire. Le modèle standard "récupère" le rayonnement fossile de 2,73 °K comme la signature du big-bang, mais ne donne aucune explication sur cette valeur.
 
[21] Tr. X. THUAN: La Mélodie Secrète
        La conversion d'Hydrogène en Hélium est la réaction nucléaire la plus                 énergétique.
       
C'est cette énergie qui est recherchée dans les bombes H.
 
[22]  Voir note 2 en annexe

[23] Le flou quantique s'exprime par les équations:
                Δx.Δv ³ ħ/2π
                ΔE.Δt ³ ħ/2π
  ħ  = la constante de Planck (6,6262 x 10-34Js)
                         Δx = l'incertitude sur la position,
                         Δv = l'incertitude sur la vitesse,
                         ΔE = l'incertitude sur l'énergie,
                         Δt = l'incertitude sur la durée de vie.
Si t = presque 0, l'énergie peut devenir très importante pour maintenir l'inégalité ħ/2π.
 
[24]   On put expliquer cette erreur d'estimation de la part de Hubble, par un mauvais étalonnage de la brillance de référence (les céphéides) à partir de laquelle il espérait calculer un décalage vers le rouge (éloignement) ou vers le bleu (rapprochement).
 
[25] Ceci est une simple singularité. Une tradition d'interdits sexuels mène au culte de la "virginité".
Ce culte est très difficilement perçu par d'autres peuples qui vivent de traditions plus claniques, avec le culte de la fécondité par exemple.

[26] L'Histoire a retenu cette particule car elle est la première à avoir expérimentalement démontré qu'une augmentation considérable de la vitesse augmentait tout aussi considérablement la durée théorique d'espérance de vie. A vitesse-limite, durée-limite; et on ne vieillit plus. Le temps de vie initial théorique du méson-μ aurait dû lui permettre de parcourir quelques dizaines de centimètres tout au plus. Il parcourt quelque dix mille mètres dans la réalité.
 
[27] Au sens où l'entendait SCHOPENHAUER.
 
[28] Opus cité, p 206
 
[29]  On a tenté l'expérience de dresser une plaque verticale en acier, de part en part d'une fourmilière naissante. De chaque côté de ce rempart infranchissable, les fourmis ont continué à construire leur pyramide, les couloirs parfaitement positionnés les uns en face des autres, mais parfaitement inutiles puisque ne donnant accès à nulle part. Voila pourquoi je parle d'architecture "aveugle".
 
 
[30] Trop rapidement, on pourrait définir la personnalité - par rapport à l'individu - par les trois facultés de Savoir, Vouloir et Pouvoir
 
[31] Jacques DARTAN
                        Franchir le Rubicon
                        Le Défi Européen                                         
                         Ed. Sociales française                                 1967-1968

[32] Les images recueillies par le satellite COBE (lancé en 1992) et complétées par celles enregistrées par le satellite PLANCK (lancé en 2009) ont été estimées par certains astrophysiciens comme datant des tout débuts de l'Univers. Elles ont été chiffrées à 380.000.000 ans après le Big-bang.
Cette estimation est loin de réunir l'unanimité des scientifiques. Un relatif consensus s'établit cependant pour dater les débuts de l'Univers entre 13 et 14 milliards d'années, avec toutefois une assez large marge d'incertitude..