CAMPAGNE DE FRANCE 1814

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24-31 décembre 1813 : Combats de Ste-Croix-en-Plaine

Nous commencerons cette campagne de 1814... en 1813.  En effet, le premier combat de cette campagne eut lieu la veille de la Noël à Sainte-Croix-en-Plaine, dans le Haut-Rhin, à quelques kilomètres au sud de Colmar.

Après l'investissement d'Huningue et de Neuf-Brisach et la capture de Colmar par un corps d'armée de l'Armée de Bohème, le Maréchal Victor envoie le 5ème Corps de Cavalerie de Milhaud pour les contrer. Il réussit à reprendre Colmar le 23 décembre. Le lendemain, les 2ème, 6ème et 12ème (?) Dragons (Division Briche) rencontrent l'ennemi, composé des hussards autrichiens du colonel Scheibler, des cosaques d'Elmorsin et de chevau-légers bavarois. Les dragons tuent ou blessent 400 hommes et font 150 prisonniers. Ils repoussent l'ennemi au-delà de Sainte-Croix-en-Plaine.

Le 31 décembre 1813, les Alliés attaquent à nouveau le village, mais il est victorieusement défendu, cette fois par les 19ème, 20ème et 22ème et 25ème Régiments de Dragons (Division Lhéritier).

Pour le centenaire de ces combats, en 1913, un régiment bavarois -alors caserné à Colmar- érigea une stèle à la mémoire des combattants bavarois, autrichiens et russes. On choisit le "Kosakenloch" - trou des cosaques, emplacement présumé d'une fosse commune de 300 victimes des combats, au nord de l’agglomération de Sainte-Croix-en-Plaine, à  l'ouest de la N 422 et du chemin de fer. Les Français érigèrent à côté un monument aux dragons, apparemment également en 1913. Ces monuments furent restaurés en 1985 par l'A.A.C.M.N..

On notera, sur base des données ci-dessus, qu'il semble y avoir eu une confusion entre la date du 24 décembre (1er combat) et la mention des unités qui ont combattu lors du 2ème combat, le 31 décembre.

Sur le monument de gauche, on reconnaît le profil d'un chevau-léger bavarois, avec le casque à chenille typique.

Le monument bavarois ne porte aucune inscription, ce qui s'explique par le fait qu'elles furent martelées en 1945.

En-dessous, l'écusson bavarois aux losanges bleus et blancs.

À LA MÉMOIRE  DES

 DRAGONS VICTORIEUX

 DU GÉNÉRAL

 MILHAUD

STE CROIX 24.12.1813

 19e - 20e - 22e - 25e

REGTS DE DRAGONS

AACMN - 21.9.1985."

 

M. Michel Schaffner, président de l'Union nationale des Combattants de Sainte-Croix-en-Plaine, a eu l'amabilité de nous communiquer quelques précisions intéressantes au sujet de ce monument.

En se basant sur une source de M. Léon Rohn , documentaliste des Archives départementales du Haut-Rhin aujourd'hui décédé, il peut nous donner les éléments suivants.

Le monument a été érigé en décembre 1915 par des soldats bavarois.  Il portait à l'origine l'inscription suivante :

" Hier liegen, gefallen im Reitergefecht bei Heiligkreuz am 24. Dezember 1813, neben Oesterreichern und Kosaken, 21 tapfere Bayern vom 7. Chev. Regiment."

Traduction : "Ici reposent, tombés au combat de cavalerie dans la localité de Sainte Croix en Plaine, le 24 décembre 1813, aux côtés d'Autrichiens et de Cosaques, 21 vaillants Bavarois du 7ème Régiment de Chevau-légers."

Les auteurs de la mise en place du monument en 1915 n'oublièrent pas de signer leur œuvre du souvenir.  Ils firent tailler au dos de la pierre l'inscription suivante :

" In ihrem Gedenken errichteten diesen Gedenkstein im Dezember 1915 die Kameraden der Bayr. Res. Art. Mun. Kolonne Nr 8 der König Bayr. 8 Res. Div."

Traduction : "  Les camarades de la colonne n°8 de la Réserve bavaroise des munitions d'artillerie appartenant à la 8ème Division de Réserve ont érigé ce monument en leur souvenir en décembre 1915."

Pour être complet, une deuxième précision s'impose : signe du temps, dans l'euphorie de la libération, le 5 février 1945, la stèle fut renversée. Elle gisait quelques années dans la brousaille du bosquet, alors en cuvette. Elle fut ensuite relevée mais les inscriptions précitée ont été martelées après la Libération.

UN grand merci à M. Schaffner pour ces précisions intéressantes.

 

Janvier 1814 : St-Marcel

Au nord-est du village de St-Marcel, en Meurthe-et-Moselle, plus précisément au nord-est du hameau de Caulre (à un coup de fusil du champ de bataille de Mars-la-Tour), on trouvera, à l'orée d'un bois, ce qui est marqué sur les cartes IGN comme la "croix des Soldats".

Ici

sont tombés

3 soldats français

victimes de la retraite

de 1814

Je n'ai aucune précision quant à la date, aux faits ou à l'identité des soldats concernés, mais le lieu géographique laisse à penser qu'il doit s'agir de victimes d'une escarmouche en janvier 1814. Toute information serait la bienvenue.

 

28 janvier 1814 : Droyes

Pas un monument, mais certainement un lieu napoléonien !  En effet, ici, la terre porte encore les traces du passage de l'Empereur.

Sur le territoire de la commune de Droyes (52), au bord de la D12/D13, on trouve le "Carré de l'Empereur". C'est l'endroit qui avait été choisi, le 28 janvier, pour établir la tente de l'Empereur. Les troupes, en marche pour Brienne-le-Château, y passèrent. Finalement, l'Empereur n'y resta pas et passa la nuit à Montier-en-Der, chez le général Rémy Vincent, maire de la ville. L'endroit est émouvant, car on distingue encore nettement les traces des tranchées creusées autour de la tente (visibles sur la photo au pied de la plaque).

CARRÉ DE L’EMPEREUR
Au cours de la campagne de France
le 28 janvier 1814, l’Empereur Napoléon 1er
se dirigeant sur Brienne-le-Château a
fait dresser ICI sa tente.

 

29 janvier 1814 : Bataille de Brienne-le-Château

Brienne-le-Château

Le tombeau de l'amiral Baste, dans le cimetière de Brienne-le-Château.

ICI

EST MORT POUR LA DÉFENSE DE LA PATRIE

 LE 29 JANVIER 1814,

AU PREMIER COMBAT DE BRIENNE

 LE CTE PIERRE BASTE

 CONTRE-AMIRAL ET GÉNÉRAL COMMANDANT

 UNE BRIGADE DE LA JEUNE GARDE IMPÉRIALE

 

Le général Decouz sera mortellement blessé à Brienne, où il commandait la 3ème division de la Jeune Garde, et décédera à Paris le 28 février 1814.

Il repose dans la 22ème division du Père-Lachaise.

 

Rances

Autre témoin des combats de ce 29 janvier 1814 : l'église de Rances, à 10 km au nord de Brienne.  On peut encore clairement y voir les traces des balles et des biscaïens.


Emouvantes traces de ces combats oubliés. Il y a quelques années, on a cru intelligemment les boucher au ciment : le ciment est tombé et les trous ont reparu !

 

1er février 1814 : Bataille de LA ROTHIÈRE

LA ROTHIÈRE

Le monument commémoratif de la bataille. Il associe les combattants de 1870-71 et de 1914-1918 à ceux de 1814. À son inauguration, en 1923, il était entouré de 4 canons, hélas enlevés par l'occupant en 1942, comme tant de statues.

Peut-être le seul témoin des combats de ce triste 1er février 1814 : l'église de La Rothière. Située au N.E. du village, à l'emplacement du corps de Victor, elle subit de graves dégâts lors des combats, mais fut restaurée sans trop de transformations.

Pour le 190ème anniversaire de la bataille, le 1er février 2004, l'Association Passepoil apposa une plaque commémorative dans l'ancien lavoir de La Rothière.

 

Morvilliers
À Morvilliers à l'est de Brienne, on trouve un des rares monuments de la bataille de La Rothière.  Cette croix, dite "de Sainte-Elisabeth" ou, plus clairement "des Cosaques" marque l'emplacement d'une tombe commune de la bataille. Elle fut érigée en 1854, mais aucune inscription ne rappelle les combats.

Vue du nord vers le sud. Les Bavarois venaient donc de la gauche de l'image, les Français étaient plus ou moins sur une ligne suivant la route à droite.
Morvilliers fut âprement disputé entre les troupes de Marmont et les anciens alliés qu'étaient les Bavarois de von Wrede.

 
2 février 1814 : Combat de Rosnay-l'Hôpital

Rosnay-l'Hôpital

Je laisse la parole au Commandant Lachouque :

"Le plateau sur lequel ont pris pied les Bavarois n'a point changé d'aspect. De là, vous comprendrez ce qui s'est passé sous la neige le 2 février 1814 au soir, et vous saluerez la poignée de braves du 1er régiment d'Artillerie de Marine, des 70e et 182e* de Ligne, des 4e et 7e de Cuirassiers et surtout le major Prost et ses fusiliers du 121e** qui ont ici supporté le poids des négligences et des fautes avec tant de froide bravoure et de farouche héroïsme, et permis ensuite, derrière un maréchal de France ayant retrouvé son ardeur, le repli vers Dampierre des 4.800 fantassins du 6" Corps, sans que les 25.000 Bavarois chargés de les poursuivre, leur chef, les souverains alliés anxieux, accourus au bruit du canon, se fussent aperçus de leur départ !

Ayant laissé devant Rosnay les cadavres de 53 officiers et 1.045 hommes, de Wrède est en effet retourné à Brienne... livrant le passage à Blücher dont la cavalerie franchit pendant la nuit le pont de Rosnay, en route vers Vitry. "

* Je crois qu'il s'agit du 132e de Ligne
** Il doit s'agir du 131e de Ligne.
 

La photo est prise du côté bavarois, les Français étant retranchés sur l'autre rive. L'église dont parle Lachouque est derrière le bosquet, à gauche de la maison blanche.
 

Voici l'aval de la Voire, vu du pont.  Et l'amont (vers Rances) :


Et voici la vue du côté français, vers le sud :
 

Les plaques commémoratives se trouvent sur le mur de gauche :

Celle au 131e de Ligne.

Et celle au 132e de Ligne.


10 février 1814 : Bataille de CHAMPAUBERT

CHAMPAUBERT

 

11 février 1814 : Bataille de MONTMIRAIL

MONTMIRAIL

 

18 février 1814 : Bataille de MONTEREAU-FAUT-YONNE

MONTEREAU-FAUT-YONNE

La superbe statue de l'Empereur sur le pont de Montereau, par le général Pajol (fils).

Elle a subi des dégâts en 1940, quand on fit sauter le pont. Elle est ornée de deux beaux bas-reliefs illustrant, l'un, le célèbre "Le boulet qui me tuera n'est pas encore fondu", l'autre, la charge de la cavalerie du général Pajol.

 

18 février 1814 : Combat de Moret-sur-Loing

Le 18, les troupes d'Allix et de Charpentier (7ème Division de la Jeune Garde, sous les ordres de Victor) entrent à Moret. Ils s'y frottent aux troupes autrichiennes d'Hardegg, qui se retire derrière le canal du Loing. Il fait canonner Moret des hauteurs de Saint-Lazare. Un boulet, encastré dans la porte de Samois (porte de Paris), est le seul souvenir de ces événements.

LE 18 Février

1814

 

SUITE de la Campagne de France : mars 1814

 

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