Cette page Web est Gouttes de
temps
Etienne PETIT
fa037267@skynet.be
GOUTTES DE TEMPS
Des
longues brumes du Nord
Embruns
de tes océans fous
Et
des moites langueurs
Des
pluies sous les tropiques
De
la banquise
Aux
neiges vertigineuses
Et
de l'oued en son sable
De
ta soif et du puits
Immémoriale
D'oublis
dont je suis née
Je me souviens de tes voyages
Et me taris à ton éternité
Alchimie
des espaces
Et
des temps
D'avant
le temps
Fulguré
de lumière
J'ai
dessiné pour toi l'ellipse galactique
De
la comète éclose en ton premier matin
Et
l'éclat de ma griffe épure du destin
S'est
figé au cristal de ta mathématique
Mémoire
originelle
Du
souffle des planètes
Née
d'un seul instant
Eclaboussé
d'étoiles
Je suis commencement
Début de tes voyages
Et me souviens de ton éternité
Contraste
étrange
Vibration
sourde
Transparence
d'un frisson
Et
secrète étreinte
De
ton proche avenir devenu confidence
Non
encore avenu mais déjà là pourtant
Je
porte encore en moi le tout premier instant
Un
et double à la fois comme fut ta naissance
Impatience
De
la vie depuis devenue tienne
Je me souviens de toi
De tes voyages
Et me confonds en ton éternité
Gouttes
en perles sur ma guitare
Comme
autant de grelots
Que
griot je colporte
D'Afrique
en Inde
et
de déserts en Sahels
Je m'incarne au désir de ta désespérance
Cendre
et feu je suis braise et mon amour amer
Se
complaît en la soif qui te ronge à l'envers
Ton
limon devient sec du sel que j'ensemence
Impatiente
De
la mort bientôt tienne
J'en oublie tes voyages
Et ne me souviens plus de ton éternité
Je
suis la plénitude
Des
firmaments juillet
De
la nuit
Lumière
en piège
Reflet
d'étoile
Que
j'accroche à la toile
De
l'épeire besogneuse
Je
suis l'aube et la source en tes frileux matins
Eclats
perlés de nuit suspendus de rosée
Je
porte en moi ton rêve et métamorphosée
En un jour à venir j'égraine ton destin
Je suis commencement
Et mémoire de tes voyages
Je me nimbe de ton éternité
Je
suis fureur de ta planète
Et
hurle en mes abysses
Ce
que mes ouragans
Rugissent
à ma houle
Je
suis feu
Née
des laves profondes
Où
tu saignes en volcans
Comme
au baiser la terre
J'ai
creusé en son puits émeraude des sables
L'oasis
et son oued pour ton répit d'un soir
J'ai
dessiné la chute et gardé le miroir
Du
marigot bantou dont tu contais les fables
Je me complais en tes voyages
Et me souviens de ton éternité
Ton
prisme est le miroir de toute volupté
Du
rouge au violet et d'éclair en mirage
Quand
aux soirs de juillet s'apaisent les orages
Tu
signes l'arc au ciel en poussière éclaté
Mais
tu n'es que mémoire
Et
récit diffracté
Des
autres
Je suis soc en ton large et creuse tes voyages
Souvenir des instants de ton éternité.
Dire
les plis du vent gravés dans la marée
D'une
vieille tempête et réciter la mer
En
mots gercés de sel et les embruns amers
Perlés
comme une épave à son port amarrée
Naître
au ciel une étoile à cueillir au sextant
Lire
la vague au creux de sa métamorphose
En
espaces d'ailleurs jusqu'à l'île où se pose
L'oiseau
fourbu de houle et que le large attend
Un
récit de tempête et de naufrage encor
Qui
hante les bateaux à couple dans le port.
Dispersé
dans le vent ainsi qu'une parole
Mon
Verbe désormais en vous trouve sa fin
Et
son premier écho pour se traduire enfin
Par
delà les instants que la vie nous vole
Les
feux de la Saint-Jean sont-ils de cendre folle
Quand
la vendange est lourde et qu'en son lendemain
Les
fruits mûris d'été s'encorbellent en maints
Bouquets
gourmands moissons au cœur d'une luciole
Quand
le vent vire au gris et que la vigne au vin
Fête
un nouveau baptême à quel sorcier devin
Reviendra-t-il d'incanter nos rèves d'ivresse
Vous
deviendrez mémoire et votre être à venir
Fleurira
au verger de toutes nos tendresses
T'en
souvient-il encor de notre souvenir?
Quand
un voilier fleurit c'est le foc à son mât
Qui
dessine une mer triangle à son sillage
Quand
un oiseau tend l'aile aux lointains paysages
C'est
l'azur crucifié que trace son compas.
C'est
de notre passé les gouttes du silence
Cheminements
d'attente éternité d'antan
Quand
s'étire en ellipse la ronde du temps
Lourde
de notre amour et de nos souvenances
Gourd
de nos avenirs migrateur en partance
Le
voyageur à quai mais que le large attend
Voici
la houle au creux de nos espoirs et tant
A
partager tous deux de souvenirs de chance
Fleuve
à contre-courant de nos amonts d'errance
Qui
de l'autre est l'image et dans quelle alternance
Nos
pas sur cette berge et nos doubles instants
Il
est d'une seconde immortelle latence
Comme
d'une agonie à nos Léviathan
L'espace
d'une étreinte et que tout recommence.
Quel devin calligraphe a tracé ton présage
Eclaboussé de mille et un futurs tandis
Que l'Ourse s'enlumine aux bibles du midi
Quelle nuit occitane
En versets parchemins allume ton visage
Instant d'éternité comme un reflet fugace
Quelle houle océane
Vertige écartelé comme un éclat d'espace.
Qui
de l'autre est l'avers du masque ou du miroir
Ou
du regard sans tain des statues antiques
Qui
d'une perle ou l'eau d'une gemme érotique
Eclatera
nos ciels de son million de soirs
Impassibles
manants sous vos plumes pudiques
Qui
traversez nos bals et passez sans nous voir
De
vos éternités quel sera le savoir
Et
quels présents vivront vos avenirs ludiques
Dieu-Carnaval
est né de vos extravagances
Regards
émerveillés de magique élégance
Cerclés
de moire et d'or en amour éblouis
Il
est des mots muets pour traduire en présages
Les
mille temps d'ailleurs en des lieux inouïs
Est-il
un fard sans teint pour vos yeux sans visage?
Fleur
de la Saint-Jean
L'été
se parfume
De
nuit et de feu
De
la nuit
Qui
porte les étoiles
Et
du feu
Qui
les consume
Et
vous êtes le feu.
Les
mille ans de mon âge
Moissons
de nos étés
S'engrangent
en nos mémoires
Moments
cueillis en gerbes
Nos
silences à deux
Parfument
nos souvenirs
L'instant
A
ton doigt
Te
souviens-tu de ton ivresse
Unique
Et
toi?
Il a de ce recueil
en édition originale
été tiré
deux exemplaires numérotés 1 et 2
Anélia sur papier vergé
© CALLIGRAPHIE
D/1993/6678/03
Dépôt légal: avril 1993 Cette page Web est Gouttes de
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